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Avez-vous déjà réfléchi à votre fin de vie ?

par Alliance Vita, 02/11/2018, extraits

Pourquoi réfléchir sur la mort ? (NB : nous n'aimons pas le terme "fin de vie", car la mort n'est synonyme que de la fin de la vie terrestre)

Dans notre entourage – famille, amis, voisins – nous sommes tous, un jour ou l’autre, confrontés à la maladie grave et à la mort. Même si nous ne voulons pas trop y penser, nous savons bien que ce sujet nous concerne personnellement.

Etre bien entouré et accompagné, avec ses proches, dans la fin de sa vie, est un désir universel. Que ce soit à domicile, à l’hôpital ou en établissement d’hébergement, lorsque la vie semble « basculer », à cause d’une maladie grave ou d’un accident, chacun a besoin que toutes ses souffrances soient correctement soulagées et qu’une relation de confiance soit établie avec les soignants.

La loi évfite déjà l’acharnement thérapeutique (traitements inutiles et disproportionnés) mais éviter l’euthanasie (le fait de provoquer délibérément la mort) est une préoccupation légitime.

Pour être respecté sur ces points, il est utile de préciser par avance le type d’accompagnement souhaité, en particulier dans le cas où l’on ne pourrait plus s’exprimer directement.

Toujours adaptables, ces directives anticipées peuvent nous aider et nous protéger. Elles ne remplaceront jamais les échanges avec les soignants, car la priorité restera à la relation !

Pour anticiper cette situation, deux possibilités complémentaires ont été créées par une loi de 2005, complétée en 2016 :

1. Les directives anticipées

« Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté. Ces directives anticipées expriment la volonté de la personne relative à sa fin de vie en ce qui concerne les conditions de la poursuite, de la limitation, de l’arrêt ou du refus de traitement ou d’actes médicaux ». (Loi du 2 février 2016, article 1111-6 du Code de la santé publique)

2. La personne de confiance

« Toute personne majeure peut désigner une personne de confiance qui peut être un parent, un proche ou le médecin traitant, et qui sera consultée au cas où elle-même serait hors d’état d’exprimer sa volonté et de recevoir l’information nécessaire à cette fin ». (Loi du 2 février 2016, article 1111-6 du Code de la santé publique)

Réfléchir à ce que je souhaite jusqu’aux derniers instants de ma vie, c’est un acte de lucidité et de courage. C’est aider mes proches et les médecins qui me soigneront, de façon anticipée, à prendre les meilleures décisions respectueuses de la déontologie médicales et de mes convictions personnelles exprimées. En ce sens, les directives anticipées sont utiles et doivent être encouragées.

Cependant la rédaction systématique de directives anticipées ne va pas de soi. Qui peut, par avance, prévoir ce qui lui sera bénéfique dans des situations difficiles qu’il ne peut toutes imaginer ? D’autant qu’on n’a pas forcément le même avis devenu malade que lorsqu’on est bien portant…. C’est pourquoi Alliance VITA invite à la vigilance devant des directives anticipées qui seraient inutilement précoces, précises et figées, et dont l’application rigide risquerait un jour de se retourner contre le bien de leurs auteurs. En cas de grave maladie, c’est au jour le jour qu’une prise en charge mérite d’être décidée, réévaluée, adaptée.

La meilleure méthode est donc de réfléchir avec mon médecin et de revoir périodiquement avec lui le contenu de mes directives anticipées, notamment à l’annonce d’une maladie grave ou après un accident.

Le choix de ma personne de confiance est à effectuer dans cet esprit de dialogue. Cette personne aura pour mission d’être mon “porte-parole” en temps voulu : elle doit donc connaître mes convictions et mes choix, ce qui est attesté par sa signature sur le document de nomination.

La confiance soignants/soignés

Cette confiance demeure à la base de tout l’édifice du système de santé. Elle repose depuis toujours sur l’esprit du serment d’Hippocrate, repris dans le code de déontologie des médecins qui dispose :

« Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. » (Extrait du Serment d’Hippocrate)

Il faut bien distinguer :

L’acharnement thérapeutique (ou « obstination déraisonnable ») qui utilise des traitements inutilement agressifs, au bénéfice insuffisant pour la santé ou pour la qualité de vie
Une pratique de la médecine active et raisonnable, qui vise à donner toutes les chances de guérison et de mieux-être grâce aux meilleures techniques…

L’euthanasie ou le suicide assisté qui consiste à provoquer intentionnellement la mort – par un acte (injection, administration de substance…) ou par l’absence délibérée des soins indispensables à la vie (alimentation, hydratation…).

Et l’arrêt des traitements disproportionnés (inutilement agressifs), qui relève de la bonne pratique médicale en acceptant l’évolution naturelle de la maladie vers la mort, avec maintien des soins de base…

ET QUE PENSER DE LA SEDATION ?

La sédation consiste à endormir un patient pour supprimer la conscience de la souffrance physique ou psychique. Même en fin de vie, cet acte médical est en principe réversible, avec un dosage tel, que l’objectif n’est jamais de donner la mort.

La « sédation profonde et continue jusqu’au décès », introduite comme un droit par la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016, vise à provoquer « une altération de la conscience maintenue jusqu’au décès, associée à une analgésie et à l’arrêt de l’ensemble des traitements de maintien en vie ». Elle peut être légitime à titre exceptionnel, quand tout autre moyen s’est révélé inopérant pour soulager les souffrances d’une personne en toute fin de vie. Elle est par principe irréversible. Elle devient illégitime si elle est en réalité utilisée dans l’intention de provoquer la mort, notamment par l’injection de doses abusives d’analgésiques associée à l’arrêt d’alimentation et d’hydratation.

Si l’on peut assumer le risque que le décès soit un effet secondaire accepté de la sédation, la mort ne doit en aucune façon être le but visé.

Source : http://directivesanticipees.sosfindevie.org/

 

 

Pas de suicide assisté pour « souffrances intolérables » dans le code de déontologie médicale suisse

26/10/2018

La Fédération des Médecins Suisses (FMH) a rejeté l’élargissement des critères d’accès au suicide assisté. En mai dernier, l’Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) avait publié des nouvelles directives concernant l’accès au suicide assisté. Ces nouvelles directives ont supprimé l’obligation que le patient soit proche de la mort, la remplaçant par un critère de « souffrances intolérables »

D’ordinaire, quand l’ASSM publie de nouvelles directives, la FMH les ajoute systématiquement au code de déontologie médicale. Mais cette fois les médecins ont exprimé leur « malaise »  face à ces directives).

La Fédération, qui compte 40 000 membres, a exprimé hier un refus « très large » des directives, s’opposant notamment au choix du critère de souffrance insupportable, « pas mesurable, pas quantifiable ». La FMH explique que « cette formulation renvoie à une notion juridiquement indéterminée, qui apporte beaucoup d’incertitude pour le corps médical ».  Michel Matter, vice-président de la FMH explique que c’est un vote « en faveur d’une meilleure protection des plus vulnérables ». Selon Bertrand Kiefer, médecin et rédacteur en chef de la Revue médicale suisse, c’est un refus clair de l’assistance au suicide « hors des situations de fin de vie ». Les médecins suisses redoutaient notamment l’« ouverture du suicide assisté pour les patients souffrant de troubles d’ordre psychiatriques, ou aux personnes âgées fatiguées de vivre », craignant que cette nouvelle médecine ne se trouve « en porte-à-faux avec une démarche de prévention ».

Ce refus de la FMH ne freinera sans doute pas les associations d’euthanasie suisses : « Une poignée de médecins continuera à collaborer avec les organisations d'aide au suicide, qui ne suivent pas le code de déontologie et admettent des patients non mourants », explique Bertrand Kiefer.


Source :  genethique.org

 

 

Des médecins appellent à refuser les nouvelles règles de l'aide au suicide, dénonçant une «banalisation» 

Le «parlement» de la FMH se prononce le 25 octobre sur un assouplissement des conditions de l’assistance au suicide. Un appel à refuser les nouvelles directives médico-éthiques pourrait bien être suivi.

par Le Temps, 22/10/2018, extraits

D’ordinaire, lorsque l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM) élabore ses directives médico-éthiques, destinées à aider les professionnels de la santé dans leur pratique, la Fédération des médecins (FMH) les reprend dans son Code de déontologie*. Or, le 25 octobre prochain, la Chambre de la FMH (sorte de parlement de l’institution) pourrait bien rejeter les nouvelles directives de l’ASSM.

La controverse touche à un chapitre «assistance au suicide» des nouvelles directives sur la fin de vie. Jusqu’ici, l’ASSM ne l’admettait que si «la maladie dont souffre le patient permet de considérer que la fin de la vie est proche». Dans les nouvelles directives, l’aide médicale au suicide est élargie aux patients dont la maladie ou les limitations fonctionnelles causent des «souffrances intolérables», que leur issue soit fatale ou non. D’autres conditions subsistent: capacité de discernement, demande répétée et persistante du patient, ou encore échec d’alternatives thérapeutiques.

La direction de la FMH s’est déjà opposée à ces nouveaux principes, qu’elle juge trop flous. Une poignée de professionnels de la santé et éthiciens lui ont depuis emboîté le pas et appellent la Chambre des médecins à dire non le 25 octobre. ...

La crainte d’une «banalisation du suicide»

François Gachoud, écrivain et philosophe de Bulle, estime les directives de l’ASSM «hautement discutables» justement car, selon lui, elles «emboîtent clairement le pas» aux organisations d’aide au suicide et contribuent à une «banalisation du suicide». Dans un texte paru le 17 octobre dans le Bulletin des médecins suisses, il critique le remplacement de critères «objectifs» admis jusqu’ici pour le recours à l’aide au suicide – la fin de vie et une maladie incurable – par le critère, «subjectif», de la seule souffrance du patient. Un changement voué à placer les médecins devant un dilemme: comment définir une «souffrance insupportable»?

«Selon cette logique, n’importe qui peut être candidat à l’aide au suicide: une personne âgée fatiguée de la vie, un adolescent dépressif, voire un enfant. Car l’ASSM précise que ses directives s’appliquent également aux enfants et adolescents de tous âges», ajoute cet ancien enseignant au gymnase.

Malaise

Plusieurs professionnels de la santé ont également fait part de leur malaise, depuis la publication des nouvelles directives de l’ASSM. «Si la FMH valide cette vision, Exit se sentira pousser des ailes. Miser sur l’autonomie d’un patient dans une société qui intègre de moins en moins bien les personnes âgées, c’est dangereux», estime Bertrand Kiefer, rédacteur en chef de la Revue médicale suisse. Dans un article du Bulletin des médecins suisses, il appelait en juillet déjà les professionnels de la santé à dire non aux nouvelles directives de l’ASSM.

«Cette approche pousse le médecin à considérer la demande de suicide médicalement assisté comme une commande – comment oser résister au sacro-saint principe d’autonomie? – et à ne pas la considérer dans toute son ambivalence, avec un œil à la fois critique et fraternel», écrivait l’éthicien, pour qui cette tendance reflète «l’individualisme triomphant du XXIe siècle». Au final, Bertrand Kiefer s’inquiète d’un risque d'«abandon» de «candidats au suicide âgés, vulnérables et s’estimant socialement inutiles».

Risque d’admettre des «fatigués de la vie»

L’article a retenti jusqu’à Zurich, où Bernhard Pestalozzi, du Service d’oncologie de l’Hôpital universitaire, partage ce scepticisme: «On accorde trop de place à la volonté individuelle, au détriment de l’objectivité d’un diagnostic médical. Avec le risque, au final, de laisser les malades livrés à eux-mêmes. Face à la mort, nous devons amener davantage d’humanité, pas plus de solitude.» Que faire face à des malades fragiles, qui pensent que leur vie n’a pas de valeur? s’interroge l’oncologue zurichois: «La dépression est aussi une maladie qui provoque d’intolérables souffrances. Or, elle se soigne.»

Médecin généraliste à Vouvry, François Pilet n’est pas opposé à l’aide au suicide. ... Ce qui dérange le médecin, c’est la définition de la souffrance faite par l’ASSM. Elle inclut, au-delà des symptômes physiques, «les limitations dans le quotidien et dans les relations sociales, les pertes ainsi que les sensations de désespoir et d’inutilité».

«Dans mon cabinet, j’entends tous les jours des personnes âgées dire qu’elles ne devraient plus être là. Leur but n’est pas forcément de mourir. Parfois, c’est une manière d’appeler à l’aide. Si notre société répond au sentiment d’inutilité par l’aide au suicide, alors c’est inacceptable», estime François Pilet. Au final, le médecin valaisan redoute que les nouvelles directives de l’ASSM ne «légitiment l’aide au suicide pour des personnes qui se sentent fatiguées de vivre». Il appelle lui aussi de ses vœux un rejet des nouvelles directives, le 25 octobre, «ne serait-ce que pour qu’on continue à en débattre», dit-il. Même si le recours à l’aide au suicide reste marginal, avec 1,5% des morts non soudaines.

* Une seule fois par le passé, dans les années 1980, les médecins ont refusé d’intégrer de nouvelles directives de l’ASSM liées à la recherche sur l’humain.

Source : letemps.ch

 

 

Euthanasie au Canada : les besoins d’objection des infirmières doivent être pris en compte

17/10/2018

A l’occasion d’interviews menées en vis-à-vis, huit infirmières de l’Ontario ont révélé que les infirmières qui souhaitent pratiquer l’objection de conscience pour des actes de santé qui le justifient éthiquement ne bénéficient pas de soutien concret et ont besoin de protection dans leurs établissements de soins de santé.

Les auteurs de l’étude publiée dans le Journal of Advanced Nursing ont noté que les pratiques de santé étaient devenues éthiquement plus complexes et les infirmières avaient besoin d’adresser leurs cas de conscience pour des soins qu’elles réprouvent éthiquement. Pour les infirmières canadiennes, ce besoin est devenu plus prégnant depuis la légalisation de l’euthanasie : « La situation de l’euthanasie au Canada implique de veiller à la liberté de conscience des infirmières et des professionnels de santé », explique de Dr Christine Lamb qui est l’auteur principale de l’étude, qui ajoute qu’il est « important que les discussions sur la conscience et l’objection de conscience deviennent une pratique courante dans la pratique des soins de santé ».


Source : genethique.org

 

 

Euthanasie : L’Association Médicale Mondiale résiste aux pressions des canadiens et des néerlandais

08/10/2018

Les associations médicales canadiennes et néerlandaises, toutes deux favorables à l’euthanasie, ont tenté en vain de modifier la position de l’Association médicale mondiale sur le sujet. Leur projet de résolution en faveur de l’euthanasie a été retiré faute de soutien lors de la réunion annuelle de l’AMM.

Diverses associations locales ont au contraire montré leur opposition à l’euthanasie : pour le Brésil « si le médecin est préparé non seulement à soigner mais aussi à tuer, l’éthique de la pratique médicale et la confiance du patient envers son médecin seront très malmenées ». Les associations médicales de la région Asie-Pacifique (Australie, Nouvelle Zélande, Japon, Chine) et d’Israël, africaines, allemande ont toutes fait connaitre leur opposition à l’euthanasie.

Source : genethique.org

 

 

Grand âge et autonomie : une priorité pour 2019

02/10/2018, extrait

En juillet 2018, Emmanuel Macron pointait un « nouveau risque social » lié au grand âge et consacrait l’année 2019 « à ce travail ». Un défi majeur puisque d’ici 2050, la France comptera 4,8 millions de personnes âgées de 85 ans et plus soit 3,2 fois plus qu’en 2017. Si on estime à 1,6 million le nombre d’aînés en perte d’autonomie en 2030, ils devraient être 2,45 millions en 2060.  D’un point de vue budgétaire, 1,2 million personnes sont bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie et 30 milliards d’euros, dont 79% de dépenses publiques, sont consacrés à la prise en charge des personnes en pertes d’autonomie.

Face à cette situation, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a lancé le 1er octobre une concertation nationale « grand âge et autonomie ». Elle considère que « nous devons faire en sorte qu’elles vivent plus longtemps en bonne santé et qu’elles soient prises en charge de manière adéquate lorsque vient le temps du grand âge et de la perte d’autonomie », jugeant que « c’est la marque d’une société qui reconnaît ce qu’elle doit aux plus anciens. (…) ». La ministre poursuit : « La vieillesse n’est pas un fardeau ni un naufrage, c’est la manifestation de la vie. Et jusqu’au bout, nous devons faire en sorte que les personnes âgées participent pleinement à la société, exercent leurs droits et choisissent leur lieu de vie ». Des propos auxquels on ne peut que souscrire. Elle ambitionne « de répondre aux attentes des personnes âgées et de leurs familles aujourd’hui mais aussi de préparer l’avenir. Des réformes majeures et des progrès sont déjà en cours qui permettront d’avancer vers une société davantage inclusive et protectrice pour les personnes âgées » et juge que la question ne relève pas seulement des moyens « même si la question des financements à long terme se pose. C’est surtout une question de priorisation et de définition de ce que nous voulons collectivement garantir pour les personnes âgées d’aujourd’hui et de demain ».

Pour Dominique Libault, qui pilote la concertation, il s’agit de « repenser l’offre » destinée aux personnes en perte d’autonomie lié au vieillissement et de « reposer la question de la définition et de l’évaluation de sa qualité » tout en remettant « les personnes âgées et leurs familles au cœur du dispositif en simplifiant leur parcours ». Autant de questions qui invitent à s’interroger sur la place accordée aux personnes âgées dans notre société.

Pour récolter les propositions, une plateforme digitale make.org est en place depuis le 1er octobre et pour 2 mois. Les Français sont invités à « donner des idées en 140 signes, pour proposer des solutions ou des initiatives qui permettraient d'aider les personnes âgées à mieux vieillir ». La  consultation comprendra aussi des ateliers régionaux et des forums en région.

Un rapport « concret et opérationnel » devra être remis début janvier 2019 en vue d’une loi qui doit être votée avant fin 2019.

Source : genethique.org

 

 

PMA pour toutes : le feu vert du Comité d'éthique

par  Agnès Leclair, 25/09/2018

Dangereuse transgression ou nécessaire évolution? Dans son avis très attendu sur la révision de la loi de bioéthique, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) s'est sans surprise prononcé en faveur de l'ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires. «Le monde de la procréation a changé», a déclaré mardi le président du CCNE, Jean-François Delfraissy. Ce feu vert constitue une étape importante du débat car cet avis devrait inspirer le projet de loi du gouvernement, annoncé en novembre, et nourrir le travail des parlementaires. Au-delà du thème phare de la PMA, le CCNE livre également ses réflexions sur de possibles évolutions sur la recherche sur l'embryon ou encore le diagnostic génétique. Il se prononce aussi pour le maintien de l'interdiction de la gestation pour autrui (GPA) et pour un statu quo sur la loi «fin de vie».

Feu vert à la PMA pour toutes

L'impossibilité d'avoir un enfant est «une souffrance» qui «doit être prise en compte», même s'il ne s'agit pas de remédier à une infertilité médicale, estime le comité d'éthique. Dans un avis de 2017, il s'était déjà dit favorable à l'extension de la PMA. Entre-temps, les États généraux de la bioéthique, grande consultation citoyenne organisée début 2018, ont mis au jour «des différences profondes» sur cette question, souligne l'avis du CCNE. Mais ce dernier insiste aussi sur les éléments du débat «partagés par tous» comme «la réalité du désir d'enfant», «la reconnaissance de la diversité actuelle des structures familiales» ou encore «le refus de la marchandisation du corps humain». Faut-il que la Sécurité sociale rembourse la PMA pour toutes? Le CCNE ne tranche pas cette épineuse question. Il se contente de mettre en garde contre une éventuelle pénurie de sperme en raison de nouvelles demandes. Une distinction est également effectuée par l'instance consultative entre la PMA pour les couples de lesbiennes et pour les femmes célibataires. «Des dispositions d'accompagnement des demandes de femmes seules» pourraient être prévues, avance cet avis. «Un accompagnement psychologique et social, précise le psychiatre François Ansermet, membre du CCNE. Le statut de femme seule ajoute à l'absence de père l'absence de couple.» Autre aspect frappant de ce travail, seuls deux membres du CCNE ont exprimé leur désaccord dans une position minoritaire sur le thème de la procréation. En 2017, ils étaient onze à se dire opposés à l'extension de la PMA. «On ne gomme pas les positions minoritaires divergentes. Je n'ai pas changé d'avis. D'autres n'ont pas changé d'avis […], s'est expliqué un des membres de l'instance, Pierre-Henri Duée. Mais à un moment donné, il faut essayer de faire apparaître une certaine cohérence, un assentiment majoritaire.» Interrogé sur la volonté de légiférer sur la PMA pour toutes, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a souhaité «aller jusqu'au bout». «C'est une mesure de justice», a-t-il défendu sur Europe 1. La Manif pour tous a pour sa part dénoncé «un avis plus politique qu'éthique». «Les propositions du CCNE rejoignent toutes celles développées par le bureau de La République en marche, pointe sa présidente, Ludovine de La Rochère. Avec la PMA “sans père”, on déconnecte la PMA d'un motif d'ordre médical. Il s'agit d'un changement du rôle de la médecine, d'une technicisation inutile de la procréation et d'un saut anthropologique qui instrumentalise l'enfant.» L'Association des familles homoparentales (ADFH) a de son côté appelé le gouvernement à légiférer sans délai «pour contrer la libération de la parole homophobe».

Volte-face sur l'autoconservation des ovocytes

En 2017, le CCNE n'était pas favorable à l'autorisation de cette technique de préservation de ses gamètes pour toutes les femmes. Elle avait notamment exprimé des réserves sur les risques médicaux et les risques de pression sociale pour les femmes qui voudraient préserver leur fertilité pour avoir un enfant plus tard. Dans ce nouvel avis, l'instance se montre favorable à l'autoconservation pour celles qui le souhaitent, «sans l'encourager», et après avis médical. Cette autorisation devrait aussi être assortie de limites d'âge minimal et maximal. «Un an après un avis très argumenté, ce revirement remet en cause la légitimité du CCNE», tacle Ludovine de La Rochère. C'est «débat serré» et le CCNE a «tiré des conclusions des États généraux de la bioéthique», a commenté François Ansermet. «Aujourd'hui, une femme peut prélever des ovocytes pour les donner mais pas pour elle-même. Il y a là une contradiction que nous avons été obligés de relever», explique-t-il.

La levée de l'anonymat des donneurs

Le CCNE propose une évolution bioéthique majeure: la possibilité de lever l'anonymat des futurs donneurs de sperme, pour les enfants issus de ces dons. Dans un contexte de diffusion de tests génétiques qui permettent à certains enfants issus d'un don de retrouver leur donneur, défendre l'anonymat «à tout prix» est «un leurre», souligne cet avis. Mais l'instance n'est pas très claire sur les modalités de cette réforme. Les futurs enfants nés d'un don pourraient-ils avoir accès à l'identité de leur donneur seulement en fonction de la volonté de ce dernier, au risque de créer des inégalités entre eux? «Cela doit encore faire l'objet d'un débat», a reconnu François Ansermet. L'association PMAnonyme, qui milite pour l'accès aux origines, a cependant salué un «premier pas important».

Vers la procréation post-mortem

Le CCNE est favorable à l'ouverture de la PMA en post-mortem, c'est-à-dire au transfert in utero d'un embryon cryoconservé après le décès de l'homme, sous réserve d'un accompagnement médical et psychologique de la conjointe. La naissance de l'enfant ne devrait cependant pas «être trop éloignée du décès du père», préconise le CCNE.

Quel est le poids politique de cet avis CCNE?

Cet avis est l'une des étapes de la révision de la loi de bioéthique, un texte qui doit être réexaminé tous les sept ans. Le processus législatif est précédé par des Etats-généraux, une grande consultation citoyenne qui s'est déroulée durant la première partie de l'année 2018. Au menu, des sujets comme la recherche sur l'embryon, l'intelligence artificielle, les examens génétiques ou l'utilisation des données de santé mais aussi la PMA qui s'est imposée comme thème phare du débat. Plusieurs travaux sur les possibles évolutions de la loi doivent également être remis au gouvernement avant la rédaction d'un projet de loi. Aujourd'hui, c'est au tour du Comité Consultatif National d'Éthique.

Depuis le mandat de François Hollande, les travaux de cet organisme ont pris un poids politique croissant. En 2013, confronté à une vive opposition sur le mariage pour tous, le chef de l'État avait en effet annoncé qu'il se rangerait à l'avis du CCNE pour légiférer sur la PMA pour toutes. Retardé à plusieurs reprises, cet avis sur les demandes sociétales de recours à l'assistance médicale à la procréation est finalement sorti en 27 juin 2017. Soit après l'élection d'Emmanuel Macron. Favorable à titre personnel à l'extension de la PMA, le nouveau président a également renvoyé la balle au Comité Consultatif National d'Éthique. Il a indiqué attendre la tenue des Etats-généraux de la bioéthique et l'analyse du CCNE avant que les «décisions» soient «prises». Cet avis devrait donc servir de point d'appui au gouvernement pour préciser les contours de la réforme de la PMA pour toutes. Un projet de loi devrait être rendu public en novembre. Le débat législatif est annoncé pour début 2019.

Source : lefigaro.fr

 

 

Ce qui se passe aujourd'hui avec l'avortement sera passera demain pour l'euthanasie ?

 

Association médicale mondiale: « Nouvelles menaces sur la clause de conscience »

«Déclaration sur l’avortement médicalement prescrit (IMG)»

DÉCLARATION À VENIR DE L’ASSOCIATION MÉDICALE MONDIALE SUR L’IMG :

NOUVELLES MENACES SUR LA CLAUSE DE CONSCIENCE

Grégor Puppinck[1] dévoile la version la plus récente de la « Déclaration sur l’avortement médicalement prescrit (IMG) », qui devrait être votée par les organisations nationales de médecins lors de l’Assemblée Générale de l’Association médicale mondiale (AMM) le 6 octobre 2018 à Reykjavik. Cette organisation internationale de médecins coopère notamment avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Gènéthique : Vous nous aviez alertés en avril (cf. Un projet de « Déclaration sur l’avortement médicalement prescrit » pour limiter l’objection de conscience ?sur la possible adoption par l’Association médicale mondiale (AMM) d’une nouvelle « Déclaration sur l’avortement médicalement prescrit (IMG) » remettant en cause le droit à l’objection de conscience des professionnels de santé. Où en est ce projet ?

Grégor Puppinck : L’AMM regroupe les organisations nationales de médecins et adopte régulièrement des « déclarations », « résolutions » et « prises de position ». Ces textes ne sont pas du droit à proprement parler, mais ils ont une grande influence sur le droit international des droits de l’homme qui s’impose aux États.

Au cours de la session du Conseil de l’AMM fin avril à Riga (Lettonie), les représentants des médecins ont débattu d’une nouvelle Déclaration sur l’interruption médicalisée de grossesse (IMG). Je leur avais envoyé une lettre leur demandant de s’opposer à certains passages de ce texte, qui exigeaient explicitement que les médecins objecteurs pratiquent eux-mêmes des avortements dans certaines circonstances.

Les membres de l’AMM ont modifié la Déclaration en tenant compte de notre argumentation et de celle d’associations amies, principalement américaines. Cependant, si la version actuelle du texte n’inclut plus aucune obligation explicite de pratiquer des avortements, sa formulation imprécise entretient un flou dangereux.

Il fait peser sur les médecins la responsabilité de garantir un accès effectif à l’avortement en demandant aux objecteurs de conscience d’« assurer la continuité des soins médicaux par un collègue ». Cette obligation de renvoi viole l’objection de conscience des médecins, à qui il est demandé de coopérer à une pratique qu’ils réprouvent.

La Déclaration sur l’IMG sera de nouveau discutée à l’occasion de l’Assemblée Générale de l’AMM début octobre à Reykjavik (Islande). Nous pouvons espérer qu’elle ne soit pas adoptée telle quelle. C’est pourquoi, je vais envoyer une deuxième lettre aux organisations nationales de médecins pour leur proposer un texte de substitution.

G : Quels changements proposez-vous ?

GP : La nouvelle Déclaration sur l’IMG doit être modifiée, précisée et complétée.

Dans sa version actuelle, les médecins ont l’obligation d’« effectuer les procédures nécessaires pour sauver la vie de la femme et prévenir de graves atteintes à sa santé ». Comment être sûr que ces « procédures nécessaires » n’incluent pas l’avortement ? Il faudrait le préciser.

Par ailleurs, l’ambigüité dangereuse du terme « santé » doit être levée. L’OMS la définit comme un « état de complet bien-être physique, mental et social », incluant la « santé reproductive ». Invoquer la « santé » de la femme enceinte a permis à de nombreux pays d’ouvrir une première brèche dans l’interdiction de l’avortement. C’est par exemple le cas de l’Irlande, qui a dépénalisé l’avortement en cas de danger pour la « santé » de la mère, incluant son bien-être psychologique : cinq ans plus tard, le droit à la vie de l’enfant à naître a été supprimé de la Constitution de ce pays. Pour cette raison, la Déclaration sur l’IMG doit absolument spécifier qu’elle fait référence à la « santé physique » de la mère, et non à la « santé » en général.

De plus, je souhaite rappeler aux membres de l’AMM que le droit international protège encore fortement l’objection de conscience des médecins. Ce n’est pas le rôle des médecins, mais celui de l’État d’organiser le système de santé afin de rendre accessible l’avortement légal[2]. L’AMM ne doit pas violer ce principe en créant une obligation de renvoi, mais plutôt préserver l’indépendance et la liberté de conscience des médecins.

Le projet de Déclaration sur l’IMG comporte également de graves omissions. En effet, la Déclaration actuellement en vigueur sur l’IMG, adoptée en 2006, précise que « l’AMM demande au médecin de préserver le respect de la vie humaine » et fait référence à l’« enfant à naître »[3]. La nouvelle Déclaration, dans sa formulation actuelle, supprime le principe de respect de la vie et la mention de l’enfant, dont l’élimination est pourtant l’objet-même de l’avortement… Ces omissions, si elles se confirment, révèleraient un changement radical dans la politique éthique de l’AMM depuis sa fondation en 1948.

G : Dans le contexte actuel de libéralisation de l’avortement, vos demandes à l’AMM paraissent être particulièrement exigeantes. Est-ce qu’il y a réellement une chance que cette nouvelle Déclaration sur l’IMG soit modifiée avant son adoption en tenant compte de vos propositions ?

GP : Les attaques contre l’objection de conscience et la vie à naître sont en effet fréquentes. En France, des politiques et journalistes se sont récemment exprimés contre la clause de conscience, après les propos courageux du président du syndicat des gynécologues Bertrand de Rochambeau. À l’ONU, le Comité des droits de l’homme révise actuellement l’interprétation du « droit à la vie » en droit international, afin d’imposer à tous les États la légalisation de l’avortement, du suicide assisté et de l’euthanasie.

L’AMM, en revanche, reste sensible à la défense de l’indépendance des professionnels de santé et de la vie à naître, car c’est sa mission et son histoire. En effet, elle a été fondée en 1947 en réaction aux expérimentations médicales nazies, dans l’« objectif d’assurer l’indépendance des médecins et les plus hautes normes possibles en matière d’éthique et de soins »[4]. Ainsi, elle « a apporté [son soutien] et continue d’assister et d’agir pour le compte des médecins que l’on empêche d’exercer dans un contexte éthique »[5]. De plus, la Déclaration de Genève adoptée par l’Assemblée générale de l’AMM en 1948, présentée comme une version moderne du serment d’Hippocrate, affirmait le devoir des médecins de « maintenir le plus grand respect pour la vie humaine dès la conception ».

En outre, les organisations nationales de médecins, membres de l’AMM, sont souvent réticentes à accepter l’avortement. En France, le Conseil de l’ordre des médecins s’est longtemps opposé à sa dépénalisation sans réserve et à sa banalisation, parfois avec plus de courage que certains prélats. Aujourd’hui, les progrès de l’imagerie médicale ont permis de montrer la réalité de l’avortement, ce qui conduit de plus en plus de médecins à refuser de pratiquer des avortements, se distinguant ainsi de la « génération mai 1968 » partie à la retraite.

Plusieurs organisations nationales de médecins ne soutiennent pas la nouvelle Déclaration sur l’IMG de l’AMM, dans sa formulation actuelle. Selon nos informations, il y aurait un quasi consensus pour ajouter un garde-fou au texte, afin de préciser explicitement que la politique qu’il définit vise à s’appliquer exclusivement à l’IMG et non aux avortements pour « motifs non médicaux ». Cette précision est loin d’être suffisante, mais cela donne quand même de l’espoir !



[1] Prochain livre à paraître : Les droits de l’homme dénaturé, Le Cerf, 2018.

[2] CEDH, R.R. c. Pologne, 27617/04, 26 mai 2011, § 206 and CEDH, P. and S. c. Pologne, 57375/08, 30 octobre 2012, 2012, § 106 : « les Etats sont tenus d’organiser leur système de santé de manière à garantir que l’exercice effectif de la liberté de conscience des professionnels de la santé dans le contexte de leurs fonctions n’empêche pas les patients d’accéder aux services auxquels ils ont droit en vertu de la législation applicable ».

[3] « Déclaration d’Oslo sur l’avortement thérapeutique », octobre 2006, articles 1 et 3.

 

 

Les soins palliatifs sous-financés en Belgique

par Genéthique, 07/09/2018

En Belgique, le financement public des soins palliatifs n’est pas du tout à la hauteur des besoins réels. « Nous sommes subsidiés pour 180 patients, mais nous en suivons environ 400 », déplore Marie-Bernadette Mossay, infirmière au sein de l’ASBL Accompagner Famenne-Ardenne (Afa). L’Afa est une équipe mobile de soins palliatifs à domicile, qui agit dans le sud-est de la Belgique (province du Luxembourg). L’expertise de leurs professionnels de la santé est secondée par des bénévoles formés à l’accompagnement des malades en fin de vie. Pourtant les subventions publiques dont ils bénéficient représente moins de 50 % de leur financement, et l’Afa « fonctionne en grande partie grâce à des dons ».

La province du Luxembourg ne compte que douze lits de soins palliatifs, ce qui est insuffisant pour répondre à toutes les demandes, « alors que la loi prévoit que chaque citoyen se trouvant confronté à une maladie grave a droit aux soins palliatifs ».

L’hôpital de Jolimont, à la Louvière, n’a tout simplement aucun financement public pour ce type de soins, et c’est en puisant dans ses fonds propres qu’il fait fonctionner ses six lits palliatifs afin de permettre un accueil optimal des malades en fin de vie.

« Comment une loi affirmant le droit des patients à bénéficier des soins palliatifs peut-elle être appliquée, si les budgets sont absents ou insuffisants, et dénient ainsi ce droit d’être pris en charge dans une structure adaptée et humaine ? »

Source :  genethique.org

 

 

Royaume-Uni : un pas de plus vers l’euthanasie systématique

par fsspx.news, 30/08/2018

Après un arrêt de la Cour Suprême du 30 juillet 2018 sur l’arrêt des traitements des patients en fin de vie, c’est au tour de la British Médicale Association de formuler des recommandations à l’adresse des médecins généralistes, afin de leur permettre d’interrompre la nutrition et l’hydratation artificielles des patients atteints de maladies dégénératives.

Selon ces propositions préliminaires, les médecins devraient avoir le pouvoir de mettre un terme à la vie non seulement des patients en état végétatif ou pauci-relationnel, mais aussi des patients présentant des comorbidités comme une particulière fragilité ou des troubles neurologiques dégénératifs.

Ces nouvelles propositions couvrent « les patients atteints d’une maladie dégénérative connue, comme la démence avancée, les maladies de Parkinson, de Huntington, ainsi que les patients ayant subi un AVC [accident vasculaire cérébral] et dont les lésions cérébrales progressent ».

Actuellement, on estime qu'environ 850.000 personnes souffrent de démence en Grande-Bretagne, et ce nombre devrait dépasser le million d'ici 2025. L’Eglise catholique maintient que « l’administration de nourriture et d’eau, même par des voies artificielles, est en règle générale un moyen ordinaire et proportionné de maintien de la vie » que l’on doit procurer même aux patients « en état végétatif permanent. » Les œuvres de miséricorde corporelle sont la seule réponse aux marchands de mort et à l’inhumanité de nos sociétés profondément déchristianisées.

Source : fsspx.news

 

 

USA : les vétérinaires qui pratiquent l’euthanasie se suicident en nombre

par Institut Européen de bioéthique, 23/08/2018

Chaque année, près d’1.5 millions d’euthanasies ont lieu aux Etat-Unis. Est-ce que cela expliquerait les dépressions et le taux de suicide chez ceux qui les pratiquent ? Les euthanasies mentionnées ci-dessus sont celles de chiens et de chats. Le mal-être et le suicide, celui des vétérinaires.

Y aurait-il un lien entre ce geste de mort que posent les vétérinaires et leur santé mentale ?

Selon une étude parue en 2013 dans le journal de l’American Association of Suicidology and Life-Threatening Behaviour, " les vétérinaires sont 4 fois plus enclins à se suicider que la moyenne de la population. " Les auteurs de l’étude affirment que, manipulant des substances létales et provoquant la mort des animaux, cela engendre une forme de banalisation de la mort : ils n’en n’ont plus peur. Et s'ils sont un jour en situation de stress ou de dépression, ils passent à l’acte pour eux-mêmes.

Et ce qui se révèle vrai pour les vétérinaires, pourrait-il s’appliquer lorsqu’il s’agit d’un médecin qui provoque la mort d’un de ses patients ? On sait que nombreux sont les médecins qui, ayant provoqué la mort de leur patient en répondant à leur demande d’euthanasie, doivent s’accorder plusieurs jours de repos.

Dès lors, l’euthanasie présentée comme un acte « autonome » et un choix individuel, aurait donc un impact psychologique important non seulement sur le médecin, mais aussi sur toute l’équipe d’infirmières impliquées dans la mise en place de cette euthanasie. 

Source : ieb-eib.org

 

 

En Australie, le Sénat rejette un projet de loi qui devait permettre aux territoires de légiférer sur l'euthanasie volontaire

17/08/2018

En Australie, le projet de loi qui devait permettre aux territoires de  passer leur propres lois concernant l'euthanasie volontaire a été rejeté par 36 voix à 34 après deux jours de débats passionnés au Sénat.

Les sénateurs Anne Ruston (Liberal) et Steve Martin (Nationals) ont finalement voté contre le projet de loi, alors qu’ils s’étaient d'abord prononcés en sa faveur. « Je ne peux pas, en toute conscience, appuyer ce projet de loi qui permettra aux territoires de légiférer dans le domaine de l’euthanasie volontaire, sans m’assurer que des garanties appropriées soient mises en place », a expliqué Anne Ruston au Sénat.

Le projet de loi avait été présenté par le sénateur du Parti libéral démocrate David Leyonhjelm. Il proposait de renverser une loi fédérale supprimant les droits du Territoire de la Capitale Australienne (ACT) et du Territoire du Nord (NT) de légiférer sur l'euthanasie, une loi qui avait été promulguée en 1997 après que le gouvernement NT eut brièvement légalisé l'aide médicale à mourir.

David Leyonhjelm a dit avoir été « profondément frustré » d'entendre des sénateurs s'opposer à son projet de loi « avec la fausse croyance que [la loi] aurait un impact négatif sur l’offre de soins palliatifs proposés aux malades en phase terminale ».

Le sénateur travailliste Pat Dodson, opposé au projet de loi, a déclaré « qu’ouvrir la voie à l'euthanasie et au suicide assisté » rendrait les Australiens autochtones encore plus vulnérables, « alors que nous devrions travailler tous ensemble à créer des lois qui permettent une vie en bonne santé ».

Depuis la défaite du projet de loi, les députés fédéraux travaillistes Andrew Leigh et Luke Gosling, qui ont des points de vue opposés sur l'euthanasie volontaire, travaillent à rédiger un autre projet de loi en vue de permettre aux territoires de faire leurs propres lois.

Source : genethique.org

 

 

Euthanasie et désinformation : la Jacqueline qui veut mourir était vice-présidente de l’ADMD

par le Salon beige, 30/08/2018

Dans une vidéo pour le site Konbini, une femme de 74 ans en pleine santé évoque son souhait de recourir au suicide assisté «parce qu'il faut bien fixer une date», en l'occurrence en janvier 2020. Elle est bien portante, n'a pas de maladie, n'est pas en «fin de vie». Sur un canapé, elle discute avec Hugo Clément, du Petit journal puis du Quotidien. À la fin de l'entretien, elle dit faire un «geste militant». En même temps que cet entretien, Jacqueline apparaît aussi sur un autre site («Brut») et accorde un entretien au Nouvel Obs. Le Point, RTL, 20 minutes… tous reprennent cette «nouvelle».

Or, cette «Jacqueline» fut (ce qui n'est jamais dit) pendant longtemps vice-présidente de l'ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), aux côtés de Jean-Luc Romero : le plus actif lobby militant en faveur de l'euthanasie. Il s'agit donc bien d'une opération de lobbying en faveur du suicide assisté relayée par des médias complaisants. Elle a soutenu sans la moindre réserve le docteur Bonnemaison – celui qui, en 2010 et 2011, a donné la mort à sept vieilles personnes à l'hôpital de Bayonne, par injection de curare, sans concertation avec qui que ce soit et sans répondre le moins du monde à une demande des patients. Elle va même jusqu'à considérer qu'il faudrait pratiquer à grande échelle l'euthanasie dans les EPHAD sans demander l'avis des personnes concernées.

L'ADMD met en scène régulièrement des cas particuliers. L'année dernière, il s'agissait de l'«affaire Anne Bert». Maintenant c'est l'affaire «Jacqueline Jencquel». De nombreux journalistes sont à la fois juges et parties. Par exemple, les deux parrains de «l'opération ADMD Tour 2018» qui a fait la promotion de l'euthanasie cet été, étaient Wendy Bouchard (Europe 1) et Olivier Minne (France Télévision). Quand l'ADMD parle, tous les médias relaient sa propagande. Quand la SFAP (Société française d'accompagnement et de soins palliatifs) qui représente presque toutes les associations et tous les professionnels de la fin de vie en France, se prononce, peu de médias reprennent ce qu'elle dit. Il y a là une situation qui devrait attirer l'attention du CSA.

Source : lesalonbeige.fr

 

 

Europe: « La conscience bafouée des pharmaciens français »

Enquête de l’ECLJ sur l’ampleur du phénomène des «pharmaciens objecteurs» en France

Le pharmacien Bruno Pichon a été condamné en 2016 à une interdiction provisoire d’exercer pour avoir refusé de vendre un stérilet, en raison de son effet potentiellement abortif[1]. Il a ensuite dû quitter sa profession. Avec le soutien de l’ECLJ, Bruno Pichon vient de saisir la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour faire respecter sa liberté de conscience (art. 9).

Les pharmaciens sont en première ligne dans la délivrance de produits abortifs, et demain peut-être euthanasiques. Pourtant, leur droit à l’objection de conscience n’est pas explicitement reconnu par la législation française, contrairement aux autres professions médicales. Cette injustice a un impact sur la vie quotidienne de nombreux pharmaciens, qui se refusent à agir contre leur conscience morale.

L’ECLJ a enquêté afin de mesurer l’ampleur du phénomène des « pharmaciens objecteurs » en France et a constaté que le cas de Bruno Pichon est loin d’être isolé. Notre vidéo « La conscience bafouée des pharmaciens français » présente huit témoignages de pharmaciens ayant eux-aussi souffert de la violation de leur liberté de conscience. Par la « constante fidélité à [leur] conscience maintenue dans la rectitude et la vérité », ces pharmaciens ont parfois dû faire preuve d’ « héroïsme »[2].

Élodie a ainsi expliqué : « la pilule du lendemain empêche la nidation et je ne peux pas empêcher ce petit être de vivre (…), en conscience, je ne peux pas ». Comme elle, ses amies d’université qui ne voulaient pas vendre la pilule du lendemain ou le stérilet se sont rendues compte qu’« en pratique, ce n’est pas possible ». Elles ont été contraintes d’abandonner l’exercice de leur profession ou ont été licenciées.

Afin de remédier à cette situation, 85 % des pharmaciens on exprimé le souhait qu’une clause de conscience soit introduite dans leur code de déontologie[3]. Le gouvernement socialiste s’y était vivement opposé, par peur d’une remise en cause du « droit » à l’avortement et à la contraception. Josiane, pharmacien, considère que cela revient à dire avec mépris : « vous êtes là juste pour vendre les boîtes, vous vous taisez et vous faites ce que l’on vous dit ».

Dans notre enquête, Bruno Pichon explique sa démarche de requête à la CEDH : « je pense surtout aux jeunes confrères qui sont obligés de quitter ce métier qu’ils ont choisi, à tous ceux qui sont en exercice, qui voudraient exercer leur métier de façon conforme à leurs convictions et à qui l’on refuse ce droit ». La Cour va décider dans les prochains mois si elle accepte de juger cette affaire. Le cas échéant, son jugement n’interviendra que dans quelques années : le combat de l’ECLJ pour la liberté de conscience est donc de longue haleine.

La CEDH pourrait in fine donner raison à Bruno Pichon et condamner la France, conformément à  sa jurisprudence. La Cour affirmait en effet en 2011 qu’il appartient aux États de « garantir […] l’exercice effectif de la liberté de conscience des professionnels de la santé »[4]. Des résolutions de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe ont confirmé « le droit à l’objection de conscience dans le cadre des soins médicaux légaux ».

Lire l’étude de Grégor Puppinck sur l’objection de conscience et les droits de l’homme (CNRS, 2016).

Protéger la liberté de conscience des professions médicales, en particulier des pharmaciens, implique de garantir leur droit de ne pas participer à une action susceptible de porter atteinte à la vie humaine. Pour l’ECLJ, une telle clause de conscience est aussi indispensable à la cohérence des sociétés libérales. En effet, la liberté accordée aux individus à l’égard de pratiques moralement débattues doit avoir pour contrepartie équitable le droit de ne pas être contraint de concourir à ces pratiques.


1. Le stérilet, tout comme la pilule du lendemain, est contragestif, c’est-à-dire qu’il empêche la nidation de tout embryon déjà conçu. Autrement dit, il peut aboutir à la destruction d’un être humain au stade embryonnaire, évacué avec les saignements.
2. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, « Déclaration Quaestio de abortu sur l’avortement provoqué », 18 novembre 1974.
3. Voir la consultation organisée en 2016 par l’Ordre national des pharmaciens.
4. CEDH, R. R c. Pologne, n°27617/04, 26 mai 2011, §206.

5. Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, « Le droit à l’objection de conscience dans le cadre des soins médicaux légaux », Résolution 1763, 7 octobre 2010 : « Nul hôpital, établissement ou personne ne peut faire l’objet de pressions, être tenu responsable ou subir des discriminations d’aucune sorte pour son refus de réaliser, d’accueillir ou d’assister un avortement, une fausse couche provoquée ou une euthanasie, ou de s’y soumettre, ni pour son refus d’accomplir toute intervention visant à provoquer la mort d’un fœtus ou d’un embryon humain, quelles qu’en soient les raisons ».

Source : zenit.org

 

 

Des bénévoles accompagnent des personnes en fin de vie dans le Puy-de-Dôme

Depuis un an et demi, les bénévoles d'une association puydômoise se rendent auprès des personnes en fin de vie, dans les Ehpad ou à domicile, comme garants du lien social. Mais les obligations juridiques de ce dispositif sont difficiles à tenir pour l'association en manque de moyens financiers.

Tout passe par une écoute, un dialogue ou simplement par une présence silencieuse. Assez pour redonner « une identité, une part d’humanité » aux personnes en soins palliatifs ou en fin de vie. Cet engagement, c’est celui de bénévoles comme Cathy Yardin. Cette dernière est la présidente de l’ACFA (Auvergne Clermont-Ferrand accompagnements), une association laïque créée en décembre 2016 dans le Puy-de-Dôme et qui fait partie de l’Union nationale des associations pour le développement des soins palliatifs.

Des bénévoles formés en amont

Depuis, une dizaine de bénévoles se relaye une fois par semaine dans des établissements autour de Clermont-Ferrand, dans des Ehpad, à domicile ou à l’hôpital pour accompagner les personnes en fin de vie. Un choix qu’a fait Cathy après avoir vécu cette situation avec des proches.

« La mort, personne ne veut en parler. Pourtant, c’est la réalité du quotidien. Les mentalités doivent évoluer, on doit considérer ces personnes jusqu’au bout »

Cathy Yardin (Présidente de l'ACFA)

Pour intervenir auprès de ces personnes, sans jamais se substituer à l’équipe médicale, il faut avant tout remplir des conditions draconiennes imposées par une loi de 1999 qui encadre ce dispositif. « Chaque bénévole doit être formé environ six jours puis en formation continue et respecter une confidentialité totale. Il faut avoir conscience que l’on va être confronté à des choses dures », confie la présidente de l’ACFA.

« Leur sourire, c’est ma récompense »

Autre obligation, un groupe de parole en présence de tous les bénévoles organisé une fois par mois avec une psychologue, qui entraîne des coûts importants pour l’association. « Aujourd’hui, nous avons la psychologue qui nous suit mais nous n’avons pas les moyens de financer ses honoraires… Si nous ne trouvons pas l’argent, l’association disparaîtra », alerte Cathy Yardin, qui a lancé une campagne Ulule jusqu’à fin juillet pour récolter 1.700 euros. L’ACFA recherche aussi des bénévoles pour pouvoir élargir sa zone d’action et accompagner des personnes en milieu rural.

Mais malgré ces obligations juridiques et la difficulté de l’exercice, Cathy Yardin n’abandonnerait pour rien au monde ce travail de bénévole. « Si un jour je suis dans un lit, j’aimerais qu’il y ait une présence à mes côtés. Ces gens qui me disent “vous m’aidez à vivre” et m’offrent un sourire en prime, c’est la plus belle des récompenses. »

Infos au 06.09.28.49.29 ou sur acfa63.net. Pour aider l’association, il existe une campagne de financement participatif sur Ulule : http://fr.ulule.com/acfa-accompagnement/

Source : lamontagne.fr

 

 

La chaleur accable les patients en fin de vie

par TVA Nouvelles

Déjà très affaiblis par la maladie, les 16 personnes qui sont en fin de vie à l’unité des soins palliatifs du Pavillon Rosemont ont extrêmement de difficulté à composer avec la canicule qui s’abat sur elles.

Sur l’heure du midi au moment où est passé TVA Nouvelles, le thermomètre affichait 32,6 degrés Celsius dans les corridors de l’établissement de santé montréalais. Les malades n’ont pas la climatisation.

 «C’est un vieux bâtiment qui date de 1842, la capacité électrique n’est pas au rendez-vous. Il faut des investissements importants. On a fait des tests pour installer quelques climatiseurs, mais on ne pourrait pas en installer plusieurs», explique Claude Riendeau, directeur du programme soutien à l’autonomie des personnes âgées pour le Pavillon Rosemont.

TVA Nouvelles a rencontré quelques malades afin de savoir comment ils parvenaient à vivre avec la chaleur.

 «C’est épouvantable», a dit un homme de sa faible voix à la caméra. «Je prends ma douche trois fois par jour pour me rafraîchir et j’en fais le moins possible. Je reste le plus possible assise», a déclaré une malade. «Ce matin, je prenais mon déjeuner et je me suis presque évanouie», a ajouté une autre patiente.

Jusqu'à maintenant, la canicule a fait 33 victimes au Québec.

Source : tvanouvelles.ca

 

Etat « végétatif » : un patient sur cinq serait en réalité conscient

, 28/06/2018

Le philosophe Andrew Peterson a gagné le prestigieux prix de bioéthique de la Fondation Greenwall[1], qui lui octroie le titre de chercheur à la Faculté de Greenwall (New York) pendant trois ans. Il a choisi d’orienter ses travaux de recherche sur le délicat sujet de l’état de conscience des patients ayant subi des lésions cérébrales graves. Il explique que dans la plupart des cas, la famille est convaincue que le patient est conscient. Or avec l’avancée des techniques médicales, les neuroscientifiques sont aujourd’hui capables de vérifier si c’est le cas ou non, voire de communiquer avec certains d’entre eux. Les médecins estimeraient que « jusqu’à un patient sur cinq qui semble en état végétatif pourrait être conscient ».

Les techniques d’imagerie médicale telles que l’IRM[2] et l’EEG[3] peuvent fournir un aperçu de l’activité cérébrale même lorsque le patient ne manifeste aucun signe de conscience. Les médecins peuvent, par exemple, demander à un patient d’imaginer une activité ou une scène, puis déterminer si le patient a obéi aux instructions grâce aux données de neuro-imagerie. Ces techniques visent à « aider à déterminer les étapes possibles du rétablissement ou à améliorer les décisions en matière de soins de santé ».

Andrew Peterson travaille avec ces chercheurs pour les aider à considérer les « nombreuses questions éthiques, juridiques et politiques auxquelles il faut répondre avant d'introduire ces méthodes de neuro-imagerie dans les hôpitaux ». Ces patients souffrent-ils ? Que pensent les familles de ces nouvelles techniques ? Eclaireront-elles les problématiques de fin de vie ? « En soulevant ces questions, les philosophes peuvent modestement contribuer à l'effort d'amener ces méthodes de neuro-imagerie à la clinique », a déclaré Andrew Peterson. « Cela pourrait avoir un impact durable et bénéfique pour ces patients, leurs familles et les professionnels de la santé qui s'occupent d’eux. »


[1] La Fondation Greenwall a été créée en 1949 par le philanthrope Frank K. Greenwall. En 1991, la fondation a adopté la mission de financement de la recherche multidisciplinaire en bioéthique et elle est désormais leader mondial dans le développement de programmes innovants de recherche en bioéthique.
Le premier programme de la fondation, le Greenwall Faculty Scholars, vise à promouvoir « la recherche qui va au-delà du travail actuel en bioéthique pour aider à résoudre les problèmes éthiques pressants dans les soins cliniques, la recherche biomédicale et les politiques publiques ». Les questions de politique découlant du diagnostic de lésions cérébrales graves complètent les objectifs de ce programme et la mission globale de la fondation de produire des recherches en bioéthique (https://philosophy.gmu.edu/articles/11952).

[2] Imagerie par résonnance magnétique.

[3] Électroencéphalographie.

Source : genethique.org

 

Royan : elle était dans un état végétatif, elle peut désormais réaliser un exploit

par Ronan Chérel, 20/06/2018

Jeudi matin, Marie Begey, 25 ans, nagera environ 2 kilomètres le long de la plage de la Grande Conche, à Royan. Déjà une prouesse en soi que tout un chacun est invité à venir soutenir, à 10 heures, au départ du poste de secours du Mirado. Pour Marie, on peut parler d’Everest. Lorsque Marie-Christine Burklé, neuroplasticienne, a fait la connaissance de Marie, en mars 2006, l’adolescente originaire de Villars-les-Bois ne parlait pas et ne marchait pas. Elle vivait « emprisonnée dans son corps », tente de définir Cyrille Burklé, praticien en physique quantique appliquée à la thérapie.

Marie souffre d’un « syndrome pyramidal ». Sans plus d’explications sur son état quasi « végétatif », comme le décrit Cyrille Burklé, ses parents se sont longtemps résolus à voir leur fille grandir dans un fauteuil, à ne pas pouvoir communiquer avec eux. Jusqu’à faire connaissance avec Marie-Christine.

Dès Noël 2006, Marie a prononcé ses premiers mots : “Joyeux Noël, bonne année, papa, maman.” Évidemment ses parents ont fondu en larmes

Puis Cyrille Burklé, à son tour, a ajouté ses méthodes à la prise en charge de Marie Begey. D’un état autrefois « végétatif », littéralement, Marie est passée à celui d’une jeune femme qui s’exprime, « se tient debout, marche dans l’eau » même, et vise la marche tout court, désormais. Elle-même, assure son thérapeute, se sent proche de ce moment. « Elle marche déjà dans l’eau. » Ne reste donc encore que quelques « pas » à franchir mais Cyrille Burklé est confiant : « Marie a le mental d’une battante. »

Jeudi matin, le défi qu’elle relèvera, Cyrille Burklé veut qu’il dépasse le seul cas de Marie, « que le statut d’exemple, d’ailleurs, aide dans son développement ». Un développement qui, espèrent aussi bien Marie que ses thérapeutes, la conduira à marcher. Mais aussi à réaliser son rêve : nager un jour avec les dauphins.

Source : sudouest.fr

 

Révision de la loi de bioéthique. Le comité d’éthique ne se prononcera pas sur l’euthanasie

Le Comité consultatif national d’éthique doit rendre un avis à la rentrée 2018-2019, relatif à la prochaine révision de la loi de bioéthique mais ne se prononcera pas sur l’euthanasie a indiqué ce mardi la ministre de la Santé.

Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) ne va rien dire sur l’euthanasie dans ses prises de position attendues en septembre en vue de la prochaine révision de la loi de bioéthique, a indiqué mardi la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Le CCNE, qui coordonne les États généraux de la bioéthique ouverts en janvier, doit rendre un avis à la rentrée, qui tiendra compte des débats organisés jusqu’à fin avril.

Interrogée à l’Assemblée nationale sur le « périmètre » du projet de loi bioéthique, Mme Buzyn a dit attendre « un avis officiel du Conseil consultatif national d’éthique, début septembre, qui portera sur les cinq thèmes prévus : la procréation, la génétique, les big data et l’intelligence artificielle, les greffes et les neurosciences ».

Le gouvernement avait auparavant indiqué que la « fin de vie », l’un des thèmes qui ont le plus mobilisé lors des débats citoyens, ne serait pas dans son projet de loi de bioéthique. Un projet de loi qui doit être déposé à l’automne au Parlement en vue d’une adoption au premier semestre 2019.

Si le sujet de la fin de vie a été discuté, il ne relève pas de la dernière loi de bioéthique de 2011, qui doit être révisée, mais d’une autre loi, dite Claeys-Léonetti, de 2016. ...

Source : ouest-france.fr

 

Le Parlement du Portugal rejette l’euthanasie

Gènéthique, 30/05/2018

La proposition de loi visant à autoriser l’euthanasie au Portugal a été rejetée mardi soir à 110 voix ‘pour’, 115 voix ‘contre’, et seulement 4 abstentions. Le vote a eu lieu après un « débat houleux ».

Le projet de loi, rédigé par les socialistes au pouvoir, envisageait « la légalisation de l'aide médicale à mourir sur la base d'une demande éclairée de patients souffrant d'une maladie grave et incurable, sans amélioration prévisible, en phase terminale, ou souffrant d'une lésion très invalidante ». Les partisans, bloc des Gauches, socio-démocrates, « ont déclaré que la lutte ne faisait que commencer », et ils se sont réjouis de ce que la question soit désormais « fermement inscrite au programme politique ».

L’Association des Médecins Portugais s’est opposée au projet de loi, « affirmant que cela violait les principes clés de la profession médicale ». Dans la journée, des centaines de personnes de tous les âges ont manifesté devant le Parlement en scandant « Oui à la vie, non à l'euthanasie », avec des pancartes : « nous demandons des soins palliatifs pour TOUS »  et « l'euthanasie n’est qu’un moyen de maltraitance des personnes âgées ».

Source : genethique.org

 

 

Rapport du CCNE sur les Etats Généraux de la bioéthique : vers quelle loi ?

06/06/2018

Le CCNE publiait le 5 juin son rapport de synthèse sur les débats qui ont eu lieu dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique qui s’est tenue du 18 janvier au 30 avril dernier. Ce n’est pas un avis du CCNE est-il précisé mais « la restitution synthétique de ce qui a été entendu et lu au cours de cette consultation ».

Beaucoup de bruit pour rien ?

Le professeur Jean-François Delfraissy, Président du CCNE, précise que le contenu de ce rapport « n’est pas la vision des français mais celle de ceux qui ont participé aux Etats généraux », qu’elle n’est pas « représentative » des opinions. Pourquoi ? L’importance de la participation, de la mobilisation, dont se félicite le Comité, ne serait pas l’écho de la société française sous prétexte qu’elle aurait été portée par des ‘militants’ qui défendent leur cause ? Quel discrédit porté sur l’engagement massif des français ! Dans cette mesure, fallait-il lancer une telle entreprise pour ensuite se charger de la dénigrer ? Malgré les options et les flous (cf. Loi de bioéthique : l'objectivité du rapport du CCNE en question), les résultats sont-ils trop éloignés de ceux qui étaient escomptés ? Remettent-ils finalement en cause les pré-projets de la loi qui doit être déposée à l’automne au Parlement pour être discutée ?

Il est par ailleurs fort dommage que les arguments qui ne faisaient pas l’unanimité aient finalement été proposés comme étant équivalents, ayant pesés de la même façon dans les débats. Pourtant, certains ont pu largement rassembler et dans des directions opposées à celle véhiculées par une « culture du sondage », où seuls un petit millier de personnes soigneusement triées est chargé de se prononcer au nom de tous les citoyens.

Jean-François Delfraissy souligne des valeurs consensuelles d’une « éthique à la française » basée sur le respect de l’autonomie et sur la non marchandisation du corps qui ont émergé des débats. Il est probable cependant que ces « valeurs » recouvrent des réalités équivalentes selon les personnes interrogées.

Au long des débats, le droit a été interpellé, explique Karine Lefeuvre, professeur à l’EHESP, et membre du CCNE : jusqu’où doit-il s’adapter aux nouvelles technologies ? Aux découvertes scientifiques ? Parallèlement, les principes fondamentaux des libertés individuelles posent la question des droits et de leurs limites.

Quel statut pour l’embryon ?

Parmi les sujets évoqués, se trouve la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires. Le rapport note que « les positions exprimées restent très opposées, aussi bien sur le site web que lors des auditions des associations ou des courants de pensée ». C’est « le principe même de l’autorisation de ces recherches » qui a été discuté, « alors que les scientifiques et les sociétés savantes ont souligné les avancées scientifiques pouvant susciter des propositions d’évolution de la loi ». Ces scientifiques souhaitent en effet distinguer « la recherche sur l’embryon et la recherche sur les cellules souches embryonnaires, en particulier sur les lignées cellulaires ».

Mais « la question centrale est le statut que l’on donne à l’embryon : si l’embryon peut être qualifié d’être humain dès la fécondation, sa destruction n’est pas envisageable, serait-ce pour une recherche ayant une finalité médicale susceptible d’entraîner un bénéfice thérapeutique ». Dans ce domaine qui appartient traditionnellement au périmètre des lois de bioéthique, la question de la destruction des embryons reste la première question éthique.

Pour le moins, la nécessité d’un encadrement législatif de ces recherches « qui portent sur un matériel humain dont tous reconnaissent le caractère unique et très sensible » est reconnue. En effet, « ces avancées technologiques pourraient amener un certain nombre de dérives : transhumanisme, eugénisme, création d’embryons à partir de gamètes et d’embryons chimériques, différenciation en gamètes des cellules souches, ‘clonage’reproductif ». Sur tous ces points, la loi doit poser des limites à ne pas franchir.

Un pas de plus vers des pratiques eugéniques ?

Sur la question des examens génétiques et de médecine génomique, des experts souhaitent « l’élargissement de certains diagnostics génétiques, tels que le diagnostic pré-implantatoire étendu aux aneuploïdies[1] ; l’accès aux caractéristiques génétiques en post mortem » (cf. Sénat : Faut-il autoriser les examens génétiques sur personnes décédées ? ) ou proposent « de lancer une étude expérimentale pilotée à grande échelle concernant le dépistage pré-conceptionnel » dans l’idée de l’autoriser en population générale, c’est-à-dire de la rendre accessible à tous. Un pas de plus vers un eugénisme « démocratique » et assumé. Une question qui aussi été abordée lors de ces états généraux par les citoyens.

PMA : des enjeux multiples

L’ouverture de la PMA aux couples de femmes ou aux femmes célibataires est loin de faire l’unanimité. Si certaines la revendiquent au nom d’un principe d’égalité, cette ouverture se heurte très directement aux droits de l’enfant (cf. Procréation médicalement assistée : le bien et les droits de l’enfant au regard de l’expérience) : le droit à l’enfant est en effet à l’exact opposé des droits de l’enfant. Le législateur se permettra-t-il une nouvelle injustice ?

D’autres questions ont été évoquées comme celle de la levée de l’anonymat des donneurs de gamètes. Mais si chacun s’accorde à dire que l’histoire de la conception ne doit pas être cachée, et sur la distinction existante entre un donneur et un « père », les oppositions restent sensibles entre « la possibilité d’une information non identifiante et le dévoilement de l’identité du donneur ». Les professionnels de santé, de leur côté, se prononcent pour l’autorisation de l’autoconservation des ovocytes, malgré les risques pour la santé des femmes, les questions de faisabilité et de prise en charge, et la promotion du don de gamètes.

La fin de vie : pas de consensus au-delà du « socle dur »

Enfin, concernant la fin de vie, Jean-François Delfraissy note l’existence d’un « socle dur » de quatre dimensions très largement partagées : la fin de vie doit être améliorée en France, elle touche essentiellement des personnes du quatrième âge, les soins palliatifs sont actuellement insuffisamment déployés en France et manquent de moyens pour arriver à une égalité d’accès, et la loi Claeys Leonetti est insuffisamment prise en compte. Mais il n’y a pas de consensus sur le suicide assisté et l’euthanasie. Et l’opposition à ces pratiques est largement le fait des professionnels de santé et des sociétés savantes.

D’autres thématiques ont été abordées. Généralement, si l’affirmation de la liberté et de l’autonomie se retrouvent souvent, elle s’accompagne aussi de la prise en compte des plus vulnérables. Un vœu pieu pour justifier toutes les dérives et toutes les transgressions ?

A la rentrée, le Comité Consultatif national d’éthique remettra son avis sur la loi de bioéthique. Il doit précéder de peu le projet de loi qui sera remis au Parlement à l’automne. Que restera-t-il de la consultation citoyenne des Etats généraux dans les propositions de l’institution ? C’est bien là toute la question.

[1] Le terme aneuploïdie désigne l'état d'une cellule, ou d'un individu, comportant un lot de chromosomes se caractérisant par la présence, ou la perte d'un ou de plusieurs chromosomes entiers par rapport au lot normal de chromosomes de l'organisme. Parmi les aneuploïdies les plus courantes se trouvent les trisomies 13, 18 et 21.

Source : genethique.org

 

 

OMS : Mgr Jurkovic plaide pour la couverture de santé universelle

Mgr Ivan Jurkovic, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Organisation des Nations Unies et d’autres organisations internationales à Genève, est intervenu à la 71e Assemblée mondiale de la Santé, à Genève, le 23 mai 2018.

Discours de Mgr Ivan Jurkovic

Monsieur le Président,

  1. La délégation du Saint-Siège souhaite remercier le Directeur général et le Secrétariat pour avoir maintenu une attention de premier plan sur la couverture sanitaire universelle et pour la maintenir en tête des priorités de l’Organisation mondiale de la santé. Au cours des dernières décennies, les États et les acteurs non étatiques ont fait de grands progrès vers la réalisation de cet objectif ; néanmoins, nous sommes encore loin du résultat escompté, car pour de nombreuses communautés, familles et individus pauvres, l’accès aux services de soins de santé indispensables reste un objectif non atteint. Nous sommes tous impressionnés par le fait inquiétant que la moitié de la population mondiale n’est toujours pas en mesure d’obtenir de nombreux services de santé essentiels. En même temps, des centaines de millions de personnes sont poussées dans l’extrême pauvreté, parce qu’elles doivent payer les services de santé entièrement à partir de leurs maigres ressources. (1) Puisque tout le monde devrait pouvoir bénéficier des services de santé nécessaires sans sombrer dans la pauvreté, la vertu de la solidarité nous exhorte à travailler vers cet objectif.

L’expérience a montré que les progrès en matière de couverture sanitaire universelle exigent une volonté politique forte et un engagement à prendre des mesures concrètes pour améliorer la santé de tous. Alors que les pays peuvent toujours compter sur l’appui technique et les conseils de l’Organisation mondiale de la santé, le renforcement de la couverture sanitaire universelle dans chaque pays nécessitera à la fois le renforcement des systèmes de santé et l’abandon des approches axées sur les maladies et les institutions en direction de services de santé qui placent la personne fermement au centre. De plus, les pays doivent s’engager de manière fructueuse avec le secteur privé, dont la contribution à cette couverture sanitaire universelle est cruciale. Les institutions confessionnelles constituent une partie importante de ce secteur privé et, dans de nombreux pays, elles sont les principaux partenaires de l’État dans la prestation de services de santé à travers le pays, notamment par leur vaste réseau d’établissements de santé dans des zones très reculées et inaccessibles.

  1. Monsieur le Président, nos efforts pour promouvoir la santé pour tous doivent tenir compte du lien essentiel entre l’environnement et la santé, qui implique également la gestion des déterminants environnementaux de la santé. Ma délégation souhaite remercier le Directeur général pour les rapports sur la santé, l’environnement et les changements climatiques (A71 / 10, A71 / 11 et A71 / 10 Add.1), qui mettent en évidence de nombreux risques environnementaux croissants et présentent une feuille de route pour un meilleure réponse globale aux effets néfastes de la pollution de l’air sur la santé. Actuellement, les changements environnementaux et les phénomènes météorologiques extrêmes se produisent à un rythme sans précédent. De nombreux pays ayant des populations vulnérables sont confrontés au lourd fardeau des maladies transmissibles et non transmissibles. Comme l’indique le rapport, « les facteurs de risque environnementaux évitables causent au moins 13 millions de décès chaque année et représentent environ un quart du fardeau mondial de la maladie. La pollution de l’air cause à elle seule environ 6,5 millions de décès par an, soit un sur huit de tous les décès, ce qui la place parmi les principaux risques mondiaux pour la santé » (A71 / 10, n.2).

Monsieur le Président, dans sa lettre encyclique Laudato si’, sur le souci de notre maison commune, le pape François souligne que « le défi urgent de protéger notre maison commune comprend le souci de rassembler toute la famille humaine pour rechercher un développement durable et  intégral, car nous savons que les choses peuvent changer… L’humanité a toujours la capacité de travailler ensemble pour construire notre maison commune… Nous avons besoin d’une conversation qui inclut tout le monde, puisque le défi environnemental que nous subissons et ses racines humaines, nous concerne et nous affecte tous… En effet, les talents et l’implication de chacun sont nécessaires pour réparer les dommages causés par les abus humains sur la création de Dieu » (Laudato si’, nn.13-14) (3). Nous accueillons donc la feuille de route pour une réponse globale améliorée aux effets de la pollution de l’air sur la santé (A71 / 10 Add.1) comme un pas dans la bonne direction.

Merci, Monsieur le Président.

  1. http://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/universal-health-coverage-(uhc). Les données les plus récentes de 117 pays montrent qu’en moyenne 9,3% des habitants de chaque pays dépensent plus de 10% du budget de leur ménage pour les soins de santé, un niveau de dépenses susceptible d’exposer un ménage à des difficultés financières. Cf. OMS, Statistiques sanitaires mondiales 2017 : suivi de la santé pour les ODD, Objectifs de développement durable, p.12.
  2. La progression de la couverture sanitaire universelle nécessitera à son tour un renforcement des systèmes de santé pour fournir des services efficaces et abordables afin de prévenir les problèmes de santé et de fournir des services de promotion de la santé, de prévention, de traitement, de réadaptation et de soins palliatifs.
  3. Le pape François, dans Laudato si’, met en garde contre les dangers pour la santé dus à la pollution et aux graves conséquences du changement climatique. Il appelle donc à un développement de solutions globales aux problèmes de notre maison commune à travers un dialogue fructueux, cf. Laudato si’ nn. 20-61.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

 

 

Les larmes d'une maman d'enfant handicapé du Pas-de-Calais bouleversent les internautes

par Cécile Bidault, 25/05/2018

Sa vidéo a été vue deux millions de fois en moins de 48 heures sur les réseaux sociaux. Une habitante de Bully-les-Mines explique que son fils de 6 ans, qui souffre d'une sévère épilepsie, a été déscolarisé après une crise plus importante. La direction de l'institut répond, et cherche des solutions.

Les larmes d'une habitante de Bully-les-mines, dans le Pas-de-Calais, bouleversent les internautes. Coralie Cambelin a posté ce jeudi une vidéo, sur Facebook, où elle raconte l'histoire de son fils, Oscar, 6 ans.

Il est épileptique sévère, scolarisé à l'Institut d'éducation motrice (IEM) Sévigné à Béthune. Après une crise plus importante que les autres, la semaine dernière, la direction de l'établissement a décidé de ne plus l'accueillir comme avant. Seulement un jour par semaine.

La vidéo, où cette mère dénonce la situation, a été vue deux millions de fois en moins de 48 heures.

La direction cherche des solutions

La direction de l'Institut d'éducation motrice de Béthune a reçu la famille, jeudi puis vendredi matin. Elle a demandé du renfort à l'Agence régionale de santé (ARS) et à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), pour accueillir Oscar plus d'une journée par semaine. En attendant une solution durable dans un autre établissement, où sa demande est en attente depuis un an.

Marc Witczak, le directeur du pôle IEM Artois, qui gère l'institut de Béthune, se dit "tout à fait avec la famille, pour trouver la meilleure solution possible dans cette attente d'un établissement plus adapté. Mais il faut aussi savoir que nous avons fait une proposition pour qu'Oscar soit accueilli à l'IEM de Liévin, qui a un plus grand encadrement médical. Les parents ont refusé cette solution. Je respecte le choix de la famille".

Ce vendredi, Oscar a pu se rendre à l'institut.

Source : francebleu.fr

 

 

Pas de loi sur le suicide assisté à Guernesey

par Gènéthique, 22/05/2018

Après trois jours de débats, le Parlement de Guernesey a refusé de légaliser le suicide assisté. Les membres du Parlement ont voté contre la requête introduite par le premier ministre, Gavin St Pier à 24 voix contre et 14 pour (cf. Guernesey : Vers l'autorisation du suicide assisté ?). Un comité gouvernemental clé a refusé de soutenir la proposition, estimant que ce n'était pas une priorité et que les enquêtes allaient épuiser les ressources.

La loi, établie sur le modèle de celle de l’Oregon aux Etats-Unis, devait restreindre l’euthanasie aux personnes souffrant de maladie en stade terminal ayant moins de six mois à vivre et disposant de toutes leurs capacités mentales. Les résidents d’autres parties du Royaume-Uni n’auraient pas été autorisés à voyager pour « tourisme de fin de vie ».

Source : genethique.org

 

 

Suicide assisté : la Californie doit faire machine arrière

La loi sur le suicide médicalement assisté en Californie vient d’être annulée par un magistrat de la Cour Supérieure du Comté de Riverside. L'End of Life Option Act, voté en 2015, autorisait le suicide assisté pour les patients en phase terminale, s’il leur restait moins de six mois à vivre[1].

Le Magistrat Daniel Ottolia a estimé que la loi avait été votée de manière « inconstitutionnelle », lors d'une session législative spéciale sur le financement des soins de santé. « La Cour a clairement indiqué que le suicide assisté n'a rien à voir avec l'amélioration de l'accès aux soins et que le détournement de la session extraordinaire pour avancer un ordre du jour sans rapport n'est pas acceptable », a déclaré la Life Legal Defence Foundation, l’organisation qui avait déjà soutenu Terry Schiavo[2].

Stephen Larson, l'avocat principal du groupe de médecins qui a intenté le procès bloquant la loi, a déclaré qu’il était « très satisfait » de la décision. « L'acte a été précipité à la session spéciale de la législature et il ne comporte aucune des garanties que l'on peut espérer avoir dans une loi comme celle-ci », a-t-il déclaré.

Le procureur général de Californie, Xavier Becerra, « fortement en désaccord », a cinq jours pour faire appel de cette décision.

[1] La Californie légalise à son tour l’aide médicale à mourir

[2]Terri Schiavo condamnée à mourir


Sources: genethique.org

 

 

Suicide assisté médiatisé, Eglise catholique choquée

La médiatisation du suicide assisté d'un centenaire australien en Suisse a donné un «mauvais signal», estime l'évêque de Bâle.

par 20 minutes, 19/05/2018, extraits

L'évêque de Bâle, Felix Gmür, critique le sensationnalisme fait autour du suicide assisté en Suisse d'un Australien de 104 ans la semaine dernière. La commercialisation du suicide est «cynique», déclare-t-il dans un entretien diffusé samedi par Schweiz am Wochenende.

«On vient en Suisse pour se suicider et cela est commercialisé comme une liberté publique», s'insurge l'évêque. L'homme d'Église trouve scandaleux que l'on fasse du suicide un modèle d'affaires.

La médiatisation du suicide assisté du célèbre botaniste australien David Goodall à Bâle a donné «mauvais signal», estime Mgr Gmür. «Il ne faut pas que des chômeurs ou des retraités mis sous pression pensent qu'ils n'ont plus la légitimité d'exister», selon lui. La Conférence des évêques suisses rejette l'euthanasie et l'aide au suicide. Elle met en garde contre les effets d'imitation et la banalisation de la mort.

Source : 20min.ch

 

 

Le 13 mai dernier, les députés finlandais ont rejeté, par 129 voix contre 60, une proposition de légaliser l’euthanasie.

Cette proposition avait été soumise par un député du Rassemblement national suite à une initiative populaire demandant la légalisation de l’euthanasie. Le parlement a soutenu l’avis de la commission des Affaires sociales et de la Santé, défavorable à la légalisation, de créer un groupe de travail pour améliorer les soins palliatifs.

L’euthanasie reste très minoritaire en Europe et n’est légalisée que dans trois pays : les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg.

Source : alliancevita.org

 

Sorti du coma juste avant qu’on lui prélève ses organes : que savent vraiment les médecins des situations végétatives ?

Les médecins pensaient que Trenton, un adolescent américain de 13 ans, resterait dans un état végétatif. Alors que sa famille avait déjà accepté de donner ses organes, il s'est réveillé la veille du jour où il devait être débranché.

par Carine Brochier, économiste spécialisée en bioéthique, 0

Atlantico : Un adolescent de 13 ans vivant en Alabama aux Etats-Unis s'est réveillé après que sa mort cérébrale a été déclarée et juste avant d'être débranché après avoir passé deux mois dans le coma. Est-ce un cas rare ou est-ce que ce genre de scénario pourrait se produire plus souvent qu'on ne le croit ?

Carine Brochier : Malgré la médiatisation de ce genre d'histoires il faut garder à l'esprit que cela reste des cas exceptionnels. Pour autant, ces cas, ils existent. Prenons l'exemple du témoignage donné dans le livre "Une larme m'a sauvé" de Angèle Lieby. L'auteure, après deux semaines de coma artificiel s'est réveillée incapable de bouger mais entendant tout ce qu'il se passait autour d'elle. C'est au moment où le personnel médical et la famille était prête à tout arrêter qu'une larme a perlé et que la famille s'est rendue compte de l'état de conscience.

Ces histoires méritent d'être mises en avant.

Un des arguments phare pour l'abolition de la peine de mort était la possibilité d'une erreur de jugement, cet argument ne tient-il pas également dans le débat sur l'euthanasie des personnes dans le coma considérant la probabilité même infime que l'état du patient ne s'améliore ?

C'est vrai qu'une erreur de jugement est toujours possible malgré le développement du savoir médical et des technologies permettant d'établir un diagnostic de plus en plus fiable comme c'est notamment le cas au Coma Science à Liège avec le professeur Laureys. Mais encore une fois l'histoire de ce garçon en Alabama devrait inciter à la prudence qui reste essentielle.

En Belgique 67 personnes ont été euthanasiées sur la base d'une déclaration anticipée en un an. Mais là encore si une personne se retrouve dans le coma ce n'est pas pour autant qu'elle ne récupérera jamais. Mais là c'est au corps médical de donner son expertise sur chaque situation au cas par cas.

En soins intensifs un professeur assez connu en Belgique a déclaré qu'il lui revenait, à lui médecin, de juger, au vu de l’état de son patient, quelle serait sa qualité de vie, s’il s’en sortait. Et que oui, il provoquait la mort de ceux dont il estimait que cela serait peu enviable. Cela peut aussi pousser à s'interroger sur la démarche de certains médecins.

Source : atlantico.fr

 

Prévoir avec précision la sortie du coma ?

 

Fin de vie. La Haute Autorité de santé veut encadrer plus fermement la sédation jusqu’au décès

par Ouest-France,

Les « recommandations de bonnes pratiques » pour la fin de vie, et notamment le protocole de la « sédation profonde et continue », ont été dévoilées jeudi 15 mars par la Haute Autorité de Santé. Les défenseurs de l’euthanasie et certains praticiens jugent ces règles trop difficiles à mettre en place.

La Haute Autorité de santé (HAS) a publié jeudi 15 mars ses recommandations à destination des professionnels pour la fin de vie et notamment l’encadrement du protocole de la « sédation profonde et continue ».

Mais à peine communiquées, ces recommandations sont déjà contestées, notamment par les partisans de l’euthanasie. Certains les jugent trop détaillées pour être applicables.

Une procédure très encadrée

Le droit à cette sédation puissante est prévu par la loi Claeys-Leonetti de 2016, écrite pour offrir une fin de vie digne, sans aller jusqu’à l’euthanasie ou au suicide assisté. « Cette sédation a pour objectif d’endormir profondément la personne jusqu’à son décès », quand le pronostic vital est engagé à court terme, a précisé la HAS dans un communiqué. Tout patient encore en capacité d’exprimer sa volonté peut la demander « s’il présente une souffrance réfractaire aux traitements » ou « s’il décide d’arrêter un traitement et que cette décision […] est susceptible d’entraîner une souffrance insupportable ».

Chez une personne qui ne peut exprimer sa volonté, cette sédation peut être administrée « si à l’issue d’une procédure collégiale, le médecin arrête un traitement de maintien en vie au titre du refus de l’obstination déraisonnable ». Dans ce cas « le médecin en charge du patient prend seul la décision de réaliser ou non la sédation », à l’issue d’une « concertation » obligatoire avec « tous les professionnels impliqués », recommande la HAS.

Des recommandations contestées

Pour les partisans de l’euthanasie, la HAS va toutefois dans le mauvais sens. « On a eu trois lois sur la fin de vie, en 2005, 2010 et 2016, toujours plus restrictives. Aucune n’a mis fin à un débat qui dure depuis l’affaire Vincent Humbert, et toutes étaient à contre-courant de ce qu’attendent les Français », estime le président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, Jean-Luc Romero. « Les recommandations sont le fait de mandarins, déconnectés d’une certaine réalité. Ils ne font que reprendre la loi en l’exagérant encore », accuse-t-il.

Déjà la 3è loi Leonetti de 2016 avait réduit la sédation terminale au pronostic vital engagé contrairement à la circulaire de 2010, la #HAS veut encore aller plus loin ! De qui se moque-t-on ? Il faut vraiment une autre loi ! #NousSommesPrets #ADMD https://t.co/lmFN9syrIU

— Jean-Luc Romero (@JeanLucRomero) 15 mars 2018

De plus, les praticiens n’étaient pas forcément demandeurs, d’après Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France. « Moins on encadrera ces fins de vie, moins on légiférera, plus ce sera simple à prendre en charge, explique-t-il. En tant que généraliste installé depuis 45 ans, qui comme tous les autres ai dû gérer des fins de vie, je vais le dire franchement : face à un patient sur le point de mourir, je ne regarderai jamais un protocole sur la fin de vie. »

Source : ouest-france.fr

 

Billy Graham est mort ce 21 février à l’âge de 99 ans, dans sa maison de Montreat en Caroline du Nord.

« Ma maison est au paradis ; je ne fais que voyager dans ce monde. »

Théologien évangéliste américain, prédicateur inlassable de l'Evangile, Billy Graham a parcouru le monde et prêché à des millions de personnes.

Son ministère aura marqué notre temps. Ses "croisades" d'évangélisation et ses rencontres avec les politiques les plus hauts-placés ont sans aucun doute contribué à des évolutions majeures de nos sociétés, comme la fin des discriminations raciales aux Etats-Unis ou de l’apartheid en Afrique du Sud.

Ses prédications mettaient l'accent sur la conversion et le pardon des péchés par Jésus-Christ. Bible à la main, il a été un des premiers prédicateurs à mettre les moyens de communication moderne au service de l'Evangile. Radio, télévision, films, il produisait divers émissions à grande audience.

Aujourd'hui, le monde entier rend hommage à cet homme de Dieu, homme de prière et d'espérance.

Billy Graham est décédé tôt mercredi matin. Son infirmier à domicile ainsi que son médecin témoignent de son "décès très paisible", "il n'avait aucune douleur."

Né William Franklin Graham Jr. le 7 novembre 1918, Billy Graham avait 99 ans. Il a eu 5 enfants, Gigi, Anne, Ruth, Franklin et Ned, 19 petits-enfants et plusieurs arrière-petits-enfants.

Le service funéraire aura lieu le 2 mars, en privé, comme il l'avait désiré. Après les funérailles, Billy Graham sera enterré au côté de sa femme Ruth.

Dans une interview avec CNN au cours d'une croisade à New York les dernières années de son ministère, il avait été demandé à Billy Graham comment il souhaitait qu'on se souvienne de lui.

Il a répondu :

"Que j'ai été fidèle au message qu'Il (Christ) a donné et fidèle à l'appel qu'Il m'a donné pour aller dans le monde et prêcher l'Evangile. C'est comme ça que j'aimerais qu'on se souvienne de moi. "

Source : billygraham.org

 

 

 

Conclusion : Il est nécessaire que notre société redonne toute leur valeur et leur place à nos personnes âgées et enseigne aux jeunes générations que leurs grands-parents sont leur plus précieux trésor.

 

Avoir une mauvaise image de la vieillesse augmente le risque de démence

par Gènéthique, 08/02/2018

Une étude, qui vient d’être publiée, montre que les personnes ayant une perception positive de la vieillesse, notamment de par leur culture, ont moins de risque d’être atteint de démence[1] à la fin de leur vie.

Levy et ses co-auteurs, Martin Slade et Robert Pietrzak  de la Yale School of Medicine, et Luigi Ferrucci, directeur scientifique de l'Institut national sur le vieillissement, ont étudié pendant quatre ans un groupe de 4765 personnes, âgés en moyenne de 72 ans, sans démence au début de l'étude. 26% des sujets étaient porteurs du gène APOE ε4[2].

L’étude a montré que parmi ces derniers, ceux qui avaient une perception positive du vieillissement présentaient un risque de 2,7 % de développer une démence, contre 6,1 % chez ceux qui en avaient une perception négative.

« Cela plaide pour la mise en place d'une campagne de santé publique contre l'âgisme, qui provoque une vision négative de la vieillesse », a déclaré l'auteur principal Becca Levy, professeur de santé publique et de psychologie.

[1] La démence affecte principalement les personnes âgées ; elle est caractérisée par une perte de mémoire et une incapacité à effectuer des tâches.

[2] L'allèle E4 du gène APOE est connu comme étant le principal facteur de risque génétique de la forme sporadique (non-familiale, la plus fréquente) de la Maladie d'Alzheimer et ce principalement en cas d'homozygotie E4/E4.



Sources : genethique.org, Medical X Press

Positive age beliefs protect against dementia even among elders with high-risk gene - Becca R. Levy , Martin D. Slade, Robert H. Pietrzak, Luigi Ferrucci - Plos One - Published: February 7, 2018 (accessible en ligne)

 

 

Pourquoi ce refus de le transférer à Lille ? En CHU ?
Comme aussi pourquoi le refus à Vincent Lambert de le transférer dans un centre spécialisé qui était prêt à l'accueillir ?
Où est la digité du malade ainsi pris en otage ?

 

« Condamné » par erreur, Julien a pu rentrer chez lui… privé de son sourire

par Laurent Boucher, 28/01/2018

Julien est rentré à la maison, mais son sourire a disparu. «  On a vécu trois semaines de calvaire  », témoigne sa maman, Loetitia Crépelle. L’ostéoporose provoquée par sa lourde maladie (lire ci-dessous) lui ayant occasionné une fracture de fatigue au tibia, le garçon âgé de 17 ans a été admis au service pédiatrie du CHA le 19 décembre. Un pédiatre prescrit alors la pose d’une attelle lui maintenant le pied.

« On a veillé notre enfant. On a annoncé à son frère et sa sœur qu’il allait mourir, la famille est remontée le voir. Les pires moments de notre vie. »

Voyant son fils souffrir, la maman demande que le corps médical réexamine la situation ou qu’on le transfère au CHRU de Lille. «  On ne m’a pas écouté.  » Elle voit son garçon placé sous morphine risquer un arrêt cardiaque. Le surlendemain de Noël, un autre pédiatre informe les parents de Julien que sa maladie a «  évolué  » et qu’il est «  condamné  ». Il est placé sous soins palliatifs. «  On a veillé notre enfant, raconte la maman. On a annoncé à son frère et sa sœur qu’il allait mourir, la famille est remontée le voir. Les pires moments de notre vie  », une vie de sacrifices pour prendre soin en permanence de Julien.

En massant son fils pour le soulager, la maman décide d’enlever son attelle. «  Il n’y avait qu’un scratch à défaire.  » Et là, elle voit des escarres sur son pied. Aucun soin n’avait été apporté pendant douze jours. «  On l’a vu être aussitôt soulagé.  » Les infirmières, qui prenaient soin de Julien aussi bien qu’elles le croyaient possible, mais débordées, sont choquées. L’ordre de ne pas toucher à l’attelle aurait été pris par le corps médical.

La famille rencontre le directeur du CHA, Pierre Bertrand, qui se montre à l’écoute. Il rend visite à Julien et demande des explications à la cadre de santé en présence des parents, qui comprennent qu’elle «  n’était pas au courant pour cette attelle  ». Depuis, ils ont demandé le dossier médical de leur fils et pris un avocat pour défendre leurs droits.

Pour éviter un contentieux devant les tribunaux, le CHA a proposé une médiation. La famille attend en premier lieu les résultats de l’expertise médicale. Elle réclame la reconnaissance d’une faute médicale et d’une erreur de diagnostic, et une indemnisation du préjudice moral. Le papa, Emmanuel, en retrait par pudeur, confie que toute la famille accuse le coup, les cadets de la fratrie compris : «  Julien a beaucoup de mal à se remettre du traitement à la morphine et au Valium. On voudrait le retrouver comme avant, lui qui souriait tout le temps, qu’il puisse dormir la nuit. Et qu’il retourne au centre (l’IEM) où il va depuis treize ans.  »

La position du CHA

«  À l’examen du dossier médical, il apparaît que le lien de cause à effet entre l’attelle, l’escarre et la douleur de Julien est plus complexe que la perception qu’en a la famille  », commente le directeur du centre hospitalier d’Arras, qui confirme qu’une médiation médicale a été proposée. «  Le CHA se pliera bien volontiers aux souhaits de la famille si une contre-expertise est réclamée. Dans un contexte difficile, les équipes de pédiatrie ont respecté l’ensemble des bonnes pratiques et procédures, et à ce stade, rien ne laisse apparaître erreur ou faute.  »

Le directeur du CHA Pierre Bertrand annonce en parallèle la réalisation d’un audit interne pour améliorer la prise en charge des personnes handicapées qui ne peuvent verbaliser leur douleur et la communication avec les familles.

La solidarité pour une nouvelle chambre

L’an dernier, Loetitia Crépelle a créé l’association Le Sourire de mon ange Julien afin d’organiser des événements pour recueillir des dons. L’objectif : construire une chambre au rez-de-chaussée du petit pavillon familial adaptée au handicap de l’aîné de la famille. En juin, les Motards pour l’enfance et les Déchicanés ont organisé un rassemblement moto lors d’un week-end d’animations qui a permis de recueillir 1 500 € de bénéfices. Une aide de l’association Cap sur l’espoir et une cagnotte en ligne (sur leetchi.com) ont permis de compléter le financement apporté par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), la communauté urbaine d’Arras (CUA) et l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (ANAH).

Les travaux menés par la société JA2M, qui a accordé des facilités de paiement, ont été achevés en décembre et Julien a pu s’installer dans sa chambre à son retour d’hospitalisation. La pièce est aussi équipée d’un coin douche (à l’italienne) qui facilite la tâche de sa maman. Elle doit s’occuper de lui 24 heures sur 24, le porter (malgré les 25 kilos du garçon), le laver, le nourrir à l’aide d’uns sonde, le masser…

Un repas-spectacle et un loto ont été organisés les 20 et 21 janvier à Beauvois-en-Cambrésis au bénéfice de l’association, qui prévoit un nouveau week-end d’animations les 28 et 29 avril à la salle polyvalente d’Hénin-sur-Cojeul. La famille de Julien projette d’acheter un véhicule avec une rampe d’accès pour le fauteuil adapté à son handicap.

Le prêt d’autres salles est sollicité pour l’organisation d’événements caritatifs. Contacts : Loetitia Crépelle, tél. 06 66 20 06 48 ; page Facebook Le Sourire de mon ange Julien.

La maladie

Julien est atteint depuis la naissance d’une maladie neurologique orpheline, une holoprosencéphalie avec hypernatrémie neurogène. Elle est incurable et ne bénéficie d’aucune recherche médicale, car trop rare. Polyhandicapé, Julien ne peut se tenir assis, il est alimenté par une sonde et souffre régulièrement d’une déshydratation excessive.

Julien bénéficiait de soins et de séance de kiné et de balnéo à l’Institut d’éducation motrice (IEM) Pierre-Cazin d’Anzin-Saint-Aubin où il se rendait quatre jours par semaine avant son hospitalisation. Ses parents espèrent qu’il pourra y retourner dans quelques semaines.

Source : lavoixdunord.fr

 

 

Des infirmières belges quittent les unités de soins palliatifs, « maisons de l’euthanasie »

19/01/2018

Des infirmières belges et des assistantes sociale spécialisées dans les soins aux personnes en fin de vie quitte les unités de soins palliatifs  parce qu’elles se transforment en « maisons en l’euthanasie ». Parmi les équipes hospitalières, un nombre croissant de personnes quittent ce secteur parce qu’elles ne veulent pas être réduites à préparer les patients et leurs familles aux injections létales. C’est ce qu’affirme le professeur Benoit Beuselinck, oncologiste consultant à l’hôpital de l’université catholique de Louvain qui ajoute que les infirmières considèrent que les demandes d’euthanasie sont « un fardeau impossible » « en complète contradiction avec leur désir initial d’administrer d’authentiques soins palliatifs aux personnes en phase terminale ».

Dans un livre Euthanasia and Assisted Suicide : Lessons from Belgium, le professeur Benoit Beuselinck montre comment la légalisation de l’euthanasie a corrompu la médecine belge « en sapant les soins palliatifs et en mettant les patients en danger mortel ». Pour lui, l'euthanasie constitue une « menace réelle pour la pratique de la médecine » et il regrette que les droits des professionnels de la santé et des établissements de santé à l’objection de conscience soient insuffisamment protégés.

Il remarque que les médecins hospitaliers évitent les demandes d'euthanasie en les renvoyant aux unités de soins palliatifs, « pensant que ces médecins sont habitués à traiter les questions de fin de vie ». (…) De ce fait, ce sont ces médecins des unités de soins palliatifs qui se voient obligés d’euthanasier les patients qui leur ont spécifiquement été envoyés à cette fin. Aussi, « certaines unités de soins palliatifs ont décidé de ne plus admettre de patients s'ils avaient une demande active d'euthanasie pour empêcher leurs unités de soins palliatifs de devenir le lieu d'exécution de toutes les demandes d'euthanasie de l'hôpital ».

Le livre explique que le gouvernement, cynique, sabre les budgets des soins palliatifs au fur et à mesure que le nombre de personnes décédées par euthanasie en Belgique augmente.

Si l’accès à l’euthanasie est limité par la loi aux adultes dont les souffrances sont intolérables et qui sont en capacité de donner leur consentement et aux mineurs émancipés, entre 2010 et 2015, les médecins pratiquant l’euthanasie sont passés de 954 à 2021. La loi est interprétée de façon tellement libérale que l’euthanasie est effectivement disponible à la demande et que les médecins pratiquent des injections létales sur des personnes malades, démentes et souffrants de troubles psychiques.


Sources : genethique.org

Catholic Herald, Simon Caldwell (18/01/2018)
 

 

 

A Grenoble, deux médecins devant la justice : ressusciter ou laisser mourir...

par Dr Eric Du Perret, 19/01/2018

Savoir si une équipe médicale n’a pas fait part d’une « obstination déraisonnable » pour garder en vie un nouveau-né, est à comparer avec le combat de cette famille de Nancy contre la décision du Conseil d’État de valider la décision d’arrêt des soins d’une adolescente de 14 ans, dans un coma végétatif depuis juin 2017, mais que les parents refusent de laisser mourir. Un dilemme pour le corps médical 

A Grenoble,

les faits remontent à 17 ans ! Dans une clinique, une femme accouche, par césarienne, d’un enfant né le cordon ombilical enroulé autour du cou et en état de mort apparente. L’équipe médicale, qui comportait deux médecins et du personnel infirmier, avait alors appliqué le protocole devant un arrêt cardiaque : une quinzaine de minutes de manœuvres de réanimation, qui avaient ressuscité l’enfant. Malheureusement au prix de séquelles importantes. L’enfant se déplace aujourd’hui en fauteuil électrique et sa situation nécessite une assistance permanente.

« Était-il légitime de vouloir faire vivre cet enfant ? » demande l’avocat. Certains parleront d’acharnement thérapeutique, d’autres d’application stricte des possibilités devant un arrêt cardiaque.

A Nancy,

l’affaire est plus récente : une adolescente souffre d’une maladie auto-immune neuromusculaire. Elle est hospitalisée depuis juin dans les suites d’une crise cardiaque grave qui a provoqué un coma dépassé ou « coma végétatif ».  En dépit de soins intensifs, et en l’absence d’amélioration de son état, les médecins ont jugé son cas sans espoir. Conformément à la loi de 2016 sur la fin de vie, ils ont lancé une procédure visant à l’arrêt des traitements.
Le père et la mère de l’adolescente avaient saisi en urgence (« en référé ») la plus haute juridiction administrative pour s’opposer à la décision du tribunal administratif de Nancy, qui avait validé la proposition d'arrêt des soins des médecins. Pour les parents, la décision du tribunal revient à demander à ces médecins « de la faire mourir »... Une interprétation compréhensible, mais un peu abrupte.

Selon le Conseil d'Etat, « il appartient donc désormais aux médecins en charge de l'enfant d'apprécier si, et dans quel délai, la décision d'arrêt de traitement doit être exécutée ».

Il s’agit pas, en effet, de provoquer la fin de vie de la jeune fille. L’euthanasie active est interdite dans notre pays. Il s'agit de la laisser mourir et donc d'arrêter les soins de support. Il existe un protocole très précis, mais c’est difficile pour un médecin de parler d’acte médical, même s’il le faudrait. 

Le rôle du médecin face à la maladie

Donner la mort, c’est l’inverse de la mission d’un médecin. On perçoit le dilemme. Toutefois, il ne faut pas non plus être naïfs… Cela fait des générations que les médecins abrègent – souvent dans une grande solitude – la souffrance des malades pour lesquels il n’y a plus aucun espoir, si ce n’est de prolonger des souffrances inutiles.

Doit-il décider de baisser les bras face à un combat perdu ou doit-il mettre en œuvre tous les moyens de la médecine moderne ?

Certains pays par exemple ont légiféré et n’ouvrent plus par exemple les services de réanimation au-dessus d’un certain âge – 70 ans par exemple aux Pays-Bas – à moins d’une demande formulée explicitement en amont. En France, la réflexion sur la réanimation des très grands prématurés est en cours depuis longtemps et les limites ne sont plus franchies. Même si le record est très bas : 226 grammes après une grossesse de 26 semaines et une naissance par césarienne, parce que le placenta de la maman ne lui permettait plus de vivre. Précisons que l’enfant est toujours en vie et était considéré comme « normal » à 6 mois.

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Source : pourquoidocteur.fr

 

 

Sédation, testament biologique et fin de vie en Italie

par Institut européen de bioéthique, 28/12/2017

Après 30 années de débat parlementaire et 3000 tentatives d’amendements, l'Italie a adopté  sa loi sur la fin de vie ou "testament biologique". La loi prévoit le droit de chaque patient majeur en phase terminale de refuser tout traitement, et aussi d'être alimenté et hydraté de façon artificielle.

Ce choix devra être exprimé dans des dispositions anticipées de traitement (DAT), document révocable et révisable, où chacun précise les traitements auxquels il souhaite renoncer s'il se trouve un jour dans l'incapacité d'exprimer ses préférences.

Pour une personne mineure, un tuteur légal ou sa famille proche devront prendre la décision à sa place au moment venu.

Si le patient refuse le traitement, le médecin devra se limiter à soulager les souffrances du patient, et ne pourra pas voir engagée sa responsabilité pénale pour « non-assistance à personne en danger ».

Si le texte voté n'évoque pas explicitement l'objection de conscience, il exempte néanmoins de toute responsabilité pénale le médecin qui refusera de "débrancher une machine tenant en vie son patient". Mais si un médecin refuse de respecter les volontés d’un patient, il sera obligatoirement remplacé par un confrère non objecteur de conscience. 

La loi autorise la sédation palliative profonde et continue « provoquant une altération de la conscience, jusqu'au moment du décès », avec arrêt de l'alimentation et l'hydratation. Ceci a de quoi inquiéter certains, qui estiment que ces deux gestes du quotidien ne forment pas un « traitement » au sens de la loi, mais un soin élémentaire, au même titre que l’hygiène. 

La loi, votée à 180 voix contre 71, ne fait pas l’unanimité. Si le chef du gouvernement de centre-gauche, Paolo Gentiloni, se réjouit de ce "choix de civilisation, un pas en avant pour la dignité de la personne", d’autres dénoncent « une entrée camouflée de l'euthanasie la façon la plus barbare: la mort de faim et de soif ».

Si la loi a le mérite de combattre l’acharnement thérapeutique, protègera-t-elle suffisamment l’indépendance et la conscience professionnelle du corps médical ?

Rappelons que le texte, qui place l’autonomie du patient à l’avant-plan, avait provoqué de fortes réactions de la part de médecins. Ceux-ci ont interpelé l’Ordre des médecins, s’inquiétant de ce qu’une loi les obligerait à obéir à un écrit datant parfois d’il y a plusieurs années et déconnecté de la situation actuelle du patient, plutôt que de les laisser agir selon leurs science et conscience.

Source: ieb-eib.org, Bioedge

 

Clash et démission au sein de la Commission fédérale de contrôle de l’euthanasie en Belgique

de Institut Européen de Bioéthique, 27/12/2017

Une patiente atteinte de démence et de Parkinson a été euthanasiée sur simple demande de sa famille, sans que la personne n’en ait jamais fait la demande elle-même, et n’ait été entendue sur la question. De plus, il appert que le second médecin à consulter n’a en réalité donné son avis médical qu’une fois le décès intervenu. Ces lourdes atteintes aux conditions posées par la loi euthanasie ont amené le médecin impliqué devant la Commission fédérale de contrôle de l’euthanasie (CFCEE).
Une majorité des membres de la Commission ont confirmé qu’il s’agissait là d’une double violation manifeste de la loi. Et pourtant la Commission n’a, après délibération, pas transféré  le dossier au Ministère Public.

En effet, à l’issue d’un débat houleux, la majorité de deux-tiers des membres, nécessaire au transfert d’un cas vers la justice, n’a pu, de justesse, être atteinte. Les 6 membres (sur 16) qui n'ont pas souhaité transférer ce dossier à la justice, ne l’ont pas fait par conviction du respect de la loi dans le cas d’espèce, mais bien, semble-t-il, par volonté politique de défendre l’euthanasie dans n’importe quelle circonstance, y compris dans les cas de démence profonde, et par crainte qu’un renvoi en justice freinerait encore plus la pratique de l’euthanasie en Wallonie

Un médecin spécialiste et membre de la CFCEE, pourtant pro-euthanasie, a posé sa démission, dégoûté par la tournure des événements : « Cette Commission ne remplit pas son rôle. Elle se prend pour un juge. Elle n’élargit pas l’application de la loi euthanasie, elle la viole ». Ici, l’autonomie du patient, souvent avancée pour défendre une application libérale de la loi, n’a même pas été respectée.

Wim Distelmans, Président de la CFCEE, riposte qu’il ne pouvait s’agir en l’espèce d’un cas d’euthanasie, puisque le consentement du patient n’avait pas été demandé. Malgré les déclarations du médecin, il s’agirait plutôt « d’une sédation terminale décidée par nécessité », acte pour lequel le consentement du patient n’est pas requis. « Si le médecin n’avait pas enregistré sa déclaration, (comme tous les autres médecins), la Commission n’en aurait simplement rien su. », affirme le Président de la Commission euthanasie...

En tout état de cause, la CFCEE, en avalisant un cas reconnu « d’abus de la loi » par la majorité de ses membres, a montré combien un petit noyau dur pro-euthanasie, manoeuvrait les décisions prises par l'organe de contrôle. C’est déjà ce qui venait d’être critiqué par nombre de praticiens et par une partie du Comité Consultatif de Bioéthique (CCBB) dans son tout dernier Avis (Avis n°73, p.74).

Selon Willems Lemmens, professeur de philosophie à l’Université d’Anvers et membre du CCBB, cette affaire confirme la « sacralisation malsaine » de l’euthanasie dans notre société. Ni les médecins, ni la famille de la personne décédée n’ont considéré leur comportement comme répréhensible, et la Commission leur a donné raison, en dépit des conditions légales violées. Certains diront sans doute que ce n’est qu’un « petit abus », un effet secondaire d’une loi que nous sommes socialement priés de considérer comme une « succes story éthique et médicale ». (Article paru dans De Standaard)

Cette affaire n’est que la « pointe de l’iceberg » affirme Willem Lemmens. En 2015, seuls 73 % des euthanasies en Flandre ont été déclarées à la Commission de contrôle, et 58 % en Wallonie. Qu’est-il arrivé dans les autres cas ? interroge-t-il, et quid de toutes les formes camouflées d’euthanasies ?

Mais il y a pire. De plus en plus de médecins témoignent de la pression morale qu’ils ressentent. Puisque l’euthanasie est de plus en plus perçue par la population comme un droit sur sa mort et sur celle de ses proches, c’est leur liberté thérapeutique et de conscience à eux, les praticiens, qui est mise sous pression. 

Lemmens qualifie le lobby d’une « petite minorité de médecins fanatiques », présente au sein de la CFCEE, de « prise d’otage du monde médical ». 

Il insiste sur le fait que la société n’a encore jamais eu droit à un débat transparent et nuancé sur l’euthanasie, alors qu’elle doit pouvoir entendre les doutes et les questions des médecins.  Une proposition de résolution visant à l’évaluation de la loi a été déposée début décembre à la Chambre par Els Van Hoof.

Cette énième affaire confirme que la loi euthanasie n’a pas rempli ses promesses de contrôle et de transparence, et confirme l’urgence à sortir de la politique de l’autruche à ce sujet.

Source : ieb-eib.org, standaard.be

 

Pays-Bas : une femme « euthanasiée contre sa volonté »

 


Au Pays-Bas, un médecin sera jugé pour avoir réalisé une « euthanasie à l’encontre de la volonté de la patiente ». Bien que cette affaire soit « choquante », le Comité régional d’examen a estimé que « le médecin avait agi de bonne foi ». Il demande à la Cour de ne pas le condamner mais de clarifier les faits et de « confirmer qu’un médecin agissant de bonne foi ne peut être poursuivi s’il ‘euthanasie’ une personne atteinte de démence ». Le Comité n’exclut pas d’avoir à faire à d’autres cas de ce genre à l’avenir.

La patiente était âgée de plus de 80 ans et souffrait de démence. Placée dans une maison de soins par son mari, elle y montrait des signes de « peur et de colère ». Le médecin a estimé qu’ « elle souffrait intolérablement », mais « qu’elle n’était plus en mesure d’exprimer son souhait d’euthanasie ». Il reconnait qu’elle a tout de même répété à plusieurs reprises dans les jours précédant sa « mise à mort » : « Je ne veux pas mourir ». A son insu, il a versé un sédatif dans son café puis commencé les injections létales. La patiente a réagi et « lutté désespérément pour ne pas être tué » ; le médecin a alors « demandé aux parents de la patiente de la tenir pour achever son geste ».

Cette affaire est révélée alors que la loi sur l’euthanasie est en passe d’être de nouveau étendue dans ce pays, pour « autoriser l’euthanasie de toutes les personnes de plus de 75 ans ».


Sources: genethique.org

The Daily mail, Giulia Crouch (28/01/2017)

 

 

Anne Bert : «Tous les malades en fin de vie ne réclament pas l'euthanasie mais ils veulent avoir le choix»

par  Agnès Leclair,

INTERVIEW - Anne Bert raconte son choix d'aller se faire euthanasier en Belgique pour ne pas se laisser « emmurer vivante » par la maladie de Charcot.

Romancière de 59 ans atteinte de la maladie de Charcot, Anne Bert a décidé de faire de sa fin de vie un combat pour la légalisation d'une «aide active à mourir» en France. Fin mars, elle avait lancé un appel aux candidats à l'élection présidentielle pour plaider en faveur d'une évolution de la loi. Dans Le Tout Dernier Été, elle raconte son choix d'aller se faire euthanasier en Belgique pour ne pas se laisser «emmurer vivante» par cette maladie qui paralyse progressivement le corps. Son livre paraîtra le 4 octobre. «Après sa mort», selon son éditeur.

LE FIGARO.- Vous vous êtes adressée aux politiques pour demander une évolution de la loi  sur la fin de vie. Ce récit procède-t-il  de la même démarche militante en faveur de l'euthanasie?

Anne BERT.- Mon livre est moins militant, plus intime, mais je m'adresse aux citoyens pour briser le tabou sur la fin de vie, la mort et la manière dont on l'envisage. Je l'ai écrit pour interroger, inciter à aller plus loin dans la réflexion. ...

Source : lefigaro.fr

 

Un patient dans le coma depuis quinze ans retrouve des signes de conscience minimale

Un homme de 35 ans plongé dans un état végétatif ou "en éveil non répondant" depuis quinze ans a récupéré des signes de conscience minimale après une stimulation électrique du nerf vague.

par Franceinfo,

Une équipe de chercheurs de l’Institut des sciences cognitives - Marc Jeannerod de Bron a mené une expérimentation sur un patient de 35 ans plongé dans le coma depuis quinze ans. Ils lui ont administré pendant un mois des signaux électriques pour stimuler le nerf vague qui à son tour a activé le cortex cérébral. Les résultats de ces travaux ont été publiés dans la revue Current Biology le 25 septembre.

"Le cerveau du patient était très endommagé après un traumatisme crânien dû à un accident de la route. Il présentait très peu d’activité cérébrale", explique Angela Sirigu, chercheuse à l'Institut des sciences cognitives - Marc Jeannerod. "La comparaison entre avant et après le traitement du nerf vague est vraiment significative, même si nous sommes seulement au commencement de cette recherche. Trois autres patients vont être étudiés à la suite d’un comité d’éthique dans les prochains mois. Nous avons choisi des patients dont le diagnostic est très pessimiste", ajoute-elle.

Pour le professeur Steven Laureys, à la tête du Coma Science Groupe de Liège en Belgique, "cette étude est porteuse d’espoir mais il faut faire attention néanmoins à ne pas donner de faux espoirs car il est encore trop tôt pour généraliser les résultats". Par ailleurs, plusieurs voix dont celle du Prf Bernard Devalois, chef de l'unité des soins palliatifs de Pontoise se sont élevées pour apporter des critiques à cette publication.

Une technique déjà utilisée pour l'épilepsie

L’équipe de chercheurs a stimulé le nerf vague par un dispositif implanté dans la poitrine du patient. Des impulsions électriques sont envoyées du boîtier vers le nerf vague qui relie le cerveau à d'autres organes majeurs du corps. "La stimulation du nerf vague est déjà utilisée sur des milliers de patients atteints d'épilepsie pharmaco-résistante", précise le Professeur Laureys. 

Après un mois de stimulation nerveuse, le patient a montré des améliorations significatives dans l'attention, le mouvement et l'activité cérébrale, selon les chercheurs. Il a commencé à répondre à des demandes simples, telles que suivre un objet avec ses yeux et tourner la tête. Il a également semblé plus alerte et capable de rester éveillé lorsque son thérapeute lui lisait un livre. Il a réagi à des stimuli menaçants - ouvrant les yeux en grand quand un examinateur plaçait soudainement son visage sur le sien - d'une manière qui n'avait pas été observée depuis plusieurs années.

Passage de l'état de réveil non répondant à celui de conscience minimale

Cependant, le traitement ne lui a pas permis de retrouver son état de conscience initial. Pour le professeur Laureys, il s’agit d’un passage de l’état d’éveil non répondant à un état de conscience minimale. "Le patient a les yeux grands ouverts et des mouvements réflexe mais il ne peut pas répondre à la commande", précise-t-il. Des scans cérébraux ont montré des améliorations dans les zones du cerveau impliquées dans le mouvement, la sensation et la conscience de son environnement.

Pour le Dr Hermann, neurologue à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), "cette étude représente un signal très positif car normalement des patients plongés dans un état végétatif depuis des années ne présentent pas de signes de conscience minimale". Cependant, "la stimulation électrique ne fonctionne que chez certains patients et la chirurgie est une méthode invasive qui présente des risques plus élevés", poursuit-il. De plus, l’étude étant réalisée sur un seul patient, il faudra l’étendre à une population plus large pour pouvoir en tirer des conclusions. L’objectif de cette étude est "d’améliorer à terme l’état des patients dans le coma afin qu’ils puissent participer au décision du processus thérapeutique", ajoute le neurologue.

En effet, pour Angela Sirigu, auteure de l’étude, "le but est de redonner aux patients l’emprise de leur vie et de leur destin même si la réalité est négative". Elle ajoute que "la capacité à décider est une des facultés les plus nobles de l’homme". De plus, "si les résultats se confirment, les bénéfices seront encore plus visibles chez les patients déjà en état de conscience minimale", conclut Angela Sirigu.

Source : francetvinfo.fr

 

CHU de Nancy : les parents d'Inès s'opposent à l'arrêt des soins

par Anne-Laure Lebrun, 13/09/2017

Les médecins du service de réanimation estiment qu'il est peu probable que l'adolescente guérisse. Les parents souhaitent avoir plus de preuves médicales.

Les parents d’Inès veulent du temps pour dire au revoir à leur fille. L’adolescente de 14 ans est sous assistance respiratoire depuis le 22 juin dernier dans le service de réanimation pédiatrique du CHU de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Un mois après son hospitalisation, les médecins ont décidé de façon collégiale d’interrompre les soins. Une décision contestée par les parents qui ont fait appel à la justice, rapporte l’Est Républicain.

Le quotidien rapporte que la jeune fille souffre d’une myasthénie. Cette maladie auto-immune évolue par crises et entraîne une faiblesse musculaire pouvant affecter plusieurs muscles. Les atteintes des muscles respiratoires sont les complications les plus graves car les malades peuvent avoir besoin d’une assistante respiratoire.

« Des possibilités de guérison quasi-nulles »

L’adolescente aurait souffert d’une grave crise en juin et aurait été victime d’un arrêt cardiaque. Depuis, elle est hospitalisée au CHU de Nancy et bénéficie d’une ventilation mécanique et de l’administration de sédatifs. Des soins que les médecins jugent déraisonnables.

« L’histoire, l’examen clinique, les résultats de l’imagerie, les électroencéphalographies sont un faisceau concordant témoignant de possibilités d’amélioration ou de guérison quasi nulles selon les données actuelles de la science », a écrit le chef de service dans son rapport le 21 juillet.

Dialogue rompu

Mais pour les parents d’Inès, une chance, même minime, existe. « Ils ne croient pas que la situation de leur fille soit irrémédiable, a expliqué Me Frédéric Berna, l’avocat des parents. Pour eux, elle n’est pas dans un état complètement végétatif car ils ont pu observer qu’il lui arrivait de faire des mouvements, notamment de la main ou du bras. »

Un neuropédiatre a pourtant expliqué à la famille que ces gestes étaient très certainement des réflexes. Mais le dialogue entre les parents et les médecins semble rompu. Persuadés que l’hôpital veut « faire de la place » et récupérer des lits, les parents ne croient plus l’équipe médicale.

L'exemple de Marwa

« A ce stade, ils demandent seulement que l'on suspende la procédure par décision judiciaire, afin d'avoir tous les éléments scientifiques et éthiques nécessaires pour leur réflexion. Ensuite, les parents d'Inès prendront une décision, selon leurs propres valeurs, leur morale et leur religion », a indiqué à L'Express l'avocat de la famille.
Les parents d’Inès ont donc demandé aux juges du tribunal administratif de Nancy de désigner un collège de médecins afin qu'un nouveau diagnostic sur l'état de santé de leur fille soit établi. Les juges devraient se prononcer ce jeudi 14 septembre.

L’avocat appuie sa plaidoirie notamment sur le cas de la petite Marwa. En mars dernier, le Conseil d’Etat a enjoint les médecins du CHU de Marseille à poursuivre les traitements chez la petite fille atteinte d’un déficit moteur irréversible. Aujourd’hui âgée de 21 mois, l’enfant serait prise en charge dans un centre spécialisé de Hyères (Var). D’après les parents, son état s’est suffisamment amélioré – elle a toujours le regard fixe mais bougerait ses orteils – pour l’hospitaliser à leur domicile.

 

Source : pourquoidocteur.fr

 

 

Le Conseil de l'Europe veut mettre fin aux discriminations et à l'exclusion des personnes âgées

02/06/2017

Dans la région Europe de l'Organisation mondiale de la santé, 4 millions de personnes âgées seraient maltraitées chaque année. Ce constat a conduit l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe à proposer une série de 14 mesures aux Etats membres pour préserver « Les droits humains des personnes âgées et leur prise en charge intégrale » : revenu minimum, logement adapté, services de santé, formation des professionnels de santé en gériatrie, liens intergénérationnels, environnements adaptés… Elle a appelé les « gouvernements européens à envisager d’adopter un traité juridiquement contraignant pour appliquer ces mesures ».

Dans ce sens en France, Emmanuel Hirsh[1], Directeur de l’Espace éthique de la région Ile-de-France, soulignait que « les conquêtes de la longévité » sont susceptibles de susciter « des possibles inédits qu’il conviendrait de comprendre comme un privilège et une opportunité ». Il dénonce « le déficit d’une réflexion et d’une concertation responsables au sein de notre démocratie [qui] apparaît d’autant plus contestable que les évolutions biomédicales mais également les avancées de la longévité du fait de nos modes de vie justifient des arbitrages et des dispositifs justes, rigoureux, pertinents et incontestables. Apparemment ces considérations bien tangibles de la vie sociale ne trouvent que difficilement la place qu’il conviendrait de leur reconnaître aujourd’hui dans l’agenda politique. Ses choix sociétaux et des moyens appropriés s’imposent pourtant au regard de cette ‘transition démographique’ ».

En effet, « la personne ne saurait être définie seulement par son âge, sa maladie ou ses dépendances, ramenée en quelque sorte à une condition déterminée par des caractéristiques, des facteurs et des considérations conjoncturelles. Une telle évaluation selon des critères à trop d’égards discriminatoires serait susceptible d’amenuiser, voire de révoquer ce qui est constitutif de nos valeurs d’humanité, de nos principes de démocrates ».

L’initiative de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe pourrait participer à la transformation du regard porté sur la personne vieillissante et sa vulnérabilité. Un excellent moyen de réintégrer la mort dans une société qui l’occulte jusqu’à vouloir s’en rendre maître en la provoquant à travers le suicide assisté ou l’euthanasie.

Source : genethique.org

 

 

Fin de vie : le Conseil constitutionnel valide le rôle du médecin dans la procédure d'arrêt des traitements

par ,
 

Les Sages ne se sont pas prononcés sur un «droit à la vie» pour les patients hors d'état d'exprimer leur volonté et qui n'ont pas laissé de directives anticipées.

Saisi pour la première fois du sujet de la fin de vie, le Conseil constitutionnel a validé la procédure collégiale d'arrêt des traitements pour les patients hors d'état d'exprimer leur volonté. Dans la foulée des polémiques sur les affaires Vincent Lambert et Marwa, une association de familles de traumatisés crâniens et de cérébro-lésés (UNAFTC) avait saisi le gardien des libertés publiques dans l'espoir de voir l'avis des proches de ces patients mieux pris en compte dans la décision d'arrêt des traitements.

Mais, comme le prévoit la loi Leonetti/Claeys sur la fin de vie, les sages ont reconnu au médecin le droit de prendre seul une décision d'arrêt des traitements quand ce dernier juge que la poursuite des soins constitue une situation d'obstination déraisonnable et que la volonté du patient n'est pas connue. Cette décision doit être prise à l'issue d'une procédure collégiale destinée à éclairer le médecin.

«Le pouvoir médical est conforté. Le Conseil constitutionnel dit que le médecin reste le seul décideur quand on ne connaît pas la volonté du patient. La procédure collégiale qui sert à l'éclairer est relativisée», regrette Philippe Petit, représentant de l'UNAFTC, père d'un jeune homme de 29 ans en état pauci-relationnel, et médecin lui-même.

Les sages ont également souligné que la décision du médecin et son appréciation de la volonté du patient pouvaient être soumises au contrôle du juge. «Si la seule alternative est d'aller devant le juge, on risque de voir les désaccords entre les médecins et les familles se judiciariser, avertit Philippe Petit. Nous considérons que le médecin doit être aidé dans sa prise de décision afin d'éviter que les affaires se multiplient devant les tribunaux. Nous allons interpeller le CCNE (Comité national consultatif d'éthique) afin qu'il émette des recommandations de bonnes pratiques sur l'application de la loi, y compris par des techniques de médiation».

«Le Conseil constitutionnel a seulement rappelé la possibilité pour les familles de ces patients d'aller devant le juge. Cette possibilité existe déjà comme on l'a vu dans les affaires Vincent Lambert et Marwa, analyse l'avocat de l'association, Me François Molinié. Mais il n'a pas recommandé que les recours des proches contre l'arrêt des traitements puissent être suspensifs. Or la semaine dernière, une famille qui avait saisi le juge des référés n'a pas pu faire interrompre à temps la procédure. Le médecin a arrêté les traitements et le patient est décédé avant que le juge ait pu intervenir».

Enfin, les sages ne se sont pas prononcés sur le «droit à la vie» invoqué par l'UNAFTC dans sa question prioritaire de constitutionnalité. «Nous avions également déposé ce recours pour que ce droit soit reconnu aux patients hors d'état d'exprimer leur volonté. Le Conseil constitutionnel n'a pas saisi cette occasion de le consacrer», déplore Philippe Petit.

A-t-il craint que cette reconnaissance remettre en cause la loi sur la fin de vie ou d'autres textes? «Il ne s'agissait pas de se prononcer sur un droit à la vie universel et absolu, selon Me Molinié. Ce droit aurait pu être consacré sous certaines conditions, sans pour autant remettre en cause le droit d'un patient à ne pas être maintenu en vie de manière artificielle».

«Le Conseil constitutionnel a reconnu que la loi du 2 février 2016 avait pleinement respecté les garanties de notre constitution, a réagit le député Jean Leonetti (LR), co-auteur de ce texte. Cette décision s'inscrit dans la jurisprudence du Conseil d'Etat et de la Cour européenne des droits de l'homme et consacre la voie française de la législation sur la fin de vie. Elle marque l'aboutissement juridique d'une longue consertation et de débats législatifs approfondis».

Source : lefigaro.fr

 

 

Plainte après le décès d'un patient en fin de vie: "Les médecins n'ont pas essayé de le sauver"

Neuf personnes ont porté plainte contre X pour homicide volontaire et refus de soin, vendredi dernier, après le décès d'un membre de leur famille dans un hôpital parisien, hospitalisé pour un AVC depuis janvier. Sur RMC, ils estiment que les médecins n'ont pas tout tenté pour le sauver.

 

 

Le Conseil constitutionnel tranchera le 2 juin sur la fin de vie

par Gènéthique, 24/05/2017

Saisi par l’association des familles de traumatisés crâniens et cérébro-lésés (UNAFTC) sur la protection du droit à la vie des personnes hors d’état d’exprimer leur volonté (cf. Le Conseil Constitutionnel saisi sur la question du droit à la vie), le Conseil constitutionnel a entendu l’avocat de l’association et le représentant du gouvernement lors d’une « courte audience » ce mardi.

Pour Maitre Molinié, avocat de l’UNAFTC, « la procédure actuelle est très imparfaite », car « elle ne fixe aucun garde-fou » à l’arrêt des traitements à l’issue d’une décision collégiale. Dans ces situations où les patients sont en état végétatif ou pauci-relationnel « la consultation de la famille ne suffit pas, leur adhésion doit être recherchée et dans toutes les situations où la volonté du patient ne peut être reconstituée avec certitude, le doute devrait profiter au droit fondamental à la vie ». L’avocat déplore le trop grand pouvoir laissé au médecin, et « les lacunes du droit au recours des familles dans de telles circonstances » : « rien ne permet de garantir que la décision [d’arrêt des traitements] ne sera pas exécutée dans l’hypothèse d’un recours ».

Xavier Pottier, représentant du Premier ministre, ne partage pas ces positions. Selon lui « lorsque le juge est saisi d’un référé, les établissements de santé et les équipes médicales attendent la décision du juge ». Mais Maitre Molinié a rappelé que mi-mai, le tribunal administratif de Paris saisi sur une décision d’arrêt des traitements a finalement « reçu une ordonnance de non-lieu car le patient est décédé, l’arrêt des traitements ayant été mis en œuvre avant que le tribunal puisse enregistrer le référé ». Il demande donc au législateur « de favoriser le législatif plutôt que le règlementaire à propos de la question de la fin de vie ».

Le Conseil Constitutionnel rendra public son délibéré la 2 juin.


Sources : genethique.org      
La Croix, Marine Lamoureux (23/05/2017); Hospimedia, Jérome Robillard (23/05/2017)

 

 

A Hawaï, la Chambre des Représentants refuse le suicide assisté

par Gènéthique, 12/05/2017

A Hawaï aux Etats-Unis, le 4 mai dernier, la Chambre des Représentants a refusé la proposition de loi, « aide compassionnelle à mourir », inspirée de la loi en vigueur en Oregon, alors qu’elle avait été approuvée à 22 voix contre 3 par le Sénat. Suite à ce rejet, le Président de la Chambre des Représentants, Joseph Souki, a démissionné : il lui était reproché « sa partialité » concernant ce texte.

En pratique, les médecins ne seront pas autorisés à prescrire des « barbituriques aux patients terminaux ».

Alors qu’un « courant idéologique où la souffrance est vue comme un mal absolu et l’autonomie personnelle comme garant des libertés individuelles » ne cesse de croitre, « Hawaï affirme que l’assistance à mourir n’est pas indispensable pour assurer une fin de vie digne ».

Source :  genethique.org         Institut Européen de Bioéthique

 

 

Le Manitoba protégera les médecins qui refusent de fournir l'aide médicale à mourir

 

Le gouvernement du Manitoba dépose un projet de loi qui vise à protéger les médecins et les infirmiers praticiens qui refusent de fournir l'aide médicale à mourir.

En vertu de la nouvelle loi provinciale, il sera interdit à tout organisme de réglementation d'une profession d'adopter des règles ou des normes obligeant ses membres à fournir l'aide médicale à mourir ou à participer à la prestation de cette aide.

"La loi protégera les droits de ceux qui ne veulent pas participer à la prestation de l'aide médicale à mourir pour des raisons de conscience, de croyances religieuses ou toute autre raison."

Kelvin Goertzen, ministre de la Santé du Manitoba

« Cette loi servira à s'assurer que les professionnels de la santé qui ne veulent pas participer à une mort médicalement assistée ne peuvent pas être obligés de le faire et qu'aucune mesure disciplinaire ne peut être imposée à la suite d'un refus », a déclaré le ministre de la Santé, Kelvin Goertzen.

En vertu de la loi fédérale adoptée en juin 2016, les Canadiens peuvent demander de recevoir l'aide médicale à mourir, mais les établissements de santé et les professionnels de la santé peuvent refuser d'offrir cette aide en raison de leurs croyances, religieuses ou autres.

Au moins trois hôpitaux de Winnipeg ont exercé le droit de s'opposer à fournir l’aide médicale à mourir, soit l'Hôpital Saint-Boniface, l'Hôpital Concordia et l'Hôpital Misericordia.

Source : radio-canada.ca

 

 

Les drogues antidouleur tuent

La lutte effrénée contre toute forme de douleur a popularisé le recours aux drogues antalgiques dérivées de l'opium. Avec une mortalité galopante à la clé.

par Didier Raoult

Les deux seules causes de mortalité qui progressent de manière significative aujourd'hui sont l'obésité, en grande partie causée par la consommation de sucre, et l'usage de drogues antalgiques dérivées de l'opium, comme l'a mis en évidence une évaluation récente des causes de mortalité dans le monde. Un article publié en mars dans la revue Science (1) insiste d'ailleurs sur la nécessité absolue de trouver rapidement des traitements antalgiques qui soient non addictifs et moins dangereux.

En effet, aux États-Unis, on a noté ces quinze dernières années une multiplication par quatre du nombre de décès liés à l'usage de médicaments dérivés de l'opium. Ces substances, autrefois réservées à un usage très limité et hospitalier pour les douleurs aiguës post-traumatiques, pour les douleurs neurologiques ou dans le cadre de soins palliatifs, sont désormais prescrites d'une manière extrêmement banale. Alors qu'elles sont utilisées pour soulager aussi bien des douleurs dentaires que des douleurs chroniques non malignes, leur usage explose.

Légalisation du cannabis thérapeutique

Les 60 % de la population se plaignant d'avoir des douleurs dans le dos constituent un vaste marché ouvert aux drogues dérivées de l'opium et à ses conséquences funestes. La lutte contre la douleur a pris un tour absolument incontrôlable, au point de mettre à mal le vieux précepte du serment d'Hippocrate « D'abord ne pas nuire », au profit d'une désormais priorité absolue : la lutte contre toutes les douleurs. Pourtant, les antalgiques opioïdes ont montré leur totale inefficacité au-delà de trois mois de traitement pour soulager les douleurs chroniques sans lésions. Pis, ces substances étant addictives, l'augmentation permanente de la dose devient nécessaire. Parfois, les médecins prescrivent des antalgiques majeurs, extrêmement dangereux, comme ceux administrés aux chanteurs Prince et Michael Jackson pour des douleurs banales, à l'origine de leur décès.

Face à cette situation inquiétante, il est indispensable de restreindre de manière drastique le recours aux opiacés et d'arrêter de croire que la priorité absolue de la médecine moderne est de soulager sans discernement toutes les douleurs par des drogues. Simultanément, il est nécessaire de développer de nouvelles molécules non addictives. En ce sens, la légalisation du cannabis thérapeutique comme drogue antalgique dans un nombre croissant de pays constitue un signe important. En effet, le cannabis est l'une des drogues les moins addictives, et il est clair que ses dérivés font partie du hit-parade des futures drogues, associant effets antalgiques et euphorisants, sans risques d'addiction avérés. L'intolérance à la douleur de nos sociétés modernes et le fait que celle-ci soit devenue une cause de compassion majeure ont transformé une partie de la population occidentale en drogués institutionnels aux opiacés. La mortalité galopante qui en découle ne fait pas la une des journaux, ni ne préoccupe l'OMS.

(1) Grosser T, Woolf CJ, FitzGerald GA. Time for Nonaddictive Relief of Pain. Science. 2017 Mar 10;355(6329):1026-1027

Source : lepoint.fr

 

 

Avortement : le Comité des droits de l’homme de l’ONU dénonce l’Italie coupable d’avoir trop de médecins objecteurs de conscience

par Jeanne Smits, 30/03/2017

Les droits de l’homme varient selon leurs bénéficiaires ; tout comme il n’y a pas de liberté pour les ennemis de la liberté et que certains animaux sont plus égaux que d’autres. L’Italie vient de l’apprendre à ses dépens, elle qui fait l’objet d’un rapport négatif de la part du Comité des droits de l’homme de l’ONU chargé d’évaluer régulièrement chez les pays membres des Nations unies le degré de leur respect à l’égard de la Déclaration internationale des droits de l’homme. Elle est accusée de ne pas assurer convenablement l’accès à l’avortement en raison du « grand nombre de médecins » objecteurs de conscience. Et tant pis si le droit à l’objection de conscience est, éminemment, un droit de l’homme !
 
Le rapport 2017 s’exprime donc comme si l’accès à l’avortement était un « droit », en tout cas dès l’instant où il est légal. Un droit opposable à la collectivité : l’Italie n’est-elle pas invitée à en assurer l’exercice effectif ? Et pourquoi pas un droit opposable à celui qui en refuse le principe pour des raisons de conscience, fût-il et même surtout lorsqu’il est médecin. Les termes « objection de conscience » sont explicitement employés par le comité de l’ONU pour dénoncer la situation en Italie.
 

Trop de médecins objecteurs conscience… ou trop de demandes d’avortement ?


Dans son chapitre intitulé « interruption volontaire de grossesse », le rapport 2017 se dit inquiet des « difficultés » qui lui ont été signalées « par rapport à l’accès à l’avortement légal en raison du grand nombre de médecins qui refusent de pratiquer des avortements pour des raisons de conscience, et de la manière de leur répartition dans le pays ».
 
Ce faisant l’agence onusienne s’aligne purement et simplement sur les revendications du Planning familial puisque le réseau européen de la Fédération internationale du Planning (IPPF EN) a ouvert les hostilités en 2012 en soumettant une plainte contre l’Italie au Comité européen des droits sociaux, invoquant là encore la difficulté d’accéder à l’avortement en raison du nombre élevé d’objecteurs de conscience, ce qui constituait selon lui une « violation du droit à la santé ».
 
L’objection de conscience face à la pratique de l’avortement fait l’objet d’une protection légale explicite en Italie et elle est le plus souvent invoquée, dans les faits, pour des raisons religieuses. Les objecteurs n’hésitent d’ailleurs pas à se justifier au nom de leur droit à la liberté religieuse.
 
Le rapport 2017 attribue à la prévalence de l’objection de conscience la responsabilité d’un problème qu’elle évoque sans apporter la moindre preuve ni donnée chiffrée de son existence : le nombre d’« avortements clandestins » pratiqués selon l’ONU en Italie.
 

Le Comité des droits de l’homme de l’ONU dit à l’Italie de légaliser l’adoption homosexuelle


Le rapport enjoint donc à l’Italie de prendre des mesures pour que les femmes puissent accéder librement et effectivement à l’avortement, en mettant par exemple en place un système permettant aux femmes d’être dirigées vers un médecin prêt à avorter quand le leur s’y refuse. Inutile de dire que cela constitue déjà en soi une violation de la conscience puisque l’objecteur se trouve alors obligé de se faire complice d’un acte qu’il considère comme le meurtre d’une personne humaine innocente.
 
Allant encore plus loin dans la promotion de la culture de mort – et outrepassant complètement ses droits et compétences puisque la Charte des droits de l’homme ne prévoit rien de tel – le comité de l’ONU regrette que l’Italie ait légalisé l’union civile sans prévoir un droit à l’adoption pour les homosexuels, et dénonce « son refus persistant de permettre aux couples homosexuels d’accéder à la fécondation in vitro ». A quoi s’ajoute une demande insistante de voir mettre en place une législation anti-discrimination protégeant explicitement les LGBTI de la « haine » de leurs concitoyens.
 

Jeanne Smits

 

Source : reinformation.tv

 

 

15 ans après sa dépénalisation en Belgique, qui sont les victimes collatérales de l’euthanasie ?

par Gènéthique, 20/03/2017

En Belgique, l’euthanasie a été dépénalisée le 28 mai 2002. 15 ans après, la pratique s’est développée et la loi a été étendue. Mais les conséquences sont lourdes pour l’ensemble de la société.

Votées à l’origine pour accompagner la fin de vie de personnes confrontées à des souffrances physiques ou psychiques insupportables, les lois dépénalisant l’euthanasie ou le suicide assisté ont engagé les pays sur une pente glissante. En Belgique, l’euthanasie peut désormais être demandée par des mineurs, des personnes en détresse psychique, ou des personnes atteintes de polypathologies dues à l’âge... Aux Pays-Bas, alors qu’un médecin vient d’administrer contre son gré un cocktail létal à une personne démente, la ministre de la santé parle d’élargir l’accès de ce « service » aux personnes de plus de 75 ans qui estiment avoir eu une « vie complète ». Il y a un an, la France a ouvert la boîte de Pandore en autorisant la sédation profonde et continue jusqu’au décès avec arrêt des traitements. Une euthanasie qui ne dit pas son nom. A l’autre bout du monde, la Nouvelle Zélande s’interroge à son tour sur l’opportunité d’une telle législation. Mais à mesure que se multiplient les lois permissives, les conséquences délétères de l’euthanasie se disent.

15 ans après la dépénalisation de l’euthanasie en Belgique, Carine Brochier de l’Institut Européen de Bioéthique (IEB) en analyse pour Gènéthique les dommages collatéraux.

Gènéthique : Quel est votre premier constat ?

Carine Brochier : Les promoteurs de l’euthanasie affirment que « tout est maîtrisé ». Je ne le crois vraiment pas. L’application de la loi sur l’euthanasie est difficile à contrôler principalement parce qu’elle est soutenue par deux concepts : celui de l’autonomie du patient et celui de la souffrance physique ou psychique insupportable qu’il est difficile d’appréhender. Ce concept n’est ni mesurable, ni quantifiable. Il est donc forcément tributaire d’une évaluation ou d’un ressenti purement subjectif qui, de ce fait, échappe à tout contrôle. L’individu autonome en est le seul maître, car il peut même refuser que le médecin allège sa souffrance. La justification de l’acte a par ailleurs évolué. Actuellement, l’argument de la souffrance inapaisable est difficilement recevable parce que la prise en charge en soins palliatifs, lorsqu’ils sont performants et disponibles, permet de la soulager dans 96% des cas. Le diktat aujourd’hui est celui de l’autonomie du patient tout puissant qui s’impose aux médecins : « Faites ce que je vous ai demandé ! Faites ce que je veux ». Et ce, quelles que soient les alternatives possibles comme, par exemple, les soins palliatifs. C’est tellement fort que l’euthanasie est en passe d’être banalisée, de devenir un « acte de soin » comme un autre, accessible plus ou moins facilement, et même intégré dans la dénominatif des « Soins palliatifs intégraux ». L’euthanasie est présentée par les médias comme étant la meilleure façon de mourir sans souffrance, sans souci, en toute liberté pour ne pas se sentir « passer ».

C’est ainsi qu’au fil des années, on est passé de l’euthanasie de personnes en toute fin de vie pour des souffrances irréductibles, à l’euthanasie des personnes atteintes de problèmes psychologiques ou psychiatriques, et surtout à l’euthanasie des mineurs…  N’est-ce pas là un glissement réel et évident ?

Aux Pays-Bas, la ministre de la santé, Edith Schippers, parle de permettre l’accès à l’euthanasie aux personnes âgées qui ne sont pas malades et qui ont plus de 75 ans. Elles pourront demander à un « assistant de fin de vie » de provoquer leur mort. Avec toute la contradiction que revêt cette ouverture : ces personnes se veulent autonomes mais demandent que quelqu’un d’autre provoque leur mort.

G : Avec le recul de ces 15 années, quelles sont les conséquences de ces lois sur le tissu social ?

CB : C’est véritablement là le nœud du problème, car la pratique de l’euthanasie commence à montrer ses effets délétères. En attestent les échanges téléphoniques et les courriels de soignants et de proches qui livrent leurs vécus dans la confidentialité, en ayant cherché le contact de l’IEB. Ils sont assez nombreux pour nous interpeller.

La personne qui, au nom de l’autonomie, revendique aujourd’hui la maîtrise de sa propre mort, impose son choix à la société toute entière. La personne, même malade, qui demande à ce qu’on provoque sa mort n’est pas la seule concernée par cet acte qui est loin d’être neutre socialement. Les conséquences vont se répercuter en cercles concentriques sur tous ceux qui de près ou de loin sont témoins ou acteurs de cet acte de mort provoquée. Affirmer cela, n’est pas manquer de compassion. C’est tout simplement quitter le seul intérêt de la personne, certes en souffrance, pour ouvrir l’horizon vers l’ensemble des personnes qui l’entourent et la soignent.

G : Qui pourrait pâtir de ces dommages collatéraux ? 

CB : Un des premiers cercles, est le cercle familial. Je reçois des témoignages  d’adultes qui racontent les disputes entre frères et sœurs lorsqu’il s’agit d’accompagner un papa qui a demandé à être euthanasié. Le frère soutient la demande du papa ; la sœur s’y refuse et pourtant, c’est bien elle qui le veille depuis plusieurs jours. Imaginez le malaise et la position de l’équipe soignante. Ce type de situation a déjà conduit à des impasses insupportables : atteinte d’un cancer en phase terminale, une femme hésitait. Elle n’arrivait pas à prendre une décision, bien que son médecin l’assure que c’était ce qu’il y avait « de mieux pour elle ». Les tensions entre les enfants, la maman et le médecin ont été très loin. Dans d’autres cas, les enfants invitent leur mère malade à écrire sa demande d’euthanasie « au cas où… ».

G : Est-ce qu’il existe des alternatives à ce qui apparaît comme une espèce d’inexorable fuite en avant ?

CB : Avant de parler des alternatives, il faut tout d’abord, se réveiller et comprendre ce qui est en train de se mettre en place sans que nous nous en apercevions. La vraie solution est celle d’un accompagnement, d’un accompagnement jusqu’au bout qui prenne en compte la souffrance et l’isolement des personnes. Je pense à cette femme de 80 ans qui a de la visite, qui voit ses petits-enfants et qui pourtant exprime le poids de sa solitude. Pourquoi ? Elle ne se sent plus connectée aux autres. Par exemple, elle ne sait pas par quel bout prendre un Ipad. Elle ne croit plus pouvoir entrer en relation avec ceux qui l’entourent. Autour d’elle tout le monde court, tout le monde est surchargé entre les parents âgés, les enfants, les petits enfants, est-il encore possible de prendre correctement soin de tout le monde ? Elle développe une forme d’autisme qui l’isole ; elle ne veut plus vivre.

G : Les médecins, les soignants sont-ils épargnés ?

CB : Non ! Evidemment pas ! Ils sont même en première ligne : il y a des hôpitaux ou des maisons de repos et de soins pour personnes âgées (MRS) où les équipes médicales sont prises en otage. Parmi les médecins, ceux qui refusent de pratiquer l’euthanasie sont accusés d’être sans cœur et de laisser « le sale boulot » aux autres. Cette simple réflexion montre bien que l’acte est difficile pour tous, et que le personnel soignant sait très bien qu’il s’agit d’un acte nuisible, qui peut « abîmer » ceux qui le pratiquent.

D’ailleurs, après une euthanasie, ne voit-on pas des psychologues accompagner l’équipe médicale pour les aider à évacuer le stress, les sentiments et les émotions ? Là encore, la nécessité d’une prise en charge manifeste bien que l’euthanasie est loin d’être un acte neutre.

Un médecin racontait qu’un psychologue avait invité les médecins qui pratiquent l’euthanasie à prendre des distances par rapport à la situation, à se déshumaniser et à mettre de côté leurs réactions humaines. Est-ce vraiment ce qu’on est en droit d’attendre des équipes médicales ? Est-ce qu’on n’est pas en train ici de provoquer une souffrance sous prétexte de soulager la souffrance du patient ? Cet acte qui provoque la mort met à mal la nature et la vocation du médecin et de son équipe. Un médecin qui vient d’euthanasier un « malade » ne sera pas le même pour le patient suivant. Comment le pourrait-il quand le précédent lui a imposé de se distancier, de se déshumaniser, de laisser mourir une part de lui-même pour accéder à son désir de mort ? L’euthanasie touche à l’alliance thérapeutique qui existe entre le médecin et ses patients. Si le praticien se déshumanise pour se protéger, il ne sera plus en mesure de contribuer au bien-être du malade.

Un oncologue racontait que, quand un patient en fin de vie est admis à l’hôpital et demande l’euthanasie, c’est une énorme vague de stress à gérer pour le médecin qui sait que son équipe n’est pas prête à poser ce geste létal.

Que dire de ce médecin, qui a pratiqué l’euthanasie au cours de sa carrière et qui se plaint de se réveiller la nuit avec à l’esprit les visages des patients qu’il a euthanasiés ? Un autre témoigne « Je ne peux plus accepter cette année de patient en demande d’euthanasie, sinon je vais craquer ».

Et ceci n’est pas seulement le propre des médecins belges. En Ontario, des médecins initialement inscrits comme candidats pour pratiquer l’euthanasie se retirent et le font savoir publiquement. Leur nombre est suffisamment important pour interroger. Certains avouent éprouver un profond mal être. Qui que nous soyons, nous ne sommes pas faits pour mettre fin à la vie de l’un des nôtres.

C’est pourquoi, on ne peut que saluer le courage du soignant qui ose le dire et se fait ainsi respecter dans sa véritable vocation, celle de soigner. C’est un acte de résistance face à la dictature de la toute-puissance de l’« individu qui a le droit de mourir ». Penser que l’euthanasie est la meilleure façon de quitter ce monde est un mensonge total ! A moyen ou long terme, l’euthanasie constitue, me semble-t-il, une déflagration sociétale dont on ne mesure pas encore les effets.

G : Comment les choses se passent-elles au niveau de l’hôpital ?

CB : Là encore rien n’est simple. Les hôpitaux et MRS sont soumis à des pressions du gouvernement ou de certains organismes qui leur imposent d’inclure l’euthanasie comme un acte médical normal, comme l’acte médical ultime, sous peine de se voir entrainés dans des procès en justice ou médiatiques, ou encore d’être privés de subventions. Ce qui se joue, c’est l’indépendance des institutions dans la prise de leurs propres décisions, c’est leur liberté d’action. C’est un véritable totalitarisme qui s’insinue à travers ce chantage. Pourtant, même d’un point de vue légal, il n’existe aucun droit à l’euthanasie, la loi n’a fait que dépénaliser l’acte. Le médecin bénéficie de la clause de conscience et n’a aucun devoir de provoquer la mort de son patient. Mais pour éviter les problèmes avec leur hiérarchie et préserver leur carrière, certains infirmiers ou certains docteurs se plient à la pratique de l’euthanasie. La clause de conscience est alors réellement menacée.

Un médecin généraliste nous racontait la semaine dernière que la majorité des patients à qui il annonçait les résultats d’une biopsie, avant de s’effondrer, avaient un seul réflexe : « Docteur, je veux l’euthanasie. Vous le marquez dans mon dossier ! ». En 15 ans, l’euthanasie s’est imposée comme la meilleure façon de mourir, un peu comme une assurance « mort » pour être sûr d’échapper à ce qu’on ne maîtrisera peut-être plus. Dans ces situations, les médecins prennent un temps considérable à expliquer ce que sont les soins palliatifs qui, en Belgique, sont performants. C’est ainsi aussi que la pratique médicale se trouve modifiée.

Et quand les personnes malades ou âgées pensent qu’elles vont devenir un fardeau pour leurs familles, qu’elles comparent le coût d’une euthanasie à celui des soins palliatifs, elles imaginent que demander la mort est la solution la plus altruiste. Elles ne comprennent pas que même dépendantes et fragiles, elles apportent un autre sens aux relations avec leurs proches.

Je pense à ce repas de famille, un dimanche à midi. La grand-mère reçoit enfants et petits-enfants. Et voilà que l’un d’eux raconte, entre la poire et le fromage, que sa voisine a enfin demandé l’euthanasie et qu’elle est décédée la semaine passée, ajoutant que « c’est un soulagement » pour ses enfants. Que pourra conclure cette grand-mère pour elle-même ? Faudra-t-il qu’elle aussi demande l’euthanasie pour soulager sa famille ? Ces situations sont réelles et elles commencent à être connues.

G : Les dérives de la loi étaient prévisibles, ses conséquences concrètes l’étaient peut-être moins, mais aujourd’hui vous tirez le signal d’alarme…

CB : En autorisant les médecins à provoquer la mort de leurs patients, l’Etat menace le vivre ensemble, les liens patients-médecins, les liens entre soignants et la solidarité citoyenne. L’euthanasie ne tue pas seulement la personne qui la réclame, elle tue le système de santé. Elle tue aussi les relations et les liens sans cesse à tisser qui font la grandeur d’une société humaine civilisée digne de ce nom.

Source :  genethique.org