Communion de prière pour la Vie : "Jésus, Marie, protégez la vie " ! (ou toute autre prière à Dieu)

Pour vous inscrire, cliquez ici ! Nombre de priants : 4 282


 

Rachel Lambert nommée tutrice de Vincent Lambert…

par Jeanne Smits, 10/03/2016

Les parents de Vincent Lambert ont appris par voie de presse que Rachel, leur belle-fille, a été désignée comme tutrice par le juge des tutelles. Rachel qui veut que l'on cesse d'alimenter son mari, tétraplégique et en état de conscience minimale, afin qu'il meure.

Ils vont faire appel de cette décision ahurissante.

La justice devait nommer un tuteur pour sortir du conflit opposant Pierre et Viviane Lambert et deux de leurs enfants à Rachel Lambert. En définitive, elle a pris parti : parti pour la mort.

C'est une odieuse manipulation.

Les avocats des parents de Vincent Lambert réagissent

par Gènéthique, 10/03/2016

Suite à l’annonce ce matin de confier à Rachel Lambert la tutelle de son mari Vincent Lambert pour une durée de 120 mois, soit 10 ans, les avocats des parents de Vincent Lambert, Maître Jérôme Triomphe et Maître Jean Paillot ont annoncé qu’ils relevaient appel de cette décision.

Pour eux  en effet, « tout est rédigé dans cette décision comme s’il avait fallu donner des gages de compréhension à Rachel LAMBERT. Le juge affirme la totale bienveillance de cette dernière au profit de son mari tout en nommant un subrogé tuteur qui prendra le relais de Rachel si (nous affirmons quand) les intérêts de Rachel seront en opposition avec ceux de Vincent. On ne saurait mieux dire alors que depuis trois ans, elle se bat pour qu’il meure. Cette décision est donc non seulement ahurissante mais totalement incohérente, contraire au droit et au plus élémentaire bon sens.

Nous interjetons appel aujourd’hui même.

En attendant, cette décision ne remet pas en cause la question du choix du lieu de vie qui relève de la seule compétence du juge des tutelles, transfert qui fait pratiquement consensus, y compris auprès du CHU, ainsi que l’a affirmé le Procureur de la République Fabrice Belargent à l'audience ».

Sources : leblogdejeannesmits.blogspot.fr   genethique.org

 

Vincent Lambert : La décision de la juge des tutelles sera rendue le 10 mars

par Gènéthique, 01/02/2016
L’audience des tutelles concernant Vincent Lambert[1] a eu lieu ce lundi matin au tribunal d’instance de Reims (cf. Vincent Lambert : La question de la tutelle sera examinée le 1er février). La décision du juge des tutelles (déterminer s’il peut être placé sous tutelle) sera rendue le 10 mars par courrier aux différentes parties. Au terme de l’audience, le procureur général a « demandé la tutelle partagée entre la femme de Vincent Lambert pour ce qui est des biens et un tiers pour ce qui est de la personne ».

Les avocats des parents de Vincent Lambert, sa femme Rachel et son neveu François étaient présents à l’audience et tous se sont exprimés sur l’opportunité de la tutelle. Les parents de Vincent Lambert soutiennent la procédure, qui permettrait le transfert de leur fils dans un établissement de soin plus adapté à son état. « Vincent a évolué par rapport à l’année dernière et il n’a rien à faire au CHU de Reims qui n’a qu’un projet de mort pour lui », a déclaré Maitre Jérôme Triomphe. Pour Rachel, la femme de Vincent Lambert, et une partie des frères et sœurs de celui-ci, cette audience « retarde l’application des décisions de justice qui ont validé la fin de vie de Vincent Lambert ». Sa femme a par ailleurs indiqué que « si elle devait obtenir la tutelle elle ne souhaitait pas la partager ».

[1] A la demande des médecins et pour examiner l’éventuelle mise sous protection de Vincent Lambert.


Source : genethique.org

Hospimedia (1/02/2016) ; Europe1 (1/02/2016)

 

Vincent Lambert. Son épouse Rachel est nommée tutrice

par Ouest France,

La juge des tutelles de Reims a tranché : Rachel Lambert, l'épouse de Vincent Lambert, est nommée tutrice de cet homme en état végétatif depuis 2008.

Depuis 2008, Vincent Lambert est dans un état végétatif au CHU de Reims, après un accident de la route. Depuis, un conflit judiciaire se joue autour de lui.

Plaidant pour l'arrêt des soins pratiqués sur son mari et soutenue par de nombreux frères et soeurs, son épouse Rachel s'oppose depuis des années aux parents de Vincent, farouchement déterminés à maintenir en vie leur fils.

Début février, les familles avait été reçue par la juge des tutelles de Reims. Elle a rendu ce jeudi sa décision : Rachel Lambert est nommée tutrice de son mari Vincent.

Rachel Lambert a été nommée tutrice pour une période de 120 mois, « une décision qui restaure la place de l'épouse » selon son avocat Me Gérard Chemla. Le CHU de Reims, soutenu par les parents déterminés à maintenir en vie leur fils, avait demandé la nomination d'une tutelle pour « déterminer un référent qui pourrait représenter légalement » le patient.

Tutelle de 10 ans

Le procureur de la République avait souhaité lors de l'audience du 1er février la désignation d'un tuteur extérieur à la famille, auquel seraient associés deux « subrogés-tuteurs », dont l'épouse de Vincent.

Dans son jugement, que l'AFP a pu consulter, le juge ordonne le placement sous tutelle, qu'il confie à Rachel Lambert pour une durée de 120 mois, et désigne l'UDAF (Union départementale des associations familiales) de la Marne comme « subrogé-tuteur », une sorte de tuteur suppléant.Selon le juge, « l'état de santé » de Vincent Lambert « tel que décrit par l'expert permet d'envisager une mesure de tutelle de 10 ans en ce sens que l'altération de ses facultés personnelles n'apparait manifestement pas susceptible de connaître une amélioration selon les données acquises de la science ».

Un appel des parents ?

« Je ne comprends pas la juge des tutelles, je suis surpris et déçu de cette décision qui nous fait stopper au milieu du gué. Le procureur était d'un autre avis et la plupart des personnes était favorable à la nomination d'un tiers, extérieur à la famille. Il semblait que c'était une solution de sagesse », a réagi l'avocat des parents, Me Jean Paillot, interrogé par l'AFP.

« Ce n'est pas la bonne décision. Nous sommes dans un conflit familial intense où Rachel fait partie des procédures, elle n'est pas neutre bien qu'elle occupe une place légitime d'épouse. Désormais, c'est la seule à représenter son mari notamment à l'hôpital, elle est à la fois juge et partie. (...) Nous étions d'accord pour la nomination d'un tuteur, mais pas pour que ce soit Rachel. Nous avons 15 jours pour relever appel de cette décision, il est trop tôt pour le dire et nous allons réfléchir, mais il n'est pas invraisemblable que nous choisissions cette option », a-t-il ajouté.

Décision d'arrêt des soins en 2015

En juin 2015, la Cour européenne des droits de l'homme avait validé l'arrêt des traitements de Vincent Lambert. Suite à cette décision, le CHU de Reims avait engagé une « nouvelle procédure collégiale en vue d'une décision d'arrêt des soins ».

Mais il l'avait finalement suspendue, au motif de pressions extérieures nuisant à la « sécurité » du patient et des équipes médicales, notamment après des menaces d'enlèvement publiées sur un blog. Les médecins avaient alors réclamé, auprès du procureur de Reims, des mesures de « protection globale » pour « déterminer un référent qui pourrait représenter légalement » Vincent Lambert.

Source : ouest-france.fr

 

 

Vincent Lambert : l’audience de tutelle fixée au 1er février

par Antoine Pasquier, 20/01/2016

Le juge des tutelles de Reims examinera le 1er février la demande de mise sous protection de Vincent Lambert, a indiqué à Famille Chrétienne l’avocat de ses parents, Me Jean Paillot, mercredi 20 janvier.

Le magistrat, qui a reçu les différentes parties ces dernières semaines, devra répondre à deux questions : faut-il placer Vincent Lambert sous tutelle ? Et, si oui, à quelle personne confier cette mission alors que la famille se déchire sur le sort de l’ancien infirmier en état de conscience minimale depuis 2008 ?

« L’épouse de Vincent et une partie de ses frères et sœurs, ainsi qu’un de ses neveux, estiment que la nomination d’un tuteur n’est pas nécessaire. Ses parents pensent le contraire et sont favorables à cette procédure », déclare Me Paillot. « Nous pensons qu’il sera ainsi plus aisé de réfléchir avec un tuteur au transfert de Vincent vers un autre établissement afin que ses soins soient mieux pris en charge et qu’une nouvelle équipe puisse s’occuper de lui. »

Pour l’avocat des parents, il n’est pas impossible, au regard de la situation conflictuelle, que le juge choisisse un tuteur extérieur à la famille et qu’il se tourne notamment vers une personne morale. La décision du juge pourrait intervenir assez rapidement après l’audience du 1er février. Il n’est également pas exclu que le magistrat prenne une décision sur le siège.

Toujours hospitalisé au CHU de Reims, Vincent Lambert est dans un état stable, « alternant des périodes où il est présent et d’autres moins », a par ailleurs précisé Me Jean Paillot. Les conditions de sécurité, elles, restent très strictes autour de la chambre du patient. « Il est toujours enfermé à clé et la liste des personnes autorisées à lui rendre visite est fixée de manière arbitraire », déplore l’avocat. « À Noël, certains de ses neveux et nièces ont souhaité venir le voir, mais ils n’y ont pas été autorisés. Cela démontre que la discussion avec l’équipe médicale est toujours impossible et qu’il est temps que Vincent change d’établissement. »

Antoine Pasquier

Source : famillechretienne.fr

 

 

Vincent Lambert: la demande d'arrêt des traitements rejetée

par Le Figaro, 09/10/2015

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté aujourd'hui la demande d'arrêt des traitements de Vincent Lambert réclamé par son neveu après les décisions du Conseil d'Etat et de la justice européenne, selon une source judiciaire.

Les juges administratifs ont estimé que les médecins du CHU de Reims, où Vincent Lambert se trouve en état végétatif depuis septembre 2008, étaient en droit, en vertu de leur "indépendance professionnelle et morale", de suspendre le processus d'arrêt des traitements engagé en juillet dernier après les décisions du Conseil d'Etat et de la Cour européenne validant l'interruption des soins.

 

Le CHU de Reims peut maintenir Vincent Lambert en vie, selon la rapporteure

par Delphine de Mallevoüe, 29/09/2015

Mardi, lors de l'audience devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, le rapporteur public a recommandé aux juges de rejeter la requête de François Lambert. Le demi-neveu de Vincent Lambert, favorable à l'arrêt des soins, avait saisi la justice pour faire appliquer l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation du patient, conformément aux décision et arrêt du Conseil d'État et de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) qui, en juin 2014 et juin 2015, avaient validé la légalité de l'interruption des soins. Le rapporteur public a estimé que les médecins du CHU de Reims étaient en droit, en vertu de «leur indépendance professionnelle», de maintenir en vie Vincent Lambert malgré les décisions de justice précédentes.

Depuis ces décisions, le «processus de fin de vie» de Vincent Lambert n'a jamais été mis en oeuvre par le CHU de Reims. La «procédure collégiale» visant à le concrétiser avait été abandonnée le 23 juillet dernier par le médecin qui la présidait, le Dr Daniela Simon, quelques jours seulement après l'avoir lancée. Elle évoquait des «pressions» et une «insécurité» pour le personnel soignant, alors qu'elle devait aussi faire face au soupçon de conflit d'intérêt, étant à la fois celle qui présidait au sort de Vincent Lambert et «médecin conseil» de l'épouse, Rachel Lambert, favorable à l'arrêt des soins.

«Un préjudice moral personnel»

Pour François Lambert, l'abandon de la «procédure collégiale» du 23 juillet est «contraire au droit». Et, avec cet arrêt des soins sans cesse ajourné, il estime subir «un préjudice moral personnel». C'est la deuxième fois qu'il intente une action en son nom. Une première fois, le 17 décembre 2013, il avait saisi, en tierce opposition, le juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne pour revenir sur la décision prise par le même tribunal, le 11 mai 2013, de réalimenter en urgence Vincent Lambert. Le tribunal avait été saisi par les parents du jeune handicapé, après que le Dr Éric Kariger, alors le médecin de Vincent Lambert au CHU de Reims, eut décidé d'arrêter son alimentation. L'action de François Lambert avait alors été jugée irrecevable. Écarté de la procédure juridique, il n'a jamais fait partie non plus du cercle familial désigné pour participer à la «collégialité» réunissant médecins et famille pour réfléchir au sort du patient. «Le Dr Kariger l'avait exclu d'emblée, estimant qu'il n'était pas de la famille au sens strict, indique une source proche du dossier. Dans ce genre de décision, seuls les intimes sont légitimes, on ne peut pas convier cousins, oncles et tantes».

Mardi, le tribunal administratif a indiqué mettre sa décision en délibéré dans un délai de deux à trois semaines.

Parallèlement à cet énième épisode judiciaire, la plainte déposée le 17 juillet dernier par les parents de Vincent Lambert est toujours examinée par le procureur de la République de Reims. Cette plainte vise l'hôpital et le Dr Daniela Simon pour des faits de nature délictuelle et criminelle: «actes attentatoires à la liberté individuelle», «tentative d'assassinat sur personne vulnérable», «mauvais traitements», «séquestration»,etc. En outre, les avocats des parents engagent aujourd'hui une autre procédure: ils saisissent le TGI de Reims «pour faire cesser les voies de fait commises par le CHU», explique l'assignation. L'hôpital n'a en effet jamais accordé le transfert de Vincent Lambert dans un autre établissement, plus adapté à son état selon les parents, alors qu'ils le réclament en vertu de nombreux articles de loi, depuis mai 2013. Ils demandent au tribunal d'ordonner le transfert de leur fils dans l'un des nombreux établissements prêts à l'accueillir. Ils demandent également 500.000 euros de dommages et intérêts pour leur fils, et un euro symbolique pour eux-mêmes.

Source : lefigaro.fr

 

 

Décision de la CEDH au sujet de Vincent Lambert : Qui peut saisir la justice ?

par Grégor Puppinck, 25/09/2015

Grégor Puppinck, Docteur en droit et directeur du European Center for Law and Justice et Claire de la Hougue, Docteur en droit et avocate, ont publié dans la Revue générale de droit médical (septembre 2015) un commentaire de l’arrêt Lambert rendu par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) le 5 juin 2015.

Au-delà de ce qui a été dit de cette affaire et qui est connu de tous, les auteurs reviennent sur des faits moins connus et décryptent en profondeur l’arrêt rendu par la CEDH jugé « effrayant » notamment parce qu’il prive Vincent Lambert d’accès à la justice.

Gènéthique : Vincent Lambert est souvent présenté comme une personne en fin de vie que le corps médical s’acharnerait à maintenir en vie. Quelle est la situation réelle de Vincent Lambert ?

Grégor Puppinck : Vincent Lambert déglutit difficilement, ce qui explique qu’il soit nourri à l’aide d’une sonde entérale : la nourriture finement hachée est introduite directement dans son estomac, mais il digère naturellement, de même qu’il respire naturellement. Il n’est branché à aucune machine qui le maintiendrait artificiellement en vie.

Les personnes dans son état peuvent quitter l’hôpital pour des séjours en famille (voir pour une installation définitive, selon la circulaire du 3 mai 2002 relative à la création d’unités de soins dédiées aux personnes en état végétatif chronique ou en état pauci-relationnel), et Vincent Lambert lui-même avait obtenu une autorisation pour des vacances fin 2012, soit six mois avant le premier arrêt de soins.

Au début de l’année 2013, le Dr Kariger, sans en informer les parents de Vincent Lambert, avait décidé d’arrêter son alimentation et de réduire son hydratation à 500 millilitres par jour, décision mise en œuvre le 10 avril 2013. Ses parents l’ayant découvert, ils avaient saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui avait ordonné la reprise de l’alimentation et de l’hydratation le 11 mai, soit au bout de 31 jours pendant lesquels le patient avait survécu sans alimentation et avec une hydratation minimale. Bien que le tribunal ait ordonné également la reprise « des soins nécessaires à son état de santé », l’hôpital rétablit seulement l’alimentation et l’hydratation, à l’exclusion notamment de la kinésithérapie (arrêtée depuis octobre 2012), de l’installation en position assise ou encore des promenades à l’air libre, pourtant requises par la circulaire. En conséquence de cette immobilité, Vincent Lambert souffre de rétractations tendineuses qui nécessitent une opération mais l’hôpital refuse de la pratiquer sous prétexte que son épouse – qui n’a pourtant pas de pouvoir de représentation légale – n’y a pas consenti. Il ne reçoit pas non plus de soins d’orthophonie qui pourraient lui permettre de rééduquer sa déglutition.

Alors que la circulaire de 2002 demande qu’un « projet de vie » soit établi pour les personnes en état végétatif ou pauci-relationnel, l’hôpital de Reims n’a depuis 2013 qu’un projet de mort et retient Vincent Lambert dans un service de soins palliatifs, dont l’objet est d’accompagner la fin de vie.

Peu de gens savent également que l’épouse de Vincent Lambert a quitté Reims pour la Belgique cette même année 2013. C'est aussi depuis cette époque qu'elle soutient que son époux n'aurait pas voulu continuer à vivre dans cet état de dépendance. A l’inverse, suite à ce départ, les parents de Vincent Lambert ont emménagé à Reims pour être au chevet de leur fils.

Depuis janvier 2014, l’hôpital impose une procédure dite de sécurisation : Vincent Lambert est enfermé à clef dans sa chambre et surveillé par caméra. Ses visiteurs, y compris ses parents, doivent laisser leur carte d’identité pour entrer le voir. Alors que ses parents demandent son transfert dans une unité d’accueil spécialisée pour les personnes en état végétatif ou pauci-relationnel[1], l’hôpital refuse de le laisser partir, toujours au motif que son épouse n’a pas donné son accord.

G : Les parents de Vincent Lambert ont invoqué plusieurs violations de la Convention européenne des droits de l’homme en leur nom propre mais aussi au nom de leur fils : la Cour a-t-elle accepté que les parents aient qualité pour agir au nom de leur fils ?

GP : Dans leur requête devant la CEDH, les parents, le demi-frère et la sœur de Vincent Lambert se plaignaient de la violation des articles 2 (droit à la vie), 3 (interdiction des mauvais traitements) et 8 (respect de la vie privée et familiale, y compris l’intégrité physique) de la Convention, ainsi que du caractère inéquitable de la procédure médicale (art. 6-1).

La Cour européenne examine d’abord la recevabilité de la requête, présentée par les requérants au nom de Vincent et en leur propre nom. La première question est de savoir si les requérants ont qualité pour agir au nom du patient.

Pour pouvoir agir devant la Cour européenne, une personne doit pouvoir se prétendre victime, c’est-à-dire pouvoir démontrer qu’elle a subi directement les effets de la mesure litigieuse. Si la requête n’est pas introduite par la victime elle-même, le représentant doit disposer d’un pouvoir dûment signé. La Cour admet cependant des exceptions lorsque la victime n’est pas en mesure d’introduire elle-même la requête ou de donner procuration. La jurisprudence a précisé les cas dans lesquels une action pouvait être introduite au nom d’autrui.

La Cour a admis la recevabilité de requêtes introduites au nom d’autrui lorsque la victime n’est pas en mesure d’agir pour une raison imputable à l’Etat, par exemple dans les cas de disparitions forcées, ou pour des facteurs de vulnérabilité, comme l’âge ou le handicap.

Une affaire très récente[2], tranchée par la Grande Chambre le 17 juillet 2014, a élargi les exceptions en matière de représentation devant la Cour : les juges ont reconnu qu’une association, le Centre de Ressources juridiques (CRJ), pouvait avoir la capacité pour agir au nom du jeune Valentin Câmpeanu rencontré une seule fois et depuis décédé. Le jeune homme n’avait ni parents ni tuteur, et le CRJ, lors d’une visite à l’hôpital, le découvrit peu avant sa mort privé des soins élémentaires requis par son état car le personnel craignait de contracter le VIH dont il était atteint. Le CRJ engagea des démarches en sa faveur puis des poursuites pénales. Devant la CEDH se posait la question de sa capacité pour agir au nom de Valentin Câmpeanu. Pour trancher cette question, la Cour décide de tenir « compte du fait que la Convention doit être interprétée comme garantissant des droits concrets et effectifs, et non théoriques et illusoires » (§ 105). Elle attache une grande importance au fait que la capacité du CRJ pour agir n’a pas été contestée devant les juridictions internes (§ 110). Elle conclut que, « eu égard aux circonstances exceptionnelles de l’espèce et à la gravité des allégations formulées, le CRJ doit se voir reconnaître la faculté d’agir en qualité de représentant de M. Câmpeanu, même s’il n’a pas reçu procuration pour agir au nom du jeune homme et si celui-ci est décédé avant l’introduction de la requête fondée sur la Convention. Conclure autrement reviendrait à empêcher que ces graves allégations de violation de la Convention puissent être examinées au niveau international, avec le risque que l’État défendeur échappe à sa responsabilité » (§ 112). Dans cette affaire, par une application souple des règles de procédure, la Grande Chambre a assuré l’effectivité de la Convention, obligeant l’Etat à répondre des graves violations dont il s’était rendu coupable.

G : La CEDH a-t-elle raisonné de la même manière dans le cas de Vincent Lambert ?

CP : La Cour a affirmé qu’aucune des affaires déjà jugées n’était comparable. En particulier, dans l’affaire roumaine, Valentin Câmpeanu était décédé et n’avait personne pour le représenter alors que plusieurs membres de la famille de Vincent Lambert prétendent le représenter en soutenant des positions opposées. « D’un côté, les requérants font essentiellement valoir le droit à la vie protégé par l’article 2, dont la Cour a rappelé dans l’affaire Pretty c. Royaume-Uni (no 2346/02, § 65, CEDH 2002‑III) le « caractère sacré », de l’autre les tiers intervenants individuels (Rachel Lambert, François Lambert et Marie‑Geneviève Lambert) se fondent sur le droit au respect de la vie privée et en particulier le droit de chacun, compris dans la notion d’autonomie personnelle (Pretty, précité, § 61), de décider de quelle manière et à quel moment sa vie doit prendre fin (Pretty, § 67, Haas c.  Suisse, no 31322/07, § 51, CEDH 2011 et Koch, précité, § 52) » (§ 98).

La Cour indique se placer sur le terrain des « cas dans lesquels les organes de la Convention ont admis qu’un tiers puisse, dans des circonstances exceptionnelles, agir au nom et pour le compte d’une personne vulnérable » pour lesquels elle dégage deux critères de la jurisprudence : « Le risque que les droits de la victime directe soient privés d’une protection effective et l’absence de conflit d’intérêts entre la victime et le requérant » (§ 102). Ces critères semblent propres à assurer une protection effective des victimes mais la Cour les applique d’une façon éminemment contestable, comme le soulignent les juges dissidents.

Sur le critère de l’effectivité de la protection, la Cour ne décèle « aucun risque que les droits de Vincent Lambert soient privés d’une protection effective » car ses proches « peuvent invoquer devant elle en leur propre nom le droit à la vie protégé par l’article 2 » (§ 103). Indépendamment de l’optimisme de la formule, la Cour restreint la protection accordée à la victime à l’article 2 qui seul reste en lice : les autres griefs sont escamotés.

Les parents sont admis seulement à invoquer l’article 2 en leur propre nom, et la Cour accepte d’examiner la question au fond sur ce point. La Cour précise qu’elle admet l’action des requérants même si Vincent Lambert est encore en vie parce qu’il « est certain que si l’hydratation et l’alimentation artificielles devaient être arrêtées, son décès surviendrait dans un délai rapproché » (§ 115). Elle admet l’existence d’une « violation potentielle ou future ». L’examen au fond n’est pas différent de celui qui serait fait si la demande était au nom du patient.

Concernant le critère de l’absence de conflit d’intérêt entre la victime et le requérant, la Cour « relève que l’un des aspects primordiaux de la procédure interne a précisément consisté à déterminer les souhaits de ce dernier. En effet, la décision du Dr Kariger du 11 janvier 2014 était fondée sur la certitude qu’il « ne voulait pas avant son accident vivre dans de telles conditions ». Dans sa décision du 24 juin 2014, le Conseil d’État a estimé, au vu des témoignages de l’épouse et d’un frère de Vincent Lambert et des déclarations de plusieurs de ses autres frères et sœurs, qu’en se fondant sur ce motif, le Dr Kariger « ne [pouvait] être regardé comme ayant procédé à une interprétation inexacte des souhaits manifestés par le patient avant son accident ». « Dans ces conditions, la Cour n’estime pas établi qu’il y ait convergence d’intérêts entre ce qu’expriment les requérants et ce qu’aurait souhaité Vincent Lambert » (§ 104).

Sans le dire expressément, la Cour reconnaît donc une convergence d’intérêts entre les tiers-intervenants et Vincent Lambert, autrement dit elle considère que l’intérêt de Vincent Lambert est de mourir car les témoignages de son épouse permettent de penser qu’il aurait estimé que sa vie ne mériterait plus d’être vécue en de telles circonstances. De fait, il y a nécessairement convergence d’intérêts entre Vincent Lambert et son épouse puisqu’on n’en connaît que ce qu’elle en dit, ou interprète d’après ses souvenirs. Notons qu’en l’espèce, la CEDH adopte sans réserve les faits retenus par le Conseil d’Etat alors que, souvent, elle n’hésite pas à réexaminer l’ensemble des faits et à les contester même lorsqu’ils ont été établis par les juridictions internes.

G : L’application de ce critère de convergence d’intérêt était-elle pertinente ?

GP : Les droits garantis aux articles 2 et 3 sont des droits absolus, ne souffrant aucune dérogation même en cas de circonstances exceptionnelles, selon l’article 15. Il serait donc logique que toute personne puisse les invoquer pour autrui, lorsque la victime n’est pas en mesure de saisir la Cour elle-même, comme la Cour l’a admis dans l’affaire Valentin Câmpeanu. Comme le soulignent les juges dissidents, les articles 2 et 3 sont des « voies à sens unique », c'est-à-dire qu’ils n’incluent pas un droit inverse de mourir ou d’être torturé, contrairement au droit de se marier, qui inclut celui de ne pas se marier, ou le droit à la liberté d’expression qui inclut le droit de parler et celui de se taire. Le critère relatif à la convergence d’intérêt ne devrait donc pas s’appliquer car personne ne peut prétendre devant la Cour avoir intérêt à subir une violation des articles 2 ou 3. Ces droits existent indépendamment de l’intention des personnes.

G : La CEDH a-t-elle accepté d’examiner la situation de Vincent Lambert à la lumière de l’article 3 condamnant les traitements inhumains et dégradants ?

GP : Non, l’article 3 a été purement et simplement éliminé. La Cour n’a accepté d’examiner ni le grief au nom de Vincent Lambert ni celui des requérants en leur nom propre[3].  

Pourtant, les requérants indiquaient, au paragraphe 166 de leur mémoire : « Malgré les demandes incessantes, orales et écrites, des requérants, Monsieur Vincent Lambert reste maintenu dans des soins minimaux, et ne bénéficie toujours pas des soins normaux, conformément aux bonnes pratiques médicales (pas de kinésithérapie, pas de massages, pas de sortie du lit, pas de fauteuil personnalisé, pas de rééducation à la déglutition) ». Ces soins normaux sont pourtant prescrits par la circulaire n° 2002-288 du 3 mai 2002 relative à la création d'unités de soins dédiées aux personnes en état végétatif chronique ou en état pauci-relationnel.

Pour les requérants, Vincent Lambert est victime de maltraitance et « il s’agit d’une situation qui peut s’analyser en un traitement inhumain au sens de l’article 3 de la Convention ». En février 2015[4], la Cour a condamné la France pour traitement dégradant, donc violation de l’article 3, parce qu’un détenu handicapé n’avait pas bénéficié de soins de kinésithérapie. Dans le cas de Vincent Lambert, elle a purement et simplement ignoré cette question.

Au regard de la Circulaire de 2002, Vincent Lambert est mal traité. Si les parents ne sont pas recevables pour se plaindre de l’arrêt des soins normaux, qui est recevable, et comment assurer une garantie effective contre les traitements prohibés à l’article 3 ?

La Cour a élargi à plusieurs reprises la possibilité de saisine dans des cas exceptionnels pour assurer l’effectivité de la protection de la Convention. Dans l’affaire Valentin Câmpeanu, elle a admis la recevabilité du Centre de ressources juridiques (CRJ) pour que l’Etat ait à répondre des violations dont il s’était rendu coupable, même si cela ne pouvait avoir aucun effet bénéfique pour la victime, déjà décédée. Il est incompréhensible que la Cour n’applique pas ici le même raisonnement, alors que la victime en tirerait un bénéfice direct. Comme le soulignent les juges dissidents, il n’y a aucune « raison valable de ne pas suivre la même approche » (OD § 2). Le résultat est qu’une personne incapable de saisir la justice est privée de toute protection, si même ses propres parents ne peuvent agir en son nom devant la CEDH.

[1] Un établissement proche de Strasbourg ayant donné son accord pour l’accueillir.

[2] Centre de Ressources juridiques au nom de Valentin Câmpeanu c. Roumanie, req. 47848/08, GC 17 juillet 2014

[3] S’agissant du grief des parents en leur nom propre, il semble de toute façon d’après la jurisprudence qu’un examen ne pourrait conduire qu’à un constat de violation distinct de celui concernant la victime principale. Cela ne permettrait pas un examen au fond de la situation de Vincent Lambert.

[4] Helhal c. France, 10401/12, 19 février 2015

Source : genethique.org

 

Drame de Vincent Lambert: des évêques parlent publiquement

par le Suisse Romain, 26/07/2015

Vincent Lambert: la CEF divisée

La volonté d'arrêter "les traitements médicaux" pour Vincent Lambert est largement communiquée. Or, l'eau et l'alimentation ne sont pas des moyens médicaux, mais une nécessité humaine. Il ne s'agit donc nullement d'acharnement thérapeutique. 

Des évêques français ont pris courageusement la parole: 

... En union avec beaucoup d’autres, croyants ou non, nous lançons un appel aux autorités politiques, juridiques et médicales. Que ceux qui ont à en juger sachent que derrière la personne de Vincent Lambert, c’est le symbole de la vie la plus fragile qui est en jeu pour l’avenir de notre société.

Si sa mort doit survenir, nous prierons pour que tous puissent accueillir cet événement dans l’espérance. Mais aujourd’hui, notre frère Vincent n’est pas en fin de vie, et plusieurs établissements spécialisés se sont déclarés prêts à le recevoir. Qu’est-ce qui l’empêche ?

Mgr Philippe Ballot, archevêque de Chambéry, Maurienne et Tarentaise
Mgr Jean-Louis Balsa, évêque nommé de Viviers
Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon
Mgr Yves Boivineau, évêque d’Annecy
Mgr Guy de Kerimel, évêque de Grenoble-Vienne
Mgr Dominique Lebrun, évêque de Saint-Étienne
Mgr Patrick Le Gal, évêque auxiliaire de Lyon
Mgr Pierre-Yves Michel, évêque de Valence
Mgr Pascal Roland, évêque de Belley-Ars

Cependant, alors que ceux qui désirent stopper l'hydratation et l'alimentation communiquent sans modération, sans gène et sans discrétion , Mgr Ribadeau Dumas publie un bien curieux communiqué au nom de la CEF :

La Conférence des évêques de France a pris connaissance de la décision du Docteur Daniela Simon, responsable de la procédure collégiale concernant M. Vincent Lambert, et en prend acte.

Cette décision manifeste l’extrême complexité de la situation et son caractère infiniment douloureux.

La Conférence des évêques de France invite à la pudeur, à la modération et à la discrétion.

Les évêques encouragent les chrétiens à faire monter vers Dieu leur prière pour M. Vincent Lambert, sa famille, ainsi que pour ceux à qui il appartiendra de prendre des décisions.

 

Source : lesuisseromain.hautetfort.com

Vincent Lambert: les leçons à tirer d'une déroute éthique et médicale

par Emmanuel Hirsch, 25/07/2015, extraits

FIGAROVOX/TRIBUNE-L'analyse, sans concession, de l'affaire Vincent Lambert par un professeur d'éthique médicale.


Emmanuel Hirsch est Professeur des universités. Il est Directeur de l'Espace régional de réflexion éthique Ile-de-France, de l'Espace national de réflexion éthique MND, et du Département de recherche en éthique, Université Paris Sud.

 

... Alors que la concertation nationale sur la fin de vie engagée le 17 juillet 2012 semblait aboutir avec la proposition de loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, il est désormais évident que l'impact des circonstances présentes qui ont fait irruption sur la scène publique le 4 mai 2013 (première tentative d'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation de M. Vincent Lambert entreprise le 10 avril et interrompue sur décision de justice) ne pourra être négligé ainsi que les sénateurs l'ont démontré le 23 juin.
Le droit fondamental de personnes handicapées comme M. Vincent Lambert, n'est-il pas déjà de bénéficier des soins et de l'accompagnement social les plus adaptés, sans être considérés, selon des évaluations fragiles, «en fin de vie»? Les conditions de suivi médical de M. Vincent Lambert incarcéré depuis des années dans sa chambre, dans un contexte dont on peut aujourd'hui se demander s'il relève effectivement des droits reconnus et détaillés dans la circulaire du 3 mais 2002 relative à la création d'unités de soins dédiées aux personnes en état végétatif chronique ou en état pauci relationnel, n'affectent-elles pas de manière difficilement réversible sa qualité de vie ? Plutôt que d'évoquer des menaces pesant sur l'équipe médicale, nous aurions pu attendre du communiqué diffusé le 23 juillet par la Direction du CHU de Reims une attention à cet égard.
Ce cumul de manquement à une expression de la compassion altère pour beaucoup la respectabilité des positions qui se sont radicalisées ces derniers mois, au point de contester la neutralité même d'une équipe médicale en fait dans l'incapacité d'arbitrer dans l'impartialité une prise de décision collégiale.
Que l'on ne nous affirme donc pas que les pressions idéologiques, voire terroristes (on ne peut qu'être stupéfait, dans le contexte international présent, du recours à cette terminologie par un des proches de M. Vincent Lambert à l'annonce du renoncement à mettre en œuvre la procédure létale) ont entravé le processus décisionnel. Il est davantage probable qu'à un moment donné, et de manière tardive, les pouvoirs publics ont estimé qu'il convenait de mettre un terme à une situation à ce point désastreuse qu'on ne parvenait plus à en maîtriser les dédales et les effets pernicieux.
À de multiples reprises j'ai évoqué la dimension politique de ces circonstances. Son dénouement prudentiel, transitoire, au cœur de l'été en atteste, et désormais chacun doit avoir conscience des responsabilités engagées...


Source :lefigaro.fr

 

CardBarbarin@CardBarbarin

23 juillet 2015

"Vincent Lambert n'est pas en fin de vie, on ne peut pas provoquer sa mort. Nous ne sommes propriétaires de la vie de personne" +PB (Eur. 1)

 


Le communiqué des avocats de Vincent Lambert à propos de la plainte contre le docteur Daniela Simon

par Pierre-Alain Depauw, 19/07/2015

Vu le parti pris mortifère des médias du système, la rédaction de MPI croit utile de vous livrer l’intégralité du communiqué des avocats de Vincent Lambert.

1- Le 1er juin 2015, en tant que « protecteurs naturels » de leurs fils Vincent, ses parents ont demandé officiellement au CHU de REIMS son transfert, sachant que Rachel LAMBERT a quitté REIMS pour refaire sa vie en Belgique il y a presque 2 ans et sachant qu’ils sont les seuls quotidiennement à son chevet depuis cette date.

Au mépris du principe fondamental du libre-choix de l’établissement de santé, le CHU a répondu par une froide convocation du Dr Daniela SIMON du 7 juillet 2015 dans le cadre d’une 3ème procédure collégiale aux fins d’arrêter l’alimentation et l’hydratation.

2- Un film a été tourné entre les 12 et 17 juin 2015 montrant Vincent déglutissant de la nourriture et de l’eau sans difficulté, sur les indications et sous le contrôle de deux médecins et de quatre orthophonistes.

Nous avons demandé un rendez-vous à la direction du CHU pour le lui montrer, sans aucune réponse.

Hier 15 juillet 2015, le Dr Daniela SIMON a refusé formellement de voir cette vidéo.

Que Vincent déglutisse la nourriture et l’eau sans difficulté, preuve à l’appui, cela n’intéresse pas le CHU ni Mme SIMON. Or, la réalimentation orale serait un obstacle à la mise à mort de Vincent par arrêt de son alimentation et hydratation données par voie artificielle avec mise en place associée d’une sédation profonde et continue.

En réalité, la décision du Dr Daniela SIMON est déjà prise, comme l’a confirmé François LAMBERT à la sortie de son propre rendez-vous. Elle va demander deux avis extérieurs purement formels.

3- Il y a une raison à tout cela : le Dr Daniela SIMON a pris officiellement le parti de Rachel LAMBERT, étant rappelé qu’elle l’accompagnait à l’audience de la CEDH, avec trois autres membres de son équipe (le Dr Ana OPORTUS, Mme JAGER, cadre de santé, et Mlle DESINI, psychologue), à la demande du propre avocat de Rachel LAMBERT. C’est ainsi que la CEDH l’a reconnue dans l’arrêt du 5 juin 2015 comme étant conseillère de Rachel LAMBERT.

Il faut également rappeler que le Dr Daniela SIMON est celle qui a enclenché la procédure collégiale en 2012 avec le Dr Ana OPORTUS. Comme le Dr KARIGER le rapporte dans son livre, ce sont elles qui ont voulu que les parents ne soient pas informés de la procédure enclenchée et de la décision prise. Ce sont encore elles qui ont arrêté l’alimentation et pratiquement toute hydratation le 10 avril 2013 sans que les parents et les frères et sœurs soient prévenus. Vincent serait mort sans qu’ils le sachent en mai 2013. Et c’est ce médecin qui prétend aujourd’hui recueillir des avis de manière impartiale.

4- Hier 15 juillet 2015, les parents et le demi-frère de Vincent ont soulevé ce scandaleux conflit d’intérêt. Ils lui ont demandé de se récuser ainsi que son équipe en lui demandant une réponse pour ce jeudi 16 juillet à midi, à défaut de quoi une plainte criminelle et délictuelle reprenant l’ensemble des infractions dénoncées depuis avril 2013 serait déposée.

Madame Daniela SIMON n’a pas considéré devoir répondre. A l’inverse, elle a annoncé ce midi à la sœur de Vincent qu’elle reconvoquerait la famille fin juillet-début août, sans considération pour la trêve estivale et les absences des uns et des autres, avant de notifier sa décision qui est d’ores et déjà connue.

5- Dès lors, la famille qui défend Vincent n’a plus le choix.

Nous avons reçu instruction de nos clients de porter plainte contre le Dr Daniela SIMON auprès du Conseil de l’ordre des médecins ainsi que de déposer la plainte criminelle et délictuelle de 35 pages que nous avons préparée et qui vise les infractions suivantes :
Délaissement et tentative d’assassinat sur personne vulnérable. Ces infractions visent la première tentative de faire mourir Vincent LAMBERT en avril et mai 2013. Cette tentative ayant été déclarée illégale par la justice, elle ne peut être justifiée par la loi LEONETTI ;
Délaissement de personne vulnérable, violences sur personne vulnérable. Ces infractions visent l’arrêt depuis plus de 1.000 jours de toute kinésithérapie et l’absence de tout fauteuil adapté moulé sur mesure alors qu’il s’agit d’exigences médicales rappelées par une circulaire du ministre de la santé du 3 mai 2002 ;
Non-assistance à personne en danger en omettant les soins adaptés à l’état de Vincent et notamment la rééducation à l’alimentation orale qui permettrait de mettre un terme définitif à toute cette affaire ;
Séquestration et atteinte arbitraire à la liberté individuelle. Ces infractions visent le fait que le CHU détienne Vincent en refusant toute possibilité de transfert et l’enferme dans un univers « carcéral » (terme du Dr KARIGER), sous clé, dans une chambre surveillée par une caméra, en empêchant toute sortie ;
Faux et usage de faux et faux témoignage. Nous soulignons dans cette plainte des mensonges éclatants mais également, sur un plan pénal, une fausse déclaration écrite et produite en justice ;
Violation du secret médical par le Dr Eric KARIGER dans son livre sur des dizaines de pages.

Cette plainte sera adressée dès demain à Monsieur le Procureur de la République de REIMS. L’affaire est désormais entre ses mains. S’il décide de ne pas engager lui-même une enquête, les plaignants saisiront un juge d’instruction.

Cette équipe, dont 4 membres accompagnent Rachel LAMBERT dans ses procédures judiciaires, est totalement disqualifiée.

La seule solution raisonnable qui permettrait de mettre fin à tout cela et que nous réitérons, c’est que le CHU de REIMS annonce l’arrêt de cette folle procédure collégiale menée par une équipe discréditée et en plein conflit d’intérêts. Lorsqu’on est à ce point embourbé et mis en cause, la seule mesure déontologique, juridique, d’humanité et de bon sens, c’est de laisser à d’autres le soin de s’occuper de Vincent LAMBERT. Plusieurs établissements proposent de l’accueillir à cet effet.

Jean PAILLOT, avocat Jérôme TRIOMPHE, avocat
Source : Medias Presse Info

Un témoignage effarant sur la déshydratation en “état végétatif”

par Jeanne Smits, 13/11/2013

Rebondissant sur l’étude de l’université de Cambridge évoquée ici, selon laquelle certains patients diagnostiqués en « état végétatif » sont conscients de leur entourage et pourraient, avec les outils adéquats, communiquer avec lui, Wesley J. Smith, militant très actif contre l’euthanasie, vient de republier le témoignage de Kate Adamson, une femme qui sur la foi d’un tel diagnostic a été privée de nourriture à la suite d’une attaque du tronc cérébral : dans son cas, ce n’était même pas pour la faire mourir.

Cette femme décrit les douleurs et les souffrances abominables, atroces, liées à la faim et à la soif qui lui ont fait vivre une lente agonie alors qu’elle était supposée en état végétatif.

Ci-dessous l’essentiel de l’article de Wesley J. Smith repris avec sa permission sur LifeSite.

« Nous déshydratons à mort des gens sans défense dans ce pays parce qu’ils souffrent d’un déficit cognitif catastrophique. Les partisans de la déshydratation disent qu’il s’agit d’une simple question d’éthique médicale : le retrait d’un traitement médical constitué par l’alimentation par sonde. (A l’heure actuelle, une procédure est même en cours – aux Etats-Unis, NDLR – pour imposer une mise à mort par inanition en refusant une alimentation à la cuillère, qui n’est pas un traitement médical.) », écrit-il.

Petite précision : je ne suis pas d’accord avec la qualification d’alimentation par sonde comme un « traitement médical », l’alimentation est toujours un soin dû – au même titre que le toit, l’habillement, l’hygiène… – sauf dans la mesure où elle ne contribue pas ou plus à maintenir le patient en vie et qu’elle ne cause pas davantage de dommages que de bienfaits. Ce qui est le cas, par exemple, lorsque l’administration d’aliments solides, fût-ce par sonde, provoque aussitôt des vomissements et que la nourriture ne peut plus être assimilée par le patient.

« Déshydrater à mort des personnes sans défense était jadis impensable. C’est dans les années 1980 qui des bioéthiciens ont commencé à préconiser le retrait d’aliments et de fluides administrés par sonde. Et cela est advenu.

Les partisans de la déshydratation ont commencé par déclarer qu’il fallait la réserver à ceux qui sont en état d’inconscience. Ils ont depuis élargi la “caste” des intéressés. Mais des études scientifiques récentes ont montré désormais que beaucoup de personnes supposées inconscientes ne le sont pas du tout. »

Ce qui veut dire que nombre de ces patients entendent leur médecin ou le personnel soignant discuter de leur mise à mort prochaine, note Wesley Smith. Et par Kate Adamson, nous savons ce qui peut leur passer par la tête.

Victime d’une attaque qui l’avait laissée totalement paralysée – elle devait se retrouver avec un locked-in syndrome avant de retrouver l’usage de ses membres et de la parole – elle avait été jugée dans un premier temps inconsciente. Peu après l’attaque, elle avait subi une opération pour soigner une occlusion intestinale. Parce que les médecins la croyaient inconsciente, ils l’avaient insuffisamment anesthésiée. Puis ils l’avaient laissée sans nourriture, lui administrant des fluides uniquement par goutte-à-goutte.

Voici ce qu’elle a dit de cette expérience à Wesley Smith en 2005, en pleine affaire Terri Schiavo (évoquée dans Présent du 25 mai 2005) :

« L’agonie de vivre sans nourriture était une douleur constante qui n’a pas duré quelques heures, comme mon opération, mais plusieurs jours. Il vous faut endurer la douleur physique et en plus, il faut endurer la douleur émotionnelle. Tout votre corps hurle : “Donnez-moi à manger ! Je suis en vie, je suis une personne, pour l’amour de Dieu ne me laissez pas mourir ! Que quelqu’un me donne à manger ! »

Décrivant la souffrance liée au manque de nourriture et d’eau comme « bien pire » que la douleur ressentie au moment de la chirurgie abdominale, et ce malgré l’administration d’une solution saline en intraveineuse, Kate Adamson parlait d’une soif horrible :

« J’éprouvais une envie irrépressible de boire. De boire n’importe quoi. Je me visualisais de manière obsessionnelle en train de boire à une gigantesque bouteille de Gatorade orange. Et je déteste le Gatorade orange. On m’humectait bien la bouche avec une liquide au goût citronné pour atténuer le dessèchement mais cela ne faisait rien pour soulager ma soif insoutenable. »

Et on ose nous dire que ces procédures, appliquées à des personnes qui ne sont pas du tout en fin de vie, ont pour but de soulager leurs souffrances !

Bien sûr, on pense à Vincent Lambert. Vincent Lambert qui n’est même pas supposé dans un « état végétatif », mais qui est dans un état de « conscience minimale ». Cet homme qu’un médecin de Reims, le Dr Eric Kariger, prétend faire « bénéficier » d’une fin de vie programmée par arrêt de l’alimentation est capable de percevoir, dans une certaine mesure, ce qui l’entoure, de réagir à la présence de ses proches, d’éprouver certains sentiments et même de manifester son inconfort puisqu’au dire de son médecin, on peut avoir la « forte suspicion » de son refus de vivre au vu de ses réactions négatives devant certains types de soins…

Source : leblogdejeannesmits.blogspot.fr

 

 

Viviane Lambert : entretien exclusif après la décision de la CEDH et la diffusion de la vidéo

par Armel Joubert des Ouches, 02/07/2015

 

 

« Il était nécessaire de diffuser ces images parce qu’on a menti à l’opinion publique ».

Depuis la diffusion des images de son fils sur internet, au début du mois de juin, images réalisées par le comité de soutien de Vincent « Je soutiens Vincent », Viviane Lambert a été particulièrement sollicitée par la presse. Les médias parisiens notamment attendaient une réaction de sa part. Mais la maman de Vincent Lambert a refusé de répondre aux questions des journalistes, préférant se tenir éloignée d’eux quelque temps. Il y a quelques jours, elle a accordé une interview exclusive à Reinformation.tv acceptant de recevoir l’un de nos journalistes, Armel Joubert des Ouches, dans la ville où elle réside actuellement.
 

Viviane Lambert nous accorde un entretien exclusif

Celle qui, malgré la fureur que ce dossier provoque de toute part depuis plusieurs années, se bat avec dignité pour sauver la vie de son fils que l’on veut euthanasier, est revenue sur l’émoi politico-médiatique qu’à provoqué la diffusion des images de Vincent Lambert sur internet, filmé dans la chambre d’hôpital qu’il occupe depuis le 29 septembre 2008, jour de son accident près de Reims. Une vidéo déjà visionnée près de 700.000 fois. Viviane Lambert fait des révélations sur le soutien qu’elle aurait manifestement obtenu de certains hommes politiques comme le député et ancien Ministre Bernard Debré, avant qu’il ne se rétracte…

La diffusion de la vidéo après la décision de la CEDH : manipulation politico-religieuse ou assistance à personne en danger ?

Quand elle lit dans la presse qu’il y aurait eu « manipulation politico-religieuse de la famille » Viviane Lambert se dit horrifiée par des propos qu’elle juge « infects ». « Il était nécessaire de diffuser ces images parce qu’on a menti à l’opinion public ». La famille commence à faire le travail que l’équipe médicale, dirigée par le Docteur Kariger, refusait de faire : lui donner à manger à la cuillère. Jusqu’à présent, Vincent Lambert était alimenté au moyen d’une sonde… Par ailleurs elle nous a déclaré lors de cet entretien : « Nous sommes des catholiques, on s’en sert pour nous discréditer… ».

Entretien Armel Joubert des Ouches

Source : reinformation.tv

 

 

 

Affaire Lambert : « la décision de la CEDH ouvre une brèche »

par Antoine Pasquier, 10/06/2015

 

Le Docteur Cherillon sur KTO, à 17min 50 :

 

Invité sur le plateau de KTO, le 9 juin, le Dr Emmanuel Chevrillon, médecin spécialiste en rééducation et membre de France Traumatisme crânien, s’inquiète des conséquences de la décision de la CEDH dans l’affaire Vincent Lambert.

Interrogé le 9 juin sur l’antenne de KTO, le Dr Emmanuel Chevrillon, médecin spécialisé en rééducation et membre fondateur de l’association France Traumatisme crânien, regroupant les professionnels de santé en charge des personnes cérébro-lésées, s’est dit « bouleversé » par la décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), dans l’affaire Vincent Lambert. Cet arrêt montre, selon lui, un « glissement sémantique des valeurs au nom de la dignité ». « Les personnes qui vivent avec un handicap profond ne seraient plus dignes d’être des êtres humains », s’indigne-t-il. « Ce n’est pas le faible qui est protégé, mais son environnement et sa famille. Certes, elle vit un drame, c’est incontestable. Mais est ce que ça nous donne le droit de supprimer une vie, surtout quand la personne ne peut pas s’exprimer, et qu’elle est bien vivante ? », dénonce le praticien, parlant d’une « brèche » pour les 1 700 autres patients dans le même état que Vincent Lambert.

« Chaque famille qui a en charge un proche en état végétatif ou pauci-relationnel vit un drame quotidien et prolongé. Elle se pose des questions, comme les professionnels qui s’en occupent (…). Cette décision va leur faire se reposer la question de l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation artificielles, alors qu’elle n’était plus d’actualité ».

Cette décision ne sera pas non plus sans conséquences, estime le Dr Chevrillon, sur l’organisation des structures spécialisées chargées d’accueillir ces patients depuis une circulaire du 3 mai 2002. « Il ne va plus y avoir de nouvelles structures », craint-il.

Pour l’association France Traumatisme crânien, l’alimentation et l’hydratation artificielles sont des soins de base. Son conseil d’administration a encore confirmé cette position en juillet 2014, après la décision du Conseil d’État dans l’affaire Vincent Lambert.

Source : famillechretienne.fr

 

 

Vincent Lambert : ce visage qu'on ne veut pas voir

par Jean Clair, 15/06/2015

TRIBUNE - L'historien de l'art et académicien Jean Clair répond à ceux qu'indigne la diffusion de la vidéo montrant Vincent Lambert. Membre de l'Académie française, Jean Clair historien de l'art français, conservateur général du patrimoine et écrivain. Il est l'ancien directeur du musée Picasso. Il a également été le commissaire de nombreuses expositions nationales et a dirigé la Biennale de Venise du Centenaire.

Chantal Delsol, dans un article contre l'euthanasie et le suicide assisté publié dans Le Figarole 13 juin,aborde le problème de «l'ob-scène» de l'image, la mise en scène de ce qui ne devrait jamais être vu. En l'occurrence, la vidéo de Vincent Lambert sur son lit d'hôpital, faite pour «solliciter les émotions», avec des images comme «appât».

Qu'elle me permette de lui répondre. Ces images ne sont pas le fait de médias «aux dents longues». Elles ont été tournées, clandestinement dit-on, par des proches de la victime. Rares ceux qui ont pu les voir sans être bouleversés de découvrir ce qu'on n'avait pas jusque-là voulu révéler: un visage, un visage vivant, un visage en vis-à-vis de celui qui le filme, un visage qui regarde, qui se tourne, qui baisse les yeux quand il entend la voix de sa mère et même qui, un moment, déglutit, serait-ce par un effet réflexe. Une vision en effet peu supportable: la vie est là. L'homme n'est pas en fin de vie, il est bien vivant, et s'il y a la vie, quelle doit être la nature du tourment de celui qui l'éprouve encore et, du fond de son enfermement, réagit à ses sollicitations?

On peut aujourd'hui, au nom de «l'Art» -je l'écrivais hier dans ces colonnes- exposer place Vendôme un phallus géant ou dans les jardins de Versailles un vagin dit de la Reine, sans provoquer grande émotion. Mais diffuser le visage d'un malheureux est devenu chose obscène… Car qui a vu ces images?

Transmises à la télévision, elles ont été, avec les excuses des journalistes qui les diffusaient, floutées. D'un visage vivant, on a fait un fantôme, une tache grise reflétant le flou dans lequel on se trouve de donner un statut de vivant-mort ou de mort-vivant à celui que l'on filme, prisonnier d'un entre-deux biologique et neuronal, où les traits de l'humain se dissolvent. On retire au vivant son visage, pour le faire d'emblée entrer au royaume des ombres. Or ce visage n'est pas celui d'un comateux, hors de toute atteinte, sourd, aveugle et muet. Il est celui d'un homme qui vit, qui ressent, réagit aux lumières et aux sons, mais qui, à tout ce qu'il ressent, ne peut rien répondre. Un individu «pauci-relationnel», dit la science dans son jargon totalitaire, que reprend aujourd'hui le jargon de l'Éducation nationale dans ses «nouveaux programmes».

Le Christ sur la croix, qui était lui en fin de vie et ne pouvait plus s'adresser qu'à son Dieu, était-il un «pauci-relationnel»? Aucune image pourtant, dans notre culture, n'a été aussi répandue, regardée, examinée, reproduite, interrogée, priée, vénérée, que l'image de ce visage, incliné au sommet d'un corps crucifié, et dont on ignore s'il est encore vivant ou s'il est déjà mort.

Dressé en haut des monts ou suspendu au cou des élégantes, des autels des églises aux carrefours des chemins, un agonisant n'en finit pas de mourir, dont on scrute les traits depuis deux mille ans, en attendant de lui notre survie. Et puis, bien plus -et l'image devient saisissante-, cet homme qui va mourir d'asphyxie, mais entre-temps privé d'hydratation et de nutrition, est l'objet de ce geste inouï que rapportent les Évangélistes: un simple soldat, un centurion, vient apporter un réconfort en lui tendant, au bout d'une lance, une éponge imbibée de vinaigre pour apaiser la brûlure de la soif…

Je ne vois pas en Vincent Lambert une figure christique et je ne parle pas au nom des catholiques. Mais ce sont bien ces images, jour après jour, siècle après siècle, qui ont «nutri» et «hydraté» notre culture. Images de souffrance, proprement scandaleuses, elles ont été pendant plus d'un millénaire le fondement de notre société. Et il faudrait donc aujourd'hui se refuser à les voir, sur les écrans électroniques, comme autrefois on les voyait sur les retables ou les livres à peintures, quand elles se présentent à nous, dans l'ordinaire des faits divers, mais d'autant plus intolérables peut-être?

Si ces références au christianisme gênent jusqu'aux chrétiens eux-mêmes, faisons appel alors à la morale laïque. Victor Hugo, bien sûr, l'image inoubliable de son Père parcourant le champ de bataille et qui, devant un Espagnol, «livide et mort plus qu'à moitié», ordonne: «Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé.» Le vieux républicain obéit ainsi aux sept Oeuvres de Miséricorde, selon Matthieu, dont la première était: «Nourrir l'affamé, abreuver l'assoiffé», non pas l'administration d'un traitement médical coûteux, mais le simple soin quotidien, qu'on doit au dernier des hommes.

Plus mystérieusement peut-être, tirant sa fascination de ce vieux fond chrétien qu'il offre en pâture au nationalisme allemand naissant, Wagner dans ses opéras. Tristan, au dernier acte, dans un état «pauci-relationnel», allongé, apparemment sans vie avec, près de lui, son fidèle Kourvenal épiant dans ses traits le moindre souffle de vie: «Leben, o Leben, Süsses Leben, meinem Tristan neu gegeben» - «Vie, ô vie, tu es enfin rendue à mon Tristan». Tristan, pour sortir de son «coma» qui n'est pas un coma, qui n'est qu'un interminable enfermement des sens, attend la venue d'une femme, «la guérisseuse», pour le sortir de son état. L'agonie s'achève avec le chant d'amour d'Isolde qui, jusqu'au dernier souffle, va affirmer, alors même qu'il se meurt, que Tristan est en vie et que «de ses lèvres une douce haleine délicieuse, suave, s'échappe doucement...».

Si ces images -car ce sont des images- nous frappent encore si fort, n'est-ce pas que nous ressentons en elles l'énigme de la vie, terrible et fascinante à la fois, qui ne se réduit pas, même en sa dernière extrémité, à des «mouvements réflexes», et qui n'est pas indifférente à la douleur, si tristement humaine? On a longtemps supposé que les nourrissons ne souffraient pas, quand même on leur infligeait des tourments extrêmes. Descartes et son disciple Spinoza considéraient aussi que les animaux qui ne sont que des machines ne souffrent pas, quand même on les dissèque. Un homme dans l'état de Vincent Lambert est aujourd'hui prisonnier, non seulement de l'état «pauci-relationnel» dont il est la victime, mais il est la victime aussi de l'aveuglement et de la surdité de ceux qui ne veulent rien voir ni rien entendre.

Comment certains peuvent-ils oser écrire que, «pour mourir dans la dignité, il faut légaliser l'euthanasie»? Savent-ils que, sous l'Occupation, 40 000 à 45 000 malades mentaux -et Vincent Lambert est, à sa façon un «malade mental» dont le cerveau ne commande plus au corps- furent, dans les hôpitaux sous Vichy, condamnés à la mort lente par déshydratation et dénutrition, c'est-à-dire de faim et de soif? La famine n'avait pas été planifiée, elle était le résultat des difficultés à ravitailler les établissements. Faut-il donc aujourd'hui, dans un pays libre et assez prospère,«légaliser la sédation terminale, c'est-à-dire une anesthésie accompagnée d'une dénutrition et d'une déshydratation», comme l'écrivent ses partisans?

Chantal Delsol pose la seule question qui vaille: «D'où vient cette exaltation véhémente pour la piqûre létale?» D'où vient cette joie mauvaise, ce mélange de honte et d'enthousiasme qui nous fait désirer la mort immédiate? Pulsion de mort, disait Freud, notre dernier des sages. Volonté forcenée de l'homme «moderne» de parvenir à une vie parfaite et qui, dans l'impuissance d'être satisfaite, se tourne en attraction suicidaire. La même qui nous pousseà des procédures niant l'humanité, la GPA, l'avortement généralisé, et sous le couvert hypocrite d'un monde enfin convaincu par la puissance technique, un eugénisme vu comme une extermination douce qui, sans livrer son nom, ne supporte plus l'image des ratés, des souffrants, des incurables, tous ces entre-deux qui nous renvoient le reflet insupportable de notre condition, alors qu'ils nous mettent sous les yeux l'énigme de la vie.

Jean Clair

Source : Le Figaro

 

 

Vincent Lambert : l'aveu du ministre

Communiqué des avocats des parents de Vincent Lambert :

"Ce 16 juin 2015, devant la représentation nationale au Sénat, Madame le Ministre de la Santé, après avoir à deux reprises publiquement pris parti pour Madame Rachel Lambert, a officiellement reconnu :

Que Vincent Lambert « n’est pas en fin de vie, il faut le préciser »,

• Que « l’expression de la volonté de Vincent Lambert fait l’objet d’interrogations et de débats ».

C’est là un aveu, de la part du Gouvernement, que son analyse devant la Cour européenne des droits de l’Homme de la situation médico-juridique de Vincent Lambert était erronée. Non, Vincent Lambert n’est pas en fin de vie, et arrêter son alimentation et son hydratation revient à une euthanasie. Non, à ce jour, aucune preuve sérieuse de la volonté de Vincent Lambert n’a été apportée. Les seuls éléments étaient des interprétations de sa prétendue volonté.

Depuis maintenant deux ans, l’épouse de Vincent Lambert a quitté Reims pour refaire sa vie en Belgique. Désormais, après cet aveu, il n’est plus possible d’engager une nouvelle procédure collégiale aux fins d’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation au motif des prétendues volontés de Vincent LAMBERT dont Madame le ministre de tutelle du CHU de REIMS reconnaît elle-même qu’elles font l’objet « d’interrogations et de débats ». On ne peut invoquer la prétendue volonté d’un homme pour provoquer sa mort quand ses volontés sont déclarées incertaines par le supérieur hiérarchique direct du CHU de REIMS.

Dès lors, le transfert de Vincent LAMBERT vers l’établissement spécialisé qui lui a réservé une place et qui l’attend est la seule solution éthique, médicale, juridique et humaine. Nous attendons la réponse du CHU de REIMS à la demande que nous lui avons faite en ce sens au nom des parents de Vincent, qui sont quotidiennement au chevet de leur fils."

Source : Le Salon Beige

 

 

Vincent Lambert : pourquoi est-il prisonnier au CHU de Reims ? Pourra-t-il être délivré ?

Bonjour

Dans les tragédies il est des questions à ne jamais poser. Dans l’affaire Vincent Lambert il ne fallait pas soulever celle de son hospitalisation forcée au CHU de Reims. Nous avions tenté, il y a plusieurs mois, de le faire auprès du Conseil d’Etat. Peine perdue. Il y a quelques jours le sujet était réapparu dans le texte des cinq juges « dissidents » de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Voici en quels termes  (nous soulignons):

« Selon les éléments disponibles, Vincent Lambert se trouve dans un état végétatif chronique, en état de conscience minimale, voire inexistante. Toutefois, il n’est pas en état de mort cérébrale – il y a un dysfonctionnement à un niveau du cerveau mais pas à tous les niveaux. En fait, il peut respirer seul (sans l’aide d’un respirateur artificiel) et peut digérer la nourriture (la voie gastro-intestinale est intacte et fonctionne), mais il a des difficultés pour déglutir, c’est-à-dire pour faire progresser des aliments solides dans l’œsophage. Plus important, rien ne prouve, de manière concluante ou autre, qu’il ressente de la douleur (à distinguer de l’inconfort évident découlant du fait d’être en permanence alité ou dans un fauteuil roulant). Nous sommes particulièrement frappés par une considération développée par les requérants devant la Cour dans leurs observations du 16 octobre 2014 sur la recevabilité et le fond (paragraphes 51-52). Cette considération, qui n’est pas réellement contestée par le Gouvernement, est la suivante :

Vacances en famille

« La Cour doit savoir que [Vincent Lambert], comme toutes les personnes en état de conscience gravement altérée, est néanmoins susceptible d’être levé, habillé, placé dans un fauteuil, sorti de sa chambre. De nombreuses personnes dans un état similaire à celui de Monsieur Lambert, sont habituellement résidentes dans un établissement de soins spécialisé, et peuvent passer le week-end ou quelques vacances en famille (…). Et, précisément, leur alimentation entérale permet cette forme d’autonomie.

Le docteur Kariger avait d’ailleurs donné son accord en septembre 2012 pour que ses parents puissent emmener Monsieur Vincent Lambert en vacances dans le sud de la France. C’était six mois avant sa première décision de lui supprimer son alimentation… et alors que son état de santé n’avait pas changé ! »

Blocage par les autorités

Il ressort des éléments soumis à la Cour que l’alimentation par voie entérale occasionne une atteinte minimale à l’intégrité physique, ne cause aucune douleur au patient et, avec un peu d’entraînement, pareille alimentation peut être administrée par la famille ou les proches de M. Lambert (et les requérants se sont proposés pour le faire), même si la préparation alimentaire doit être élaborée dans une clinique ou dans un hôpital. En ce sens, l’alimentation et l’hydratation par voie entérale (indépendamment, pour le moment, du fait de savoir s’il convient de les désigner sous le terme « traitement » ou « soins », ou simplement « alimentation ») sont entièrement proportionnées à la situation dans laquelle Vincent Lambert se trouve. Dans ce contexte, nous ne comprenons pas, même après avoir entendu les plaidoiries dans cette affaire, pourquoi le transfert de Vincent Lambert dans une clinique spécialisée (la maison de santé Bethel) où l’on pourrait s’occuper de lui (et donc soulager l’hôpital universitaire de Reims de ce devoir) a été bloqué par les autorités»

Lettre recommandée

 Pourquoi maintenir hospitalisé un malade dans un service dont l’équipe souhaite, depuis plus de deux ans, engager un « processus de fin de vie » ? Le sujet redevient  brutalement d’actualité avec les informations données aujourd’hui par Le Monde (François Béguin, et Laetitia Clavreul). Le quotidien  rappelle que l’un des demandes (jamais entendue)  des parents de Vincent Lambert est que leur fils soit transféré dans un autre hôpital. Or voici que l’on apprend qu’une lettre recommandée de 27 pages et datée du 25  mai, a été adressée au CHU de Reims.

Dans ce courrier (que Le Monde a consulté) les avocats de Pierre et Viviane Lambert estiment que l’établissement n’a « aucun droit de retenir un patient » et réclament son accueil dans une unité spécialisée pour les patients en état végétatif chronique et pauci-relationnels, la maison de santé Amreso-Bethel à Oberhausbergen, près de Strasbourg.C’est un endroit où ils sont assurés qu’aucune procédure d’arrêt des traitements ne sera jamais engagée : le médecin qui la dirige, le Dr Bernard Jeanblanc est « en désaccord total » avec les choix plus que controversé du Dr  Eric Kariger, ancien chef de service au CHU de Reims qui avait engagé  « la procédure de fin de vie » de Vincent Lambert sans en informer ses parents.

Protecteurs naturels

« J’ai un lit disponible, je le bloquerai jusqu’à ce qu’une décision soit prise. Je reste confiant dans un sursaut d’humanité », indique le Dr Jeanblanc, qui reproche à l’hôpital de Reims de ne pas offrir à Vincent Lambert les soins – kinésithérapie, installation dans un fauteuil, etc. – qui lui sont indispensables. Pour faire valoir leur demande en droit, les parents soulèvent une question de fond. Qui a la capacité de représenter Vincent Lambert, puisqu’il ne peut donner son avis ?

« Nous allons invoquer une vieille jurisprudence de la Cour de cassation de 1955 et faire valoir que Pierre et Viviane Lambert, ainsi que son demi-frère David, sont désormais les trois protecteurs naturels de Vincent dans la mesure où son épouse Rachel est partie refaire sa vie en Belgique depuis deux ans et ne s’occupe plus de lui », a expliqué au Monde Me Jean Paillot, l’avocat des parents.

Jugement de Salomon

Le Monde rappelle que Viviane et Pierre Lambert avaient déjà demandé le transfert de leur fils, sans succès, auprès du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne et de la CEDH, et même, selon leurs avocats, à deux reprises en juillet et août  2014, directement auprès de l’hôpital. Le Dr Eric Kariger avait alors estimé que c’était à son épouse, qui pendant des années avait suivi son mari au quotidien, d’en décider. A quel titre était-ce au Dr Kariger de décider ?

« C’est en réalité le jugement de Salomon dont il est ici question, estime Me  Paillot. Rendez le corps de cet enfant à celui qui en prend soin ! » Et maintenant ? L’hôpital a deux mois pour donner sa réponse. Dans le cas d’un refus ou d’une absence de réponse à partir du 1er  août, les avocats des parents préviennent d’ores et déjà qu’ils engageront une procédure devant le tribunal administratif.

Justice et morale

Me Bruno Lorit, l’avocat du neveu François Lambert, estime que le CHU de Reims ne peut faire autrement que refuser. L’inverse serait selon lui « moralement choquant » parce que l’hôpital renoncerait alors à mettre en œuvre une décision qu’il a lui-même prise et pour laquelle la justice lui a donné raison. Depuis quand la morale a-t-elle à voir avec la justice ?

L’avocat estime que comme Vincent Lambert n’a pas été mis sous tutelle, personne ne peut demander le transfert à sa place. La  direction du CHU de Reims reste, pour l’heure, silencieuse sur ses intentions. On peut imaginer que des instructions seront demandées  à la ministre de la Santé et à celle de la Justice. Dans les tragédies il est des questions qu’il faut, parfois, savoir poser.

A demain

Source : jeanyvesnau.com

 

 

Vers l’euthanasie ?

Pourquoi Vincent ne peut être euthanasié !

par le Dr Bernard Jeanblanc, médecin chef d’une Unité pour polyhandicapés et d’une Unité pour des patients en état pauci-relationnel (Strasbourg), 08/04/2015

J’écris ces quelques lignes devant la dernière photo de Vincent en ma présence en décembre dernier et la première question qui me vient à l’esprit est la suivante :

Qui aura l’audace, je ne parle pas de courage, de mettre en application la décision du cynique Dr Kariger, laissant à d’autres le soin d’exécuter sa sentence ?

Comment va s’y prendre ce médecin pour annoncer à Vincent que l’on va arrêter son alimentation et son hydratation ? Ne perdons pas de vue que l’on parle à Vincent, qu’on l’informe de tous les gestes que nécessitent ses soins quotidiens, que les soignants restent toujours très attentifs à ces réactions, qu’ils savent reconnaitre ses moments de satisfaction ou de désagrément. Chacun continue à se comporter avec lui comme s’il comprenait tout (soignants ou proches).

Ce médecin sera-t-il animé au dernier moment d’un doute sur la soi-disant volonté de Vincent d’en finir avec la vie, ou figé dans sa certitude comme le fut l’équipe du Dr Oportus ?

Sera-t-il sensible au regard de Vincent dont l’expression ne peut que nous interroger ? Je garde en mémoire ce regard qu’il m’a lancé lors de ma dernière visite lorsque je me suis présenté à lui, regard étonné et interrogatif.

Trouvera-t-il les mots pour éviter la violence de l’annonce de sa mort programmée ? Non car il n’y en a pas ! mais je peux déjà entendre ce qu’il lui dira : « Ne vous inquiétez surtout pas, nous allons vous endormir profondément, vous ne souffrirez pas, vous ne vous rendrez compte de rien. » Sans perdre de temps (un peu d’humanité je vous prie !) une perfusion intraveineuse est mise en place et l’endormissement est entrepris par une première injection d’Hypnovel, suivi de l’entretien de ce sommeil profond à l’aide d’une perfusion continue à débit variable de ce produit. Pour rester très professionnel on associera des morphiniques.

Il n’est pas vain de rappeler que la première tentative d’arrêt de l’alimentation de Vincent ne s’était accompagné d’aucune sédation et que les 31 jours de privation de nourriture ont été loin du « long fleuve tranquille », comme en témoignent les observations consignées dans le dossier de soins. Mais le Dr Kariger reconnait les erreurs de son équipe et jure que cela ne se renouvèlera pas !

Cette sédation terminale prolongée ne saurait être euthanasique, le décès ne devant être que la conséquence de l’arrêt du traitement (alimentation et hydratation), à savoir la déshydratation . Ainsi on s’acheminerait vers une lente agonie. Ne perdons pas de vue que Vincent est en bonne santé, qu’il n’est (faut-il encore le répéter) pas atteint d’une maladie incurable et qu’il a déjà pu lutter contre la mort pendant 31 jours avec un demi litre d’eau par jour !
Cette agonie pourrait se prolonger au moins pendant deux semaines (Hervé Pierra est décédé dans des conditions atroces au 12ème jour de l’arrêt de son hydratation).

Peut-on imaginer un seul instant ce que pourrait vivre bien sûr les proches mais aussi les soignants devant poursuivre les soins de base requis faisant chaque jour une toilette s’apparentant à une toilette mortuaire ?

Gardons à l’esprit que proches et soignants ne seraient pas dans un processus d’accompagnement d’une personne en fin de vie imminente, atteint d’une maladie incurable avec une souffrance réfractaire ; mais des témoins impuissants d’un processus de « faire mourir » une personne pour laquelle on a cru comprendre qu’elle exprimait un désir de mourir, et qu’elle n’aurait pas souhaité être maintenu dans cet état (comme tout un chacun à qui on poserait cette question).

Alors un peu d’humanité, comme le suggère Didier Sicard, « poussons la seringue » pour abréger cette agonie insupportable. Mais bien sûr ne parlons pas d’euthanasie !

Source : jesoutiensvincent.com

 

 

Pourquoi les parents de Vincent Lambert ont autorisé la diffusion de la vidéo

par , Jean Paillot

FIGAROVOX/TRIBUNE - Après une journée de polémique autour de la vidéo de Vincent Lambert, les avocats des parents expliquent pourquoi ces derniers ont autorisé sa diffusion.

Jean Paillot est avocat au barreau de Strasbourg

Jérôme Triomphe est avocat au barreau de Paris

 Hier, la plupart des grands média français ont diffusé une vidéo présentant Monsieur Vincent Lambert, son père, son frère et un ami d'enfance autour de son lit le 5 juin 2015 et diffusée sur le site internet de son comité de soutien. 

Certains, à l'évidence dérangés dans leur certitude que la mort de Monsieur Vincent Lambert serait raisonnable, ont estimé que la diffusion de cette vidéo était inappropriée, ou ont tenté de la faire passer pour une manipulation de sa famille.

Or les images tournées n'ont pas été trafiquées. Elles montrent Vincent Lambert bien vivant et présent, tel qu'il est et tel que nous l'avons rencontré, et non comme un «légume» branché à des machines qui le maintiendraient artificiellement en vie comme peut-être 99 % des Français le pensaient jusqu'à hier.

Bien évidemment, Vincent Lambert n'était pas en mesure de donner son consentement à la diffusion de cette vidéo. Pas plus qu'il n'a pu donner son consentement à ce qu'on le fasse mourir de faim et de soif.

Contrairement à ce que beaucoup pensent, l'épouse de Vincent n'est pas quotidiennement à son chevet puisqu'elle a quitté Reims, il y a maintenant deux ans, pour refaire sa vie en Belgique, ce que la famille de Vincent comprend d'ailleurs très bien. Les parents et le frère de Vincent, qui sont tous les jours à son chevet depuis 2 ans, sont aujourd'hui les seuls protecteurs naturels de leur fils et frère au sens de la jurisprudence.

C'est pourquoi ils ont jugé devoir donner leur consentement en lieu et place de Vincent car cette vidéo:

• a été tournée dans un cadre familial;

• a été tournée avec bienveillance pour Vincent, cette vidéo rétablissant au contraire son image;

• n'a jamais montré Monsieur Vincent Lambert dans une situation dégradante pour lui.

Le CSA a jugé, sans même entendre les personnes concernées, que les yeux de Monsieur Vincent Lambert devaient être floutés dans les médias audiovisuels au motif de l'absence de son consentement personnel et au nom de sa dignité humaine, ce qui laisse songeur.

Faut-il donc laisser la tromperie en pleine lumière et pour ce faire flouter la vérité de ce qu'est en réalité Vincent? N'est-ce pas au contraire le fait de provoquer la mort de Vincent par la faim et la soif qui constitue une atteinte à sa dignité?

Quant à ceux qui hurlent à l'obscénité et à l'indécence, on ne les a pas entendus quand le Dr Kariger violait l'intimité de la vie de Vincent et son secret médical sur tous les plateaux de télévision, de radio, dans la presse écrite, dans son livre ou en faisant venir les caméras de Zone interdite de la chaîne M6 dans la chambre de Vincent.

L'indignation sélective de certains permet de faire tomber les masques: violer l'intimité de Vincent et le présenter comme un «légume» pour justifier sa mise à mort, ce serait bien; rétablir son image et la vérité sur son état réel d'être humain vivant et présent pour lui sauver la vie, ce serait mal.

L'indignation sélective de certains permet de faire tomber les masques: violer l'intimité de Vincent et le présenter comme un «légume» pour justifier sa mise à mort, ce serait bien; rétablir son image et la vérité sur son état réel d'être humain vivant et présent pour lui sauver la vie, ce serait mal.

En réalité, ce n'est pas la dignité de Vincent que ces gens défendent car défendre sa dignité, c'est prendre soin de lui et non vouloir provoquer sa mort.

Ce qui gêne finalement ceux qui veulent la mort de Vincent, c'est que l'opinion publique réalise désormais qu'elle a été trompée. Depuis la diffusion de cette vidéo qui a été vue par des millions de Français, de tous côtés nous parviennent des témoignages nous disant: «Nous ne savions pas qu'il était comme cela, nous avons changé d'avis,on ne peut pas le faire mourir!»

Cette vidéo répond ainsi à un devoir d'information, les médias s'étant emparés de cette affaire douloureuse et ayant mis la chambre de Vincent sur la place publique. Et elle répond surtout à un devoir de protection et d'assistance à personne en danger.

Les déclarations tonitruantes de deux médecins, le Dr Kariger défendant sa décision, le Dr Devallois ayant participé à cette décision mais ayant refusé par écrit de voir Vincent, n'y changeront rien. Des centaines de médecins et de soignants les contredisent et soutiennent la vie de Vincent.

Cette vidéo permet par ailleurs de constater que Vincent Lambert déglutit normalement. En attendant que son transfert dans l'unité de vie qui l'attend soit effectif, une évaluation de la capacité de Vincent Lambert à être nourri par la bouche doit être réalisée. Cette évaluation devra tenir compte de sa capacité actuelle à déglutir mais également des possibilités d'amélioration de cette capacité, grâce à une véritable rééducation comme celle pratiquée pour les patients dans sa situation. Si Monsieur Vincent Lambert peut à nouveau être alimenté par la bouche, sa mise à mort par arrêt de son alimentation dite artificielle deviendra en pratique injustifiable.

Pourquoi refuse-t-on cette rééducation que nous réclamons avec la famille depuis des mois? Parce que Vincent Lambert doit mourir? Dans ce cas, ce n'est pas un prétendu acharnement thérapeutique qui est en cause mais bien une volonté euthanasique, euthanasie dont le Gouvernement français lui-même a reconnu devant la CEDH qu'elle était illégale en France.

Enfin, nous interpellons aujourd'hui les personnes de bon sens et de bonne volonté qui nous interrogent toutes en ce sens: sachant que Vincent n'a jamais consenti à ce que l'on fasse mourir de faim et de soif, sachant qu'il n'existera jamais aucune garantie de ce qu'aurait pu être sa prétendue volonté, sachant que ses parents veulent s'en occuper avec l'équipe de soignants du Dr Bernard Jeanblanc à Strasbourg qui l'attend, pourquoi est-il enfermé à clé dans une chambre, sans jamais être mis en fauteuil adapté, sans jamais être promené à l'air libre, sans recevoir les soins élémentaires de kinésithérapie depuis plus de 1.000 jours, dans un CHU dont des médecins, par deux fois, ont pris la décision de le faire mourir?

Aucun hôpital n'est propriétaire d'un patient. La confiance est la condition nécessaire de la relation entre un patient et ses proches et les praticiens. Le transfert de Vincent est donc la seule solution en droit, mais également sur un plan éthique et humain.

C'est la seule solution d'apaisement.

L'unité brisée de la famille ne se refera pas autour de la mort de Vincent mais bien autour lui, avec ceux qui souhaitent s'en occuper, ailleurs.

Toutes ces demandes, nous les avons faites officiellement au CHU de REIMS. Nous attendons sa réponse, ainsi qu'une part désormais de plus en plus importante de l'opinion publique.

Jérôme Triomphe

Jean Paillot

Source : lefigaro.fr

 

 

Un homme se réveille après 12 ans de coma - il dit qu'il était conscient de « tout »

par Pour une Culture de Vie, 30/01/2015

Par Nancy Flanders de LiveActionNews, traduit par Campagne Québec-Vie

À l’âge de 12 ans, Martin Pistorius tomba grièvement malade. Après deux ans à passer la majeure partie de son temps à dormir, il devint si malade qu'il perdit toute habileté à bouger. Puis il perdit sa capacité à établir un contact visuel, et enfin sa capacité à parler. Il sombra dans le coma. Le diagnostique tombe, Martin est atteint d’une méningite cryptococcique. Aujourd’hui, sa famille nous raconte leur histoire.

Rodney et Joan, parents de Martin, racontent à la Radio Publique Nationale (NRP) que le corps médical a renvoyé Martin à la maison avec la consigne de le garder simplement confortable. Pour autant que l'on savait, Martin n'était tout simplement plus là, et ses parents se sont fait dire qu'il n'avait plus d'intelligence. Les médecins ont dit qu'il ne vivrait pas longtemps.

Mais Martin ne meurt pas. Le temps passe, la routine s’installe. Chaque matin, Rodney se lève à 5 h, habille Martin et l’emmène à un centre de soins spécialisés. Huit heures plus tard, il le récupère. Ils reviennent à la maison, Rodney le baigne, le nourrit et le met au lit. La nuit, le réveil sonne toutes les deux heures afin que ses parents aillent le retourner pour éviter les escarres.

Ainsi s’écoulent 12 ans de leur vie sans que personne ne pense que Martin puisse comprendre la situation qu’ils vivent.

Joan se souvient très bien lui avoir un jour murmuré « j’espère que tu vas mourir ». Elle sait que c'est une chose épouvantable à dire, mais elle était épuisée émotionnellement et physiquement, Aussi, pas un instant elle aurait imaginé que son fils puisse l’entendre et la comprendre. Sauf que Martin était conscient de tout ce qui se passait pratiquement tout le temps.

Martin dit qu'environ deux ans après le début de son état végétatif, il commença à se réveiller. Et il dit qu'il était complètement conscient, mais incapable de bouger. Dans son livre Ghost Boy: My Escape From A Life Locked Inside My Own Body, Martin raconte sa vie tout au long de ces années.

« Ils étaient tous tellement habitués à mon absence qu’ils n’ont pas remarqué quand j’ai recommencé à être présent », raconte Martin. « La dure réalité m’a frappé. J’allais passer le reste de ma vie comme cela - totalement seul.»

Martin se sentait condamné. Condamné à une vie sans tendresse, sans amour et sans échappatoire. Martin décida d'arrêter de penser. Il endura la routine quotidienne: écoutant sa mère espérer sa mort, subissant les négligences et les abus du personnel infirmier, passant des heures devant la télévision au centre de soins spécialisés…

« Je ne peux même pas vous décrire à quel point je détestais Barney », (ce dessin animé dans lequel ce petit dinosaure chante des chansonnettes aux enfants.) dit-il.

Plus le temps passait, plus Martin voulait revivre. Il se permit de nouveau de réfléchir et à mesure que son esprit et son cœur guérissaient, son corps prit du mieux aussi. Martin raconta à la NPR qu'il s'était mis à vivre dans son imagination et après quelque temps, il commença à exercer un certain contrôle sur son corps. Au début, ce fut la capacité de serrer la main de quelqu'un. Il fut capable de mieux s'asseoir. À ce moment-là, les médecins disaient à ses parents que son intelligence était du niveau d'un enfant de trois mois. Heureusement, une infirmière réussit à convaincre ses parents d'obtenir une deuxième opinion. On lui a fait passer un test dans lequel il devait identifier différents objets et il l'a réussi. Sa mère quitta son emploi et commença à travailler avec son fils au quotidien. Martin recommença à communiquer grâce à un ordinateur. À partir de ce moment-là, sa vie s’améliora chaque jour un peu plus. Après un premier emploi, il démarra une entreprise et alla à l’université. Aujourd’hui Martin est marié et heureux.

L’histoire de Martin est incroyable et nous invite à nous poser la question suivante: combien de personnes vivent actuellement la situation que Martin a vécue pendant 12 ans ? Terri Schiavo réagissait plus à l'entourage que Martin pendant plusieurs années. Et pourtant on l'a fait mourir de faim. Était-elle consciente pendant tout ce temps de ce qu'on lui faisait ? En ce moment même, il y a des gens qui vivent dans un état « végétatif », semblable à celui dans lequel Martin a vécu. Beaucoup d’entre eux sont traités comme s'ils n'existaient plus, comme si leur vie ne valait plus rien. Mais avec l’histoire de Martin comme preuve que la vie est toujours importante, pouvons-nous vraiment continuer à faire de telles suppositions ? Pouvons-nous continuer.à croire qu'affamer une personne jusqu'à la mort est la bonne chose à faire alors que nous pourrions travailler plus fort pour la stimuler et lui fournir des thérapies qui pourraient l'aider à récupérer ses capacités ?    

Chaque vie est importante. Celle de Martin le fut aussi et miraculeusement, il a été capable de le prouver.

Source : cqv.qc.ca

 

 

Le 5 juin avec Vincent, témoignage d’un ami 

 

 

Visite de Vincent Lambert, le 5 juin 2015, après la décision de la CEDH.

Le témoignage de son ami d'enfance qui lui a rendu visite le 5 juin dernier accompagné du père et du frère de Vincent est très parlant et souligne le décalage qui existe entre la réalité et ceux qui le condamnent à mort à des centaines de kilomètres de sa chambre d'hôpital.

 

Source :  jesoutiensvincent.com

 

 

A propos de Vincent Lambert

par Monseigneur Bernard Ginoux, Évêque de Montauban, 09/06/2015

Après le vote de la Cour européenne des Droits de l’homme,
Vincent Lambert peut être tué légalement

 Le vendredi 5 juin la Cour européenne des Droits de l’Homme a statué sur le cas de Vincent Lambert dont l’état « pauci-relationnel » durable (depuis 2008) a donné lieu à des batailles de procédures multiples. Aujourd’hui cette instance suprême reconnait donc comme légal l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation de Vincent Lambert. Bien entendu, c’est une décision lourde de conséquences pour Vincent Lambert mais aussi pour les centaines de personnes qui vivent ainsi en France.

A trente-huit ans, Vincent Lambert, à la suite d’un accident, est tétraplégique. Son état est qualifié de « pauci-relationnel » : il a, en effet, peu de réactions ou de réponses aux sollicitations de son entourage mais il ouvre et ferme les yeux, regarde, il peut sourire ou verser des larmes. Il vit sans assistance particulière autre que l’hydratation et la nutrition évidemment par perfusion. Cette situation caractérise la vie d’environ 1700 personnes qui, en France, vivent avec des lésions cérébrales qui entrainent cet état. Pourquoi Vincent Lambert est-il l’objet de tant de procédures ? Pour deux raisons essentielles :
-D’abord parce qu’il y a désaccord entre son épouse et ses parents. L’épouse demande à la loi de donner le feu vert pour reconnaître la légitimité de la mort donnée à Vincent et affirme qu’il l’aurait, lui, souhaité. Elle est soutenue par un neveu qui s’exprime souvent en public. De l’autre côté, la mère et le père de Vincent, soutenus par au moins l’un ou l’autre de leurs enfants, qui demandent que des soins (en particulier de « nursing » comme les séances de kiné) dits de « confort » aident à donner à leur fils l’accompagnement le plus adapté.
- Il y a un an, le médecin responsable de ce service, le Docteur Kariger, de l’équipe des soins palliatifs, a estimé qu’il n’y avait plus de raison de maintenir en vie Vincent Lambert. Il affirme alors que c’est insensé de continuer et que Vincent Lambert n’aurait pas voulu être traité ainsi. Il allègue la Loi Léonetti (22 avril 2005) et les « soins déraisonnables donnés à un patient ». Il quittera ensuite ses fonctions.
Le 24 juin 2014, le Conseil d’Etat lui donne raison mais la procédure repart. Les parents se tournent vers la CDEH (Cour européenne des Droits de l’Homme) qui vient de rendre son avis ce 5 juin. Cette décision est de l’ordre juridique et non éthique : les douze juges qui l’ont votée reconnaissent qu’il n’y a pas d’obstacle légal ou de risques de poursuite si, après consultation de son équipe, un médecin déclenche un processus de mort par « arrêt de traitements » ou « sédation profonde et continue ». Ils se placent dans l’ordre légal.

La mort provoquée de Vincent Lambert

Même si, légalement, une Cour de justice admet une procédure il reste que le légal ne peut pas être confondu avec le moral. La question demeure donc : au nom de quoi peut-on prononcer la mort de Vincent Lambert et de tous ceux qui, comme lui, sont vivants ? Est-ce un acte éthiquement juste ?
Sur quel critère objectif se fonde-t-on pour accepter sa mort ? Vincent Lambert n’a aucun traitement, ne vit pas artificiellement (il respire naturellement), il n’a pas besoin de traitements lourds, il a seulement besoin de nutrition et d’hydratation qu’il reçoit par un moyen « artificiel », ce qui arrive pour tout un chacun autant qu’une intervention le nécessite. Dans ces cas-là c’est limité dans le temps. Pour Vincent c’est de longue durée.
La loi Léonetti autorise l’arrêt de traitements disproportionnés ou déraisonnables. Mais il s’agit là d’arrêter l’alimentation et la nutrition. Est-ce déraisonnable de nourrir et de faire boire un être vivant ? Le litige vient de ce que la loi revue en 2015 met bien sous la rubrique « traitements » la nutrition et l’hydratation. Il y a là une ambiguïté voulue qu’il faut moralement récuser en précisant la problématique.

Des enjeux de société

Nous sommes invités à la vigilance car ce cas est un enjeu dans l’approche du handicap, de la vie faible et désarmée. Sous prétexte de qualité de vie, de bien-être, un consensus s’établit pour refuser des vies différentes. Par ailleurs, qui peut décider de l’arrêt d’une vie ? Même la formulation de « directives anticipées » ne résoudra pas la difficulté car ces directives devront concerner la fin de vie. Or, Vincent Lambert et des centaines comme lui, à côté de nous, ne sont pas en fin de vie. Il n’est donc pas moralement juste de lui donner la mort sinon toute vie « embarrassante » sera condamnable. Notre société est très engagée sur cette pente et elle y va au nom des « Droits de l’Homme ». Croyants ou non nous avons à redire que la mort provoquée est une atteinte aux plus faibles qui n’ont besoin que de nos soins fraternels « ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’aurez fait » nous dit Jésus (Matthieu 25,40).

Mgr Bernard Ginoux,

évêque de Montauban

Source : Diocèse de Montauban

 

 

 

Vincent Lambert est "maltraité", selon sa mère

Alors que la Cour européenne des droits de l'Homme se prononce vendredi sur le cas de Vincent Lambert, la mère du jeune homme refuse l'arrêt des soins de son fils et souhaite son transfert "dans un établissement adapté".

"Vincent n'est pas un légume". Pour parler de son fils, Viviane Lambert a la voix assurée. La mère de ce trentenaire, tétraplégique depuis son accident de voiture en 2008, refuse l'arrêt des soins de son fils, réclamé notamment par son épouse Rachel. Sur BFMTV, elle évoque "les bons moments" avec son fils. "Bien sûr il ne parle pas, mais il répond à sa façon, par le regard. Il faut saisir ces moments. Il est hors de question qu'on accepte cette décision".

La décision évoquée par Viviane Lambert est celle du Conseil d'Etat, qui s'est prononcé en février 2014 pour l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation du jeune homme. Si elle correspond au souhait de l'épouse et d'une partie de la famille, les parents de Vincent Lambert ont décidé de la contester devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), estimant qu'elle violerait son droit à la vie et constituerait une torture. La CEDH doit rendre sa décision vendredi.

"Nous continuerons à protéger Vincent", promet sa mère. "Nous continuerons à nous battre pour le faire transférer dans un établissement adapté à ses soins." Car pour Viviane Lambert, son fils est "maltraité" là où il est. "Il n'a pas de kiné, pas de fauteuil adapté. On ne peut pas le sortir et il est enfermé à clé dans sa chambre. On doit donner nos pièces d'identité avant et après. Il a besoin de soins et nous nous battrons pour qu'il soit transféré". C'est dans un établissement proche de Strasbourg, qui accueille des personnes à la conscience altérée, que sa mère souhaite l'envoyer.

Par A. K.

Source : bfmtv.com

 

 

Vincent Lambert : l'archevêque de Lyon n'approuve pas la décision de la CEDH

par Philippe Robuchon, 07/06/2015

Viviane Lambert, la mère du jeune tétraplégique, vient de recevoir ce dimanche le soutien de Monseigneur Philippe Barbarin, l'archevêque de Lyon, dans l'affaire Vincent Lambert.

La Cour européenne des droits de l'Homme a en effet validé, vendredi dernier, la décision du Conseil d’État, qui avait tranché l’an dernier en faveur de l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation du jeune tétraplégique plongé dans un état végétatif.

L'archevêque de Lyon s’est dit "choqué" par cette décision.

 A écouter ci-dessous :

{play}images/audio/Mgr_Barbarin_Vincent_Lambert_CEDH.mp3{/play}

 

Source : rtl.fr

 

 

Vincent Lambert : 5 juges se sont opposés à la décision d'arrêt des soins

par Gènéthique, 05/06/2015, extraits

La Cour européenne des droits de l’homme a validé aujourd’hui l’arrêt des soins à Vincent Lambert (cf. Arrêt du 5 juin 2015). Par « 12 voix contre 5 », la Grande chambre a estimé « qu’il n’y aurait pas de violation de l’article 2 [de la Convention européenne des droits de l’homme sur le droit à la vie] en cas de mise en œuvre de la décision du Conseil d’Etat autorisant l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert ».

Concernant la compatibilité au regard de l’article 3 (traitements inhumains et dégradants) de cette Convention, la Cour a conclu à une irrecevabilité.

Les cinq juges qui se sont prononcés contre la décision... ont déclarés que « ce qui est proposé revient ni plus ni moins à dire qu’une personne lourdement handicapée, qui est dans l’incapacité de communiquer ses souhaits quant à son état actuel, peut, sur la base de plusieurs affirmations contestables, être privée de deux composants essentiels au maintien de la vie, à savoir la nourriture et l’eau, et que de plus la Convention est inopérante face à cette réalité. Nous estimons non seulement que cette conclusion est effrayante mais de plus – et nous regrettons d’avoir à le dire – qu’elle équivaut à un pas en arrière dans le degré de protection que la Convention et la Cour ont jusqu’ici offerte aux personnes vulnérables ».

Pour autant, la décision de la Cour ne met pas un terme à cette « affaire ». En effet, le docteur Kariger, qui avait pris la décision d’arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert, a  quitté le CHU de Reims, ce qui oblige la nouvelle équipe à réexaminer la situation. De plus, les avocats des parents de Vincent Lambert ont déjà adressé un courrier au CHU de Reims, pour demander qu’il soit transféré dans un autre établissement pour y être soigné, alors que « Vincent a recommencé à déglutir ». ...

Source : genethique.org

 

 

 

L'affaire Lambert ne fait que commencer

par Gènéthique, 04/06/2015

La décision de le CEDH qui doit intervenir demain, vendredi 5 juin à 11h, est très attendue en France, mais plus largement par l'ensemble des pays membres de la CEDH auxquels s'appliquera la jurisprudence de la Grande chambre.

Pour Grégor Puppinck, directeur du Centre européen pour le droit et la justice, il s'agira d'une "décision de pure conformité juridique", car si les juges de Strasbourg donnaient raison à la France, cela "n'aura pas pour effet d'obliger le CHU de Reims, les médecins ou les autorités françaises, à faire mourir de faim et de soif Vincent Lambert". Seul le médecin ayant pris la décision d'interrompre l'hydratation et l'alimentation de Vincent Lambert peut la mettre en œuvre. Or, dans la mesure où le Dr Kariger n'est plus médecin de Vincent Lambert, c'est à son nouveau médecin, le Dr Jean-Luc Novella "s'il veut le faire - mais il n'y est pas obligé -, à reprendre toute la procédure collégiale à zéro". Pour Me Jérôme Triomphe, avocat des parents de Vincent Lambert, "si la CEDH nous donne tort, l'affaire ne fait que commencer en réalité".

Le dilemme lié au sort de Vincent Lambert est "exceptionnel" car ce-dernier est dans un état stable[1]. Or la réflexion sur la fin de vie d'un patient émerge généralement suite à la complication soudaine qui engage le pronostic vital.

Le Comité de soutien à Vincent Lambert annonce avoir recueilli plus de 34 000 signatures en faveur de son transfert dans un établissement spécialisé, comme le demandent ses parents.

"Le 5 juin, prédit le juriste Denis Berthiau, le débat sociétal sur la fin de vie va se rallumer en France et il sera tout aussi fort, voire plus fort, qu’avant la décision de la CEDH. "

[1] « Depuis quelques mois, Vincent Lambert recommence à déglutir, ce qu’il ne faisait plus depuis cinq ans. Je vois mal comment les médecins pourraient faire l’impasse sur cette nouvelle situation médicale », a déclaré Me Jean Paillot au Monde (le 4 juin 2015).

Source : genethique.org : Famille Chrétienne 04/06/2015 - Le Monde 04/06/2015 - La Vie 04/06/2015

 

 

 

Viviane Lambert implore un « face à face » avec le président de la République

par Gènéthique, 27/05/2015

La mère de Vincent Lambert, ce tétraplégique de 38 ans en état de « conscience minimale plus » dont le sort dépend d’un jugement de la CEDH qui sera rendu le 5 juin, a pour la deuxième fois envoyé un courrier au président de la République.

Elle veut « convaincre le président de la rencontrer et d’intervenir personnellement pour que son fils (…) soit transféré dans un autre service que celui de soins palliatifs où il est actuellement pris en charge à l’hôpital de Reims ».

« Vincent est aujourd’hui abandonné », écrit-elle au président, « pas de kinésithérapeute, pas d’orthophoniste, pas d’ergothérapeute… Il y a près de trois ans que Vincent est privé de tous ces soins. Il n’a même plus le droit de sortir de son lit pour être mis au fauteuil». « Cette situation de maltraitance, liée à la procédure judiciaire, n’a que trop durée », énonce-t-elle en soulignant la nécessité de « trouver des solutions à court terme ».

Elle déclare que « des unités d’accueil spécialisées (…) proposent à Vincent une place pour lui donner ces soins et attentions qui lui sont refusés à Reims », dont la maison de santé Bethel à Oberhausbergen, près de Strasbourg, dirigée par le professeur Bernard Jeanblanc. Celui-ci est un spécialiste des patients cérébro-lésés qui a toujours été au coté des parents pour le maintien en vie de Vincent Lambert (cf. Gènéthique Vous Informe du 5 mai 2015).

Le 5 juin, la CEDH se prononcera sur la validité ou la non-validité du jugement rendu par le Conseil d’Etat français il y a de cela presqu’un an qui ordonnait l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation artificielles dont dépendent la vie de Vincent Lambert (cf. Synthèse Gènéthique du 22 mai 2015).

« Mon fils est handicapé, pas en fin de vie ! » clame Viviane Lambert qui ajoute que « quelle que soit la décision de la CEDH, il n’est pas question de le laisser tuer en arrêtant son alimentation et son hydratation ».

Elle avait déjà envoyé, fin avril,  un courrier au Président. Ce dernier lui avait proposé de prendre contact avec le conseiller des questions médicales de l’Elysée, le professeur Olivier Lyon-Caen : « Sa lettre était très gentille, mais je veux le voir face à face », insiste-t-elle.

Voir aussi le livre de Viviane Lambert : "Pour la vie de mon fils"

Sources : genethique.org, Aujourd'hui (Christine Mateus) 27/05/2015
 

 

 

Cour européenne des droits de l’homme

Communiqué de presse du Greffier de la Cour

CEDH 168 (2015)
21.05.2015

Annonce d’un arrêt de Grande Chambre dans l’affaire Vincent Lambert

La Cour européenne des droits de l’homme rendra son arrêt de Grande Chambre dans l’affaire
Lambert et autres c. France (requête n° 46043/14) en audience publique le vendredi 5 juin 2015 à
11 heures au Palais des droits de l’homme à Strasbourg.

Source : echr.coe.int

 

 

Comme Vincent Lambert, Aruna Shanbaug a été décrétée en “état végétatif”

Aruna Shanbaug, l’infirmière indienne qui a été au centre d’une demande d’euthanasie lancée par une « amie » partisane du « droit de mourir dans la dignité », est morte de sa mort naturelle à 67 ans ce lundi après 42 ans dans un état dit « végétatif », aimée et soignée jusqu’au bout.
Son cas avait défrayé la chronique en 2011 alors que l’écrivain et militante indienne de l’euthanasie, Pinki Virani, avait saisi la justice pour qu’Aruna cesse de recevoir hydratation et nourriture et qu’on la « laisse mourir » pour la libérer de ses souffrances au bout de 37 ans de « coma », comme le disent les grands médias anglophones.
« Laisser mourir » est en l’occurrence un euphémisme qui cache une réalité violente : on la demande pour des patients qui ne sont pas malades et qui, avec des soins de base, n’ont aucune raison de mourir. C’est la privation de nourriture et de l’hydratation qui provoque la mort : une mort de faim et de soif.
Dans cette affaire qui rappelle celle de Terri Schiavo aux Etats-Unis et celle de Vincent Lambert en France – toujours pendante devant la Cour européenne des droits de l’homme – on a affaire à une personne qui malgré son handicap profond n’est pas abandonnée de ses proches, ou du moins une partie d’entre eux. Dans le cas d’Aruna Shanbaug, la Cour suprême de l’Inde avait pris en 2011 une décision de principe autorisant « l’euthanasie passive » pour les patients se trouvant dans sa situation mais sans l’appliquer à l’intéressée, au motif que Pinki Virani n’avait pas qualité pour demander qu’elle meure.

Les « proches » d’Aruna auront été ceux qui l’ont défendue et soignée sans relâche, et qui aujourd’hui pleurent sa mort comme celle d’un être cher, et non comme l’arrêt d’une mécanique corporelle qui ne serait qu’une coquille vide depuis l’entrée de la jeune femme dans son « coma » il y a 42 ans – comme l’a déclaré pourtant Pinki Virani à la presse indienne.

Aruna n’avait que 25 ans lorsqu’elle a subi l’agression qui l’a laissée tétraplégique et dans un « état végétatif permanent, comme le dit la presse, ou dans un état de conscience minimale, comme le constatent ceux qui la soignaient. ...
Son fiancé – un médecin du même hôpital – devait l’attendre quatre ans. Mais son état n’évolua pas. Il quitta le pays, s’établit et se maria à l’étranger.

Aruna Shanbaug a été soignée le mieux possible jusqu'à sa mort naturelle

Depuis lors, Aruna Shanbaug est restée au KEM Hospital dans une petite chambre individuelle où le personnel soignant lui prodigua toute l’attention, l’affection et la sollicitude possible. La famille lui rendait souvent visite, mais peu à peu sa présence se fit moins soutenue et la dernière sœur de la patiente mourut en 2013.
Qu’importe : les infirmières, les aides soignantes se succédaient quotidiennement au chevet d’Aruna ; ce sont elles qui se sont mobilisées pour empêcher sa mise à mort en se portant devant la Cour suprême pour contrer l’initiative de Pinki Virani.
Un premier épisode de pneumonie fut jugulé en 2013, mais la semaine dernière, Aruna Shanbaug a contracté une nouvelle infection pulmonaire. Loin d’abandonner la patiente, le personnel médical de KEM Hospital lui a administré des antibiotiques et l’a mise sous ventilation artificielle. Mais Aruna est partie lundi matin, sa vie était vraiment arrivée à son terme.
A-t-elle vécu pendant ces 42 années où elle était clouée dans son lit, incapable de parler, une affreuse « torture » comme le soutiennent les partisans de l’euthanasie ? Pour les infirmières de KEM Hospital, certainement pas. Elles sont nombreuses, encore en activité ou parties à la retraites, qui ont défilé dans la minuscule chambre d’hôpital où elle était restée depuis le début, pour rendre leurs derniers hommages à Aruna, pleurant celle qui avait été pour elles autant une amie qu’une source d’inspiration....

De nombreuses infirmières ont assisté à la crémation d’Aruna, pleurant son départ lors d’une cérémonie empreinte d’émotion. Ce n’est pas une morte-vivante qu’elles ont accompagnée pour son dernier voyage…

...Elle a obtenu le respect de sa vie, jusqu’au bout, dans une bienveillance réelle de la part de soignants qui ont compris qu’elle n’a jamais cessé de leur rendre bien pour bien en les amenant à donner le meilleur d’eux-mêmes.
 
Source : Extraits du Blog de Jeanne Smits
 

 

La mère de Vincent Lambert dénonce le comportement ignoble de Jean Leonetti

par Olivier Baul, 11/05/2015

Dans une interview publiée par le journal Présent à l’occasion de la sortie de son livre « Pour la vie de mon fils », Viviane Lambert explique comment une équipe de médecins a voulu décider seule de la mise à mort de son fils, qui n’est pourtant pas en fin de vie, et comment les médias et les politiciens ont instrumentalisé la vie d’un homme pour parvenir à leurs fins. Entre le lapin que lui a posé François Hollande alors qu’il avait finalement accepté de la recevoir à l’Élysée, et le député Leonetti qui se permet de porter des jugements sur la situation de Vincent Lambert sans l’avoir jamais rencontré, Mme Lambert met en lumière un nouveau cas, celui de son fils, où la vie d’une personne vaut moins aux yeux de nos élites politico-médiatiques que la fin recherchée, celle d’une légalisation de l’euthanasie avec en perspective les dérives toujours plus graves déjà observées en Belgique et en Hollande.

« Les partisans de l’euthanasie mettent le paquet à cause de la loi Claeys-Leonetti. Le cas de Vincent est devenu politique. Tout le monde s’est emparé du sujet, à commencer par M. Leonetti qui, lors d’une émission, a évoqué l’histoire de Vincent alors qu’il ne l’a jamais rencontré, qu’il n’est jamais venu le voir. C’est ignoble d’agir ainsi et j’ai écrit pour le lui dire. », accuse Mme Lambert.

L’imposture médiatique autour de Vincent Lambert, que dénonce cette mère, ressemble fortement à tous ces cas médiatisés dans le passé par les partisans d’une légalisation de l’euthanasie et que Tugdual Derville, de l’association Alliance VITA, a si bien exposés dans son livre La bataille de l’euthanasie – Enquête sur les 7 affaires qui ont bouleversé la France.

« Tout le monde pense que Vincent est branché de partout, qu’il est sous respirateur. C’est faux. Notre fils n’est pas en fin de vie. Il ne fait pas l’objet d’un acharnement thérapeutique. Il a, bien sûr, des moments où il est moins présent, mais nous pouvons communiquer avec lui, non pas par la parole, mais par le regard. Seulement, pour le savoir, il faut être à ses côtés. Et c’est ce que nous faisons quotidiennement depuis deux ans. », explique la maman de Vincent dans son entretien avec Anne Isabeth du journal Présent.

Sur sa rencontre ratée avec le président Hollande : « J’ai attendu 45 minutes avant que l’Élysée me fasse dire que François Hollande n’était pas disponible, mais que le professeur Lyon-Caen acceptait de me recevoir. Je leur ai répondu que c’était le Président que j’étais venue voir. On m’a fait attendre encore un peu sans résultat. J’ai donné mon livre à des personnes qui m’ont promis de le remettre en main propre à François Hollande. Un livre que j’avais dédicacé : ‘Monsieur le Président, aidez-moi à sauver mon fils.’ Et puis je suis partie. »

On voit que ce n’est pas que pour les « sans-dents » que M. Hollande éprouve du mépris…

Le sort de Vincent Lambert est désormais entre les mains de la Cour européenne des droits de l’homme qui a ordonné la suspension provisoire de la décision prise le 24 juin 2014 par le Conseil d’État. Une décision qui renversait le jugement du tribunal administratif qui avait imposé aux médecins de reprendre l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert. Une décision qui montre aussi que, pour le Conseil d’État, l’euthanasie est déjà légale en France et qu’elle n’est pas réservée uniquement aux personnes dont les souffrances intolérables ne peuvent pas être soulagées alors qu’elles sont en phase terminale. Qui peut encore, dans ces conditions, nier l’imposture du discours des partisans de l’euthanasie ?

Source : ndf.fr et present.fr

 

 

Entretien avec le Professeur X. Ducrocq, l’un des experts qui ont examiné Vincent Lambert.

Un témoignage exceptionnel RITV Vidéo

 

 

Le Professeur Ducrocq, professeur de neurologie, est l’un des experts qui ont examiné Vincent Lambert pour le Conseil d’Etat. Il nous a en particulier déclaré :

« VINCENT COMMUNIQUE. »
« L’état de Vincent ne s’est pas dégradé. »
« VINCENT A RÉCUPÉRÉ LA DÉGLUTITION. »
« Vincent a survécu à 31 jours de privation de nourriture. »
« Comment prendre une telle décision qui ne va pas mettre fin a l’acharnement thérapeutique, qui ne va pas le laisser mourir, mais qui va le faire mourir ? »

27 juin 2014

Source : reinformation.tv

 

 

Vincent Lambert n'est ni en fin de vie, ni victime d'un acharnement thérapeutique. Rencontre avec le Pr Xavier Ducrocq.

par Gènéthique, 04/05/2015

La vie de Vincent Lambert est suspendue à la décision de la Cour européenne des droits de l'homme dans l'affaire Lambert et Autres v. France. Il est habituel de lire dans les médias que Vincent Lambert est en fin de vie et qu'il faudrait le "laisser partir". Gènéthique a souhaité rencontrer le Professeur Ducrocq, neurologue au CHU de Nancy et conseil médical des parents de Vincent Lambert. Il a accepté de répondre aux questions de Gènéthique au sujet de l'état de santé du jeune tétraplégique, plongé dans un état pauci-relationnel. 
Gènéthique: Professeur, vous avez été sollicité pour devenir conseil médical des parents de Vincent Lambert. Pour quelles raisons avez-vous accepté ?
Professeur Xavier Ducrocq : Je suis intervenu à partir de la première décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (11 mai 2013) qui a suspendu l'arrêt de l'alimentation de Vincent Lambert. Pierre et Viviane Lambert étaient à la recherche d'un conseil médical pour défendre leur fils. J'ai été contacté au regard de mes compétences en Neurologie et de mes responsabilités au comité d'éthique du CHU de Nancy que je préside. J'ai accepté compte tenu des éléments que j'avais à ma disposition :
  • Vincent Lambert aurait demandé à mourir. C'est physiquement impossible"Il refuse les soins, il se jette en bas de son fauteuil" m’a-t-on dit. Mais Vincent Lambert est tétraplégique, il ne peut pas parler, ni établir de code de communication fiable, et encore moins se jeter de son fauteuil.
  • L'état de Vincent Lambert ne présente pas de complication. Il ne fait pas de fausses routes, comme cela peut arriver quand on est nourri par gastrotomie. Il ne fait pas non plus de complication respiratoire. Il n’a aucune assistance vitale contraignante.
  • Quand j'apprends que l'alimentation a été suspendue pendant 31 jours, je frémis. Comment une équipe médicale peut-elle supporter une telle situation ? Pour moi, l'arrêt de son alimentation n'a d'autre but que de mettre fin à sa vie, c'est donc une euthanasie. L'intention et la finalité du geste n'ont qu'un seul et même but, c'est mettre fin à la vie de Vincent Lambert. Dans son cas, l'alimentation et l'hydratation ne sont pas une obstination déraisonnable.
En découvrant le dossier, je fais tout de suite appel au Dr Bernard Jeanblanc[1] qui est un praticien connaissant très bien la vie quotidienne de ces patients et de leurs proches. Sa connaissance "terrain" m'aide et nos analyses sont complémentaires.
G.:  Avez-vous pu constater que l'état de Vincent Lambert s'est dégradé?
Pr X.D.: Depuis le début de l'affaire, je constate que Vincent est dans un état stable, il n'est vraiment pas en fin de vie ! Il y a peut-être eu, fin 2012, un changement dans son comportement. Mais on ne peut en aucun cas l'interpréter. Avec des patients en état pauci-relationnel, nous sommes toujours dans l'incertitude et le risque de la surinterprétation. Dire que Vincent Lambert veut mourir est de la surinterprétation. C'est même une erreur médicale. D'autant plus que le changement de comportement observé par l'équipe médicale intervient à une époque où une prise en charge orthophonique et toute kinésithérapie ont été stoppées.
Ce qui m'étonnera, plus tard, dans cette affaire, ce sont les insuffisances des investigations médicales menées par les experts nommés par le Conseil d'Etat. Je ne m'explique pas que Vincent Lambert n'ait pas bénéficié d'une IRM fonctionnelle. Il s'agit d'un outil prometteur pour mieux déterminer le niveau de conscience des personnes situées dans ce continent méconnu qu’est l’"état végétatif chronique". En outre, les experts médicaux n'ont pas examiné Vincent Lambert en présence de familiers - ses parents par exemple, très présents depuis des mois maintenant auprès de Vincent -, pour voir s'il réagissait différemment. Or, c'est le b.a.-ba pour se prononcer sur l'état de conscience de ces patients. Il aurait fallu une évaluation, pluridisciplinaire, sur plusieurs semaines au sein d’une autre équipe familière de ces personnes. Mais ça n’a pas été le cas, faute de temps sans doute. Et c’est particulièrement regrettable.
Les trois experts ont pourtant estimé, en des termes très mesurés, que Vincent Lambert est plutôt en état végétatif que pauci-relationnel. Les commentateurs y ont immédiatement vu la preuve de l'aggravation de son état de santé et ont expliqué qu'il était bien en fin de vie. Sauf que ce n’est pas là l’évolution naturelle d’un état pauci-relationnel et que ça fait deux ans que Vincent serait en fin de vie [2]. Dès lors il n’y a rien à comprendre de l’investissement et des prises de position de grands ténors des soins palliatifs - jusqu’à la CEDH, auprès des représentants du Gouvernement français - dans cette affaire Vincent Lambert. Elle n’a rien à voir avec les préoccupations des soins palliatifs.
G.:  Est-ce que Vincent Lambert souffre?
Pr X.D.: Les avis des experts et soignants de Vincent Lambert divergent sur cette question, particulièrement difficile. Des travaux ont montré que des personnes en état de conscience minimale ressentent la douleur. Lorsque le Dr Eric Kariger affirme que Vincent Lambert souffre mais qu'il n'en a pas la perception consciente – ce que les experts ont évoqué comme possible -, on touche là  aux confins de ce que, scientifiquement, on est autorisé à dire. Par définition, la douleur, au sens où on l’entend communément, est consciente, il s'agit d'une "expérience sensorielle" [3]. Cette définition sous-entend qu'il y a une stimulation qui arrive au cerveau et que celui-ci intègre. La douleur est éminemment subjective et donc très difficile à évaluer chez les personnes non communicantes. Cela dit Vincent a, à plusieurs reprises, donné des signes traduisant un inconfort, digestif ou autre. Il suffit de demander à ses soignants ou ses parents qui en sont témoins. Dans ces cas-là il s’agite, en particulier il remue la jambe gauche. Je doute que ce ne soit là qu’une manifestation réflexe !
Devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), le juge maltais a posé la question de savoir si les signes de souffrances observés sont toujours présents. Personnellement, je ne les ai jamais vus. Je n'ai jamais constaté de signes de souffrance, et donc pas plus maintenant. Son état est parfaitement stable.
G.: Est-ce que Vincent Lambert est victime d'un acharnement thérapeutique?
Pr X.D.: Non ! L'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert ont été arrêtées et limitées car assimilées à des traitements disproportionnés. Or, la finalité de la nutrition c'est de vivre, pas de guérir. La nutrition administrée de façon artificielle ne fait que suppléer une fonction défaillante. Vincent Lambert ne peut pas porter lui-même les aliments à la bouche, mais il pourrait être nourri par la bouche, si on lui en donnait les moyens par une rééducation appropriée et si on en prenait le temps, puisqu'il déglutit sa salive et qu'il ne fait pas de complication respiratoire (pneumopathie).
D'autres patients sont nourris, comme lui, par gastrotomie. C'est le cas de patients atteints de cancers ORL, ou qui ont subi un AVC grave et qui n'ont pas récupéré la déglutition. Ils vivent très bien et longtemps.
En outre, il faut faire le distinguo entre deux formes de nutrition artificielle, qui ne donnent pas lieu aux mêmes contraintes : la nutrition parentérale (voie veineuse), qui est très contraignante et la nutrition entérale, qui utilise les voies digestives. Ce n'est pas le même niveau d’artifice. Je pourrais être nourri par gastrotomie que vous ne vous en rendriez pas compte.
Je ne vois pas comment on pourrait caractériser le caractère déraisonnable de l'alimentation et de l'hydratation autrement qu'en posant un jugement de valeur sur le sens de la vie de Vincent Lambert. S’il était en fin de vie, ou si des complications de cette nutrition intervenaient, il deviendrait alors possible de considérer les choses autrement.
G.: Qu'est-ce qui peut attendre Vincent Lambert ?
Pr X.D.: Dans le cas où la CEDH donnerait raison à la France, la question qui se posera, sera de savoir qui va exécuter la sentence ? Le Dr Kariger n'est plus là. Vincent serait peut-être transféré dans une autre unité de soins palliatifs pour mettre fin à l'"obstination déraisonnable" avec un « protocole de fin de vie » pour reprendre l’expression du Dr Kariger. Mais cette équipe serait-elle tenue d’appliquer la décision sans devoir la reprendre à son compte ?
Pour ma part, je lui souhaite d'être transféré ailleurs : dans un lieu de vie adapté, où la loi du 3 mai 2002, propre aux patients comme Vincent, est appliquée. Son transfert dans l'unité de vie spécialisée du Dr Jeanblanc est suspendu à la décision de la CEDH, alors qu’il y est attendu depuis 2 ans.
G.: Que pensez-vous de la proposition de loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie?
Pr X.D.: Je ferai deux remarques, concernant l’impact de modifications proposées sur la relation médecin-malade et ensuite sur la sédation.
D'abord, je pense que faire croire aux patients, avec le caractère opposable des directives anticipées, que ce sont eux qui décident unilatéralement, ne fera que générer des conflits. La relation de confiance qui doit prévaloir entre un patient et son médecin disparaîtra au profit d'une relation contractuelle, sous-tendue par de la méfiance, sinon la défiance des deux côtés.
De plus, l'article 5 de la proposition de loi supprime une phrase essentielle de l'article L1111-4 du Code de la santé publique, à propos du droit des patients de refuser tout traitement ou toute investigation : "Le médecin doit tout mettre en œuvre pour la convaincre d'accepter les soins indispensables". Retirer au médecin cette possibilité, ce devoir, coupe court à  toute relation d’aide, de soutien. Dans ces conditions,  que pourra faire un médecin devant opérer un patient qui accepte l’intervention chirurgicale, mais refuse toute réanimation en cas de nécessité ?
Il est très regrettable que Mrs Claeys et Leonetti n’aient pas saisi cette occasion pour donner plus de contenu à la démarche décisionnelle à conduire dans des situations difficiles de fin de vie. Le Conseil de l’Europe, ainsi que le CCNE dans ses observations au Conseil d’Etat dans le cadre de l’affaire Vincent Lambert, ont fait des propositions tout à fait remarquables à ce sujet. Voilà qui aurait cultivé la relation de confiance entre soignants et patients. Cette proposition favorise la défiance au dépend de la confiance, c’est regrettable.
La proposition de loi s’affranchit du principe du double effet, appliqué notamment à la sédation. Celle-ci devient « continue, profonde, jusqu’à la mort » et s’accompagne d’un arrêt de toute nutrition et hydratation. Elle programme la mort donnée, donc l’euthanasie, qu’elle se garde de nommer. Il ne restera, pour différencier soulagement de souffrances et euthanasie que l'intention de celui qui fait le geste. Seule l'intention - recherche d’un soulagement, ou recherche de la mort - fera que ce qui est écrit dans la loi n'est pas forcément et systématiquement une euthanasie.
Le plus inquiétant, à propos de Vincent Lambert, c’est que ceux qui ont rédigé cette proposition ont bien dit qu’elle résoudrait les situations les plus difficiles, comme celle de Vincent Lambert. La loi crée ainsi les conditions d’une élimination de ces personnes à laquelle il sera bien difficile d’opposer une résistance. Vincent ne sera que le premier d’une longue série.
Une remarque enfin sur la portée générale de cette proposition de loi. Elle vise à créer de "nouveaux droits en faveur des malades ET des personnes en fin de vie". Cette formulation laisse penser que les droits des malades et des personnes en fin de vie sont similaires. Or des mesures qui ne posent pas de problèmes éthiques en fin de vie risquent d'en poser pour des malades qui ne le sont pas, comme l’illustre le cas de Vincent Lambert.

1- Le Dr Bernard Jeanblanc est Chef de service d'une unité pour polyhandicapés et d'une unité de vie spécialisée pour les « pauci-relationnels » à la Maison de Santé Bethel (Oberhausbergen, Alsace).

2- L'"affaire" Vincent Lambert a commencé au printemps 2013. L'équipe médicale, en arrêtant son alimentation et réduisant son hydratation, a estimé qu'il était en fin de vie.

3- Selon la définition officielle de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP).

Source : genethique.org

 

 

Pour la vie de mon fils. La mère de Vincent Lambert parle enfin

Auteur : Viviane Lambert
Editeur : Plon
Nombre de pages : 180
Sortie : 7 mai 2015
 

Pour la première fois, la mère de Vincent Lambert s'exprime sur son combat pour maintenir son fils en vie.

« Reims, 29 avril 2013. Le plus gros choc de ma vie. Je suis au chevet de mon fils. Mon fils, vous comprenez ? Je le vois mourir sous mes yeux. Vincent n'a rien mangé depuis vingt jours. Il est à peine hydraté. Il est là, devant moi, dans un lit d'hôpital à Reims, amaigri, affaibli, et il va mourir. Dans un jour ? Dans cinq jours ? Je ne sais pas... Mais il va mourir parce que quelqu'un l'a décidé. Un médecin lui a supprimé toute nourriture, presque toute hydratation, pour le mettre sur un chemin de "fin de vie". Je parle à Vincent, mais il ne peut pas me répondre : il est en "état de conscience minimale", comme le disent les spécialistes. Il peut ressentir des émotions, mais il est incapable de s'exprimer. Il me regarde, et il pleure. Des larmes coulent le long de ses joues. Il va mourir, il souffre, je le sais : je suis sa mère ! » Viviane Lambert

L'affaire Lambert est devenue un symbole du débat sur la fin de vie. Sa mère prend la plume pour simplement raconter les faits. Ni intégriste, ni passionaria, ni manipulée, elle veut juste nous aider à comprendre les raisons de sa bataille et sauver son fils.

Source : famillechretienne.fr

 

 

« Vincent est bien vivant ! » 

Portrait de Vincent Lambert par ses parents, Pierre et Viviane, 27/02/2015

Quand il était enfant, comme tout enfant, Vincent était joyeux, vif et d’une sensibilité déjà bien marquée. Nous habitions au fin fond de la campagne et pour limiter les va-et-vient de transport vers l’école, nous avions décidé de lui faire nous-mêmes le CP. Vincent était réceptif. Sa scolarité se déroule ensuite normalement. Il se passionne pour le chant et participe avec passion à une chorale.

Une anecdote d’environ trente ans reflète sa gentillesse, sa générosité, son regard tourné vers les autres. Un jour, sa sœur de deux ans sa cadette a eu un accident de bicyclette. Vincent, du haut de ses six ans, ne voulait plus la quitter, il était aux petits soins pour elle et souhaitait la veiller jusqu’à sa guérison.

En grandissant, son attention pour les personnes vulnérables s’est accrue de façon toute particulière. Cela nous a toujours impressionné. Sa délicatesse, sa diligence l’amènent, en tant qu’élève infirmier, à faire son mémoire sur la maltraitance des personnes âgées en maison de retraite.

Avant de quitter la maison familiale pour partir faire ses études, il nous confie un clochard avec qui il avait noué des relations et qu’il nourrissait discrètement depuis un certain temps.

Derrière un premier contact d’apparence assez distant se cache chez Vincent un trésor de qualité et d’humanité. Ses confidences, ses lettres si précieuses à ce jour, n’ont rien à voir avec le tableau très déplaisant que l’on a pu faire de lui.

Hélas, un accident de voiture, survenu il y a sept ans, l’a plongé dans une situation de grave handicap. Il est en état pauci-relationnel, ne pouvant plus communiquer verbalement, mais ayant des expressions très souvent surprenantes.

Les médias le traitent comme un légume, mais c’est absolument faux. Comme tout être humain, il s’endort le soir, se réveille le matin, il reconnaît nos voix, il nous suit du regard quand on lui parle, il va manifester un contentement ou un inconfort. Quand on lui met une musique qu’il aime, il cherche d’où elle vient en tournant la tête. Comme les 1.700 patients dans sa situation en France, il va réagir à des sollicitations simples mais pas systématiquement. Vincent est certes handicapé mais il est vivant. Il n’est ni un légume, ni totalement sans conscience.

Et pourtant, au prétexte qu’il ne peut plus avoir de relations, on veut le faire mourir. Faut-il donc également provoquer la mort des personnes démentes, de tous les handicapés mentaux, de toux ceux qui ne peuvent s’exprimer ? Mais surtout, il entre en relation avec ses proches ! Nous qui nous nous relayons auprès de lui 6 heures par jour, nous le savons.

Qui peut avoir assez peu de cœur pour prétendre que nous nous battrions par idéologie ? C’est juste par amour et parce que notre fils est bien vivant mais sans défense que nous défendons sa vie menacée par les bien-portants et les tout-puissants.

La vérité doit être dite sur l’état de Vincent. Nous lui devons au moins cela. Il est certes très handicapé mais il n’est ni atteint de maladie, ni en fin de vie. Il ne souffre pas et ne fait l’objet d’aucun acharnement thérapeutique, ni d’obstination déraisonnable pour être maintenu en vie puisqu’il a juste besoin de recevoir des aliments et de l’hydratation comme tout être humain. Il n’a pas laissé de directives anticipées alors qu’en tant qu’infirmier, il en connaissait l’existence. Il n’a pas désigné de personne de confiance conformément à la loi mais le CHU a décrété que cette personne de confiance était son épouse. C’est elle qui réclame sa mort qu’on a écoutée. Certes, la situation n’est pas facile pour une jeune femme, toute jeune mariée, nous le comprenons. Nous n’avons jamais voulu nous imposer par discrétion mais nous lui avons toujours dit : « Rachel, si tu n’en peux plus, nous prenons le relais ».

Depuis novembre 2012, le CHU refuse à Vincent les soins de base et notamment les séances de kiné, un fauteuil adapté pour lui permettre de sortir de son lit… Vincent est enfermé à clef dans sa chambre surveillée par une caméra. Nous ses parents, nous devons pour lui rendre visite nous soumettre à une pesante et ubuesque procédure de contrôle à l’entrée du service et montrer notre carte d’identité. Le temps est comme suspendu, et Vincent traité comme un mort en sursis….

L’hôpital n’a plus aucun projet de vie pour Vincent, mais nous en revanche, nous en avons ! Nous avons déjà quitté la Drôme pour nous installer à demeure à Reims où nous nous relayons auprès de Vincent 6 heures par jour. Nous nous battons pour transférer Vincent dans une maison d’accueil pour les patients comme Vincent. Ces maisons ont été spécialement créées en 2002 et plusieurs d’entre elles nous ont dit avoir réservé une place pour lui et l’attendre pour s’en occuper. Mais aussi incroyable que cela puisse paraitre, on nous refuse ce transfert et Vincent est pris en otage par le CHU de Reims qui se comporte comme son propriétaire et qui l’a enfermé dans sa chambre comme un condamné dans le couloir de la mort. Nous avons envie parfois de crier « Si vous ne voulez plus vous en occuper, rendez-nous Vincent mais ne le tuez pas ! »

Nous restons confiants et comptons sur la Cour européenne des droits de l’homme pour arrêter cette folie. Protéger Vincent, c’est aussi protéger toutes ces personnes vulnérables contre ceux qui veulent se débarrasser d’eux car ils les encombrent en décrétant qui est digne de vivre, en les rendant ainsi otages du combat pour l’euthanasie.

Pierre et Viviane Lambert, parents de Vincent.

PS : Nous avons été très touchés en apprenant la création d’un Comité de soutien à Vincent. Cette démarche nous fait chaud au cœur et nous en avons besoin. Elle nous semble surtout utile et porteuse de fruits. Merci aux promoteurs de ce Comité et à tous ceux qui rejoindront cette belle initiative.

Source : jesoutiensvincent.com

 

 

Vincent Lambert: oubli ou renoncement anticipé ?

par Emmanuel Hirsch, Professeur d’éthique médicale, université Paris Sud, auteur de "Fin de vie. Le choix de l’euthanasie ?" aux éditions du Cherche Midi, 21/04/2015
 

EUTHANASIE - Le 25 juin 2014 je publiais un article sur mon blog du HuffPost: " Intéressons-nous aux soins prodigués à Vincent Lambert !" Il est resté sans la moindre suite apparente, et aucun débat n'a eu lieu depuis à ce propos. Comme si cette préoccupation n'était pas recevable, n'intéressait personne. Ou alors qu'il s'agissait d'une "affaire classée", d'une "cause perdue" ne justifiant plus de mobiliser ne serait-ce que nos valeurs de sollicitude. L'irruption publique de cet événement personnel, intime, familial, fortement médiatisé et à tant d'égard embarrassant, aurait été ainsi reléguée au plus loin de considérations désormais hors champs, couvertes par un secret médical dont on sait quelle en a été la rigueur et la consistance au cœur de l'affaire, voire après... Nombre de témoignages dénoncent pourtant au fil des semaines une situation pour le moins incertaine et qui en appellerait à quelques clarifications.

Aujourd'hui, alors que la décision de la Cour européenne des droits de l'homme est attendue depuis des semaines, ses amis lancent un appel, refusant "l'instrumentalisation indécente de la situation de Vincent Lambert". Une initiative qui intervient tardivement, certes, mais qui apparaît importante: elle porte une force de réflexion et d'engagement qui devrait trouver toute sa place lorsque la décision ultime interviendra pour M. Vincent Lambert. Ce nouvel épisode auquel j'attache un grand intérêt (ne serait-ce que par ce qu'il prend ses distances avec toute possible assimilation à une position idéologique) ne devrait pas être sans conséquences, ne serait-ce que pour qu'enfin puisse être suscitée et assumée de manière responsable la concertation publique relative aux droits véritables des personnes vivant une réalité proche de celle de M. Vincent Lambert et de ses proches.

L'Appel "Sauver Vincent, tout simplement" établit un constat accablant et il interroge chacun d'entre-nous au-delà même des décideurs et des intervenants impliqués dans l'accompagnement et le soin de M. Vincent Lambert: "Depuis 2002, des unités spécialisées existent. Certaines ont proposé en vain une place à Vincent pour lui prodiguer les soins adaptés à son état et des petits gestes simples: l'asseoir dans un fauteuil, des séance de kiné, le promener dans un parc, lui faire ressentir la fraîcheur du soir qui tombe. Nous savons qu'il est insoutenable pour des parents de savoir que leur enfant va mourir, par privation d'eau et de nourriture, même si des médecins disent que c'est mieux comme ça. Avec Vincent, nous voulons soutenir les 1700 personnes en état de conscience altérée en France mais aussi toutes les personnes atteintes de handicap. En situation de grande vulnérabilité, Vincent est pour nous un "intouchable".

Se refuser ainsi de circonscrire la situation de M. Vincent Lambert aux controverses que l'on a connu à propos de son droit ou non à la vie, et plus encore aux conditions de sa mort, me semble constituer l'étape attendue. Elle nous permettra de poser autrement les enjeux démocratiques de la place parmi nous de personnes affectées par un handicap si profond que l'on s'interroge parfois sur la réalité même (voire la justification...) de leur existence. À cet égard, d'une formule pour le moins regrettable, le Rapport de présentation de la proposition de loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie (décembre 2014) établissait de manière péremptoire: "Ces personnes sont 'hors d'état' d'exprimer sa volonté selon les termes de la loi de 2005 et sont nombreuses à n'avoir pas rédigé de directives anticipées. Or, il est permis de penser que ces personnes pourraient qualifier ces situations d'obstination déraisonnable si elles pouvaient s'exprimer". De quoi interroger et inquiéter ceux qui ne considèrent pas ces personnes au terme de leur vie, mais toujours dignes d'une sollicitude et d'un soin qui ne saurait être assimilés, sans autre approfondissement, à une "obstination déraisonnable".

Ma position, en juin 2014, relevait d'un souci d'humanité -ici et maintenant- à l'égard de M. Vincent Lambert, suite à la décision rendue par le Conseil d'État le 24 juin 2014. Depuis, du moins de manière officielle, aucune instance, ne serait-ce qu'éthique, ne semble avoir considéré opportun de solliciter les compétences impliquées dans la chaîne décisionnelle médicale afin de savoir si, effectivement, M. Vincent Lambert dont l'existence tient aujourd'hui au fil de décisions juridiques et de procédures administrative, bénéficie de la qualité et de la continuité d'un suivi respectueux de ses droits. Les modalités pratiques du processus d'interruption de son alimentation et de son hydratation ont davantage ému en son temps que nos obligations actuelles à l'égard d'une personne vulnérable à l'extrême: M. Vincent Lambert justifierait la mobilisation de compétences appropriées à son état et de moyens qui apparemment ne constitueraient plus l'enjeu supérieur.

Notre démocratie ne peut pas se permettre la défaite d'abdications et de renoncements là où ses valeurs essentielles sont engagées : "Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants." (Déclaration universelle des droits de l'homme, article 7). Car, on l'a compris, nos approches en responsabilités humaines et sociales de M. Vincent Lambert concernent, au-delà de circonstances personnelles, nos conceptions de la dignité, nos principes d'humanité.

L'Appel "Sauver Vincent, tout simplement" ne saurait donc nous laisser indifférents. M. Vincent Lambert ne constitue pas une péripétie ou une "affaire" suscitant à la fois des procédures judiciaires et des controverses de vagues compassions ou une évolution législative (proposition de loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, 17 mars 2015, art. 2: "La nutrition et l'hydratation artificielles constituent un traitement.") dans le contexte désormais dépassé d'une concertation nationale sur la fin de vie qu'il aura fortement marquée. Ses amis restituent figure humaine, sensibilité, présence à une personne trop oubliée dans une chambre d'hôpital que certains qui lui rendent visite assimilent aux cellules qui bordent dans les pénitentiaires américains le "couloir de la mort". Ils nous incitent d'une part à reprendre en société notre approche de circonstances exceptionnelles qui ne sauraient avoir pour seule issue la réponse d'une législation "créant de nouveaux droits à la personne malade", d'autre part à solliciter un minimum d'informations relatives à l'accompagnement soignant prodigué à M. Vincent Lambert, cela sans pour autant transgresser le secret médical. Les bribes d'informations qui circulent à ce propos et qu'aucune instance n'a contredit jusqu'à présent, semblent justifier ne serait-ce que quelques éclaircissements. À moins que nous ayons à nous exercer au devoir d'oubli et à la désertion morale, à cultiver un art du renoncement et de l'abandon de manière anticipée. C'est ce à quoi, avec d'autres, nous sommes opposés.

Source : huffingtonpost.fr/emmanuel-hirsch

 

 

Euthanasie: «Les patients servent de terrain de lutte aux idéologues»

par Delphine de Mallevoüe, 15/04/2015 (extraits)

INTERVIEW - L'ex-kinésithérapeute de Vincent Humbert, tétraplégique, que sa mère a aidé à mourir, a rejoint le comité de soutien à Vincent Lambert, jeune accidenté de la route. «La vie ou la mort est un questionnement au cas par cas», estime-t-il.

Hervé Messager est l'ancien masseur-kinésithérapeute de Vincent Humbert, tétraplégique de 23 ans euthanasié par sa mère, Marie Humbert, en septembre 2003. Il l'a rééduqué au centre héliomarin de Berck-sur-Mer pendant près de deux ans, jusqu'à son décès. Aujourd'hui, il a rejoint le comité de soutien à Vincent Lambert, créée le 10 avril par des amis d'enfance de ce jeune accidenté de la route, avant que la la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) ne se prononce sur son sort dans les prochaines semaines. Ce mercredi, ce sont les deux co-auterus de la proposition de loi portant sur les nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, le socialiste Alain Claeys et l'UMP Jean Leonetti, qui seront auditionnés par la commision des affaires sociales.

LE FIGARO. Pourquoi soutenir l'appel à sauver la vie de Vincent Lambert?

Hervé Messager. «Après quarante ans de métier, dont vingt ans passés à partager le quotidien des traumatisés crâniens, je sais une chose: les patients pauci-relationnels (en état de conscience minimal - ndlr) comme Vincent Lambert ne sont pas du tout en fin de vie. Je connais nombre de familles qui ont un enfant comme lui, pris en charge à domicile ou dans un service spécialisé. Si on se met à tuer les gens comme lui, moi j'en ai cinquante sur la place rien que dans mes patients. Que fait-on alors de tous ces accidentés de la vie?»

«Ces états, même si on ne peut les promettre à un avenir meilleur, peuvent évoluer. J'en ai maintes fois fait l'expérience. Dans le cas de Vincent Lambert, il n'est non seulement pas en fin de vie mais il est très résistant, son cœur et son organisme l'ont prouvé après avoir été privés d'alimentation et d'hydratation pendant plus de trente jours (selon un premier protocole d'arrêt des soins mis en œuvre par son médecin au CHU de Reims, ndlr).»

Les experts médicaux ont jugé son cas irréversible…

«On dit aujourd'hui qu'il n'y a plus d'évolution possible mais, après un tel traitement plus l'arrêt de sa kiné, de son orthophonie et de toutes les autres sollicitations - lever, mise au fauteuil, etc. - comment aurait-il pu évoluer ou aller mieux? Et dans tous les cas, depuis quand l'évolution d'un patient serait-elle une condition pour qu'il vive? On aurait tous du souci à se faire! Si les soins ont une visée rééducative, ils ne sont pas soumis à une obligation de résultat car l'efficience n'existe pas en la matière. En revanche, et c'est la loi qui le dit, tout patient a droit à des soins de confort. Ils sont requis et nécessaires, sur le plan tout simplement humain, même s'il n'engendrent pas de progrès. C'est l'essence même de mon métier. Soigner pour prendre soin, à défaut de ne pas toujours pouvoir guérir.»

Vincent Humbert n'était pas non plus en fin de vie?

«Non, pas du tout. Et il ne souffrait pas physiquement, pas plus qu'il n'avait envie de mourir. Jusqu'à la veille de sa mort, jamais il ne m'a dit qu'il avait songé à en finir. Contrairement à Vincent Lambert, il était complètement éveillé et communiquait de manière tangible. On a donc été très surpris, en décembre 2002, de sa lettre adressée au président de la République pour demander le droit à mourir. Impossible d'y voir autre chose qu'une manipulation de sa maman par le mouvement pro-euthanasie. Une fois ces associations et la médiatisation lancées, l'engrenage était parti et c'était fini. Dans cette affaire, comme dans l'autre, tout a été dit et présenté pour que la mort soit inéluctable. C'est scandaleusement faux et c'est pour cela que je soutiens le comité créé pour Vincent Lambert: pour qu'on arrête la manipulation des familles et de l'opinion, pour qu'on arrête de parler à la place de ces patients qui, faibles et sans défense, au discernement altéré ou sans possibilité de communiquer, servent de terrain de lutte aux idéologues.»

Ne craignez-vous pas, précisément, d'être rangé dans le camp des anti-euthanasie en soutenant le comité pour la vie de Vincent Lambert?

«Soyons très clairs: je n'ai aucune conviction religieuse et je n'en ai jamais eu. Un vrai mécréant. Pas plus au niveau politique. Je n'ai aucune étiquette, aucune chapelle, juste une école: la vie concrète auprès de ces patients, qui m'a appris que la vie ou la mort est un questionnement au cas par cas. ...

Source : lefigaro.fr

 

 

L’Appel : « SAUVER VINCENT, TOUT SIMPLEMENT »

Nous, hommes et femmes responsables, refusons l’instrumentalisation indécente de la situation de Vincent Lambert. Nous refusons que chaque développement de cette affaire fasse l’objet d’une récupération politique et militante.

Depuis 2002, des unités spécialisées existent. Certaines ont proposé en vain une place à Vincent pour lui prodiguer les soins adaptés à son état et des petits gestes simples : l’asseoir dans un fauteuil, des séance de kiné, le promener dans un parc, lui faire ressentir la fraicheur du soir qui tombe.
Nous savons qu’il est insoutenable pour des parents de savoir que leur enfant va mourir, par privation d’eau et de nourriture, même si des médecins disent que c’est mieux comme ça.

C’est pourquoi, quelle que soit la décision de la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme), quelle que soit l’évolution de la législation sur l’euthanasie, quelle que soient les distinctions subtiles que fera le législateur ou les juridictions entre les soins et les traitements, il demeure une réalité incontournable : Viviane Lambert aime son fils et propose même avec son mari et l’aide de certains de ses enfants de recueillir Vincent à la maison. Au nom de quoi le lui refuse-t-on ? Au nom de quel principe faudrait-il que Vincent meure lorsqu’il peut vivre sous le regard aimant de sa famille et avec les soins dont il a besoin ?

Avec Vincent, nous voulons soutenir les 1700 personnes en état de conscience altérée en France mais aussi toutes les personnes atteintes de handicap. En situation de grande vulnérabilité, Vincent est pour nous un intouchable.

Comme nous, rejoignez le Comité de soutien à Vincent Lambert.

Signez l’Appel

Source : jesoutiensvincent.com

 

Manifestation contre l'euthanasie : «Je marche pour la vie de mon fils»

par Aline Gérard, 21/01/2015

Viviane Lambert, la mère de Vincent, ce tétraplégique au cœur d'une bataille judiciaire et familiale, défile aujourd'hui pour la première fois avec les militants de la Marche pour la vie. Elle s'en explique.

Les « Pro-vie » (anti-IVG) sont de retour, avec cette année, pour la 10e édition de leur Marche pour la vie qui partira à 13 h 30 de la place Denfert-Rochereau à Paris, une participante de marque : Viviane Lambert, la mère de Vincent, ce jeune tétraplégique de 38 ans plongé dans un état de conscience minimale depuis six ans et qui se trouve au cœur d'une incroyable mêlée familiale et judiciaire.

Elle nous explique les raisons qui l'ont décidée à se joindre à ce cortège qui proteste aussi contre l'euthanasie, et sa « confiance » en la décision de la Cour européenne des droits de l'homme qui doit décider si son fils sera maintenu en vie ou pas.

Pourquoi avez-vous décidé de participer à cette marche ?
VIVIANNE LAMBERT. Je marche pour la vie de mon fils. Parce que, aussi, les associations qui l'organisent défendent ce que je crois être juste : le respect de la vie, la défense des personnes vulnérables. Depuis la décision du Conseil d'Etat, la mort est suspendue au-dessus de la tête de Vincent. On avait programmé pour lui une euthanasie. Les associations qui manifestent aujourd'hui se battent également contre ça. Ma présence, c'est ma façon de les remercier pour leur soutien mais aussi de dire que je partage leur inquiétude sur les projets du gouvernement sur la fin de vie. Dès qu'on dit non, on vous reproche vos convictions. Oui, je suis catholique, mais pas intégriste.

En quoi la loi en préparation vous inquiète-t-elle ?
Je ne suis pas experte mais je me demande si un nouveau texte est nécessaire. La loi Leonetti n'a déjà pas été respectée pour mon fils. Les équipes médicales s'en sont servies pour décider de cesser de l'alimenter alors que rien ne le justifiait. Je ne vois pas en quoi une nouvelle loi améliorerait la situation. Je ne juge pas les personnes qui vont à l'étranger pour mourir, mais j'ai vu une émission à la télévision qui m'a laissée perplexe. Si je comprends bien, c'est le malade qui appuie sur la seringue. Personne ne se mouille. Si on veut vraiment soulager les malades en fin de vie, il faut des unités de soins palliatifs dignes de ce nom. Vincent, dans celle où il est, à l'hôpital Sébastopol de Reims, n'a plus de fauteuil, on ne le change pas de position, on ne le lève plus, on ne le promène jamais, il n'a plus aucune séance de kiné. C'est déplorable !

Comment se porte-t-il ?
Je vais le voir tous les jours. Mon mari y va à partir de 13 heures, j'enchaîne à 16 heures. Il dort, se réveille, bien sûr qu'il n'a pas la même conscience que vous et moi, mais quand on l'appelle il tourne la tête. Juste après Noël, il a soulevé à deux reprises la jambe droite et lorsqu'un jour je lui ai mis de la musique, son visage s'est transformé ; le poste était à sa gauche, il l'a cherché. Vincent n'est pas du tout en fin de vie, il n'est pas sous assistance respiratoire, n'a pas de tubes partout, c'est une personne handicapée. En septembre 2012, nous avions eu mon mari et moi le projet de l'emmener en vacances avec nous. Le professeur Kariger était d'accord, il n'y avait vu aucune objection.

Le docteur Kariger estime que vous faites preuve d'une « obstination déraisonnable »...
Non. Si Vincent souffrait d'un cancer, ce serait tout autre chose. Un médecin ne peut pas décider de tout, tout seul, comme l'a fait le docteur Kariger. C'est grave. Dès le début, il a été de mauvaise foi. Il a été partial, il a dévoilé le secret médical. Ce dont a besoin Vincent, c'est d'être transféré dans un établissement adapté. Dans le service où il est, ils n'ont jamais fait de projet de vie pour lui. On ne s'occupe pas de notre fils comme il le faudrait. J'attends que la Cour européenne des droits de l'homme arrête toute cette folie. Je compte les semaines.

La CEDH ne rendra pas sa décision avant deux mois. Elle a examiné l'affaire le 7 janvier dernier. Comment cela s'est-il passé ?
J'ai vraiment confiance. On a hâte que tout cela se termine. Cette audience a été éprouvante, mais elle m'a fait aussi bonne impression. Cela a été beaucoup moins pénible que devant le Conseil d'Etat. Là, quand on a attendu le rapporteur public, on a tout de suite compris, c'était comme d'attendre l'énoncé d'une condamnation à mort. Je n'imagine même pas que la CEDH ne nous donne pas gain de cause. Ce serait trop énorme !

Source : leparisien.fr

 

Euthanasie : le 25 janvier, la Marche pour la vie appelle à la protection des plus fragiles.

par MPLV, 21/01/2015

Le 25 janvier, la Marche pour la Vie appelle à la protection des vies fragiles!

A l’heure où le débat sur la fin de vie s’ouvre à l’Assemblée Nationale à l’initiative du Président de la République François Hollande, la Marche pour la Vie entend dénoncer la menace qui pèse sur les plus vulnérables (personnes âgées, malades et handicapées) : la légalisation de gestes euthanasiques.

Préoccupée par le destin du jeune Vincent Lambert dont la vie dépend d’une décision de la CEDH, la Marche s’ouvrira avec Madame Viviane Lambert, mère de Vincent, Maitre Jérôme Triomphe, avocat de ses parents, Professeur Xavier Ducrocq, neurologue, membre du comité d’experts qui a examiné Vincent Lambert.

Cette présence de proches de Vincent Lambert vise à rappeler à la conscience collective la valeur de la vie humaine et l’urgence de la protéger d’une culture de mort.

C’est pourquoi, la grande mobilisation nationale Marche pour la Vie appelle les citoyens à manifester ce dimanche 25 janvier à 13h30 place de la Bastille.

La MARCHE POUR LA VIE est une mobilisation annuelle qui depuis 10 ans appelle les citoyens à manifester à Paris au mois de janvier, pour exprimer leur opposition au dérèglement bioéthique initié par la loi sur l’avortement.

Source : enmarchepourlavie.fr

 

 

L'affaire Vincent Lambert pose des questions inédites à la CEDH

par genethique.org, 08/01/2015

Les 17 juges de la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) ont entendu hier les plaidoiries des parties en présence dans l'affaire Vincent Lambert, dans une "salle comble".

L'ambiance était solennelle. "Vous êtes le dernier des remparts", a dit à la cour Me Jérôme Triomphe, avocat des parents Lambert et de deux frère et sœur, "les garants des droits de l'homme", "nous ne nous battons pas pour un légume ou contre sa volonté mais pour un être humain, vous êtes la cour de l'être humain". L'avocat de Rachel Lambert, Me Laurent Petteti, a conclu par les mots de sa cliente : "En acceptant de le laisser partir, je lui sauve la vie", c’"est ma dernière preuve d'amour pour lui".

À la fin de l'audience, seul le juge maltais Vincent A. De Gaetano a posé des questions, notamment au sujet de la demande des parents de Vincent Lambert qui veulent son transfert dans une unité de vie spécialisée. Il a demandé : "Quel était l'obstacle juridique pour ne pas réaliser ce transfert ? Je n'ai pas compris…" "En réalité aucun", lui a-t-on répondu.

Maitre Paillot confiant 

Interrogé par Famille Chrétienne, Me Paillot, avocat des parents de Vincent Lambert s'est déclaré confiant. "Les éléments que nous invoquons sont majeurs":  absence de preuves sérieuses sur la volonté de Vincent Lambert, défaut de sécurité juridique induit par l'absence de définition, dans l'actuelle loi Leonetti, des termes de "soin" et "traitement", ...Sur ce dernier point, il estime que la proposition du rapport Claeys-Leonetti qui considère l'alimentation artificielle comme un traitement est une "absurdité juridique", tant que "soin" et "traitement" ne seront pas définis, et une "absurdité médicale" car l'alimentation artificielle revêt plusieurs formes impliquant un suivi médical plus ou moins intense. "Le fait de retenir que toute alimentation artificielle serait un traitement n'est pas fondé sur la réalité des actes posés, mais sur la finalité recherchée : mettre fin à une vie".

"Cette affaire pose des questions juridiques qui n'avaient jusqu'à présent jamais été posées à la cour" précise Me Paillot, notamment sur l'articulation entre les articles 2 (droit à la vie) et 8 (prise en compte de la volonté des personnes en fin de vie) de la Convention européenne des droits de l'homme. 

Les 17 juges de la Grande Chambre de la CEDH rendront leur jugement dans un à deux mois.

Source: 

Le Figaro (Delphine de Mallevoüe) 08/01/2015 - Famille Chrétienne (Antoine Pasquier) 08/01/2015

 

"Vincent Lambert est dans un univers carcéral"

par Fabienne Cosnay et Frédéric Michel, 06/01/2015

TÉMOIGNAGE E1 - Les parents du tétraplégique en état végétatif souhaitent que leur fils soit transféré. Un médecin critique les soins qui lui sont actuellement prodigués.

La Cour européenne des droits de l'Homme se penche mercredi sur le sort de Vincent Lambert, un tétraplégique de 38 ans plongé dans un état végétatif, devenu l'objet d'une tragédie familiale et d'un débat de société. Les juges de Strasbourg vont examiner, lors d'une audience, le conflit entre son épouse Rachel, qui souhaite le "laisser partir", et ses parents, qui refusent l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation artificielles de leur fils, indispensables pour le maintenir en vie.

S'ils obtiennent gain de cause auprès de la CEDH, les parents de Vincent Lambert souhaitent que leur fils soit pris en charge dans un nouvel établissement médical, la Maison de santé Bethel à Oberhausbergen, située près de Strasbourg.

"Un univers carcéral". Aujourd'hui, Vincent Lambert est hospitalisé au CHU de Reims dans "une structure de soins palliatifs de qualité" mais "dont les objectifs ne sont pas bons", assure à Europe 1 le docteur Bernard Jeanblanc, chef de service du Pôle Handicap à la Maison de Santé Bethel à Oberhausbergen. Le médecin, qui a pu visiter l'unité où est actuellement hospitalisé l'ancien infirmier décrit "un univers carcéral". "Les portes sont fermées à clef, il faut déposer sa carte d'identité", raconte Bernard Jeanblanc, qui s'est rendu au CHU de Reims il y a trois semaines.


"Vincent Lambert est dans un univers carcéral" par Europe1fr 

"Il n'est pas levé, il n'a pas de rééducation". Surtout, Vincent Lambert ne serait pas du tout stimulé. "Il n'est pas levé, il n'a pas kinésithérapie, il n'a pas de rééducation de sa déglutition alors qu'il a cette possibilité", s'alarme le docteur Jeanblanc. "Tout ceci me paraît absolument irréel dans une véritable unité dédiée", déplore le médecin pour qui "ce n'est pas un accompagnement de fin de vie".

A quoi ressemble la Maison de santé Bethel ? Si Vincent Lambert était transféré à la Maison de santé Bethel à Oberhausbergen, située près de Strasbourg, il serait pris en charge dans une unité qui accueille dix patients d'une quarantaine d'années. Des fauteuils sur mesure ont été conçus pour permettre d'asseoir les malades. Et des retours à domicile sont possibles pour quelques jours.

Source : europe1.fr

 

 

Vincent Lambert "doit être transféré dans un établissement spécialisé"

par Europe1, 07/01/2015

TÉMOIGNAGE E1 - La Cour européenne des droits de l'Homme doit se pencher mercredi sur l’affaire Vincent Lambert. Son demi-frère s’oppose, lui aussi, à l’arrêt des soins.

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) se penche mercredi sur le sort de Vincent Lambert, un tétraplégique de 38 ans plongé dans un état végétatif, devenu l'objet d'une tragédie familiale et d'un débat de société. Les juges de Strasbourg vont examiner le conflit entre son épouse Rachel, qui souhaite le "laisser partir", et ses parents, qui refusent l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation artificielles de leur fils. David Philippon, le demi frère de Vincent Lambert est, lui aussi, opposé à l'arrêt des soins. Il explique à Europe 1 les raisons de son refus.

"Son handicap, pas une raison suffisante". "Vincent n’a jamais exprimé son souhait d’être euthanasié si jamais il était dans une situation de grand handicap", explique son demi-frère, mercredi à Europe 1. "Il est en état de conscience altérée. Vincent est maintenant un grand handicapé mais ce n’est pas une raison suffisante pour engager le processus d’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation".

"Transférer Vincent dans un établissement spécialisé". Avant le début des audiences devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) mercredi, le demi-frère de Vincent Lambert, David Philippon, réaffirme ses volontés : "j’attends de la CEDH qu’elle arrête cette folie qui est engagée depuis plusieurs mois et qu’on reconnaisse vraiment Vincent dans sa dignité". Et de poursuivre : "au-delà même de la situation de Vincent, il y a aussi toutes ces autres personnes qui sont dans la même situation, on en compte aux alentours de 1.700-2.000 dans toute la France. J’aimerais vraiment que Vincent puisse être transféré dans un établissement réellement spécialisé à sa situation".

Une décision dans un à deux mois. Mais il faudra encore attendre pour connaître l'épilogue de ce feuilleton judiciaire à rebondissements. La Grande chambre de la CEDH ne devant rendre son arrêt que "dans au moins un à deux mois". Mais l'institution va tout de même faire un gros effort, les délais étant normalement beaucoup plus longs.

Source : europe1.fr

 

 

Un "projet de vie" pour les patients en état végétatif

par Le Parisien, 04/01/2015

Les regards sont figés, les corps immobiles, mais "on fait comme s'ils étaient conscients": l'établissement où les parents de Vincent Lambert souhaitaient que leur fils soit accueilli, près de Strasbourg, bâtit des "projets de vie" pour des patients à la conscience altérée.

Sophie caresse tendrement le visage de son mari (leurs prénoms ont été modifiés).

"Réveille-toi, tu as de la visite, ça va?". Les yeux s'ouvrent, mais il n'y aura pas de réponse. Olivier, 60 ans, est plongé dans un état végétatif depuis un accident de la route, il y a quatre ans.

Nourri et hydraté artificiellement, il respire sans assistance, à l'image des neuf autres patients de l'Unité de vie spécialisée (UVS) de la maison Béthel, un établissement privé à but non lucratif installé à Oberhausbergen. "Il peut encore vivre longtemps, il n'a jamais eu une vie aussi saine", plaisante Sophie, qui ramène son mari à leur domicile tous les week-ends.

Sur un ton plus grave, cette ancienne infirmière dit qu'elle sait qu'il "ne reparlera pas et ne remarchera pas". "Je ne sais pas ce qu'il peut comprendre, mais une relation différente s'installe, il continue à faire partie de nos vies", confie-t-elle, racontant que son petit-fils de 4 ans l'appelle son "papy qui parle pas".

Olivier est l'un des premiers à avoir intégré l'une des dix chambres spacieuses de l'UVS, semblables à celles de la confortable maison de retraite attenante, mais accueillant des patients de tout âge, en état "de conscience minimale" ou en état "végétatif chronique".

Dans les pièces voisines, d'autres destins brisés: sur une porte entrouverte, on peut lire le mot d'un enfant pour sa "maman d'amour" alitée, et de l'autre côté du couloir, un patient de 35 ans est en état végétatif depuis une noyade à l'âge de cinq ans.

Dans une autre unité de l'établissement, consacrée à des patients dépendants mais conscients, le Dr Bernard Jeanblanc, médecin-chef de l'UVS, présente Nassim, 21 ans. Ce patient tétraplégique, qui l'accueille avec un large sourire, avait été diagnostiqué fin 2011 en état végétatif chronique, mais il a récupéré ses capacités intellectuelles depuis un an.

"C'est un cas extrêmement rare" et certains "pourraient remettre en cause le diagnostic primitif" pour l'expliquer, souligne M. Jeanblanc, pour ne pas donner de faux espoirs aux familles des patients à la conscience altérée.

Mais même si leur état est normalement irréversible, "le degré de conscience de ces patients est très difficile à évaluer", explique cet ancien réanimateur hospitalier. Et face à ce doute, "on fait comme s'ils étaient conscients".

Le personnel de l'UVS a ainsi pour consigne de s'adresser à eux comme à tout le monde. Ils sont assis tous les jours dans des fauteuils sur mesure, et pour relaxer leurs corps plusieurs séances de kinésithérapie sont programmées chaque semaine.

Pour chacun, un "projet de vie" est élaboré avec les familles: les histoires qu'elles racontent, les photos dont elles peuvent tapisser les chambres visent à éviter toute "dépersonnalisation" de ces patients immobiles et silencieux.

En France, des petites unités comme celle d'Oberhausbergen accueilleraient au total entre 1.500 et 2.000 patients à la conscience altérée, évalue M. Jeanblanc. Mais "trop souvent", juge-t-il, ces patients se retrouvent dans des structures peu adaptées, comme des unités de soins palliatifs.

"Ils ne sont pourtant pas du tout en fin de vie", insiste-t-il, faisant le parallèle avec le cas de Vincent Lambert, qu'il connaît bien. Les parents du tétraplégique de 38 ans, en état végétatif et hospitalisé en soins palliatifs à Reims, auraient souhaité qu'il soit transféré dans le service du Dr Jeanblanc, qui avait donné son accord.

Pour lui, Vincent n'est pas pris en charge "correctement" et "il y a eu un abus du pouvoir du corps médical" dans la décision d'arrêter ses soins alors que sa famille est divisée. Dans une structure adaptée, avec "un projet de vie", "il n'existe pas de demande d'arrêt des soins" de la part des familles, affirme le médecin.

Source : leparisien.fr

 

 

Vincent Lambert: au nom de la vérité, ne condamnons pas l’intouchable.

par le Professeur Xavier Ducrocq , 02/01/2015

Le savez-vous ? Le 24 juin 2014, la peine de mort a été rétablie en France.
Elle l’a été, sans consultation du pouvoir législatif ni des citoyens, à l’encontre de Vincent Lambert.
Vincent Lambert n’est pas un terroriste. Il n’a jamais posé de bombe dans un lieu public afin de massacrer des innocents. Vincent Lambert n’est pas un tueur en série récidiviste. Il n’a jamais fait de mal à personne.
Si Vincent Lambert était un assassin ou un terroriste, si, en France, il encourait encore la peine de mort, il se rencontrerait des médias, des groupes de pression, des grandes consciences, partout dans le monde, pour élever la voix, prendre sa défense et tenter d’empêcher son exécution.
Mais Vincent Lambert n’est ni un assassin ni un terroriste. Vincent Lambert est, seulement, un grand handicapé. C’est l’unique raison pour laquelle, le 24 juin dernier, le Conseil d’État a autorisé ses médecins à le laisser mourir de faim. Pour en arriver à cette décision, et nous convaincre qu’elle était la seule bonne, digne et humaine, on nous a dit que :
- Vincent était plongé dans une inconscience dont il ne sortirait plus. C’est faux.
Vincent est conscient. Dans un état de conscience différent du nôtre, certes, mais conscient. À l’instar des autres personnes dans cet état dit pauci relationnel, Vincent perçoit son environnement, il éprouve des émotions, des sentiments, des douleurs, des angoisses, peut-être des joies. Simplement il n’est plus capable de les exprimer d’une manière qui nous soit compréhensible. Vincent n’est plus « comme nous », il n’a pas cessé pour autant d’être l’un de nous.
- Les mêmes qui nous ont dit que Vincent n’était plus conscient nous disent aussi, pour contradictoire que cela soit, qu’il a « manifesté son désir de mourir ». C’est faux.
Vincent n’a jamais pu « exprimer » de manière sûre et fiable, comme l’ont d’ailleurs constaté les experts mandatés par le Conseil d’État afin de l’examiner, une telle volonté. Vouloir lui faire « dire » qu’il « désire mourir » revient à projeter sur lui les vœux d’autrui.
Vincent n’a pu manifester que des signes d’inconfort, de douleur, de désagréments divers liés à son handicap, qu’il était possible de soulager, pourvu qu’on veuille en prendre la peine. Or, depuis des mois, au risque choisi d’aggraver ses souffrances, Vincent est prisonnier de sa chambre d’hôpital, avec ses quatre murs pour seul horizon, sciemment privé des soins qui lui sont nécessaires et susceptibles de rendre plus tolérable son état : kinésithérapie, orthophonie, mise à disposition d’un fauteuil ergonomique qui rendrait confortable la position assise, stimulations sensorielles, sorties ... Les visites de ses parents et ses proches sont étroitement surveillées.
Pourtant, Vincent ne se laisse pas mourir.
Une fois déjà, ses médecins ont pris sur eux de cesser de l’alimenter. Trente et un jours, Vincent a été privé de nutrition. D’ordinaire, il n’en faut pas tant pour qu’un patient « qui veut mourir » décède, en effet. Vincent, lui, n’est pas mort.
- On nous a dit que Vincent avait exprimé, avant l’accident qui l’a laissé handicapé, « sa volonté d’être euthanasié s’il devait un jour se retrouver dans cet état ». C’est faux.
Outre qu’il n’existe aucune trace écrite d’un tel choix, alors que Vincent, travaillant en milieu hospitalier, savait la nécessité de l’exprimer de manière incontestable, il n’a fait lobjet d’aucun acharnement thérapeutique. Personne ne s’acharne, contre tout bon sens et toute pitié, à le maintenir en vie.
Vincent vit.
Il n’a pas besoin d’être « maintenu artificiellement en vie ». Il respire seul, n’est relié à aucun appareil dont le débranchement entraînerait l’arrêt immédiat de ses fonctions vitales et, s’il est nourri par sonde stomacale, il s’agit d’un choix de commodité, non d’une nécessité puisqu’il a récupéré la faculté de déglutir et qu’il pourrait donc boire et s’alimenter. Ce qu’il fait, d’ailleurs, lorsque ses proches lui donnent un peu de soda ou de gâteau.
- On nous a dit que Vincent « était en fin de vie » et qu’il fallait abréger ses souffrances. C’est faux.
Vincent ne risque pas de mourir, en tout cas pas de mort naturelle. Vincent n’est pas malade, Vincent n’est pas à l’agonie. Vincent est handicapé. Dans l’incapacité de pourvoir à ses propres besoins. Comme un nouveau-né. Et, comme un nouveau-né que l’on « oublierait » de nourrir, si Vincent, comme le Conseil d’État l’a permis, est privé de manger, il mourra, lentement, de dénutrition. Ce qui n’est pas une mort rapide, ni « bonne », ni douce ni clémente.
On nous a trop menti au sujet de Vincent.
La vérité est que Vincent est handicapé. Lourdement. Très lourdement. La vérité est que ses chances de redevenir un jour « comme nous » sont minces, même si elles existent. La vérité est que Vincent fait peur.
Il fait peur parce qu’il nous renvoie à notre propre fragilité, notre propre vulnérabilité, notre propre faiblesse, à notre condition mortelle. Et que cela nous est insupportable.
Mais, en tuant Vincent et ceux qui lui ressemblent, nous n’en finirons ni avec notre fragilité, ni avec notre vulnérabilité, ni avec notre faiblesse. Encore moins avec notre condition mortelle. Nous ne ferons que les rendre plus lourdes et plus pénibles, parce que nous aurons renoncé à ce qui faisait notre humanité, c’est-à-dire l’attention, le soin, la compassion et l’aide dus aux plus petits, aux plus faibles et aux plus désarmés.
Vincent ne demande pas qu’on le tue. Il a besoin qu’on l’aime. Comme il est.
Si nous lui refusons cet amour, au nom de considérations « humanistes et compassionnelles », à qui d’autres, demain, le refuserons-nous ?
Quelle autre vie nous semblera soudain indigne, selon nos critères de bien-portants, d’être vécue ? Qui d’autre supprimerons-nous pour crime de non-conformité avec les idéaux de notre société ?
Et qui, quelle commission s’arrogera le droit de définir ce qu’est une vie « digne d’être vécue » ?
Si nous laissons rétablir la peine de mort pour Vincent Lambert, ne venons pas, le jour où d’autres estimeront à notre place que notre vie, ou celle d’un être cher, a perdu toute valeur, ne venons surtout pas dire : « Je ne savais pas ! »

 

 

Reçu ce jour avec la tribune du Professeur Xavier Ducrocq :

"A DIFFUSER

Le 7 janvier prochain, la cour européenne des droits de l’homme doit se prononcer sur le cas de Vincent Lambert, ce jeune accidenté de la route en état pauci relationnel dont, le 24 juin dernier, le Conseil d’État a autorisé la mise à mort par privation de nourriture.

Si cette instance supranationale devait entériner l’arrêt du Conseil d’État autorisant à laisser mourir Vincent, ou si la France, désavouée, décidait de passer outre à ce jugement et d’exécuter ses propres décisions juridiques, ce ne serait pas seulement un drame pour Vincent, pour ses parents et ses proches qui se battent afin d’empêcher ce dénouement.

Ce serait un drame pour chacun d’entre nous et pour notre civilisation tout entière.

Car Vincent n’est pas « en fin de vie », car Vincent n’a pas demandé le « droit de mourir dans la dignité ». D’autres ont décidé à sa place que sa vie, telle qu’elle est aujourd’hui, ne mérite plus d’être vécue.

Si nous laissons sans mot dire exécuter cette décision de justice, si Vincent, et ceux qui sont dans le même état que lui, doivent mourir uniquement parce qu’ils sont lourdement handicapés, qui d’autre, demain, deviendra, à son tour, la cible de cette « compassion » meurtrière ? Qui décidera, et sur quels critères, de la valeur de nos vies et de celles de nos proches ?

Parce que nous pouvons tous être concernés, parce que nous ne voulons pas d’une société où Vincent, et tant d’autres, parce qu’ils sont faibles, malades, handicapés, âgés, n’auraient plus leur place, diffusons, signons, faisons signer ce texte !

EN UTILISANT CETTE ADRESSE MAIL avec vos Noms et Prénoms : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Précisez le cas échéant vos qualités socioprofessionnelles (professions de santé, juristes, journalistes, élus, ecclésiastiques, universitaires, chefs d’entreprise, enseignants, officiers, artistes, écrivains, etc.)"

 

 

Neuvaine de prière pour Vincent Lambert

Le 7 janvier prochain, la cour européenne des droits de l'homme jugera le cas de Vincent Lambert, ce jeune homme qui, handicapé à la suite d'un accident, est conscient mais sans moyen de se nourrir seul, ni de communiquer.

La "justice" française l'a condamné à mourir de façon atroce, de faim et de soif. Sa dernière chance réside dans le fait que la cour européenne des droits de l'homme défende... la dignité de tout être humain, même malade, même handicapé.

Par ailleurs, comme vous le savez, après le jugement concernant "l'affaire Lambert", le mois de janvier sera particulièrement charge et menaçant pour la dignité de nos frères humains les plus fragiles. Le gouvernement actuel a notamment décidé de resouder sa majorité sur le dos des vieillards, des malades et des handicapés qu'il considère manifestement comme des "parasites" et des "poids lourds" pour la Sécu.

Face à ces démons homicides, les catholiques de France ont le devoir de résister. Et ils ont, en particulier, à leur disposition des armes efficaces que le Fils de Dieu Lui-même nous a conseillées: le jeune et la prière.

En attendant de nous retrouver à la Marche pour la Vie du 25 janvier prochain, nous vous invitons donc à vous joindre à notre neuvaine pour Vincent Lambert et pour éloigner de la France le fléau de l'euthanasie active, en récitant chaque jour une dizaine de chapelet à ces intentions et, si cela vous est possible, en jeûnant une fois au cours de ces neuf jours.

Nous réciterons cette neuvaine du 28 décembre, fête des saints Innocents, au 5 janvier, veille de l'Epiphanie et donc veille du jour où nous fêtons la première manifestation de la gloire de Notre-Seigneur, qui a déjà vaincu la mort.

Source : lesalonbeige.blogs.com

 

 

« Fin de vie » : surtout ne rien vouloir savoir des « états végétatifs chroniques »

par Jean-Yves Nau, 18/11/2014

Bonjour

Silence. C’est une surdité que l’on comprend mal chez deux parlementaires que l’on imaginait plus ouverts. Dans quelques jours Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS)  rendront publiques les conclusions de la mission parlementaire sur l’accompagnement de la fin de vie qui leur a été confiée. C’est l’heure des sondages qui ne veulent rien dire, des émissions de télévision parfois caricaturales.

Trois points …

Le gouvernement a promis de présenter un nouveau texte de loi sur la fin de vie – texte qui pourrait être déposé au Parlement autour du mois de mars.  La Croix  (Flore Thomasset, Dominique Quinio) vient de faire le point sur les questions en suspens Selon Jean Leonetti, il resterait trois points à éclaircir :

 Les soins palliatifs. La mission parlementaire se prononcera vraisemblablement en faveur d’une« diffusion de la culture palliative »

Les directives anticipées. Doivent-elles devenir « opposables », s’imposer au médecin ? Jean Leonetti s’était déjà exprimé en faveur de cette option en 2008, dans son rapport d’évaluation. L’opposabilité des directives anticipées fait débat. Sans doute bouleverserait-elle un peu plus l’équilibre des rapports médecins-malades.

La sédation terminale. La question se poserait d’en faire un « droit ». Pour certains ce droit  ouvrirait une brèche vers l’euthanasie.

Reste, entière, la question du « droit au suicide assisté ». Quant à l’euthanasie proprement dite, Dominique Quinio estime que « les défenseurs d’un droit à l’euthanasie seront déçus des conclusions de la mission ». D’autres sont également déçus : celles et ceux qui représentent les personnes ayant été victimes d’un traumatisme crânien, personnes cérébro-lésées et dans différentes situations de handicap profond – des personnes réunies sous la dénomination réductrice « d’état végétatif chronique » (états pauci-relationnel).

Vincent Lambert

On se souvient des controverses violentes suscitées ces derniers mois par l’affaire Vincent Lambert et par la décision du Conseil d’Etat prononçant un jugement de cessation de l’alimentation et de l’hydratation aujourd’hui contesté devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

Jean Leonetti et Alain Claeys ne semblent guère s’intéresser à ce sujet que l’on peut raisonnablement considérer comme important. La « loi Leonetti » de 2005 s’applique-t-elle à ces personnes handicapées qui ne sont objectivement pas « en fin de vie » – où qui (Orwell) le deviennent si on juge qu’elles le sont…

Absence de réponse

Le Dr Philippe Petit, spécialiste de santé publique est administrateur de l’Union nationale des familles de traumatisés crâniens et cérébro-lésés (UNAFTC) qui, au nom de ces personnes, s’était faite entendre devant le Conseil d’Etat dans le cadre de l’affaire Lambert. L’UNAFTC a tout naturellement demandé à être entendue par les deux parlementaires. En vain.

« Nous n’avons pas eu un refus explicite mais une absence de réponse alors qu’ils ont rajouté une séance pour une autre association et qu’ils ont annoncé qu’ils rendraient leur rapport début décembre » nous a expliqué le Dr Petit.

Nous publions ici des extraits de la lettre qu’il a adressée à Jean Leonetti et Alain Claeys :

« Messieurs les députés,

l’UNAFTC (Union Nationale des Associations de Familles de Traumatisés crâniens et de Cérébrolésés) avait sollicité une audition par votre mission sur l’accompagnement de la fin de vie mais cette demande n’a pas été retenue. Nous le regrettons car notre président avait été auditionné en 2005 pour l’évaluation de la Loi dite Leonetti, et nous aurions aimé vous faire part de ce qui a motivé notre action d’intervenant volontaire, admise par le Conseil d’Etat, dans l’affaire Vincent Lambert.

J’ai représenté l’UNAFTC tout au long de cette procédure et encore aujourd’hui devant le CEDH où nous sommes tiers intervenant (…)

Regards croisés

Avec mon épouse et le docteur François Tasseau, j’ai initié une étude qui vient de démarrer sur « la vie au quotidien des personnes accueillies dans les unités EVC/EPR  [état végétatif chronique/états pauci-relationnel].- regards croisés des familles et des professionnels », financée notamment par la CNSA et la FIRAH. Cette étude est menée conjointement par l’UNAFTC (Union Nationale des Associations de Familles de Traumatisés crâniens et de Cérébrolésés), France Traumatisme Crânien (association nationale des professionnels) et le laboratoire de recherche en psychologie de l’université de Rouen.

Notre action, dans l’affaire Lambert, avait pour objectif d’exprimer l’inquiétude des familles que nous représentons qui accompagnent un de leurs membres en état végétatif ou pauci relationnel et qui redoutent de se voir imposer des décisions d’arrêt d’alimentation et d’hydratation. Nous avons quelques témoignages récents de familles qui y ont été confrontées et il y a désormais un sigle, dont l’utilisation se répand, qui permet d’associer dans un raccourci efficace et radical « AHA » avec EVC/EPR.

Grand réconfort

La contribution du CCNE pour le Conseil d’Etat a été pour nous un grand réconfort dans un contexte sociétal où la mort choisie, y compris pour autrui, apparait comme le nouvel Eldorado à conquérir d’urgence. Nous ne sommes pas pour la vie à tout prix, et nous rejoignons le CISS dans sa motion à laquelle nous avons contribué, pour ce qui est de renforcer la place des directives anticipées, dès lors qu’elles ont été formalisées à cet effet : la personne capable de s’exprimer doit être seule à décider pour elle-même.

Mais nous pensons que, quand une personne n’est plus en capacité d’exprimer sa volonté, et que la question se pose de poursuivre ou pas une alimentation et une hydratation assistées, en l’absence de directives anticipées ou de désignation d’une personne de confiance, on ne devrait rien pouvoir décider sans avoir rassemblé un consensus autour de la décision, qu’une telle décision ne peut être que collégiale, et qu’elle ne doit pas appartenir au seul médecin : c’est cela que nous voudrions trouver dans la future loi.

Mention spécifique ?

J’ai lu dans une dépêche APM que vous réfléchissiez à une mention spécifique aux états végétatifs dans la future loi « fin de vie ». Les directives anticipées n’ont-elles pas déjà pour objectif de faire connaitre la volonté propre, au cas où on ne serait plus en capacité de l’exprimer ? Est-il nécessaire de stigmatiser encore un peu plus les personnes en EVC/EPR ? Leur situation est-elle différente de celle des grands polyhandicapés de naissance ?

(…) Il  ne s’agit pas d’exhibitionnisme ni de provocation mais simplement de témoigner que l’état végétatif chronique ou pauci-relationnel peut être assez différent de la représentation qu’en ont ceux qui en parlent sans le connaitre, y compris certains décideurs, et s’imaginent des personnes maintenues en survie par des machines et des tuyaux.

Garde-fous

J’espère que le législateur aura la sagesse de mettre quelques garde-fous (au sens littéral) pour protéger ceux qui n’ont plus la parole et n’ont pas écrit avant l’accident qu’il faudrait les aider à mourir. Cela pourrait être d’imposer une vraie décision collégiale (il s’en prend tous les jours sans qu’on soit obligé d’aller devant les tribunaux) et qu’on n’arrête pas des alimentations et hydratations artificielles sans consensus autour de la décision.

La famille peut être déchirée et le médecin n’est pas légitime comme décideur en dernier ressort (je suis médecin et cette toute puissance m’est insupportable). La vraie collégialité décisionnelle est une voie exigeante et difficile. N’est-ce pas, cependant, le prix à payer pour décider d’arrêter la vie sans connaitre la volonté propre de la personne ? Et si on ne parvient pas à se mettre d’accord, ne peut-on pas la laisser s’achever en l’accompagnant comme doit le faire une société civilisée pour les plus fragiles de ses membres ?

Veuillez accepter,  l’expression de mes salutations respectueuses. »

Il n’est pas interdit de penser que, faute d’avoir eu le temps d’écouter leur auteur, MM Leonetti et Claeys liront les lignes qu’il leur a adressées. Pas interdit de penser, non plus, qu’il trouveront le temps de lui répondre.

A demain

Source : jeanyvesnau.com

 

 

 

Le 7 octobre dernier, la chambre de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) initialement saisie de la requête Lambert et autres c. France annonçait qu’elle s’en dessaisissait au profit de la Grande Chambre.

Ce jeudi 6 novembre, la CEDH a indiqué sur son site internet que l'affaire sera examinée "directement devant l'instance suprême de la Cour, la Grande Chambre, de sorte que la décision - qui sera rendue ultérieurement à une date encore non précisée - sera définitive". La date retenue pour l’audience publique a été fixée au 7 janvier 2015. "Une telle procédure est prévue pour les dossiers qui soulèvent une 'question grave' relative à l'interprétation de la Convention européenne des droits de l'homme". Les parents de V. Lambert pouvaient s'y opposer jusqu'à début novembre. Ainsi, formellement, ce n'est que depuis cette date que la Grande Chambre est saisie.

Nicolas Hervieu, juriste spécialiste de la CEDH, précise que "le fait qu'elle annonce quasi immédiatement une date d'audience dans deux mois dénote 'sans conteste une accélération quasi exceptionnelle de la procédure' par rapport à la pratique habituelle de la Cour".

Source : genethique.org

 

 

Les parents de Vincent Lambert demandent son transfert dans un «centre de soins respectueux»

par lesalonbeige, 17/10/2014

Jeudi soir, les avocats des parents de Vincent Lambert déposaient un mémoire rassemblant leurs conclusions devant la CEDH afin que son alimentation ne soit pas stoppée et qu'il soit laissé en vie.

D'autre part, dans ce mémoire, ses parents estiment qu'en dépit de son coma dit "pauci-relationel", Vincent Lambert est encore susceptible de profiter de la vie, d'être "levé, habillé et placé dans un fauteuil, et sorti de sa chambre". Dans un entretien accordé à "20 minutes", Madame Lambert précise qu'elle projette de l'emmener passer les vacances d'été dans leur maison familiale de la Drôme.

Dans la conclusion du rapport, les parents de Vincent Lambert estiment que leur fils ne bénéficie pas de soins "normaux" et demandent qu'il soit transféré immédiatement, en attendant la décision de la CEDH, dans un établissement de soins "plus respectueux", car, disent-ils, «Le seul horizon de Vincent, depuis plus d’un an, est le plafond de sa chambre…»

On espère qu'ils seront entendus.

La Cour européenne des droits de l’homme devrait se réunir, début 2015, pour examiner ce dossier.

Source : lesalonbeige.blogspot.com, 20minutes.fr

 

 

Euthanasie et démocratie

par Adélaïde Pouchol, 10/10/2014

Si l’actualité éthique est en ce moment très portée sur la question de la Gestation pour autrui (GPA), le débat sur la fin de vie n’a pas cessé pour autant, comme en témoignent deux récentes décisions politiques.

Vincent Lambert

On ne présente plus Vincent Lambert, cas emblématique à la fois de l’insuffisance de l’actuelle loi Leonetti sur la fin de vie et de la pression d’une certaine classe politico-médiatique pour légaliser l’euthanasie. Après une longue bataille entre la justice française, les proches de Vincent Lambert voulant son maintien en vie et ceux qui voulaient sa mort, la décision a finalement été confiée à la Cour européenne des Droits de l’homme (CEDH). À l’échelle de la France, l’affaire avait été portée devant la plus haute instance juridique, à savoir le Conseil d’État, lequel avait rendu sa décision (favorable à la mort de Vincent Lambert), immédiatement contestée par les parents du malade et portée devant la justice européenne.

Là encore, c’est un combat de longue haleine, les décisions sont prises au terme de semaines, voire de mois, d’interminable attente. Tous savent que la France et l’Europe ont les yeux rivés sur la justice et que le verdict qui sera rendu sur Vincent Lambert sera décisif dans les débats sur la nouvelle loi sur la fin de vie. Les juges européens marchent sur des œufs. Ils ont donc annoncé le 7 octobre que l’affaire serait confiée à la Grande Chambre de la CEDH, formée de 17 juges.

« Le 7 octobre 2014, la chambre de la Cour européenne des Droits de l’homme à laquelle la requête Lambert et autres c. France (requête n° 46043/14) avait été attribuée a annoncé son intention de se dessaisir en faveur de la Grande Chambre (article 30 de la Convention européenne des Droits de l’homme et article 72 du règlement de la Cour). Les parties, qui en ont été informées, disposent d’un délai d’un mois à partir de la date de cette communication pour soumettre par écrit au greffe une objection dûment motivée. Aux termes de l’article 72 § 2 du règlement, toute objection ne satisfaisant pas auxdites conditions sera considérée par la chambre comme non valable. »

Dans un mois donc, la Grande Chambre pourra statuer si aucune objection n’a été formulée par les parties en présence. Contrairement aux autres instances juridiques, sa décision ne pourra pas être contestée, l’appel ne sera pas possible : une manière de clore définitivement un débat qui n’a que trop duré. La vie de Vincent Lambert dépend donc désormais de 17 juges, soumis à une pression immense, n’ayant pour seul éclairage que la loi positive. Le rétablissement de la peine pourrait se cacher derrière les couleurs de la démocratie et de la justice…

La loi Leonetti

Parallèlement à cela, le débat sur la fin de vie se met en place en France afin de répondre aux insuffisances de la loi en vigueur, qui de fait, laisse certaines questions sans réponse… ou avec des réponses insatisfaisantes. L’alimentation et l’hydratation d’un malade sont-elles des traitements pouvant être interrompus au nom du refus de l’acharnement thérapeutique ou sont-elles des soins dus à toute personne jusqu’à la fin ? Le corps médical peut-il légitimement porter seul la responsabilité de l’arrêt des soins sur un patient ? Quel est le poids des directives anticipées formulées par un patient dans la décision qui sera prise à son égard ? Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, a annoncé la mise en place d’une « consultation numérique des citoyens » sur la fin de vie. Il appelle de ses vœux une « révolution numérique » et estime que « ce ne sera pas simplement un débat participatif mais un échange éclairé grâce à des données qui seront librement mises en ligne. Le débat aboutira à un rapport de synthèse qui sera versé aux documents mis à la disposition du rapporteur. Le projet de loi sur la fin de vie et celui sur le numérique seront les deux textes qui nous permettront d’expérimenter ce nouveau dispositif. »

Est-ce à croire que la loi sera plus juste parce que née d’un processus nouveau et révolutionnaire ? Est-ce parce que de nombreux citoyens se seront prononcés en faveur de l’euthanasie qu’elle sera juste ? C’est l’impasse même du système démocratique où bien et mal, juste et injuste deviennent une question de majorité. En l’occurrence, c’est la vie des personnes qui est suspendue à la loi du nombre. 

Source : hommenouveau.fr

 

 

Affaire Vincent Lambert : la Cour européenne veut réunir directement sa grande chambre

par Aurélie Haroche, 08/10/2014

Strasbourg, le mercredi 8 octobre 2014 – Le 24 juin dernier, quelques heures après la présentation des conclusions du Conseil d’Etat considérant, à propos du cas de Vincent Lambert, que «la décision prise» par son médecin «de mettre fin à son alimentation et à son hydratation artificielles» était conforme à la loi (française), la Cour européenne des droits de l’homme saisie en urgence par les parents de l’infirmier qui souhaitent son maintien en vie suspendait l’exécution du verdict des hauts magistrats. La CEDH acceptait en effet d’examiner le dossier sur le fond, repoussant de plusieurs mois l’issue de cette affaire judiciaire, ayant déjà connu plusieurs rebondissements en France.

Une question grave

Le calendrier esquissé laissait en effet entrevoir une longue période de suspens. Le gouvernement Français disposait ainsi jusqu’au 2 septembre pour présenter ses conclusions, tandis que les parents, le frère et la sœur de Vincent Lambert ont encore jusqu’au 16 octobre pour formuler leurs observations. Cependant, avant cette date, la Cour européenne des droits de l’homme a annoncé hier sa volonté de saisir directement son instance suprême, la Grande chambre, pour statuer sur ce cas. Une telle procédure est déclenchée face aux « questions graves relatives à l’interprétation de la Convention européenne des droits de l’homme » explique l’institution. Ce choix s’impose « lorsque la question posée est inédite ou lorsqu’il y a un risque de divergence de la jurisprudence entre les différentes chambres » explique encore Nicolas Hervieu, juriste au sein du Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux, cité par le Monde. La procédure n’est pas rare : 80 arrêts sur les 329 rendus par la Grande chambre résultaient d’un dessaisissement des autres chambres.

Jusqu’à quinze mois pour rédiger l’arrêt

Une telle décision pourrait avoir une incidence sur le calendrier. En effet, elle empêche la possibilité d’un appel, appel, s’il avait eu lieu, qui aurait encore repoussé l’issue définitive de ce marathon judiciaire. Par ailleurs, confirmant l’importance que les juges européens accordent à cette affaire, ils ont déjà réservé un « créneau » auprès de la grande chambre, afin que l’affaire soit examinée fin janvier. Cependant, la rédaction des arrêts de la Grande chambre nécessite souvent un long travail. A l’issue de l’audience publique, les dix-sept juges qui la composent se retirent pour délibérer et désigner une fois leur position arrêtée celui d’entre eux qui sera chargé de l’élaboration de l’arrêt, qui n’est pas rendu public immédiatement, mais souvent dans un délai pouvant aller jusqu’à quinze mois ! « Cette affaire étant exceptionnelle, il est possible que l'arrêt soit rendu en un mois. Mais c'est un délai incompressible, car cet arrêt, qui comptera 60 à 70 pages, devra être également traduit dans plusieurs langues avant d'être rendu public. Cela ne se fait pas en deux jours » précise Nicolas Hervieu. Autant d’éléments qui font du choix de la Cour européenne de saisir directement la Grande chambre une réponse en demie-teinte aux membres de la famille de Vincent souhaitant l’arrêt des soins et qui depuis plusieurs semaines réclament une accélération de la procédure.

Les parents renonceront-ils au double degré de la juridiction européenne ?

Du côté des parents et du frère et de la sœur opposés à l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation, cette annonce de la Cour n’est pas tout à fait une surprise. « L’affaire étant complexe, la Cour voudra sans doute se réunir en formation plénière » remarquait ainsi il y a quelques jours l’avocat des parents, Jean Paillot, interrogé par 20 minutes. Préparée à cette éventualité, cette partie de la famille du tétraplégique en état végétatif n’a pas encore arrêté sa position face à cette procédure. Elle est en effet en droit de s’y opposer dans un délai d’un mois, notamment parce que cette saisie directe de la Grande chambre supprime un double degré de juridiction. Or « un double regard n'est pas forcément mauvais dans ce dossier » juge Maître Paillot. Si l’avocat a cependant affirmé par ailleurs que les parents souhaitaient eux aussi la rapidité de la procédure (afin de pouvoir si la justice leur donnait raison mettre en place une nouvelle prise en charge pour Vincent expliquent-ils), la décision à prendre est également stratégique. Peuvent-ils supposer qu’il existera une contradiction entre les deux formations (la première considérant la décision du Conseil d’Etat contraire à la convention et la plénière conforme) auquel cas, afin de « bénéficier » d’un nouveau sursis pourraient-ils choisir de contester la saisie de la Grande chambre. Sur ce point, la jurisprudence n’est pas totalement éclairante. Les deux textes invoqués dans ce type d’affaire sont l’article 2 (qui protège le droit à la vie) et l’article 8 (droit au respect de la vie privée) de la Convention européenne des droits de l’homme. Les interprétations de la Cour n’ont nullement pour objectif de déterminer si la position des Etats vis-à-vis de l’euthanasie passive ou active est légitime, mais si les réponses qu’ils donnent à des cas particuliers sont conformes à la convention. A cet égard la Cour européenne a déjà souligné que l’article 2 « ne saurait (…) être interprétée comme conférant un droit (…) à mourir ». Une telle lecture pourrait être favorable aux parents de Vincent Lambert. Cependant, pour sa part le Conseil d’Etat a considéré dans sa décision que « la loi dite Leonetti est compatible avec la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales dont l’article 2 protège le droit à la vie ».

Un débat juridique international d'une extrême complexité vient donc se superposer, pour ne pas dire se substituer, à la question éthique qui a agité la France au printemps.   

Aurélie Haroche

Source : jim.fr