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Vincent Brun, médecin-chef de la clinique Fontfroide, à Montpellier, établissement qui dispose d’une unité de 12 places pour des patients en état végétatif chronique, a signé lundi 20 mai, avec un collectif de médecins spécialisés dans le handicap, une tribune parue dans le journal “Le Monde” estimant que l’arrêt des soins prodigués à Vincent Lambert n’est pas justifié. Il explique au Midi Libre :

Vincent Lambert n’est pas en fin de vie. Il est dans une situation qui relève du handicap lourd. Mais telle que la loi est rédigée, elle peut s’appliquer à des situations qui ne relèvent pas de la fin de vie.

Quand on n’est pas dans une situation de fin de vie, ce n’est pas aux médecins de se prononcer. Je n’ai jamais entendu un médecin dire qu’une personne “mériterait” de vivre et une autre non, en fonction de son handicap. Le débat est philosophique, sociétal, éthique, religieux, mais pas médical.

Pourquoi Vincent Lambert est-il dans une unité de soins palliatifs ?

Le CHU de Reims présente son unité comme relevant des soins palliatifs et de la prise en charge des personnes cérébro-lésées. Mais la description de l’unité correspond à une activité de soins palliatifs. C’est très différent : on ne s’improvise pas médecins de soins palliatifs, pas plus que médecin de rééducation. Les deux prises en charge sont très différentes.

Un patient cérébro-lésé doit avoir des soins de kinésithérapie, d’ergothérapie, de réeducation, d’orthophonie, éventuellement une prise en charge psychologique… On reçoit des demandes de prise en charge très régulièrement, sans pouvoir les satisfaire.

Je rappelle que la durée de vie dans un service de soins palliatifs est de 15 jours, Vincent Lambert y est depuis sept ans. Peut-être que ça vaut le coup de tenter de le mettre dans un service adapté à sa situation. Certains de mes patients, à certains moments, sont capables de donner leur accord ou pas à des soins, des toilettes… Quand on s’occupe d’eux, on est en situation d’abus de pouvoir, et on essaie, chaque fois, de recueillir leur consentement.

Avez-vous déjà été saisie d’une demande d’arrêt des soins pour les patients en état végétatif hospitalisés dans votre établissement ?

En dix ans, jamais. Le docteur Chevallier, responsable de l’unité, a posé la question à tous nos patients. Aucun n’a dit “J’arrête”. C’est très rare, si j’en crois mes collègues. Moi, à titre personnel, je ne suis pas opposé à l’euthanasie, mais elle est interdite en France. Interrompre les soins prodigués à Vincent Lambert, c’est ouvrir la porte à des abus pour toutes les situations difficiles. On est déjà dans des situations délicates, dans un dialogue constant avec les familles, les personnes de confiance, qui changent, avec des avis différents sur la limitation des soins par exemple. Certains sont favorables à faire le maximum pour leur proche qui souffre d’une pneumopathie ou d’un cancer du poumon, d’autres non. On discute, on s’adapte en permanence.

Est-ce que la situation de Vincent Lambert peut-être comparée à celle des patients accueillis à la clinique Fontfroide ?

Oui. Avec Vincent Lambert, on n’est pas dans une problématique de droit à mourir dans la dignité. On discute de sa vie, pas de sa mort. Alors, elle est où, la dignité ? Quand on donne la mort à quelqu’un, il faut le dire. Pour moi, c’est de l’euthanasie. Ce qu’on a fait subir à Vincent Lambert, l’interruption des soins, je ne le ferai pas à mon chien.

C’est une affaire très complexe…

Oui, et elle est très difficile à appréhender de l’extérieur, parce que la majorité des personnes ne savent pas ce qu’est un état végétatif chronique. Qu’est-ce qu’on sait de la vie de ces personnes ? On est parfois surpris. 40 % des personnes dites en état végétatif ne le sont pas, l’état de conscience n’est peut-être pas observable. Ils sont peut-être moins “légumes” qu’on ne le dit. Ce terme de végétatif est abominable…

 

Source : Le Salon Beige

 

 

Vincent Lambert est momentanément hors du danger de mort qui planait sur lui. Lui a gagné, au sens qu'il a la vie sauve.

De nouveau, deux partis s'affrontent.L'un pour lui offrir un établissement spécialisé à son cas. L'autre pour lui offrir - la mort.

On parle d'aller en cassation : un acharnement juridique à le mettre à mort.

Or, que dit la loi ? Personne ne peut être mis à mort.

Le premier droit de l'homme, c'est son droit à la vie. (cf article 3 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme, article 2 de Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789).

La conscience de chacun de nous, devant cet homme qui ne souffre pas, a déjà jugé : confier Vincent Lambert non à une structure de soins palliatifs pour un accompagnement à la mort et un projet de mort, mais à cet établissement qui lui propose un projet et un accompagnement pour la VIE.

Pierre Menhir

 

 

À l’hôpital Sébastopol, selon plusieurs indiscrétions, plusieurs membres du personnel médical avaient pris des congés durant cette semaine fatidique, ne souhaitant pas «être associés à cette décision». Plusieurs médecins rémois, employés du CHU ou libéraux, avaient tenu à «faire appel à la conscience» du Dr Sanchez. «Ce qui se passe n’est pas médical: on va vers une mort provoquée», affirmait l’un d’eux. Des tensions que le CHU n’avait pas souhaité commenter, pas plus que la radiation et les poursuites réclamées par les avocats des parents à l’encontre du Dr Sanchez.

 

Source : Le Figaro

 

 

 

Lettre du docteur Sabine Paliard-Franco

à l'attention de Madame la Ministre de la Santé Dr Agnès BUZYN

objet : Cas de Mr Vincent LAMBERT

Madame la Ministre et Chère Consœur,

Peut-être que cette lettre ne sera qu'un coup d'épée dans l'eau. Tant pis, je tente ma chance car je suis, en tant que médecin, bien préoccupée par la situation de Monsieur Vincent Lambert. Je ne souhaite pas manquer l'ultime tentative de vous convaincre sur ce sujet, particulièrement sensible.

D'après les données que j'ai, cet homme de 42 ans, traumatisé crânien lors d'un accident de la route, sauvé et réanimé il y a 10 ans, est actuellement lourdement handicapé, tétraplégique et dépendant dans un lit au CHU de Reims. Depuis de nombreux mois, voire des années, il est question lui dans les media, car son cas complexe et délicat sème le doute dans les esprits et la discorde dans sa famille. Et l'on tremble régulièrement sous la menace de l'arrêt de ses soins.

Qu'est-ce que cela veut dire ?

Je ne peux que comparer son cas à celui de Michaël Schumacher, également traumatisé crânien avec de lourdes lésions cérébrales, en état pauci-relationnel, et dont la santé après son hospitalisation fait désormais l'objet de soins spécialisés très attentifs en milieu privé.

Je souhaite attirer votre attention sur plusieurs points qui me semblent essentiels à la prise de décision le concernant. Je me permets d'argumenter car je suis Spécialiste en Médecine Générale, diplômée de Paris, Necker-Enfants-Malades, et j'ai surtout été pendant plusieurs années médecin coordinateur en HAD au CHU de Grenoble, prodiguant des soins palliatifs. De ce fait, j'ai souvent été amenée à prendre des décisions, après concertation collégiale, sur l'arrêt des soins, pour éviter l'obstination déraisonnable dans les cas lourds de fin de vie. Cette expérience me permet d'avoir, à ma petite place, un regard critique sur ce qui se vit autour de Vincent Lambert.

La décision récente d'interrompre l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert et le laisser mourir devrait être collégiale et correspondre à la loi Léonetti II. Or il me semble que sa situation ne répond absolument pas aux critères de cette loi, et ce, sur de nombreux points. Je m'explique :

1/ Il me semble que Mr Vincent LAMBERT n'a pas signé de son vivant de directives anticipées, puisque cela n'était pas en vigueur à l'époque de son accident.

Seul le témoignage verbal de son épouse tendrait à croire qu'il désapprouverait cette situation de dépendance.

Tout le monde sait que lorsque l'on est fort et bien portant, l'on peut lancer à la volée, à qui veut l'entendre et avec conviction, qu'on ne supporterait pas d'être un légume, et qu'il ne faudrait pas en cas d'accident insister pour être maintenu en vie...Or nous le constatons bien, nous médecins expérimentés dans ces questions de fin de vie, que la plupart des malades, une fois la maladie ou le handicap présents, trouvent d'autres ressources insoupçonnées, physiques, morales et spirituelles, pour lutter contre la maladie et partent souvent contre toute attente lorsqu'ils ont accompli ce qu'ils avaient à faire.

2/ Depuis 10 ans, s'il n'avait pas eu envie de vivre, Vincent Lambert se serait débrouillé pour contracter une pneumopathie ou une infection nosocomiale. Il serait décédé depuis longtemps.

Or, il tient toujours, il a les yeux ouverts sur les photos ou les extraits de vidéo le concernant, il respire de manière autonome, il est dans un état stable, il est par conséquent bien vivant et absolument pas en fin de vie. Ce que des dizaines d'experts ont rappelé à vos services depuis ces derniers mois. Donc on ne peut argumenter sur la fin de vie imminente qui nécessiterait son euthanasie passive puis active.

C'est bien ce qui dérange aujourd'hui et qui sème le doute dans la société. Vincent Lambert ne souffre pas d'abandon car il est régulièrement visité par ses parents et certains frères et sœurs, il est entouré et défendu avec ardeur par ses parents...Vincent Lambert garderait même de manière minime et subtile une vie de relation avec eux, il se sent sûrement aimé.

C'est pour cela qu'il tient encore ! Pourquoi ne pas prendre le risque de le transférer dans une unité spécialisée même privée pour permettre à ses parents, qui lui ont donné la vie, de le garder en vie avec tout leur amour ? Quel bénéfice en retirent-ils, autre que celui de choyer et préserver celui qu'ils aiment, à qui ils donnent tout ? Pourquoi leur voler leur dernier combat de parents alors que rien n'est encore perdu ? Pourquoi critiquer leur foi chrétienne, alors qu'ils ne causent de tort à personne ? C'est une forme de discrimination envers eux. Pourquoi l'épouse n'abandonne-t-elle pas la tutelle si elle n'en peut plus, a déjà fait son deuil et souhaite refaire sa vie ? Le cas de Vincent Lambert ne doit pas être un porte-étendard idéologique pour la légalisation de l'euthanasie des personnes vulnérables ou non productives. Nous sommes au Pays des Droits de l'Homme, et la vie doit être protégée lorsqu'elle est encore là. Lorsqu'il y a un doute, il faut privilégier la vie !

3/ S'il s'agit d'un problème de place à l'hôpital, ou de budget transférons-le dans une unité privée ! Il y a sûrement des considérations financières, mais quelles sont-elles ? Il n'est pas cancéreux, pas atteint de VIH ou de maladie auto-immune avec biothérapie, qui coûtent quand même bien plus cher et n'a vraisemblablement pas besoin d'imagerie complexe, il n'a pas d'assistance cardio-respiratoire, il est juste nourri et hydraté dans un état stable. ( d'où le fait que l'on ressasse toujours les mêmes menaces depuis des années) Il a logiquement besoin d'une aide-soignante et d'une infirmière qui assurent le nursing et le changement de position, de la kiné pour éviter les escarres...L'administration de la nutrition et de l'hydratation par gastrostomie ou sonde naso-gastrique...Un lit médicalisé avec matelas anti-escarres et une potence...Bref : L'argument de la difficulté technique ou financière ne tient pas.

4/ Il n'est pas non plus mentionné qu'il présente des souffrances insupportables qui nécessiteraient une sédation profonde, sauf si l'on ne veut pas voir en face des souffrances affreuses générées par l'arrêt même de la nutrition et de l'hydratation, qui entraînent la douleur cruelle de mourir de soif.

Donc cet argument de soulager d'hypothétiques souffrances pour abréger sa vie ne tient pas non plus.

5/ S'il devait y avoir la question de l'obstination thérapeutique, elle se serait posée il y a 10 ans, quand Vincent était entre la vie et la mort. Il a finalement choisi de vivre, avec l'aide et le dévouement des équipes médicales. Il ne s'agit pas non plus dans son cas présent d'une obstination déraisonnable car il ne s'agit pas de soins curatifs d'une maladie incurable, mais du soin corporel et nutritionnel de base d'une personne lourdement handicapée et sans défense.

Si le problème est la survie artificielle du simple fait de la nutrition, car ce patient est incapable de se nourrir par lui-même du fait de ses paralysies, alors nous pourrions tirer la même conclusion au sens large pour les personnes âgées dépendantes, hémiplégiques, sans parler des bébés qui ne sont pas autonomes ! La nourriture est vitale pour tous, et un droit incontestable, même pour ceux qui ne peuvent se nourrir par eux-mêmes !

6/ Le médecin n'est pas le maître de la vie et de la mort et peut tout à fait se tromper dans son appréciation.

Lorsque ma propre mère a eu un grave accident de la route, alors qu'elle m'attendait, enceinte de 5 mois, l'équipe médicale de neurochirurgie au 5e étage du CHU de Grenoble ( unité où a d'ailleurs été admis Michaël Schumacher après son accident de ski ) avait préconisé de pratiquer un avortement sur ma maman, traumatisée crânienne, pour tenter de la sauver.

Mon père, à l'époque interne en Médecine s'y est opposé farouchement, et finalement, ma mère et moi avons eu la vie sauve, contre toute attente.

L'accident avait plongé ma mère dans un coma profond, et lorsqu'elle a repris conscience, elle a été capable de répéter tout ce qui a été dit à son sujet autour d'elle, et même par les infirmières dans le couloir d'à-côté !

C'est la raison pour laquelle nous devons avoir le plus grand respect pour la vie de tout patient dont la conscience est altérée. Il faut à tout prix éviter l'orgueil et la toute-puissance de la Médecine car nous ne détenons pas la Vérité absolue sur la vie et son mystère.

J'aurais pu être victime d'une erreur d'appréciation médicale. Je n'ai heureusement pas de séquelles et ma mère a parfaitement récupéré ses facultés. Même si Vincent Lambert a des séquelles cérébrales irréversibles, il vit toujours, et nul ne peut dire ce qu'il pense et pourquoi il s'accroche. Cela échappe à tout le monde.

Dans le doute, laissons Vincent en vie. Une partie de sa famille tient à lui et s'en occupe. C'est une chance pour lui, et non une maltraitance ! Il ne faudrait pas que la loi s'oppose à l'éthique et à l'intérêt-même de l'être humain.

Ce n'est pas parce que quelque chose est légal qu'il est forcément moral et bon. Nous l'avons observé dans de nombreux pays autoritaires, où la loi a mené à des pertes humaines innombrables. L'Holocauste en est un exemple criant.

Par ailleurs, aucune religion ne permet de donner la mort, il faut aussi en tenir compte. Dans notre monde en manque de repères moraux, culturels et éducatifs, quand on est en responsabilité, il faut bien discerner pour agir dans le sens du bien !

En conclusion, je pense qu'une décision soi-disant légale d'interrompre les soins de confort et de nutrition de base chez un patient handicapé, va contre le caractère légal de la loi Léonetti, ce que j'ai détaillé plus haut. Le CHU de Reims ne peut pas se réfugier derrière cette loi.

Ce serait tout à votre honneur de prendre une décision sage, conforme à votre conscience et au Serment d'Hippocrate. C'est la confiance de l'opinion vis-à-vis du corps médical qui est en jeu.

Car la Médecine est là pour soigner, pas pour donner la mort, surtout dans ce cas tellement polémique. La Loi Léonetti II suffit amplement à répondre à la majorité des vrais cas de fin de vie qui se présentent et protège ainsi les soignants comme les familles dans leurs décisions. Ce n'est pas le cas de Vincent Lambert qui n'est pas mourant.

Si Vincent Lambert vit toujours, alors je vous en supplie, respectez sa vie !

Je vous prie d'agréer, Madame et Chère Consœur, l'expression de mes sentiments respectueux et dévoués,

Dr Sabine PALIARD-FRANCO

4, chemin de l'Orge

38690 CHABONS

Source : paixliturgique.fr

 

 

Docteur Catherine KIEFER, cheffe du service de médecine physique et réadaptation de Villeneuve-la-Garenne

 "Il faut sortir Vincent de l'unité où il est qui est une unité où on ne fait qu'un projet de mort depuis des années et le mettre dans une unité EVC-EPR où on va s'en occuper avec un projet de vie."

 

 

Déclaration sur le cas de M. Vincent Lambert

Déclaration commune du dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie et de l'Académie Pontificale pour la Vie sur le cas de M. Vincent Lambert

Partageant pleinement ce qui a été déclaré par l’archevêque de Reims, S.E. Mgr Éric de Moulins-Beaufort, et par l'évêque auxiliaire, S.E. Mgr Bruno Feillet, à propos de la triste histoire de M. Vincent Lambert, nous tenons à rappeler la grave violation à la dignité de la personne que comporte l'interruption de l'alimentation et de l'hydratation. L' "état végétatif" représente certes un état pathologique grave mais qui ne compromet cependant en aucune manière la dignité des personnes qui se trouvent dans cet état, ni leurs droits fondamentaux à la vie et aux soins, entendus comme continuité de l'assistance humaine de base.

L’alimentation et l’hydratation constituent une forme de soin essentiel toujours proportionné au maintien en vie : alimenter un malade ne constitue jamais une forme d’obstination thérapeutique déraisonnable, tant que l’organisme de la personne est en capacité d’absorber nutrition et hydratation, à moins que cela ne provoque des souffrances intolérables ou ne se révèle nuisible pour le patient

La suspension de ces traitements représente plutôt une forme d'abandon du malade, basée sur un jugement sans pitié sur sa qualité de vie, l'expression d'une culture du déchet qui sélectionne les personnes les plus fragiles et sans défense, sans reconnaître leur unicité et immense valeur. La continuité de l'assistance est un devoir incontournable.

Nous espérons donc que des solutions efficaces pourront être trouvées dans les meilleurs délais pour protéger la vie de M. Lambert. À cette fin, nous assurons de la prière du Saint-Père et de toute l'Église.

Kevin Card. Farrell, Prefetto Dicastero per i Laici, la Famiglia e la Vita

+ Vincenzo Paglia, Presidente Pontificia Accademia per la Vita

Source : laityfamilylife.va

Traduction : Site de Christophore

 

 

 

Viviane Lambert :

"Vincent va bien.

On demande trois choses maintenant.

Que Vincent sorte de cet hôpital, de cette prison, bien sûr.

Vincent n'est pas en fin de vie. Regardez la vidéo, tout se passe dans le visage.

Et Vincent, il a besoin seulement de boire, de manger et puis d'amour, bien sûr."

 

 

 

 

C'est hier soir, peu avant 23h00, que la Cour d'appel de Paris a ordonné « à l’État français (...) de prendre toutes mesures aux fins de faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées le 3 mai 2019 tendant au maintien de l’alimentation et l’hydratation».

Cette mesure provisoire de six mois va permettre à l'ONU d'étudier sur le fond le dossier.

La Cour d'appel a ainsi rappelé à l'Etat français qu'il est tenu par les Conventions internationales qu'il a signées.

Cette annonce est intervenue pendant la marche de milliers de personne qui demandaient la grâce de Vincent de Lambert. Pouce levé, comme au temps des cirques romains, pour demander la vie d'un condamné.

Dans l'après-midi, Me Jérôme Triomphe avait plaidé devant cette Cour en montrant la vidéo de Vincent pleurant la veille de sa mise à mort.

Au CHU, de nombreux soignants s'étaient fait porter pâle ou avaient pris congé cette semaine pour, au moins, "ne pas être associé à cette décision" du crime qui était programmé dans leur hôpital. Plusieurs médecins de Reims, hospitaliers et libéraux, en avaient "appelé à la conscience" de leur collègue le Docteur Sanchez.

Les avocats et les parents de Vincent Lambert ont annoncé qu'ils se rendront ce matin à Reims pour vérifier la reprise de l'hydratation et de l'alimentation de Vincent Lambert.

Pierre Menhir

 

 

Des milliers de personnes marchent pacifiquement, pouce levé, pour demander la vie de Vincent Lambert.

Maître Jean Paillot : "Nous ne nous résignons pas à admettre que Vincent soit assassiné froidement, Leonettiquement". "Nous n'acceptons pas le crime d'Etat que la France est en train de commettre".

 

 

Paris, le 20 mai 2019. Sommes-nous devenus de simples déchets ?

Si aujourd’hui je me permets de prendre la parole au sujet de ce qui est en train de se passer pour M. Vincent Lambert, c’est que son cas si particulier est emblématique de la société dans laquelle nous voulons vivre.

Tout d’abord, mon cœur de prêtre me porte à prier pour lui, soumis à tant de pressions, et dont la vie ne peut dépendre que de décisions qui lui échappent. Il y a quelques années, il a déjà subi un arrêt de l’alimentation et de l’hydratation auquel il a survécu de manière étonnante. Cet homme de 42 ans, traumatisé crânien lors d’un accident de la route est actuellement lourdement handicapé, tétraplégique et dépendant dans un lit au CHU de Reims. Son cas est tout proche de celui de Michaël Schumacher, traumatisé crânien avec de lourdes lésions cérébrales et, lui aussi, en état pauci relationnel. Malgré la célébrité de ce champion de Formule 1, les médias ne se sont pas emparés de son cas médical et il peut jouir de soins spécialisés très attentifs en milieu privé. Dans le cas précis de M. Vincent Lambert, on constate qu’il a les yeux ouverts, qu’il respire normalement, qu’il est dans un état stable, pas du tout en fin de vie. Il a besoin d’une aide-soignante et d’une infirmière qui assurent le nursing et le changement de position, d’un kinésithérapeute pour éviter les escarres. La nutrition et l’hydratation se font par gastrostomie ou par sonde nasogastrique.

La décision d’interrompre les soins de confort et de nutrition de base chez un patient handicapé s’oppose à la loi Léonetti. Il n’est pas mentionné qu’il présente de souffrance insupportable qui nécessite une sédation profonde sauf évidemment dans le cas où l’arrêt de l’hydratation par les médecins entraînerait la douleur cruelle de mourir de soif. Il ne s’agit pas d’une « obstination thérapeutique » puisque ce ne sont pas des soins curatifs d’une maladie incurable, mais simplement les soins corporels et nutritionnels de base que l’on doit aussi aux personnes âgées dépendantes, hémiplégiques, et aux bébés qui ne sont pas encore autonomes.

On cite à l’envi les pays moins-disant éthiques comme la Belgique ou les Pays-Bas. Force est de constater que dans ces pays il y a une anesthésie totale de la conscience. On entend des enfants parler de manière naturelle de l’euthanasie de leurs parents comme s’il s’agissait d’une éventualité normale. Un membre du gouvernement belge, assise en face de moi lors d’une rencontre chez M. le Président de la République, était très fière que son pays soit « en avance », comme elle disait. Pourquoi ne cite-t-on jamais les pays qui ont une plus haute conscience éthique, comme l’Allemagne ou l’Italie ? Il y a aujourd’hui un choix de civilisation très clair : soit nous considérons les êtres humains comme des robots fonctionnels qui peuvent être éliminés ou envoyés à la casse lorsqu’ils ne servent plus à rien, soit nous considérons que le propre de l’humanité se fonde, non sur l’utilité d’une vie, mais sur la qualité des relations entre les personnes qui révèlent l’amour. N’est-ce pas ainsi que cela se passe lorsqu’une maman se penche de manière élective vers celui de ses enfants qui souffre ou qui est plus fragile ? C’est le choix devant lequel nous nous trouvons. Le Christ nous a révélé la seule manière de grandir en humanité : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé ». Et il nous a donné la seule manière d’exprimer cet amour : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Une fois de plus nous sommes confrontés à un choix décisif : la civilisation du déchet ou la civilisation de l’amour.

+Michel Aupetit
Archevêque de Paris

Source : Paris.catholique.fr

Jeanne Smits a interrogé le cardinal Burke sur l’affaire Vincent Lambert. Extrait :

En tant que catholiques, avons-nous un rôle particulier à jouer dans cette situation où de nombreuses lois positives vont à l’encontre de la loi naturelle qui exige le respect de toute vie humaine innocente ?

Compte tenu de la gravité de la situation, particulièrement pour Vincent Lambert et, plus généralement, pour toutes les personnes dans une situation semblable, les personnes de bonne volonté et les catholiques, en particulier, ont l’obligation d’exiger que l’État et les établissements de santé respectent la dignité inviolable de la vie humaine innocente, particulièrement celle de nos frères et sœurs qui portent le poids de besoins particulier, souffrent de maladies graves ou se trouvent à un âge avancé, qui sont les premiers à devoir bénéficier de soins de la part de l’Etat et de leur prochain. Dans le cas de Vincent Lambert, notre devoir de faire respecter la loi naturelle consiste à insister pour qu’il reçoive les soins normaux dus à une personne dans son état.

Source : Le Salon Beige

« Les partisans de l’euthanasie utilisent la détresse morale et psychologique des malades en fin de vie et de leurs familles pour pousser leurs vues. Ils montrent une fausse pitié qui n’est rien d’autre qu’une pulsion de mort hypocrite. »

« Je crois que si l’euthanasie est aujourd’hui en débat, c’est parce que nous les biens portants ne supportons pas la présence des malades et des souffrants. Ils sont des mendiants de notre amour et de notre compassion. Nous n’avons pas le courage d’affronter leurs regards. »

« La réponse à l’euthanasie, c’est l’amour jusqu’à la mort. Car l’euthanasie repose essentiellement sur une logique économique. Il faut se débarrasser des personnes qui sont devenues inutiles à la société et coûteuses. La rentabilité est devenue plus importante que la vie. »

« Les médias participent pleinement à ce combat pour l’euthanasie, prétendant qu’elle permet d’alléger les douleurs et de préparer une mort clémente et heureuse. Ils aiment présenter avec force détails des cas particulièrement émouvants pour forcer les sentiments du public. »

« L’euthanasie est un suicide par procuration et une mise à mort légale. Elle devient pour certain une forme de thérapie. Le corps médical n’est-il plus exclusivement au service de la vie ? Peut-il devenir l’exécuteur de la mort ? Doit-on craindre un médecin comme un bourreau ? »

Il est opportun de confier tout spécialement Vincent Lambert à Saint Maximilien Kolbe, mort à Auschwitz dans le bunker de la faim après s’être porté volontaire pour remplacer un père de famille polonais.

 

Source : Le Salon Beige

 

 

 

 

 



Selon une source médicale à l'AFP, l'interruption des soins prévoit l'arrêt des machines à hydrater et à alimenter, une sédation "contrôlée, profonde et continue", ainsi qu'une prise d'analgésiques "par précaution". Mais le docteur Sanchez se serait engagé à ne pas lancer le processus avant d'avoir connaissance des résultats des derniers recours déposés par les parents.

  • Un référé d'heure à heure pour assigner l'État français

D'après les informations de BFMTV, obtenues auprès d'un des avocats des parents de Vincent Lambert, un avocat va lancer à la Cour de Paris une procédure en référé d'heure à heure ce lundi matin. Il s'agit d'un processus de justice très rapide qui permet d'obtenir une décision provisoire dans un délai de 48 heures à une semaine.

Ce référé assigne l'État français à appliquer les recommandations de la CIDPH (convention internationale des droits des handicapés), seule organisation étant allée dans le sens des parents, et réclamant le maintien des soins, dans l'attente d'un examen de fond du dossier, par cette même convention. L'avocat sera fixé en fin de matinée pour savoir si le référé a été accepté, dans ce cas là, un jugement pourrait avoir lieu dès mardi.

La France a pourtant répété que les mesures conservatoires de la CIDPH "sont dépourvues de caractère contraignant" et met en avant le "droit du patient à ne pas subir d'obstination déraisonnable".

  • Une "citation directe" contre le docteur Sanchez

Un autre avocat devrait déposer, ce lundi matin également, une plainte en citation directe contre le docteur Sanchez, au tribunal correctionnel de Reims. Il s'agirait d'une plainte disciplinaire aux fins de radiation.

Une plainte en citation directe est aussi une procédure rapide, qui "permet à la victime de saisir directement un tribunal pénal en cas d'infraction", mais permet également "un procès sans passer par une enquête approfondie de la police ou de la gendarmerie", explique le site Service public.

Le médecin Vincent Sanchez dirige le service des soins palliatifs de l'hôpital Sébastopol. C'est lui qui a annoncé aux parents Lambert le 10 mai dernier l'arrêt des traitements de leur fils, à la suite des décisions du Conseil d'État et de la Cour européenne des droits de l'homme. Elles validaient la notion d'"obstination déraisonnable" au maintien en vie.

 

Source : BFMTV

 

L'arrêt des soins de Vincent Lambert, patient dans un état végétatif depuis dix ans, a commencé ce lundi matin au CHU de Reims, déclenchant la colère des parents. Ils ont été mis au courant de cette interruption par un mail du Dr Sanchez, chef de service des soins palliatifs, alors qu'eux comptaient déposer différents recours ce lundi, afin de bloquer la procédure médicale.

"C'est des monstres! Des monstres! C'est des nazis!", a lancé en larmes depuis une voiture Viviane Lambert, la mère de Vincent, en passant devant le CHU de Reims ce lundi matin. "On va balancer les vidéos! Je veux voir mon fils tant qu'il n'est pas encore trop endormi", a-t-elle aussi crié.

Le sujet des "vidéos" fait peut-être référence à la publication qui a suivi dans sur le site du journal Valeurs Actuelles ce lundi matin. L'hebdomadaire a mis en ligne une vidéo qu'il dit "exclusive", et qui a apparemment été tournée dimanche soir au CHU de Reims. On y entend Viviane Lambert parler à son fils Vincent, qui apparaît à l'écran.

"Il est encore temps d'arrêter cette folie"
"Le coup de force continue, il est encore temps d'arrêter cette folie", ont également réagi dans un communiqué les avocats des parents, Jean Paillot et Jérôme Triomphe.

"L'arrêt des traitements" et "la sédation profonde et continue" ont été "initiés ce matin", a écrit le Dr Sanchez dans le mail à la famille dont l'AFP a obtenu copie. "Dans cette période douloureuse, j'espère pour Monsieur Vincent Lambert que chacun saura ouvrir une parenthèse et se rassembler, auprès de lui, afin que ces moments soient le plus paisibles, intimes et personnels possible", ajoute ce médecin.

Dimanche, les parents Lambert avaient organisé un rassemblement devant le CHU pour dénoncer une "euthanasie déguisée". Quelque 200 personnes y avaient participé. Les parents estiment que leur fils est handicapé, et doit être transféré dans un établissement spécialisé.

 

Source : BFMTV

 

 

Bernard Antony communique :

 

Sans prévenir ses parents, dans la plus totale inhumanité, le docteur Sanchez du CHU de Reims a mis ce matin en route, au mépris total du serment d’Hippocrate, la mort de Vincent Lambert.

Que de mensonges sur les medias !

Y avait-il acharnement thérapeutique, non !

Il y a eu acharnement euthanazique avec, durant des années, une abominable séquestration de Vincent et l’ignoble refus qu’il soit transféré dans une de ces unités de soins adaptés qui se proposaient de l’accueillir.

Oui, ce sont bien des médecins de la mort, de Kariger à Sanchez, qui ont tenu à toute force à retenir Vincent prisonnier au CHU de Reims pour pouvoir se targuer aujourd’hui de leur victoire idéologique d’instauration de l’euthanasie.

Mais au plus haut niveau, c’est tout le gouvernement et c’est le président de la République qui portent la responsabilité d’une décision de mise à mort emblématique. Car après celle-là, ce seront des milliers et des milliers de vies que l’on supprimera pour les nécessités de la planification démographique et des calculs économiques.

Acte de mort terrible pour la France au mépris des valeurs de vie de ses racines de civilisation, grecque, juive et chrétienne.

Acte de mort terriblement révélateur de l’effondrement spirituel, intellectuel et moral d’une Conférence épiscopale tiédasse incapable de produire autre chose qu’un long texte gélatineux, n’invoquant même pas la loi naturelle du « tu ne tueras pas », prescrivant impérativement le respect de la vie de l’être innocent. Regrettant non pas la décision de mise à mort mais sa précipitation !

Vincent Lambert meurt du fait de l’indignité des décideurs de sa mort. Il a été sacrifié à l’idole dévorante du néo-totalitarisme post-communiste et post-nazi.

Notre pensée va à ses parents héroïques méprisés par les médecins mortifères et les politiques et les clercs de la continuité Ponce Pilate.

 

Source : L'AGRIF

 

 

franceinfo : Est-ce que vous espérez encore arrêter la procédure ce matin ?

Jérôme Triomphe : Évidemment que nous allons essayer d'arrêter cette procédure. Mais je me permets de dire une chose : ce que font les médias est rigoureusement sordide, c'est un voyeurisme insupportable. Je vois déjà les caméras de télévision, les chaînes d'info en continu, devant la chambre de Vincent pour savoir si les urines de Vincent sont rouges ou pas, s'il va mourir dans une heure ou dans un jour. C'est sordide ! Vincent n'est pas le symbole de la fin de vie parce que Vincent n'est pas en fin de vie. Vincent n'est pas un légume qui serait branché à des machines. Vincent ne fait pas l'objet d'une obstination déraisonnable ce n'est pas moi qui le dis ce sont les experts judiciaires nommés par la juridiction administrative que cette dernière a refusé d'écouter. Elle les nomme mais elle ne veut pas les suivre et la réalité, c'est que Vincent n'a aucune machine qui le maintient artificiellement en vie et que l'alimentation et l'hydratation ne sont pas des maintiens artificiels de la vie. Ça, c'est [un mensonge]. Vincent, on va provoquer sa mort. Ce que nous ne laisserons pas faire.

L'affaire est remontée au Conseil d'Etat, à la Cour européenne des droits de l'Homme, tous ont dit la même chose à savoir qu'on était bien dans une forme "d'obstination déraisonnable". Est-ce que la loi ne doit pas s'appliquer aujourd'hui ?

Vous reprenez le mensonge médiatique et politique parce qu'aujourd'hui, l'affaire est devenue une affaire politique. Vous vous arrêtez au Conseil d'État, à la Cour européenne des droits de l'Homme, mais vous n'avez pas dit un mot du Comité des droits des personnes handicapées de l'ONU. Ce Comité des droits des personnes handicapées qui relève du Haut-commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU a dit : arrêtez immédiatement le processus de mise à mort, maintenez l'alimentation et l'hydratation artificielles en vertu des conventions internationales ratifiées par la France parce que nous examinons le recours qui a été déposé par les parents.


Le gouvernement, par la voix d'Agnès Buzyn, ministre de la Santé, affirme que c'est une décision qui n'a pas de portée juridique, qui ne contraint pas la France.

Le Défenseur des droits nous a donné raison. Le Défenseur des droits qui a été chargé par le gouvernement français de veiller à la stricte application de la Convention des droits des personnes handicapées nous a écrit. Cela a été communiqué à toute la presse qui n'en a tenu aucun compte. Il dit que la convention des personnes handicapées et les mesures provisoires s'imposent à la France [le défenseur des droits précise que "la demande de mesures provisoires" du Comité des Nations Unies entre "en contradiction" avec les décisions de justice nationales et européennes et stime "qu’il ne lui appartient pas de résoudre cet éventuel conflit de normes"]. Le Défenseur des droits a rappelé que la France pouvait contester mais que ce n'était pas à elle de prendre la décision de refuser les mesures provisoires. Le mensonge est un mensonge d'Etat relayé par les médias et qui est en train de provoquer un crime d'Etat, c'est à dire le déchaînement de tout l'appareil d'Etat contre un homme malheureux qui est handicapé et dont on veut provoquer la mort. La réalité juridique est là. Mais est-ce-que vous trouvez normal ce déchaînement de l'appareil d'Etat à ne pas vouloir respecter les mesures provisoires, alors que les experts judiciaires nommés par le tribunal disent qu'il n'y avait pas d'obstination déraisonnable, alors que la situation médicale de Vincent n'appelle aucune mesure d'urgence ?

 

Source : France Info

 

 

 

L’arrêt des soins de Vincent Lambert, patient tétraplégique en état végétatif depuis plus de 10 ans, a débuté lundi matin au CHU de Reims, a-t-on appris auprès de l’avocat des parents et de source familiale.

«C’est une honte, un scandale absolu, ils n’ont même pas pu embrasser leur fils», a réagi auprès de l’AFP Me Jean Paillot, avocat des parents, farouchement opposés à l’interruption des traitements, qui a commencé lundi matin à l’hôpital Sébastopol sur décision du médecin Vincent Sanchez.

 

Source : Libération

 

Dans plusieurs villes de France, des manifestations se sont organisées pour protester contre la mise à mort programmée de Vincent Lambert.

Trois cent personnes à Reims, autour des parents de Vincent Lambert, pour manifester leur soutien à Vincent.

 Vincent Lambert Reims

Deux cent personnes à Lyon, devant le Palais de Justice :

Vincent Lambert Lyon

 

 

 

Personne ne sait ce que ressent Vincent Lambert

Son médecin a annoncé l'arrêt des traitements à partir du 20 mai

par Pierre Brunet, 19/05/2019

Vincent Lambert sera peut-être mort la semaine prochaine. Son médecin a annoncé l’arrêt des traitements à partir du 20 mai. Cet homme de 42 ans en état végétatif depuis un accident de la route en septembre 2008 est devenu le symbole du débat sur la fin de vie en France. Mais personne ne sait pourtant ce qu’il pense.

Faire disparaître ce que l’on ne comprend pas, ce qui vous échappe. Ce qui se passe à l‘intérieur de l’esprit, de l’âme de Vincent Lambert, tétraplégique depuis un accident de voiture en septembre 2008, nul ne le sait, nul ne peut prétendre le connaître, le comprendre, l’expliquer. C’est la Terra Incognita des comas de longue durée, ... des « états végétatifs sans espoir d’amélioration », comme disent les gens en blouse blanche. Ils n’en savent rien, ils sont démunis, et ils ne savent même pas que quand il n’y a plus d’espoir, il reste encore l’espérance… et la simple humanité, surtout.

Faire disparaître Vincent Lambert

Je m’étais déjà interrogé, sur le site de Causeur en juin 2015, sur la sidérante injonction dite « morale » à faire mourir de soif et de faim (agonie particulièrement atroce, rappelons-le) cet être humain qui n’a fait et ne fait de mal à personne, au prétexte que continuer à le maintenir en vie relèverait d’un acharnement thérapeutique déraisonnable… L’acharnement déraisonnable à protéger toute vie devrait être l’obsession de tout médecin. Mais ce qui obsède le corps médical en charge de la vie de Vincent Lambert, c’est de le faire disparaître, en le tuant…

Au nom d’une bienveillance proclamée, affichée, revendiquée, il faut faire mourir cet homme. La semaine prochaine, le processus d’interruption des soins sera probablement engagé, Vincent Lambert ne sera plus ni hydraté ni nourri. Pour ne pas avoir à le voir souffrir, pour ne pas avoir à observer son corps pris de spasmes, parce que mourir de soif et de faim est une torture à tout organisme vivant, à tout esprit, à toute âme, les gens bienveillants en blouse blanche, soutenus par les autorités, le gouvernement, une partie de sa famille qui a envie de passer à autre chose, enfin bref tous ceux qui veulent qu’il meure une bonne fois pour toute, ont décidé qu’il serait plongé dans un état de sédation profonde… Il ne sentira rien, puisqu’on vous le dit…

Tous ces gens bienveillants…

Pourquoi ? Pourquoi tant de gens bienveillants, médecins, juges, ministre de la Santé, veulent-ils autant que cet homme, le plus vulnérable d’entre tous les citoyens français, soit mis à mort ? Parce qu’il est insupportable de ne pas comprendre, de ne pas savoir, de ne rien maîtriser à son état ? Parce que ça coûte trop cher ? Sommes-nous entrés dans l’ère de la mise à mort comptable ? De la gestion administrative et financière de la vie humaine ? Sommes-nous redevenus des barbares ?

On va procéder au lent assassinat de Vincent Lambert. C’est le premier d’entre nous à qui ce traitement est officiellement infligé, avec le concours et le soutien de l’Etat. Les gens bienveillants continueront, et petit à petit, on commencera à se faire à l’idée qu’il est bon et raisonnable de faire disparaître d’autres gens inutiles. Ce meurtre programmé est une honte, un scandale sans fond, comme parfois sont les actes des gens trop bienveillants. Ou le sont-ils vraiment ?

Source : causeur.fr

 

 

 

 

Nous ne pouvons pas rester indifférents face à l'histoire dramatique de Vincent Lambert

par Prof Roberto Colombo, Faculté de Médecine et Chirurgie, Université catholique du Sacré Coeur, 18/05/2019, Article intégral

Au fil des siècles, des hommes, des familles, des catégories de sujets, des populations ou des groupes ethniques entiers ont été victimes d'injustices, de discriminations et de violences. Toute l’histoire des larmes, du sang et de la mort qu’ils ont produits reste encore à écrire. Et de nouvelles pages sont ajoutées aujourd'hui aussi. Parmi ceux-ci figurent ceux que le pape François a maintes fois soulignés - avec une image efficace - comme étant les produits de la "culture du déchet" : femmes, enfants (nés et non encore nés) et hommes "coupables" uniquement d'être "différents" parce que inaptes (incapables, invalides, inaptes à la vie).

Les "non-raisons" de cette exclusion d’être au nombre des méritants d'accueil, de respect et de protection (en un mot, d'amour) vont de la couleur de la peau au pays d'origine, de la misère matérielle ou morale à la religion professée, des défauts du développement psychophysique prénatal et infantile à la sénescence marquée par de graves pathologies dégénératives, des stades terminaux de la maladie incurable aux états de conscience et de relation absents ou minimaux.

L'acceptation, le respect et la protection de chaque vie humaine, quelle que soit sa condition, est aujourd'hui le point le plus faible (mais décisif) de la société, de la politique et de l'État. Ne pas accepter tout le monde équivaut à rejeter quelqu'un, pratiquement à le tuer (moralement, légalement ou physiquement): tertium non datur.

Si cela s’est également produit dans le passé, ce qui fait mal au cœur et indigne l’âme - et rend inacceptable la "conspiration du silence" imposée par le "politiquement (in)correct" - c’est actuellement le chevauchement d’une "culture de l’indifférence" entre les sociétés et les politiques. "Cette attitude d'indifférence égoïste a pris une dimension mondiale aujourd'hui, à tel point qu'on peut parler d'une globalisation de l'indifférence. [...] L’indifférence envers les autres et envers Dieu est une réelle tentation, même pour nous chrétiens". Nous qui avons su que "Dieu n'est pas indifférent au monde, mais l'aime au point de donner son Fils pour le salut de chaque homme" (Pape François, Message du Carême 2015).

En ces jours, nous sommes provoqués par les derniers développements d'une affaire humaine, familiale, clinique, éthique et juridique dramatique née au début de la présente décennie. Au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Reims, en France, un homme de 42 ans, Vincent Lambert, est hospitalisé depuis dix ans à la suite d'un traumatisme à la tête lié à un accident de voiture et qui le fait vivre dans un état clinique diagnostiqué par certains spécialistes comme «état de conscience minimal» (état pauci-relationnel ou état de conscience minimale plus) et par d’autres comme «végétatif chronique» (état végétatif chronique). Après une longue vicissitude médico-légale et judiciaire qui a récemment vu l'entrée en matière de tribunaux et de comités internationaux, les médecins du CHU qui ont demandé la suspension de tous les traitements, même physiologiquement essentiels à la vie (aucun traitement spécifique n'est actuellement en cours pour remédier à la pathologie cérébrale dont il souffre car aucun traitement médical ou chirurgical approprié n'est disponible), comme l'hydratation et la nutrition, semblent avoir presque atteint la date à laquelle ils mettront en œuvre - avec l'autorisation du tribunal administratif compétent - leur objectif de mort, soutenus en cela par la femme de Vincent, mais fermement contrés par ses parents, qui défendent le droit à la vie de leur fils.

Bien qu’il soit dans un état d’incapacité relationnelle grave avec le monde extérieur et ses proches (on ne peut rien dire avec une certitude raisonnable sur l’éventuelle réduction ou absence de sa conscience "interne" ou "profonde"), le patient n’est pas connecté à un respirateur (la respiration est autonome) ni soumis à une stimulation cardiaque (le battement est spontané), il n’est pas non plus sujet à des thérapies intensives ou sous-intensives capables de définir une situation clinique et éthique "d’acharnement thérapeutique".

Les experts cliniques nommés par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne en novembre 2018 "considèrent que la réponse aux besoins primaires essentiels (nutrition, hydratation, élimination, prévention de la peau, hygiène de base) ne constitue pas, pour certains patients à l'état végétatif avéré, comme pour Vincent Lambert, un «acharnement thérapeutique» ou une obstination déraisonnable» (Rapport, p. 24).

La même conclusion a été tirée par 70 médecins et spécialistes cliniques ayant étudié les données disponibles du patient, ajoutant qu' "il est évident que Vincent Lambert n'est pas en fin de vie" et que ses conditions cliniques, bien que graves, sont assez stables (publié dans : "Le Figaro", 18 avril 2018).

Cette observation clinique objective exclut qu’il soit médicalement approprié et éthiquement correcte d’appliquer à ce patient le juste principe de respecter l’inévitable arrivée de la mort et de ne pas s’opposer au cours naturel de l’agonie par des interventions inappropriées qui ne feraient que prolonger les souffrances du mourant. Comme le rappelait le pape François, ce n'est que lorsque le patient se trouve dans ces conditions que le fait de respecter son cours naturel sans acharnement thérapeutique constitue «un choix qui assume de manière responsable la limite de la condition humaine mortelle, lorsqu'il réalise qu'il ne peut plus s'y opposer. "On ne veut pas ainsi donner la mort : on accepte de ne pas pouvoir l’empêcher", comme le précise le Catéchisme de l'Église catholique (n ° 2278). Cette différence de perspective restitue à l'humanité l'accompagnement de la mort, sans ouvrir de justification à la suppression de la vie. Nous voyons bien que, en fait, ne pas activer des moyens disproportionnés ou suspendre leur utilisation équivaut à éviter l’acharnement thérapeutique, c’est-à-dire effectuer une action qui a un sens éthique complètement différent de l’euthanasie, qui reste toujours illicite, puisqu’elle propose d’interrompre la vie en procurant la mort " (Message aux participants de la réunion régionale européenne de l'Association Médicale Mondiale sur les questions de" fin de vie ", 7 novembre 2017).

La simple interruption de la vie du patient dans un état de conscience minimale ou végétative s'avère être, dans l'objet choisi et dans l'intention de l'action, l'effet de la suspension de l'hydratation et de la nutrition, comme l'a rappelé la Congrégation pour la Doctrine de la Foi précisément en ce qui concerne le cas de ces patients chroniques : "L’administration de la nourriture et de l’eau, même artificiellement, est en principe un moyen ordinaire et proportionné de préserver la vie. Il est donc obligatoire, dans la mesure où et jusqu’à ce qu’il atteigne l’objectif qui est le sien, qui est de fournir au patient hydratation et nourriture. De cette manière, les souffrances et les décès dus à l’inanition et à la déshydratation sont évités. [...] Un patient en "état végétatif permanent" est une personne dotée de la dignité humaine fondamentale et à laquelle sont donc dus les soins ordinaires et proportionnés, qui comprennent par principe l'administration de l'eau et de la nourriture, également par des voies artificielles" (réponses aux questions de la Conférence épiscopale américaine sur l'alimentation artificielle et l'hydratation, 1er août 2007).

Comme l'ont récemment rappelé l'archevêque de Reims, Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, et l'évêque auxiliaire de ce même diocèse, Monseigneur Bruno Feillet, dans la situation de Vincent, "l'honneur d'une société humaine est en jeu de ne pas laisser mourir de faim ou de soif l'un de ses membres et faire tout son possible pour maintenir les soins appropriés jusqu'au bout. Se permettre d'y renoncer parce qu'un tel traitement a un coût ou qu'il serait inutile de laisser vivre la personne humaine ruinerait l'effort de notre civilisation. La grandeur de l’humanité consiste à considérer la dignité de ses membres, en particulier les plus fragiles, comme inaliénable et inviolable ", quelle que soit leur condition. "Nous prions encore et nous invitons à prier pour que notre société française ne s'engage pas sur la voie de l'euthanasie" (13 mai 2019). Et "l'euthanasie est une violation grave de la Loi de Dieu, puisque meurtre délibéré, moralement inacceptable, d'une personne humaine. [...] Par l'euthanasie, en sens vrai et propre, on doit entendre une action ou une omission qui, de par sa nature et ses intentions, procure la mort, dans le but d'éliminer toute douleur " (Saint Jean-Paul II, Lettre encyclique Evangelium vitae , N ° 65).

Appelant « à nouveau l'attention sur Vincent Lambert », le pape François a déjà souligné il y a un an: "Je voudrais insister et confirmer que le seul maître de la vie du début à la fin naturelle c’est Dieu. Notre devoir est de tout faire pour garder la vie », même d'un malade comme lui. Un devoir moral et civil qui ne peut nous laisser indifférent tant que la vie de ces frères et sœurs à l'état de conscience minimale ou végétative - en Europe il y en a des dizaines de milliers - n'est pas suffisamment protégée, acceptée et promue, les soustrayant à l'abandon des systèmes de santé et de l'euthanasie par le biais des soins appropriés et de lieux de soins adaptés, impliquant non seulement des équipes de spécialistes, mais également des membres de la famille et des amis.

Arrêter l'hydratation et la nutrition signifie couper le courant électrique qui permet à notre système nerveux de contrôler le bon fonctionnement de notre corps et de ne plus fournir les métabolites, l'énergie, les électrolytes et l'eau nécessaires à la physiologie humaine. C'est contre la vie et la dignité de la personne. Même si une loi ou une sentence autorise cette action, elle reste inacceptable et indigne d'une société fondée sur le respect et l'acceptation de la vie de tous.

Roberto Colombo
Faculté de Médecine et Chirurgie
Université catholique du Sacré Coeur

Source : Osservatore Romano

Traduction : Site de Christophore

 

 

L'Observatoire de bioéthique de Sienne dénonce la situation absurde et troublante du citoyen français Vincent Lambert qui, selon les tribunaux, devrait disparaître.

Vincent Lambert, tétraplégique par suite d’un accident, est une personne gravement handicapée dont les fonctions vitales sont stables depuis 11 ans: il ne meurt pas, il n’est attaché à aucune machine. Le seul traitement qui lui est administré au Centre Hospitalier Universitaire de Reims où il est hospitalisé depuis 6 ans est l'alimentation et l'hydratation par sonde. Mais selon les tribunaux français, nourrir et hydrater est une "obstination déraisonnable".

Le dernier rapport médical officiel de janvier 2018, établissant que son statut était irréversible, avait été contesté par 55 spécialistes du secteur, car il avait été mené à l'aide de méthodes non valides. En outre, ces mêmes spécialistes ont déclaré que le fait de continuer à le nourrir artificiellement n’était pas une obstination déraisonnable. Cependant, les tribunaux ont finalement décidé de sa mort quand même. Son épouse a déclaré que Vincent lui aurait dit, avant l'accident, qu'il ne voulait pas vivre dans une dépendance totale. Déclaration générique qui n’est même pas comparable à un consentement éclairé ou à un bio-essai, selon le tribunal administratif qui a statué en janvier 2014. Au lieu de cela, pour le Conseil d’État français en juin suivant, cette déclaration a été considérée comme fiable.

Le 3 mai, le Comité des Nations Unies pour les droits des personnes handicapées a annoncé la création d'une commission chargée de vérifier la situation de Vincent et d'évaluer l'adéquation des traitements actuellement pratiqués. Le même comité de l'ONU a également adressé à la France la demande de surseoir à la décision de suspendre des aides vitales, dans l'attente de faire connaître sa décision sur l'affaire. Le ministre français de la Santé, bien que réticent, s'est engagé à respecter cet engagement. Néanmoins, le Dr Sanchez du Centre Hospitalier Universitaire de Reims a décidé d'interrompre nutrition et hydratation au cours de la semaine commençant le 20 mai. Vincent Lambert, qui avait déjà dû résister pendant 31 jours à une absence totale de nutrition et d'hydratation à l'initiative arbitraire d'un autre médecin, est même empêché de déménager ailleurs!

Les avocats des parents du patient ont toutefois répété qu '"il n'y a pas d'urgence médicale à admettre la suspension de la nutrition et de l'hydratation de Vincent Lambert et rien ne justifie une violation aussi éhontée du droit international et des mesures provisoires demandées par l'ONU. Nous demandons justice afin que le droit international en faveur de Vincent Lambert soit respecté ".

A la veille des élections au Parlement européen, nous nous demandons:

Pourquoi toute cette hâte de mettre à mort une personne simplement gravement handicapée?

Pourquoi ne pouvons-nous pas attendre la réponse du Comité de l'ONU?

Parce que procéder à une véritable euthanasie contre une personne qui n'est pas en train de mourir ne constitue pas un légume, ne se trouve pas dans une situation assimilable d'obstination thérapeutique et n'a pas signé de directives de traitement préalable ni écrit un autre acte relatif à sa volonté. et n'a-t-il pas nommé une personne de confiance qui pourrait éventuellement le représenter?

Nous voulons maintenant convaincre les gens que, dans certaines conditions, la vie ne fait plus partie du passé et que le fait de continuer à vivre dans une condition grave devrait être considéré comme un "entêtement déraisonnable". En bref, convaincre qu'il existe des personnes considérées dignes de vivre et d'autres qui ne méritent pas de continuer à vivre. Mais qui le décide? L'état?

Le cas de Vincent, qui ressemble tragiquement à celui de Terry Schiavo et du petit Alfie Evans, n’est pas isolé: comme lui, il existe 2 000 autres patients en France qui, aujourd’hui, avec leurs familles, sont très inquiets et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi.

L'Observatoire de bioéthique de Sienne rejette fermement l'idée qu'il existe des vies qui ne valent plus la peine d'être vécues et que "l'obstination déraisonnable" consiste à continuer à vivre. Et il rejette avec la même force toute décision qui oblige les médecins à "proposer" la mort comme seule solution pour les plus faibles.

Nous sommes fermement convaincus que tout ce que notre société est capable de faire pour les personnes les plus fragiles est ce qui montre son véritable degré d'humanité.

L'Observatoire de bioéthique de Sienne soutient la surveillance que certaines organisations et candidats aux élections européennes ont programmée le 20 mai à 12h30 à Montecitorio afin de sensibiliser le public à cette situation et aux aspirations d'une politique locale.

Traduction : Site de Christophore

 

 

“Nous ne pouvons pas rester indifférents”

Une tribune publiée dans L’Osservatore Romano par don Roberto Colombo, professeur à la faculté de médecine et de chirurgie de l’Université catholique du Sacré-Cœur, à Milan, revient sur le cas complexe de ce patient français tétraplégique depuis 2008.
Retrouver ici le texte intégral en français

Reprenant les prises de position nombreuses du Pape François en faveur de la vie, don Roberto Colombo rappelle dans cette tribune que «l’accueil, le respect et la protection de toute vie humaine, dans quelque condition qu’elle se trouve, est aujourd’hui le point le plus faible (et pourtant décisif) de la société, de la politique et de l’État. Ne pas accueillir tous revient à écarter quelqu’un», à l’exclure moralement, juridiquement ou physiquement, explique-t-il.

Il dénonce la «conjuration du silence» qui entourent cette question du droit à la vie des personnes lourdement handicapées, comme c’est le cas de Vincent Lambert, hospitalisé depuis 2008 au CHU de Reims. La simple définition médicale de son cas ne fait pas consensus : l’état pauci-relationnel, l’état de conscience minimale plus, ou encore l’état végétatif chronique qui lui sont attribués selon les différentes sources, ne répondent pas aux mêmes définitions. Dans son cas, l’arrêt des soins est annoncé pour ce lundi 20 mai, une décision du corps médical soutenue par son épouse mais à laquelle s’opposent ses parents. Le Comité international des droits des personnes handicapées, qui dépend de l’ONU, a demandé un maintien provisoire des soins, mais le gouvernement a fait savoir que la France n’était pas légalement contrainte par ce comité.

Vincent Lambert n'est pas en fin de vie

Don Roberto Colombo fait savoir que Vincent Lambert, bien que se trouvant dans une condition de grave incapacité relationnelle avec le monde extérieur et les personnes qui lui sont proches (personne toutefois ne pouvant s’avancer avec certitude sur l’éventuelle réduction ou absence de sa “conscience interne” ou “profonde”), ne se situe pas dans un état de fin de vie, puisque sa respiration est restée autonome et n’est donc pas soumise à une assistance respiratoire, qu’il n’a pas de stimulateur cardiaque, et qu’il n’est pas traité en soins intensifs. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait considéré en 2018 qu’il ne faisait l’objet ni d’un «acharnement thérapeutique» ni d’une «obstination déraisonnable». L’an dernier également, un autre rapport rédigé par 70 médecins et spécialistes avait mis en avant la stabilité de ses conditions cliniques. Il n’est donc pas dans une situation désespérée et terminale qui pourrait rendre éthiquement acceptable l’arrêt des soins.

Pour les malades chroniques, l’hydratation et l’alimentation, y compris par des voies artificielles, sont considérées par l’Église catholique comme «un moyen ordinaire et proportionné de conservation de la vie», avait rappelé en 2007 la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Y renoncer reviendrait donc à ouvrir la voie à une euthanasie. Récemment, l’archevêque de Reims, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, et son évêque auxiliaire, Mgr Bruno Feillet, ont rappelé que «la grandeur de l’humanité consiste dans le fait de considérer comme inaliénable et inviolable la dignité de ses membres, spécialement les plus fragiles». Le Pape François lui-même, prenant la parole sur la situation de Vincent Lambert, avait déclaré que «l’unique maître de la vie, du début à la fin naturelle, est Dieu. Notre devoir est de tout faire pour prendre soin de la vie», y compris des malades en état végétatif ou de conscience minimale, comme il y en a des dizaines de milliers en Europe.

Cet arrêt des soins annoncé est donc une attaque «contre la vie et la dignité de la personne. Même si une loi ou une décision de justice permettent cette action, elle reste inacceptable et indigne d’une société fondée sur le respect et l’accueil de la vie de tous», conclut don Roberto Colombo.

 

Source : Vatican News

 

 

Une ambition : la protection des plus fragiles

Déclaration du Groupe bioéthique

Monsieur Vincent Lambert (...) nous convoque tous au respect de l’éthique et de l’État de droit. (...)

1. Commençons par l’État de droit. M. Vincent Lambert a le droit à une protection adéquate, comme toute personne handicapée. Chaque personne handicapée, aussi fragile soit-elle, a des droits égaux à toute autre personne. La France le sait puisqu’elle a ratifié la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées. 

(...)

Pourquoi ne pas attendre la réponse sur le fond de la part du Comité de l’ONU ? M. Vincent Lambert est un citoyen qui a le droit au respect des règles démocratiques dont le minimum est la cohérence avec les conventions signées.

Pourquoi l’État français, qui met son honneur dans la promotion des droits de l’Homme, se dispenserait-il du respect de cette Convention pour M. Vincent Lambert ? Pourquoi cette précipitation pour le conduire vers la mort ? 

(...)

2. Venons-en à l’éthique. La protection des personnes les plus fragiles demeurera toujours le signe et la mesure de l’humanité d’une société.

(...)

L’État ne s’est pas prononcé sur la décision éthique elle-même : arrêter l’hydratation et l’alimentation par voie entérale, et mettre en œuvre une sédation continue et profonde jusqu’au décès. Car heureusement, ni l’État ni les juges n’ont le pouvoir de se prononcer sur de telles décisions !

(...)

En effet, des interrogations restent en suspens : Pourquoi M. Vincent Lambert n’a-t-il pas été transféré dans une unité de soins spécialisée et adaptée à son état ? Exprime-t-il une souffrance récurrente et impossible à apaiser ? N’a-t-il pas le droit d’être nourri et hydraté par voie entérale puisque ce sont des soins de base auxquels tout être humain a droit ? À quels cas exceptionnels son hydratation et son alimentation actuelles correspondent-elles à une obstination déraisonnable ? De plus, comment connaissons-nous avec suffisamment de certitude la volonté de M. Vincent Lambert dans un contexte familial où s’exprime un désaccord profond ?

Du point de vue éthique, il serait bon que la conscience des citoyens ne soit pas troublée ni par la décision inexpliquée qui laisse penser que M. Vincent Lambert a été conduit vers la mort, ni par le non-respect de la parole que l’État a donnée en signant la Convention internationale. 

(...)

Ensemble (...) osons affronter ces lourdes interrogations qui nous provoquent à toujours plus d’humanité. Ensemble, nous sommes capables de plus de sollicitude que nous l’avions imaginé dans nos précipitations et nos envies d’évacuer ces graves interrogations.

(...) Nous prions pour tous ceux qui sont concernés (...) par sa situation et pour Vincent Lambert lui-même.

Le 18 mai 2019

Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, responsable du Groupe bioéthique de la Conférence des évêques de France
Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de Limoges
Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio
Mgr Hervé Gosselin, évêque d’Angoulême
Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude
Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre
Père Brice de Malherbe, Collège des Bernardins à Paris
Père Bruno Saintôt, Centre Sèvres à Paris

 

Source : CEF

 

 

Depuis l’annonce de l’arrêt programmé de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert, une grande émotion traverse les cœurs sans pour autant parvenir à éveiller les plus hauts responsables et l’opinion publique la plus large aux enjeux éthiques, aux enjeux de société de cette grave décision.

(...)

Nous ne pouvons pas nous résoudre aux conséquences d’une décision qui porte si gravement atteinte à la dignité d’un homme mais aussi à la dignité de toutes les personnes cérébro-lésées, à la dignité plus largement encore de toute notre société.

Ce serait accepter ce que le Pape François appelle la « culture du déchet », la réduction de la personne fragile à une réalité négligeable dont on peut se débarrasser sans le moindre scrupule.

Ce serait renoncer à l’humanisme européen pourtant au cœur du débat électoral en cours : quel est le message de l’Europe si ce n’est le respect inconditionnel de la dignité de toute personne humaine, fondement véritable de la paix ?

Que les plus hauts responsables de notre pays se laissent interpeller par le mystère de la vie !

Leur honneur – et le nôtre – est de la respecter, de la servir, surtout quand elle est fragile et blessée.

 

Source : Famille Chrétienne

 

 

Non seulement ils vont cesser de nourrir et d'hydrater Vincent Lambert mais ils vont surtout le sédater en continu jusqu'à ce que mort s'en suive.

La sédation terminale prévue par la Loi Leonetti : enlever toute manifestation de la souffrance due à la déshydratation rapide d'un corps en plein état de santé.


Vincent Lambert ne pourra plus signifier son désir de vivre, sa soif, comme il l'avait fait lors de la procédure mise en oeuvre par le Dr Kariger.

Ses proches avaient été alerté par ses signes d'inconfort.

Si Vincent Lambert avait alors clairement manifesté qu'il souffrait lors de cette procédure d'assassinat, il va autant souffrir cette fois-ci mais ne pourra plus l'exprimer.

La sédation entraine une dépression respiratoire, il mourra étouffé.

C'est ce qui provoque "l'endormissement" promis par Mr Leonetti. Mais cela n'a rien d'un doux sommeil. Dans la liste des effets indésirables des médicaments utilisés : hallucinations, confusion, sécheresse de la bouche, hypoventilation etc. Bref : plusieurs jours de cauchemars qui finiront par la mort. Mais qui veut mourir comme cela ?

Pierre Menhir

 

 

Toutes les grandes religions (Juifs, Chrétiens, Musulmans, Bouddhistes, Hindouistes) sont d'accord sur ce point : Il est interdit de mettre fin intentionnellement à la vie d'un être humain.

Sur la question de l'euthanasie, elles se rejoignent toutes sur les grandes lignes.

Judaïsme : "Ainsi donc quiconque provoque la mort d'un agonisant tombe sous le coup de l'interdiction d'assassinat et mériterait donc la peine capitale au même titre qu'un assassin par préméditation (Rambam Hilkhot Rotséah 2,7).", Rav Brand

Catholicisme : "Une société juste reconnaît comme primordial le droit à la vie de la conception jusqu’à son terme naturel. ...La mort par dénutrition est une atteinte à la vie. Le terrorisme, la guerre, la violence sont des atteintes à la vie; mais l’euthanasie aussi." Pape François

Islam : "« C'est Dieu qui donne la vie, c'est Dieu qui la retire ». (Coran 40-68). C'est ainsi que l'homicide, le suicide sont strictement réprouvés et interdits par la loi musulmane (Shari'a) de même l'Euthanasie." Dr. Dalil Boubakeur

Hindouisme : "Le meurtre s'interpose dans le processus naturel de la libération des âmes dû à la mort prématurée. L'euthanasie affaiblit le respect du caractère sacré de la vie dans les sociétés." Dr Agarwal, Hôpital Sir Ganga Ram, New Delhi

Bouddhisme : "Tenzin Gyatso, le 14e dalaï-lama, met en garde contre l’euthanasie active, expliquant qu’en essayant d’échapper aux souffrances de cette vie, nous pourrions être confronté à ces mêmes souffrances dans une vie future dans des conditions plus difficiles. Le bouddhisme theravada a une position semblable : selon le code monastique (Vinaya), l'euthanasie active ou le suicide assisté sont des fautes graves." Sogyal Rinpoché

Les différences se situent en terme de mettre fin à une souffrance physique majeure ou à un "encéphalogramme plat", signe de la mort clinique.

Or Vincent Lambert n'est dans aucun de ces cas !

Les expertises ont toutes attestées qu'il ne souffre pas et qu'il est en état pauci-relationnel.

"Pauci" veut dire "peu". Donc il a bien une vie de relation, mais différente, plus tenue, mais bien réelle.

C'est une grave désinformation, un vrai mensonge médiatique d'entendre parler que ce soit dans la bouche de Mr Leonetti, d'un Imam ou autre d' "encéphalogramme plat".

Quelle manipulation de l'opinion publique ? et pourquoi ? pour nous donner bonne conscience ?

Lorsqu'on a vu la vidéo de Vincent Lambert écouter sa mère, suivre des yeux etc, elle a été immédiatement censurée.

Aujourd'hui, on veut nous faire croire qu'on va tuer un légume qui souffre (il y a d'ailleurs contradiction dans les termes...). Mais la réalité, c'est qu'ils sont en train de vouloir tuer un handicapé comme il y en a 1700 autres en France et des milliers dans le monde.

C'est vraiment le retour des plus sombres pages de notre histoire. Si nous laissons faire, ce sont nos enfants demain qui nous dirons : "tu savais, et tu n'as rien fait ?"

Pierre Menhir

 

 

 

Vincent Lambert, sa vulnérabilité et son droit à la vie bafoué

« Ô vous (…), les allongés, les promis à la mort, les sans force et sans pouvoir, à tout être humain vivant, il est permis d’être le sel de la terre. (…) Il lui suffit, dans l’océan de trouble et de douleur, d’une goutte de cette eau pure. (…) Tel est le mot de la divine douceur, le premier et le dernier, elle ne dit rien d’autre : il n’y a pas de bouche inutile. » (Maurice Bellet, 1987)

Depuis deux semaines, une série de "rebondissements" (je n’aime pas ce terme car ce n’est pas une série policière, ni une affaire judiciaire, il y a la vie d’une personne en jeu) a placé Vincent Lambert dans une situation de danger de mort imminente. J’ai déjà beaucoup évoqué la situation de Vincent et mon dernier article concernait le rejet du recours au Conseil d’État annoncé le 24 avril 2019.

Avant de donner la chronologie de ces deux dernières semaines, je voudrais d’abord évoquer la manière dont les médias parlent de cette information. Pour la plupart, très mal, mais sans doute plus par négligence que par idéologie, en reprenant simplement les dépêches des agences de presse auxquelles ils sont abonnés.

Il y a deux manières qui sont particulièrement écœurantes dans la plupart des informations diffusées.


Une information tendancieuse ?

D’une part, il est généralement rappelé non pas la religion des parents de Vincent Lambert, mais un jugement de valeur sur celle-ci. Beaucoup indiquent en effet qu’ils sont des "catholiques intégristes". Personnellement, je ne sais pas ce que cela veut dire, cette expression qui est déjà un oxymore ("catholique" voulant dire "universel"). Qui au juste se permet de qualifier d’intégristes des catholiques ? A priori, les catholiques mais certainement pas ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette religion. Ou alors, il y aurait des faits "extrêmes" qui permettraient de les qualifier ainsi, par exemple, un acte hors-la-loi, voire un crime. Rien de tel pour les parents de Vincent.

Non, l’idée générale d’insister sur leur religion (qu’ils n’ont par ailleurs jamais revendiquée, et jusqu’à l’adoption d’une loi contraire, la loi de 1905 leur permet de pratiquer le culte qu’ils veulent), c’est de discréditer toutes leurs actions, passées, présentes et futures, alors que celles-ci ne sont guidées que par une autre motivation, ils sont parents et parce qu’ils sont parents, ils aiment leur fils, et c’est par amour pour leur fils qu’ils veulent qu’il soit le mieux soigner possible, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, et évidemment, qu’il vive, car il n’est pas en fin de vie (j’y reviens plus loin).

Gageons que si les parents de Vincent étaient musulmans, on se garderait bien de l’indiquer à tout bout de dépêches, et encore moins de parler de "musulmans intégristes" (ou "fondamentalistes" ?) qu’on préfère garder (plus à raison ?) pour les activistes terroristes. "Catholique intégriste" est l’expression magique pour discréditer, c’est ainsi dans une société déchristianisée qui se trompe de combat.

D’autre part, on parle souvent de "l’état végétatif" de Vincent. Là aussi, cette expression me donne la nausée. Pour excuser les médias, certains papiers officiels (judiciaires, médicaux) utilisent aussi cette expression mais que je considère à tort. Dire que Vincent Lambert est en "état végétatif", c’est dire qu’il est une plante. Personnellement, je n’ai rien contre les plantes (j’aime offrir des fleurs à mes hôtes, encore que dans ce cas, je pourrais être accusé de les décapiter), mais je fais une toute petite différence entre elles et les humains. Vincent est un être humain comme plus de sept milliards vivant actuellement sur cette Terre, et comme des dizaines, peut-être des centaines de milliers d’entre eux sur cette Terre, il est dans un état de conscience pauci-relationnel, c’est-à-dire dans un état de conscience dit minimal, à savoir qu’il ne peut pas s’exprimer. Cela ne veut pas dire qu’il ne pense pas, qu’il ne ressent rien. Malgré sa situation de grande faiblesse, Vincent est un humain, et à ce titre, il porte sa dignité, intrinsèquement parce qu’il est un humain.

En parlant sans arrêt d’un "état végétatif", on retire à Vincent son humanité, on lui nie l’humanité. Et à travers lui, bien entendu, tous ceux (ils sont mille sept cents en France) qui sont victimes du même état que lui. En lui retirant cette humanité, on affranchit sa conscience de certains scrupules, comme cette idée qu’il suffit d’éliminer le mal en éliminant la personne qui le porte. Il n’y a pas si longtemps (deux ou trois générations), on retirait aussi cette humanité à certaines catégories humaines pour pouvoir mieux les éliminer, en conscience. La comparaison s’arrête là.

J’ajoute une troisième méconnaissance du sujet par les médias en général. J’ai lu par exemple hier sur une chaîne d’information que Vincent Lambert était (en substance) "un symbole du débat sur la fin de vie". Double erreur, mais toujours aussi excusable, je l’admets. Première erreur : Vincent n’est pas un "symbole", il est "seulement" une personne, un être humain. Il est un, unique être, mais le "seulement" veut dire aussi qu’il est bien plus qu’une simple "idée", qu’un simple "symbole" : il n’est pas un débat, il n’est pas une polémique, il n’est pas une affaire (judiciaire), il est uniquement un être humain, avec son unicité, avec son exclusivité, avec sa spécificité, et surtout, avec sa dignité. Seconde erreur : il n’est pas en fin de vie, il est dépendant, il est en situation de dépendance.

En d’autres termes, la situation de Vincent ne devrait pas nous faire réfléchir sur la fin de vie (il a prouvé depuis au moins six ans, en fait, depuis plus de dix ans, qu’il n’était pas en fin de vie, puisqu’il vit toujours, si la fin de vie dure aussi longtemps, autant dire aux bébés qui viennent de naître qu’il sont en processus de fin de vie, ce qui, au fond, est un peu vrai), mais sur la dépendance.

Or, cette situation de dépendance (dépendre de l’autre pour vivre), elle est commune à plusieurs millions de Français (je ne parle pas des autres, je n’ai pas les statistiques). Une dépendance due à l’âge, à la maladie ou à la situation de handicap. Et clairement, la situation de Vincent correspond à celle du handicap, ce n’est pas à cause de son âge (42 ans), pas à cause de la maladie : à part les fonctions basiques nécessaires à tout être, y compris bien-portant, à savoir manger, boire, se laver, etc., Vincent ne reçoit aucun soin particulier car il n’est pas malade.

Cette situation de dépendance est pour beaucoup une situation de cauchemar, et c’est un sentiment justifié : cauchemar pour les personnes qui accompagnent la personne dépendante (au point que la moitié des accompagnants, qu’on appelle juridiquement "proches aidants" meurt avant la personne qu’ils accompagnent) ; cauchemar aussi, évidemment, pour la personne dépendante. On imagine que ce sentiment d’enfermement est difficile à vivre, mais préfère-t-on pour autant mourir ?

Avant la chronologie des "événements" récents, je poursuis ici par un rappel de la loi.


Ce que la loi dit

Il y a plusieurs lois qui "gèrent" les relations entre les patients et leurs médecins. Je ne refais pas tout l’historique (on peut le retrouver aisément sur la Toile et je l’ai déjà fait il y a quelques années), mais disons pour simplifier que depuis le début des années 2000 (à l’époque, c’était Bernard Kouchner le Ministre de la Santé), on a voulu très justement donner du pouvoir, et donc, des droits, aux patients face à la "toute-puissance" de la "médecine". C’est normal qu’il n’y ait pas une égalité entre médecin et patient, l’un est faible et malade, l’autre le soigne, et quasi-unanimement, avec conscience et professionnalisme. C’est comme dans la relation entre enseignant et élève : l’un est ignorant, l’autre a la connaissance et lui transmet.

Cette inégalité fonctionnelle n’empêche cependant pas de mettre quelques garde-fous. Or, la plus grande folie, dans ces relations, c’était "l’acharnement thérapeutique", à savoir, vouloir continuer à soigner un malade alors qu’on sait qu’il ne guérira plus et que la maladie le conduira inexorablement à la mort. Cette expression se retrouve juridiquement avec une autre expression, "obstination déraisonnable". Elle exprime mieux l’idée, car l’acharnement thérapeutique peut être salutaire : vouloir soigner à tout prix même si l’on croit qu’il n’y a plus rien à faire, et finalement, gagner, réussir à guérir. L’acharnement peut donc être raisonnable. En parlant d’obstination déraisonnable, on introduit certes un critère subjectif (c’est difficile de dire si c’est raisonnable ou pas face à un juge), mais on exprime mieux l’idée de ce qu’on ne veut plus voir, et le "on", c’est (je me risque) 100% de la population.

Dans les premiers droits accordés aux patients, et cela il y a quasiment deux décennies, ce fut le droit d’accès au dossier médical (ce droit, finalement, est un cas particulier du droit d’accès à toutes les informations personnelles, renforcé par la récente directive européenne applicable à partir de mai 2018), donc, le droit de savoir la vérité sur sa propre maladie, par exemple, et ce fut aussi un autre droit essentiel, celui de la volonté du patient qui prime sur toutes autres considérations. Un malade peut, en conscience, refuser d’être soigné. Et là, il ne s’agit pas de fin de vie. Tout patient a le droit de refuser d’être soigné. En d’autres termes, on ne peut pas soigner par la contrainte, contre la volonté du patient. On voit que ce droit, qui me paraît respectueux du libre-arbitre de chacun, peut rivaliser avec d’autres considérations plus collectives, la politique la santé publique par exemple, notamment avec l’obligation de vaccination (un vaccin n’est efficace que si un seuil minimal de la part de population vaccinée est atteint).

Le problème vient, c’est celui de Vincent, lorsque la personne est dans l’incapacité à exprimer cette volonté. C’est à ce stade que la dernière loi sur la fin de vie, la loi Claeys-Leonetti promulguée en 2016, dont j’ai longuement présenté l’élaboration en 2015 et 2016, a systématisé ce qu’il y avait déjà dans la loi précédente (loi Leonetti, en 2005), à savoir les directives anticipées et la désignation d’une personne de confiance. Les directives anticipées, c’est de dire, en bonne santé, en état de le dire, ce qu’on voudrait ou ce qu’on ne voudrait pas dans le cas où, malade, ou en fin de vie, on ne serait plus en état de dire.

Cette déclaration peut évidemment être régulièrement mise à jour en fonction aussi des évolutions, réflexions de la personne, et si elle n’est pas très satisfaisante car ce ne sont que des volontés "théoriques" (tant qu’on est en bonne santé, on reste plutôt pour le "tout ou rien"), c’est déjà mieux que rien pour imaginer la volonté du patient. Enfin, avec ou sans directives anticipées, on peut également, avant tout problème de santé, désigner une personne dite de confiance qui parlera au nom de soi pour ces considérations de fin de vie. À condition, bien sûr, que cette personne soit encore dans la capacité à en parler mieux que soi le cas échéant, et comme les directives anticipées, on peut évidemment changer de personne de confiance au fil de la vie (par exemple, en cas de changements dans le foyer).

Très peu de monde a rédigé ses directives anticipées ou désigné sa personne de confiance. Parce qu’il y a eu au départ une absence de publicité sur le sujet (ce qui n’est plus le cas aujourd’hui), mais aussi parce qu’il est toujours difficile de se projeter dans une situation qui peut terrifier, qu’on peut rejeter d’office, ou alors, qu’on n’imagine pas du tout (cela ne concerne que les autres). Comme toute réflexion à froid sur la mort, elle est rare (souvent, on réfléchit à la mort quand on est touché, confronté de près). Réfléchir à froid paraît pertinent, mais tout le monde ne le peut pas, ne le souhaite pas. Dans ce domaine de l’anticipation ou non-anticipation, tout est respectable, car cela touche à l’ultra-intime.

La loi Claeys-Leonetti propose, dans le cas d’une interrogation au sujet d’un patient qui serait en fin de vie, mais dans l’incapacité à exprimer sa volonté, lui-même ou par délégation (directives anticipées, personne de confiance), des conditions pour arrêter les soins : il faut qu’il y ait une obstination déraisonnable. Je le répète, j’insiste, cette expression est le résultat d’un consensus issu d’un long processus rédactionnel au Parlement (qui a adopté la loi à la quasi-unanimité). Elle vise à arrêter des soins inefficaces, en quelques sortes, et à proposer au patient non pas de soigner la maladie, mais seulement les souffrances qu’elles occasionnent (ce qu’on appelle les soins palliatifs, afin que ce qui reste à vivre, a priori bref, soit dans le meilleur confort possible, et à 99% des situations, la pharmacologie peut le faire).

Une autre condition pour arrêter les soins, c’est qu’il y ait souffrance. C’est, je pense, le meilleur droit conquis par le patient : il ne faut plus qu’il souffre. C’est le but de la loi. Et précisons pour ceux qui ne sont pas vraiment au clair avec la religion catholique (entre autres) qu’aucun prêtre n’a jamais promu la souffrance comme source de rédemption à notre époque. Tous veulent au contraire son abolition, comme le reste de leurs contemporains. Techniquement, plutôt, physiologiquement, la souffrance a l’intérêt de signaler un "défaut" dans le corps. Dès que ce "défaut" (ou défaillance) est connu, la souffrance devient complètement inutile, et heureusement, les connaissances médicales actuelles permettent sa suppression (soins palliatifs).

Particulièrement en rapport avec la situation de Vincent Lambert, la loi Claeys-Leonetti a inclus dans les "soins" l’hydratation et l’alimentation. Il aurait fallu probablement considérer qu’elles pourraient être considérées comme des soins à la condition qu’elles ne soient pas les seuls soins. En revanche, il ne faut pas craindre la faim et la soif, dans la mesure où le corps est mis sous sédation profonde, ce qui fait qu’il ne ressent aucune souffrance que pourraient provoquer la faim ou la soif. Dans la plupart des situations extrêmes concernées, le corps lutte de toute façon pour autre chose, bien plus cruciale (maintenir le cœur, garder chaud le cerveau, etc.). 


Vincent Lambert n’est pas en fin de vie

Comme on le voit, la situation de Vincent serait plus "simple" si Vincent pouvait dire : "je ne veux plus de cette vie d’enfermement, libérez-moi !". Dans ce cas, c’est la volonté du patient d’arrêter les soins qui l’emporte, mais sans rapport avec la loi sur la fin de vie. C’est en tout cas ce que beaucoup de monde semble vouloir lui prêter comme volonté. Or, ce n’est probablement pas le cas. Vincent s’est accroché à la vie au printemps 2013 lors de la première tentative d’arrêt de son alimentation. Pendant plus d’un mois, il a survécu, mais à l’époque, il bénéficiait encore d’une hydratation. La nouvelle loi permet désormais arrêter aussi l’hydratation, si bien qu’il aura beau vouloir s’accrocher à la vie, il mourra quand même (et rapidement) si on arrête de l’hydrater.

Dans le rapport d’expertise en novembre 2018, commandé par les juges eux-mêmes, même si cette expertise était très critiquable (car les experts n’ont pas procédé comme le font les spécialistes pour analyser la situation médicale de Vincent, en particulier, aucun spécialiste n’aurait évoqué le caractère irréversible d’une situation qu’on connaît encore mal), les experts ont quand même affirmé que, d’une part, Vincent ne souffrait pas et qu’il n’y avait donc aucune urgence médicale, et d’autre part, le maintien en vie, ou plutôt, le maintien des soins ne constituait pas une obstination déraisonnable. En ce sens, les experts ont clairement indiqué que la loi Claeys-Leonetti ne pouvait pas s’appliquer à la situation de Vincent Lambert.

Dans les décisions des juges, que ce soit le 31 janvier 2019 par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, et le 24 avril 2019 par le Conseil d’État, j’ai l’impression que l’argumentation a toujours été la même, se basant uniquement sur la volonté de Vincent Lambert. Pourtant, nul ne peut la définir et nul n’est habilité à la donner à sa place. Aucune directive anticipée n’a été rédigée, aucune personne de confiance n’a été désignée (pourtant, il était lié professionnellement au milieu médical et devait être plus sensibilisé que la moyenne), et le seul élément, c’est la parole de son épouse contre la parole des parents. Son épouse, qui n’avait jamais évoqué cette supposée volonté d’en finir de Vincent entre 2008 (date de son accident) et 2013, affirme seulement à partir de 2013 qu’il lui avait confié qu’il ne souhaiterait pas vivre cette vie et préférerait en finir.

Je crois que l’hypothèse de la volonté de Vincent, impossible à établir, ne peut pas être considérée comme certaine. La seule option possible pour déterminer cette volonté présumée, cela aurait été si elle avait été établie dans le cadre d’un consensus de l’entourage. Or, justement, ce n’est pas le cas. La famille de Vincent s’oppose à son épouse à ce sujet. Le bénéfice du doute doit rester pour l’option la moins irréversible. Or, deux options sont actuellement "en lice" : l’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation, et donc, la mort à très court terme, ou le transfert de Vincent dans une unité spécialisée où il sera réellement soigné pour son grand handicap.

Car c’est là qu’on croit rêver : Vincent n’est pas soigné pour son handicap. Il n’a aucun soin de kinésithérapie. Pire : il est enfermé à clef dans sa chambre, ses parents, qui le visitent chaque jour, doivent donner, à chaque venue, leur carte d’identité pour venir le voir. Il ne sort jamais de sa chambre, il n’a même pas un fauteuil roulant pour qu’il puisse être promené dans un jardin, ou dans d’autres lieux. Il est surtout dans le mauvais service, il est en soins palliatifs, alors qu’il n’est pas en fin de vie, il est en situation de grand handicap. Plusieurs établissements spécialisés ont déjà proposé qu’ils pourraient l’accueillir, mais l’hôpital refuse (obstinément) tout transfert. Il est là, le cauchemar de Vincent. Pourquoi refuse-t-il le transfert alors qu’il refuse de maintenir les soins ?

Car Vincent Lambert n’est pas à débrancher. Il n’a aucun tuyau. Il vit tout seul. Il ne coûte pas très cher à la collectivité, mis à part son lit. Il respire tout seul, sans machine. Son cœur bat tout seul, sans machine. Son cerveau n’est pas un légume : toutes les fonctions cérébrales fonctionnent, sauf la capacité à entrer en relation avec les autres. Il a même montré des signes timides de déglutition, certes insuffisants mais cela signifie qu’il n’a pas perdu le réflexe de déglutition. Sans être stimulé, il ne peut guère avoir des améliorations de son état. Sa seule dépendance, qui le range aussi parmi les bébés, les vieillards, et les personnes à situation de handicap, c’est qu’il a besoin qu’on le nourrisse et qu’on l’hydrate, à cause de sa déglutition. D’ailleurs, les parents de Vincent avaient pu l’accueillir dans leur maison de la Drôme, en novembre 2012, sans aucune surveillance médicalisée, lorsqu’ils n’habitaient pas encore près de son hôpital, avant les tentatives d’arrêt des soins.

J’en viens à cette petite chronologie récente pour bien comprendre la situation actuelle.


Les derniers événements

Le 24 avril 2019, le Conseil d’État a rejeté le recours contre l’arrêt du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 31 janvier 2019. Les parents de Vincent font alors deux recours, ou plutôt deux fois deux recours.

Un double recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui est une instance juridiquement supérieure aux instances nationales concernant le respect des droits de l’homme, et l’un des droits les plus élémentaires, le plus élémentaire, c’est le droit à la vie. C’est pour la défense de ce droit que Robert Badinter a fait voter l’abolition de la peine de mort et qu’il s’oppose de toutes ses forces à l’euthanasie. Le droit à la vie est le premier des droits (voir aussi la déclaration de Genève à la fin de cet article).

Dans ce double recours, il y a un recours sur le fond, qui nécessite du temps pour instruire la réflexion, mais il y a aussi un recours sur la procédure : pendant le temps de cet examen, il a été demandé à la CEDH qu’elle demande à la France de ne pas arrêter les soins. Or, à la stupéfaction de toute personne logique, la CEDH a rejeté très rapidement, dès le 30 avril 2019, ce premier recours, ce qui laisse entendre qu’elle connaît déjà sa conclusion. En clair, elle dit à la France : je vais étudier pendant plusieurs mois voire années si l’arrêt des soins de Vincent constitue ou pas une atteinte aux droits de l’homme, mais en attendant, vous pouvez quand même arrêter les soins. Si je dis que c’est une violation des droits humains à la fin, ce sera tant pis, puisque Vincent ne sera plus là.

Heureusement, et c’est le changement par rapport à 2014, parallèlement au recours devant la CEDH, les parents de Vincent ont fait un autre double recours au Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH). La France a ratifié le 10 février 2010 la Convention des droits des personnes handicapées. Or, dans sa sagesse, le CIDPH a accepté le 3 mai 2019 la requête sur les mesures provisoires, à savoir, de ne pas arrêter les soins de Vincent avant la fin de l’examen du recours pour « éviter qu’un dommage irréparable ne soit causé aux victimes de la violation présumée ». Le CIDPH a donc demandé à la France de donner son point de vue d’ici à six mois et lui a ordonné de ne pas arrêter les soins pendant ce temps d’examen.

Ensuite, hors de toute procédure judiciaire, il y a eu deux déclarations particulièrement choquantes et effrayantes, qui peuvent avoir de graves conséquences.

La première est une déclaration de la Ministre de la Santé Agnès Buzyn, interrogée sur LCI le 5 mai 2019. Elle a énoncé beaucoup d’approximations et d’inexactitudes, ce qui laisse penser qu’elle est partiale. Ainsi, elle a dit : « Les parents de Vincent Lambert se sont retournés vers ce comité qui s’occupe des personnes handicapées et non des personnes en état végétatif comme Vincent Lambert. ».

D’une part, le recours au CIDPH n’est pas consécutif à la réaction de la CEDH mais a été fait parallèlement au recours à la CEDH. En revanche, le CIDPH a dû réagir vite dès lors que la CEDH donnait le feu vert pour l’arrêt immédiat des soins. D’autre part, les médecins-conseils des parents ont rappelé à la ministre : « Les patients en état de conscience altérée ont des séquelles motrices et intellectuelles secondaires à des lésions cérébrales acquises lors d’un accident ou d’un AVC. Leur état peut rester stable, sans intervention médicale lourde, pendant de nombreuses années. Ils sont donc bien handicapés au sens médical et juridique. ».

Agnès Buzyn a également déclaré : « Aujourd’hui, juridiquement parlant, tous les recours sont arrivés au bout, et toutes les instances juridictionnelles, qu’elles soient nationales ou européennes, confirment le fait que l’équipe médicale en charge de ce dossier est en droit d’arrêter les soins. ».

Là encore, beaucoup d’approximations, et c’est curieux de considérer que Vincent Lambert n’est qu’un "dossier". Le plus frappant, c’est la reprise de ce que les médias en général ont donné (mal), à savoir l’information concernant la décision de la CEDH : le CEDH n’a pas rejeté la requête des parents sur le fond, mais seulement celle concernant les mesures provisoires (maintenir en vie Vincent pendant l’examen de la requête). Donc, il est faux de dire que la CEDH a rejeté le recours des parents, d’autant plus faux qu’il paraîtrait invraisemblable que cette cour si occupée ait pu répondre en moins de six jours à une telle requête ! De plus, le CIDPH va aussi examiner le recours des parents et il n’y a donc pas d’arrêt de procédure judiciaire. Si, malgré cela, la vie de Vincent venait à être menacée, la responsabilité de l’État et de l’hôpital de Reims pourrait être mise en cause.

Le dernier point des déclarations d’Agnès Buzyn fut le suivant : « Nous ne sommes pas tenus par ce comité légalement, mais bien entendu, nous prenons en compte ce que dit l’ONU et nous allons leur répondre. ».

Pourtant, dans l’article 4 du Protocole facultatif se rapportant à la Convention relative aux droits des personnes handicapées, la France a accepté de se soumettre à la juridiction du CIDPH qui a donc légalement le droit d’ordonner à la France de ne pas arrêter les soins tant que l’examen de la requête n’est pas terminé.

Les deux avocats de la famille, Me Jean Paillot et Me Jérôme Triomphe, ont répondu à la ministre ainsi : « Le CIDPH (…) a été créé par une convention internationale que la France a ratifiée le 10 février 2010 en acceptant librement de se soumettre aux obligation en découlant (…). Conformément au droit international, les mesures provisoires demandées par le CIDPH sont juridiquement contraignantes. (…) Ces propos irresponsables masquent mal l’embarras du Ministre de la Santé face à ce fiasco éthique, médical, humain et judiciaire qu’est devenue l’affaire Lambert. ».

La seconde déclaration a encore plus de conséquence puisque, piétinant odieusement la demande de l’ONU, le médecin traitant de Vincent a annoncé le 10 mai 2019, par une lettre aux parents de Vincent, qu’il procéderait à l’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation de Vincent dans la "semaine du 20 mai 2019" (cette information a été diffusée le 11 mai 2019). Et cela malgré la décision du CIDPH.


Violer le droit international tout en bafouant le droit de Vincent à vivre ?

Les avocats de la famille de Vincent ont communiqué ainsi le 11 mai 2019 : « Dès cette annonce du docteur Sanchez, la famille a découvert la mise en place par le CHU de Reims d’un plan Vigipirate contre on ne sait quels terroristes. Si cette décision était exécutée, Vincent Lambert mourrait en quelques jours, entouré probablement de forces de l’ordre en nombre, et le docteur Sanchez pourrait remettre à Viviane Lambert un fils mort pour la fête des mères le 26 mai prochain. C’est au mépris des mesures provisoires ordonnées par l’ONU le 3 mai 2019 au profit de Vincent Lambert, handicapé, vulnérable et sans défense, que le docteur Sanchez a décidé qu’il mourrait dans le couloir de la mort dans lequel il est enfermé à clés depuis des années. ».

Et le communiqué se poursuit ainsi (j’ai mis moi-même en gras pour souligner la phrase essentielle) : « Les experts judiciaires désignés ont pourtant clairement affirmé que Vincent Lambert n’était pas en situation d’obstination déraisonnable. Il s’agit en fait de l’euthanasie d’une personne handicapée pour la seule raison qu’elle est handicapée. Il n’y a aucune urgence médicale à arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert et rien ne justifie une violation aussi éhontée du droit international et des mesures provisoires réclamées par l’ONU. Comment la France peut-être prétendre prendre la Présidence du Conseil de l’Europe le 24 mai prochain quand elle viole aussi délibérément les traités qu’elle ratifie, qui plus est à la veille des élections européennes ? Quel message pour les Français et pour la communauté internationale ! Nous en appelons dès à présent au Défenseur des droits, qui a été chargé par la France de veiller à l’application stricte de la Convention internationale des droits des personnes handicapées. Nous en appelons également au Président de la République qui est le garant de la parole donnée de la France pour que notre pays ne se déshonore pas. » (11 mai 2019).

Pour finir ce triste exposé, je rappelle un extrait de la Déclaration de Genève adoptée en septembre 1948 par l’assemblée générale de l’Association médicale mondiale, dans sa version modifiée en octobre 2017 à Chicago, équivalent moderne du Serment d’Hippocrate que tout médecin doit faire sienne : « En qualité de membre de la profession médicale, je prends l’engagement solennel de consacrer ma vie au service de l’humanité ; je considérerai la santé et le bien-être de mon patient comme ma priorité ; je respecterai l’autonomie et la dignité de mon patient ; je veillerai au respect absolu de la vie humaine ; je ne permettrai pas que des considérations d’âge, de la maladie ou d’infirmité, de croyance, d’origine ethnique, de genre, de nationalité, d’affiliation politique, de race, d’orientation sexuelle, de statut social ou tout autre facteur s’interposent entre mon devoir et mon patient (…). ». "Je veillerai au respect absolu de la vie humaine". Tout y est dit…

Sylvain Rakotoarison (12 mai 2019) 

Source  : Agoravox

 

Un environnement de soins inadapté ?

La focalisation judiciaire et médiatique sur la décision d’arrêt des soins semble avoir occulté la question essentielle du contrôle des conditions de vie actuelles de M. Vincent Lambert. La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé précise en effet que « la personne malade a droit au respect de sa dignité » et que « les professionnels mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie digne jusqu’à la mort. »

En mai 2002, soit deux mois après le vote de la loi, une circulaire du ministère chargé de la Santé prescrivait les conditions de « création d’unités de soins dédiées aux personnes en état végétatif chronique ou en état pauci-relationnel ». Y est notamment évoqué le concept de « soins prolongés » s’adressant à des personnes « atteintes de maladies chroniques invalidantes avec risque de défaillance des fonctions vitales, nécessitant une surveillance médicale constante et des soins continus à caractère technique ».

Cette loi doit s’appliquer de manière inconditionnelle à toute personne, quelles que soient ses altérations cognitives et l’amplitude de ses handicaps. M. Vincent Lambert n’est pas en réanimation ou en fin de vie : il devrait donc bénéficier des droits et des soins adaptés au confort de vie d’une personne en situation de handicap.

Or, étant hospitalisé au CHU de Reims, il ne bénéficie pas de l’environnement justifié par son état de handicap : absence des dispositifs adaptés que prescrit la circulaire, contacts limités à l’équipe soignante et aux proches autorisés, chambre fermée d’où on ne le sort jamais. Cette situation dure depuis 2013, année de déclenchement de la procédure judiciaire qui devait aboutir rapidement à une décision, laquelle n’est survenue qu’au bout de six ans. De ce point de vue, on peut considérer que le droit à la dignité, tel que défini tant par l’article L1110-2 du Code de la santé publique que par la Convention européenne, est contesté à M. Vincent Lambert.

 

Source : The Conversation

 

 

La mort programmée de Vincent Lambert n'est pas seulement inhumaine, elle est absurde

Article rédigé par Roland HUREAUX, le 16 mai 2019

La décision de mettre à mort Vincent Lambert prise par le CHU de Reims, sous l’autorité du gouvernement, et validée par le Conseil d’Etat  n’est pas seulement répugnante, elle est absurde à plusieurs titres.

Une tutelle frappée de nullité

D’abord parce qu’elle pose le problème de la mise en œuvre de la tutelle. Ayant perdu la plupart de ses facultés mentales, Vincent Lambert  est, depuis onze ans, sous la tutelle de son épouse. Or celle-ci demande, en son nom, qu’il soit mis fin  à  la vie de celui qui reste juridiquement son mari, invoquant des conversations antérieures à son accident que personne ne peut vérifier. Il est pourtant clair que selon l’article 425  du Code civil,  la mesure de  tutelle n’est prononcée qu’en  vue de « la protection de la  personne ». Il semble  évident qu’elle  perd son sens dès lors que le tuteur demande la mise à mort du protégé, quel qu’en soit le motif, perdant ipso facto sa raison d’être. On dira qu’aucun texte ne le prévoit explicitement, mais une situation de ce genre s’est-elle jamais vue depuis que la tutelle existe ? Si le droit n’a pas prévu la cessation de la tutelle en pareil cas, c’est que la chose allait tellement de soi qu’il n’a jamais paru nécessaire de le préciser. Nous sommes là dans le méta-juridique, dans ces règles implicites qui permettent au droit d’exister et que les mots qu’il emploie aient un sens. Portant sa propre contradiction, le consentement de la tutrice à la mort de Vincent Lambert est nul et non-avenue.

Il y a des évidences plus fondamentales que les textes, que les cours, de plus en plus enfermées dans un juridisme étroit, semblent perdre de vue. Le Conseil d’Etat a beau dire que l’administration hospitalière ne commet pas d’excès de pouvoir en décrétant la mise à mort de Vincent Lambert, cette décision suppose l’accord du tuteur et il y a bien, si l’on peut dire, en l’espèce, « excès de tutelle ». D’autant que si le décès du protégé – et qui a cessé de l’être - a des implications patrimoniales, la double qualité d’épouse et de tuteur ouvre la porte à toutes les confusions et suspicions.

Qu’est-ce que « protéger la personne » si ce n’est lui permettre, comme dit Spinoza, de combattre (conatus) pour « persévérer dans son être », ce à quoi Vincent Lambert a déjà apporté la preuve qu’il le faisait, comme il l’apportera si on le fait mourir de faim et de soif (hors sédation). Mener jusqu’au bout ce combat perdu d’avance contre la mort, propre à la condition humaine, n’est-ce pas d’abord cela, « mourir dans la dignité » ?

On peut s’interroger aussi sur le rôle que joue dans cette affaire le lien matrimonial. Le mariage a longtemps été une institution centrale de la société, ce qui fondait la loi à conférer un rôle clef au conjoint ; or le mariage est, on le sait, de plus en plus précaire. Est-il conforme à l’évolution des mœurs que le conjoint demeure le seul référent de la personne en situation d’incapacité, alors même qu’il n’a plus d’effet depuis de nombreuses années ? Cela avant les parents naturels dont il est notoire qu’en l’espèce ils se soucient bien davantage de ce qu’il faut bien appeler la victime que l’épouse. Le jugement de Salomon, un des récits fondateurs de notre culture, tirait sa légitimité de ce que, sans préjuger du fond, il attribuait la garde de l’enfant disputé à la femme qui, seule, avait le souci de le protéger !

Des solutions alternatives

Deuxième absurdité : on ne saurait dire que Vincent Lambert, malgré sa situation lamentable, est rejeté par la société. Non seulement son père et sa mère sont disposés à lui assurer une protection mais encore d’autres établissements hospitaliers ou sociaux, d’autres praticiens, spécialisés eux, sont prêts à le prendre en charge, comme ils prennent déjà en charge quelque dizaines de personnes aussi diminuées que lui. S’il ne s’agissait pour la direction et les médecins de l’hôpital de Reims que de prendre une mesure de gestion, en se débarrassant d’un patient coûteux (et dont ils s’occupent très mal, faute de la compétence requise), il leur serait facile de le transférer vers un autre établissement. Mais il n’en est pas question car il s’agit pour eux, non de bien gérer mais de mener un combat idéologique en faveur de l’euthanasie.

La Sécurité sociale pourrait aussi objecter contre le coût de la prise en charge mais, en l’espèce, elle ne l’a pas fait.

La mise à mort de Vincent Lambert constituera très probablement un traumatisme dans l’opinion française. Comme on l’a vu, un très grand nombre de gens pas spécialement religieux, se sont émus de l’incendie de Notre-Dame de Paris. De nombreux Français aujourd’hui indifférents seront, n’en doutons pas, traumatisés par l’annonce de la mise à mort de Vincent Lambert par inanition. Contrairement à ce que ses promoteurs espèrent, il est douteux que ce décès les aide à avancer la cause de l’euthanasie.

Que vont devenir les malades aussi gravement atteints que Vincent Lambert déjà pris en charge dans des établissements spécialisés ? En toute logique, ils devraient incessamment subir le même sort que lui.  Serions-nous alors au début d’un processus d’extermination des handicapés plus ou moins lourds ?

Le calendrier nous rapproche des 80 ans du programme Aktion T4, par lequel Hitler avait mis à mort plus de 70 000 malades mentaux extraits des hôpitaux allemands, programme lancé à l’été 1939 et terminé à l’été 1941. Les personnels et les méthodes (principalement l’usage du gaz) furent alors transférés sans transition dans les camps d’exterminations des Juifs qui s’ouvrirent dans la foulée.

Le début de ce programme coïncide (ce n’est pas un hasard, il fallait profiter que les esprits soient accaparés ailleurs) avec le début de la seconde guerre mondiale. Espérons que la mise à mort  de Vincent  Lambert , si elle a lieu, n’annonce pas de  si tragiques événements.

Roland HUREAUX

Source : Liberté politique

 

Le demi-frère de l'ancien infirmier de 42 ans, hospitalisé dans un état végétatif depuis plus de 10 ans, a mis en garde contre ce qui pourrait constituer «la première euthanasie légale en France».

(...)

Mercredi, le tribunal administratif de Paris a rejeté un recours en urgence des parents de Vincent Lambert, qui invoquaient «l'atteinte grave et manifestement illégale portée au droit au respect de la vie et au droit au recours effectif, qui constituent des libertés fondamentales». «Vincent n'est pas en fin de vie, on va le mettre en fin de vie dans des conditions horribles et hypocrites (...) On va le laisser crever de faim et de soif (...) et on va être autour de lui à attendre sa mort pendant trois jours, quatre jours peut-être...», a déploré son demi-frère, David Philippon, auprès de l'AFP.

«Son état est stabilisé depuis des années, ce n'est pas un légume (...) On demande seulement qu'il soit pris en charge. Pourquoi lui refuse-t-on depuis des années l'accès à un établissement spécialisé avec des soins appropriés?», s'est-il interrogé, évoquant une «raison politique».

«Notre combat est pour Vincent mais aussi pour les 1.700 personnes dans cette situation: quel message la France envoie-t-elle à ces familles? Beaucoup sont extrêmement inquiètes des conséquences de la mort de Vincent dans ces conditions.»

Les parents de Vincent Lambert, Pierre, 90 ans, et Viviane, 73 ans, fervents catholiques, appellent, avec l'association «Je soutiens Vincent», à un rassemblement dimanche après-midi devant l'hôpital de Reims où se trouve leur fils afin de tenter d'empêcher l'arrêt programmé des traitements. L'affaire, devenue un symbole du débat sur la fin de vie en France, déchire sa famille: d'un côté, les parents, un demi-frère et une soeur s'opposent à l'arrêt des soins ; de l'autre, son épouse Rachel, son neveu François et six frères et soeurs du patient dénoncent un acharnement thérapeutique.

 

Source : Le Figaro

 

Au-delà du débat éthique et du combat juridique, les cas comme celui de Vincent Lambert qui, depuis un accident de la route survenu en 2008, se trouve plongé dans un état de "conscience minimale", sont un défi pour les neurosciences. De fait, les médecins ont longtemps considéré qu'il n'existait que trois états d' "altération de la conscience".

Premier état : la mort cérébrale, caractérisée par l'arrêt complet et définitif de toute activité du cerveau. Deuxième état : le coma, qui peut durer une heure ou quelques semaines, au cours duquel le patient n'est pas éveillé, ne présente pas de cycle veille-sommeil et n'est pas conscient de son environnement. Enfin, le dernier : l'état végétatif, où le patient montre des signes d'éveil (il a les yeux ouverts et effectue des mouvements réflexes, comme tousser, pleurer, bouger la tête, etc. ; il s'endort et se réveille seul), mais n'a pas conscience du monde qui l'entoure et ne répond à aucune commande verbale.

Un nouvel état d'altération de la conscience

Or, en 2002, un quatrième état d'altération a officiellement été défini : l'état de "conscience minimale". Aux États-Unis, des spécialistes du cerveau se sont aperçus que certains patients diagnostiqués comme étant dans un état végétatif montraient en réalité des signes temporaires de conscience. Ils pouvaient parfois répondre à une commande vocale, puis arrêter ; pleurer ou sourire en réaction à une situation ; suivre leur reflet dans un miroir... Et c'est justement dans cet état qu'est plongé Vincent Lambert.

Sachant que la cause peut aussi bien être un accident de la route qu'un arrêt cardiaque ou même une simple infection. Et, surtout, que l'état d'un sujet peut évoluer : dans le coma, il peut très bien passer à un état végétatif, puis de conscience minimale, avant de retomber dans le coma. Du moins pendant un temps.

Cette période d'incertitude dure de trois à six mois pour les personnes dont le cerveau a été victime d'un manque d'oxygène (après un arrêt cardiaque) et jusqu'à deux années pour les victimes de traumatismes (accidents de la route). Au-delà, les médecins estiment que leur état n'évoluera plus.

41% des patients diagnostiqués à tort en état végétatif

Les patients en état de conscience altérée représentent donc un double défi: d'une part, il faut réussir à évaluer leur véritable degré de conscience (diagnostic) et, d'autre part, tenter de prédire leur évolution dans le temps (pronostic). Or, l'université de Liège a conclu en 2006 qu'environ 41 % des patients avaient été à tort considérés dans un état végétatif alors qu'ils étaient en réalité dans un état de conscience minimale.

Concrètement, pour évaluer l'état et l'évolution d'un patient, les médecins disposent d'échelles internationales standardisées, qui permettent de quantifier les fonctions auditives, visuelles, motrices et verbales, la communication et l'éveil, via une série de tests (réactions du patient lorsqu'il est appelé, ou face à un miroir). Essentielles pour juger rapidement de l'état d'une personne en situation d'urgence, ces échelles ne sont pas toujours suffisamment précises lorsque le patient ne communique pas. Ils utilisent alors d'autres examens plus lourds et plus onéreux : l'imagerie par résonance magnétique (IRM), la tomographie par émission de positons (PET scan), la spectroscopie cérébrale et l'imagerie du tenseur de diffusion.

Le test du « match de tennis »

Depuis 2006, le niveau de conscience peut aussi être déduit via un test dit du "match de tennis". Tandis qu'on lui fait passer une IRM, on demande au patient de s'imaginer jouer au tennis et de taper dans la balle pendant 30 secondes environ. Sur l'écran, les neuroscientifiques vérifient alors si ses aires motrices s'activent : dans ce cas, il est vraisemblablement dans un état de conscience minimale.

De son côté, une équipe française développe de nouvelles méthodes d'électroencéphalographie qui mesurent l'activité du cerveau en réponse à une stimulation sonore. Un algorithme analyse les résultats afin de déterminer si le patient est dans un état végétatif ou de conscience minimale. Autant d'outils pour établir le véritable état du patient et ne pas se tromper en le déclarant abusivement dans un état végétatif.

 

Source : Science et Vie 

 

 

 

 

Quand quelqu'un est dans le coma, quelle sorte de vie vit-il ?

 

Il existe plusieurs types d'altération de conscience : l'état végétatif, le coma, la mort cérébrale et la conscience minimale. Mais pour les neurosciences, il est difficile de savoir l'effet que cela fait de l'intérieur...

Délicate question, car les personnes qui sortent de cet état ne peuvent décrire en détail ce qu'elles ont vécu. Même si beaucoup relatent des sensations et des émotions comparables aux expériences de mort imminente (EMI). Les neurosciences, elles, ont longtemps établi qu'il n'existait que trois états "d'altération de conscience" : la mort cérébrale, c'est-à-dire l'arrêt de toute activité cérébrale ; le coma, à savoir une période d'une heure à plusieurs semaines, voire des années pendant lesquelles les fonctions vitales sont préservées, même si le patient n'est ni éveillé ni conscient de son environnement ; et, enfin, l'état végétatif, dans lequel le malade montre des signes d'éveil mais n'a pas conscience de son environnement et ne peut répondre à une commande verbale.

Dès lors, difficile de savoir quelles sensations éprouve un patient plongé dans le coma... Seule certitude : son état reste potentiellement réversible. Dans le meilleur des cas, il reprend conscience au bout de quelques jours. Reste que, le plus souvent, l'amélioration s'avère lente (parfois quelques années) et passe par deux autres états d'altération de conscience : l'état végétatif et, récemment défini par les instances internationales, l'état de "conscience minimale". Le patient semble ici être dans un état végétatif mais il montre des signes diffus et temporaires de conscience : il peut parfois répondre à quelques commandes vocales, puis arrêter ; pleurer ou sourire en réaction à une situation ; suivre son reflet dans un miroir. C'est dans cet état qu'est plongé Vincent Lambert, dont le cas fait polémique depuis 2008.

 

Des échelles d'évaluation standard

En pratique, pour évaluer l'état d'un patient, les médecins utilisent des échelles internationales standardisées (comme l'échelle de Glasgow) qui quantifient les fonctions auditives, visuelles, motrices et verbales, la communication et l'éveil via une série de tests. Pour affiner leur diagnostic, ils peuvent avoir recours à l'IRM afin de cartographier les lésions du cerveau, au PET-scan pour mesurer son activité métabolique, ou à la spectroscopie cérébrale et l'imagerie du tenseur de diffusion qui analysent la viabilité des neurones et identifient les lésions des faisceaux de fibres blanches qui relient les cellules nerveuses entre elles.

Une équipe de l'Inserm développe actuellement des méthodes d'électroencéphalographie (EEG) pour mesurer l'activité électrique du cerveau en réponse à une stimulation sonore. Traités par un algorithme mathématique, les résultats renseignent sur la quantité d'informations échangées entre les régions du cerveau sollicitées, et par là même sur le degré de conscience du patient. Selon leurs études, les aires cérébrales des personnes en état de conscience minimale partagent plus d'informations que celles des patients plongés dans un état végétatif.

 

Source : Science et Vie

 

potentiellement réversible. Dans le meilleur des cas, il reprend
conscience au bout de quelques jours. Reste que, le plus souvent,
l'amélioration s'avère lente (parfois quelques années) et passe par
deux autres états d'altération de conscience : l'état végétatif et,
récemment défini par les instances internationales, l'état de
"conscience minimale". Le patient semble ici être dans un état
végétatif mais il montre des signes diffus et temporaires de
conscience : il peut parfois répondre à quelques commandes
vocales, puis arrêter ; pleurer ou sourire en réaction à une situation 
; suivre son reflet dans un miroir. C'est dans cet état qu'est plongé
Vincent Lambert, dont le cas fait polémique depuis 2008.

Monsieur Leonetti parle du "maintien artificielle de la vie".

C'est de dizaines de milliers de personnes en France qu'il est en train de parler. 

IMC, tétraplégique, insuffisants rénaux, diabétiques, néonatalogie, etc. etc., tous mourraient sans leurs "moyens artifiels". 

Qu'entend-ils dans ces propos ? Vous coûtez, vous ne servez à rien. Vous ne pouvez vivre qu'avec un appareil ? Vous n'êtes plus digne de vivre. Cela rappelle les heures les plus sombres de notre histoire. 

Pas besoin d'être en fin de vie pour se faire euthanasier. Il suffit, selon Mr Leonetti, de ne plus avoir de relation. 

Comme infirmière, j'ai vu tant de personnes dans le coma dont la vie avait pourtant tout son sens. Par tant de signes infimes.

Comment aujourd'hui le législateur peut-il s'octroyer le droit de vie et de mort sur les citoyens ?

Ethiquement, ces propos sont indéfendables. Ils nient le 1er droit d l'homme et la base de toute notre législation : le droit à la vie.

En parlant de Vincent Lambert, Mr Leonetti contredit les expertises des Tribunaux qui ont conclu que Vincent ne souffrait pas et n'était pas l'objet d'un acharnement thérapeutique. Les médecins mêmes qui veulent mettre à mort Vincent ont dit qu'il n'était pas en état de mort cérébrale. Il est bien un handicapé que Mr Leonetti ne juge plus digne de vivre. 

Second aspect : la République Française a actuellement la pire Loi possible pour "les malades et les personnes en fin de vie". 

Elle promet non seulement la mort aux plus fragiles mais la mort la plus atroce. Mourir de déshydratation avec une bonne camisole chimique qui laissera la conscience propre aux soignants et aux familles. Mr Leonetti connait pourtant comme moi les états psychiques que ces drogues induisent. Et cela pendant plusieurs jours. 

Au moins, tuez proprement et rapidement.

Les directives anticipées ne sont pas contraignantes. Donc pour moi et mes proches, aucune garantie que ma volonté soit respectée, quelle qu'elle soit.

Mr Leonetti devrait au moins avoir la décence de rendre son diplôme de médecin.  Les principes les plus fondamentaux de la médecine sont ici violés. Primum non nocere.

Infirmière, je veux témoigner de l'importance vitale pour toute notre société du respect de la vie des plus fragiles. Ils sont notre humanité. Ils sont notre joie et notre fierté.

 

Neurologie : la parole a bien un effet sur le coma

Rendre visite à un proche dans le coma peut vraiment aider à sa guérison, affirme Theresa Pape. Cette chercheuse en neuro sciences à l'université Northwestern (Etats-Unis) est arrivée à cette conclusion en testant les effets de l'exposition de patients, inconscients depuis plus d'un mois (coma, état végétatif ), à des
enregistrements de voix familières, pendant dix minutes, quatre fois par jour.

Au bout de six semaines, les huit patients qui ont bénéficié de ce traitement présentaient une amélioration de leurs signes d'éveil (réactions physiques à des stimuli sensoriels) plus importante que les sept patients qui n'y avaient pas été exposés. Or l'amélioration de l'état d'éveil est une première étape cruciale dans le retour à la
conscience complète, affirme la chercheuse.

 

Source : Science et Vie

 

 

L'archevêque de Reims, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, a appelé vendredi à ce que la société française "ne s'engage pas sur la voie de l'euthanasie", quelques jours avant la procédure d'arrêt des soins de Vincent Lambert programmée à partir de lundi.

"Prions pour M. Vincent Lambert", sa famille et ses amis. "Prions pour les médecins, le personnel infirmier et soignant du CHU de Reims qui s'occupent de lui. Prions pour ceux qui ont eu et qui ont encore à décider de son sort", a appelé Eric de Moulins-Beaufort dans cette prière envoyée aux communautés paroissiales et destinée à être lue dimanche lors de la messe.

"Prions pour que notre société française ne s'engage pas sur la voie de l'euthanasie", a-t-il ajouté, alors que le débat autour du sort de Vincent Lambert, tétraplégique dans un état végétatif depuis plus de 10 ans, a pris une nouvelle dimension avec l'annonce de l'interruption des soins à partir du 20 mai.

Mercredi, le tribunal administratif de Paris a rejeté un recours en urgence des parents de Vincent Lambert, qui invoquaient "l'atteinte grave et manifestement illégale portée au droit au respect de la vie et au droit au recours effectif, qui constituent des libertés fondamentales".

Les parents de Vincent Lambert, Pierre, 90 ans, et Viviane, 73 ans, fervents catholiques, appellent, avec l'association "Je soutiens Vincent", à un rassemblement dimanche devant l'hôpital de Reims où se trouve leur fils afin de tenter d'empêcher l'arrêt programmé des traitements.

"Ce dimanche 19 mai, je serai dès 15 heures devant l'hôpital de Reims pour les supplier de continuer à hydrater et nourrir Vincent", écrit Mme Lambert sur le site de "Je soutiens Vincent".

L'affaire, devenue un symbole du débat sur la fin de vie en France, déchire sa famille: d'un côté, les parents, un demi-frère et une soeur s'opposent à l'arrêt des soins; de l'autre, son épouse Rachel, son neveu François et six frères et soeurs du patient dénoncent un acharnement thérapeutique.

 

Source : actu.orange

 

 

L’affaire Vincent Lambert inquiète les familles de cérébrolésés


Les débats autour du sort de Vincent Lambert sont suivis de très près par les proches des 1 500 personnes qui vivent, en France, dans un état de conscience altérée.

À l’autre bout du fil, Marianne tient à le préciser d’emblée : « Je ne suis d’aucune confession religieuse. »

Avant d’entrer dans le vif du sujet et de parler de l’une de ses trois filles, « Thaïs, accidentée à 20 ans, il y a six ans et demi », explique-t-elle.Depuis l’accident de voiture, la jeune femme est dans un état de conscience minimale. Allongée ou en fauteuil, elle a retrouvé, depuis quelques mois, des capacités pour communiquer, par le biais d’un écran sur lequel elle peut, grâce à ses yeux, dire « oui » ou « non ».

« Elle a évolué au cours des années. On m’avait annoncé le pire, je pensais que j’allais la perdre et je m’y étais préparée, poursuit cette ancienne infirmière. Mais petit à petit, son état s’est stabilisé. »

Dans quelques semaines, après un séjour à l’hôpital, la jeune femme sera installée chez sa mère, en Normandie.

Et quand on parle à Marianne de Vincent Lambert, ce jeune homme tétraplégique dont le médecin a annoncé qu’il cesserait les traitements dans la semaine du 20 mai, elle dit tout de suite : « Chez moi, ça provoque de l’incompréhension et de la stupeur. »

Comme Thaïs, 1 500 personnes sont, en France, en état de conscience altérée, qualifiés, selon leur état, d’« état végétatif chronique » ou d’« état pauci-relationnel ».

Pour leurs proches, à l’image de Marianne, les longs développements de ce qui est devenu « l’affaire Lambert », ont très souvent été une source d’interrogations, si ce n’est de craintes.L’Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens (Unaftc), qui défend les intérêts et les droits des cérébrolésés, est d’ailleurs intervenue dans le procès, aux côtés des parents...

 

Source : La Croix

 

 

Le cas de Vincent Lambert, des évêques réagissent

Les faits  Quelques jours après le texte de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, et son évêque auxiliaire, Mgr Bruno Feillet, Mgr Xavier Malle, évêque de Gap et Embrun, a livré ses réflexions sur le cas de Vincent Lambert.

D’autres évêques ont également exprimé leurs convictions sur ce patient hospitalisé en état végétatif au CHU de Reims et dont les soins devraient être interrompus le 20 mai, sur décision médicale.

« Monsieur Vincent Lambert interroge la conscience. » Dans un texte publié jeudi 16 mai sur le site Internet de son diocèse, Mgr Xavier Malle, évêque de Gap et Embrun, livre ses questionnements sur le cas de cet homme de 42 ans, depuis dix ans dans un état pauci-relationnel puis végétatif et dont les soins doivent être interrompus le 20 mai, sur décision médicale.

Pas de « jugements hâtifs »

« On ne peut se contenter de jugements hâtifs », prévient d’emblée Mgr Malle qui ébauche et médite des réponses à cinq grandes questions, « après consultation du groupe diocésain de bioéthique ». Répondant à la question de l’alimentation et de l’hydratation perçue comme un acharnement thérapeutique, il souligne que Vincent Lambert « n’est pas en fin de vie ».

L’évêque de Gap et Embrun s’interroge également sur le fait qu’il n’ait pas pu être transféré « dans un centre capable de l’accueillir, comme c’est le cas pour des centaines d’autres porteurs de handicaps dans notre pays, qui peut d’ailleurs s’en enorgueillir ».

« Qui est digne de vivre et qui ne l’est pas ? »

Se questionnant sur la dignité des personnes pauci-relationnelles, Mgr Malle s’inquiète du message adressé aux 1500 personnes dans la même situation accueillies au sein de l’hôpital de Berck ou ailleurs et à leur famille. « Doit-on considérer que c’est à la justice, au juge, de décider qui a le droit de vivre ou le devoir de mourir ; qui est digne de vivre et qui ne l’est pas ? », se demande Mgr Xavier Malle.

« Comme chrétien, j’attire l’attention sur toutes les personnes vulnérables, telles les mineurs migrants, les personnes handicapées ou celles en fin de vie, plaide Mgr Malle. Il est triste de constater que monsieur Vincent Lambert est instrumentalisé, en particulier par les promoteurs de l’euthanasie. » Il invite enfin à suivre la « ligne de crête de l’accompagnement pour les personnes handicapées, des soins palliatifs pour les personnes en fin de vie, puis de l’acceptation de la mort qui vient naturellement ».

Veillées de prière

D’autres évêques ont également pris la parole, à commencer par Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, futur président de la Conférence des évêques de France, et son évêque auxiliaire, Mgr Bruno Feillet, le 13 mai. Sur Twitter et avec une tonalité plus virulente Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, s’est lui indigné : « Nul n’a le droit de provoquer la mort d’autrui, ni pouvoir médical ni pouvoir judiciaire. La peine de mort a été abolie. Faudra-t-il demander à M Emmanuel Macron la grâce présidentielle pour Vincent Lambert ? »

Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes, a, lui, invité à prier pour Vincent Lambert. Dans un message, publié le 16 mai, pour les veillées pour la vie, il affirme que « notre frère Vincent est aujourd’hui le visage de tous ceux qui, comme lui, en France et dans le monde, sont en situation dite « végétative » ou pauci-relationnelle ». Selon lui, il ne doit pas être « le premier d’entre eux à se voir ainsi interdire de vivre ».

 

Source : La Croix

 

Fin novembre 2018, un groupe d'experts chargés de se prononcer sur l'État de Vincent Lambert avait remis à la justice un rapport dans lequel ils concluaient à un “ état végétatif chronique ” du patient. Le Pr Xavier Ducrocq, chef du service de neurologie du CHR de Metz-Thionville et conseil médical des parents, d'un frère et d'une sœur de Vincent Lambert depuis 2013, en avait analysé dans nos colonnes les principales conclusions, largement déformées par la presse. Alors que le recours des parents devant le tribunal administratif de Paris a une nouvelle fois été rejeté, Valeurs actuellesrepublie cette interview.

Valeurs actuelles : Que retenez-vous du rapport rendu par les experts du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne ? Y a-t-il d’ailleurs du nouveau dans la situation de Vincent Lambert ?


Xavier Ducrocq
 : Rappelons que cette nouvelle expertise intervient quatre ans après celle demandée par le Conseil d’Etat appelé à statuer sur le fait que maintenir une nutrition-hydratation artificielle (NHA) chez Vincent Lambert était constitutif ou non d’une obstination déraisonnable. Vincent Lambert, victime d’un accident de la route en septembre 2008 présente un état de conscience altérée depuis cette époque. 

L’équipe médicale, conduite par le Dr Kariger, s’occupant de Vincent Lambert depuis 2009 avait cru détecter chez lui, début 2013, une volonté de mourir et avait stoppé son alimentation, ce que le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait dénoncé au motif d’une violation du droit à la vie et d’une erreur dans la démarche collégiale, la famille n’ayant pas été associée à la décision. Les experts de 2014 avaient, après un certain nombre d’investigations, conclu à un état d’éveil sans réponse (autrefois appelé état végétatif chronique), tout en précisant, comme les instances médicales également sollicitées par le CE (Ordre des Médecins, Comité Consultatif National d’Ethique, Académie de Médecine) que « l’absence de preuve de conscience ne saurait être interprétée comme la preuve de l’absence de conscience ».  

En juillet 2015, une troisième décision, précipitée, d’arrêt de NHA, prise par la même équipe médicale était finalement suspendue par le CHRU de Reims où Vincent Lambert séjourne toujours. Début 2018, le Dr Sanchez, gériatre spécialisé en Soins palliatifs, nouveau chef de service, prend pour la quatrième fois la décision de suspendre la NHA, décision une nouvelle fois contestée par une partie de la famille de Vincent Lambert, d’où cette nouvelle procédure judiciaire. 

Les experts actuels concluent de nouveau à un état végétatif chronique. A savoir que l’état de conscience Vincent Lambert apparaît stable depuis 2014, en fait depuis 2011 où il avait été évalué à Liège par l’équipe très renommée du Pr Laureys. Les états de « conscience altérée » regroupent en fait deux états cliniques, l’état d’éveil sans réponse et l’état de conscience minimale, états entre lesquels un même patient peut osciller selon les circonstances, ou facteurs médicamenteux ou environnementaux. La loi du 3 mai 2002 définit d’ailleurs les modalités de pris en charge de ces patients, sans les distinguer. Ces mêmes experts concluent également au caractère plutôt automatique et réflexe de la déglutition et des vocalisations spontanées de Vincent Lambert. En déniant formellement toute preuve de conscience chez lui, ils se montrent bien plus péremptoires que les experts précédents. Ils affirment également que Vincent Lambert ne pourrait pas ressentir de douleur et n’est donc pas en situation de souffrance incurable.

Mais, d’une part, ce que nous contestons, ils statuent sur la base d’un examen trop limité dans le temps, alors que l’état de l’art est d’observer ces personnes sur un temps long, dans différentes circonstances, après une période d’acclimatation. Depuis 5 ans maintenant, Vincent Lambert ne reçoit aucun soin de stimulation, de kinésithérapie, d’orthophonie, il est reclus dans sa chambre et dans son lit dont il ne sort jamais, enfermé à clé, avec des horaires de visites de plus en plus restreints. 

Forts de ce jugement médical très catégorique, trop catégorique à nos yeux de spécialistes – j’étais entouré lors de l’expertise de septembre de deux consœurs spécialistes renommées de ces patients - , ces mêmes experts affirment que nourrir Vincent Lambert ne constitue pas en soi, sur le plan médical, une obstination déraisonnable. Une telle affirmation, qui rejoint ce que nous défendons depuis avril 2013, remet en cause tout le processus en cours. Ils vont jusqu’à affirmer que Vincent Lambert peut être pris en charge dans un centre spécialisé, tels qu’il en existe partout en France, ce que nous demandons également depuis 2013. 

La majorité des médias a préféré insister sur la notion de situation irréversible. Pourquoi, selon vous ? 

Il y a comme une volonté d’assimiler la situation de cette personne très sévèrement handicapée, mais stable dans son handicap, à une situation de fin de vie. Alors que ce n’est pas du tout le cas. Que Vincent Lambert vive depuis 10 ans maintenant, en état de conscience altérée, suffit à démontrer qu’il n’est pas en fin de vie. Qu’il n’existe pas d’espoir réaliste d’amélioration, malgré des travaux de recherche permettant de progresser dans la connaissance de ces patients, ne suffit pas à parler de fin de vie. C’est le lot commun de toutes les situations de handicap : para et tétraplégie, autisme, infirmités motrices cérébrales, surdités, cécités…

Peut-on espérer qu’il finisse par quitter le CHU de Reims ?
Si les juges du tribunal administratif de Chalons s’en tiennent aux affirmations de leurs experts, on est effectivement en droit d’espérer que Vincent Lambert soit transféré dans une unité spécialisée. D’ailleurs, plusieurs se sont proposées pour l’accueillir. . 

Vous êtes conseil médical de Vincent. Comment sa famille, toujours divisée, a-t-elle accueilli ce rapport ?
La partie que je conseille éprouve un soulagement, ayant l’impression d’être enfin entendue et comprise. Elle ne partage toutefois pas la sévérité du jugement médical sur l’état de conscience de leur fils et frère. Je peux exprimer le réel souhait d’une réconciliation de cette famille qui s’est divisée suite à la malheureuse et maladroite initiative, et décision, du Dr Kariger en 2013, alors qu’elle accompagnait, unie, naturellement, son proche dans sa situation de handicap. 

Où en est, selon vous, le débat autour des personnes dans la situation de Vincent en France ?
L’intervention, dès 2014, de l’UNAFTC (Union Nationale des Familles de Traumatisés Crâniens) contre la décision d’arrêt de la NHA chez Vincent Lambert, puis l’expression publique dans la presse, début 2018, de plus de 70 professionnels de personnes en état de conscience altérée, en dit long sur l’inquiétude suscitée par cette affaire. Nul n’est dupe quant au fait que ce qui concerne Vincent Lambert concerne également ses « compagnons d’infortune », un expression de sa maman.

Continuer de soigner ces personnes, de les entourer, de s’en faire proche, serait donc de l’obstination déraisonnable ? Nul ne le croit. Et nous saluons ces experts de le rappeler à qui veut bien l’entendre. Faut-il redire que l’obstination déraisonnable est avant tout une question d’ordre médical ? Et qu’il est heureusement exceptionnel que la Justice y soit convoquée !

Une décision judicaire qui ferait fi de cette affirmation d’absence d’obstination déraisonnable et ne demanderait pas le transfert de Vincent Lambert dans une autre unité, serait un signal très inquiétant à l’égard des personnes en situation de handicap, de leurs proches et de leurs soignants. Une remise en cause dramatique d’une médecine hippocratique faisant du respect de la dignité de tout être humain, des plus vulnérables en particulier, un socle infrangible. 

Source : Valeurs Actuelles

 

La valeur de la vie

de Guillaume Goubert

On est saisi d’un tremblement au moment d’écrire à propos du cas de Vincent Lambert. Qui peut dire comment il réagirait s’il était confronté à une situation de ce type dans son entourage ? Personne n’a le droit de juger les motivations de ses proches, qu’ils soient favorables à la poursuite de sa vie ou, au contraire, estiment préférable d’y mettre fin. La situation est trop douloureuse pour que l’on se permette, de l’extérieur, de dire qui a raison et qui a tort. Tout au plus peut-on penser que, en présence d’un désaccord aussi profond au sein d’une famille, il paraît préférable de ne pas prendre une option irréversible.

Au-delà du cas de Vincent Lambert, la question que nous devons sans cesse nous poser est celle de la valeur de la vie. Qui est en droit de juger que telle ou telle vie mérite ou non d’être vécue ? La question se pose en toutes circonstances mais plus encore lorsque le principal intéressé n’est pas en mesure de s’exprimer. Il est impossible dans un tel domaine de poser des règles valables pour toutes les situations. Il est impératif de lutter sans hésitation contre la souffrance, aussi bien physique que psychique. Mais il s’agit là de prendre soin, non de mettre fin.

Écoutons ceux qui ont des proches victimes de lourdes lésions cérébrales. Prêtons attention à ce que disent les parents d’enfants atteints de handicaps mentaux. Aucun ne minimise la charge que cela représente, la douleur que cela induit. Mais très nombreux sont ceux qui expriment leur attachement indéfectible à la relation qui unit, à la vie qui persiste. L’honneur d’une société comme la nôtre est de ne rien faire qui puisse dévaloriser cet engagement, discréditer cette fidélité envers des personnes qui continuent à faire partie de la communauté humaine.

Source : La Croix

 

 

L'appel de cent juristes pour sauver Vincent Lambert

En l'état actuel des choses, la mort de Vincent Lambert est programmée pour le 20 mai. Universitaires spécialistes du  droit, avocats, notaires, magistrats, ils protestent de toute leur force contre cette monstruosité et en appellent à la conscience de l'ensemble des Français.

Si nous ne faisons rien d’ici au 20 mai 2019, Vincent Lambert va mourir. Abandonné par ses soignants qui ont décidé « collégialement » de mettre fin aux soins, à l’hydratation et à l’alimentation d’une personne qui n’est pas en fin de vie, Vincent va mourir de faim, de soif et d’absence de soins élémentaires, sous le regard froid d’un corps médical qui a sciemment décidé de violer son serment de ne pas nuire à son prochain. Vincent Lambert n’est pas en fin de vie, il n’est pas atteint d’une maladie incurable, il est dans cette situation terrible d’une dépendance absolue après un grave accident, celle d’un être humain qui peut continuer à vivre simplement en recevant les soins auxquels toute personne a droit (lesquels devraient inclure le fait d’être nourri et hydraté, qualifiés hélas par la loi de « traitement »).

Une décision de mort, inhumaine et injustifiable

Le médecin du Centre hospitalier universitaire de Reims a pris cette décision, ultime décision après de nombreux recours exercés par une partie de la famille de Vincent Lambert et finalement rejetés par les juridictions françaises et la Cour européenne des droits de l’homme. Cette décision est la plus inhumaine que l’on puisse prendre : décider, par son libre arbitre, de la vie et de la mort d’un homme, c’est-à-dire de son prochain, au « pays des droits de l’homme » dans lequel notre Constitution énonce que « nul ne peut être condamné à la peine de mort ».

Accepter cette décision, pour la société française, signifierait que l’on a perdu, chez nos concitoyens, le sens de la valeur infinie de la vie, quelle qu’elle soit, diminuée, inconsciente, limitée par la maladie et le handicap. Rien ne peut justifier cette décision. Notre société a-t-elle perdu le sens de ses propres valeurs au point de rester en silence devant une décision de mort donnée de sang-froid ? C’est aux Français que nous nous adressons pour qu’ils demandent fermement au ministre de la Santé et aux responsables du Centre hospitalier de Reims de ne pas commettre l’irréparable.

Une solution est possible : déplacer Vincent Lambert dans une structure plus adaptée

Pourtant, un signal est venu d’un comité international. Le Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH) a rendu le vendredi 3 mai 2019 une décision de « mesures provisoires » demandant à l’État français de ne pas mettre à exécution la décision d’arrêt d’alimentation et d’hydratation. Notre gouvernement doit suivre cette demande qui engage la France, membre de l’Onu.

Une solution est possible et l’on voudrait comprendre pourquoi elle n’a pas été mise en œuvre : déplacer Vincent Lambert dans une structure plus adaptée, comme il en existe plusieurs dans notre pays, afin de redonner à Vincent une perspective de vie que personne n’est en droit de lui refuser. Ce serait un soulagement pour tous : pour Vincent d’abord dont l’horizon est nettement rétréci par une véritable incarcération hospitalière, pour sa famille et ses parents ensuite qui pourraient ainsi retrouver une relation plus facile avec lui, mais aussi pour le Centre hospitalier de Reims sur lequel ne pèserait plus cette responsabilité bien lourde.

Aux autorités publiques et aux médecins : respectez la vie de Vincent !

Chaque Français doit, en conscience, défendre la vie de Vincent Lambert car, en Vincent, c’est notre humanité qui est souffrante et qui nous ressemble. C’est parce que la vie est diminuée qu’il faut d’autant plus la respecter. Que chacun d’entre nous adresse cette demande aux autorités publiques et aux médecins : respectez la vie de Vincent Lambert et confiez-le à ceux qui veulent lui conserver sa dignité d’homme.


Signataires :

1.    Guillaume Drago, professeur des Facultés de droit, président de l’Institut Famille & République.
2.    Geoffroy de Vries, secrétaire général de l’Institut Famille & République, avocat
3.    Yohann Rimokh, avocat
4.    Grégory de Moulins Beaufort, avocat
5.    Santiago Muzio de Place, avocat
6.    Sophie Herren, avocat
7.    Pauline Corlay, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation
8.    Guillaume Bernard, maître de conférences (HDR) en histoire du droit
9.    Marie-Thérèse Avon-Soletti, maître de conférences honoraire d’histoire du droit
10.  Guillaume de Tilly, notaire
11.   Jean-Tugdual Le Roux, notaire
12.   Vincent Puech, avocat
13.   Tanguy Barthouil, avocat
14.   Nathalie Gounel, directrice d’un établissement médico-éducatif, avocat de formation
15.   Adeline Le Gouvello, avocat
16.   Cécile Derains, avocat
17.    Bertrand Pauvert, maître de conférences (HDR) des Facultés de droit
18.    Jacques Bichot, professeur émérite à l’Université Lyon III
19.    Claire de La Hougue, docteur en droit, chercheur associé au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ, Strasbourg)
20.    Amaury de Saint Amand, docteur en droit, Avocat
21.    Bénédicte Palaux Simonnet,  ancien avocat, chercheur
22.    Bertrand Lionel-Marie, avocat
23.    Gaëlle Lionel-Marie, avocat
24.    Benoit Sevillia, avocat
25.    Françoise Besson, avocat
26.    Aymeric de Bézenac, avocat
27.    Grégor Puppinck, docteur en droit, directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ, Strasbourg)
28.    Marc Dumont, notaire
29.    Anne Morineaux de Martel, avocat honoraire
30.    Christophe Bourdel, avocat
31.    Florian de Mascureau, avocat
32.    Philippe Couturier, avocat, ancien Bâtonnier
33.    Jean-Pierre Gridel, magistrat honoraire
34.    Armelle Josseran, avocat
35.    Ambroise Chartier, juriste et chargé d’enseignement à l’Université
36.    Cyrille Dounot, professeur d’histoire du droit, université Clermont Auvergne
37.    Sophie de Noray, Avocat
38.    Jacques Lafond, docteur en droit, avocat honoraire
39.    Nicolas Bauer, doctorant en droit
40.    Martine Ruffier-Monet, avocat
41.    Victoria Hogard, avocat
42.    Nathalie Deleuze, avocat
43.    Jean-Pierre Claudon, avocat
44.    Bernard Rineau, avocat
45.    Benoît de Lapasse, avocat
46.    Laurent Hay, Avocat
47.    Cyrille Dutheil de La Rochère, docteur en Droit, chargé de cours à l’Université, avocat
48.    Michel Bastit, Professeur à l’université de Bourgogne
49.    Matthieu Bottin, avocat
50.    Raymonde Vatinet, professeur des Facultés de droit
51.    Capucine Augustin, avocat
52.    Olivia du Jonchay, juriste
53.    Joël Hautebert, professeur des Facultés de droit
54.    François Vallançon, maître de conférences honoraire des Facultés de droit
55.    Anne-Sophie Delobre, notaire assistant, doctorant
56.    Cyrille Callies, juriste
57.    Claire Bouglé-Le Roux, maître de conférences des Facultés de droit
58.    Joël-Benoît d’Onorio, professeur des Facultés de droit
59.    Julien Couard, Maître de conférences HDR des Facultés de droit
60.    Ramu de Bellescize, maître de conférences HDR des Facultés de droit
61.    Jean-Michel Lemoyne de Forges, professeur émérite des Facultés de droit
62.    Philippe Pichot, Maître de conférences HDR des Facultés de droit
63.    Vincent Morati, notaire
64.    Alexandre Deroche, professeur des Facultés de droit
65.    Alice d’Anthoüard, avocat
66.    Jean-Luc Thiver-Joly, docteur en droit
67.    Bruno Le Griel, avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation
68.    Laurent Hecketsweiler, maître de conférences HDR des Faculté de droit
69.    Pauline du Fayet de la Tour, avocat
70.    Benoit Gruau, avocat
71.    Jean-Baptiste Geay, avocat
72.    Loïc Rigal, docteur en droit
73.    Tangi Noel, docteur en droit, avocat
74.    Marta Peguera Poch, professeur des Facultés de droit
75.    Père Marc Guelfucci, docteur en droit
76.    Frédéric Pichon, avocat
77.    Claire Perret, avocat
78.    Laurent Ferracci, avocat
79.    Eric Dhorne, avocat, ancien bâtonnier
80.    Arthur de Dieuleveult, avocat
81.    Jean-Baptiste Pierchon, maître de conférences des Facultés de droit
82.    Élise Frêlon, Maître de conférences des Facultés de droit
83.    François-Xavier Lucas, professeur des Facultés de droit
84.    François Moulière, docteur en droit, avocat
85.    Laurent Frénéhard, avocat
86.    Claire de Roquemaurel, juriste, ancien avocat
87.    Stéphane Caporal, professeur des Facultés de droit
88.    Philippe Marion, avocat
89.    André Bonnet, avocat
90.    Raphaël Peuchot, avocat
91.    Carole Rostagni, docteur en droit, avocat
92.    Gaétan de La Bourdonnaye, avocat.
93.    Alain Toulza, juriste

 

Source : Valeurs actuelles

 

 

En mars 2017, le Conseil d'Etat a validé la décision du Tribunal qui ordonnait le maintient en vie de Marwa, petite fille de 17 mois, branchée à un respirateur.

Le cas de Marwa, bébé plongé dans le coma, débattu jeudi au Conseil d'Etat

Le sort de Marwa, un bébé atteint d'un déficit moteur irréversible et plongé dans un coma artificiel, sera débattu jeudi au Conseil d'Etat: l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) conteste une décision de justice l'enjoignant de poursuivre les soins, comme le demandent les parents.

par AFP, 28/02/2017

Le Conseil d'Etat débattra jeudi du sort de Marwa, un bébé atteint d'un déficit moteur irréversible et plongé dans un coma artificiel. L'audience aura lieu devant un juge des référés, juge de l'urgence: l'AP-HM conteste la décision du tribunal administratif de Marseille qui a ordonné le 8 février, comme le demandaient ses parents, la poursuite des soins.

Obstination déraisonnable ou chance de survie

Pour les médecins de la Timone à Marseille, il s'agit d'une "obstination déraisonnable", pour les parents, une "chance de survie" donnée à leur petite fille.

C'est la deuxième fois que le Conseil d'Etat est saisi d'une telle affaire: en juin 2014, il avait jugé légale "la décision médicale de mettre fin aux traitements" de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif dont le sort déchire toujours la famille.

Le sort de Marwa fait lui l'objet d'un bras de fer entre corps médical et famille depuis quatre mois. L'enfant, âgée de seize mois, avait été admise à l'hôpital de la Timone le 25 septembre 2016 pour un virus foudroyant. Le 4 novembre, l'équipe médicale avait décidé d'arrêter le traitement thérapeutique et de débrancher l'appareil respiratoire maintenant l'enfant en vie.

Les parents s'y étaient opposés et avaient saisi la justice.

Une atteinte neurologique sévère et définitive

Marwa "est consciente mais atteinte d'un déficit moteur majeur" et "irréversible", avaient écrit les médecins dans un rapport au tribunal administratif. Ils avaient aussi confirmé "une atteinte neurologique sévère et définitive".

Partageant le "pronostic clinique extrêmement négatif" des médecins, trois experts mandatés dans le cadre de la procédure judiciaire, avaient toutefois refusé de trancher le "dilemme éthique" sur la question de la poursuite du traitement.

Début janvier, ils avaient estimé que Marwa serait "incapable de faire des gestes de la vie courante et de pouvoir se déplacer, même en fauteuil électrique", resterait "dépendante d'une suppléance respiratoire", d'une alimentation artificielle et
"d'un nursing intensif". Le temps passant, la situation évoluait, selon eux, vers "un handicap majeur chez une enfant grabataire", en dépit de "quelques éléments d'amélioration constatés".

A l'audience, le père de Marwa, Mohamed Bouchenafa, avait demandé qu'on laisse à sa fille "une chance de vivre". "La décision ne peut revenir qu'aux parents, cependant cette question pose un débat éthique de fond", avait plaidé l'avocate de la famille, Me Samia Maktouf.

Dans la loi Léonetti sur la fin de vie, "en aucun cas le consentement des parents n'est requis", avait rétorqué l'avocat de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM), Me Olivier Grimaldi. Le tribunal administratif avait pourtant jugé que la décision d'arrêt des soins était "prématurée car prise au terme d'un délai qui n'était pas suffisamment long pour évaluer, de manière certaine, l'inefficacité des thérapeutiques en cours et la consolidation de l'état de santé de l'enfant".

Avait également été mis en avant "l'avis des parents, qui revêt une importance toute particulière". "La seule circonstance qu'une personne soit dans un état irréversible de perte d'autonomie la rendant tributaire d'une alimentation et d'une ventilation artificielles
ne saurait caractériser, par elle-même, une situation dans laquelle la poursuite du traitement apparaîtrait injustifiée au nom du refus de l'obstination déraisonnable", avaient souligné les juges.

L'avocate de la famille avait salué "une victoire du droit à la vie contre ce qui aurait été pour la petite Marwa une condamnation à mort". La famille avait lancé en novembre une pétition en ligne sur la plateforme change.org demandant de "laisser plus de temps" à Marwa. Celle-ci avait recueilli mardi plus de 235.000 signatures.

Source : francetvinfo.fr

 

 

 

(...)

Demain, en application d’une « condamnation à mort », un malade, un infirme, un de ces « petits » comme les appelle le Christ, sera exécuté par privation de nourriture et d’eau. Quel est son crime ? 

Accidenté de la route, plongé dans un état de conscience minimale, Vincent Lambert est devenu l’objet muet d’un enjeu majeur. Un enjeu formidable dans une société en pleine dérive : dérive euthanasique par la prétention de droits de l’homme qui s’affranchissent de ceux de Dieu, créateur et maître de toutes choses ; dérive par la recherche frénétique d’organes, la poursuite de la vie à tout prix au mépris de la moralité ; dérive politique et judiciaire qui permet de tuer un infirme dans une société qui a supprimé la peine de mort. 

Sans oublier le mépris de la parole donnée : la France a signé la Convention sur les droits des personnes handicapées qui prévoit dans son article 25 que l’alimentation et l’hydratation ne peuvent être retirées au malade en raison de son handicap. Article qui correspond à la situation de Vincent Lambert. Certes, la France pourrait être condamnée à ce titre par l’instance onusienne, mais d’ici là, Vincent sera mort. 

Il faut réaffirmer ici nettement le droit inviolable des innocents à la vie, loi posée par Dieu, maître absolu de la création. 

Il faut redire contre des rhétoriques frauduleuses que Vincent Lambert ne fait nullement l’objet d’acharnement thérapeutique et que son maintien en vie ne nécessite que des moyens très limités. Il faut dire au contraire que cet homme est l’objet d’un acharnement juridico-euthanasique sans précédent dans notre histoire. 

Il convient ici de rappeler la réponse de la Congrégation pour la doctrine de la foi donnée le 1er août 2007, affirmant que « l’administration de nourriture et d’eau, même par des voies artificielles, est en règle générale un moyen ordinaire et proportionné de maintien de la vie. Elle est donc obligatoire dans la mesure et jusqu’au moment où elle montre qu’elle atteint sa finalité propre, qui consiste à hydrater et à nourrir le patient ». De plus, « un patient en “état végétatif permanent” est une personne, avec sa dignité humaine fondamentale, à laquelle on doit donc procurer les soins ordinaires et proportionnés, qui comprennent, en règle générale, l’administration d’eau et de nourriture, même par voies artificielles ». 

Dans les circonstances actuelles, où le déni de justice a atteint son comble, il reste à se tourner vers la Très Sainte Vierge, Salut des infirmes et consolatrice des affligés, en répétant avec une entière confiance les mots de saint Bernard : 

« Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance ou réclamé vos suffrages, ait été abandonné. Animé de cette confiance, ô Vierge des vierges, ô ma Mère, je viens vers Vous, et gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds. O Mère du Verbe Incarné, ne méprisez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. » 

 

Source : FSSPX.Actualités