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Autres paroles catholiques

Cardinal Gerhard Müller : euthanasie toxique

 

"L'euthanasie crée des pathologies sociales toxiques", selon le cardinal Müller

par Agence I.Media, 17/05/2017

Le Saint-Siège en bref : La légalisation de l’euthanasie est “tragique”, “toxique” et “mortelle” pour les plus faibles, affirme le cardinal Müller

Cardinal Müller sur l’euthanasie : La décision du Canada de légaliser l’euthanasie est “tragique” et “n’est pas seulement mauvaise en soit, mais crée aussi des pathologies sociales toxiques et mortelles qui affligent les plus faibles de la société”, a déclaré le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi, le 15 mai 2017, rapporte le site canadien The Catholic register le 16 mai. Le haut prélat s’exprimait à Toronto (Canada) devant des bioéthiciens, théologiens, docteurs et infirmières. Il a appelé à inciter les citoyens à s’engager pour l’abrogation la loi. En juin 2016, le parlement canadien avait adopté une loi légalisant “l'aide médicale à mourir” pour les personnes de plus de 18 ans, atteintes d'une maladie en phase terminale et dont la mort est “raisonnablement prévisible”.

Source : imedia-info.org

 

Cardinal Elio Sgreccia : euthanasie et considérations économiques

 

Le Cardinal Sgreccia dénonce les motifs de l’euthanasie

par Cardinal Elio Sgreccia, 03/05/2017 (extrait)

Le Cardinal Sgreccia est préfet émérite de l'Académie pontificale pour la vie. Dans un interview donné au quotidien italien La Repubblica le 3 mai 2017, il revient sur la question de l'euthanasie et du suicide assisté suite à la mort de DJ Fabo.

"Il faut aussi comprendre les motifs qui se trouvent derrière la pratique de l'euthanasie ou qui peuvent favoriser le suicide assisté.

Il y a aussi la question qu'étant donné le vieillissement croissant de notre société, il peut y avoir le souhait d'économiser en ne dépensant pas l'argent nécessaire aux soins. Tout cela n'est néanmoins pas admissible.

Si tout est gouverné par le fait de vouloir économiser de l'argent, alors nous ne sommes rien de plus que de la marchandise jetable."

Source : repubblica.it    (traduction : site.christophore.com)

 

Mgr Bernardito Auza : les personnes âgées à l’avant-garde de nos politiques de développement

 

ONU: le « respect de la vie » doit « guider » les politiques, par Mgr Bernardito Auza

Intervention à la 50e session de la Commission sur la population et le développement


« Le respect de la vie, du moment de la conception à la mort naturelle » doit « guider » les politiques, a réaffirmé Mgr Bernardito Auza.

L’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies est intervenu à la Cinquantième session de la Commission sur la population et le développement sur le thème « Modification des structures de l’âge de la population et développement durable », le 5 avril 2017, à New York.

Le respect de la vie doit « guider les politiques mises en place par les gouvernements pour s’assurer qu’ils bénéficient de ‘dividendes démographiques’ », a dit Mgr Auza. Il a appelé à investir « non seulement dans l’éducation et les soins de santé, mais aussi dans un logement et un assainissement adéquats et dans l’accès à l’eau potable ». « Ces investissements répondent mieux aux causes profondes des conflits, de la pénurie de ressources et de la sur-urbanisation », a-t-il souligné.

« Ce droit à la vie, a poursuivi le nonce,  doit aussi nous amener à garder les personnes âgées, les personnes handicapées et les plus vulnérables à l’avant-garde de nos politiques de développement. » Il a affirmé qu’ils devraient « être habilités par la société à intégrer et participer pleinement à tous les aspects de la vie » et que « leur valeur inhérente ne doit pas être réduite à la question de savoir ce qu’ils peuvent produire ou à leur capacité physique ».

Voici notre traduction complète de l’intervention de Mgr Bernardito Auza.

Intervention de Mgr Bernardito Auza : 

Madame la Présidente,

Comme l’a souligné le récent rapport du Secrétaire général intitulé Modification des structures de l’âge de la population et développement durable (E / CN.9 / 2017/2), le monde continue de connaître des changements importants dans la répartition de la population selon l’âge et passe de populations plus jeunes en croissance, associées à des taux élevés de fécondité et de faible mortalité, à des populations ayant une nombre proportionnellement plus important de personnes âgées, liées à des niveaux de fécondité et de longévité beaucoup plus faibles, avec des conséquences marquées au niveau de la consommation et du rythme de la croissance économique. Bien que ces changements démographiques présentent un nouvel ensemble de défis et d’opportunités, le développement durable, l’élimination de la pauvreté et la défense de la dignité de la personne humaine doivent rester essentiels à notre réponse collective.

Pendant des décennies, le discours sur une bombe démographique imminente a conduit certains gouvernements à adopter des politiques qui encouragent les mesures de contrôle de la population, certaines draconiennes, comme la réponse la plus simple à la peur de la pénurie de ressources et du sous-développement. Tout en notant la complexité des problèmes en jeu, ma délégation souhaite souligner la nécessité de prendre en compte les différentes situations régionales et même spécifiques aux pays. Par exemple, les populations de certains pays continueront d’augmenter à court terme; d’autres se stabilisent autour d’une croissance nulle; et d’autres encore ont commencé à expérimenter un déclin démographique en spirale, avec les défis qui se posent de fournir des protections et des soins sociaux adéquats pour les personnes âgées, ainsi qu’un emploi significatif pour les jeunes face à une croissance économique stagnante due au vieillissement et au déclin de la population.

Madame la Présidente,

Bien qu’il soit vrai qu’une répartition inégale de la population et des ressources crée des obstacles au développement et à l’utilisation durable de l’environnement, il faut aussi reconnaître que la croissance démographique est totalement compatible avec la prospérité partagée. Les ressources sont suffisantes, mais elles sont souvent utilisées de manière inefficace et mal distribuées. Le monde développé, avec un niveau élevé de consommation et un faible niveau de pauvreté, est souvent responsable des déséquilibres commerciaux, de la répartition inéquitable des ressources et de la dégradation de l’environnement.

La corruption, les conflits prolongés et d’autres catastrophes causées par l’homme, en particulier dans le monde en développement, font beaucoup plus pour perpétuer l’injustice et enraciner la pauvreté qu’une population saine et en pleine croissance. En ce qui concerne ces causes profondes, qui influent sur le problème du développement durable, les meilleures réponses sont la solidarité, la paix et la sécurité. Cela présuppose, cependant, un changement considérable dans les politiques tant des pays développés que des pays en développement, en particulier en termes d’investissement dans le temps, les ressources et les politiques.

Madame la Présidente,

La transition démographique s’est produite dans le monde développé avant qu’il n’ait accès aux méthodes modernes de contraception. Elle s’est réalisée avec des progrès économiques et technologiques, ainsi que des investissements dans l’éducation, l’infrastructure et les institutions. Il est bien connu que la croissance économique correspond à des taux de fécondité plus faibles et que, lorsqu’elle est accompagnée d’investissements dans l’éducation et la santé, elle augmente la productivité et le bien-être des sociétés. Alors que la parentalité responsable et le comportement sexuel sont toujours des impératifs moraux, la réglementation coercitive de la fécondité, surtout sous le couvert de l’autonomisation et des droits, porte atteinte à la liberté et à la responsabilité individuelle. Le respect de la vie, du moment de la conception à la mort naturelle, même face au grand défi de la naissance, doit toujours informer les politiques, surtout en ce qui concerne l’aide internationale, qui devrait être mise à disposition selon les priorités réelles de la nation d’accueil, et non par une volonté imposée du donateur.

Ce respect pour la vie doit également guider les politiques mises en place par les gouvernements pour s’assurer qu’ils bénéficient de « dividendes démographiques ». L’investissement est le mieux placé non seulement dans l’éducation et les soins de santé, mais aussi dans un logement et un assainissement adéquats et dans l’accès à l’eau potable, en particulier dans les pays en développement. Ces investissements répondent mieux aux causes profondes des conflits, de la pénurie de ressources et de la sur-urbanisation. Ce sont les investissements qui rendront nos jeunes autonomes.

Ce droit à la vie doit aussi nous amener à garder les personnes âgées, les personnes handicapées et les plus vulnérables à l’avant-garde de nos politiques de développement. Non seulement ils doivent être habilités par la société à intégrer et participer pleinement à tous les aspects de la vie, mais leur valeur inhérente ne doit pas être réduite à la question de savoir ce qu’ils peuvent produire ou à leur capacité physique. Ne laisser personne en arrière signifie également reconnaître que la valeur de chaque personne est supérieure à sa contribution économique et que nos charges sont censées être partagées. Nous devons partir d’une approche du développement plus durable et axée sur l’homme, enracinée dans la solidarité et la responsabilité authentique pour les besoins de tous, en particulier des plus vulnérables.

Merci, Madame la Présidente.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

Source : zenit.org

 

Jean-Paul II : les personnes âgées, bénédiction de Dieu

 

MESSAGE DE SA SAINTETÉ
JEAN-PAUL II
POUR LE CARÊME 2005

Très chers Frères et Sœurs !

1. Chaque année, le Carême se propose à nous comme un temps propice à l'intensification de la prière et de la pénitence, en ouvrant notre cœur pour accueillir docilement la volonté divine. Le Carême nous indique un itinéraire spirituel qui nous prépare à revivre le grand mystère de la mort et de la résurrection du Christ, à travers surtout une écoute plus assidue de la Parole de Dieu et la pratique plus généreuse de la mortification, grâce à laquelle il nous est possible d'aider davantage notre prochain dans le besoin.

Je désire, cette année, proposer à votre attention, chers Frères et Sœurs, un thème plus que jamais actuel, et qui se trouve bien illustré par les versets suivants du Deutéronome : "Car là est ta vie, ainsi que la longue durée de ton séjour sur la terre " (30,20). Ce sont les mots que Moïse adresse au peuple pour l'inviter à nouer l'alliance avec Yahvé dans le pays de Moab, "pour que toi et ta postérité vous viviez, aimant Yahvé ton Dieu, écoutant sa voix, t'attachant a lui" (30,19-20). La fidélité à cette alliance divine est pour Israël la garantie de l’avenir "sur la terre que Yahvé a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de leur donner" (30,20). Dans la vision de la Bible, atteindre l'âge mûr est un signe de la bénédiction aimante du Très-Haut. La longévité apparaît ainsi comme un don divin particulier.

Je voudrais vous inviter à réfléchir sur ce thème pendant le Carême, pour approfondir la conscience du rôle que les personnes âgées sont appelées à jouer dans la société et dans l'Eglise, et pour disposer ainsi votre âme à cet accueil aimant qu'elles doivent recevoir. Dans la société moderne, grâce aussi à la contribution des sciences et de la médecine, on constate un prolongement de la vie humaine et, par conséquent, une augmentation du nombre des personnes âgées. Cela demande une attention plus spécifique au monde  dit du "troisième âge", afin d'aider ses membres à vivre pleinement leurs potentialités, en les mettant au service de la communauté tout entière. Les fidèles doivent avoir à cœur de soigner les personnes âgées, surtout lorsqu'elles connaissent des moments difficiles, spécialement dans les Communautés ecclésiales des sociétés occidentales, où le problème existe de façon particulière.

2. La vie de l'homme est un don précieux, qu'il faut aimer et défendre dans chacune de ses étapes. Le commandement "Tu ne tueras pas" demande qu'elle soit respectée et promue, toujours, depuis son début jusqu'à son crépuscule naturel. C'est un commandement qui vaut aussi en présence de la maladie, et lorsque l'affaiblissement de ses forces réduit l'être humain à ne plus être autonome. Si le vieillissement et ses limites inévitables sont accueillis en toute sérénité, à la lumière de la foi, ils peuvent devenir de précieuses occasions pour mieux comprendre le mystère de la Croix qui donne pleinement son sens à l'existence humaine.

La personne âgée a besoin d'être comprise et aidée dans cette perspective. Je veux dire ici combien j'apprécie tous ceux qui font leur possible pour satisfaire ces exigences et j'exhorte aussi toutes les personnes de bonne volonté à vouloir profiter du Carême pour apporter leur contribution personnelle. Cela permettra à bien des personnes âgées de ne pas se sentir un poids pour la communauté et, parfois même, pour leurs familles, dans une situation de solitude qui les expose à la tentation de se refermer sur soi et de se décourager.

Il faut s'engager à faire grandir dans l'opinion publique la conscience que les personnes âgées constituent, dans tous les cas, une ressource qui doit être mise en valeur. Aussi, faut-il renforcer les soutiens économiques et les initiatives législatives qui leur permettent de ne pas être exclues de la vie sociale. Pour dire la vérité, au cours des dernières décennies, la société est devenue plus attentive à leurs exigences, et la médecine a développé des soins palliatifs qui, dans une approche intégrale du malade, se révèlent particulièrement bénéfiques pour les malades hospitalisés à long terme.

3. Disposant de plus de temps à ce stade de leur existence, les personnes âgées ont l'occasion d'affronter des questions de fond qui avaient été sans doute négligées auparavant, en raison d'intérêts pressants ou reconnus comme prioritaires. La conscience de se rapprocher du but final pousse les personnes âgées à se concentrer sur ce qui est essentiel, en reconnaissant l'importance de tout ce qui n'est pas détruit par l'usure des ans.

C'est justement à cause de la condition qui est la leur que les personnes âgées peuvent jouer un rôle dans la société. S'il est vrai que chacun et chacune vit de l'héritage de ceux qui l'ont précédé, et que son avenir dépend de façon déterminante de la manière dont lui ont été transmises les valeurs de la culture de son peuple d'appartenance, la sagesse et l'expérience des personnes âgées peuvent illuminer son avancée sur la route du progrès qui mène à une forme de civilisation toujours plus complète.

Combien il est important de redécouvrir cet enrichissement mutuel des différentes générations ! Avec son invitation ferme à la conversion et à la solidarité, le Carême nous conduit cette année à nous concentrer sur ces thèmes importants qui concernent tous les hommes. Qu'arriverait-il si le Peuple de Dieu acceptait une certaine mentalité courante qui considère ces frères et ces sœurs âgés comme quasiment inutiles, lorsqu'ils se retrouvent avec des capacités réduites par les inconvénients de l'âge ou de la maladie ? Et au contraire, combien la communauté serait différente, à commencer par la famille, si elle s'efforçait de rester toujours ouverte et accueillante à leur égard !

4. Très chers Frères et Sœurs : pendant ce Carême, et en nous aidant de la Parole de Dieu, réfléchissons sur l’importance pour chaque communauté d’accompagner les personnes vieillissantes, avec amour et compréhension. Il faut, en outre, nous habituer à concevoir le mystère de la mort avec confiance, pour que la rencontre définitive avec Dieu se réalise dans un climat de paix intérieure, avec la conscience que nous sommes accueillis par Celui "qui nous a tissé au sein de notre mère" (cf. Ps 139,13b) et qui a voulu que nous soyons "à son image comme sa ressemblance" (cf. Gn 1,26).

Que Marie, notre guide tout au long de cet itinéraire quadragésimal, conduise tous les croyants, et spécialement les plus âgés, à une connaissance toujours plus profonde du Christ mort et ressuscité, raison ultime de notre existence. Qu'elle intercède pour chacun de nous, elle, la Servante fidèle de son divin Fils, avec sainte Anne et saint Joachim, "maintenant et à l'heure de notre mort".

A tous, je donne ma Bénédiction apostolique !

Du Vatican, le 8 septembre 2004

JEAN-PAUL II

 

Source : vatican.va

"Le meurtre a été légalisé au Canada"

Déclaration du Président de la Conférence des Evêques Catholique du Canada

sur l'adoption récente du projet de loi C-14

qui légalise l’euthanasie et le suicide assisté

par Monseigneur Douglas Crosby OMI, 27/06/2016

L'adoption récente du projet de loi C-14, qui légalise l'euthanasie et le suicide assisté dans notre pays, est une décision historique déplorable qui atteste l'échec de notre gouvernement et, en effet, de notre société d'assurer une protection humaine authentique pour les personnes souffrantes et vulnérables parmi nous.

Nous vivons dans un pays où la grande majorité des mourants n'ont pas accès à des soins palliatifs ou des soins à domicile de qualité, où le taux de suicide dans plusieurs communautés autochtones atteint des niveaux alarmants, et où on suggère que la vie de personnes chroniquement malades, vulnérables ou handicapées ne mérite pas d'être vécue. Il est paradoxal et très malheureux que la loi de notre société consacre désormais l'homicide comme une manière acceptable de mettre fin à la souffrance. On ne peut qu'être stupéfait et profondément troublé de constater que notre pays est de moins en moins capable de reconnaître le caractère sacré de la vie humaine.

Nulle institution, nul individu, nulle idéologie, nulle législation n'ont le droit de menacer ou de miner le caractère sacré de la dignité de chaque personne et du don de la vie elle-même. Nous sommes appelés, en tant que société formée d'individus capables de compassion, à respecter et à protéger la vie humaine de la conception à la mort naturelle en honorant une vision de la personne humaine qui embrasse aussi bien son existence terrestre actuelle que la vie outre-tombe. Les catholiques, comme toutes les personnes de bonne volonté, ont le devoir moral et social de protéger les personnes vulnérables, de consoler celles qui souffrent et d'accompagner celles qui sont à l'article de la mort. Les évêques du Canada prient et espèrent qu'avec tous nos sœurs et frères catholiques et nos concitoyennes et concitoyens canadiens, chacune et chacun de nous et l'ensemble de notre société puissent vivre une profonde conversion du cœur et en viennent à reconnaître l'image de Dieu imprimée profondément en chaque vie humaine, quel que soit l'état de la personne, son niveau de confort, son degré de productivité ou sa contribution à la société.

La mise à mort intentionnelle d'une vie humaine – qu'il s'agisse d'une personne âgée, d'un enfant, d'un adulte vulnérable, d'un embryon ou d'une personne mourante – est un acte grave et moralement injustifiable. Notre société doit rejeter tout ce qui porte atteinte à la vie elle-même : le meurtre, le génocide, le suicide, l'avortement, l'euthanasie et l'aide médicale à mourir. La suppression délibérée de la vie humaine par une intervention directe n'a rien d'un geste humanitaire. Il faut plutôt chercher à réduire au minimum la douleur et la souffrance des personnes mourantes et de celles qui sont tentées de s'enlever la vie, et non à supprimer leur existence. Efforçons-nous d'aider les personnes malades et handicapées à trouver un sens à leur vie, même et surtout dans leur souffrance. Consolons ceux et celles qui vivent une maladie terminale ou une condition chronique par notre présence authentique, un amour humain et l'aide médicale. Comme société et en tant qu'individus, choisissons de cheminer avec eux dans leur souffrance et ne contribuons pas à mettre fin au don de la vie.

Faire de l'aide médicale au suicide un « droit » n'est ni un vrai soin ni un gage d'humanité. C'est fondamentalement une forme faussée de pitié, une déformation de la bonté envers nos frères et sœurs. La nouvelle loi laisse entendre qu'un être humain, une personne, cesse d'être une personne et perd sa dignité simplement en raison de la perte ou de la diminution de certaines capacités physiques et mentales. C'est faux. La vérité, c'est que notre propre humanité se détériore quand nous omettons de prendre soin des faibles et des mourants, et quand nous évitons délibérément de voir en eux, avec leurs maladies et leurs limites, des personnes dignes de vivre. La vraie compassion humaine consiste à partager la douleur de l'autre, à l'accompagner dans son cheminement – et non à s'en débarrasser. Le suicide assisté est une insulte à ce qu'il y a de plus noble et de plus précieux dans l'existence humaine, et constitue une injustice grave et une violation de la dignité de chaque personne humaine dont la tendance naturelle et intrinsèque est de préserver la vie. Il faut entourer nos personnes malades, mourantes, vulnérables et handicapées, d'amour et d'attention, de sollicitude et d'une compassion vraiment porteuse de vie. C'est pourquoi les soins palliatifs restent incontestablement le seul choix moral, efficace et indispensable, la seule option de vraie compassion, maintenant que notre pays s'est engagé sur ce chemin périlleux.

Saint Joseph, patron du Canada et patron de la bonne mort, priez pour nous.

Mgr Douglas Crosby, OMI
Évêque de Hamilton
Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada

Le 27 juin 2016

Source : cccb.ca

Rome : Nouveau dicastère pour les laïcs, la famille et la vie

Création d'un nouveau dicastère pour les laïcs, la famille et la vie

par Radio Vatican, le 04/06/2016

(RV) Le projet était régulièrement abordé ou revenait fréquemment à chaque réunion du C9, le conseil des cardinaux chargés d’aider le Pape à réformer la Curie romaine : la création d’un grand dicastère réunissant les laïcs, la famille et la vie. Ce samedi 4 juin 2016, le Pape François a, sur proposition du conseil des cardinaux, approuvé ad experimentum, les statuts qui donneront naissance le 1er septembre prochain à ce nouveau dicastère. Il réunira les actuels conseils pontificaux pour les laïcs et pour la famille qui cesseront de fait, d’exister, les articles 131-134 et 139-141 de la constitution Pastor Bonus étant abrogés. L’Académie pour la Vie, elle, ne sera pas abrogée, mais reliée au nouveau dicastère.

Ce nouveau dicastère aura à sa tête un préfet et un secrétaire, qui pourrait être un laïc, assistés de trois sous-secrétaires, tous laïcs, et en charge des sections dédiées aux laïcs, à la famille et à la santé. Le texte officiel précise bien que ses membres pourront être issus du clergé, mais qu'il y aura aussi des fidèles laïcs, hommes et femmes, célibataires ou mariés, engagés dans divers champs d’activité et venant des quatre coins du monde, afin de respecter le caractère universel de l’Église.

Son rôle sera de promouvoir et d’organiser des conférences internationales et autres initiatives concernant l’apostolat des laïcs, l’institution du mariage et la réalité de la famille et de la vie dans le milieu ecclésial et dans la société.

Ce dicastère encouragera la promotion des vocations et de la mission des laïcs dans l’Église et dans le monde, ainsi que la conscience de la coresponsabilité pour la vie et la mission de l’Église. Il devra ainsi promouvoir la participation des laïcs au catéchisme, à la vie liturgique et sacramentelle, à l’action missionnaire, aux œuvres de miséricorde, de charité et de promotion humaine et sociale. La présence active et responsable dans les organes consultatif de l’Église doit également être soutenue.

Concernant la famille, le nouveau dicastère protègera la dignité et le bien de la famille basés sur le sacrement du mariage. Il offrira des lignes directrices sur la préparation au mariage, sur les programmes pastoraux qui soutiennent la famille dans la formation des jeunes à la vie de la foi et à la vie ecclésiale et civile, en prêtant une attention toute particulière aux pauvres et aux laissés pour compte.

Le décret précise que ce dicastère aura un lien direct avec l’Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, «pour promouvoir une direction commune dans les études sur le mariage, la famille et la vie».

Il soutiendra et coordonnera des «initiatives en faveur de la procréation responsable» et sur «la protection de la vie humaine de sa conception jusqu’à sa fin naturelle», et «encouragera les organisations et associations qui aident la femme et la famille à accueillir et à prendre soin du don de la vie, spécialement dans les cas de grossesse difficile, et à prévenir le recours à l’avortement», tout en soutenant des initiatives vouées à aider les femmes qui auraient avorté.

Enfin il est précisé que ce dicastère développera une formation «sur la base de la doctrine morale catholique et du Magistère de l’Église» sur les questions de bioéthique et de droit à la vie, notamment concernant les idéologies qui se développent concernant la vie humaine et le genre.

(CV-XS)

Source : news.va

Cardinal Lacroix : "Grandir jusqu'à la fin"

AIDE A MOURIR: PAS DE DATE BUTOIR POUR LA DIGNITÉ

LETTRE OUVERTE DU CARDINAL LACROIX

« Aide à mourir » : pas de date butoir pour la dignité

Le 6 juin prochain, la décision de la Cour suprême du Canada concernant l’« aide médicale à mourir » prendra effet avec ou sans loi fédérale pour l’encadrer.

L’adoption de la loi C-14 ou l’entrée en vigueur de la décision Carter, donnera certainement lieu à des recours judiciaires afin d’élargir la portée de l’euthanasie au Québec, accessible chez nous depuis déjà 5 mois. Des pressions viendront également pour recourir au suicide assisté, tel que défini par C-14 : « de prescrire ou de fournir une substance à une personne, à la demande de celle-ci, afin qu’elle se l’administre et cause ainsi sa mort. »

Je désire m’adresser aujourd’hui particulièrement aux personnes affectées « de problèmes de santé graves et irrémédiables (y compris une affection, une maladie ou un handicap)1 » causant des souffrances persistantes qui lui sont intolérables.

La vie que vous avez reçue, le souffle qui vous habite, la personnalité qui vous caractérise sont empreints de beauté, de noblesse et de grandeur. L’amour reçu, l’amour donné sont toujours présents et font de vous, comme de chacun de nous, des êtres revêtus d’une grande dignité en toutes circonstances. Ce que vous avez été, ce que vous êtes maintenant requièrent, entre autres, le respect, l’accompagnement et des soins appropriés pour vous aider à grandir jusqu’à la fin.

Afin de respecter la primauté de la vie, l’Église catholique s’oppose fermement à l’euthanasie et au suicide assisté. Elle déplore que tous les scénarios envisagés par le gouvernement fédéral permettent éventuellement à un nombre croissant de personnes de demander à mettre fin à leurs jours.

Je le répète souvent, la position de l’Église n’est pas de valoriser la souffrance. Oui, la foi peut lui donner un sens, mais les chrétiens et chrétiennes, tout comme Jésus, souhaitent l’éviter lorsque cela est possible : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne » (Luc 22, 42). J’ai la ferme conviction que Dieu nous aime d’un amour éternel, tels que nous sommes ici et maintenant, et ce, jusqu’à notre mort où il nous accueillera les bras grands ouverts. Il suffit d’écouter sur notre webtélé diocésaine ECDQ.tv la récente conférence de notre archevêque émérite Mgr Maurice Couture pour s’en convaincre.

D’ici le 6 juin prochain, je nous lance collectivement un grand défi. Vous connaissez sûrement une personne qui pourrait se reconnaître dans les critères québécois et (bientôt) canadiens d’accessibilité à l’aide médicale à mourir. Écoutez et accueillez jusqu’au bout l’expression de sa souffrance, de sa peur. Dites-lui qu’elle a du prix à vos yeux, qu’elle pourra toujours compter sur votre présence. Rappelez-lui votre amour inconditionnel.

Les demandes d’aide à mourir s’effacent habituellement lorsque les personnes souffrantes sont bien accompagnées. Ce sont les médecins et le personnel soignant en soins palliatifs qui me l’ont partagé à maintes reprises. Je les remercie de poursuivre leur rôle dans le nouveau contexte législatif au Québec. Leurs efforts pour soulager la souffrance physique et morale portent de réels fruits et les investissements en soins palliatifs doivent se poursuivre. Pour celles et ceux d’entre eux (toujours une majorité) qui s’opposent à l’euthanasie, leur objection de conscience doit être protégée. Si un médecin ne souhaite pas référer un patient vers sa mort médicalement provoquée, son choix doit être respecté sans remise en question.

Merci également à tous les proches aidants. Les débats actuels risquent de faire oublier leur dévouement, leur courage, leur force, mais surtout leur sens de l’autre et du respect de la vie. Ces personnes ont énormément besoin d’être reconnues et soutenues.

Mon accompagnement de personnes en fin de vie me confirme qu’il est périlleux d’accorder la permission de provoquer la mort d’une autre personne, même avec son consentement. Non seulement une loi dicte, mais elle éduque et elle imprime la revendication du droit et la suggestion du devoir. Avec le temps, les moeurs sont affectées et la rareté du geste cède le pas à l’habitude. C’est, à mon humble avis, un bien triste « progrès ». Nous avons la responsabilité, la mission d’accompagner avec douceur et tendresse la vie de nos proches qui souffrent, et ce, sans recours à une loi qui incite à la mort. Dans ce contexte, nous sommes invités à prévenir ce mode suicidaire en choisissant de reconnaître la dignité de la vie.

Cardinal Gérald C. Lacroix
Archevêque de Québec
30 mai 2016

1 Description correspondant à la décision de la Cour suprême canadienne qui amendera le 6 juin notre code criminel pour offrir « une aide médicale à mourir ».

Source : fiamc.org

Mgr Douglas Crosby : Etre aimé fait vivre

 

Canada: «Ma famille: une école de miséricorde»

, 11/04/2016, extraits

... Le président de la CECC et évêque de Hamilton, Mgr Douglas Crosby, a publié une Lettre aux familles catholiques canadiennes à l’occasion de la Semaine de la vie et de la famille.

Il note que c’est « un moment tout spécial de réflexion et de prière, le temps de se rappeler que la famille et la vie sont elles-mêmes deux cadeaux inestimables de Dieu ».

« En cette Année du Jubilé de la Miséricorde, il est particulièrement approprié de se pencher sur le rôle irremplaçable de la famille en tant que première école de la miséricorde de Dieu », souligne-t-il.

Mgr Douglas Crosby parle d’« innombrables » défis auxquels sont confrontées les familles d’aujourd’hui. « Nous n’avons qu’à penser au débat sur l’euthanasie et le suicide assisté qui secoue notre pays, précise-t-il. Le fait que tant de personnes s’appuient sur la possibilité d’avoir accès au suicide assisté pour vivre une bonne mort illustre bien que notre société vit un immense désenchantement face à l’amour et à la miséricorde. Les personnes qui se sentent aimées choisissent rarement la mort. Le monde a besoin de compassion ! »

« Le Christ est la plénitude de la miséricorde, rappelle Mgr Crosby. Jésus est le chemin. Son enseignement, sa vie, sa mort et sa Résurrection l’illustrent bien. Chacun de nous est appelé à imiter la justice du Seigneur qui donne la vie et le don qu’il fait de lui-même par amour compatissant. Nous sommes invités à le faire au quotidien : à la maison, à l’école, au travail. » ...

Source : zenit.org

 

Mgr d'Ornellas : Enjeu de fraternité

Parole d’évêque – Mgr D’Ornellas « la Fin de Vie, un Enjeu de Fraternité »

par Monseigneur d'Ornellas, 13/04/2016

Retour sur ce samedi 9 avril, à Chabeuil à la Maison Nazareth, où les Services Diocésains de Pastorale de la Santé, des diocèses de Viviers et Valence, proposait une journée d’étude.

Extraits de l’interventions de Mgr d’Ornellas

Nous naissons accompagné et nous partons accompagné à cause de notre fragilité humaine.
Nécessité d’intégrer et d’apprivoiser la notion de Soins Palliatifs. Ils sont un élément essentiel des soins de santé.
Le Palliatif commence bien avant le curatif, il est le premier soin à donner.
Dans la loi, une nouveauté, les bénévoles ont toute leur place s la démarche des Soins Palliatifs.
Accompagner l’angoisse ce n’est pas la supprimer.
Nécessiter d’intégrer les personnes en fin de vie dans notre Vivre Ensemble.
Aimer le malade sans se laisser submerger par ses souffrances.

« La Fin de Vie, un Enjeu de Fraternité »

« Où va cette personne que j’ai la mission d’accompagner ? » La réponse nous pouvons la trouver dans l’Evangile. Cette personne va vers des séparations. C’est bien le lieu de l’angoisse. Séparer : acte souverain de Dieu Créateur. C’est un acte fondamental. Si Dieu sépare c’est pour consacre. La mort c’est Dieu qui consacre une vie. L’amour est présent dans tout parcours de vie humaine. C’est le moment de dire merci pour cette vie. L’accompagnement permet à la personne de comprendre que sa vie est aimable. Vient le moment où je peux remettre ma vie en disant merci
« En tes mains je remets mon Esprit » nous dit le psalmiste (31,5) ou Luc 23, 46 « … Jésus s’écria d’une voix forte : Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et, en disant ces paroles, il expira. « 
On peut dire que la mort est une action de grâce dans l’amour.

Difficulté de la technique. La technique n’est pas faite pour être vulnérable, alors que l’humain est vulnérable. La technique a tendance à tout englober , elle devient tentation car nous sommes vulnérables. Je ne possède pas ma vie… ;je la reçois. Pourquoi je suis vulnérable, ? pourquoi j’ai peur, quand je touche la vulnérabilité de l’autre, parce que je suis moi-même vulnérable. Il faut que j’assume ma peur, cette vulnérabilité
La technique devient un outil quand la technique est considérée comme étant vulnérable. A ce moment là « la mort est une victoire du soin »

L’autonomie d’une personne . Cette autonomie fait partie de la dignité de l’être humain. cette autonomie existe chez tout être. C’est un bien précieux. C’est la richesse d’un être en relation. J’existe dans la relation. Je suis posé dans une relation. L’autonomie est toujours relationnelle.
Quelle autonomie pour une personne qui vit des vulnérabilités ? C’est s’abandonner à une relation.

En conclusion, Mgr d’Ornellas nous renvoi au n°74 de l’Encyclique de Benoît XVI Caritas In Veritate

Source : riposte-catholique.fr

Canada : Neuvaine contre l'euthanasie et pour la liberté de conscience

 

Message important de l’Archevêque sur l’euthanasie et le suicide assisté ; neuvaine demandée

Neuvaine à Saint-Joseph (demandée par l’archevêque; à réciter du 10 au 18 mars)
O glorieux saint Joseph, vous dont la puissance sait rendre possibles les choses impossibles, venez à notre aide dans l’embarras et la détresse où nous nous trouvons; prenez sous votre protection les affaires importantes et difficiles que nous vous recommandons afin qu’elles aient une heureuse issue.
(Exprimez votre demande à saint Joseph)
O notre bien-aimé Père, toute notre confiance est en vous; qu’il ne soit pas dit que nous vous ayons invoqué en vain; et, puisque vous pouvez tout auprès de Jésus et de Marie, montrez que votre bonté égale votre pouvoir. Amen.

St Joseph, priez pour nous !

Message important de l’archevêque d’Ottawa:

Chers frères et sœurs dans le Christ,

Le 6 février 2015, la Cour suprême du Canada a redéfini l’éthique médicale en suspendant l’interdiction du Code criminel du Canada pour le suicide assisté. Cette décision provoque de l’inquiétude parce que les autorités pourraient interpréter le langage subjectif de la décision de la Cour et autoriser l’euthanasie, avec peu ou pas de contraintes. Le résultat ? La société abandonnerait les personnes à leur stade le plus vulnérable, plutôt que de leur fournir des soins médicaux pour alléger leurs souffrances et leurs besoins. C’est précisément la façon dont la Commission parlementaire, qui a récemment publié ses recommandations le 25 février, a vu la décision de la Cour suprême.

Non seulement dans une perspective catholique mais dans n’importe quel point de vue rationnel, l’acte intentionnel et délibéré, de se tuer soi-même ou de tuer un autre être humain est clairement immoral. Comment une société juste peut-elle approuvée que l’État puisse permettre à nos médecins d’enlever la vie ? Lorsque toute vie est vulnérable et peut être prise à volonté, la dignité de la vie a sérieusement dégradée. Le respect de toute vie humaine dans notre société est fortement compromis.

Les défenseurs de l’euthanasie et du suicide assisté soulèvent souvent la question de la gestion de la douleur grave ou chronique. Ils proposent de mettre fin à la vie du patient comme le meilleur « traitement médical ». Beaucoup de gens en effet, ont peur de la douleur physique, mais l’Église enseigne que les patients en phase terminale de la maladie peuvent recevoir du soulagement pour la douleur si nécessaire, même si, indirectement, cela pourrait raccourcir leur vie. Le principe en cause ici est simple et clair : le but du médicament vise à soulager la douleur du patient, et non pas à accélérer sa mort.

Le «Catéchisme de l’Église Catholique » nous enseigne explicitement, “que quel qu’en soit les motifs ou les moyens, l’euthanasie direct qui consiste à mettre fin à la vie des personnes handicapées, malades ou mourante est moralement inacceptable”(n ° 2277). Le droit à la vie n’est pas une question pour les chrétiens seulement. C’est un droit humain pour tous. De coopérer formellement dans le meurtre de personnes handicapées, fragiles, malades, ou souffrante, même si motivé par une compassion déplacée, exige que l’on ait fait le jugement préalable que cette vie n’a pas de valeur et qu’elle n’est pas digne d’être vécue. Mais toute vie humaine a une valeur. La loi devrait protéger toute vie. Personne ne perd le droit à la vie en raison de maladie ou d’invalidité.

L’Église catholique ne préconise pas de prolonger la vie à tout prix. Plutôt, l’Église est guidée par le principe de la qualité de vie qui tient compte de la personne tout entière et non pas simplement de garder le corps en vie par n’importe quel moyen. En tant que chrétiens catholiques rationnels, avant d’accepter un traitement pour prolonger la vie ou non, nous nous posons cette question: Y a-t-il un espoir raisonnable de soulagement sans douleur excessive ou autre problème grave?

En tant que votre évêque et votre frère en Jésus-Christ, je vous exhorte à jeûner et à prier pour que nos parlementaires tiennent compte de nos préoccupations. S’il vous plaît prenez part à une neuvaine à Saint Joseph, entre le 10 et le 18 mars. Prions pour que nos législateurs aux niveaux nationaux et provinciaux, protègent la vie, particulièrement celle des personnes les plus vulnérables et qu’ils respectent le droit des professionnels de la santé de refuser de prendre part au suicide assisté.

Que pouvez-vous faire d’autre? Présentez ces préoccupations à votre député et aux membres du Parlement Provincial. Vous pouvez aussi commencer un groupe ou vous joindre à un groupe pro-vie dans votre paroisse pour prendre en charge la résistance à la culture de mort et nourrir la culture de la vie au Canada. Parler à vos amis et collègues de travail de la menace grave à la dignité humaine et à la vie que l’euthanasie et le suicide assisté représentent pour nos voisins les plus vulnérables. Expliquez à vos enfants, à vos petits-enfants, à vos amis et vos associés de l’importance de respecter la vie humaine de sa conception dans l’utérus jusqu’à sa mort naturelle.

Je vous encourage à être un agent de la miséricorde dans cette année jubilaire de la miséricorde – “nourrir les affamés, donner à boire à l’assoiffé, vêtir les nus, accueillir l’étranger, réconforter les malades, visiter les prisonniers et enterrer les morts. » Les catholiques, comme tous les autres citoyens, ont le droit et le devoir de participer à la vie politique de notre démocratie. Nous devons agir pour faire respecter la dignité de toute vie humaine.

Prenez courage. N’ayons pas peur de se mettre debout pour la valeur et la dignité de la vie. Les Chrétiens catholiques ont un rôle particulier à jouer pour s’opposer à cette culture de la mort. J’invite tous les catholiques à être de fervents défenseurs et promoteurs de l’Évangile de la vie. Faites entendre votre voix.

L’archevêque d’Ottawa
✠Terrence Prendergast, s.j.

Source : stclement-ottawa.org

 

Mgr Pendergast : Suicide assisté et sacrement des malades sont incompatibles

 

Pas d’onction des malades en cas de suicide assisté, prévient un évêque canadien

par La Croix, avec presse canadienne, 29/02/2016

Alors que la Conférence épiscopale canadienne a vivement dénoncé un nouveau rapport recommandant la légalisation du suicide assisté dans le pays, l’archevêque d’Ottawa, Mgr Terrence Prendergast, a souligné que ceux qui demandaient à mourir ainsi n’étaient pas en mesure de recevoir les derniers sacrements.

« Demander à être tué est gravement désordonné et constitue un rejet de l’espoir que le rite (de l’onction des malades, NDLR) demande et essaie d’apporter », a assuré l’archevêque d’Ottawa, Mgr Terrence Prendergast, dans une interview à l’agence Canadian Catholic News reprise par la presse spécialisée le 27 février.

Une personne cherchant à se tuer elle-même « ne se trouve pas dans la disposition appropriée » pour recevoir ce sacrement, a confirmé Mgr Prendergast. « Demander à un prêtre d’être présent à quelque chose qui est en contradiction directe avec les valeurs catholiques n’est pas juste pour le pasteur ».

Mgr Prendergast a ainsi rappelé qu’on ne peut « être pardonné en avance pour quelque chose que l’on va faire, comme demander le suicide assisté, alors que le suicide est un péché grave ».

Cette prise de position a été mise en avant alors qu’une commission gouvernementale canadienne a remis, deux jours plus tôt, un rapport final sur le sujet contenant plusieurs recommandations en faveur du suicide assisté et de l’euthanasie.

Vives oppositions de l’épiscopat au suicide assisté

Ce document a suscité de vives réactions de la part de l’épiscopat canadien, qui lutte depuis plusieurs mois contre cette évolution législative.

Des leaders religieux de toutes confessions se sont unis à la lutte menée par les évêques contre la légalisation de ces pratiques.

Les députés canadiens préparent actuellement un nouveau texte de loi qui pourrait devenir l’un des plus libéraux au monde en la matière. S’il est voté, il concernerait aussi les établissements catholiques.

Début février 2015, la Cour suprême du Canada avait déjà invalidé l’article du Code criminel qui interdit à un médecin d’aider quelqu’un à s’enlever la vie dans des circonstances bien précises. La décision définitive du parlement quant à l’extension du droit au suicide assisté et à l’euthanasie devrait être prise en juin.

M. M. avec presse canadienne

Source : la-croix.com

 

Canada : Les évêques dénoncent les mensonges de "l'aide médicale à mourir"

 

Déclaration pastorale pour les catholiques du Canada sur le rapport « L’aide médicale à mourir : une approche centrée sur le patient »

par Mgr Douglas Crosby OMI, 26/02/2016

Chers frères et sœurs,

Le 25 février dernier, le Comité mixte spécial du gouvernement du Canada sur « l'aide médicale à mourir » a publié son rapport intitulé L'aide médicale à mourir : une approche centrée sur le patient. Le rapport recommande notamment :

- Que le suicide assisté soit accessible aux personnes atteintes d'une maladie psychiatrique (Recommandation 3)
- Que les souffrances psychologiques soient au nombre des critères ouvrant droit au suicide assisté (Recommandation 4)
- Que d'ici environ trois ans le suicide assisté soit accessible aux adolescents et peut-être également aux enfants qui pourraient être considérés comme des « personnes mineures matures »
(Recommandation 6)
- Que tous les professionnels de la santé soient tenus à tout le moins d'« aiguiller correctement » les patients qui demandent le suicide assisté (Recommandation 10)
- Que tous les établissements de santé subventionnés par l'État au Canada offrent le suicide assisté (Recommandation 11)

Par ailleurs, le rapport n'indique pas comment les soins palliatifs et les soins à domicile peuvent offrir de véritables options aux personnes qui sont tentées par le suicide, et il ne demande pas de plan national pour prévenir les suicides. Au Canada, le taux de suicide est sept fois plus élevé chez les jeunes des Premières Nations que chez les jeunes non-Autochtones, alors que le taux de suicide chez les jeunes Inuit est parmi le plus élevé au monde, à 11 fois la moyenne nationale canadienne.

L'enseignement de l'Église catholique et la position des évêques catholiques du Canada sont clairs. Le suicide n'est pas un soin de santé. Tuer les personnes souffrant de maladies physiques ou mentales, qu'elles soient jeunes ou âgées, est contraire à la sollicitude et à l'amour pour nos frères et sœurs. La dignité de la personne humaine et l'épanouissement de la communauté humaine exigent : 1) la protection et le respect de chaque vie humaine de la conception à la mort naturelle; et 2) la liberté de conscience et de religion pour chaque personne et pour chaque établissement. Le bien-être social, la sécurité personnelle et le bien commun – accompagnés de la foi religieuse – signifient protéger la vie de ceux et celles qui souffrent et non de la menacer.

Les recommandations qui précèdent et l'idée maîtresse du rapport ne sont absolument pas « centrées sur le patient »; elles ne soutiennent et n'aident en aucun point les mourants et les personnes vulnérables. Pour rependre les mots du pape François, les recommandations du rapport suivent l'approche d'une société du « jetable ». Elles ne révèlent pas le visage de la miséricorde de Dieu.

Avec mes frères évêques, catholiques et orthodoxes, et avec les dirigeants des communautés religieuses protestantes évangéliques, juives et musulmanes, et plusieurs autres croyants et non-croyants, je vous exhorte de faire savoir à vos représentants élus pourquoi l'euthanasie, le suicide assisté et les recommandations susmentionnées sont complètement inacceptables.

Mgr Douglas Crosby, OMI
Évêque de Hamilton
Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada

Le 26 février 2016

Source :cccb.ca

 

Canada : Les évêques mobilisent les fidèles

 

L'épiscopat canadien mobilisé contre l'euthanasie

par Radio Vatican, 23/02/2016

(RV) Entretien - Il y a quelques années encore, l’ensemble du parlement canadien était contre l’idée d’envisager une loi sur l’euthanasie . Mais depuis le 6 février 2015, la Cour suprême du Canada l’a rendu possible.

Les juges suprêmes ont déclaré inconstitutionnelle la loi interdisant la possibilité de recourir au suicide assisté dans le pays, et ont donné un an aux forces politiques pour établir une nouvelle loi. Cette décision avait reçu un appui massif des élites politiques et médiatiques.

Mais les évêques catholiques invitent leurs fidèles à s’interroger sur ce moment décisif et crucial pour le pays, et à préférer les soins palliatifs à l’euthanasie.

Mgr Lionel Gendron, évêque de Saint-Jean-Longueuil, au Québec, nous parle de la mobilisation de l’épiscopat canadien sur cette question délicate. Il répond à Caroline Chabir.

 A écouter ici

 

Source : radiocaticana.va

 

Evêques du Canada ; un Carême pour la vie

 

Evêques du Canada

Message pour le Carême 2016 - « Je mets devant toi la vie ou la mort »

Mercredi, 10 Février 2016
 

Frères et sœurs dans le Christ,

Les textes de la liturgie des premiers jours du Carême nous invitent à envisager quelques questions fondamentales au moment d'entreprendre la traversée de cette saison bénie. Que signifie se repentir et croire à la Bonne Nouvelle? Que devrait changer la foi à notre vie et à notre mort? Comment convertir les cœurs et les vies? La lecture de l'Ancien Testament pour le jeudi qui suit le mercredi des Cendres prend un relief particulier cette année pour nous, comme peuple de Dieu et comme pays : Je prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort... Choisis donc la vie pour que vous viviez, toi et ta descendance... (Deutéronome 30,19)

Il y a un an, par son jugement dans la cause Carter v. Canada, la Cour suprême du Canada a invité la population de notre pays à choisir la mort. Tout adulte atteint de maladie ou d'infirmité pourra opter pour l'aide médicale au suicide. Déjà, plusieurs voix plaident pour que cette mesure s'applique aussi aux personnes mineures. Bien qu'épouvantable, ce n'est pas étonnant. Les enfants, comme les adultes frappés d'incapacité sont euthanasiés dans les quelques autres pays où l'aide au suicide et l'euthanasie sont aujourd'hui légalisées.

Le rite ecclésial des funérailles nous rappelle que chaque vie et chaque mort ont un impact important sur la vie des autres. Comme le dit saint Paul, aucun d'entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même (Romains 14,7). Il s'ensuit, pour nous chrétiennes et chrétiens, que c'est notre mission et notre gloire que de défendre et de protéger la vie, de la conception à la mort naturelle, comme un don sacré de Dieu, Source de toute vie.

Cette année, le jeudi qui suit le mercredi des Cendres est aussi la Journée mondiale du malade. Dans son message à cette occasion, le pape François nous rappelle que, lorsque nous souffrons, que nous éprouvons de la douleur et que nous nous sentons vulnérables, la foi en Dieu est, d'une part, mise à l'épreuve et, d'autre part, révèle en même temps toute sa puissance positive. Non parce que la foi fait disparaître la maladie, la douleur ou les problèmes qui en dérivent, mais parce qu'elle offre une clé avec laquelle nous pouvons découvrir le sens le plus profond de ce que nous sommes en train de vivre; une clé qui nous aide à voir que la maladie peut être la voie pour arriver à une proximité plus étroite avec Jésus, qui chemine à nos côtés, chargé de la croix. Et cette clé c'est sa Mère, Marie, experte de cette voie, qui nous la remet.

En ce temps du Carême, avec mes frères évêques, j'invite notre communauté croyante et chacun de ses membres à s'interroger sérieusement sur ce moment décisif et crucial pour notre pays. Allons-nous préférer les soins palliatifs et les soins à domicile, ou l'aide au suicide et l'euthanasie? Le choix est simple. Est-ce que nous collaborons, en tant que communautés aimantes, à nous soutenir et à nous encourager les uns les autres à vivre nos vies pleinement et sur les traces du Christ jusqu'à que Dieu nous appelle à recevoir notre récompense céleste? Ou est-ce que nous abandonnons les personnes vulnérables, âgées, handicapées, mourantes et déprimées, en les laissant trébucher dans la solitude et le désespoir jusqu'à la tragédie d'une mort par suicide? Est-ce que nous défendons les professionnels de la santé et les institutions pour qu'ils ne soient pas forcés à devenir des collaborateurs, obligés à excuser ou à administrer la mort par suicide? Ou est-ce que nous choisissons d'offrir un système de bien-être social et de soins de santé qui protège la dignité de la vie humaine et l'inviolabilité de la conscience?

En vous exhortant à demeurer en pleine communion avec le Saint-Père et avec vos évêques sur cette question fondamentale, je vous invite :

- À prier l'Esprit Saint d'éclairer et de persuader les cœurs et les consciences de nos députés fédéraux, provinciaux et territoriaux, de nos élus municipaux et des personnes engagées dans le milieu de la santé afin que la vie de toutes les personnes vulnérables soit protégée de la conception à la mort naturelle;
- À vous informer davantage sur l'impact moral et social néfaste que l'euthanasie et l'aide au suicide ne manqueront pas d'avoir sur la société et sur des vies individuelles;
- À faire part à vos représentants politiques de vos inquiétudes et de vos convictions touchant la nécessité des soins palliatifs et des soins à domicile, le besoin de stratégies locales et nationales de prévention du suicide, et le mal que constituent l'euthanasie et l'aide au suicide;
- À partager avec votre famille, vos amis, votre collectivité et vos collègues de travail les ressources préparées dans le cadre de la Campagne nationale en faveur des soins palliatifs et des soins à domicile : contre l'euthanasie et l'aide au suicide, Un amour qui donne vie (http://www.lifegivinglove.com/);
- À signer la Déclaration œcuménique et interreligieuse sur l'euthanasie et l'aide au suicide qui a reçu l'appui de chefs religieux catholiques, orthodoxes, protestants évangéliques, juifs et musulmans, et de plus de 13 000 autres Canadiennes et Canadiens :
(http://www.euthanasiadeclaration.ca/fr-declaration/).

Vivre en plénitude, c'est choisir de se montrer miséricordieux et attentif aux besoins des autres; de prier et de prendre soin des malades, des personnes qui souffrent et des mourants; et d'accompagner et de réconforter chacun de nos frères et chacune de nos sœurs jusqu'à ce que la mort nous sépare. En choisissant d'être les témoins et les collaborateurs de la miséricorde salutaire de Dieu, nous choisissons – comme nous l'a rappelé le pape François au début de ce Jubilé extraordinaire de la Miséricordede nous laisser régénérer, pour vaincre l'indifférence qui empêche la solidarité, et sortir de la fausse neutralité qui empêche le partage. La grâce du Christ, qui porte l'attente du salut à son accomplissement, nous pousse à devenir ses coopérateurs dans la construction d'un monde plus juste et fraternel, où chaque personne et chaque créature puisse vivre en paix, dans l'harmonie de la création originaire de Dieu. (Homélie pour la Solennité de la Très Sainte Mère de Dieu et la 49e Journée mondiale de la paix, le 1er janvier 2016)

Frères et sœurs, comme Adam et Ève à l'aube des temps, nous avons le choix de manger du fruit de l'arbre de vie ou de celui de la connaissance du bien et du mal, qui nous conduira certainement à la mort. Tout comme Moïse a placé les Hébreux sur le point d'entrer dans la Terre promise devant le choix crucial de décider de vivre en enfants du Dieu vivant, Celui qui est le seul Seigneur, nous aussi, sur le seuil d'un tel changement social, nous sommes appelés à opter pour la vie, la vérité, le bien et la vraie miséricorde. À nous de choisir.

Mgr Douglas Crosby, OMI
Évêque de Hamilton
Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada

Le 8 février 2016

Source : cccb.ca

 

Position des Evêques du Canada

POSITION DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE

ET MÉMOIRE DES ÉVÊQUES CATHOLIQUES DU CANADA

SUR « LE FAIT D’AIDER QUELQU’UN À SE DONNER LA MORT »

Mémoire présenté par le Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada au

Comité externe sur les options de réponse législative à Carter c. Canada

par Mgr Douglas Crosby, 19/10/2005, extraits

À titre d’évêques catholiques, notre discours s’inspire de la raison, du dialogue éthique, de nos convictions religieuses et du profond respect que nous avons pour la dignité de la personne humaine. Notre position s’appuie sur les milliers d’années de réflexion de l’humanité et sur les gestes que nous posons en tant que chrétiens à la suite de Jésus, qui a montré ce que c’est qu’aimer, servir et accompagner les autres. Sa réponse à la souffrance de l’autre a été de souffrir avec lui, et non de le tuer. Lui-même a accueilli la souffrance comme un chemin de don, de générosité, de miséricorde. Point n’est besoin d’être croyant pour reconnaître dans sa vie et ses gestes un exemple insigne d’humanité. Les valeurs de Jésus de Nazareth fondent notre position sur la question du suicide assisté. Le Canada n’a pas à craindre de faire siennes ces valeurs profondément humaines et vivifiantes. En effet, des valeurs semblables sont le fait non seulement d’autres chrétiens, mais aussi d’autres grandes religions et de bon nombre d’hommes et de femmes de bonne volonté sans affiliation religieuse. ...

À notre Assemblée plénière annuelle, en tant qu’évêques catholiques de notre pays, nous avons exprimé notre indignation devant la décision de la Cour suprême du Canada de créer un nouveau « droit constitutionnel » au Canada, le prétendu « droit » au suicide. Encore une fois, nous avons fait savoir notre consternation, notre profonde déception et notre complet désaccord avec la décision de la Cour. Le jugement légaliserait un geste jugé immoral depuis des temps immémoriaux : celui d’éliminer une vie innocente. Devant la terrible souffrance que peut engendrer la maladie ou la dépression, la réaction vraiment humaine devrait être de soigner, pas de tuer. ...

Les évêques catholiques du Canada rendent grâce pour les milliers d’hommes et de femmes de partout au pays qui viennent en aide aux autres par leur sollicitude et leur prière, dans les soins de santé, l’éducation et d’autres formes de service et de solidarité avec les pauvres et les marginalisés. Touchés par leur générosité exemplaire et par la façon dont ils protègent et promeuvent la dignité humaine dans de nombreux secteurs de notre société, nous tenons à confirmer la longue tradition des soins fournis aux personnes malades et vulnérables dans notre pays.

La réponse à l’angoisse et à la peur qu’éprouvent les gens au terme de leur vie, c’est de les accompagner, de leur offrir des soins palliatifs, et non de causer leur mort intentionnellement. Les besoins en soins palliatifs devraient préoccuper au plus haut point notre pays et ses institutions. C’est là-dessus que nos élus et le Comité externe devraient faire porter leur énergie et leurs efforts. Voilà pourquoi nous plaidons pour que des soins de longue durée, des soins à domicile et des soins palliatifs de grande qualité deviennent accessibles à tous les Canadiens et toutes les Canadiennes. ...

En tant qu’évêques du Canada, unis aux autres membres du clergé, aux membres de la vie consacrée et à nos fidèles catholiques, nous sommes convaincus que notre pays se doit de défendre et protéger la liberté de conscience des hommes et des femmes qui fournissent des soins. Il est inacceptable d’exiger d’un médecin qu’il tue un patient. C’est faire affront à la conscience et à la vocation des travailleurs de la santé que de leur demander de collaborer à la mise à mort intentionnelle d’un patient, ne serait-ce qu’en le dirigeant vers un collègue. Le respect qui est dû à nos médecins à cet égard doit s’étendre à toute personne engagée dans les soins de santé ou qui travaille dans les établissements de santé de notre société ainsi qu’à chacun de ces établissements. ...

Texte intégral :   small pdf Mémoire des Evêques du Canada

Source : cccb.ca

Mgr Crosby : Prendre soin des mourants, ce n’est pas les aider à perdre la vie.

L'épiscopat canadien rappelle son opposition à l'euthanasie

par Radio Vatican, 02/02/2016

(RV) La Conférence épiscopale canadienne a demandé à être écoutée par le Comité spécial sur le suicide médicalement assisté institué par le gouvernement en vue de la prochaine échéance d’un an, établie par la Cour suprême du Canada pour modifier la norme actuelle en vigueur. Le 6 février 2015, les juges suprêmes ont en effet déclaré inconstitutionnelle la loi qui interdit la possibilité de recourir au suicide assisté dans le pays, et ont donné un an aux forces politiques pour établir une nouvelle loi. Une loi sur le sujet a été votée dans la province du Québec en 2014.

Dans une lettre envoyée aux ministres de la Justice et de la Santé, le président de la conférence épiscopale canadienne, Mgr Douglas Crosby soutient l’intervention de l’exécutif pour obtenir le renvoi de l’entrée en vigueur de la procédure au Québec, prévue le 10 décembre dernier, et la requête de prolonger la période concédée par le Cour suprême pour permettre un temps de réflexion majeur sur une thème si délicat. Dans le même temps, l’évêque d’Hamilton rappelle les raisons morales de l’opposition de l’Église au suicide et à l’euthanasie, partagée par la majorité des Canadiens, comme en témoigne, entre autre, l’ample adhésion à la campagne en défense de la sacralité et de la dignité de la vie humaine lancée ces derniers jours par la conférence épiscopale, en lien avec l’Alliance évangélique.

Selon Mgr Crosby, l’expérience des pays qui ont légalisé l’euthanasie et l’aide au suicide assisté démontre que toute législation qui tente d’encadrer les pratiques d’euthanasie pour certains cas ne peut que susciter un affaiblissement de la confiance dans la médecine : «Les conséquences de la législation, affirme-t-il, sont facilement prévisibles : des tentatives d’appliquer l’euthanasie et le suicide assisté à de nouvelles situations médicales, un sentiment croissant d’angoisse pour les personnes handicapées, les personnes âgées, les malades chroniques, les personnes dépressives, les mourants, soumis à des menaces supplémentaires pour leur vie et leur sérénité, l’érosion de la confiance réciproque entre le médecin et le patient, plus de stress pour les acteurs sanitaires, un risque accru de pressions sur les personnes vulnérables et leurs familles pour les inciter à ne pas devenir "un fardeau".»

De fait, les conséquences néfastes du suicide dans la société canadienne, poursuit Mgr Crosby, dont déjà visibles : il suffit de penser que le suicide est la deuxième cause de décès pour les jeunes entre 10 et 24 ans, et que le taux de suicide parmi les populations autochtones est cinq fois supérieur à celui des non autochtones. D’où la critique adressée à la Cour suprême, pour avoir transgressé dans sa décision «le devoir moral de la société de protéger ses membres, surtout les plus faibles et vulnérables», et avoir encouragé les gouvernements, les autorités sanitaires et les familles à ne pas investir dans les soins palliatifs, centrés sur les personnes.

Sur ce front, le Canada est gravement déficitaire : il manque une formation adéquate du personnel médical, il manque des investissements et des recherches pour le soin de la douleur. Mgr Crosby renouvelle donc son appel à une réflexion sereine et approfondie sur ce thème qui concerne toute la société canadienne, y compris l’Église, pour promouvoir les soins palliatifs, qui sont la vraie solution du problème : «prendre soin des mourants, en effet, ce n’est pas les aider à perdre la vie.»

Texte intégral de la lettre de Mgr Crosby :

«Mesdames les Ministres,

Je veux d’abord remercier le Gouvernement du Canada d’avoir tenté de retarder l’entrée en vigueur de la loi québécoise sur l’aide médicale au suicide et d’avoir demandé à la Cour suprême du Canada de prolonger la période pendant laquelle notre pays pourra réfléchir au jugement qu’elle a rendu en février dernier dans la cause Carter c. Canada. Deuxièmement, je demande respectueusement que la Conférence des évêques catholiques du Canada soit du nombre des groupes et associations qui seront invités à comparaître devant le Comité mixte spécial sur l’aide médicale à mourir.

Notre Conférence est l’assemblée nationale des évêques catholiques romains et catholiques orientaux. Principaux pasteurs de l’Église au Canada, nous parlons en son nom et sommes les dirigeants et les enseignants spirituels de plus de treize millions de catholiques canadiens. D’ailleurs, une grande partie de la population canadienne partage nos préoccupations, de même que les principes, les valeurs et la position officielle de l’Église catholique sur l’aide au suicide et l’euthanasie. Il en est nettement évident par la récente Déclaration sur l’aide au suicide et l’euthanasie, que notre Conférence a préparée en collaboration avec l’Alliance évangélique du Canada, et qui a reçu l’appui de représentants juifs et musulmans, ainsi que des dirigeants des Églises orthodoxes et de membres des principales confessions chrétiennes protestantes. À ce jour, près de 6000 Canadiennes et Canadiens ont signé la Déclaration.

Notre Église enseigne clairement, comme elle l’a fait constamment et catégoriquement pendant des siècles, que la vie est un don sacré qui doit être défendu et protégé. Notre pays, pour sa part, a réalisé des progrès considérables depuis quelques décennies en instituant un "filet de sécurité" qui aide à préserver la vie humaine des assauts de la pauvreté, en ayant la sagesse de renoncer à la peine capitale et en soumettant à la critique tous les appels à la guerre. Ces efforts, que nous applaudissons, reconnaissent l’importance primordiale de respecter et de préserver la  vie et la dignité inviolable de la personne, de sa conception à sa mort naturelle. Ils reconnaissent toutefois aussi les conséquences néfastes et l’impact négatif qu’ils pourraient avoir sur la société et les esprits et les coeurs des générations à venir s’ils ne sont pas soutenus et constants pour protéger la dignité humaine. Il est regrettable de voir que le Canada est devenu plutôt indifférent au mépris et à la dévaluation de la vie qu’entraînent des gestes comme l’avortement, et qu’il est maintenant sur le point de permettre que le suicide soit considéré comme une procédure médicale.

L’expérience des quelques pays qui ont légalisé l’euthanasie et l’aide au suicide montre que toute législation qui tente de limiter ces pratiques à quelques cas précis se voit facilement  contestée et rapidement affaiblie. Les conséquences de l’aide au suicide sur les individus, les familles et l’ensemble de la société sont faciles à prévoir : nouvelles tentatives pour appliquer l’euthanasie et l’aide au suicide à d’autres situations médicales; sentiment croissant d’angoisse chez les personnes handicapées, les vieillards, les malades chroniques, les victimes de dépression et les mourants, sous le coup d’une menace supplémentaire à leur vie et à leur sérénité; érosion de la confiance des patients en leur médecin; hausse de l’anxiété et du stress chez les fournisseurs de soins de santé; risque accru de pressions exercées sur les personnes vulnérables par les familles ou la société afin de les inciter à ne pas devenir "un fardeau". En mettant l’accent de manière aussi étroite sur la liberté et les préférences d’une petite minorité de personnes, la Cour suprême a oblitéré le devoir moral qu’a notre société de protéger la vie de ses membres, surtout celle des plus faibles et des plus vulnérables.

De fait, nombre de Canadiennes et de Canadiens subissent déjà les retombées néfastes du suicide dans leur vie personnelle et communautaire : les sentiments de culpabilité, de colère et de futilité que le suicide engendre peuvent sinistrement et tragiquement inciter d’autres personnes à s’enlever la vie. Comme le souligne "Avec dignité et compassion. Soins destinés aux Canadiens vulnérables", un rapport publié en 2011 par le Comité parlementaire sur les soins palliatifs et les autres services d’accompagnement, le suicide au Canada «est particulièrement plus élevé chez les jeunes, notamment les jeunes Autochtones et Inuits, chez les hommes d’âge moyen et chez les aînés. Le suicide est la deuxième grande cause de décès chez les jeunes âgés de 10 à 24 ans. Le taux de suicide des jeunes Autochtones est cinq à sept fois supérieur au taux des jeunes non Autochtones. Le Québec et les territoires ont les taux de suicide les plus élevés au Canada.»

Suite au dépôt de ce rapport en 2011, le Parlement a adopté, presque à l’unanimité en mai 2014, un appel en faveur d’une stratégie pancanadienne sur les soins palliatifs et les soins en fin de vie. Selon ceux et celles qui ont appuyé la proposition, «la route de l’aide au suicide et de l’euthanasie qu’ont empruntée d’autres pays est dangereuse et erronée». Avec le jugement de la Cour suprême, la fausse économie de l’aide médicale au suicide ne manquera pas d’inciter les gouvernements, les établissements de santé et les familles à ne pas investir davantage dans les soins palliatifs.

L’aide médicale au suicide et l’euthanasie sont déjà idéalisées par les médias, et plusieurs Canadiennes et Canadiens ou leurs institutions y voient maintenant un "droit". Dans son jugement de l’an dernier, la Cour suprême n’a pas tenu compte de ses propres décisions antérieures contre l’euthanasie et le suicide assisté, et son arrêt ne se fondait ni sur les traditions juridiques du monde occidental ni sur des principes éthiques solidement éprouvés. Pendant plus de deux mille ans, l’éthique médicale s’est inspirée des principes du serment d’Hippocrate : ne causer ni préjudice ni injustice, n’administrer aucun médicament mortel à qui en ferait la demande ou ne jamais donner de conseil en ce sens, et ne pas provoquer d’avortement. L’arrêt de la Cour est arbitraire tant sur le fond que par les limites et le délai qu’il a tenté d’imposer. Les citoyennes et les citoyens peuvent actuellement faire appel à une cour provinciale ou territoriale pour qu’elle autorise l’aide médicale au suicide, même si les associations médicales et les associations de santé ne disposent pas encore de lignes directrices à ce sujet. Il est difficile d’imaginer que le jugement de la Cour suprême ne servira pas, plus tôt que tard, à justifier soit d’autres formes d’aide au suicide ou de l’euthanasie en général. L’Association médicale du Canada estime que les deux tiers des médecins au pays ne souhaitent pas être impliqués dans de tels suicides, et la grande majorité des centres de soins palliatifs au Québec ont fait savoir qu’ils ne fourniront pas d’aide médicale au suicide.

L’Église catholique et les évêques catholiques du Canada éprouvent une grande compassion pour les malades, les personnes qui souffrent et les mourants. Les premiers établissements de santé au Canada ont été fondés par des communautés religieuses catholiques. Nombre de laïcs catholiques se dévouent aujourd’hui à fournir des services de santé, et notre Église exhorte tous ses membres à faire preuve de miséricorde et à se montrer attentifs aux besoins des autres, à prier et à prendre soin des malades, des personnes qui souffrent et des mourants, en les accompagnant et en leur offrant réconfort et soutien. L’aide au suicide et l’euthanasie ne sont pas la solution à la souffrance et à la douleur des personnes, comme l’a relevé le Comité parlementaire dans "Avec dignité et compassion".

La philosophie des soins palliatifs est axée sur la personne, orientée vers la famille et ancrée dans la collectivité. Au lieu de concentrer les soins sur la maladie ou l’affection, on les centre sur la personne. Les soins palliatifs reconnaissent que les dimensions psychosociales et spirituelles ont un profond impact sur la santé et le bien-être, et qu’une variété de problèmes précis peuvent se manifester à différentes étapes de la vie d’un mourant ou d’un malade chronique.

Les seuls soins [axés sur les patients] offerts avec constance et efficacité d’un bout à l’autre du pays sont les soins palliatifs. Cela est d’autant plus remarquable que l’infrastructure des soins palliatifs s’est en grande partie développée en marge du système de santé, avec peu ou pas d’appui financier et souvent grâce aux efforts de la population.

Collaborer avec les divers collèges et autres ordres professionnels pour répondre aux besoins légitimes des Canadiens; ils ont recommandé que les médecins, le personnel infirmier et d’autres professionnels de la santé reçoivent une formation plus poussée concernant les soins palliatifs/fin de vie et le contrôle de la douleur. Les écoles de médecine, de soins infirmiers, de soins pharmaceutiques et d’autres professions connexes doivent accroître considérablement le nombre d’heures de formation en soins palliatifs et en gestion de la douleur et des symptômes.

Le traitement de la douleur est gravement déficient au Canada. La douleur aiguë est souvent mal gérée en dépit des connaissances et de la technologie existantes. Il est essentiel de traiter adéquatement la douleur aiguë pour amoindrir la souffrance et pour réduire les risques que la douleur ne devienne chronique.

Les professionnels de la santé ne reçoivent pas une formation adéquate en matière de traitement de la douleur. Les écoles prévoient peu d’heures de cours théoriques sur la gestion de la douleur. Ironiquement, les vétérinaires reçoivent cinq fois plus de formation sur le traitement de la douleur que les médecins qui traitent des humains.

Prendre soin des mourants ne signifie pas les tuer ou les aider à s’enlever la vie. Pour toutes les raisons susmentionnées, dans la lettre que j’ai adressée au Très honorable Justin Trudeau en novembre dernier, j’ai indiqué que les évêques du Canada auraient préféré voir le Gouvernement invoquer la disposition de dérogation afin de reporter toute application de l’aide médicale au suicide d’au moins cinq années, ce qui aurait permis de réfléchir calmement, de reconsidérer la question de manière raisonnable, de procéder à des consultations approfondies et d’apporter une clarté indispensable aux définitions utilisées (nombre de Canadiennes et Canadiens n’ont pas encore compris que "l’aide à mourir" n’est qu’un euphémisme pour masquer l’aide médicale au suicide et l’euthanasie).

Au moment où le Gouvernement du Canada amorce une démarche de réflexion sur l’application de l’arrêt Carter c. Canada, notre Conférence épiscopale poursuit ses consultations et le dialogue avec d’autres groupes religieux au pays, et demande respectueusement au Gouvernement du Canada :

1) de donner la priorité aux soins palliatifs en appliquant Avec dignité et compassion, le rapport publié en 2011 par le Comité parlementaire sur les soins palliatifs et les autres services d’accompagnement, afin que les Canadiennes et les Canadiens aient vraiment le choix en matière de soins en fin de vie, et qu’ils comprennent bien que l’aide au suicide, de par sa nature, n’est pas un soin palliatif;

2) de financer la poursuite des recherches et la formation en matière de contrôle de la douleur;

3) de mettre en oeuvre le Plan national pour la prévention du suicide, tel que proposé au Parlement en 2011;

4) de veiller à prévenir une approche disparate de l’interprétation de la loi par chaque province et territoire, ou par les médecins et les patients;

5) de garantir à chaque fournisseur de soins de santé et à chaque établissement de santé le droit de n’être ni contraint de fournir, de faciliter ou d’encourager l’aide au suicide, ni forcé de diriger des patients vers des médecins ou des établissements qui fournissent l’aide au suicide ou l’euthanasie.

Pour éclairer davantage la position de notre Conférence et de l’Église catholique concernant l’euthanasie et l’aide médicale au suicide, je joins une copie du texte du mémoire que nous avons présenté au Comité externe sur les options de réponse législative à Carter c. Canada (cliquer sur ce lien).

En terminant, je tiens à vous assurer, Mesdames les Ministres, que les prières des évêques catholiques du Canada vous accompagnent dans votre réflexion sur cette question de vie ou de mort.

Mgr Douglas Crosby, OMI

Évêque de Hamilton et Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada»

Source : radiovaticana.va     cccb.ca

Mgr Rey : euthanasie déguisée

 

Proposition de loi Claeys Leonetti: Mgr Rey s’inquiète d’une euthanasie déguisée

par Mgr Dominique Rey, Evêque du diocèse de Fréjus-Toulon, 26/01/2016

Qu’est-ce que la proposition de loi Claeys-Leonetti ? Qu’en pense l’Eglise ?

Ce texte vise à modifier la législation française sur la fin de vie. La conférence des évêques de France a exprimé ses réserves par la voix d’un groupe de travail. Deux éléments principaux sont problématiques : la question de l’hydratation et de la nutrition, la sédation profonde et continue jusqu’à la mort.

Quels sont exactement les enjeux qui touchent la nutrition et l’hydratation ?

La nutrition et l’hydratation sont des besoins vitaux. La proposition de loi les considère comme des traitements, et non comme des soins. Aux derniers instants de la vie, la poursuite de la nutrition cause parfois de grandes souffrances et peut être interrompue dans une démarche de soins palliatifs. En revanche, refuser d’hydrater un minimum une personne revient à hâter sa mort.

Pourquoi la sédation profonde et continue pose-t-elle problème ?

La proposition de loi prévoit que les patients en fin de vie puissent être endormis jusqu’à leur mort. Une sédation profonde est parfois nécessaire selon les médecins, mais elle doit être réversible. La sédation profonde et continue jusqu’à la mort est une forme d’euthanasie lente et déguisée.

Que faire lorsqu’on ne peut pas lutter contre la douleur d’un patient en fin de vie ?

Même si tout doit être fait pour la diminuer, la souffrance suscite l’angoisse. Elle nous semble absurde. Il faut en retrouver le sens. Elle est un chemin de conversion. Elle touche le cœur de Jésus. Elle participe à sa douleur sur la Croix. Notre rôle est d’accompagner les patients et leurs familles par notre compassion, notre prière et notre foi. C’est l’attitude de Marie, silencieuse au pied de la Croix. Le sacrement des malades, reçu en pleine conscience, aide à préparer sa mort.

Pourquoi l’Eglise s’oppose-t-elle à l’euthanasie volontaire et au suicide assisté ?

Le discours ambiant est passé du slogan « mon corps m’appartient » à « ma mort m’appartient ». Sans préjuger de la sincérité de ceux qui y ont recours, l’euthanasie directe est une offense à la vie, une faute morale. Le suicide assisté est contraire au juste amour de soi. Attenter à la vie d’un être détruit les fondements du vivre-ensemble, c’est-à-dire l’acceptation de l’autre. En termes religieux, c’est un péché grave.

Qu’est-ce que les chrétiens proposent pour répondre à tous ces défis ?

La force du lobby pro-euthanasie est gonflée par la faiblesse des soins palliatifs. En 1999, une loi a consacré le droit d’avoir accès aux soins palliatifs. Un grand effort doit encore être fait pour obtenir leur développement sur tout le territoire, dans les hôpitaux, les EHPAD et à domicile. Nous devons retrouver le sens de la dignité humaine. Rien ne peut justifier qu’on remette en cause la sacralité de la vie.

Source : osp.frejustoulon.fr

 

Mgr Jozef De Kesel : Les hôpitaux catholiques ont le droit de refuser l'euthanasie

 

par

Mgr Jozef De Kesel s’est confié au quotidien Het Belang van Limburg  le week-end. Au cours de l’entretien, l’archevêque de Malines-Bruxelles a notamment déclaré que les hôpitaux catholiques avaient le droit de refuser de pratiquer l’avortement ou l’euthanasie, propos qui n’ont pas manqué de faire réagir. ...

« Je peux comprendre que quelqu’un qui a un mode de vie laïque n’éprouve pas de problème à ce sujet », explique Mgr De Kesel dans les pages du journal limbourgeois. « Mais du point de vue de ma foi ce n’est pas évident. Je pense que j’ai le droit de dire cela, et davantage encore: je trouve qu’au niveau institutionnel nous avons aussi le droit de décider que nous n’allons pas pratiquer l’euthanasie et l’avortement. Je pense notamment aux hôpitaux catholiques. » ...

Pour « clore » un débat qu’il estime non fondé, nos confrères de Kerknet ont réaffirmé lundi que les hôpitaux catholiques ne sont pas tenus d’assurer l’euthanasie. Il en veut pour preuve le rapport parlementaire concernant le projet de loi relatif à l’euthanasie. A la page 178 de celui-ci, est déclaré que « les établissements de soins auront, après l’entrée en vigueur de la loi en projet, la possibilité de refuser de collaborer à la pratique de l’euthanasie et que dès lors, les établissements pourront également choisir de ne pas pratiquer l’euthanasie pour des raisons de principe ».

De son côté, le père Tommy Scholtès s.j., attaché de presse de la conférence épiscopale, rappelle que même si les institutions catholiques ne permettent pas l’euthanasie en leurs murs, elles respectent pleinement la loi. Pour Kerknet, « la loi ne crée par un droit fondamental à l’euthanasie. Elle se limite à la dépénaliser, et à permettre aux médecins de l’effectuer dans des conditions légales ».

(Avec Belga)

Source : cathobel.be

 

Mgr Barbarin : "il y a des attentes bien plus fortes en matière de soins palliatifs qu'en matière d'euthanasie"

 

Mgr Philippe Barbarin: «Les politiques n'ont pas à changer la nature humaine»

itw par Jean-Marie Guénois, 24/12/2015, extrait


Pensez-vous que les politiques ont suffisamment tiré les leçons des élections régionales et de la nette montée du Front national?

Ce sont les prochaines élections qui le diront ! Il y a quelques mois, le maire de Lyon avait invité le gouvernement à faire plus de social, et un peu moins de sociétal. Il me semble que pour ce qui concerne l'avenir, il y a par exemple des attentes bien plus fortes en matière de soins palliatifs qu'en matière d'euthanasie. À ma connaissance, les responsables politiques n'ont pas pour mission de changer la société, ni la civilisation, et encore moins la nature humaine. La responsabilité qui leur est confiée, c'est de donner à la société les meilleures conditions d'une vie commune: l'emploi, la santé, la sécurité, l'éducation, les transports… de sorte que chacun ait la liberté et les moyens de réaliser librement sa vie et les projets qui lui tiennent à cœur.

Source : lefigaro.fr

 

Les responsables religieux canadiens contre l'euthanasie

Déclaration commune sur l’euthanasie et le suicide assisté publiée par la Conférence des évêques catholiques du Canada et l’Alliance évangélique du Canada

La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) et l'Alliance évangélique du Canada (AÉC) ont publié cette déclaration commune sur l'euthanasie et le suicide assisté. Celle-ci a été appuyée par plus de 30 dénominations chrétiennes, de même que par plus de 20 dirigeants juifs et musulmans à travers le Canada. 28/10/2015

Le suicide assisté et l’euthanasie soulèvent de profondes questions sociales, morales, légales, théologiques et philosophiques. Ce sont des enjeux qui touchent le cœur même de notre conception de ce que nous sommes, du sens de la vie et du devoir de sollicitude que nous avons les uns envers les autres. Le récent jugement de la Cour suprême du Canada a ramené la question au premier plan du débat public et nous oblige toutes et tous, comme citoyennes et citoyens, à réfléchir à la réponse que nous donnons, personnellement et comme société, à ceux et celles qui ont besoin de notre compassion et de notre sollicitude.

Nous soussignés, chacun et chacune sur la base des traditions et des enseignements que nous tenons pour sacrés, affirmons le caractère sacré de toute vie humaine et la dignité égale et inviolable de tous les êtres humains. Des sociétés et des cultures du monde entier partagent cette conviction depuis toujours. La dignité humaine n’est pas uniquement une croyance religieuse, bien qu’elle possède pour nous un profond sens religieux. De plus, nous soutenons que le respect de la vie humaine est le fondement et la raison de notre compassion, de notre responsabilité et de notre engagement à prendre soin de tous les êtres humains, nos frères et sœurs qui souffrent

Le caractère sacré de la vie humaine est un principe fondamental de la société canadienne. Ce principe a une double portée, personnelle et communautaire. Il sous-tend la reconnaissance de l’égale dignité de chaque individu, quelles que soient ses capacités ou ses limites, et il façonne et oriente notre vie ensemble, notamment nos systèmes de droit, de santé et d’aide sociale. Il inspire la promotion collective de la vie et la protection des personnes vulnérables.

Alors que la société canadienne continue d’affirmer l’importance de la dignité humaine, on observe une tendance inquiétante à définir celle-ci de manière subjective et émotionnelle. Pour nous, la dignité humaine désigne avant tout la valeur de la vie de la personne devant son Créateur et au sein d’un réseau de relations familiales et sociétales. Nous sommes convaincus que les seules façons d’aider les gens à vivre et à mourir dans la dignité consistent : à veiller à ce qu’ils soient entourés d’amour et de sollicitude; à leur fournir des soins holistiques qui incluent aussi bien le contrôle de la douleur qu’un soutien psychologique, spirituel et affectif; et à améliorer et à augmenter les ressources consacrées aux soins palliatifs et aux soins à domicile.

En nous appuyant sur nos traditions et nos croyances respectives, nous insistons pour dire que toute action visant à mettre fin à une vie humaine est contraire à la morale et à l’éthique. Ensemble, nous sommes déterminés à travailler à alléger la souffrance humaine sous toutes ses formes, mais jamais en éliminant intentionnellement ceux et celles qui souffrent.

Il faut distinguer l’euthanasie et le suicide assisté du refus ou du retrait de traitements disproportionnés. Dans ce dernier cas, l’intention n’est pas de causer la mort, mais de la laisser survenir naturellement. Nous comprenons que, dans certaines circonstances, il est moralement et légalement acceptable de refuser ou d’arrêter un traitement. Le refus d’un traitement médical, notamment de soins extraordinaires, est bien différent de l’euthanasie ou du suicide assisté. L’euthanasie consiste à tuer délibérément une personne, avec ou sans son consentement, dans le but affiché de mettre un terme à ses souffrances. On parle de suicide assisté quand une personne en aide, en conseille ou en encourage une autre à se suicider. Il y a une différence fondamentale entre tuer une personne et la laisser mourir de mort naturelle.

L’euthanasie et le suicide assisté traitent la vie de personnes défavorisées, malades, handicapées ou mourantes comme si elle valait moins que celle des autres. Un tel message contredit le respect dû à l’égale dignité de nos sœurs et frères vulnérables.

Les systèmes de soins de santé doivent continuer de promouvoir une éthique de défense de la vie. Les professionnels de la médecine sont formés pour aider les malades à se rétablir et à rehausser leur qualité de vie. Ils ne sont pas formés pour administrer la mort et ce n’est pas ce qu’on attend d’eux. Tout changement à cet égard brouillerait radicalement les rapports entre médecins et patients. De même, tous les membres de la société sont appelés à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger la vie ou la sécurité de leurs voisins. Les efforts soutenus visant à rendre facilement disponibles et à améliorer les soins palliatifs et les soins à domicile illustrent bien ce souci et cette sollicitude, si essentiels à notre société.

Santé Canada définit les soins palliatifs comme « une approche pour soigner les personnes atteintes d’une maladie qui met leur vie en danger, peu importe leur âge. Ces soins visent à assurer le confort et la dignité des personnes au seuil de la mort, tout en maximisant la qualité de vie des patients, de leur famille et de leurs proches. Les soins palliatifs correspondent aux divers aspects des soins prodigués en fin de vie : la gestion du soulagement de la douleur et des autres symptômes; l’apport d’un soutien social, psychologique, culturel, émotif, spirituel et pratique; la prestation d’une aide aux personnes soignantes; l’offre d’un soutien en période de deuil. » Le suicide assisté et l’euthanasie sont contraires aux principes et à la pratique des soins palliatifs.

À la lumière du récent jugement de la Cour suprême du Canada, nous exhortons les législateurs et les législatrices fédéraux, provinciaux et territoriaux à adopter et à défendre des lois qui rehaussent la solidarité humaine en promouvant le droit à la vie et la sécurité de toutes les personnes ; à rendre accessibles dans tout le pays des soins à domicile et des soins palliatifs de qualité ; à mettre en œuvre des règlements et des politiques qui assurent le respect de la liberté de conscience de tous les travailleurs et les administrateurs de la santé qui ne voudront ni ne pourront voir dans le suicide assisté ou dans l’euthanasie une solution médicale à la douleur et à la souffrance.

La force morale de l’humanité repose sur la solidarité, la communion et la communication – en particulier avec ceux et celles qui souffrent. C’est l’attention personnelle et les soins palliatifs, et non le suicide assisté et l’euthanasie, qui respectent le mieux la valeur de la personne humaine. C’est quand nous sommes disposés à prendre soin les uns des autres dans les circonstances les plus difficiles et même au prix de lourds inconvénients que la dignité humaine et la bonté fondamentale de la société trouvent leur plus belle expression et leur meilleure protection.

 Source : cccb.ca

Hydratation, svp, et réversible la sédation !

La fin de vie : un défi éthique collectif

Déclaration du groupe de travail sur la « Fin de vie »

 La proposition de loi concernant la fin de vie arrive en deuxième lecture au Sénat. Elle a suscité de notre part deux prises de parole détaillées auxquelles nous renvoyons : la déclaration « Ne prenons pas le problème à l’envers ! » (20 janvier 2015) ; le livre « Fin de vie, un enjeu de fraternité », Salvator, mars 2015.

 Durant le processus législatif, deux situations distinctes, relatives à la vulnérabilité extrême, ont marqué l’opinion : les conflits sur la volonté et sur le bien de M. Vincent Lambert ; les pratiques controversées du Dr Nicolas Bonnemaison sur des patients en agonie. Leur retentissement judiciaire et médiatique a troublé bon nombre de nos concitoyens. Ces « affaires » montrent une fois de plus que notre société doit encore apprendre comment vivre avec les personnes d’extrême fragilité, en particulier nos anciens en fin de vie. De quelle manière mieux prendre soin d’eux ? Il nous faut inventer un vivre ensemble qui les intègre pleinement, de façon respectueuse et attentionnée, car aucune vie humaine n’est et ne peut être déclarée « inutile ». Voilà notre défi collectif !

 Le processus législatif étant sur le point d’aboutir, nous attirons à nouveau l’attention sur cinq points :

 1 – Tous les rapports sur la fin de vie alertent sur la déficience française dans l’accès aux soins palliatifs. Le droit d’en bénéficier par tous ceux qui en ont besoin est établi par la loi de 1999. Tel est le premier droit à rendre effectif. Il exige un effort sérieux et déterminé pour que ces soins se développent sur tout le territoire français, à l’hôpital, en EPHAD ou à domicile. Ce développement passe nécessairement par un accroissement de la formation. Nous nous réjouissons de l’annonce d’un nouveau plan triennal pour développer ces soins. Il n’est que stricte justice. Ce plan suffira-t-il ? Il devra être financé, évalué, poursuivi et sans doute amplifié au-delà de ces trois années.

2 – Il est juste et bon de rendre hommage aux soignants et à leur expertise autorisée concernant la médecine palliative. Les recommandations de bonne pratique élaborées par les instances compétentes tracent de mieux en mieux le chemin sûr et responsable d’une médecine palliative qui sait prendre soin de chaque personne en fin de vie en respectant ses souhaits, en bannissant l’obstination déraisonnable, en apaisant les souffrances, en permettant à l’équipe soignante d’être là au temps de l’agonie, en accompagnant les familles et en les associant aux décisions de soin.

3 – La nutrition et l’hydratation, même quand elles sont administrées de façon artificielle, demeurent des besoins de base nécessaires à la vie. En France, elles sont de plus en plus considérées comme des « traitements », alors que dans d’autres pays elles restent des « soins ». Elles ne peuvent être arrêtées que si elles provoquent en elles-mêmes une altération de la santé ou si le patient, à cause d’elles, manifeste une souffrance qu’on ne sait pas apaiser. L’arrêt de la nutrition et/ou de l’hydratation artificielles nécessite un discernement séparé car elles ne répondent pas aux mêmes besoins en fin de vie.

4 – La sédation profonde et continue jusqu’au décès est déjà prescrite et administrée au cas par cas. C’est toujours en dernier recours après avoir constaté que la souffrance est réfractaire à tout autre traitement, selon une délibération collégiale qui permet au médecin d’en prendre la responsabilité. Ces cas sont plutôt rares. Il appartient au jugement médical de vérifier que les conditions requises sont réunies pour que ce traitement de dernier recours soit prescrit.

En respectant le droit du patient à vouloir « dormir », les professionnels de santé, dûment formés, savent répondre à cette volonté par une sédation adaptée prescrite au moment adéquat, laquelle peut être réversible sans que ce patient souffre. Nous joignons notre voix à ceux qui insistent sur la nécessité de la formation de tous les soignants à cette utilisation de la sédation dans le respect des recommandations de bonne pratique. Il serait regrettable qu’une loi vienne simplement pallier un manque de formation des équipes médicales

5 – La loi d’avril 2005, dite loi « Leonetti », fait clairement droit à une dimension inhérente à la réflexion humaine sur l’action : « le double effet ». Mis au jour depuis des siècles, ce principe clarifie la responsabilité et permet une juste prise de décision médicale. La volonté d’apaiser la souffrance par un traitement approprié peut avoir pour effet non voulu la survenue plus rapide de la mort. En effet, le traitement qui soulage la souffrance peut affaiblir les résistances de l’organisme face à la maladie. Le patient ainsi soulagé meurt alors de « mort naturelle », expression qui signifie « la mort non provoquée directement par la volonté humaine ».

L’intention droite du médecin, partagée par l’équipe soignante, qui cherche à prendre soin du patient jusqu’au bout est l’honneur de la profession médicale. Cette intention est au cœur du serment d’Hippocrate. Elle demeure le roc de la confiance mutuelle entre soignants et soignés. Elle a permis les progrès considérables de la médecine palliative. Certes, il y aura toujours des situations qui demeureront difficiles à accompagner et à vivre. Celles-ci nous questionnent et nous bouleversent. Face aux hésitations de notre société devant ces situations et devant la mort, nous avons tous à soutenir cette recherche de la meilleure qualité de soin et d’accompagnement jusqu’en toute fin de vie.

Dans son texte Laudato Si’, le pape François invite à orienter les prouesses techniques par une éthique, une culture et une spiritualité qui permettent de « retrouver la profondeur de la vie » ainsi que « les valeurs et les grandes finalités ». Il est en effet gravement incohérent de vouloir des techniques qui protègent notre planète tout en bravant l’éthique du respect envers les plus pauvres et les plus faibles qui y habitent. Le progrès éthique et spirituel est global ; il demande l’effort conjugué et courageux de tous. Prendre soin de notre maison commune exige une écologie intégrale qui prenne soin de nos concitoyens les plus fragiles, en particulier quand ils s’approchent de leur mort. Dieu nous a confié le soin car il nous sait capables de responsabilité et de fraternité. Voilà la direction du progrès adéquat aux hommes et à leur bonheur de vivre ensemble ! Alors, nous développerons un soin digne de nos frères et sœurs vulnérables en fin de vie. Partageant toujours notre vie, ils nous appellent à un surcroît d’humanité, c’est-à-dire de cœur et de raison.

Le mercredi 28 octobre 2015

Mgr Pierre d’Ornellas
Archevêque de Rennes et responsable du Groupe de travail sur la fin de vie.

Mgr Michel Aupetit
Évêque de Nanterre

Dr Marie-Sylvie Richard, xavière
Chef de service à la Maison Médicale Jeanne Garnier (Paris)

Dr Claire Fourcade
Médecin coordinateur, pôle de soins palliatifs de la polyclinique Le Languedoc (Narbonne)

Dr Alexis Burnod
Institut Curie, Service soins palliatifs

P. Bruno Saintôt, jésuite
Directeur du département éthique biomédicale du Centre Sèvres (Paris)

P. Brice de Malherbe
Codirecteur du département d’éthique biomédicale du Collège des Bernardins (Paris)


Source : eglise.catholique.fr

Cardinal Nichols, Archevêque de Westminster, contre l'euthanasie

Cardinal Nichols : "Le droit d’une personne à mourir donne à une autre le devoir de tuer"

L'archevêque de Westminster, en pèlerinage à Lourdes, a exhorté dans son homélie à ne pas succomber au "grand mensonge" du suicide assisté.

par Mathilde Rambaud, 31/07/2015

"Nous apprenons que nous devons nous entendre ; nous apprenons que nous devenons plus forts quand nous marchons ensemble ; nous apprenons que nous avons besoin de temps au calme pour nous-même ; nous apprenons à regarder autour de nous ceux qui sont dans le besoin ; nous apprenons que nous gagnons plus en donnant qu'en prenant", a rappelé dans son homélie le cardinal Vincent Nichols, archevêque catholique de Westminster, aux pèlerins britanniques réunis à Lourdes dimanche dernier à l'occasion du Day of Life ("Journée de la vie").

"Chérissons la vie et embrassons la mort"

Le thème de ce pèlerinage était : "Chéris la vie, accepte la mort", et le prélat n'a pas manqué d'y faire référence à de nombreuses reprises et avec des paroles fortes : "Chérissez la vie en effet. Et, je dirais, embrassez la mort quand elle se présente, a-t-il ajouté. La vie que nous avons en ce monde est bonne, très bonne, mais elle passera. Et alors nous entrerons dans une vie qui n’aura pas de fin, en passant par la porte de la mort". Et, reprenant les paroles du pape François qui avait adressé un message aux participant, il a dénoncé le "grand mensonge" qui consiste à "convaincre les gens que vivre avec une maladie grave n’est plus vivre". "Nous comprenons clairement les raisons qui nous poussent à nous opposer à ceux qui souhaitent introduire des lois en faveur du suicide assisté, donnant le droit aux gens de mourir quand ils le veulent. Le droit d’une personne à mourir donne à une autre le devoir de tuer, a-t-il souligné. Nous ne pouvons l'accepter."

Être prêt quand viendra l'heure de rejoindre le Père

"Nous chérissons la vie jusqu’à sa fin, tout comme nous embrassons la mort. Au cours de ce pèlerinage, nous faisons l’expérience de la vie. Nous apprenons à chérir de plus en plus cette vie, combien elle est précieuse. Nous apprenons à nous réjouir de la vie du Ciel et à embrasser ce moment où Dieu nous rappellera à Lui", a-t-il conclu, invitant à prier "pour que nous chérissions toujours la vie et la défendions de son commencement jusqu’à sa fin naturelle, et pour que soyons prêts quand notre moment viendra de rejoindre le Père".

Source : aleteia.org 

 

Les Evêques de Rhône-Alpes se dressent contre l'arrêt des soins

 

Aujourd’hui le visage le plus fragile de notre société se prénomme Vincent.

A l’avant-veille de la décision du Dr Simon qui pourrait annoncer « l’arrêt des traitements », voici la déclaration des évêques de Rhône-Alpes au sujet de Vincent Lambert, dont les parents vivent dans la Drôme.

Dans quelques jours, une décision médicale risque de provoquer délibérément la mort de Vincent Lambert.

Il n’est pourtant pas en fin de vie et il ne fait l’objet d’aucun soin disproportionné. En lui donnant la nourriture et l’hydratation nécessaires, ceux qui prennent soin de lui respectent simplement le cours de cette vie dont le mystère nous échappe et dont le terme n’appartient à personne.

Les débats auxquels nous assistons prouvent que notre société hésite sur des principes majeurs, comme « Tu ne tueras pas » ou « Nul ne peut décider de mettre fin à la vie d’autrui ». Ils étaient considérés jusqu’à présent comme des valeurs fondamentales, comme le socle de notre vivre ensemble [1]. Et si l’on venait à y renoncer, on voit mal comment le corps médical pourrait continuer à prononcer le serment d’Hippocrate [2].

C’est le renoncement à ces principes qui fait peser sur la famille un poids insupportable. Nous voudrions exprimer à tous ses membres notre compassion, en respectant leur souffrance.

A l’issue des travaux menés sur la situation de Vincent Lambert par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, les cinq membres qui se sont opposés de toute leur force à la décision votée par les sept autres ont crié leur révolte. Ils ont déclaré que la Cour ne méritait plus de porter le titre de « conscience de l’Europe » qu’elle s’était donné en 2010 [3].

En union avec beaucoup d’autres, croyants ou non, nous lançons un appel aux autorités politiques, juridiques et médicales. Que ceux qui ont à en juger sachent que derrière la personne de Vincent Lambert, c’est le symbole de la vie la plus fragile qui est en jeu pour l’avenir de notre société.

Si sa mort doit survenir, nous prierons pour que tous puissent accueillir cet événement dans l’espérance. Mais aujourd’hui, notre frère Vincent n’est pas en fin de vie, et plusieurs établissements spécialisés se sont déclarés prêts à le recevoir. Qu’est-ce qui l’empêche ?

Mgr Philippe Ballot, archevêque de Chambéry, Maurienne et Tarentaise
Mgr Jean-Louis Balsa, évêque nommé de Viviers
Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon
Mgr Yves Boivineau, évêque d’Annecy
Mgr Guy de Kerimel, évêque de Grenoble-Vienne
Mgr Dominique Lebrun, évêque de Saint-Étienne
Mgr Patrick Le Gal, évêque auxiliaire de Lyon
Mgr Pierre-Yves Michel, évêque de Valence
Mgr Pascal Roland, évêque de Belley-Ars

21/07/2015

[1] C’est le titre et le sens de l’appel interreligieux signé pendant le débat parlementaire sur la fin de vie http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/03/09/nous-hauts-dignitaires-religieux-demandons-a-ce-que-soit-preserve-l-interdit-de-tuer_4589691_3232.html
[2] Serment d’Hippocrate. Article R 4127-38 du code de la santé publique
[3] http://hudoc.echr.coe.int/sites/fra/pages/search.aspx?i=001-155264

 

Mgr Scherrer : tuer par omission

 


Plaidoyers pour la vie

Laval, le 15 juillet 2015

     Depuis que la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a validé l'arrêt des soins de Vincent LAMBERT, ce patient accueilli à l'Hôpital Sébastopol de Reims dans un état de polyhandicap profond, de nombreuses personnalités ont souhaité faire connaître leurs réactions et leurs interrogations, parmi lesquels un certain nombre d'évêques de France.

     Tout récemment encore, la CEDH ayant rejeté la demande de révision de cet arrêt réclamée par les parents, une convocation leur a été adressée pour le 15 juillet par le CHU de Reims pour tenir un conseil de famille « en vue d'une décision d'arrêt des traitements ». Même si rien n'indique qu'une décision définitive sera prise à cette date, nous voudrions ici redire un certain nombre de convictions que tous peuvent partager :
          - Chaque personne possède une égale dignité, quels que soient sa condition ou son état de santé. Cette reconnaissance est le fondement de notre lien social.
          - L'alimentation et l'hydratation répondent aux besoins fondamentaux communs à tous les hommes, malades ou bien portants, et ne peuvent par conséquent être considérés comme de simples traitements.
          - L'attention à celui qui est en situation de faiblesse est le principe de toute attitude éthique.

     Dans le cas présent, les chrétiens ne peuvent rester silencieux, tout en appelant au plus grand respect des personnes :
          - Au respect de Vincent Lambert, qui ne doit pas devenir l'otage d'une cause ou d'une idéologie ;
          - Au respect des proches de Vincent LAMBERT, notamment son épouse et ses parents, qui cherchent de bonne foi à faire ce qu'ils jugent être le meilleur pour leur époux et fils ;
          - Au respect du corps médical, dont le dévouement mérite notre confiance.

     Sur la base de cette attitude, nous voulons rappeler que
          - L'interdit de tuer délibérément l'innocent, même par omission, est la marque de notre humanité. La loi elle-même se doit d'être au service de la vie.
          - La vie humaine reste un don de Dieu, au service duquel se trouvent les médecins. La toute-puissance que nous donne la technologie doit reconnaître cette limite.
          - Comme le Christ, l'Eglise n'est pas là pour condamner des personnes mais pour annoncer la miséricorde de Dieu. Seul Dieu juge les personnes, et seul il donne la vie et la reprend.

     Si la sentence portée à l'encontre de Vincent LAMBERT était mise à exécution, nous ne pourrions pas ne pas nous interroger avec inquiétude sur le sort que pourraient subir les très nombreux patients qui se trouvent dans des situations comparables à la sienne. La vie est un bien éminemment précieux et l'attitude que la société adopte à son égard nous concerne tous. Ensemble, soyons d'inlassables plaidoyers en faveur de la vie !

Mgr Thierry SCHERRER
et les membres de la Commission de Bioéthique du diocèse de Laval

Source : Diocèse de Laval 

 

En famille, accompagner les mourants avec amour

 

Message de l’OCVF (Organisme Catholique pour la Vie et la Famille) à l’occasion de la

SEMAINE NATIONALE POUR LA VIE ET LA FAMILLE

11-17 mai 2015

Chaque année, l’Église au Canada encourage les baptisés à prier et à réfléchir de façon spéciale à l’occasion de la Semaine nationale pour la vie et la famille. Dans la foulée du récent jugement de la Cour Suprême relativement au suicide assisté, il est bon de s’interroger sur l’importance pour la famille d’accompagner avec amour ses proches ou toute autre personne souffrante parvenue à la fin de sa vie.

L’expérience prouve que ce n’est pas tant la souffrance que la solitude que craignent par-dessus tout les personnes qui voient venir leur dernière heure. Rien ne peut mieux soulager cette souffrance que la présence aimante des membres de la famille.

Aujourd’hui, pour bien des gens, la vie n’a de valeur qu’en fonction de son utilité. Une telle perspective mène facilement à l’abandon des plus vulnérables. On oublie souvent la dignité intrinsèque de la vie humaine – dignité que rien, pas même la maladie, ne peut diminuer. Cette vérité doit être vécue et transmise de génération en génération, et d’abord par notre façon de nous aimer les uns les autres.

En tant que disciples du Seigneur Jésus, nous sommes appelés à imiter son amour par le don de nous-mêmes. Dieu veut que la famille soit le lieu privilégié où nous faisons l’expérience de cet amour inconditionnel – surtout par l’intermédiaire de l’amour désintéressé d’un père et d’une mère. Nous devenons ces personnes aimantes que Dieu nous appelle à être en restant unis au Christ par la prière et les sacrements; c’est là que sa miséricorde nous guérit de nos faiblesses.

Comme l’a si bien dit le Pape François, lors de sa visite aux Philippines en janvier dernier : « En famille, nous apprenons comment aimer, comment pardonner, comment être généreux et ouverts, et non pas fermés ni égoïstes. Nous apprenons à aller au-delà de nos besoins, à rencontrer les autres et à partager nos vies avec eux. Voilà pourquoi il est si important de prier en tant que famille, si important! Voilà pourquoi les familles sont si importantes dans le plan de Dieu pour l’Église ! »

Profitons de cette Semaine nationale pour la vie et la famille pour réfléchir au rôle impressionnant qui a été confié à la famille. Demandons-nous comment nous pouvons mieux refléter l’amour inconditionnel de Dieu dans le contexte de notre vie quotidienne en famille et de nos relations avec d’autres familles. Rappelons-nous ces mots immortels de Saint Jean-Paul II: «  Comme va la famille, ainsi va la nation, et ainsi va le monde où nous vivons.»

Source : colf.ca

 

Les Evêques de Belgique : Prendre soin des plus fragiles

 

Evêques catholiques de Belgique: "La dignité de la personne humaine même démente"

par les Evêques catholiques de Belgique, 02/03/2015

Ce lundi, dans les colonnes du "Standaard" et dans celles de "La Libre Belgique", l’Eglise de Belgique lance une mise en garde contre l’extension de l’euthanasie aux personnes démentes. Une opinion des évêques catholiques de Belgique. 

Le vieillissement croissant de la population constitue un défi majeur pour notre société. Il va de pair avec une augmentation des cas de démence. La société investit, de longue date et largement, en faveur des personnes âgées, voire très âgées, des personnes souffrant d’un handicap mental profond ou gravement perturbées, des patients comateux et des malades en phase terminale. Nous voudrions avant tout exprimer notre reconnaissance vis-à-vis de tous ceux et celles qui sont engagés dans l’accompagnement de ces personnes fragiles. Ce n’est pas économiquement rentable, mais nous estimons - toutes obédiences confondues - qu’il doit en être ainsi. Cette conviction répond à un choix purement éthique. Mais nous craignons que ce choix soit mis à rude épreuve en raison du "climat d’euthanasie" dans lequel nous baignons depuis 2002 et face au risque d’appliquer légalement l’euthanasie aux personnes démentes. Parce que les personnes concernées sont justement celles qui peuvent le moins faire entendre leur voix, nous jugeons, en tant qu’évêques, que c’est un impérieux devoir pour nous de faire entendre la nôtre en leur faveur.

En tout premier lieu, un être humain, même atteint de démence, demeure une personne à part entière jusqu’à sa mort naturelle. La dignité humaine ne peut dépendre de ce qu’on possède ou non certaines capacités. Elle est liée de manière inaliénable au simple fait d’appartenir à l’espèce humaine. Toute personne, même en état de démence, mérite donc le respect et doit recevoir en conséquence les soins appropriés.

L’autonomie est très importante dans notre société. Mais nous nous demandons si certaines manières de la mettre en œuvre ne sont pas marquées par un individualisme excessif. "Moi, et moi seul, décide de ce que je fais de ma vie et les autres n’ont pas à s’en mêler" semble être devenu le slogan du jour. Cela va si loin qu’un acte devrait être considéré comme bon du seul fait qu’il est le fruit d’un choix autonome.

Une telle conception de l’autonomie en vient à considérer chacun comme un îlot sans lien avec autrui. Mais les individus ne sont pas des îles. Chaque être humain vit dans un environnement social, culturel, historique et relationnel.

C’est pourquoi une autonomie en "relation" ou en "communion" rend beaucoup mieux compte de notre vraie identité et du fonctionnement effectif de notre liberté. De la naissance à la mort, nous dépendons les uns des autres. La tradition chrétienne exprime cela en considérant les êtres humains comme des frères et sœurs, reliés au même Père. Mais il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour comprendre combien nous avons besoin les uns des autres. En plus du critère de l’autonomie, la notion de qualité de vie joue également un rôle important dans pas mal de décisions. Le problème de ce second critère est la difficulté d’en donner une définition objective, si bien que les éléments subjectifs risquent toujours d’être prépondérants. En ce qui concerne les personnes démentes, le risque est grand que des tiers projettent sur le patient leurs préoccupations et angoisses personnelles. La confrontation avec une personne démente doit d’abord susciter, auprès de tous, la responsabilité éthique d’en prendre soin. L’appel lancé par le prochain qui a besoin de soins renforce le fait que nous sommes ses frères et sœurs en humanité. Je suis le gardien de mon frère, que je le veuille ou non.

Même s’il nous est possible d’étouffer cet appel de notre conscience, cela n’enlève rien à notre obligation morale de prendre soin de notre prochain.

Depuis la loi de 2002 sur l’euthanasie, le constat s’impose : la dérive prédite à l’époque est devenue réalité. Les limites de la loi sont systématiquement contournées, voire transgressées. L’éventail des groupes de patients entrant en ligne de compte pour l’euthanasie ne cesse de s’élargir. La souffrance existentielle, comme, par exemple, la fatigue de vivre, est ainsi placée sans hésitation dans le champ d’application de la loi sur l’euthanasie par des personnes ayant autorité dans la société - sans indice de désordre psychologique ou psychiatrique sous-jacent -, ce qui d’ailleurs n’est pas de la compétence de la médecine.

Demande est aussi faite d’un nouvel élargissement de la loi afin de pouvoir procéder à l’euthanasie de personnes démentes, et ce à un moment précédemment indiqué par elles, sur base d’une déclaration de volonté anticipée. On en viendrait ainsi, par exemple, à une déclaration anticipée stipulant que l’euthanasie est demandée dès lors qu’on ne reconnaîtrait plus les membres de sa propre famille. Alors qu’auparavant on argumentait à partir du critère de "souffrance intolérable", on va maintenant un cran plus loin. Lorsqu’on perd sa capacité cognitive, on perdrait aussi son identité individuelle. Selon cette logique, on devrait, dès ce moment, pouvoir mettre un terme à la vie de cette personne.

Nous nous opposons résolument à cette tendance. Une perte d’autonomie n’est pas pour nous synonyme de perte de dignité.

Pareil raisonnement - nous y insistons - nous engage de manière encore plus périlleuse sur la pente entamée. Le danger n’est pas illusoire que l’on veuille réserver le concept de personne humaine - et les droits qui y sont afférents - à ceux qui sont capables de reconnaître pour et par eux-mêmes la valeur de leur propre vie. Ceux qui ne le peuvent pas, ou ne le peuvent plus, risquent d’être éliminés ou de se voir privés des soins nécessaires.

Notre société doit continuer à prendre en charge ses membres les plus vulnérables en se mobilisant pour la détection et le diagnostic précis de la démence, en assurant un soutien aux soignants bénévoles, des ressources suffisantes pour les soins palliatifs aux malades lors des stades ultimes de la démence et des moyens adéquats pour les maisons de repos et de soins.

Malgré les économies à réaliser en divers domaines, la société se doit de continuer à offrir, en fin de vie, des soins de haute qualité.

Le niveau moral d’une société se mesure au traitement qu’elle réserve aux plus faibles de ses membres. Beaucoup de personnes fragiles interpréteront un éventuel élargissement de la loi sur l’euthanasie dans ce domaine comme une invitation à ne pas se montrer égoïste au point de devenir un fardeau pour autrui.

Le risque n’est-il pas grand que beaucoup comprennent une extension de la loi sur l’euthanasie comme "une invitation à en finir" voire comme un "devoir de mourir" ? Mais, selon notre conception, jamais, dans une société authentiquement humaine, l’autre ne peut devenir une charge inutile.

Et quand un frère ou une sœur en humanité réclame une attention et des soins redoublés, cette charge supplémentaire sera portée avec amour. Telle doit être la réponse. Une réponse qui témoigne d’une solidarité inconditionnelle. Ce n’est pas la porte de l’euthanasie qui doit s’ouvrir davantage, mais bien celle de la fraternité et de la solidarité.

Les évêques catholiques de Belgique, le 2 mars 2015

Source : lalibre.be

 

Mgr d’Ornellas : « Nous attendons une parole forte contre l’euthanasie »

 

Fin de vie : l'inquiétude légitime des évêques

La Conférence des évêques de France (CEF) s’inquiète de la « loi fin de vie », examinée les 10 et 11 mars 2015 à l’Assemblée nationale.

par Sylvain Dorient, 10/03/2015, extraits

« Le contexte actuel manque de lisibilité, et la période que nous traversons est difficile (…). Un nouveau débat sur la fin de vie risque d’y ajouter de la confusion », écrit Philippe Barbarin, cardinal archevêque de Lyon. Bien que le mot d’euthanasie n’ait pas été jusqu’à ce jour prononcé par les promoteurs de cette loi, c’est bien cette question qui demeure sous-jacente, avec notamment la possibilité de voir introduire une sédation « profonde et continue » qui hâterait le décès.

La médecine palliative au cœur des débats

Pour Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo, la question de cette sédation n’est pas tout à fait le cœur du débat. « Tous les rapports, sans nuances, sont unanimes pour dire qu’il y a une demande de soins palliatifs. » ...  Or, en termes de médecine palliative, le chantier est immense : les lits restent en nombre dérisoire à l’échelle nationale et les formations dispensées aux futurs médecins et infirmières sont anecdotiques. Alix Frenais, étudiante en 4e année de médecine et porte-parole de l’association Soigner dans la dignité, le confirme : « Durant toutes nos années d’études, nous n’avons que huit heures consacrées aux soins palliatifs ».

« Ne votez pas contre les médecins »

Les défenseurs de la loi fin de vie avancent pour leur part qu’elle permettra aux patients de reprendre le pouvoir sur les soins. Avec le volet des directives anticipées prévu, le patient pourra imposer sa volonté de recevoir une sédation profonde à l’équipe médicale en charge. Cette idée pourrait aboutir à faire des médecins de simples exécutants... d’une demande qui peut pourtant varier : les équipes médicales savent que, le plus souvent, une demande d’euthanasie disparaît quand des soins appropriés sont prodigués.

« Nous attendons une parole forte contre l’euthanasie »

Pour le moment, la Conférence des évêques de France évite de crier au loup, précisant dans son communiqué de presse que sa conviction est que la main qui soigne ne peut être celle qui tue. Elle ne préjuge pas des débats qui entourent la loi fin de vie. Mgr d’Ornellas exprime « sans agressivité » une « inquiétude » à l’égard des convictions du gouvernement. « Jacques Chirac, alors chef de l’État français, avait annoncé clairement et définitivement qu’il n’y aurait pas de clonage en France. Récemment, le chef du gouvernement Manuel Valls s’était de même prononcé contre la GPA. Nous aimerions entendre une prise de parole aussi claire contre l’euthanasie. »

Source : aleteia.org

 

Mgr Barbarin: "On ne peut pas inscrire le droit de donner la mort dans une loi française"

 

Mgr Philippe Barbarin, Cardinal Archevêque de Lyon, au micro de Philippe Lansac, RCF, 10 mars 2015 :

 

 

 

 

Source : rcf.fr

 

Mgr José Gómez, Archevêque de Los Angeles : lutter contre l'euthanasie !

L’archevêque de Los Angeles en guerre contre l’euthanasie

par Joaquim De Alburquerque, 05/02/2015 

Etats-Unis – L’archevêque de Los Angeles, Mgr José Gómez, a exhorté les catholiques à prier et à travailler pour l’échec du projet de loi 128 du Sénat, présenté par les représentants de la Californie afin de légaliser l’euthanasie pour les personnes âgées, malades et handicapées.

Le prélat a lancé cet appel dans le cadre de la récente Marche pour la vie, qui a rassemblé quelques 200 000 personnes à Washington DC en rappel des millions de morts d’enfants à naître, après la dépénalisation de l’avortement il y a plus de 40 ans.

« Cette semaine, alors que nous nous souvenons de ce jour tragique où la privation de vie pour l’enfant à naître a été légalisée dans notre pays, certains de nos dirigeants de Californie introduisent une loi qui légaliserait la possibilité de tuer les personnes âgées, les malades et les handicapés. Nous devons prier et travailler pour que ce projet de loi n’aboutisse pas.« 

L’archevêque a déclaré qu’il y a beaucoup d’injustices dans notre société, et cependant, la plus grave est « la destruction routinière et quotidienne de la vie humaine innocente. Le problème n’est pas seulement culturel ou politique; c’est quelque chose de profondément personnel, une question à la fois morale et spirituelle« .

«Aucun de nous -personne- n’a le droit de décider qui peut vivre et qui peut mourir ou quand arrive ce moment. Nous voulons tout contrôler, mais nous ne pouvons pas. Seul Dieu a ce droit. Dieu, qui est Seigneur et Maître de notre commencement et notre fin. », a-t-il rappelé.

Mgr Gomez a répété que «le droit à la vie est le fondement de tous les autres droits » et donc « on ne peut pas permettre que triomphe la logique cruelle qui dit que la vie humaine est jetable; la logique cruelle qui dit que dans certains cas ce n’est pas la peine de vivre, pas la peine de protéger des vies« .

L’archevêque a déclaré qu’une société civilisée ne cherche pas à résoudre ses problèmes en permettant que les gens se suicident ou en évitant que des personnes naissent. « Et nous ne pouvons nous permettre de devenir une nation qui répond à la souffrance humaine en éliminant ceux qui souffrent« .

« Par conséquent, nous demandons à Dieu de nous remplir de courage et de conviction renouvelée pour proclamer ce bel Evangile de la vie dans notre société, pour aimer et nous mettre au service de la vie. De toute vie, et en particulier de ceux qui ont besoin de plus de soins, plus d’attentions, ces vies qui peuvent être un fardeau pour les autres (…). Tant qu’il y a des chrétiens, personne ne devrait avoir à souffrir seul ! «

Source : medias-presse.info

 

Mgr de Kerimel : Une société qui désespère

 

Les lois sociétales ne font que promouvoir une vision désespérée de la personne humaine

Extrait de l homélie de Mgr Guy de Kerimel, évêque de Grenoble-Vienne, lors de la Messe célébrée en l’anniversaire de l’apparition de la Très Sainte Vierge à Pontmain, 17/01/2015

" ... Nous les chrétiens du XXIème siècle, nous devons être témoins de l’espérance dans un monde qui a perdu le sens du réel et de la transcendance, suscitant divisions et violences. Les signes de désespérance sont nombreux dans notre société ; les lois sociétales depuis quelques décennies, ne font que promouvoir une vision désespérée de la personne humaine : on ne croit pas l’être humain capable de dépasser ses passions égoïstes, on ne croit pas que la vie humaine vaut plus que la non existence ou la mort, on ne croit pas que l’altérité est au fondement d’une vraie communion. En évacuant Dieu de l’espace public et de la culture, on a fermé le monde sur lui-même : notre société contemporaine n’a d’autres horizons que son propre nombril, et elle n’a d’autre absolu que la liberté de faire n’importe quoi, jusqu’à revendiquer le droit de blasphémer et d’humilier les croyants. Le terrorisme n’est pas le moindre signe de désespérance, quand on n’a plus que la violence pour imaginer changer le monde.

Mais je vais m’arrêter dans ces constats négatifs pour ne pas tomber dans la désespérance que je veux dénoncer.

Si nous, chrétiens, perdons l’espérance, qui ouvrira un avenir à notre monde ? Marie, Mère de l’Espérance, nous invite à la confiance, et surtout à recevoir du Christ les signes d’un avenir possible, les signes du monde nouveau. Les joies de ce monde ne suffisent pas, comme le premier vin des noces de Cana, à combler notre soif ; de fait, les joies humaines sont courtes, limitées, tandis que le coeur de l’être humain aspire à l’absolu. Qui peut combler la soif du coeur humain ? Les chrétiens ont trouvé, dans le Christ, le fondement de leur espérance, la source de la vraie joie : Seul le Christ peut apporter ce vin nouveau qui est donné en surabondance, et qui met les coeurs dans une joie que nul ne peut nous ravir (cf. Jean 16, 22).

Oui, notre espérance repose sur la venue dans notre chair du Fils de Dieu. Il est Lumière née de la Lumière, Lumière inaccessible qui vient éclairer nos ténèbres et réchauffer nos coeurs. Marie apparaît à Pontmain en une fin d’après-midi d’hiver et au début de la nuit ; il fait nuit et il fait froid dans les coeurs tentés par la désespérance ; sa présence et son message sont lumière dans la nuit ; elle réchauffe les coeurs, elle fait tomber les peurs ; le beau sourire de Marie met les enfants dans une joie communicative. Marie nous rappelle toujours que Dieu s’est fait homme ; elle atteste de l’Incarnation du Fils de Dieu : “Dieu a envoyé son Fils ; Il est né d’une femme…, pour faire de nous des fils”, disait la deuxième lecture. En son Fils Unique, Dieu s’est engagé définitivement avec l’humanité ; Jésus a pris sur Lui notre péché et Il a vaincu la mort, nous ouvrant les horizons infinis auxquels notre coeur aspire. L’avenir est non seulement possible, mais certain. Désormais, “Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur”, dit Saint Paul (Rom. 8, 39). ..."

Source : diocese-laval.fr

 

Le Cardinal Barbarin à la Marche pour la VIe

 

19/11/20119/11/2014

Interview du Cardinal Philippe Barbarin

par la Fondation Lejeune,19/11/2014 (extrait)

Le dimanche 25 janvier 2015 aura lieu la 10ème Marche pour la vie. L’objectif est de maintenir une conscience en France sur l’importance du respect de la vie humaine fragile comme principe essentiel de notre société. Cette année la mobilisation ne peut ignorer l’enjeu de l’euthanasie, compte-tenu de l’actualité politique. Un message de mobilisation pour ce 25 janvier ?

Cette manifestation garde une grande valeur symbolique, et elle touche plus qu’on ne le croit. Elle rappelle que la suppression d’une vie humaine qui commence son cours est une profonde injustice, un acte d’une terrible gravité. Dans l’année du 50ème anniversaire de la clôture du Concile Vatican II, on ne peut oublier la clarté avec laquelle la constitution Gaudium et spes s’exprime à ce sujet. Il n’est pas question de juger les personnes qui ont vécu (ou participé à) un avortement. Dieu connaît leur cœur et elles savent que Sa miséricorde leur est toujours offerte. Mais quand j’ai entendu, l’an dernier, que maintenant une page s’était tournée, que c’en était fini avec la loi Veil ou avec les situations de détresse, et que chacun pouvait disposer de son corps, je me suis décidé à participer à « la Marche pour la vie ».

Pour janvier 2015, je n’ai pas encore regardé si mes obligations pastorales me permettront d’y prendre part, mais la question de l’euthanasie et de l’accompagnement de tous ceux qui sont en fin de vie, est aujourd’hui un enjeu essentiel et bien embrouillé dans toute l’Europe. Sur ce point aussi, nous avons un témoignage à donner. Je pense aux derniers mois de la vie de saint Jean-Paul II, au début de l’année 2005. Jusqu’au bout, il est resté conscient de sa situation. En février, il a accepté de subir une trachéotomie pour ne pas mourir étouffé, mais le mois suivant, il a refusé, m’a-t-on dit, qu’on lui fasse une gastrectomie. Quand l’heure du départ est venue, pourquoi la craindre ? Nous sommes aimés et attendus !

Source : fondationlejeune.org

Le dimanche 25 janvier 2015 aura lieu la 10ème Marche pour la vie. L’objectif est de maintenir une conscience en France sur l’importance du respect de la vie humaine fragile comme principe essentiel de notre société. Cette année la mobilisation ne peut ignorer l’enjeu de l’euthanasie, compte-tenu de l’actualité politique. Un message de mobilisation pour ce 25 janvier ?

Cette manifestation garde une grande valeur symbolique, et elle touche plus qu’on ne le croit. Elle rappelle que la suppression d’une vie humaine qui commence son cours est une profonde injustice, un acte d’une terrible gravité. Dans l’année du 50ème anniversaire de la clôture du Concile Vatican II, on ne peut oublier la clarté avec laquelle la constitution Gaudium et spes s’exprime à ce sujet. Il n’est pas question de juger les personnes qui ont vécu (ou participé à) un avortement. Dieu connaît leur cœur et elles savent que Sa miséricorde leur est toujours offerte. Mais quand j’ai entendu, l’an dernier, que maintenant une page s’était tournée, que c’en était fini avec la loi Veil ou avec les situations de détresse, et que chacun pouvait disposer de son corps, je me suis décidé à participer à « la Marche pour la vie ».

Pour janvier 2015, je n’ai pas encore regardé si mes obligations pastorales me permettront d’y prendre part, mais la question de l’euthanasie et de l’accompagnement de tous ceux qui sont en fin de vie, est aujourd’hui un enjeu essentiel et bien embrouillé dans toute l’Europe. Sur ce point aussi, nous avons un témoignage à donner. Je pense aux derniers mois de la vie de saint Jean-Paul II, au début de l’année 2005. Jusqu’au bout, il est resté conscient de sa situation. En février, il a accepté de subir une trachéotomie pour ne pas mourir étouffé, mais le mois suivant, il a refusé, m’a-t-on dit, qu’on lui fasse une gastrectomie. Quand l’heure du départ est venue, pourquoi la craindre ? Nous sommes aimés et attendus !

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Mgr Aillet : Non à la sédation profonde, euthanasie déguisée

 

Lettre de Mgr Aillet au sujet de la Marche pour la Vie du 25 janvier 2015

(extrait)

Dans un autre ordre d’idée, si notre réaction face à cet attentat barbare est plus que légitime, ayons le courage et la cohérence de nous indigner aussi pour d’autres formes de violences faites à l’intégrité physique de tant et tant d’innocents. Je pense au signal d’alarme que le Pape François a tiré devant les Institutions européennes pour dénoncer la « culture du déchet » qui caractérise notre vieille Europe, en défendant la dignité de la vie humaine depuis son commencement jusqu’à son terme : « L’être humain risque d’être réduit à un simple engrenage d’un mécanisme,qui le traite à la manière d’un bien de consommation à utiliser, de sorte que – nous le remarquons malheureusement souvent – lorsque la vie n’est pas utile au fonctionnement de ce mécanisme elle est éliminée sans trop de scrupule, comme dans le cas des malades, des malades en phase terminale, des personnes âgées abandonnées et sans soin, ou des enfants tués avant de naître » (25 novembre 2014 devant le Parlement européen).

Un certain nombre d’associations, engagées aux côté des plus fragiles et sans défense, auxquels on dénie si facilement les droits humains les plus fondamentaux, appellent à une Marche pour la vie à Paris, le dimanche 25 janvier 2015. J’accorde volontiers mon soutien aux organisateurs de cette manifestation qui ont reçu la bénédiction du Saint-Père, et j’encourage tous ceux qui choisiront ce moyen pour se manifester à y participer. Comme le dit encore le Pape François : « Ce n’est pas un progrès de prétendre résoudre les problèmes en éliminant une vie humaine » (La joie de l’Evangile, n. 214). On ne se contentera certes pas de manifester publiquement son « oui à la Vie », mais on s’engagera concrètement dansdes initiatives au service de la vie des plus fragiles : écoute et accueil de femmes enceintes en difficulté, à qui la société ne donne souvent pas d’autre alternative que l’avortement ; accompagnement de femmes blessées par l’avortement en recherche de guérison ; accompagnement et soulagement de malades en phase terminale ou de personnes âgées dites en « fin de vie », auxquels on risque de proposer, sinon une euthanasie active ou un suicide assisté qui semble écarté par le rapport Claeys – Léonetti, une « sédation profonde et prolongée » qui ressemble fort à une euthanasie déguisée…

Source : Diocèse de Bayonne

 

Mgr d'Ornellas appelle à la vigilance

 

Fin de vie : « un urgent devoir de fraternité » pour les évêques français

 

Le rapport rédigé par les députés Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS) sur la fin de vie fait réagir la Conférence des Eveques de France. (extraits)

 

...Mgr d'Ornellas met en garde contre le risque d'incertitude introduit sur l'objectif poursuivi par le médecin avec « la suppression de la référence à l’effet secondaire » lorsque le médecin, à la demande du patient, « met en place "un traitement à visée antalgique et sédative jusqu’au décès"». Par ailleurs, il souligne que « ce nouveau droit ne supprime pas les causes de ce "mal-mourir". (...) Il risque de multiplier les demandes d’une sédation profonde jusqu’au décès », s'inquiète-t-il.
Le rapport affirme « qu’il faut financer les actes d’accompagnement, plutôt que de rester à la tarification à l’activité » pour « mettre en œuvre l’accompagnement bienveillant que nous devons à chaque malade ». Pour Mgr d'Ornellas, c'est précisément à ce niveau que se situe « notre devoir de fraternité », devenu urgent à accomplir : « c’est dans la fraternité que peut se vivre la juste autonomie de la personne vulnérable. Le soin global de la personne contribue au bien-mourir, comme le montrent chaque jour tant d’unités de soins palliatifs », relève-t-il. ...

Mgr d'Ornellas conseille enfin de renforcer les formations du corps médical sur la question des soins palliatifs ; tout en reconnaissant notre vulnérabilité face à la mort : « n’entrons pas dans le mythe de la mort toujours apaisée ou de "la mort propre" écrit-il, aucune loi ne supprimera le fait que la mort est difficile parce qu’elle est toujours une épreuve ». ...

Source : aleteia.org

 

Abbé F. Castel : L’euthanasie est le meurtre d’un innocent

 

Euthanasier, c'est tuer

par Abbé F. Castel, 06/2007

Nous assistons depuis quelques années à une offensive en faveur de la légalisation de l'euthanasie. La méthode est bien connue ; elle a déjà permis de faire passer les lois en faveur de l'avortement, du mariage des homosexuels et autres lois de la culture de mort. On commence par présenter un projet de loi à l'assemblée sans espoir de le faire accepter mais simplement pour donner à l'idée une certaine légitimité et lancer le débat. On travaille ensuite à influencer l'opinion en pratiquant la désinformation (1) pour donner à penser que l'absence d'une loi réglementant cette pratique a des conséquences désastreuses pour la société ; en publiant des manifestes de soi-disant autorités morales qui se prononcent pour la légalisation de la pratique souhaitée et en montant en épingle quelques cas choisis pour leur contenu émotionnel. Une fois obtenu un consensus en faveur de cette pratique, un projet de loi est de nouveau présenté aux députés de l'assemblée nationale qui l'adoptent tout naturellement.

Durant tout ce temps, le débat est volontairement maintenu au niveau émotionnel pour semer la confusion et empêcher une analyse sereine des principes. Il nous faut donc, loin de l'émotion volontairement provoquée autour du sujet, analyser calmement et sans passion les principes régissant l'euthanasie. Commençons d'abord par bien définir les termes pour clarifier la question.

Définition des termes

De façon générale on parle d’euthanasie pour désigner l’acte de mettre fin à la vie d’une personne gravement malade.

Euthanasie active et passive

L’euthanasie active est en fait l’euthanasie proprement dite : poser un acte qui cause la mort du patient. L’autre s’appelle passive car elle n’attente pas à la vie du “patient ” ; elle consiste à ne pas accomplir un ou plusieurs actes nécessaires ou utiles à conserver sa vie. Pour faire plus simple et appeler les choses par leur nom : l’euthanasie active est le meurtre du “ malade ”, alors que dans le cas de l’euthanasie passive, il s’agit plutôt de non-assistance à personne en danger.

De nombreux auteurs récusent cette distinction. Pour eux, l’euthanasie s’accomplit aussi bien par action que par omission à partir du moment où il y a intention de mettre un terme à la vie du patient. Nous adopterons cette façon de voir qui nous paraît plus conforme à la réalité et parlerons donc d’euthanasie par omission de soins. On distingue alors entre les soins ordinaires (alimentation par exemple) dont le refus équivaut à une euthanasie et les soins extraordinaires qui eux peuvent être légitimement omis. Nous y reviendrons.

Nous utiliserons donc la définition de Patrick Verspieren qui est conforme à celles des juristes :

“ l’euthanasie consiste dans le fait de donner sciemment et volontairement la mort ; est euthanasique le geste ou l’omission qui provoque délibérément la mort du patient dans le but de mettre fin à ses souffrances. ”

Euthanasie et suicide

Quand c’est le patient lui-même qui décide de mettre fin à ses jours, il ne s’agit plus d’euthanasie mais tout simplement de suicide. On ne devrait parler d’euthanasie que dans le cas où la décision de mettre fin à la vie est prise par un autre que le patient que ce soit la famille ou le médecin soignant.

On parle aussi de suicide assisté quand, à la demande du malade, une tierce personne l’aide à mettre fin à ses jours, ou même la tue directement à sa demande. Mais cela reste toujours un suicide.

Principe de résolution

L’euthanasie est le meurtre d’un innocent et, comme tel, est condamnée par la loi naturelle et le cinquième commandement de Dieu. Seul Dieu a pouvoir sur la vie qu’il donne et retire selon son bon vouloir. Il ne cède ce droit aux hommes qu’envers le coupable qui devient un danger pour autrui. On peut alors mettre fin à sa vie pour se protéger. Ce sont les cas de légitime défense, de guerre et de condamnation à mort prononcé par un tribunal compétent. C’est là la seule exception. L’euthanasie concerne des innocents et est donc toujours intrinsèquement mauvaise. Cela est valable quel que soit celui qui décide de l’accomplir : l’état, le prochain ou même le propre détenteur de la vie (suicide).

L’état ne peut prétendre au droit de vie ou de mort sur ses administrés. “ Certes l’individu est une partie qui doit coopérer au bien du tout, mais d’un autre côté il transcende ce tout par sa dignité de personne et sa des- tinée éternelle ! Dès lors la société ne peut “ se débarrasser des inutiles ” sans sombrer proprement dans le tota- litarisme qui fait du “ tout ” un absolu.  ” Mgr Bernard Tissier de Mallerais dans le Respect de la vie, éditions Fideliter, p. 112.

Ce principe condamne aussi le suicide qu’il soit “ assisté ” ou non car, comme le dit Saint Augustin, “ celui qui se tue n’est-il pas le meurtrier d’un homme ? ”. “ La vie, dit Saint Thomas d’Aquin, est un don de Dieu concédé à l’homme, et qui demeure toujours soumis au pouvoir de Celui qui “ fait vivre et mourir ” (Deut. XXXII, 39). Aussi quiconque se prive lui-même de la vie pèche contre Dieu, absolument comme pèche (…) celui qui s’arroge le droit de juger une cause qui ne relève pas de sa juridiction. Décider de la mort ou de la vie n’appartient qu’à Dieu seul.” (IIa IIae, Q. 64, a. 5)

Réponses à quelques objections

Face à l’universalité de ce principe protégeant la vie de l’innocent, les partisans de l’euthanasie réclament une exception qui serait d’après eux justifiée par le soucis d’éviter aux malades soit des souffrances intolérables, soit une perte de dignité insupportable. Avant de répondre séparément à ces deux objections, notons d’abord que le meurtre d’un innocent est un acte intrinsèquement mauvais. Il ne peut donc y avoir d’exception car il n’est jamais permis de faire le mal même en vue d’un bien.

Des souffrances intolérables

L’euthanasie, nous dit-on, aurait pour but d’éviter aux malades de grandes souffrances, souffrances inutiles puisque sa maladie est incurable. Ces propos sont tendancieux. Ils laissent entendre que les souffrances du malade ne peuvent être soulagées et que l’euthanasie est la seule façon d’y mettre fin. Or, cela est faux. De nombreux médecins affirment le contraire. Tel le professeur Julien Israël, cancérologue et membre de l’académie des sciences morales et politiques qui écrit : “ Il n’y a aucune douleur, aucune souffrance physique, que la médecine aujourd’hui ne puisse contrôler et apaiser. Je vous assure qu’une combinaison de soins locaux, de soins généraux et d’anti-dépresseurs permet au patient de ne pas souffrir. ”

Certes, il y a encore beaucoup à faire en France pour procurer adéquatement ces soins à tous les malades. Mais alors, la solution n’est-elle pas dans une amélioration de cette situation par le développement des soins pallia- tifs ? L’euthanasie est une réponse totalement disproportionnée aux souffrances du malade qui d’ailleurs ne la souhaite généralement pas. Le docteur Théo Klein affirme que “ les malades qui demandent réellement la mort sont extrêmement rares et, une fois leurs maux soulagés ne réitèrent pas une telle demande.

Cette demande vient le plus souvent de l’entourage qui, ayant une fois admis que la fin est inéluctable, veut que cela se termine au plus vite. C’est pour se protéger eux-mêmes d’une image qui leur déplaît, qu’ils demandent qu’on supprime l’autre. ” (Cahiers Saint Raphaël, N° 59, Juin 2000, p. 39) . Il n’est certes pas facile d’assister impuissant au dépérissement d’un être cher ; l’entourer et le soutenir demandent un grand investissement à la fois émotionnel et matériel ; mais peut-on pour autant le priver de ses derniers instants de vie en mettant prématurément fin à celle-ci ? C’est choisir égoïstement la solution de facilité ; pour éviter d’avoir à faire face au problème, on le fait disparaître. L’euthanasie est-elle au service du malade ou de son entourage et de la société ? La question mérite d’être posée. On est bien loin en tous cas des belles intentions avancées par les promoteurs de l’euthanasie.

Ajoutons aussi que ces propos dénient toute valeur à la souffrance ce qu’un chrétien ne peut accepter. La passion de Notre-Seigneur Jésus Christ lui enseigne que la souffrance offerte à Dieu en soumission à sa volonté a une grande valeur à ses yeux. Elle permet au malade de réparer les errements de sa vie en expiant ses péchés. L’une des fins du sacrement des malades est d’ailleurs d’aider ceux-ci à supporter leurs souffrances dans cet état d’esprit au lieu de chercher à les fuir à tout prix.

La souffrance peut aussi être merveilleusement féconde. Dieu nous l’a enseigné par l’exemple de plusieurs saints tel Sainte Rafqa (1832 -1914). A l’âge de 53 ans, sa vie devint un véritable calvaire qui allait durer 29 ans. Elle se mit à endurer des douleurs atroces à la tête et aux yeux au point de ne plus supporter la lumière et devint complètement aveugle en 1899. A partir de 1906, ses os se disloquèrent un à un. En 1911, elle n’était plus qu’un tas d’os que ses soeurs (elle était religieuse) déplaçaient dans un drap de peur que ses os disloqués ne tombent. Elle vécut ainsi pendant trois ans sans jamais se plaindre. Sa foi l’aida à trouver un sens à sa vie de souffrance qu’elle sut rendre extrêmement féconde par les grâces obtenues de Dieu. Aujourd’hui, notre société moderne lui proposerait de mettre fin à sa vie jugée inutile et sans valeur, est ce vraiment un progrès ?

Une insupportable perte de dignité

Les partisans de l’euthanasie revendiquent ce qu’ils appellent le droit de mourir au nom du respect de la dignité de la personne qui serait compromise par un état insupportable de déchéance physique et mentale causé par la maladie. Mais la dignité de la personne humaine ne se juge pas à ses fonctions biologiques. Elle ne se perd pas par une diminution des capacités physiques. “ La vie terrestre trouve son sens dans la vie éternelle ; même souffrante ou inconsciente, la personne conserve sa dignité d’être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, la dignité d’un “ être d’éternité ”. C’est pourquoi, dit Pie XII (aux médecins chirurgiens, 13.02.1945), “ le médecin méprisera toute suggestion qui lui sera faite de détruire la vie, si frêle et si humainement inutile que cette vie puisse paraître ”. ”

Le refus de soins

L’euthanasie peut aussi se réaliser par l’omission des soins nécessaires à la conservation de la vie. Pie XII nous explique dans quelle mesure cette omission est coupable :

“ La raison naturelle et la morale chrétienne disent que l’homme (et quiconque est chargé de prendre soin de son semblable) a le droit et le devoir, en cas de maladie grave, de prendre les soins nécessaires pour conserver la vie et la santé. Ce devoir, qu’il a envers lui-même, envers Dieu, envers la communauté humaine, et le plus souvent certaines personnes déterminées, découle de la charité bien ordonnée, de la soumission au Créateur, de la justice sociale et même de la justice stricte, ainsi que de la piété envers sa famille mais il n’oblige habituellement qu’à l’emploi des moyens ordinaires (suivant les circonstances de personnes, de lieux, d’époques, de culture), c’est-à-dire des moyens qui n’imposent aucune charge extraordinaire pour soi-même ou pour un autre.

Une obligation plus sévère serait trop lourde pour la plupart des hommes, et rendrait trop difficile l’acquisition de biens supérieurs plus importants. La vie, la santé, toute activité temporelle, sont en effet subordonnées à des fins spirituelles.

Par ailleurs, il n’est pas interdit de faire plus que le strict nécessaire pour conserver la vie et la santé, à condition de ne pas manquer à des devoirs plus graves. ” (Pie XII, Allocution du 24 novembre 1957)

Les dangers d'une loi sur l'euthanasie

Porte ouverte à tous les abus

Admettre ne serait ce qu’une exception à un principe, c’est le remettre en question et ouvrir la porte aux abus. Il sera vite bafoué pour la moindre raison. Tel fut le cas avec l’avortement qui fut accepté comme une exception au principe du respect de la vie de l’innocent. Il ne fut d’abord autorisé que pour répondre à une situation exceptionnelle. Il est désormais entré dans les mœurs au point d’être reconnu comme un droit de la femme. “ Une telle dérive ne saurait épargner la pratique de l’euthanasie dans une société où la longévité s’accroît régulièrement avec ses souffrances et multiples dépendances, ce qui pèsera de plus en plus sur le budget de la Santé, d’où certaines tentations… ”

Incitation au suicide

Il est à craindre qu’une loi autorisant l’euthanasie ou même seulement le suicide assisté devienne une véritable incitation au suicide.

En effet, il faut savoir qu’un grand malade passe par des périodes de profond désespoir souvent accompagné de tentations de suicide. La pratique habituelle face à une personne à tendances suicidaires (prisonnier, malade psychiatrique) est d’éloigner de lui tout instrument qui lui permettrait d’attenter à sa vie et de le surveiller pour l’empêcher de passer à l’acte. Ici, non seulement, on ne fait rien de tout cela, mais encore on propose au malade toute l’assistance nécessaire pour réussir son suicide.

Le malade est aussi très sensible au fait qu’il devient une charge pour son entourage. Il sera donc particulièrement vulnérable aux pressions de celui-ci qui pourra être tenté de l’encourager à profiter d’une telle loi. Il coûte cher à la société ; il est un fardeau pour ses proches ; et tout cela pour quoi : prolonger de quelques jours une vie dont il ne peut plus profiter. Ne serait-il pas préférable pour tout le monde, lui compris, s’il se décidait à mettre fin à tout cela sans plus tarder ?

Conclusion

L’euthanasie est le meurtre d’un innocent. Comme tel, elle est intrinsèquement mauvaise et n’est donc jamais permise. Sa légalisation serait un pas de plus dans la revendication de la liberté absolue de la personne humaine qui doit être à même de “ choisir sa vie, choisir sa mort ” (thème du congrès tenu par l’ADMD - association pour le droit de mourir dans la dignité, Nice, 21-23.09.1984) Elle affirmerait ainsi sa liberté - même face à Dieu - en ne se laissant pas imposer une mort à subir contre son gré.

Abbé François Castel, prêtre de la fSSPX

Extrait de La Sainte Ampoule n° 153 de juin 2007

 

Mgr Dominique Rey : ambiguïté et tentation euthanasique du rapport Claeys-Leonetti

 

Rapport Claeys-Leonetti : Entre ambiguïté et tentation de l’euthanasie

Communiqué de Mgr Dominique Rey, évêque de Frejus-Toulon, 13/12/2014

L’embarras qui entoure la publication du rapport Claeys-Leonetti remis au président de la République reflète l’ambiguïté dont il se refuse à sortir. On comprend qu’il n’est pas question d’aborder de front euthanasie et suicide assisté. Dont acte. En revanche, la proposition phare du rapport jongle avec les mots lorsqu’elle parle de « sédation profonde et continue ». Quel est cet « accompagnement vers la mort» pour permettre de «mourir dans la dignité » dont parle M. Hollande ?

Un « nouveau droit à mourir » ?

Créer ou reconnaître un nouveau droit à mourir, c’est pour le moins favoriser le développement d’une mentalité euthanasique. Faire de la sédation en phase terminale, déjà pratiquée par les médecins en particulier dans le cadre de soins palliatifs, un droit du patient, c’est modifier de fait la relation entre le médecin et son patient. On a du mal à comprendre pourquoi ce protocole devrait faire l’objet d’un droit sauf à penser que les médecins ne remplissent pas leur mission ou, plus simplement, à induire des pratiques euthanasiques là où une sédation peut être légitime face à une détresse extrême. La sédation en phase terminale, acte pris collégialement, est déjà suffisamment délicate pour qu’on ne rajoute pas de pression aux médecins en les empêchant de privilégier toujours l’écoute et la qualité de la relation avec leurs malades. Pour soulager les souffrances il faut parfois prendre le risque d’accélérer la mort du malade, mais « faire mourir ne peut jamais être considéré comme un soin médical, même si l’intention était seulement de répondre à une demande du patient ».

Le nouveau droit n’introduit-il pas de la confusion là où l’on attend clarté et apaisement ? Ne nous leurrons pas : l’utilisation d’un vocabulaire très technique pourrait servir à détourner le principe du respect de la vie en permettant certaines dérogations.

Lorsqu’une loi prétend introduire et défendre un nouveau droit, il est inévitable de voir les demandes d’en bénéficier affluer, en l’espèce demandes d’ « endormissement » jusqu’à la mort. Le nouveau droit n’introduit-il pas de la confusion là où l’on attend clarté et apaisement ? Ne nous leurrons pas : l’utilisation d’un vocabulaire très technique pourrait servir à détourner le principe du respect de la vie en permettant certaines dérogations. Il est tout à fait adapté de parler ici de « droit fondamental » à la vie, principe inviolable qui est à la base de toute vie en société, principe qui ne doit pas conduire non plus à l’acharnement thérapeutique. Il ne souffre aucune exception : un régime de « dérogation encadrée » mène souvent aux pires excès.

Il est à craindre également que les directives anticipées, si elles devaient s’imposer au médecin, ne favorisent pas la confiance et le dialogue entre patients et soignants. Elles pourraient même inciter les plus fragiles à des demandes radicales, qui disparaissent lorsque les personnes en fin de vie sont prises en charge dans de bonnes conditions.

Prendre soin de la fragilité

Si l’on doit saluer la volonté de développer les soins palliatifs et d’améliorer la formation des médecins sur les questions de fin de vie, il est urgent de ne pas céder à des dérives qui pourront conduire à l’euthanasie. Comment ne pas rappeler à ceux qui préparent et votent les lois les paroles fortes du Pape François, lors de sa visite à Strasbourg, sur la vocation de parlementaires : « Vous êtes appelés à prendre soin de la fragilité », c’est-à-dire à lutter contre la « culture du déchet » qui a tendance à ne considérer la vie humaine qu’en fonction de son utilité. Lorsqu’elle ne l’est plus, « elle est éliminée sans trop de scrupule, comme dans le cas des malades, des malades en phase terminale, des personnes âgées abandonnées et sans soin. »

L’Eglise, qui encourage l’argumentation rationnelle sur ces questions, se souvient aussi que l’euthanasie est une grave violation de la loi de Dieu. « Affirmer la dignité de la personne, c’est reconnaître le caractère précieux de la vie humaine, qui nous est donnée gratuitement. » Pas plus que de sa vie, qu’il reçoit de Dieu, l’homme n’est le maître de sa mort. Aimer la personne mourante, c’est aussi accepter de se laisser désarmer par sa fragilité extrême : la vulnérabilité ne fait jamais perdre la dignité. Rien ne justifie de provoquer la mort d’une personne pour laquelle « on ne peut plus rien ».

Enfin, il n’est pas inutile de se souvenir que la mort n’est pas irrémédiablement fermée à toute perspective de sens et à toute espérance. Pouvoir ne pas la vivre seul est aussi un droit de la personne qu’il faudrait être capable d’honorer de même que la possibilité de la préparer à la rencontre avec Dieu.

Source : osp:frejustoulon.fr

 

Mgr Fernando Chomali : Le Chili doit prendre soin de ceux qui ne peuvent pas se défendre !

 

Mgr. Fernando Chomali: « l’avortement et l’euthanasie sont des actes de violence » 

par Julia Sandero, 03/12/2014

Dans le cadre d’une marche pour la défense de la vie, qui a attiré des milliers de personnes dans la ville de Concepcion, au sud du Chili, Mgr. Fernando Chomali, archevêque de Concepción et membre de l’Académie pontificale pour la Vie, a déclaré dimanche, qu’il y avait de nombreuses attaques contre la vie:« Nous avons vu le tollé dans le monde entier contre les 43 jeunes tués au Mexique. Nous voyons comment on tue les chrétiens en Irak et en Syrie et comment ils doivent fuir; nous voyons la violence contre la vie, la pauvreté, l’oppression par le travail. Nous voyons tant d’injustices sociales…. Maintenant, cette violence contre la vie, ces lois qui favorisent l’avortement, nous ne voulons pas cela pour le Chili. L’expérience du monde nous le confirme. L’avortement est un acte de violence comme l’est aussi l’euthanasie »

 Le prélat a déclaré que «nous défendons la vie avec l’arme que nous donnent la raison, la science et la foi et qui est l’amour. Le Chili perdra beaucoup si une loi permettant l’avortement est approuvée et de même si le Chili permet la loi sur l’euthanasie ».

 Mgr. Chomali a également déclaré que «la vie est une grande valeur et ne peut être laissée à l’arbitraire d’une personne ou d’un groupe de personnes. Nous voulons démontrer qu’une véritable démocratie est celle qui prend soin de tous ses membres. Le bonheur ne dépend pas de l’état de santé, mais de l’amour que l’on donne et que l’on reçoit. »

 Il a souligné qu’«un état de droit est vrai lorsque la force de la raison l’emporte sur la logique de la force. Une état de droit est celui qui garde ou prend soin de ceux qui ne peuvent pas se défendre. »

 La marche pro-vie a été aussi suivie par des politiques. Parmi eux, le député Christian Campos, qui a déclaré que la manifestation répondait entièrement à sa position de défense de la vie. «Je suis préoccupé par la situation qui pourrait s’installer dans le pays avec une politique publique qui pourrait générer une situation dramatique chez les femmes qui voient aujourd’hui l’avortement comme une solution à leur problème ».

Sergio Bobadilla, président régional de l’UDI (Union Démocrate Indépendante, parti chilien conservateur), après l’appel de l’Église à défendre la vie, a déclaré que « nous devons manifester publiquement que nous sommes en faveur de la vie dès la conception. Je lance un appel à tous pour que nous manifestions ouvertement en défense de la vie et de la famille »

Source : la-nouvelle-gazette.fr

 

Mgr d’Ornellas : Blog sur la fin de vie

 

Mgr d’Ornellas lance un blog sur la fin de vie

par Maximilien Bernard, 31 octobre 2014 

Suite à une promesse de campagne de 2012 du président François Hollande, une révision de la loi sur la fin de vie est programmée en 2015. L’Église catholique entend être partenaire du débat qui s’ouvre sur ce thème complexe. les évêques de France ont créé pour cela un groupe de travail, présidé par Mgr Pierre d’Ornellas. Celui-ci a déjà été auditionné par les députés en charge de la préparation du nouveau texte de loi.

Pour accompagner cette réflexion, la Conférence des Évêques de France a souhaité ouvrir un blog, comme en 2009 pour la révision de la loi bioéthique (http://bioethique.catholique.fr/). Ce blog est conçu comme un espace de dialogue, ouvert aux internautes qui souhaitent éclairer leur réflexion en vue d’un discernement sur les questions délicates et complexes qui se posent dans le cadre de l’accompagnement des personnes en fin de vie.

La parole sera donnée, tous les 15 jours, à des personnes reconnues dans leurs domaines de compétence et d’expérience  : médecins, soignants, accompagnants, juristes, philosophes, théologiens, etc. Des témoignages seront également prévus. Chaque contributeur s’exprime à titre personnel par la rédaction d’un billet et répond ensuite pendant 15 jours aux internautes. C’est ainsi qu’il suscite la réflexion et le dialogue ; leurs points de vue ne sauraient engager la Conférence des Évêques de France.

Le blog propose pour l’instant plusieurs catégories qui reprennent, entre autre, les 3 misions fixées pour le futur texte de loi :

  • La médecine palliative
  • Les directives anticipées
  • L’apaisement des souffrances

Le blog y ajoute 5 autres catégories :

  • Dimension économique
  • L’assistance médicale au suicide
  • La fin de vie en néonatologie
  • La loi Leonetti
  • La mort dans la société contemporaine

Conçu comme un espace de dialogue et un outil de travail, le blog propose également une liste de liens (« Pour aller plus loin ») donnant accès à des contenus externes : législation, documents de référence, Magistère catholique, adresses utiles.

http://findevie.catholique.fr sera modéré par Jean Matos, à Rennes, spécialiste des questions bioéthiques en tant que chargé de mission pour la Province ecclésiastique de Rennes.

Ce blog peut être suivi sur Twitter : @blogfindevie

Et pendant que les évêques réfléchissent, nous, nous irons dans la rue.

Source riposte-catholique.fr

 

Bx Clemens August von Galen : sermon du 3 août 1941

 

Sermon de l'évêque et Cardinal de Münster, Clemens August comte von Galen, le dimanche 3 août 1941 dans l'église de St Lambert, à Münster.

"A mon regret je dois vous informer que pendant la semaine passée la Gestapo a continué sa campagne d'annihilation contre les ordres catholiques. Mercredi 30 juillet, ils ont occupé le centre administratif de la province des soeurs de Notre-Dame à Mühlhausen dans le district de Kempen, qui a autrefois appartenu au diocèse de Münster, et ils ont déclaré que le couvent devait être dissous. La plupart des soeurs, dont beaucoup viennent de notre diocèse, ont été expulsées et elles ont reçu l’ordre de quitter le district le même jour. Jeudi, selon des sources fiables, le monastère des frères missionnaires de Hiltrup à Hamm a été également occupé et confisqué par le Gestapo et les religieux ont été expulsés. Déjà le 13 juillet, à propos de l'expulsion des Jésuites et des soeurs missionnaires de Sainte Claire de Münster, j'ai publiquement déclaré dans cette même église: Aucun des occupants de ces couvents n'est accusé de quelqu’offense ou de crime, aucun n’a été amené devant un tribunal, aucun n’a été reconnu coupable. J'entends que des rumeurs sont maintenant répandues dans Münster qu’ après tout, ces religieux, en particulier les Jésuites, ont été accusés, ou même convaincus d’actes criminelles, et même de trahison. Je déclare ceci :

Ce sont de basses calomnies de citoyens allemands, nos frères et nos soeurs, que nous ne tolérerons pas. J'ai déjà déposé une plainte pénale auprès du procureur en chef contre un individu qui est allé si loin qu’il a fait de telles allégations devant des témoins. J'exprime l'espoir que l'homme sera amené rapidement à rendre compte et que nos Tribunaux auront toujours le courage de punir les calomniateurs qui cherchent à détruire l'honneur de citoyens allemands innocents dont la propriété a été déjà enlevée. J'invite tous mes auditeurs, oui, tous mes respectables concitoyens, qui à l'avenir entendront des accusations faites contre les religieux expulsé de Münster de donner le nom et l'adresse de la personne portant ces accusations et de tous les témoins. J'espère qu'il y a toujours des hommes à Münster qui ont le courage de faire leur devoir en demandant la mise en examen judiciaire contre de telles accusations qui empoisonnent la communauté nationale, en s’engageant par leur personne, leur nom et au besoin leur témoignage. Je leur demande, si de telles accusations contre les religieux sont faites en leur présence, de les rapporter immédiatement à leur curé ou au Vicaire général et de les faire enregistrer. Je demande pour l'honneur de nos ordres religieux, pour l'honneur de notre église catholique et également pour l'honneur de nos compatriotes allemands et de notre ville de Münster de rapporter de tels cas au service de poursuite de l'État de sorte que les faits puissent être établis par un tribunal et les calomnies contre nos religieux punies.

(Après la lecture de l’Evangile pour le 9ème dimanche après la Pentecôte : "et quand il fut proche (de Jérusalem) , à la vue de la ville, il pleura sur elle...", Luc 19,41- 47):

Mes chers diocésains! C'est un événement profondément émouvant que nous lisons dans l’évangile d’aujourd'hui. Jésus pleure! Le fils de Dieu pleure! Un homme qui pleure souffre d’une peine – une peine du corps ou du coeur. Jésus n'a pas souffert dans son corps, mais il a pleuré. Combien grande a été la douleur de son âme, la souffrance du cœur du plus courageux des hommes pour qu’il pleure! Pourquoi a-t-il pleuré? Il a pleuré sur Jérusalem, sur la ville sainte de Dieu qui lui était si chère, la capitale de son Peuple. Il a pleuré sur ses habitants, ses concitoyens, parce qu'ils ont refusé de reconnaître la seule chose qui pourrait éviter le jugement qu’il connaissait par son omniscience et qui était déterminé à l'avance par le divin juge: "Si en ce jour tu avais reconnu, ... le message de paix !" Pourquoi les habitants de Jérusalem ne le reconnaissent-ils pas? Peu de temps avant, Jésus l’avait apostrophée : "O Jérusalem, Jérusalem... combien de fois, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et tu n’as pas voulu!" (Luc 13.34).

Tu n’as pas voulu ! Moi, ton roi, ton Dieu, je le voulais ! Mais tu n’as pas voulu ! Combien elle est en sécurité, comme elle est protégée la couvée des poussins sous l'aile de la poule: elle la réchauffe, elle la nourrit, elle la défend. De la même manière j'ai désiré vous protéger, pour vous garder, pour vous défendre contre tout mal. Je le voulais , mais vous ne le vouliez pas ! C'est pourquoi Jésus pleure; c'est pourquoi cet homme fort pleure; c'est pourquoi Dieu pleure… Sur la folie, l'injustice, le crime de ceux qui ne veulent pas… Et sur le mal auquel cela donne lieu - que son omniscience voit venir, que sa justice doit imposer - si l'homme pose son refus contre les ordres de Dieu, en opposition aux remontrances de la conscience, et à toutes les invitations affectueuses de l'ami divin, le meilleur des pères:

" Si tu avais donc reconnu , encore aujourd’hui, en ce jour ce qui sert à la paix ! Mais tu n’as pas voulu !" C’est quelque chose de terrible, quelque chose d’incroyablement faux et fatal, quand l'homme met sa volonté en opposition à la volonté de Dieu. Je voulais ! Mais tu n’as pas voulu ! C'est pourquoi Jésus pleure sur Jérusalem.

Chrétiens chèrement aimés! La lettre pastorale commune des évêques allemands, qui a été lue dans toutes les églises catholiques en Allemagne le 26 juin 1941, dit entre autres : " Il est vrai que, dans l'éthique catholique, il y ait certains commandements positifs qui n’obligent plus si leur observance provoquait des difficultés excessivement grandes ; mais il y a également des engagements sacrés dont en conscience personne ne peut nous libérer, que nous devons accomplir même s’il nous en coûte notre vie. Jamais, en aucune circonstance, un homme ne peut , sauf en cas de guerre ou de légitime défense, mettre à mort une personne innocente."

J'ai eu l'occasion, le 6 juillet, d’ajouter les commentaires suivants à ce passage de la lettre pastorale commune: "Depuis quelques mois nous entendons des rapports selon lesquels des personnes internées dans des établissements pour le soin des maladies mentales, qui ont été malades pendant une longue période et semblent peut-être incurables, ont été de force enlevées de ces établissements sur des ordres de Berlin. Régulièrement, les parents reçoivent, peu après un avis selon lequel le patient est mort, que son corps a été incinéré et qu'ils peuvent recevoir ses cendres.

Il y a un soupçon général, confinant à la certitude, selon lequel ces nombreux décès inattendus de malades mentaux ne se produisent pas naturellement, mais sont intentionnellement provoqués, en accord avec la doctrine selon laquelle il est légitime de détruire une soi-disant " vie sans valeur" - en d'autres termes de tuer des hommes et des femmes innocents, si on pense que leurs vies sont sans valeur future au peuple et à l'état. Une doctrine terrible qui cherche à justifier le meurtre des personnes innocentes, qui légitimise le massacre violent des personnes handicapées qui ne sont plus capables de travailler, des estropiés, des incurables des personnes âgées et des infirmes!"

Comme j’en ai été bien informé, dans les hôpitaux et les hospices de la province de Westphalie sont préparés des listes de pensionnaires qui sont classés en tant que "membres improductifs de la communauté nationale" et doivent être enlevé de ces établissements et être ensuite tués rapidement. La première partie des patients est partie de l'hôpital de malades mentaux de Marienthal, près de Münster, au cours de cette semaine. Des hommes et des femmes allemands!

L'article 211 du code pénal allemand est toujours en vigueur, et dit en ces termes:   "Qui intentionnellement tue un homme, en ayant l’intention de donner la mort, sera puni de mort pour meurtre".

Il n’y a aucun doute : afin de protéger ceux qui tuent intentionnellement ces pauvres hommes et femmes, membres de nos familles, de cette punition établie par la loi, les patients qui ont été choisis pour le massacre sont déplacés de leur environnement vers quelque endroit éloigné. Quelque maladie ou autre est alors donnée comme cause de la mort. Puisque le corps est immédiatement incinéré, les parents et la police criminelle ne peuvent pas établir si le patient en fait avait été malade ou ce qu'était réellement la cause de la mort. J'ai été assuré, cependant, qu'au ministère de l'intérieur et au Service de l'officier médical en chef du Reich, le Dr Conti, qu’aucun secret n’est fait du fait qu'en effet un grand nombre de personnes mentalement malades en Allemagne ont été déjà tuées intentionnellement et que ceci continuera.

L'article 139 du code pénal prévoit que "quiconque a la connaissance d'une intention de commettre un crime contre la vie de toute personne... et n'informe pas les autorités ou la personne dont la vie est menacée, en temps voulu... commet une faute punissable ".

Quand j'ai eu connaissance de l'intention d'enlever des patients de Marienthal, j'ai déposé le 28 juillet une plainte chez le procureur de Münster, au tribunal du Land à Münster, et à Monsieur le président de la Police par lettre recommandée ayant la teneur suivante :

"Selon l'information que j'ai reçue il est projeté au cours de cette semaine (la date a été mentionnée comme étant celle du 31 juillet) de déplacer un grand nombre de patients internés de l'hôpital provincial de Marienthal, classés comme 'membres improductifs de la communauté nationale ', à l'hôpital psychiatrique d’Eichberg, où ils doivent être intentionnellement tué comme on croit généralement que cela s’est produit dans le cas de patients enlevés d'autres établissements.

Puisqu'une telle action est non seulement contraire à la loi morale divine et naturelle mais est qualifiée à l'article 211 du code pénal allemand comme meurtre et entraîne la peine de mort, je rapporte par la présente ce fait en accord avec mon obligation de l'article 139 du code pénal et demande que des mesures soient immédiatement être prises pour protéger les patients concernés par des démarches contre les autorités projetant leur déplacement et leur meurtre, et que je puisse être informé de la mesure prise ".

D’information au sujet de ma démarche, aucune ne m’est venue en retour que ce soit du procureur ou de la police. J'avais déjà écrit le 26 juillet aux autorités de la Province de Westphalie qui sont responsables du fonctionnement de l'hôpital psychiatrique et des patients confiés à eux pour veiller sur eux et pour les soigner, protestant dans les termes les plus forts. Cela n'a eu aucun effet. Le premier transport des victimes innocentes sous sentence de mort a quitté Marienthal. Et de l'hôpital de Warstein, ce sont, comme je l’ai entendu, 800 patients qui ont été déjà enlevés.

Nous devons nous attendre, donc, à ce que les pauvres patients sans défense soient, tôt ou tard, tué. Pourquoi? Non pas parce qu'ils ont commis quelque offense que ce soit justifiant leur mort; non pas parce que, par exemple, ils ont attaqué une infirmière ou un préposé à leur surveillance, qui seraient autorisés pour cause de légitime défense à répondre avec violence à la violence. En ce cas l'utilisation de la violence menant à la mort est permise et peut être invoquée, comme dans le cas où l’on tue un ennemi armé. Non : ces malheureux patients doivent mourir, non pas pour quelque raison semblable mais parce que par le jugement d'un certain organisme officiel, sur la décision d'un certain comité, ils sont devenus "indignes de vivre," parce qu'ils sont classés en tant que "membres improductifs de la communauté nationale". Le jugement est qu'ils ne peuvent plus produire aucun bien : Ils sont comme une vielle machine qui ne fonctionne plus, comme un vieux cheval qui est devenu boiteux de manière incurable, comme une vache qui ne donne plus de lait. Qu'arrive-t-il à une vielle machine ? Elle est mise à la ferraille. Qu'arrive à un cheval boiteux, à une vache improductive?

Non ! Je ne pousserai pas la comparaison jusqu’au bout - si affreuse est sa convenance et son pouvoir d’illumination.

Mais nous ne sommes pas concernés ici par de vielles machines, nous n'avons pas affaire à des chevaux et à des vaches, dont l’unique fonction est de servir l'humanité, de produire des biens pour l'humanité. Elles peuvent être détruites, ils peuvent être abattus quand ils ne remplissent plus cette fonction. Non: ici il s’agit d’hommes et des femmes, nos prochains, nos frères et soeurs! De pauvres êtres humains, des êtres humains malades. Ils sont improductifs, si vous voulez... Mais cela signifie-t-il qu'ils ont perdu le droit de vivre? As-tu, ai-je le droit de vivre seulement aussi longtemps que nous sommes productifs, aussi longtemps que nous sommes reconnus par d'autres comme productifs?

Si l’on pose et met en pratique le principe selon lequel les hommes sont autorisés à tuer leur prochain improductif, alors malheur à nous tous, car nous deviendrons vieux et séniles ! S'il est légitime de tuer les membres improductifs de la communauté, alors malheur aux invalides qui ont sacrifié et perdu dans le processus de production leur santé ou leurs membres !

       Si l’on peut se débarrasser des hommes et des femmes improductifs par des moyens violents, alors malheur à nos courageux soldats qui reviennent au pays gravement atteints par des blessures de guerre, estropiés et invalides !

       Si on l'admet, une fois, que les hommes ont le droit de tuer leurs prochains "improductifs" – quoique cela soit actuellement appliqué seulement à des patients pauvres et sans défenses, atteints de maladies - alors la voie est ouverte au meurtre de tous les hommes et femmes improductifs: le malade incurable, les handicapés qui ne peuvent pas travailler, les invalides de l’industrie et de la guerre. La voie est ouverte, en effet, pour le meurtre de nous tous, quand nous devenons vieux et infirmes et donc improductifs. Alors on aura besoin seulement qu’un ordre secret soit donné pour que le procédé, qui a été expérimenté et éprouvé avec les malades mentaux, soit étendu à d'autres personnes "improductives", qu’il soit également appliqué à ceux qui souffrent de tuberculose incurable, qui sont âgés et infirmes, aux personnes handicapées de l'industrie, aux soldats souffrant de graves blessures de guerre !

Alors aucun homme ne sera en sûreté : n’importe quelle commission pourra le mettre sur la liste des personnes "improductives", qui dans leur jugement sont devenues "indignes de vivre". Et il n'y aura aucune police pour le protéger lui, aucun tribunal pour venger son meurtre et pour amener ses meurtriers à la justice. Qui pourra alors avoir une quelconque confiance dans un médecin? Il pourrait signaler un patient comme improductif et pourraient être alors données des instructions pour le tuer!

On ne peut s’imaginer, la dépravation morale, la méfiance universelle qui s'étendra au coeur même de la famille, si cette doctrine terrible est tolérée, admise et mise en pratique. Malheur aux hommes, malheur au peuple allemand quand le saint commandement de Dieu : "Tu ne tueras pas ! ", que le seigneur a donné au Sinaï dans le tonnerre et les éclairs, que Dieu notre créateur a écrit dans la conscience de l'homme au commencement, si ce commandement n'est pas simplement violé mais sa violation est tolérée et exercée impunément !

Je vous donnerai un exemple de ce qui se produit. Un des patients de Marienthal était un homme de 55 ans, un fermier d'une paroisse de campagne dans la région de Münster - je pourrais vous donner son nom - . Il a souffert pendant quelques années de perturbation mentale et a été donc admis à l'hôpital de Marienthal. Il n'était pas mentalement malade dans le plein sens du terme: il pouvait recevoir des visites et était toujours heureux, quand sa parenté venait le voir. Il y a seulement une quinzaine, lui rendirent visite son épouse et un de ses fils, un soldat qui se trouvait stationné au front et avait un congé à la maison. Le fils est très attaché à son père malade, aussi la séparation fut difficile… Qui sait si le soldat reviendra, s’il reverra son père, car il peut tomber au combat pour son pays.

Le fils, le soldat, ne reverra sans doute sûrement pas son père sur la terre car il a été depuis mis sur la liste des "improductifs".

Un parent, qui a voulu rendre visite au père cette semaine à Marienthal, s’en est retourné avec l'information que le patient avait été transféré ailleurs sur les instructions du Conseil des ministres pour la défense nationale. Aucune information ne pourrait être fournie sur le lieu où il avait été envoyé, mais les parents seraient mis au courant d’ici quelques jours. Quelle sera cette information? La même que dans d'autres cas semblables? Que l'homme est mort, que son corps a été incinéré, que les cendres seront remises contre paiement d’honoraires? Car le soldat, risquant sa vie au champ d’honneur pour ses compatriotes, ne reverra pas son père sur terre, parce que des compatriotes à la maison l'ont tué. Les faits que j'ai énoncés sont bien établis. Je puis donner les noms du patient, de son épouse et de son fils le soldat, et de l'endroit où ils vivent. " Tu ne tueras pas !" Dieu a écrit ce commandement dans la conscience de l'homme longtemps avant que n'importe quel code pénal ait établi de pénalité pour le meurtre, longtemps avant qu’il n’y ait n'importe quel procureur ou n'importe quelle cour pour instruire et punir un meurtre. Caïn, qui a tué son frère Abel, était un meurtrier longtemps avant qu'il n’y ait eu d’États ou de tribunaux. Et il avouait sa faute, pressé par sa conscience qui l’accusait : " Mon méfait est trop grand pour que je puisse trouver le pardon ... le premier venu qui me trouvera me tuera" (Genèse 4.13-14). "

" Tu ne tueras pas !" Ce commandement de Dieu, qui seul a le pouvoir de décider de la vie ou de la mort, a été écrit dans le coeur des hommes au commencement, longtemps avant que Dieu ait donné aux enfants de l'Israël sur la montagne du Sinaï sa loi fondamentale dans ces phrases lapidaires inscrites sur la pierre, qui sont écrites pour nous dans l’Écriture Sainte et que comme enfants nous avons apprises par coeur au catéchisme.

" Je suis le Seigneur ton Dieu ! " Ainsi commence cette loi immuable. " Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi ! " Dieu – le seul Dieu, transcendant, tout-puissant, omniscient, infiniment saint et juste, notre créateur et juge à venir - nous a donné ces commandements. En raison de son amour pour nous il a écrit ces commandements dans notre coeur et les a proclamés. Car ils correspondent au besoin de notre nature créée par le Dieu; ce sont les normes indispensables de tout vie raisonnable, pieuse, salutaire et sainte individuelle et communautaire.

Avec ces commandements, Dieu notre père, veut nous rassembler, nous ses enfants, comme la poule rassemble ses poussins. Si nous suivons ces commandements, ces invitations, cet appel de Dieu, nous serons gardés et protégés et préservés du mal, défendus contre la mort et la destruction menaçantes comme les poussins sous les ailes de la poule.

"O Jérusalem, Jérusalem... combien de fois, combien de foi j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et tu n’as pas voulu!" Est-ce que cela va de nouveau arriver à notre pays, à l'Allemagne, à notre province de Westphalie, à notre ville de Münster? Qu’en est-il de l’obéissance aux commandements divins, en Allemagne, ici chez nous ?

Le huitième commandement: "Tu ne donneras pas de faux témoignage, tu ne mentiras pas ! "

Combien de fois il est violé sans scrupule et publiquement!

Le septième commandement: " Tu ne voleras pas !"

La propriété de qui est-elle encore sûre après l'expropriation arbitraire et sans égards de celle de nos frères et de sœurs qui font partie d'ordres religieux catholiques ? La propriété de qui est-elle protégée si cette propriété saisie illégalement n'est pas restituée ?

Le sixième commandement: "Tu ne commettras pas d’adultère."

Pensez aux instructions et aux assurances de rapports sexuels libres et de maternité sans mariage, dans la lettre ouverte notoire de Rudolf Hess, qui a disparu depuis. Cette lettre a été éditée dans tous les journaux. Et combien de conduites dévergondées et déshonorantes de cette sorte avons-nous lu et observé… Nous en avons constaté l’existence dans notre ville de Münster! A quel manque de pudeur dans l’habillement nos jeunes ont-t-il été forcés de s’accoutumer. C’est la préparation pour le futur adultère! La modestie, le rempart de la chasteté, est sur le point d'être détruit.

Et maintenant le cinquième commandement: " Tu ne tueras pas !", est mis de côté et est violé sous les yeux des autorités dont la fonction devrait être de protéger la règle de la loi et la vie humaine, quand les hommes prévoient de tuer des innocents intentionnellement, simplement parce qu'ils sont "improductifs", parce qu'ils ne peuvent plus produire aucune marchandise.

Et qu’en est-il aussi de l'observance du quatrième commandement, qui nous enjoint d’honorer nos parents et ceux qui ont autorité sur nous et de leur obéir? Le statut de l'autorité des parents est déjà bien ébranlé et est de plus en plus mis à mal par tous les engagements imposés aux enfants contre la volonté de leurs parents. Qui donc peut croire que le respect sincère et l’obéissance consciencieuse aux autorités de l'État peut être maintenu quand les hommes continuent à violer les commandements de l'autorité suprême, les commandements de Dieu, quand ils combattent même et cherchent à rejeter la foi au seul véritable Dieu transcendant, Seigneur de ciel et de terre?

L'observance des trois premiers commandements a en réalité pendant de nombreuses années été en grande partie suspendue dans la vie publique en Allemagne et à Münster. Par combien de personnes le dimanche et les jours de fêtes sont-ils profanés et soustraits au service de Dieu! Combien le nom de Dieu est profané, déshonoré et blasphémé!

Et le premier commandement: " Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi ! " Au lieu du seul et véritable Dieu éternel, les hommes installent leurs propres idoles qu’ils servent et adorent: la nature, ou l'état, ou le peuple, ou la race. Et combien sont ceux dont le Dieu, selon le mot de Paul, "est leur ventre" (Philippiens 3.19) - leur propre bien-être - auquel ils sacrifient tout, leur honneur même et leur conscience - les plaisirs des sens, la convoitise de l'argent, la convoitise de la puissance! Ensuite on veut aussi essayer de s’arroger à soi-même les attributs divins, pour se faire des seigneurs au-dessus de la vie et de la mort de leurs prochains. Quand Jésus est venu près à Jérusalem et vit la ville il pleura sur elle disant : "Ah! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée!"

Regardant avec ses yeux de chair, Jésus a vu seulement les murs et les tours de la ville de Jérusalem, mais l'omniscience divine a vu plus profondément et connaît ce qui se passe dans le ville et ce qu’il en est de ses habitants : "O Jérusalem, Jérusalem... combien de fois, combien de foi j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et tu n’as pas voulu!" C'est la grande douleur qui oppresse le coeur de Jésus, qui fait monter des larmes à ses yeux. J'ai voulu ton bien mais tu ne veux pas !

       Jésus a vu combien coupable, terrible, criminel, désastreux est ce refus . Ce petit homme, cette créature frêle, oppose sa volonté créée à la volonté de Dieu! Jérusalem et ses habitants, son Peuple choisi et favorisé oppose sa volonté à celle de Dieu ! De manière folle et criminelle, ils défient la volonté de Dieu! C’est pourquoi Jésus pleure sur le péché horrible et la punition inévitable. On ne se moque pas de Dieu!

Chrétiens de Münster! Est-ce que le fils de Dieu dans son omniscience, en ce jour, a vu seulement Jérusalem et ses habitants? A-t-il pleuré seulement sur Jérusalem? Est-ce que le peuple d'Israël est le seul peuple que Dieu a entouré, qu’il a protégé avec le soin d'un père et l’amour d’une mère, qu’il a aimé ? Est-ce le seul peuple qui ne voulait pas? Le seul qui a abandonné la vérité de Dieu, qui a rejeté la loi de Dieu et ainsi s'est condamné à la ruine? Jésus, Dieu omniscient, a-t-il également vu en ce jour notre peuple allemand, notre pays de Westphalie, notre région de Münster, la Rhénanie inférieure? A-t-il également pleuré sur nous? Pleuré sur Münster ? Pendant mille ans, il a instruit, il nous a instruit nous et nos ancêtres dans sa vérité, il nous a guidés par sa loi, nourris, nous, de sa grâce, rassemblés comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes. Le fils omniscient de Dieu a-t-il vu en ce jour, qu’en notre temps, il doit également prononcer ce jugement sur nous: "Tu n’as pas voulu ! Voici que votre maison va vous être laissée !" Comme ce serait terrible !

Chers fidèles du Christ ! J'espère qu'il est toujours temps… Mais alors il est grand temps ! Reconnaissons encore aujourd’hui ce temps qui nous apporte la paix, qui seul peut nous sauver du tribunal de Dieu : Acceptons sans retour en arrière et sans réserve, nous, la vérité évidente de Dieu et reconnaissons-le par notre vie. Faisons des commandements divins une ligne directrice de notre vie et prenons au sérieux l’expression : plutôt la mort que le péché !

Dans la prière et le pénitence sincère prions pour que la rémission et la pitié de Dieu puissent descendre sur nous, sur notre ville, notre pays et notre chère peuple allemand. Mais avec ceux qui continuent à provoquer le jugement de Dieu, qui blasphèment notre foi, qui dédaignent les commandements de Dieu, qui font cause commune avec ceux qui aliènent nos jeunes au christianisme, qui volent et bannissent nos religieux, qui provoquent la mort d’hommes et de femmes innocents, nos frères et sœurs, avec tous ceux-là nous éviterons n'importe quel rapport confidentiel, nous nous maintiendrons, nous et nos familles hors de portée de leur influence, de peur que nous soyons infectés de leurs manières athées de penser et d’agir, de peur que nous devenions des complices de leurs fautes et soyons ainsi exposé au jugement que le Dieu juste doit rendre et infliger à tous ceux qui, comme la ville ingrate de Jérusalem, ne veulent pas ce que Dieu veut. O Dieu fais nous reconnaître à tous aujourd’hui avant qu’il soit trop tard ce qui nous apporte la paix ! O très sacré coeur de Jésus, affligé de larmes à cause de l’aveuglement et des iniquités des hommes, aide-nous par ta grâce que nous aspirions toujours à ce qui te plaît et renoncions à ce qui te déplaît, pour que nous demeurions dans ton amour et que nous trouvions la paix de nos âmes ! Amen."

Source : abbaye-saint-benoit.ch

 

Déclaration de Foi des médecins catholiques

 

DÉCLARATION DE FOI

de la Fédération Internationale des Associations Médicales Catholiques

À nous, médecins, il nous a été confié de protéger la vie humaine dès son début…

1. JE CROIS en un seul Dieu, Seigneur de l’Univers, qui a créé l’homme et la femme à son image.

2. JE RECONNAIS que le corps humain et la vie, en tant que dons de Dieu, sont sacrés et inviolables : - le corps est soumis aux lois de la nature qui est l’œuvre du Créateur, - le moment où la personne est conçue et celui où elle quitte ce monde dépendent exclusivement de la décision de Dieu. Si c’est l’homme qui prend cette décision, non seulement il viole les Dix Commandements, en commettant des actes comme l’avortement, la contraception, la fécondation artificielle et l’euthanasie, mais par la fécondation in vitro il rejette le Créateur lui-même.

3. J’ACCEPTE comme vérité que le sexe de la personne donné par Dieu est déterminé biologiquement et qu’il est le mode d’existence de la personne humaine. Il est un anoblissement, un privilège, puisque les êtres humains possèdent des organes grâce auxquels par la condition de parents ils deviennent « collaborateurs de Dieu Lui-même dans l’œuvre de la création ». La vocation de parents correspond à un plan divin et seules les personnes choisies par Dieu et liées à Lui par le saint sacrement du mariage peuvent utiliser ces organes sacrés du corps humain.

4. J’AFFIRME que la dignité et la liberté d’un médecin catholique reposent uniquement sur sa conscience éclairée par l’Esprit Saint et l’enseignement de l’Église, et qu’un médecin catholique a le droit d’agir selon sa conscience et la déontologie médicale qui tient compte du droit de s’opposer aux actes violant la conscience.

5. JE RECONNAIS la priorité du droit divin sur le droit humain, le besoin de nos jours de s’opposer aux idéologies inhumaines de la civilisation contemporaine ainsi que le besoin d’approfondir non seulement les connaissances professionnelles mais aussi la connaissance de l’anthropologie chrétienne et de la théologie du corps.

6. JE CONSIDÈRE que  les médecins catholiques ont le droit, , sans imposer à quiconque leurs opinions et leurs convictions, d’attendre et exiger le respect de leurs opinions et la liberté d’exercer en respectant leur conscience.

Source : fiamc.org

 

Archevêque, Rabbin et Imam : Pour la liberté de conscience des médecins

 

Canada: Archevêque, imam et rabbin défendent la liberté de conscience des médecins

Euthanasie : Médecins forcés de «laisser leur éthique à la porte»  

par apic 08/08/2014

Mgr Terrence Prendergast, archevêque d’Ottawa, l'imam Samy Metwally et le rabbin Reuven Bulka ont publié une prise de position commune sur le droit à la liberté de conscience pour les médecins. Dans leur adresse au Collège des médecins et chirurgiens de l'Ontario, ils écrivent qu'»aucun citoyen canadien, y compris n’importe quel médecin, ne devrait risquer de perdre son statut professionnel pour effectuer son travail en conformité avec ses convictions éthiques ou religieuses».

Selon la dernière édition de l'hebdomadaire catholique national canadien «The Catholic Register», les trois responsables religieux s'estiment «profondément troublés par les nombreuses voix négatives qui ont fortement encouragé le Collège pour forcer les médecins à 'laisser leur éthique à la porte'», en faisant référence notamment à la légalisation de l’euthanasie au Québec.

Ne pas transformer les médecins en de simples mécaniques

Ils relèvent le débat grandissant sur la question de l’euthanasie au Canada, affirmant que «nous sommes arrivés au pire moment possible dans l’histoire canadienne pour transformer les médecins en de simples mécaniques dont le devoir est de faire aveuglément les ordres de leurs clients».

Les leaders religieux estiment crucial de conserver le droit des médecins de refuser de participer à ce type de services, même s'ils sont légaux. «L’euthanasie et le suicide assisté continuent d’être considérés comme profondément immoraux par de nombreuses religions du monde, y compris le christianisme, le judaïsme et l’islam».

Les signataires relèvent que la liberté de conscience est un droit humain fondamental, reconnu par de nombreux accords internationaux et protégé par la Charte canadienne des droits et libertés. Ce droit est «essentiel pour une société véritablement démocratique et fondamental pour la protection de tous les autres droits de l’Homme, y compris la liberté de religion».

Au Québec, le projet de loi «Mourir dans la dignité» a été adopté en juin dernier

L'Association médicale canadienne (AMC), qui représente les médecins au Canada, a rendu public les résultats d'un sondage en ligne sur l'euthanasie. Il en résulte qu'une grande majorité des médecins sont opposés à la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. L'euthanasie active est légalement interdite dans le pays, mais il existe une tolérance dans certaines provinces sur l'euthanasie passive lors de la phase terminale. L'Assemblée nationale du Québec a adopté en juin dernier le projet de loi 52 qui encadre les soins de fin de vie.

Malgré la ferme opposition des évêques catholiques du Québec et celle du gouvernement conservateur canadien, l'Assemblée nationale du Québec a adopté le 5 juin 2014, par 94 voix contre 22, le projet de loi 52 baptisé «Mourir dans la dignité». Cette nouvelle loi, largement débattue par une commission parlementaire spéciale depuis 2009, permet à un malade en phase terminale de recourir à l'aide médicale pour mettre fin à sa vie.

Source : apic/cr/com/be

 

Bx Clemens August von Galen : un évêque contre l'euthanasie nazie

 

Cardinal Clemens August von Galen (1878-1946), Evêque de Münster

Juillet 1941. Le troisième Reich allemand est à l'apogée de sa puissance. Hitler vient de déclencher une attaque contre l'URSS et rien ne semble devoir arrêter la Wehrmacht.

C'est alors qu'un évêque allemand décide d'élever la voix contre l'euthanasie massive des malades mentaux, qui vient d'être décidée à Berlin. Soixante mille personnes ont déjà été regroupées en vue de leur discrète élimination dans des camps d'extermination.

Mgr Clemens August von Galen ne se fait pas d'illusions: s'il parle, il risque d'être arrêté comme « ennemi du peuple allemand » et exécuté. Il parlera pourtant, et dès le dimanche suivant, dans la chaire de sa cathédrale. Ce courageux Pasteur, que l'on appellera le « Lion de Münster », a été proclamé bienheureux le 9 octobre 2005.

Sermon du 3 août 1941, cathédrale de Münster

«C'est une doctrine effrayante que celle qui cherche à justifier le meurtre d'innocents, qui autorise l'extermination de ceux qui ne sont plus capables de travailler, les infirmes, de ceux qui ont sombré dans la sénilité... N'a-t-on le droit de vivre qu'aussi longtemps que nous sommes productifs ? ...

Il s'agit d'hommes et de femmes, notre prochain, nos frères et soeurs ! De pauvres êtres humains malades. Ils sont improductifs, si vous voulez... Mais cela signifie-t-il qu'ils ont perdu le droit de vivre?... Si l'on pose et met en pratique le principe selon lequel les hommes sont autorisés à tuer leur prochain improductif, alors malheur à nous tous, car nous deviendrons vieux et séniles !... Alors aucun homme ne sera en sûreté : n'importe quelle commission pourra le mettre sur la liste des personnes «improductives», qui, selon leur jugement, sont devenues «indignes de vivre». Et il n'y aura aucune police pour le protéger, lui, aucun tribunal pour venger son meurtre et pour amener ses meurtriers à la justice. Qui donc pourra encore avoir confiance dans son médecin ? Il décidera peut-être que ce malade est devenu «improductif», ce qui reviendra à le condamner à mort. On ne peut s'imaginer la dépravation morale, la méfiance universelle qui s'étendront au coeur même de la famille, si cette doctrine terrible est tolérée, admise et mise en pratique.

Malheur aux hommes, malheur au peuple allemand si le saint commandement de Dieu : Tu ne tueras pas, que le Seigneur a donné au Sinaï dans le tonnerre et les éclairs, que Dieu notre Créateur a écrit dans la conscience de l'homme au commencement, si ce commandement n'est pas seulement violé mais sa violation tolérée et exercée impunément !»

Source : herodote.net et nouvl.evangelisation.free.fr

 

Mgr Léonard sur le consentement éclairé

 

Deux médecins s'expriment conjointement avec les évêques de Belgique

07/03/2013 - Fin de vie

Alors que les commissions du Sénat, Justice et Affaires sociales réunies, du Sénat, procédaient à une nouvelle audition d'experts à propos de l'élargissement de la loi euthanasie aux enfants, une conférence de presse avait lieu au cours de laquelle était lue par Mgr André-Joseph Léonard, Président de la conférence épiscopale, la position des évêques belges « Peut-on euthanasier le lien social ? ». Deux médecins, les docteurs Catherine Dopchie et Chantal Kortmann, s'exprimant à titre personnel ont aussi livré leur point de vue à partir de leur réflexion et de leur expérience de soignantes.

En ce qui concerne la proposition d'étendre la loi aux mineurs d'âge, les évêques jugent qu'il est étrange que ceux-ci soient considérés comme légalement incapables de certains actes, par exemple de se marier, mais que tout à coup ils seraient suffisamment mûrs pour se faire donner la mort. En outre, les évêques trouvent risqué de donner à long terme à autrui, via un "testament de vie" (déclaration anticipée d'euthanasie ), la possibilité de décider à la place d'une personne démente d'accomplir l'euthanasie. "Cette décision (...) est-elle vraiment compatible avec un État de droit ? ", se demande Mgr Léonard.

Le Dr. Catherine Dopchie, oncologue et responsable d'une unité de soins palliatifs, abonde dans ce sens: "Si la déclaration anticipée de demande d'euthanasie est à durée illimitée pour la perte de 'conscience de soi', l'euthanasie sera pratiquée sur la base du document, sans connaître le vécu de la personne à ce moment-là."

"Plutôt que de résoudre la question du 'bien mourir' en laissant chacun organiser (...) sa 'sortie de scène', n'est-il pas plus humain d'être tous solidaires de l'épreuve de chacun, de chacune, en posant sur eux un regard qui confirme leur dignité et en cherchant activement à soulager la souffrance qui les accable ?" ajoute Mgr Léonard. Dès lors, les évêques appellent le législateur "à rompre avec une logique qui, d'une certaine façon, euthanasie le lien social lui-même". Plutôt que d'étendre la dépénalisation de l'euthanasie, ils l'invitent "à considérer comment les grands malades, mineurs ou déments, pourront être mieux encore pris en charge par la Santé publique, notamment dans le cadre des soins palliatifs".

Enfin, selon les évêques, l'euthanasie exerce également une pression sur le secteur médical et paramédical. "Il ne s'agit plus seulement de l'art de soigner et de guérir; cela implique aussi l'art de laisser mourir." Pour le Dr. Dopchie, "l'euthanasie est une manière technique de prendre en compte la souffrance humaine. Elle ne prend pas en compte la personne humaine."

Source : Institut Européen de Bioéthique

 

Abbé Iborra : Cette mort qu'on ne veut plus voir

 

L’Euthanasie ou le négationnisme de la mort


Merci Monsieur l’abbé d’avoir accepté de répondre aux nombreuses questions qu’ont soulevées les derniers rebondissements judiciaires de l’affaire Bonnemaison et du sort du malheureux Vincent Lambert. Il nous a semblé assez évident de nous adresser à vous puisque vous avez exercé votre ministère des années à La Pitié Salpêtrière comme aumônier.

MN : Vous avez dû être souvent confronté à la fin de vie ou en langage non politiquement correct à l’agonie ?

Abbé Iborra : C’est essentiellement aux urgences que la mort est présente. Dans ce service, la mort est habituelle et l’échec des techniques médicales est mieux accepté. Un chef de service m’a cependant expliqué que beaucoup de jeunes urgentistes faisaient vraiment le maximum et sauvaient du coup des cas parfois désespérés. A posteriori, on pouvait penser qu'il aurait été plus sage de les laisser partir naturellement. En revanche, dans des services plus orientés vers des soins thérapeutiques -médicaux ou chirurgicaux- , la mort est vécue comme un drame. Elle vient troubler le sentiment de la médecine toute-puissante, plus forte que la mort.

MN : Comment expliquez-vous que les institutions catholiques n’aient pas réagi au moment de l’application de la loi Leonetti ?

Abbé Iborra : Cette loi est passée en silence parce que l’on s’attendait à pire. Il est évident que certains soins sont choquants sur des mourants. En plus de n’avoir plus d'utilité thérapeutique, ils font souffrir et entretiennent la relation triangulaire du mensonge. Je m’explique : le médecin ment au patient sur son état en prodiguant des soins inutiles, la famille ment au patient pour ne pas l’inquiéter ou l’angoisser et, le patient à sa famille, pour ne pas ajouter à son angoisse, et se ment parfois à lui-même. L’aumônier et les unités de soins palliatifs ont alors un rôle à jouer en désamorçant ce cycle. Ils ont une action très positive puisqu’ils soulagent les familles et le malade en réintroduisant la normalité de la mort. Le médecin n’est pas à même de le faire car pour lui, quand il se situe seulement au niveau technique, la mort reste quand même un échec.

MN : La loi Leonetti est-elle acceptable au regard de l’Église ?

Abbé Iborra : La loi Leonetti est quand même contre l’euthanasie active. Elle comporte néanmoins une grave ambiguïté en ce qui concerne l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation. L’Église est ferme : « ces deux actions sont considérées comme un acte positif d’Euthanasie ».

MN : Est-ce que cette loi, en autorisant des injections massives et létales d’antidouleur, ne nous vole pas notre mort ?

Abbé Iborra : Oui, effectivement la médecine vole la mort des patients. Ce dernier se trouve plongé dans bien des cas en un état comateux. Nul profane ne peut dire s’il est mort ou vivant. La frontière entre la vie et la mort s'épaissit, on peine à repérer l'avant et l'après. Le médecin est gêné par la mort. C’est à la fois pour des raisons psychologiques et matérielles. Psychologiques parce qu'il doit reconnaître son impuissance. Matérielles parce que l'administration massive de médicaments évite de subir les critiques des familles ne supportant pas la souffrance des leurs et, d’une certaine manière, permet d’occulter la laideur de la mort. Il est plus facile d’endormir le patient que d’entendre ses cris. On oublie ce que le mourant peut apporter aux vivants de richesses spirituelles.

Pour ma part, tous les 6 mois environ, je croisais des patients qui m'évangélisaient. Je voudrais parler de deux cas précis, tous deux anglais, de malades agonisants qui voulaient présider à leur mort. Une dame anglicane, de 60-70 ans, atteinte de 3 cancers qui refusait la morphine. Lorsque je lui demandais si elle ne souffrait pas trop, elle me répondit que le Christ avait refusé le vinaigre donné pour adoucir les souffrance des condamnés et que, lui, était innocent. Elle a vécu sa mort en union à la passion du Christ. Elle voulait être aussi plus présente aux siens. L’autre cas est celui d’un professeur souffrant lui aussi d’un cancer. Il avait pris la même résolution. Il bénéficia d’une courte rémission après l’extrême onction qui lui permit de faire ses adieux à sa famille et à ses amis.

On peut dire que notre société en voulant instaurer l’euthanasie légale fait une tentative vaine de faire disparaître la mort et son caractère hideux. Les sociétés anciennes s’y sont employées aussi en recourant à des rites funéraires comme la momification ou l’incinération. La réponse chrétienne est tout autre. Les franciscains italiens du 18ème siècle la mettaient même en scène avec des ossements d'une manière qui nous paraît aujourd'hui bien morbide mais qui, à l'époque baroque, témoignait de l'espérance joyeuse de la résurrection sur la mort. Citons également le texte magnifique du Cardinal Newman : « le songe de Gérontius ». Ce poème, nous décrit le passage de l'âme, accompagnée de son ange gardien, pour comparaître devant son Créateur. La mort doit être prise au sérieux mais ne doit pas nous terrifier, nous désespérer.

En conclusion, on peut dire que la technique médicale va souvent trop loin en anesthésiant la conscience du mourant. Il n’a plus les moyens de dire adieu. Il ne peut pas pardonner et demander pardon. L’homme part avec des non-dits. Combien de fois, un fils n’a pu dire à son père qu’il l’aimait.

Source : mauvaisenouvelle.fr

 

Mgr Ginoux : l'euthanasie, une violence inouïe

 

Débat sur l’euthanasie – Pour Mgr Ginoux, « il est impossible de nous taire »

par Antoine Pasquier, 30/06/2014

Ancien aumônier d’hôpital de 1994 à 2000, l’évêque de Montauban a vivement réagi à la décision du Conseil d’État concernant Vincent Lambert et à l’acquittement du Dr Bonnemaison par la cour d’assises de Pau. Ces deux affaires ouvrent la porte, selon lui, à une légalisation prochaine de l’euthanasie.

Le Conseil d’État a ordonné le 24 juin l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert. Cette décision ne signe-t-elle pas une forme de renoncement, voire de violence, face à la vulnérabilité humaine ?

Cet arrêt constitue une forme inouïe de violence : au lieu d’accompagner humainement, on préfère voir mourir. Alors que l’on pouvait attendre de leur part un avis prudentiel, les juges amorcent une ouverture grave vers une décision de mort pour toute personne qui ne pourra pas se manifester comme communicante ou comme répondant à des appels de l’extérieur. L’interdit de tuer l’autre est franchi, et cette décision ouvrira à des cas semblables.

En tant qu’ancien aumônier d’hôpital, cette ordonnance du Conseil d’État m’a profondément peiné et révolté. Les personnes en état végétatif chronique vivent réellement, personne ne peut dire le contraire. Vincent Lambert vit, tout le monde l’a constaté, mais il ne peut pas être nourri naturellement. Comment peut-on dire que des soins excessifs sont pratiqués sur sa personne ? Répondre à la satisfaction du besoin premier de boire et de manger n’a rien d’anormal. On oublie trop souvent de rappeler que Vincent Lambert est avant tout un être humain, qui vit certes dans conditions exceptionnelles, mais qui n’est pas fin de vie et dont la pathologie ne conduit pas à la mort.

Là où est la vie humaine, le Seigneur est présent. Une relation mystérieuse perdure entre les personnes qui ne communiquent plus et Dieu, car Lui continue toujours de communiquer avec elles.

La cour d’assises de Pau a acquitté, le 25 juin, le Dr Bonnemaison poursuivi pour empoisonnement à l’encontre de sept de ses patients. Que vous inspire ce verdict ?

Le Dr Bonnemaison a totalement oublié sa mission première qui est de soigner, et non de tuer. Car si toutes les personnes en fin de vie peuvent être tuées de manière inconsidérée, la médecine deviendrait alors un danger public. Ce serait là le contraire de la confiance et de la proximité que doit donner un soignant. Les applaudissements entendus à la lecture du verdict sont ignobles et constituent une insulte envers les familles qui ont perdu un être cher. Quand une cour d’assises acquitte un médecin qui tue délibérément, la direction est donnée pour une loi légalisant l’euthanasie.

La décision des jurés ne reflète-t-elle pas l’état d’esprit de nos concitoyens sur la question de la fin de vie ?

Assurément. Notre société a peur de la mort et du vieillissement. Le jeunisme ambiant fait que tout ce qui se dégrade inquiète. Mon expérience d’aumônier d’hôpital m’a montré à quel point les réactions humaines devant la mort étaient à la fois étranges et émotionnelles. Face à une situation physique ou mentale qui se dégrade gravement, la famille désire que tout s’arrête pour garder une image sereine de la personne qui va disparaître.

Nos contemporains ne veulent plus voir la mort faire son œuvre. L’idéal du bien-mourir, c’est de mourir dans son sommeil, le plus discrètement possible et ne rien avoir à souffrir. On n’accepte plus l’idée du passage, cette naissance à une nouvelle vie avec toutes les difficultés que comporte, bien entendu, ce passage.

Cette vision de la mort est contraire à ce que les siècles de christianisme avaient donné à la civilisation occidentale, c’est-à-dire la mort entourée des siens. Cette conception du bien-mourir nous conduit à donner la mort par un phénomène prétendu de compassion, car l’image dégradée de la personne en fin de vie ou handicapée est devenue insupportable. Notre société n’est plus capable de voir en elle l’image de Dieu.

Comment en est-on arrivé là ?

Dans une société, où l’idée de progrès des sciences et des techniques est assimilée à ce qui est utile, performant et rentable, la mort est devenue incongrue. Il existe une sorte de quête éperdue d’une vie indéfinie de l’être humain, une vie sans fin. N’était-ce pas au fond le credo des positivistes du XIXe siècle ? Cette mentalité matérialiste ne donne plus de place à la vie spirituelle. Sa dimension transcendante a disparu. C’est la conséquence directe de la sécularisation croissante de notre société.

Curieusement, lorsque la mort devient inéluctable, plutôt que de l’affronter et de la dépasser, on la crée comme pour se donner l’impression de la dominer. Or, cette conception correspond à un individualisme profond de la société. Nous avons entendu, il y a trente ans : « Mon corps est à moi ». C’est toujours le même slogan qui est brandi de nos jours.

90% des Français se disent favorables à l’euthanasie. Comment résister à ce rouleau compresseur ?

Commençons par dire la vérité. Nous sommes marqués par le désir que tout acte médical fasse le mieux et au mieux. Alors, lorsqu’une personne accidentée ou foudroyée par un AVC est emmenée aux urgences, elle est réanimée, car c’est la logique médicale de faire triompher la vie sur la mort. Quels proches – lorsqu’ils sont présents ou arrivent à temps – diraient aux médecins : ne faites rien ? Personne. Or, souvent, les conséquences de cette réanimation s’avèrent tragiques. C’est à ce moment-là que tout commence. Cette réalité nouvelle de la personne nous contraint et nous oblige à l’humilité et à la prudence. Elle nous oblige à poser un regard différent sur l’être souffrant. Malgré sa faiblesse, cette vie blessée garde toujours un sens et, moi, chrétien, comme dans la parabole du Bon Samaritain, je dois m’en faire proche ; car dans chaque personne souffrante, dans chaque malade défiguré, je vois le visage du Christ torturé et abîmé par la Passion et la Croix.

Les chrétiens doivent donc prendre conscience – et c’est une nécessité – que leur devoir est d’être auprès de toutes ces personnes. Sans eux, ces malades ne pourront pas être reconnus comme portant l’image du Christ.

Le gouvernement a demandé à Jean Leonetti et Alain Claeys de travailler sur une modification de la loi du 22 avril 2005. À force de légiférer, ne risque-t-on pas de franchir le pas de trop vers la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie ?

Ne nous leurrons pas. L’objectif de cette mission parlementaire est de faire passer, à terme, la loi sur l’euthanasie. Nous le savons. Notre sens de chrétien – et d’homme avant tout – est de nous y opposer : on ne met pas fin à une vie, quelle que soit sa situation, car toute vie a un sens. L’être qui meurt est celui qui a vécu, aimé, et il a droit au respect inconditionnel jusqu’à son terme. C’est un fondement anthropologique. L’émotionnel et le sensible ne peuvent remplacer cette vérité de l’être. Personne n’a le droit de penser qu’une vie est inutile, qu’elle coûte cher ou qu’elle ne vaut plus la peine d’être vécue.

Les parlementaires saisis affirment qu’ils n’iront pas jusqu’à l’euthanasie. François Hollande lui-même semble y être très réticent.

Si nous regardons tout ce qui s’est fait depuis 1975, ce discours nous a été resservi à chaque nouvelle loi, et à chaque fois la transgression a été franchie. Je ne veux pas être complètement pessimiste. Des mobilisations comme celles de l’an dernier ralentiront le processus, mais comme le disait Bernadette Soubirous : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire ».

Même si l’issue ne fait guère de doute, il est impossible de nous taire. Et nous devons avoir bien en tête que nous sommes plongés dans un véritable combat de société où l’homme veut se faire maître de la vie et la mort. Il veut devenir son propre Dieu. Cette idéologie est fortement enracinée dans une opposition frontale à la foi chrétienne. C’est une évidence.

Source : famillechretienne.fr

Mgr Podvin : L'hydratation de Vincent Lambert n'est pas un acharnement

 

La vie est un don

Dans un communiqué publié le 26 juin 2014, Mgr Bernard Podvin, porte-parole des évêques de France, réagit à l'Affaire Vincent Lambert, plaidant pour « une fidélité palliative » : « ni acharnement, ni suicide assisté ».

Le Conseil d’État français a en effet autorisé l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert, un patient de 38 ans en état pauci-relationnel, le 24 juin dernier.

Saisie par les parents de Vincent Lambert, la Cour européenne des droits de l'homme a demandé à la France le 25 juin de « suspendre provisoirement l’exécution de l’arrêt du Conseil d’État » en attendant que la Cour se prononce sur la recevabilité et le bien-fondé de l’affaire.

 

Mille signes de Mgr Podvin

 par Monseigneur Barnard Podvin, 26/06/2014

Qu’est-donc cette idéologie qui cherche à amalgamer l’hydratation d’un frère souffrant à de l’acharnement ? Un trait de civilisation élémentaire n’est-il pas depuis toujours de prodiguer le verre d’eau à autrui, humecter ses lèvres, serait-il notre pire ennemi? En quoi serait-il inconvenant de le faire à un proche en état « pauci-relationnel »?

Ce que l’on nomme  « l’affaire Lambert » fait, hélas, dire de nombreuses aberrations. L’essentiel est d’être près de celui que l’on aime jusqu’au bout. Présence humble et aimante. Les mains vides en offrande d’une affection partagée. Le plus fragile serait-il devenu indigne d’être accompagné ?

Le fait que les proches de Vincent se déchirent, le fait qu’une instance supérieure ne se suffise pas à en discerner et juger, tout cela doit rendre humble devant la complexité et la douleur. Ces limites humaines et institutionnelles attestent que la vie est toujours plus grande que ce que nous en disons. Elle est un don ! Ne vouloir ni acharnement, ni suicide assisté, consiste à choisir la voie étroite d’une fidélité palliative. Redisons-le avec la force de l’amour.

Mgr Bernard Podvin

Porte-parole des évêques de France

Source : Eglise catholique en France

 

Mgr Aillet : Oui à la vie !

 

Communiqué de Mgr Marc Aillet du 26 juin 2014

L’injection létale pourrait bien devenir légale. C’est ce que laisse entendre le message délivré par l’acquittement du docteur Nicolas Bonnemaison.

Comment laisser passer un tel aveu de non-assistance à personne en danger ? Comment ne pas entendre la soif de mourir vivants et aimés ? Oui, il s’agit bien de cela : c’est notre société qui est en état pauci-relationnel et non les personnes comme Vincent Lambert qui attendent au contraire un sursaut d’amour.

Je m’adresse aux médecins, aux soignants, à tous ceux qui font partie de cette chaîne solidaire qui nous unit les uns aux autres, surtout au terme de notre existence. Soyez des témoins de la vie, évaluez avec prudence les limites de l’acharnement thérapeutique et procédez à la mise en place de justes soins palliatifs. La question de la mort ne se résout pas par la mort, mais par la vie !

Qu’as-tu fait de ton frère ? Telle est la question que nous pourrions entendre à notre tour au jour dernier…

Osons la solidarité ! Osons l’espérance ! Osons la compassion, la vraie, celle qui dit je t’aime en disant oui à la vie.

+ Marc Aillet,

évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, le 26 juin 2014.

Source : Diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron

 

Cardinal Barbarin : Ce sont des hommes que l'on tue

 

L'appel du Cardinal Barbarin pour les chrétiens d'Irak

par le Cardinal Philippe Barbarin, 26/06/2014

Les mots semblent impuissants devant la tragédie des chrétiens d’Orient. En Irak, les informations parfois contradictoires qui nous parviennent témoignent du chaos et de l’angoisse de nos frères. Mardi soir, j’ai reçu l’appel du Patriarche des Chaldéens, Louis-Raphaël Ier Sako, que j’avais eu la joie d’accueillir à Lyon en mars. Il est actuellement en synode avec une vingtaine d’évêques de la région. Il me dit que la situation est effrayante, mais que des menaces beaucoup plus graves sont encore à venir. L’éradication des minorités religieuses n’est hélas pas un dommage collatéral de la folle stratégie des assassins : c’est leur but affiché.

En France, il faut bien le dire, la situation des chrétiens d’Irak n’est pas un grand générateur d’émotions. Comment expliquer que, jusque dans nos paroisses, nous ne portions pas davantage le souci de nos frères d’Orient ? Plusieurs raisons l’expliquent sans doute. La presse est le reflet des consciences de notre pays : les chrétiens de là-bas sont considérés comme un problème étranger. Il y a sans doute aussi une espèce de fatalisme : la région est en proie à des secousses meurtrières depuis si longtemps que tous, nous nous habituons à l’inacceptable.

Le fait qu’ici, en Occident, les religions soient officiellement respectées mais aussi fréquemment suspectées, n’arrange rien. La situation des chrétiens persécutés dans le monde ne provoque souvent chez nos politiques qu’une compassion polie, tardive et peu suivie d’effets. Asia Bibi entame sa 4e année de détention préventive dans une prison pakistanaise de haute sécurité sans que cela n’empêche grand-monde de dormir ; ces dernières semaines, Meriam Yahia Ibrahim Ishag a accouché dans les prisons soudanaises, enchaînée pour allaiter son petit dans le couloir de la mort ; la pression américaine a permis une libération... de quelques heures, puisqu’elle a de nouveau été arrêtée. Là encore, il a manqué de grandes voix françaises pour s’y opposer simplement, fortement, fermement.

Le réflexe communautaire d’un groupe humain l’invite à défendre ses membres. Que les chrétiens aient reçu la vocation d’aimer tout homme sans distinction de race, de culture ou de religion est un enseignement directement issu de l’Evangile. Mais, de grâce ! que cela ne nous fasse pas fermer les yeux sur les malheurs de nos frères les plus proches.

En 1794, l’un des plus grands massacres de prêtres de notre histoire s’est déroulé à Rochefort. 829 prêtres réfractaires y ont été déportés par le Comité de Salut public ; sur les 829, seuls 274 survécurent : ils firent le serment de ne jamais parler de l’horreur qu’ils avaient vécue, pour permettre à la France de se relever. Aujourd’hui, la ville de Qaraqosh, dans la plaine de Ninive, est devenue sous l’afflux des réfugiés la plus grande ville chrétienne d’Irak. Entendez-vous le cri qui monte ? C’est celui d’un camp de réfugiés. Qaraqosh n’est pas Rochefort, car le massacre est en cours. Voilà pourquoi nous ne pouvons pas rester silencieux.

Le Patriarche me disait hier qu’une partition du pays serait préférable à une guerre civile qui tue d’abord les innocents. Si seulement la communauté internationale pouvait aider à trouver une solution… Mais n’attendons pas tout des États et de leur diplomatie. Agissons ici et maintenant, comme le pape nous y a appelés.

Lorsque Jean-Paul II m’a accueilli dans le collège des cardinaux, il a insisté sur le sens de la pourpre cardinalice : c’est le rappel du sang des martyrs. C’est pourquoi j’appelle aujourd’hui les chrétiens d’ici à faire monter vers le ciel une prière fervente pour nos frères d’Orient. Je les invite à cultiver la conscience de cette fraternité qui nous lie par-delà les kilomètres et les siècles. Je veux leur redire les paroles du Patriarche : « Ce qui nous manque le plus, c’est votre proximité, votre solidarité. Nous voulons avoir la certitude que nous ne sommes pas oubliés ! »

Je propose d’encourager les associations œuvrant actuellement dans la plaine de Ninive. Je supplie les chrétiens d’ici et tous les hommes et femmes de bonne volonté qui travaillent dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’alimentation, de l’aide d’urgence de venir en aide aux survivants. J’ai le désir de lancer un jumelage entre notre diocèse et l’un de ceux qui en a le plus besoin. Je suggère qu’un pourcentage des quêtes de nos paroisses qui le souhaitent soit versé durant l’année qui vient pour le soulagement de la détresse de nos frères d’Irak. J’invite tous les chrétiens à rester éveillés et attentifs, à être les veilleurs de leurs frères.

Que les héritiers de saint Pothin deviennent les frères de ceux de saint Thomas, apôtre de l’Orient. Comme l’a dit le pape François, nous sommes face à un œcuménisme de sang : ce ne sont pas des catholiques, des protestants, des orthodoxes que l’on martyrise : ce sont des chrétiens. Il est d’ailleurs à craindre que les persécutions ne s’arrêteront pas aux chrétiens. Il faut dès aujourd’hui que la ville de Qaraqosh devienne un sanctuaire pour tous les belligérants, et un havre de paix pour les populations civiles qui, par milliers et de toutes les confessions, y affluent. Car ce sont des hommes que l’on tue, dans le silence, entre deux ola d’un stade de foot brésilien.

Le Patriarche me l’a dit : « Nous gardons espoir, mais comme vous le savez, l’espoir est fragile. » Et si leur espoir était aussi entre nos mains ? Le pape François le rappelle : « Les chrétiens persécutés pour leur foi sont si nombreux ! Jésus est avec eux. Nous aussi. » Nous aussi !

Philippe card. Barbarin

Archevêque de Lyon

Source : lyon.catholique.fr

 

Vincent Lambert : Le Cardinal Barbarin s'interroge

 

Affaire Vincent Lambert : la grande discrétion des évêques de France

par Jean-Marie Guénois, 24/06/2014

 

La conférence des évêques a choisi, lundi, de publier une note interne sur son site Internet rédigée par un prêtre du diocèse de Paris, spécialiste de bioéthique.

Aucun évêque de l'Église de France n'a voulu commenter, mardi après-midi, la décision du Conseil d'État à propos de l'affaire Vincent Lambert.

À l'exception du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon qui, sollicité par Le Figaro, a observé :

«Devant toute grande souffrance humaine, c'est le silence qui s'impose.

Mais devant l'avis du Conseil d'État, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger: notre pays gardera-t-il le respect de toute vie humaine comme une norme fondamentale de notre vivre ensemble?»

En tant que telle, la conférence des évêques semble donc avoir choisi la discrétion même si, en avril dernier, Mgr Georges Pontier, président des évêques, avait rappelé d'une phrase dans son long discours d'ouverture de l'assemblée de printemps à Lourdes, le principe fondamental défendu par l'Église: «L'humanisation de la société ne viendra pas de pratiques eugéniques en début de vie, ni d'assistance au suicide en fin de vie (…) Éliminer l'autre ne sera jamais une solution humaine.»

«Il est « abusif » de considérer « l'alimentation » et « l'hydratation » de Vincent Lambert comme un « traitement » alors que c'est un « besoin de base de tout être humain ».

Père Brice de Malherbe

Si la conférence des évêques dispose d'un service complet «Famille et société» dédié à ce genre de problématique, elle a choisi, lundi, de publier une note interne sur son site Internet, rédigée par un prêtre du diocèse de Paris, spécialiste de bioéthique. Le père Brice de Malherbe, chercheur au Collège des Bernardins, y reprend avec précision les différents volets de cette affaire dont «les questions d'éthique médicale» et dénonçant une première «confusion» entre «les unités de soins palliatifs» et les «unités d'accueil à long terme de patients en état végétatif chronique» où aurait dû être pris en charge Vincent Lambert. Structures qui manquent cruellement de capacité d'accueil. Car, conteste ce prêtre qui a consacré une thèse de doctorat à cette question et qui a passé beaucoup de temps dans les services médicaux concernés, il est «abusif» de considérer «l'alimentation» et «l'hydratation» de Vincent Lambert comme un «traitement» alors que c'est un «besoin de base de tout être humain». Il faut donc «distinguer entre traitement et soin». Reprenant ensuite un avis de l'Académie nationale de médecine, il rappelle que «le droit d'accès à l'alimentation ne saurait être conditionné par la capacité relationnelle» du malade.

Joint, sitôt la décision connue du Conseil d'État, le père de Malherbe a espéré qu'elle «ne créerait pas de précédent» puisque cette instance a assuré qu'elle légiférait «exclusivement» sur un cas unique. Mais il a affirmé «ne pas comprendre la décision finale» car «aucun des motifs invoqués» ne lui paraît recevable pour justifier l'arrêt de l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert. Ce sont des actes de «soin» et non de traitement médical.

Pour sa part, Tugdual Derville, le président d'Alliance Vita, auteur d'un ouvrage de référence sur le sujet (La Bataille de l'euthanasie, éditions Salvator) et organisateur d'une manifestation de protestation, a vu dans cette décision le feu vert à «un acte d'euthanasie qui ne dit pas son nom» réclamant «la création de structures appropriées» pour ce genre de cas.

Source : lefigaro.fr

 

Mgr Aillet : Banaliser l'euthanasie est une terrible régression

 

Communiqué de presse de Mgr Aillet sur l'euthanasie

par Mgr Marc Aillet, Evêque de Bayonne, 15/08/2011, (extrait)

... Il n'est pas concevable qu'un médecin, dont la vocation est de soigner les personnes qui lui sont confiées, puisse s'arroger le droit de supprimer un patient (malade incurable en fin de vie, personne âgée ou handicapée, etc.) au nom d'une compassion mal comprise (« j'ai trop souvent vu la pitié s'égarer » écrivait Antoine de Saint-Exupéry...).

Certes, la confusion qu'entretiennent certains médias est telle que beaucoup de nos concitoyens se disent ou se croient favorables à l'euthanasie, alors qu'ils sont simplement (et tout à fait légitimement) opposés à l'acharnement thérapeutique.

Moralement inacceptable, l'euthanasie, qui consiste à mettre fin à la vie d'un malade, est parfaitement illégale en France. L'acharnement thérapeutique (c'est-à-dire « l'obstination déraisonnable » par laquelle un malade est artificiellement maintenu en vie au prix d'actes inutiles et disproportionnés) est également interdit par la « loi Léonetti » du 22 avril 2005, qui impose au corps médical la prise en charge des malades en fin de vie et l'obligation de soulager leurs souffrances, mais la mise en oeuvre de cette loi se heurte, en particulier, à l'insuffisance des centres de soins palliatifs, dont le développement devrait être une des priorités des pouvoirs publics en France.

D'une façon générale, la banalisation de l'euthanasie, et a fortiori, sa légalisation, est une « évolution » (ou plutôt, une terrible régression) à laquelle nous nous opposons au nom même du droit de chacun de vivre et de mourir dignement.

+ Marc Aillet,

évêque de Bayonne, Lescar et Oloron,

le 15 août 2011

Source : eglise.catholique.fr

 

Les Evêques suisses pour la protection de la vie

 

Protection de la vie : « plus on parle de dignité moins on la respecte »

par Radio Vatican, 06/06/20142014-06-06

(RV) Entretien - Les évêques suisses s'inquiètent pour la protection de la vie. Ils l’ont fait savoir lors de leur 304ème assemblée ordinaire du 2 au 4 juin à l’Abbaye bénédictine d’Einsiedeln.
Pendant leur assemblée sont tombées les décisions du Conseil national sur les conditions pour l’autorisation du diagnostic préimplantatoire dans le pays. Juste avant, le Conseil des États s’était penché sur les modifications concernant la Constitution fédérale et la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée.

Les évêques se sont dits convaincus que, dans ce cas, la médecine et la politique ne vont pas dans le sens du progrès. Et pour François-Xavier Putallaz, professeur à l'université de Fribourg, membre de la Commission « Bioéthique » de la Conférence des évêques suisses, on assiste à un phénomène paradoxal en Suisse, comme dans d’autres pays en Europe :

Pourquoi les évêques sont-ils inquiets ?

D’un côté, on proclame la dignité humaine qui est présentée et proclamée à tout bout de champs et de l'autre on assiste sur le terrain et dans les législations à un phénomène d’érosion. Autrement dit, plus on parle de dignité, finalement moins on la respecte dans les faits. Et cette dignité humaine en Suisse, porte sur deux éléments ou deux pratiques inquiétantes. D’une part, la fin de vie avec le phénomène de l’aide au suicide et d’autre part, les discussions actuelles et l’ouverture au diagnostic préimplantatoire.

On n’est plus en train de parler de procréation médicalement assistée mais vraiment d’un tri, d’une sélection et donc d’une affirmation que certains s’arrogent le droit de prétendre que certaines vies valent la peine d’être vécues et que d’autres ne valent pas la peine d’être vécues. Lutter contre une maladie en supprimant le porteur de la maladie peut être considéré comme un progrès, d’où l’inquiétude des évêques suisses.

Quelles sont les particularités de la Suisse ?

Le problème qui se pose pour la fin de vie, c’est qu’on assiste à une pente glissante, c’est-à-dire que les indications qui sont utilisées par les associations d’aide au suicide, qui sont nombreuses en Suisse, s’élargissent de plus en plus.Au début, c’était pour des malades en fin de vie qui avaient par exemple un cancer en phase terminale. Ensuite, c’était pour des malades chroniques dont les souffrances sont lourdes. Maintenant, ce sont pour des gens qui ont des polypathologies et puis pour des personnes âgées, fatiguées de vivre, etc.

Donc on voit que l’élargissement des indications conduit sur ce qu’on appelle une pente glissante. Et l’idéologie, c’est qu’on ne respecte pas la dignité humaine alors que toutes les associations s’appellent « Dignitas », « Aide pour le droit de mourir dans la dignité ». On respecte beaucoup moins la dignité objective de la vie humaine que l’individu, la liberté individuelle qui s’autoproclame souveraine. Et cela, c’est l’une des raisons pour lesquelles les évêques ont une inquiétude.

Par rapport à la protection de la vie, quelle est l’attitude des autorités ?

L’attitude des autorités est extrêmement prudente, c’est-à-dire qu’ils pensent qu’il ne faut pas légiférer en la matière ou ajouter des lois. Pourquoi ? Parce que plus on légifère, plus on cautionne. L’arsenal juridique suisse est déjà largement équipé si on voulait éviter les abus. Mais encore faut-il la volonté d’appliquer ces lois. Hors la situation, il ne faut pas s’en cacher, empire dans un contexte démographique de vieillissement de la population et d’autre part, dans l’augmentation des coûts pour la vie ou les derniers mois, les dernières années de la vie des gens. Donc, il ne faut pas négliger tout l’aspect économique qu’il y a derrière le discours qui la bouche en cœur vient dire « il faut respecter l’individualité. La vie ne vaut pas la peine d’être vécue pour certaines personnes ».

Avez-vous l’impression que les évêques suisses sont entendus sur ces questions ?

Absolument pas ! Parce que dans nos sociétés, dès qu'une autorité religieuse se prononce et en particulier les évêques, la population a l’impression que c’est une position confessionnelle.Bien sûr, c’est une position catholique mais elle est de surcroît humaniste et c’est cet aspect de rejaillissement de la foi, de la grâce dans la vie de tous les jours qui est difficilement reçu dans nos sociétés.
On assiste à une montée de ce qu’on appelle un eugénisme libéral, non plus l’eugénisme racial, où finalement ce sont les préférences individuelles qui deviennent le critère. Et souvent, ces préférences individuelles sont guidées par les lois du marché. Alors, c’est difficile mais ce sera toujours ainsi. La voix de l'Évangile doit être dite à temps et à contretemps parce que l’Église, c’est l’Évangile qui continue.

Vous parlez de l’émergence d’un eugénisme libéral. Qu’en est-il au niveau européen ?

Le mouvement est le même. Simplement, par exemple pour l’aide au suicide, la Suisse a un cran d’avance (je ne dis pas de progrès mais d’avance) et le problème est le suivant : il est possible que des pays environnants se greffent sur la pratique de la Suisse. En revanche pour le diagnostic préimplantatoire, c’est l’inverse. Plusieurs pays comme l’Espagne, la Belgique autorisent depuis plusieurs années ce diagnostic et alors la Suisse s’adapte à la situation des autres pays.
Et finalement, ce mouvement conduit progressivement à une baisse de vigilance parce qu’on adapte finalement l’éthique aux pratiques des autres pays. Autrement dit, on va de plus en plus vers un plus petit dénominateur commun. Et dans ce sens-là, ce n’est pas le rôle de l’éthique de s’adapter à la pratique, c’est le rôle de l’éthique d’indiquer des voix qui sont normatives, qui sont belles pour essayer d’orienter la pratique médicale dans un sens plus humain.

Qu’est-ce qui se joue aujourd’hui concernant la protection de la vie ?

D’abord la protection des personnes et des individus humains vivants, que ça soit avant la naissance ou alors en fin de vie. Mais plus gravement, il y a un problème politique, on voit un glissement extrêmement inquiétant pour nos démocraties : c’est un glissement de la défense des droits de l’homme, c’est-à-dire de la dignité objective des personnes vers quelque chose qui est son ennemi ou en tout cas son opposition qui est une sorte d’exaltation des droits de l’individu qui s’ouvre. Et c’est cet aspect là, sous couvert de relativisme, sous couvert de tolérance qui au nom même de la démocratie risque d’éroder, c’est-à-dire de saper progressivement les fondements-mêmes du système démocratique.Et c’est peut-être cela le véritable enjeu politique de l’Europe et pas que de la Suisse.

Ces questions de fin de vie, de début de vie et il y en a bien d’autres sont politiques dans les deux sens du terme. Premier sens, elles sont débattues dans l’arène politique, les parlements, le peuple, etc. Mais elles sont en même temps au fondement-même de la pratique politique et c’est dans ce sens-là qu’elles doivent être prises avec beaucoup de sérieux et c’est dans ce sens-là qu’on peut saluer la prise de position des évêques suisses.

Source : news.va