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Vincent Lambert, mort sur sept ordonnances

par Docteur Xavier Ducrocq, 20/05/2019

Sept ordonnances. Il aura fallu sept ordonnances pour envoyer Vincent Lambert, innocent de tout crime, à la mort. Mort qui, quoiqu’en disent les médias et ceux qui croient faire l’opinion, aura, loin d’être “naturelle”, été longuement calculée, voulue, programmée, provoquée et, enfin, administrée. Ce faisant, blouses blanches et robes noires sont devenues complices d’une infamie sans précédent. Explications du neurologue Xavier Ducrocq.

Ordonnance médicale

Tout commence par une funeste erreur d’appréciation lorsque, dans le courant de l’hiver 2012-2013, l’équipe du Service de soins palliatifs du CHU de Reims croit déceler chez Vincent Lambert une « volonté de mourir ». En soi, l’affirmation est étrange. En effet : ou Vincent est apte à manifester, sans équivoque possible, sa volonté et, en ce cas, il est conscient ; ou, comme l’établiront, unanimes en dépit des réserves formulées quant à leur déroulement, toutes les expertises, Vincent est en état de conscience altérée, donc incapable de manifester une telle volonté.

Cette contradiction évidente n’empêche pas l’équipe médicale de décider sa mort. L’ordonnance, datée d’avril 2013, est simple : elle se borne à prescrire une privation totale de nourriture jusqu’à ce que mort s’ensuive. Comme si Vincent avait, aux yeux du personnel soignant, déjà cessé d’exister en tant que patient, et en tant qu’homme.

Pourtant, Vincent est bien vivant. Sévèrement handicapé, certes, mais vivant, à l’instar de près de deux mille autres personnes en France, patients très particuliers demandant des soins adaptés, parfois à domicile, et dont une circulaire ministérielle de mai 2003, qui ne distingue pas entre « état d’éveil non répondant » et « état paucirelationnel », règle la prise en charge. Tellement vivant, même, qu’il résiste, trente et un jours, au traitement, et y survit !

Au vrai, la seule ordonnance qui, médicalement, s’impose, depuis le début, est une prescription de soins de kinésithérapie, orthophonie, stimulation sensorielle, et un transfert urgent vers une unité spécialisée dans les soins à donner à ce type de patients. Il en existe, prêtes à recevoir Vincent.

Cette ordonnance-là, personne ne la rédigera et, puisque le patient récalcitrant, accroché à cette existence qu’on lui dénie, ne meurt pas, la prochaine prescription, plus drastique, ajoutera à la privation de nourriture celle de toute hydratation accompagnée d’une sédation profonde et continue, telle qu’inscrite dans la loi depuis 2016, permettant légalement une mort rapide.

Ordonnance juridique

La justice, dans un sursaut de conscience, a, plusieurs fois, suspendu l’exécution de l’ordonnance médicale fatale, au motif d’une atteinte à la vie et d’une erreur dans la conduite de la procédure collégiale. Avant, se ravisant, de s’ingénier à encadrer cette décision des conditions en permettant l’application légale.

Dès lors, à l’en croire, la nutrition-hydratation artificielle s’est métamorphosée en médication, la sédation pour détresse incontrôlable en sédation terminale, et la volonté supposée de Vincent a tenu lieu des directives anticipées qu’il n’a jamais rédigées. À la fin de ce parcours juridique, la caractérisation de « l’obstination déraisonnable » relève malheureusement plus de la loi que de la médecine.

Ordonnance législative

Car il aura fallu plier la loi, l’ajuster au « cas Lambert » de sorte que l’on puisse tuer Vincent en toute impunité. Et après lui, bientôt, tous ceux et celles qui partagent son état.

Car, dès que le législateur aura bien établi que certaines vies, - celle de Vincent aujourd’hui mais demain, peut-être, la vôtre, ou celle de quelqu’un que vous aimez.- ne méritent pas d’être vécues, qu’elles sont « indignes », « vaines », « scandaleuses » même, combien de temps faudra-t-il pour interdire toute dépense de santé en faveur de ces « inutiles » ? Et de bien d’autres peut-être car nul ne peut dire où s’arrêteront les « économies » ?

Non, ce n’est certes pas un oubli, une erreur, un hasard, un fâcheux manque de temps mais une volonté délibérée si la commission de révision de la Loi Leonetti du 22 avril 2005 n’a pas daigné recevoir les représentants des victimes de traumatisme crânien qui s’inquiétaient de la tournure des événements et du contenu de la future loi de 2016.

Osez l’admettre, Mesdames et Messieurs nos législateurs, vous qui votez les lois, vous avez bel et bien, sans la nommer, laissé inscrire l’euthanasie dans notre droit ! Ayez au moins le courage de le dire à ceux qui vous élisent ! Ou sommes-nous déjà dans 1984 et le monde terrifiant d’Orwell où un État présumé omnipotent et omniscient décide à notre place de nos actes, de nos choix, de notre vie et de notre mort ?

Ordonnance gouvernementale

Car, pour inquiétant que cela soit, c’est bien l’État français qui, désormais, s’acharne à obtenir l’exécution de l’arrêt et la mise à mort d’un de ses citoyens. Comme le révèle Rachel Lambert, épouse, et tutrice, de Vincent, dans le livre qu’elle a publié, c’est à la suite d’une intervention du ministre de la Santé de l’époque, et sur son conseil insistant, qu’elle-même et le CHU de Reims ont fait appel auprès du Conseil d’État de la décision de justice qui empêchait l’assassinat de Vincent.

Plus grave encore, tout récemment, l’actuelle Ministre de la Santé, commentant la requête de la Commission internationale des Personnes handicapées de l’ONU, sollicitée par les parents de Vincent, n’a pas hésité à affirmer que Vincent n’était pas une personne handicapée.

Affirmation pour le moins surprenante puisque, incontestablement, Vincent, du fait des lésions cérébrales provoquées par son accident en 2008, souffre bel et bien d’un double handicap moteur et cognitif !

Une fois encore, et jusqu’au plus haut niveau de l’État, l’on biaise, l’on joue sur les mots, lorsqu’ils dérangent, lorsqu’ils pourraient, surtout, conduire les Français à s’interroger. Pourtant, Albert Camus l’a dit : « Mal nommer les choses, c’est ajouter de la douleur au monde. »

Ordonnance médiatique

Interroger jusqu’aux plus avertis de nos concitoyens sur « le cas Lambert » revient, hélas, à mesurer l’ampleur et la gravité de la désinformation à l’œuvre. Devenue, dans cette affaire, une redoutable Agence de Formatage de la Pensée des plus orwellienne, là encore, l’AFP, à travers ses dépêches reprises sans contrôle par une grande partie des médias, s’ingénie à façonner l’opinion d’un public déjà largement privé de sens critique et incapable, même sur un sujet aussi grave, de se forger une idée personnelle.

Ce pouvoir médiatique, d’ordinaire infiniment moins pudique, n’a pas hésité à crier à la violation du droit à l’image quand les défenseurs du droit de Vincent à la vie, et de la vérité, afin de rétablir l’exactitude des faits malmenée par la presse, ont diffusé une vidéo qui battait en brèche toutes les certitudes soigneusement inculquées dans cette affaire au public. Qu’y voyait-on, en effet, sinon la preuve des mensonges et des absurdités répétés à l’envi depuis le début, la démonstration flagrante que Vincent n’était pas dans le coma, qu’il n’était pas moribond, qu’aucune machine ne le maintenait artificiellement en vie, qu’il n’y avait, par conséquent, rien à débrancher ?

Combien de Français ont alors découverts, stupéfaits, que Vincent, loin d’être le « légume » qu’on leur avait décrit et même odieusement caricaturé, était un être humain comme eux, capable d’ouvrir les yeux, tourner la tête, déglutir, à condition que l’on prît la peine de lui donner à manger plutôt que de l’alimenter par sonde ?

Était-ce donc si gênant de l’admettre ? Et pourquoi les mêmes médias, commentant les derniers rebondissements de « l’affaire Lambert » ont-ils, presque unanimes, préféré titrer sur la confirmation par les experts de l’état végétatif « irréversible » de Vincent plutôt que sur leur affirmation de toute absence « d’obstination déraisonnable » dans les soins que réclame son état ? Lâcheté ? Incompréhension ? Négligence ? Ou volonté délibérée de tromper le public, de le manipuler, et, si tel est le cas, dans quel but, et pour satisfaire quels intérêts ?

Ordonnance familiale

Jusqu’en mai 2013, personne, dans la famille de Vincent, n’envisageait de le tuer. Tout au contraire, ses proches l’entouraient, l’accompagnaient, dans le même amour et la même volonté de l’aider et l’entourer. Personne n’avait jamais fait part de sa prétendue volonté de n’être pas maintenu en vie s’il se trouvait un jour dans cette condition de grand handicapé. Il a fallu, à cette date, la terrible, la mortelle décision médicale de cesser de l’alimenter pour que les siens, soudain, se déchirent, les uns emportés par la confiance que l’on a tendance à faire aux médecins, les autres guidés par leur amour intact, intangible, et la nécessité de protéger le plus faible.

Ces déchirements ne sont pas le moindre drame dans cette histoire cruelle et qui oserait prétendre que l’assassinat de Vincent y mettra un terme ? L’apaisement, le pardon ne seront possibles qu’autour de Vincent en vie, ou mort de mort naturelle.

Ordonnance citoyenne

Ils ont parlé, ils ont tous parlé. Les médecins, les juges, les législateurs, les ministres, les médias. Ils ont tous parlé, même quand, manifestement, ils ne savaient pas ce qu’ils disaient, même quand ils désinformaient, même quand ils en prenaient à leur aise avec la vérité.

Mais nous, Français, nous n’avons pas pu donner, en pleine conscience, en possession d’une entière connaissance du dossier, et non de ce que l’on voulait nous en dire, notre opinion.

Pourtant, si Vincent devait mourir, nous en porterions tous le poids et la responsabilité. Notre silence nous ferait tous complices de ce crime. « Qui ne dit mot consent » dit la sagesse des Nations.

Vincent n’est pas un monstre, Vincent n’est pas un légume, Vincent n’est pas « en fin de vie ». Vincent est vivant. Vincent, handicapé, n’en reste pas moins, et peut-être même davantage en raison de sa faiblesse et de son dénuement, l’un des nôtres.

Le laisserons-nous mourir ? C’est à nous qu’il appartient, en dernier ressort, de dire si nous consentons ou non à l’indicible trahison de toutes nos valeurs, toute notre civilisation.

Demain, il sera trop tard. Pas seulement pour Vincent, mais pour chacun d’entre nous car ce choix fatal est de ceux sur lesquels l’on ne revient pas. Voulons-nous vraiment que d’autres, demain, au nom d’intérêts mystérieux, décident à notre place de notre vie, de notre mort, de celle de nos proches ? Il est encore temps de se poser la question. Encore temps de faire comprendre à ceux qui nous dirigent que personne ne choisira à notre place. À nous de voir comment faire entendre nos voix !

Source : valeursactuelles.com