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par AFP, 08/04/2014 (extrait)

Selon le Conseil d'État, Vincent Lambert va subir de nouveaux examens médicaux à Paris. En état végétatif chronique depuis cinq ans, il est devenu le symbole du débat sur l'euthanasie en France. Sa famille se déchire sur son maintien ou non en vie.augmenter la taille du texte diminuer la taille du texte

"Les experts ont décidé de procéder à des examens complémentaires à la Pitié-Salpêtrière, dans le cadre de leurs missions", a précisé ce mardi 8 avril le Conseil d'État. Depuis son accident de la route en 2008, Vincent Lambert, 38 ans, est hospitalisé au CHU de Reims.

Le 14 février, le Conseil d'État avait décidé d'attendre les résultats d'une nouvelle expertise médicale pour rendre sa décision "avant l'été".

Trois spécialistes de neurosciences ont été désignés : Marie-Germaine Bousser, professeur émérite des universités, chef de service honoraire à l'hôpital Lariboisière de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), Lionel Naccache, professeur des universités-praticien hospitalier, neurologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière de l'AP-HP, et Jacques Luauté, professeur des universités-praticien hospitalier, chef de service à l'hôpital Henry Gabrielle du centre hospitalier universitaire de Lyon.

Ils devront "décrire l'état clinique actuel de Vincent Lambert", "se prononcer sur le caractère irréversible des lésions cérébrales dont il souffre et sur le pronostic clinique", mais aussi "déterminer s'il est en mesure de communiquer, de quelque manière que ce soit, avec son entourage" et "apprécier l'existence éventuelle de signes manifestant une volonté d'interruption ou au contraire de prolongation du traitement qui le maintient en vie".

Leurs conclusions sont attendues d'ici à la fin d'avril et seront transmises aux parties pour que le débat contradictoire puisse avoir lieu. ...

Source : AFP

 

 

Vincent Lambert, un sort suspendu à la Loi

Reportage à voir ici.

Pour la première fois depuis mai 2013, les parents et le frère de Vincent Lambert s’expriment dans l’intimité devant une caméra. Vincent Lambert a pleuré après son accident en voyant ses parents. Et on a néanmoins cessé de l’alimenter par voie intraveineuse pendant quinze jours.

Des éléments qui font porter un tout autre regard sur ce dossier·

 

 

Experts et expertise

Le conseil d’état a nommé le 26 février trois experts qui évalueront l’état clinique de Vincent Lambert, âgé de 38 ans, qui se trouve dans un état de conscience minimale depuis 2008.

D'une durée de 2 mois, l'expertise de ces trois spécialistes des neurosciences aboutira à deux scénarios possibles : le maintien en vie de Vincent Lambert en espérant une amélioration de son état (ce que souhaitent ses parents), ou l'interruption de toute nutrition et hydratation artificielle (ce que demande sa femme, estimant que son mari l'aurait souhaité), entraînant ainsi la mort du jeune patient.

Un des objectifs sera de trouver des signes objectifs d'un état de conscience, toujours déterminant dans la réflexion sur la fin de vie et la poursuite des soins.

Les experts nommés sont Marie-Germaine Bousser, professeur émérite des universités, chef de service honoraire à l'hôpital Lariboisière de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), Lionel Naccache, professeur des universités-praticien hospitalier, neurologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière de l'AP-HP, et Jacques Luauté, professeur des universités-praticien hospitalier, chef de service à l'hôpital Henry Gabrielle du centre hospitalier universitaire de Lyon.

Le résultat de cette expertise permettra à la justice de trancher sur le maintien en vie ou non de Vincent Lambert.

Objectif : Leur mission précise pendant ces deux prochains mois sera de “décrire l’état clinique actuel, de se prononcer sur le caractère irréversible des lésions cérébrales dont il souffre et sur le pronostic clinique; déterminer s’il est en mesure de communiquer, de quelque manière que ce soit, avec son entourage; apprécier l’existence éventuelle de signes manifestant une volonté d’interruption ou au contraire de prolongation du traitement qui le maintient en vie”.

En principe, l'alimentation et l'hydratation artificielle constituent, au sens de la loi Léonetti, un traitement qui peut être interrompu en cas d'obstination, cette loi s'appliquant à des personnes qui ne sont pas en fin de vie.

La loi Léonetti
Votée le 22 avril 2005, elle précise les droits des patients et organise les pratiques à mettre en œuvre quand la question de la fin de vie se pose. Elle maintient l’interdiction fondamentale de donner délibérément la mort à autrui mais affirme pour la première fois l’interdiction de l’obstination déraisonnable (l’acharnement thérapeutique).

Personne de confiance. L’état clinique de Vincent Lambert n'a rien d'unique et concernerait 1500 patients en France selon le Ministère de la santé. Ce qui le distingue est le conflit familial et juridique qui l’entoure.

Ce qui limiterait ce genre de situation selon Steven Laureys, un des spécialistes de la question des états de conscience (et ayant déjà mené une expertise sur ce patient), serait d’augmenter les efforts en amont, en ce qui concerne l’identification de la personne de confiance (le témoin de la volonté d’un patient quand ce dernier n'est plus en état de s’exprimer). Chacun devrait  choisir une personne de confiance dans son entourage dans l'éventualité d'un accident grave.

La priorité est toujours de distinguer l’état végétatif de l’état de conscience minimale

Nous ne savons pas précisément comment les trois spécialistes s'y prendront mais, pour Steven Laureys, la priorité est toujours de distinguer l’état végétatif de l’état de conscience minimale (ou “éveil non répondant”).

Pour évaluer la conscience, il existe une échelle, le CRS-R, qui mesure l’éveil, la perception auditive et visuelle, les capacités motrices et orales et la communication. Steven Laureys souhaiterait la voir utilisée davantage dans les services. En outre, poursuit-il, il y a les nouvelles technologies comme l’IRM fonctionnelle qui permet d’observer l’activité du cerveau, ainsi que l’éléctro-encéphalographie. Tous ces outils permettront de réduire l’incertitude.

Toujours selon Steven Laureys, des échelles européennes sont en cours de validation visant à améliorer la prise en charge des patients et à identifier ceux qui ont de meilleures chances de récupération.

Source : Sciences et Avenir

 

Affaire Vincent Lambert : des arguments intouchables

par Frédéric Haroche, Jim, 20/02/2014

Au cours d’un entretien mené par Marc Olivier Fogiel sur RTL, une nouvelle pièce a été versée au dossier médiatique de l’affaire Vincent Lambert et plus généralement à celui de l’euthanasie. Cet élément nouveau est le témoignage de Philippe Pozzo di Borgo, l’homme dont l’histoire a inspiré le film Intouchables. Comme tous les spectateurs du film s'en souviennent Philippe Pozzo di Borgo est tétraplégique et est traité depuis cinq mois pour des escarres.

Si le cas de Philippe Pozzo di Borgo semble être moins « grave » que celui de Vincent Lambert, son expérience ne peut que nous conduire à réfléchir à des situations cliniques proches de celle de Vincent Lambert. Il explique ainsi mettre à profit ses périodes d’alitements prolongées et répétées pour une véritable introspection... Il en vient même, peut-être par gout de la provocation, à prétendre que son état actuel est finalement plus enviable que celui d’un valide vivant dans l’angoisse provoquée par l’agitation et le bruit, et affirmer ne plus regretter la vie d’ « agitateur vibrionnant » qu’il aura connu pendant les 42 années qui ont précédé son accident de 1993, avant d’expliquer les vertus quasi thérapeutique du silence…

Vous êtes gentil de ne pas me débrancher

Entrant dans le vif du sujet de l’affaire Vincent Lambert et de l’euthanasie, le journaliste de RTL fait s’exprimer ce patient célèbre qui se félicite de la décision des juges du Conseil d’Etat. Il estime ainsi : « C'est très sage et je trouve que la loi Leonetti ait cette sagesse de demander à plusieurs leur avis et de ne pas légiférer d'une manière monolithique » avant de revenir sur une hypothétique nouvelle législation.  « J'aimerais que les gens considèrent la question ou prennent le temps de la considérer plutôt que d'aller dans l'excitation d'un sujet qui va durer le temps d'un journal télévisé, avant d'enterrer le truc, malheureusement, avec une loi définitive ».

Il est aussi revenu sur de récentes enquêtes montrant qu’un pourcentage important des français "souhaiterait" une euthanasie pour eux-mêmes dans le cas ou ils se retrouveraient dans la même situation que Vincent Lambert :

« Si vous m'aviez demandé quand j'étais valide de signer un papier comme quoi il fallait me débrancher si j'étais dans un état aussi catastrophique, je l'aurais signé comme 92 % des français le disent aujourd'hui, simplement, vous êtes gentil de ne pas me débrancher aujourd'hui parce que je suis très bien où je suis (...). On me pose la question est-ce que tu aurais souhaité que l'on te débranche quand ça allait si mal après ton accident ? Bien sûr que j'ai pensé à me suicider après mon accident, mais je suis bien content que, 20 ans plus tard, on ne m'ait pas débranché », poursuit-il.

Vérité en deçà de la tétraplégie, erreur au-delà ?

Frédéric Haroche

Source : jim.fr

 

 

par Delphine de Mallevoüe, Le Figaro, 26/09/2013 (extraits)

 

...Vincent a 32 ans quand un accident de voiture lui confisque son destin. Mais pas sa vie. Ses fonctions vitales ne sont pas atteintes, il ne nécessite pas de traitement médical, il respire seul mais mange artificiellement, par sonde gastrique, et ne répond pas aux stimulations. Comme bien des patients en état végétatif chronique (EVC), sa prise en charge est essentiellement faite de «soins de nursing», selon le langage médical, et de séances de kiné. Des vacances chez ses parents, à 700 km de là, sont même autorisées en septembre dernier.

«Il n'est pas en mort cérébrale, il est comme vous et moi en apparence, il s'endort et se réveille, sourit et pleure parfois, cligne les yeux au son d'un bruit, explique le Dr Éric Kariger, chef du pôle gérontologie du CHU de Reims, médecin qui a engagé le processus d'euthanasie. Il est capable d'un certain nombre de réponses réflexes mais n'a pas de capacité vraiment fiable à trouver un mode de communication.» Pour le praticien, délégué départemental du Parti chrétien-démocrate (PCD), aucun doute: «Son état neurologique est incurable. Il peut rester comme ça des années». «Il n'est donc pas en fin de vie, par définition, il est handicapé!, s'exclame Me Jérôme Triomphe, avocat des parents de Vincent. Donc la loi Leonetti ne le concerne pas car elle ne s'applique pas aux accidentés de la vie». «C'est bien pourquoi Vincent n'occupe pas un lit de soins palliatifs», précise Me Jean Paillot, autre avocat des parents.

Pour le Dr Kariger, c'est «le sens» qui fait la vie. «Il n'y a plus d'espérance qu'il recouvre une vie relationnelle normale. Si les parents trouvent du sens à cette existence, qu'ils apportent les preuves !». «C'est scandaleux!, s'indigne Martine, une autre mère qui s'est opposée à l'euthanasie de sa fille. Si maintenant il faut attester que sa vie a du sens pour la garder, la moitié de la planète a du souci à se faire!»...

Si la loi prévoit d'associer la famille à la décision, c'est à l'équipe médicale, au bout du compte, qu'il revient de trancher.

Syncrétisme de toutes les complexités soulevées aujourd'hui par l'euthanasie, le cas Lambert est aussi emblématique des enjeux à venir, avec le futur projet de loi fin de vie. La loi Leonetti «n'a pas réglé les situations en cas de positions irréconciliables entre proches», commente Jean-René Binet, professeur de droit en santé, famille et bioéthique. Avec la nouvelle sociologie des familles, séparées ou recomposées, les conflits risquent de se présenter en nombre. «Il faut aujourd'hui se demander qui est la famille et qui est la personne de confiance, qui ne sont pas nécessairement les mêmes personnes», conclut le juriste. Identique en tous points, le cas Terri Schiavo, en 1998 aux États-Unis, avait duré douze ans...

Source : lefigaro.fr

 

 

14 février 2014

M. Vincent Lambert


Décision contentieuse - Le Conseil d’État ordonne la réalisation d’une expertise médicale sur la situation de M. Vincent Lambert.

L’essentiel :

  • Le Conseil d’État a ordonné qu’un collège de trois médecins spécialistes des neurosciences réalise dans un délai de deux mois une expertise sur la situation de M. Vincent Lambert.
  • Cette décision est justifiée par la nécessité que le Conseil d’État dispose d’informations complètes et à jour sur l’état de santé du patient.
  • Le Conseil d’État a également invité l’Académie nationale de médecine, le Comité consultatif national d’éthique, le Conseil national de l’ordre des médecins ainsi que M. Jean Leonetti à présenter des observations écrites.
  • Le Conseil d’État a d’ores et déjà jugé que l’alimentation et l’hydratation artificielles de M. Vincent Lambert constituaient un traitement au sens de la loi du 22 avril 2005 et que les dispositions de cette loi relatives à l’arrêt de traitement en cas d’obstination déraisonnable peuvent s’appliquer que le patient soit ou non en fin de vie.
  • Il a également jugé qu’il appartenait au juge du référé liberté de concilier les libertés fondamentales que sont le droit à la vie et celui de ne pas subir un traitement traduisant une obstination déraisonnable. Cette conciliation implique qu’il s’assure, en étant suffisamment éclairé sur la situation médicale du patient, de ce que la décision médicale d’interrompre le traitement relevait bien des hypothèses prévues par la loi.


La décision du Conseil d’État


L’assemblée du contentieux du Conseil d’État, formation solennelle de 17 juges, s’est réunie jeudi 13 février pour délibérer de l’appel sur le litige relatif à la situation de M. Vincent Lambert. Elle juge qu’une mesure d’arrêt de traitement telle que celle dont elle était saisie est susceptible d’être soumise au juge du référé liberté qui peut prendre les mesures de sauvegarde nécessaires pour qu’elle ne soit pas exécutée lorsqu’il n’est pas certain qu’elle entre dans les hypothèses prévues par la loi.

  • Les mesures d’instruction ordonnées par la décision :


Par sa décision rendue vendredi 14 février, l’assemblée du contentieux du Conseil d’État a ordonné la réalisation d’une expertise médicale sur la situation particulière de M. Vincent Lambert. Elle a en effet estimé que les éléments médicaux figurant au dossier qui lui était soumis ne lui fournissaient pas, notamment en raison de l’ancienneté de certains documents et d’indications médicales contradictoires données au cours de l’instruction et à l’audience de référé, une information suffisamment complète pour lui permettre de statuer sur le litige.L’expertise doit être réalisée dans un délai de deux mois, de façon indépendante, par un collège de trois médecins spécialistes de neurosciences qui seront désignés par le président de la section du contentieux sur proposition de l’Académie nationale de médecine, du Comité consultatif national d’éthique et du Conseil national de l’ordre des médecins. Elle devra porter sur l’état clinique actuel de M. Vincent Lambert, le caractère irréversible des lésions cérébrales dont il souffre, le pronostic clinique, le point de savoir s’il est en mesure de communiquer, de quelque manière que ce soit, avec son entourage et sur l’existence éventuelle de signes manifestant une volonté d’interruption ou au contraire de prolongation du traitement qui le maintient en vie.Elle a également invité l’Académie nationale de médecine, le Comité consultatif national d’éthique, le Conseil national de l’ordre des médecins ainsi que M. Jean Leonetti à présenter avant la fin du mois d’avril des observations écrites d’ordre général de nature à l’éclairer utilement sur les questions scientifiques, éthiques et déontologiques posées par le litige.

  • Les points jugés par la décision :


La décision du Conseil d’État se prononce d’ores et déjà sur plusieurs questions nécessaires à la résolution du litige.Elle juge que les dispositions du code de la santé publique issues de la loi du 22 avril 2005 relatives à l’arrêt de traitement en cas d’obstination déraisonnable s’appliquent que le patient soit ou non en fin de vie et peuvent donc concerner l’état dit pauci-relationnel dans lequel se trouve M. Vincent Lambert.Elle juge également que l’alimentation et l’hydratation artificielles de M. Vincent Lambert constituent un traitement au sens de cette loi.Elle juge enfin qu’il appartient au juge du référé liberté d’exercer ses pouvoirs de manière particulière lorsqu’il doit concilier les deux libertés fondamentales que sont le droit à la vie et celui de ne pas subir un traitement traduisant une obstination déraisonnable. Cette conciliation implique qu’il s’assure, en étant éclairé sur la situation médicale du patient, de ce que la décision médicale d’interrompre le traitement relevait bien des hypothèses prévues par la loi.

Les suites de la procédure


La demande d’expertise et la demande d’observations sont des mesures d’instruction, prévues par le code de justice administrative, destinées à éclairer le juge sur le litige qui lui est soumis et sur lequel il lui appartient seul, à l’issue de l’instruction, de se prononcer. Le juge administratif a déjà eu l’occasion d’ordonner une expertise dans le cadre de la procédure de référé liberté, dans un cas où était en cause le droit à la vie. En l’espèce, le caractère potentiellement irréversible de la décision d’arrêt du traitement justifie que de telles mesures soient prescrites avant la décision du juge.Une fois l’expertise et les observations produites, elles seront communiquées aux parties qui pourront en débattre de façon contradictoire. L’assemblée du contentieux se réunira alors pour se prononcer complètement, au vu de ces éléments et de l’ensemble des circonstances de l’espèce, sur le litige relatif à l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation artificielles de M. Vincent Lambert.

 

Source : Conseil d'Etat

 

 

"Le doute doit profiter à la vie !"

L'audience en directe sur Tweeter avec Noemie Schulz, Europe 1 :

Décision du #CE demain à 16h #vincentlambert

Avocate des parents #Lambert "le rapporteur public a un doute, le doute doit profiter à la vie" #CE @Europe1

Avocate des parents #Lambert "si vous ne défendez pas le droit à la vie, qui le fera? Vincent n'est pas en fin de vie" @europe1

Source : europe1.fr

et avec Laetitia Clavreul, le Monde :

Aff : décision en délibéré du conseil d'état demain à 16 heures

l'avocate des parents demande aux juges: "si vs ne protégez pas le droit à la vie, qui le protégera ?"

l'avocate du neveu aux juges, "si vs ne statuez pas, vs risquez de générer un sentiment de déni de justice"

l'avocat du CHU demande s'il faudra à l'avenir un contrôle aussi poussé pr chaque patient ?

le rapporteur suggère que le diagnostic du centre de Liège sur un espoir ou non d'amélioration de la conscience soit actualisé

Af : le rapporteur public demande au conseil d'état d'ordonner une nouvelle expertise médicale (sous 6 semaines)

Source : lemonde.fr

 

 

Les dangereuses simplifications faites autour du cas de Vincent Lambert

par Dr Xavier Miravel, Atlantico, 12/02/2014

La bataille pour ou contre le maintien en vie de Vincent Lambert, qui déchire la famille de cet homme tétraplégique en état végétatif chronique, a été discutée jeudi 6 février devant le Conseil d'Etat. Ses membres ont décidé de renvoyer la décision en formation collégiale, qui doit être prise cette semaine.

La situation de Vincent Lambert relève de l’intime, du douloureux. Toute une famille souffre autour d’un de ses membres, et chacun tente de bonne foi de chercher ce qui est le meilleur pour ce mari, ce fils, ce frère, cet oncle. La médiatisation de ce drame familial n’arrange rien.

Je pense qu’il est urgent d’éclairer l’opinion publique sur les enjeux de la décision particulièrement complexe et délicate qui doit être prise cette semaine : le Conseil d’Etat doit confirmer, ou infirmer, la décision prise par le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne le 16 janvier 2014, suspendant le « protocole de fin de vie » que le CHU de Reims voulait administrer à Vincent Lambert.

En désavouant la décision de l’hôpital, qui était d’arrêter la nutrition et l’hydratation de ce patient en état pauci-relationnel, les juges de Châlons-en-Champagne ont en réalité interprété de façon éthique la loi Leonetti fondée sur le respect du droit à la vie.

Le tribunal a reconnu qu’alimenter une personne constitue par principe un soin de base. Dans le cas particulier de Vincent Lambert, le fait que l’alimentation soit apportée au moyen d’une sonde ne change pas la nature profonde de l’acte. L’alimentation est simple à administrer et pourrait être délivrée dans un cadre non médicalisé ; elle est bien tolérée par le patient, semble-il.

Il est cependant des cas où l’alimentation et l’hydratation peuvent, et même doivent être arrêtés. Ce sont par exemple des situations où soit l’alimentation, soit l’hydratation, soit  le vecteur utilisé (sonde, cathéter), est source d’effets indésirables, de pénibilité importante pour le patient et où, dans le même temps, le pronostic vital est engagé à court terme par une pathologie évolutive. Dans ces situations, il semble légitime de considérer que l’alimentation et l’hydratation ont quelque chose de disproportionné : elles apportent plus d’inconvénients que de bénéfices.

A la lumière de ces principes d’action, on est confronté dans le cas de Vincent Lambert à une interprétation abusive de la loi Leonetti par certains. Cette interprétation consiste à considérer que nourrir et hydrater un patient dans un état comateux serait devenu une obstination déraisonnable. Le tribunal, avec grande sagesse, a écarté cette vision euthanasique de l’arrêt des soins indispensables à la vie, dans la situation précise qui lui était soumise.

Mais chaque cas étant particulier, il serait très dommageable que le législateur ou la jurisprudence veuille définir a priori ce qui relève de l’obstination déraisonnable. Médecins et familles doivent pouvoir apprécier ce qui convient de faire ou de ne pas faire au bénéfice du patient, car aucune définition ne pourra contenir toutes les situations individuelles envisageables.

La division manifestée au sein de la famille de Vincent Lambert, et chez les soignants qui l’ont pris en charge depuis des années, est source de malaise, d’autant qu’elle est publique, ce qui tend à figer les positions. Cette tension traduit visiblement un épuisement des personnes qui se dévouent à son chevet. Cet épuisement est un signal d’alerte fort, que la société doit prendre en compte, pour réagir et assurer un soutien et un relai aux soignants et aux proches.

Le transfert de Vincent Lambert dans une unité spécialisée pour accompagner au long cours les personnes en état pauci-relationnel me parait vraiment nécessaire. Il n’est pas question ici de remettre en cause le magnifique travail accompli jusqu’à présent par ses soignants, mais de répondre au besoin de relai. Dans ce type de situation, l’épuisement des proches est non seulement à prendre en compte, mais à anticiper.

De façon plus globale, les prises de position suscitées par la situation de Vincent Lambert sont éclairantes sur le débat actuel concernant la fin de vie en France :   

- Certains ont dit qu’il fallait « laisser mourir » Vincent Lambert ; or il n’est pas mourant, il est lourdement handicapé. 

- Certains l’ont appelé « légume » ; or c’est un terme impropre et dangereux, car jamais un être humain ne perd sa nature humaine ni sa dignité.

- D’autres encore ont demandé l’arrêt de son alimentation sous prétexte qu’il ne vit pas un état de pleine conscience ; or de nombreuses personnes en France vivent aujourd’hui même la situation que lui, protégés par leurs proches et leurs soignants.

Ce débat fait donc apparaitre la violence de certains arguments qui me paraissent extrêmement graves. Nous devons tous être en état d’alerte par rapport à ces réactions qui risquent de nous faire basculer vers une société de la toute-puissance qui refuse la grande fragilité de certains de ses membres. C’est donc avec force que je lance un appel aux pouvoirs publics pour demander qu’un profond travail de pédagogie soit accompli, fondé sur cette réalité : la vie de chacun est précieuse pour tous.

Source : atlantico.fr

 

 

par Jean-Pierre Dickès, 28/09/2013

La récente déclaration du Dr Kariger qui se dit membre d’un parti catholique est incroyable car elle peut justifier tous les génocides du monde au nom de « l’absence de sens à la vie ».

Ce praticien prétend euthanasier Vincent Lambert car il estime que sa vie ne vaut pas « la peine d’être vécue ».

Telles furent les mots du Führer pour justifier l’euthanasie.

Ce médecin déclare notamment : « Il n’y a plus d’espérance qu’il recouvre une vie relationnelle normale. Si les parents trouvent du sens à cette existence, qu’ils apportent les preuves ! ».

Au nom de quoi peut-il lancer une telle affirmation ? Qu’il donne lui-même une preuve que Vincent Lambert veut mourir ! Que veut dire « une vie relationnelle normale ? ».

Une telle déclaration apparaît bien au-delà du décret d’euthanasie signé par Hitler le 1er septembre 1939 et dont il convient de rappeler les termes. « Le Reichsleiter Bouhler et le docteur en médecine Brandt sont sous leur responsabilité, chargés d’étendre l’autorité de certains médecins, à désigner personnellement à l’effet d’accorder la délivrance par la mort, aux personnes qui dans la limite du jugement humain et à la suite d’un examen médical approfondi, auront été déclarés incurables ». Signé Hitler.

Brandt reconnaîtra l’élimination de 60.000 personnes. Il déclarera lors de son procès à Nuremberg : « Il n’y a pas de médecin aujourd’hui qui ne donnerait à un malade qui souffre un anesthésique et qui ne rendrait la mort plus facile…L’euthanasie peut paraître horrible, inhumaine…Je n’ai jamais pensé que c’était contraire à la morale ou à l’éthique ».

Cette excuse du malade qui souffre, le Dr Kariger ne l’a même pas. L’incurabilité de Vincent Lambert reste le prétexte de son euthanasie.

Cette notion a été le blanc-seing du Dr Brandt. Ce dernier sera pendu le 2 juin 1948 au décours de son procès par le Tribunal de Nuremberg chargé de juger les crimes nazis.

Source : medias-presse.info

 

 

Ce 20 septembre 2016, Vincent Lambert a 40 ans.

L'occasion aussi, en ce jour, de saluer sa mère, Madame Viviane Lambert,

pour son accompagnement au quotidien de son fils.