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Euthanasie en Nouvelle-Zélande : les personnes handicapées inquiètes

par Gènéthique, 15/10/2020

Alors que les Néo-Zélandais se prononceront sur la dépénalisation de l’euthanasie lors d’un référendum le 17 octobre, des personnes handicapées se disent inquiètes. Bien que la loi prévoie d’autoriser le suicide assisté uniquement pour les personnes en phase terminale, ses détracteurs dénoncent une limite floue. La commissaire aux droits des personnes handicapées, Paula Tesoriero, amputée et ancienne paralympienne, affirme qu’il n’existe pas de critère de distinction claire entre le handicap et la maladie en phase terminale définie comme un « état avancé de déclin irréversible de ses capacités physiques ». Selon elle, « il existe de nombreux types de handicap, y compris les maladies neuromusculaires, qui sont terminales par leur nature même ». Et « nombre de personnes handicapées sont très susceptibles d’être éligibles, ou de le devenir facilement » estime-t-elle.

« Si toutes les personnes handicapées ne sont pas vulnérables, beaucoup le sont », alerte la commissaire. Le Dr Huhana Hickey, avocat et défenseur des personnes handicapées souffrant elle-même de sclérose en plaques, partage son inquiétude. « La société sous-estime déjà les personnes handicapées et donne à beaucoup le sentiment qu’elles sont des « déchets » du système de santé, estime-elle. Pouvez-vous imaginer ce qui se passera si [cette loi] entre en vigueur ? »

 

Source : genethique.org

 

L'euthanasie à marche forcée

par Charlotte d'Ornellas, 20/09/2020

Emmanuel Macron a récemment refusé d'accéder à la demande d'un citoyen français gravement malade, militant de la légalisation de “l'aide active à mourir” . Des députés dits “progressistes” espèrent déjà modifier la loi.

Jean-Louis Touraine n'aime pas le mot “euthanasie”, mais espère déjà que le Parlement français se penchera sur « l'aide active à mourir » d'ici à la fin du mandat d'Emmanuel Macron. Il vient de réactualiser sa proposition de loi et souhaite la soumettre rapidement à ses collègues. Pourquoi maintenant ? En raison de la récente médiatisation de l'histoire d'Alain Cocq, un homme atteint d'une maladie dégénérative qui a demandé au chef de l'État de lui accorder l'euthanasie « à titre compassionnel ». Emmanuel Macron a répondu que même le président n'est « pas au-dessus des lois ». Dans l'entourage élyséen, on précise que « le président n'est pas favorable à une évolution de la législation sur la fin de vie » et qu'il préconise plutôt de « faire connaître et faciliter l'application de la loi Claeys-Leonetti ».

À ceci près que cette loi, votée en 2016, ne semble pas satisfaire grand monde. À l'époque, François Hollande avait renoncé à dépénaliser clairement l'euthanasie juste après l'énorme mobilisation de La Manif pour tous. Mais beaucoup, alors, considéraient la loi Claeys-Leonetti comme “transitoire”. À commencer par la ministre de la Santé de l'époque, Marisol Touraine, qui voyait cette loi comme « un pas supplémentaire en direction » de l'euthanasie, et qui y décèle encore aujourd'hui « un changement de paradigme historique sur lequel on ne pourra pas revenir ». En l'occurrence, le droit de “choisir sa mort”.

Concrètement, cette loi concerne les « malades et personnes en fin de vie », sans que nul n'ait jamais clairement défini la “fin de vie”. Elle s'adresse en réalité à des personnes atteintes d'une « affection grave ou incurable » ainsi qu'à celles qui décident d'arrêter un traitement en engageant ainsi leur pronostic vital : la loi leur permet alors d'avoir recours à une « sédation profonde et continue […] jusqu'au décès ».

L'intention du médecin relève bien d'un acte d'euthanasie

Les opposants à l'euthanasie y voient une pudeur hypocrite, que résume le professeur d'éthique médicale à l'université Paris-Saclay Emmanuel Hirsch : « L'intention du médecin relève bien d'un acte d'euthanasie, mais différé dans le temps plutôt que de provoquer une mort rapide. » Il reconnaît à Alain Cocq le mérite de lever le voile sur les ambiguïtés de la loi. Car ce dernier fait partie des militants de l'euthanasie : il aurait pu se suicider, il aurait aussi pu réclamer la sédation profonde et continue après avoir arrêté ses traitements, son hydratation et sa nutrition. Dès lors, il aurait été, de facto, en fin de vie. Mais Alain Cocq a refusé de mourir « dans les vapes », réclamant la légalisation du suicide médicalement assisté. Devant une trop grande souffrance causée par sa décision d'arrêter traitements et alimentation, il a finalement accepté de bénéficier de soins palliatifs, mais compte poursuivre son combat.

Cette fois-ci, Emmanuel Macron a dit non. Mais un an plus tôt, à l'époque de l'“affaire” Vincent Lambert, le gouvernement ne s'était pas empêché d'intervenir. Au terme d'une interminable bataille juridique, la cour d'appel de Paris venait d'ordonner la reprise de l'alimentation et de l'hydratation de Vincent Lambert, le gouvernement s'était alors pourvu en cassation. Vincent Lambert a fini par mourir, neuf jours après le début d'une sédation profonde et continue alors qu'il n'était pas en fin de vie et qu'il n'avait jamais rédigé de directives anticipées. Quelque 1 500 personnes se trouvent aujourd'hui dans la situation de Vincent Lambert, accompagnées dans des établissements spécialisés. Si Vincent Lambert est mort au nom d'une conception de la mort “dans la dignité”, quel est pour eux le message ainsi adressé ? La société oserait-elle répondre que leur existence est indigne d'être vécue ?

La situation avait fait réagir Michel Houellebecq. Discret sur les questions qui animent la société, si ce n'est dans ses romans, l'écrivain était sorti de son silence dans les colonnes du Monde , puis en préface de l'ouvrage d'Emmanuel Hirsch consacré à ce sujet ( Vincent Lambert, une mort exemplaire ?, Les Éditions du Cerf). À l'époque, Houellebecq se demandait si le devoir de la société n'était pas de prendre en charge, de soigner et de donner un cadre de vie à ces patients très lourdement handicapés. Sa réponse était sans appel : « La réponse est oui, pour des raisons morales évidentes (et, si notre société venait à répondre par la négative, je devrais, dès lors, me séparer d'elle). » Aujourd'hui encore, l'écrivain est terrifié par ce qui s'est passé, et peut-être plus encore par l'évolution euthanasique que certains souhaitent.

Des limites sans cesse discutées ou repoussées

Écrivain populaire s'il en est, l'homme est pourtant bien seul sur ce terrain. Comme le répète Jean-Louis Touraine, 96 % des Français attendent qu'on laisse la possibilité à ceux qui le demandent et qui sont en fin de vie de choisir leur mort. Le député insiste sur les quelques “affaires” qui ont défrayé la chronique et qui semblent appeler un changement. L'émotion a emporté le débat, dans une société décidément façonnée par l'individualisme, le matérialisme et le relativisme : chacun désire maintenant choisir sa mort, sous la contrainte abstraite de l'imagination du pire.

Du côté des soignants concernés, le discours est parfois très différent. C'est le cas d'un collectif de 175 associations de bénévoles en soins palliatifs, qui commente le chiffre : « C'est une demande de bien-portants, qui occulte la parole des patients ! Personne ne peut se projeter sincèrement dans sa fin de vie et affirmer savoir ce qu'il souhaiterait alors effectivement. » Alain Cocq et d'autres avant lui semblent démentir. Mais combien n'ont pas de parole médiatique ? Combien pourraient raconter une réconciliation de dernière minute, une amélioration inespérée, une fin de vie entourée et paisible ? Sans doute la notion de “dignité” s'en trouverait-elle changée.

Si la loi devait - déjà - évoluer, il faudrait regarder alentour. Certains pays ont déjà dépénalisé l'euthanasie et les limites ne cessent jamais d'être discutées ou repoussées. Dès lors que le principe de l'interdiction de tuer est bafoué, qui pourra contester la légitimité de tel ou tel à vouloir mourir ? Pourquoi certains seraient autorisés à bénéficier d'un suicide médicalement assisté et d'autres non ? Au nom de quels principes supérieurs à la liberté individuelle puisqu'elle prévaut déjà dans le débat ? En d'autres termes, continuerons- nous à être un pays où on envoie les pompiers sauver celui qui tente de se jeter d'un pont parce que nous préférons aider à vivre plutôt qu'à mourir ? Et que celui qui établit une différence entre un jeune dépressif et un handicapé lourd, entre un adolescent désespéré et une personne très âgée se pose la question : qui décide de la dignité d'une personne si la dignité n'est plus inhérente au fait même d'être une personne ? Le débat devrait, au minimum, donner le vertige.

Source : valeursactuelles.com

 

Objection de conscience aux Etats-Unis: victoire des Petites sœurs des pauvres -

par Zenit, 09/07/2020

« Deux arrêts de la Cour suprême en faveur de la liberté religieuse », titre Radio Vatican, ce 9 juillet 2020, après la victoire des Petites soeurs des pauvres et de deux écoles catholiques des Etats-Unis.

« C’est une double-victoire pour la liberté religieuse aux États-Unis : dans deux arrêts distincts, la Cour suprême s’est prononcée en faveur d’une congrégation religieuse féminine et de deux écoles catholiques qui avaient fait appel. La première, pour la reconnaissance du droit à l’objection de conscience dans l’application de l’Affordable Care Act (la réforme des soins de santé de l’ancienne administration Obama plus connue sous le nom d’Obamacare, ndlr), et pour le respect de la liberté d’enseignement dans les écoles confessionnelles », explique Radio Vatican.

Et de préciser la victoire pour l’objection de conscience des Petites sœurs des pauvres, qui aident les personnes âgées en état de précarité: « Les religieuses avaient fait appel des dispositions prévues par l’Obamacare prévoyant l’obligation, également pour les institutions religieuses, de couvrir les services d’avortement et de contraception dans les plans d’assurance de leurs employés, sous peine de sanctions sévères. La congrégation avait déjà remporté une victoire importante en 2014, lorsque la Cour suprême elle-même avait reconnu son droit à être exemptée de cette obligation. Les Petites sœurs des pauvres avaient toutefois déposé un deuxième recours, cette fois contre le compromis conclu avec le gouvernement, qui donnait la possibilité aux organisations confessionnelles de refuser la couverture d’assurance pour la contraception, avec ce que l’on appelle l' »opt-out », tout en permettant aux employés qui optent pour ces services d’être remboursés par l’État. Selon les Petites sœurs des pauvres, ce compromis les rendait complices de la fourniture de contraceptifs, ce qui était contraire à leurs principes religieux. »

Pour ce qui est des écoles, la radio du pape ajoute: « Le deuxième arrêt de la Cour suprême concerne la liberté des établissements d’enseignement confessionnel de sélectionner leur personnel sur la base de leurs principes religieux et donc sans interférence des autorités de l’État. Dans cette affaire, le tribunal de dernière instance du système judiciaire fédéral s’est prononcé en faveur de l’école Our Lady of Guadalupe et de l’école St James. »

Radio Vatican fait état de la réaction positive des évêques des Etats-Unis: « Les évêques américains saluent «un pas en avant important» pour la liberté religieuse et de conscience dans le pays. Deux déclarations en ce sens ont été publiées: la première par Mgr Thomas G. Wenski, président de la Commission pour la liberté religieuse de la Conférence épiscopale (USCCB), et Mgr Joseph F. Naumann, président des activités pro-vie des évêques, et la seconde, toujours par Mgr Wenki et Mgr Michael C. Barber, S.J. d’Oakland, président de la Commission pour l’éducation catholique de l’USCCB. »

La liberté de l’éducation

Ils insistent sur le respect de l’objection de conscience: « Le long litige des Petites Sœurs des Pauvres, comme dans d’autres cas similaires, aurait pu être évité en exemptant tous les objecteurs de conscience de l’obligation d’assurance pour les contraceptifs. «La contraception n’est pas un soin de santé» et «le gouvernement n’a pas le droit de forcer un ordre religieux à coopérer avec le mal», souligne la déclaration avec force, exprimant l’espoir que le jugement «clôturera définitivement cette affaire de discrimination gouvernementale contre les personnes de foi» et appelant à la vigilance pour l’avenir. »

Pour ce qui est de la liberté de l’éducation, Radio Vatican relève également la réaction des évêques: « « L‘éducation est un aspect central de la mission de l’Église: c’est une des œuvres spirituelles de miséricorde», rappellent-ils dans la déclaration. «Les écoles Our Lady of Guadalupe et St James ont le droit, reconnu par la Constitution, de sélectionner le personnel qui exerce ce ministère de l’Église» et le gouvernement n’a pas le pouvoir d’interférer dans les décisions relatives à ce ministère. «La décision de la Cour suprême a reconnu à juste titre cette limitation de l’autorité de l’État». »

Source : zenit.org

 

 Pas d’avenir sans aînés. Appel international pour réhumaniser nos sociétés - Contre une santé sélective

par Zenit, 25/05/2020

Plusieurs personnalités, dont Andrea Riccardi, Romano Prodi, Jurgen Habermas, Navy Pillay, Jeffrey D. Sachs, Marie de Hennezel, Jean-Pierre Denis, Michel Wieworka ou encore Stefania Giannini ont signé une tribune publiée ce week-end dans les colonnes du journal Ouest-France, dans laquelle ils appellent à une prise d’initiatives en faveur des personnes âgées.

Cet appel fait suite à la mobilisation de la Communauté de Sant’Egidio à travers toute l’Europe en faveur des personnes âgées touchées par la crise sanitaire du Covid-19. Le 14 avril, Valérie Régnier publiait notamment une tribune dans le Figaro : «Ehpad fermés à clef : à l’extérieur, le déchirement, à l’intérieur, l’angoisse».

Traduit dans différentes langues et diffusé au niveau international, l’appel des personnalités s’adresse à tous, citoyens et institutions, pour un changement ferme des mentalités qui conduise à prendre de nouvelles initiatives, sociales et sanitaires, à l’égard des populations âgées.

Pour signer l'appel

Pas d’avenir sans aînés. Appel international pour réhumaniser nos sociétés, contre une santé sélective

Avec la pandémie du Covid-19 les personnes âgées sont en danger dans beaucoup de pays européens comme ailleurs. Les chiffres dramatiques des décès dans les institutions font frémir.

Il y aura beaucoup à revoir dans les systèmes de santé publique et dans les bonnes pratiques nécessaires pour rejoindre et soigner tout le monde avec efficacité, pour dépasser le placement en établissement.

Nous sommes préoccupés par les récits funestes des hécatombes qui se produisent dans les instituts pour personnes âgées. L’idée s’installe qu’il est possible de sacrifier leurs vies en faveur d’autres vies. Le pape François parle à ce propos de « culture du déchet » qui retire aux personnes âgées le droit d’être considérées comme des personnes et fait d’elles un numéro et, dans certains cas, même moins que cela.

Dans beaucoup de pays d’Europe, face à l’exigence des soins, nous voyons apparaître un modèle périlleux qui privilégie une «santé sélective», tenant pour résiduelle la vie des personnes âgées. Leur plus grande vulnérabilité, l’avancée en âge et les autres pathologies possibles dont elles sont porteuses justifieraient une forme de « sélection » en faveur des sujets plus jeunes et plus sains.

Se résigner à une issue de cette sorte est humainement et juridiquement inacceptable. Cela l’est également dans une vision religieuse de la vie, mais aussi dans la logique des droits de l’homme et de la déontologie médicale. Aucun « état de nécessité » ne peut être accepté qui légitimerait ou codifierait des dérogations à de tels principes. La thèse qu’une espérance de vie plus courte comporte une diminution « légale » de sa valeur est, d’un point de vue juridique, une barbarie. Que cela advienne par le moyen d’une imposition (par l’État ou par les autorités sanitaires) extérieure à la volonté même de la personne représente une expropriation intolérable de plus des droits de l’individu.

L’apport des personnes âgées continue d’être l’objet d’importantes réflexions dans toutes les civilisations. Il est fondamental dans la trame sociale de la solidarité entre les générations. Nous ne pouvons pas laisser mourir la génération qui a lutté contre les dictatures, qui a peiné pour reconstruire après la guerre et qui a construit l’Europe.

Nous croyons qu’il est nécessaire de réaffirmer avec force les principes de l’égalité de traitement et du droit universel aux soins, conquis au cours des siècles. Le moment est venu de dédier toutes les ressources nécessaires à la sauvegarde du plus grand nombre de vies et d’humaniser l’accès aux soins pour tous. Que la valeur de la vie reste la même pour tous. Celui qui méprise l’existence fragile et faible des plus âgés se prépare à dévaluer toutes les existences.

Par cet appel, nous exprimons notre douleur et notre inquiétude devant le nombre excessif de morts de personnes âgées ces derniers mois et nous appelons de nos vœux une révolte morale afin qu’un changement de direction s’opère dans le soin réservé aux aînés, afin surtout que les plus vulnérables ne soient jamais considérés comme un poids ou, pire, comme inutiles.

Premiers signataires:

Andrea Riccardi, historien, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio
Romano Prodi, ancien président du Conseil des ministres de la Commission européenne
Jeffrey D. Sachs, directeur de UN Sustainable Development Solutions Network
Aleksandra Dulkiewicz, maire de Gdansk, Pologne
Simonetta Agnello Hornby, écrivain, Royaume-Uni
Manuel Castells, professeur de sociologie de l’Université de Californie Berkeley, Espagne
Irina Bokova, ancienne directrice générale de l’UNESCO, membre du Haut comité pour la fraternité humaine, Bulgarie
Mark Eyskens, ancien premier ministre belge
Hans Gert Pöttering, ancien président du Parlement européen, Allemagne
Felipe González Márquez, ancien premier ministre espagnol
Marie De Hennezel, psychologue, France
Jean-Pierre Denis, directeur de l’hebdomadaire La Vie, France
Card. Matteo Zuppi, archevêque de Bologne
Adam Michnik, essayiste, directeur de Gazeta Wyborcza, Pologne
Michel Wieviorka, sociologue, président de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme de Paris, France
Giuseppe De Rita, fondateur de CENSIS
Stefania Giannini, directeur général adjoint de l’UNESCO
Maria Antónia Palla, journaliste, Portugal
Navi Pillay, juge, président ICDP, Afrique du Sud
Annette Schavan, ancienne ministre fédérale allemande de l’Éducation et de la recherche, Allemagne
Jürgen Habermas, philosophe, Allemagne

Pour signer l’appel

Source : zenit.org

 

 

L’imagerie cérébrale pour communiquer avec des patients inconscients ?

par Gènéthique, 19/03/2020

Des chercheurs canadiens ont eu l’idée d’appliquer la technologie fNIRS[1], functional near-infrared spectroscopy, pour tenter d’entrer en communication avec les patients atteints d’une grave lésion cérébrale. Les chercheurs ont demandé à des volontaires en bonne santé de s’imaginer en train de jouer au tennis. Un casque, placé sur la tête des volontaires, utilise des faisceaux de lumière détectant les zones actives du cerveau. Jouer au tennis « active une zone spécifique du cerveau utilisée pour planifier des mouvements complexes ». Les volontaires devaient ensuite s'imaginer en train de jouer au tennis pour répondre « oui », ou rester détendus pour répondre « non ». Si les chercheurs voient s’activer la zone spécifique du cerveau, ils en déduisent que la personne répond « oui ». « Cette découverte pourrait donner aux patients atteints de lésions cérébrales graves la possibilité de communiquer ».

Des recherches ont montré qu’après une lésion cérébrale laissant la personne inconsciente, 50 % des familles interrompent les soins dans les 72 heures qui suivent l’admission à l’hôpital. « Cela signifie que certains patients qui auraient pu bien se rétablir meurent ». En effet, des patients que l’on croyait inconscients ont pu montrer, grâce à un scanner fNIRS, qu’ils étaient capables de s’imaginer jouer au tennis, ou faire mentalement le trajet jusqu’à chez eux. « Plusieurs études ont montré que près de 15% des patients que l'on croyait dans un état végétatif persistant - défini par une absence totale de conscience de soi ou de son environnement - sont en fait conscients, d'après l'activité cérébrale révélée par les scanners. »

Cette découverte pourrait dans un premier temps aider le patient à exprimer sa douleur, ses symptômes, son opinion ou des souhaits particuliers. Les chercheurs canadiens estiment que l’outil serait aussi précieux face à la prise de décisions vitales comme le refus d’un traitement jugé disproportionné, par exemple. En cas d’accident ayant provoqué des lésions cérébrales graves, les familles se sentent très seules, sans pouvoir demander l’avis du patient, premier concerné. Cependant, la fNIRS peut difficilement être « utilisée de façon éthique », notamment pour trois raisons :

Les chercheurs ont identifié sans erreur, dans l’expérience des volontaires sains, 79 % des réponses positives et 71 % des réponses négatives. Si cette marge d’erreur est acceptable pour des questions à conséquences légères, elle est inacceptable quand il est demandé au patient s’il juge bon de continuer à être soigné.
Il faut s’assurer que le patient ait vraiment la capacité de poser des choix. « De graves lésions cérébrales peuvent entraîner des déficits cognitifs - ce qui nous donne des raisons d'être sceptiques quant à la capacité de décision d'un patient, en particulier lorsqu'il s'agit de prendre des décisions complexes concernant un traitement vital ».

Il ne faut pas sous-évaluer le fait qu’une décision prise en urgence, juste après un accident, dans un contexte de grande souffrance, peut être très différente de celle du même patient, quelques semaines plus tard. « Il peut éprouver une douleur ou une détresse aiguë, ce qui peut l'empêcher de mettre en balance ses souffrances actuelles et son potentiel de guérison future. Les recherches suggèrent également que les gens ont tendance à surestimer à quel point leur vie serait pire avec un handicap grave. Un patient qui, au départ, considère qu'une vie de handicap grave est pire que la mort peut voir les choses différemment une fois qu'il s'est adapté à sa situation. »

Source : genethique.org

 

 

Vivre vieux, une question de volonté ?

par Gènéthique, 09/04/2020, extraits

Selon une étude d’Orb Media, « l'âge que vous atteindrez dépend non seulement de votre attitude à l'égard du vieillissement, mais aussi de celle de votre entourage ». Cette étude « a conclu que les personnes ayant une attitude positive face au vieillissement vivent plus longtemps et ont une meilleure santé mentale ». A l’inverse, « ceux qui considèrent le vieillissement comme une mauvaise chose "sont plus susceptibles de souffrir d'une crise cardiaque, d'un accident vasculaire cérébral ou de mourir plusieurs années plus tôt" ».

Becca Levy, professeur d'épidémiologie à la Yale School of Public Health, mène des recherches sur l’attitude face au vieillissement depuis les années 1990. L’une des études qu’elle a conduites sur plusieurs décennies montre que « les Américains ayant une opinion positive du vieillissement vivent 7,5 ans de plus que ceux ayant une opinion négative ». Selon elle, c’est lié à la différence de « niveau de stress ». « Des études ont montré que le stress chronique peut non seulement faire vieillir le cerveau, mais aussi changer une personne au niveau cellulaire et accélérer le processus de vieillissement. »

Par ailleurs, « l'étude d'Orb a également montré que l'attitude d'une culture envers ses citoyens plus âgés peut avoir un effet important ». Ces résultats ont été obtenus après avoir interrogé « 150 000 personnes de 101 pays quant à leurs expériences et leurs opinions concernant le vieillissement et les personnes âgées ». « En utilisant une échelle de 1 (très peu de respect) à 5 (très grand respect), Orb a constaté que l'attitude moyenne est de 3,75 ». Avec de fortes disparités, les moyennes nationales allant de « 2,75 à 4,8 ».

Source : genethique.org

 

 

Au Portugal, Église et médecins s’opposent à la dépénalisation de l’euthanasie

par Vatican News, 13/02/2020

Jeudi 20 février, le Parlement portugais se penchera à nouveau sur un projet de loi qui avait été rejeté à une courte majorité fin mai 2018: celui sur l’encadrement de l’euthanasie et le suicide assisté. Un groupe de travail rassemblant des membres des principales confessions religieuses du pays y fait barrage, tout comme l'Ordre des médecins portugais.

«Un acte de démission collective énorme et grave»: c'est ainsi que le groupe de travail interreligieux “Religion-Santé” du pays définit les cinq textes de loi présentées par des partis politiques portugais - dont les socialistes au pouvoir - en faveur de la dépénalisation de l'euthanasie. Bien qu'il ait été bloqué en 2018, ce projet sera réexaminé par le Parlement de Lisbonne le 20 février prochain. Le groupe interreligieux, composé de catholiques, d’orthodoxes, de juifs, de bouddhistes, d’évangéliques, d’hindous, de musulmans, d’adventistes et de mormons s'y oppose à l'unanimité.

Pour le développement des soins palliatifs

«La possibilité légale de mort assistée par euthanasie ou suicide assisté, écrit le groupe dans une note, revient à encourager l'option de la mort, en particulier vis-à-vis de ceux qui vivent dans des conditions de solitude ou de fragilité et voient la mort comme une solution». «Nous croyons que l'inviolabilité de la vie humaine, don de Dieu, ainsi que la compassion comme fondement et norme de l'organisation et du fonctionnement social des communautés humaines, sont deux des plus importantes valeurs éthiques et spirituelles que les religions ont offert au cours des siècles à la civilisation dont nous sommes les héritiers», est-il aussi affirmé.

Partant de l'expérience de «la proximité avec les patients dans la vie quotidienne des centres hospitaliers», les signataires de la note réaffirment que «les malades accompagnés avec compétence et compassion ne demandent pas à mourir». La réponse à leur souffrance se trouve plutôt dans «les soins palliatifs», qui doivent être garantis par l'État «en quantité et qualité suffisantes» pour répondre aux besoins des patients. Seule «l'universalité du droit aux soins palliatifs peut protéger les plus faibles et isolés de l'envie de choisir de mourir», souligne le groupe, car les soins palliatifs «combinent judicieusement le respect de l'inviolabilité de la vie humaine, la compétence clinique et le souci des plus vulnérables».

L'opposition du Patriarche de Lisbonne

Le 20 février, le Parlement portugais examinera quatre nouveaux projets présentés par le “Bloque de Isquerda”, composé par le Parti socialiste, le Parti du peuple, des animaux et de la nature (Pan) et le Parti des Verts (Pev), tous majoritaires au sein de la législature actuelle. Mais le groupe interreligieux a annoncé qu’il demanderait une audition «urgente» avec le Chef de l'État, le président de l'Assemblée de la République et la commission parlementaire de la santé, afin de discuter des «ambiguïtés de la procédure actuelle».

L’appel du groupe interreligieux fait suite à celui lancé ces derniers jours par le Patriarche de Lisbonne et Président de la Conférence épiscopale portugaise, le cardinal Manuel Clemente, qui a rappelé que l'euthanasie est «un problème humanitaire» qui concerne tout le monde, car «l'humanité concerne tout le monde». Il est donc nécessaire que la société actuelle soit «intégralement palliative» selon lui, c'est-à-dire capable de «protéger, accueillir et associer» toutes les phases de la vie d'une personne, de la conception à la mort naturelle.

Contrairement à 2018, les évêques portugais ont par ailleurs défendu la tenue d'un référendum pour consulter la population dont ils pensent qu'une majorité rejetterait l'euthanasie. L'idée a toutefois très peu de chances d'être soutenue par le Parlement.

Les médecins refusent de «participer à des démarches conduisant à la mort»

L'Ordre des médecins portugais s'est lui aussi prononcé contre les textes de loi, rejoignant le mouvement d'opposition mené par l'Église.

«Nous ne sommes pas d'accord, car cela va à l'encontre de la pratique médicale et viole le code déontologique de l'Ordre des médecins», a affirmé son président Miguel Guimaraes le 18 février dernier. «Les médecins apprennent à soigner les patients et à sauver des vies. Ils ne sont pas prêts à participer à des démarches conduisant à la mort», a-t-il ajouté à l'issue d'une audience avec le président de la République, le conservateur Marcelo Rebelo de Sousa.

En mai 2018, l'Assemblée avait rejeté à une très courte majorité plusieurs propositions allant dans le même sens. Les socialistes sont sortis renforcés des élections législatives d'octobre dernier, mais le résultat du débat de jeudi reste incertain car les députés du PS et de la principale formation d'opposition de droite sont divisés sur ce sujet et ne recevront pas de consigne de vote.

Source : vaticannews.va

 

 

France : Le tribunal ordonne la reprise des soins pour un homme de 70 ans "en état végétatif"

par Gènéthique, 20/01/2020

A Bagnères-de-Bigorre, la famille d’un patient dont « l’alimentation et les soins avaient été arrêtés » a obtenu la reprise des traitements auprès du tribunal administratif de Pau, le 10 janvier. Le tribunal a estimé que « la décision d'arrêt des soins n'avait pas été une décision collégiale comme l'exige la loi ».

Ce patient, un homme de 70 ans originaire de Tarbes est hospitalisé « dans un état végétatif depuis 2013, suite à un accident cardiaque ». Ses proches indiquent qu’ « il communique par des battements de paupières ». L’hôpital de Bagnères avait décidé de l’arrêt des soins, le 3 décembre dernier, « suite à une aggravation de son état ». Depuis la reprise des soins, « le septuagénaire aurait de nouveau pu communiquer par des battements de paupières ». L’avocat de la famille, Me Roger-Vincent Catalayud, a déclaré : « Il ne s’agit rien moins que de la vie d’un homme ! »

Cette nouvelle intervient alors que Steven Laureys, neurologue, directeur du Coma science group à l’hôpital universitaire de Liège a reçu le prix Generet de la Fondation Roi Baudoin, d’un montant de plus d’un million d’euros, pour ses travaux sur les patients souffrant d’un traumatisme crânien. Le fonds Generet a été lancé en 2018 « pour financer des recherches sur des maladies rares pour lesquelles les traitements ne sont pas rentables pour les compagnies pharmaceutiques et trop chers pour les départements universitaires ».

Le chercheur déclare vouloir combattre « cette épidémie silencieuse et aider les personnes ignorées comme « végétatives » qui, on le croit, ne guériront jamais ». Steven Laureys déclare d’ailleurs que « c’est un horrible terme », auquel il préfère celui de « veille inconsciente ». Steven Laureys affirme que considérer la conscience comme « tout ou rien » est une vision « dépassée », indiquant qu’ « un tiers des patients qu’il suit ont été diagnostiqués à tort comme étant en état végétatif, en dépit de signes de conscience ». Chaque année, en Belgique, « 50 personnes se réveillent en état de veille inconsciente, tandis que 100 en état de conscience minimale ». Pour le neurologue, avec cette épidémie silencieuse qui compte « des centaines de patients », « le risque est aussi de donner un faux désespoir ». Comme cela a été le cas pour la famille de Stig Broeckx, champion cycliste ayant subi un accident, à qui on n’a donné aucun espoir. Aujourd’hui, il marche avec une canne.

Bénédicte Jullien, mère de 2 enfants souffrant quant à elle d’un locked-in syndrome, voudrait qu’on arrête de traiter les gens dans son état comme des « idiots », exaspérée qu’ « on dise bonjour à son mari et pas à elle, ou qu’on parle d’elle à la 3e personne en sa présence ». Communiquant grâce à l’aide d’un ordinateur qui déchiffre le mouvement de ses yeux, elle déclare : « Je vis le moment présent, et si un jour la médecine fait des progrès, tant mieux ».

Steven Laureys compte dépenser son prix pour aider les patients et leurs familles, ainsi que pour des essais cliniques afin de développer de nouveaux traitements. Et déclare « ce n’est pas à moi, en tant que neurologue et médecin, de décider si une vie d’être vécue ».

Source : genethique.org

 

Fin de vie : la sédation profonde possible à domicile ?

par Pauline Quillon, 13/02/2020

La Haute autorité de la santé (HAS) a recommandé, le 10 février, de favoriser la prescription de midazolam par les médecins généralistes. Ce puissant sédatif, utilisé à l’hôpital dans le cadre de la loi Leonetti-Claeys, n’est aujourd’hui disponible que dans les pharmacies hospitalières.

La HAS répond aux réclamations de nombreux médecins qui veulent eux aussi mettre en œuvre la sédation profonde prévue par la loi sur la fin de vie et permettre à leur patient de mourir chez eux, sans risquer d’être poursuivis en justice. Plusieurs avaient en effet interpellé la ministre de la Santé alors qu’un médecin du Havre avait été mis en examen, en décembre dernier, avec sa compagne anesthésiste, pour avoir prescrit du midazolam à sept patients en fin de vie. Agnès Buzyn doit désormais rendre son avis, qui devrait être favorable, puisqu’elle s’est déjà prononcée en faveur d’une libéralisation.

Source : famillechretienne.fr

 

Johanne Faucher n’est pas prête à quitter notre monde

par Frederic Desjardins, 30/12/2019

COMMUNAUTAIRE. Johanne Faucher vit au quotidien avec le cancer. Refusant d’abdiquer contre la maladie, cette résidente de Sainte-Aurélie prend tous les moyens nécessaires pour s’accrocher à la vie.

Initialement, Johanne Faucher avait été diagnostiquée d’un cancer aux ovaires en 2013, à l’âge de 46 ans. Aucun antécédent de cette maladie, ou tout autre type de cancer, n’existait dans sa famille.

«J’étais une femme en forme qui travaillait comme cuisinière dans un CPE. Je marchais mon cinq kilomètres tous les soirs. Mon régime alimentaire était équilibré. Maintenant, je ne peux plus travailler ou me nourrir normalement», explique-t-elle.

Après des tests gynécologiques et une tomodensitométrie (taco), Johanne Faucher a appris que le cancer s’était propagé rapidement dans d’autres parties de son corps.

«Il y avait beaucoup de masses cancéreuses. On a m’enlevé le système reproducteur et cinq pouces de l’intestin. Les médecins ont retiré des masses dans le tablier graisseux du ventre et aussi gratté mon diaphragme, vu qu’il ne pouvait pas l’enlever», dit celle-ci.

L’opération s’est déroulée le 31 mai 2013 à l’Hôtel-Dieu de Québec. Malgré plusieurs chimiothérapies depuis l’opération, des masses cancéreuses se reforment sporadiquement dans le corps de Mme Faucher.

La maladie a apporté d’autres complications. Depuis juillet 2018, Johanne Faucher utilise la néphrostomie pour évacuer son urine. Les tubes et sacs sont installés sur ses jambes.

«Depuis cet été, ce que je mange se transforme presque toujours en diarrhée. J’ai perdu beaucoup de poids. Je ne veux pas qu’on me mette aussi un sac pour l’intestin», mentionne-t-elle.

Médicament

Johanne Faucher a appris de Vincent Castonguay, médecin en recherche à l’Hôtel-Dieu de Québec, qu’un médicament a été testé aux États-Unis sur des femmes ayant le même type de cancer. «Dans 50 % des cas, il y a eu de très bons résultats, comme une baisse de 15 à 30 % des masses cancéreuses», explique Mme Faucher.

Au niveau de Santé Canada, ce médicament est reconnu pour traiter les mélanomes (cancer de la peau), mais pas le cancer dont souffre Johanne Faucher. En conséquence, son assurance privée refuse de payer les 10 000 $ de frais mensuels reliés à la prise du médicament.

«J’ai été bien traitée dans le système de santé. On m’a dit que mon cancer ne se guérissait pas et c’est impossible de dire à quel moment ça va finir. Jusqu’ici, j’ai déjoué tous les pronostics», affirme Mme Faucher.

Afin de payer le médicament, Johanne Faucher a lancé une collecte de fonds sur le gofundme.com sous le nom Un dernier espoir pour Johanne. On peut y accéder via ce lien : https://www.gofundme.com/f/hhq3h-un-dernier-espoir-pour-johanne

«On a célébré Noël chez ma sœur le 24 novembre, parce qu’on craignait que je ne me rende pas aux Fêtes. J’ai deux filles et une petite-fille de cinq mois. Il y a des gens qui demandent l’aide médicale à mourir. Moi, je veux l’aide médicale à vivre. Je ne suis pas prête à partir», conclut Johanne Faucher.

Notons que les fonds restants, en cas de décès ou d’une révision du dossier d’assurance de Mme Faucher, seront versés en parties égales à la Fondation Santé Beauce-Etchemin, la Fondation du CHU de Québec et la Société canadienne du cancer.

Source : lavoixdusud.com

 

 

Euthanasie et prélèvement d’organes : la commercialisation de l’être humain

par fsspx news, 20/12/2019

Alors que de nombreux pays légalisent l’euthanasie et le suicide assisté, plusieurs médecins appellent de leurs vœux le prélèvement d’organes de personnes désirant mettre fin à leur jour, fragilisant un peu plus la valeur de la vie humaine.

L’expression vient d’outre-Atlantique et revêt un accent altruiste : « décès par don - death by donation ». C’est en fait la dernière monstruosité mise au point pour encourager l’euthanasie.

L’agence Zenit a publié, le 6 décembre 2019, une contribution du professeur Just Aznar, de l’Université catholique de Valence, mettant en garde contre une pratique que beaucoup de médecins anglo-saxons voudraient voir se généraliser afin de pallier le manque de donneurs d’organes.

Déjà, dans les pays où le suicide assisté a tendance à se banaliser, apparaît le « don de mort imminente ». Cette procédure est la suivante : lorsqu’un patient atteint d’une pathologie en phase terminale doit être euthanasié, le prélèvement des organes a lieu immédiatement après l’acte de mise à mort.

Comme si cela ne suffisait pas, de nombreux praticiens, explique le professeur Aznar, citant un article « à la fois inquiétant et intéressant » paru dans la revue anglo-saxonne Intensive Care Médecine, envisagent le « décès par don ».

Il ne s’agit plus de malades, mais de personnes réputées en bonne santé qui souhaitent néanmoins mettre fin à leurs jours en raison d’une infirmité ou d’une grande souffrance morale. L’acte de suicide coïncidera avec le prélèvement des organes vitaux à des fins de greffes ultérieures.

On voit se profiler toutes les dérives possibles, notamment celle de la commercialisation de l’être humain : le marchandage, qui est déjà objet de préoccupation dans le cadre de la greffe, risque de devenir un motif parallèle au désir de suicide, voire une motivation qui pourrait pousser des familles pauvres à encourager un suicidaire. Hypothèse qui n’a rien d’utopique.

« C'est certainement un pas de plus dans la course folle contre le respect de la vie humaine, car la mort par don, comme l’euthanasie, n’est rien d’autre qu’un homicide », conclut Just Aznar. Le professeur rappelle en effet que, selon le New England Journal Medicine, sur les 3882 décès par euthanasie perpétués aux Pays-Bas et en Belgique en 2013, 1047 (27%) ont été pratiqués sans que le malade en fasse la demande, et donc sans son consentement – autant parler de meurtre par préméditation.

Source : fsspx.news

 

 

Quelle fin de vie pour demain ?

par Alliance Vita, 12/2019

Chers amis,

La fin de vie est un enjeu de solidarité majeur pour notre société.

Alors qu’un débat continu, entretenu dans les médias par les promoteurs de l’euthanasie, fragilise de plus en plus l’interdit de donner la mort, Alliance VITA se bat pour l’accompagnement des personnes en fin de vie et leur accès, s’ils en ont besoin, aux soins palliatifs, sans acharnement thérapeutique, ni euthanasie.

Nous avons lancé une alerte sur le « droit à la sédation profonde et continue jusqu’à la mort », voté en 2016, qui risque de devenir le Cheval de Troie de l’euthanasie. Si nous ne réagissons pas, le détournement de cette pratique, qui doit rester exceptionnelle, pourrait s’imposer contre l’avis des médecins et même des patients et des familles.

Heureusement, nous avons jusqu’ici évité la légalisation de l’injection létale et du suicide assisté. Un droit d’accès aux soins palliatifs pour toute personne en ayant besoin a été reconnu par la France. Nous venons de diffuser en 100 000 exemplaires notre Guide des directives anticipées et de la personne de confiance révisé. Inspiré par le travail d’aide et d’écoute de notre service SOS Fin de vie, il propose une charte vraiment éthique pour accompagner toute vie.

En cette fin d’année, nous avons vraiment besoin de votre aide pour pouvoir continuer à agir avec force et dans la durée : Alliance VITA ne vit que de votre générosité et chaque don compte.

Merci d’être de celles et ceux qui agissent pour la protection de la vie et de la dignité humaine.

Source : alliancevita.org

 

 

Le « droit à mourir » est « dépourvu de fondement juridique » pour le pape

Retrouvez ici le texte intégral du discours du Pape François

par Nicolas Senèze, 29/11/2019

Rappelant la figure d’un magistrat assassiné en 1990 par la mafia, le pape François a souligné, vendredi 29 novembre, sa critique d’un droit à l’euthanasie dont il a souligné la « surprenante » actualité.

Alors qu’il rencontrait, vendredi 29 novembre, les membres d’une fondation consacrée à un magistrat sicilien assassiné par la mafia, le pape François est revenu sur le rôle des magistrats dans la vie publique et en a profité pour s’exprimer sur l’euthanasie.

La Fondation Rosario Livatino tient son nom d’un substitut du procureur d’Agrigente, assassiné en 1990 par la mafia à l’âge de 38 ans et qui fait l’objet d’un procès en béatification dont la phase diocésaine vient de s’achever.

Pour François, celui que Jean-Paul II avait qualifié de « martyr de la justice » continue à être « un exemple non seulement pour les magistrats, mais pour tous ceux qui travaillent dans le domaine du droit », notamment à cause de « la cohérence entre sa foi et son engagement au travail », mais aussi « pour l’actualité de ses réflexions ».

Critique de certains tribunaux

Le pape a alors pris pour exemple l’extrait d’une conférence donnée en 1986 par Rosario Livatino et où celui-ci évoquait les inquiétudes d’un parlementaire concernant l’introduction d’un droit à l’euthanasie.

« Si l’opposition du croyant à cette loi se fonde sur la conviction que la vie humaine (…) est un don divin qu’il n’est pas permis à l’homme d’étouffer ou d’interrompre, de même que l’opposition du non-croyant est fondée sur la conviction que la vie est protégée par la loi naturelle qu’aucun droit positif ne peut violer ou contredire, car il appartient à la sphère des biens "indisponibles", que ni les individus ni la communauté ne peuvent attaquer », estimait alors le jeune juge cité par le pape.

Pour François, ces considérations de Rosario Livatino semblent « éloignées » de la manière dont certains tribunaux, « en Italie et dans de nombreux systèmes démocratiques », envisagent la question du droit à la vie.

Une actualité « surprenante »

Ainsi des décisions où « le principal intérêt d’une personne âgée ou handicapée serait de mourir et de ne pas être soignée » ou, « selon une jurisprudence qui se dit "créative" » inventent « un "droit à mourir" dépourvu de fondement juridique ».

Selon le pape, ce genre de décisions « affaiblit les efforts pour soulager la douleur et ne pas abandonner à lui-même celui dont l’existence va s’achever ».

François relève ainsi l’actualité « surprenante » de Rosario Livatino qui avait su percevoir combien la revendication de « nouveaux droits individuels » amenait les juges à prononcer « des sentences soucieuses de réaliser des désirs toujours nouveaux, détachés de toute limite objective ».

Source : la-croix.com

 

 

Euthanasiés pour une hanche fracturée

par Francesca de Villasmundo, 19/11/2019

Du moment que le concept que certaines vies sont indignes d’être vécues a pris racine dans les mentalités contemporaines, la « douce mort », terme de novlangue pour cacher la triste réalité de l’euthanasie, a déjà gagné la bataille.

La dernière preuve vient du Québec, province du Canada, et du rapport de la Commission sur la fin de vie. Les cas de 1 300 personnes, qui entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2019 ont eu accès à « l’aide médicale à mourir » (AMM, autre terme de novlangue), ont été examinés. Le document explique que pour 88% des cas les personnes euthanasiées avaient plus de 60 ans, 75% avaient un cancer, 88 % moins de 6 mois à vivre et 89 % une souffrance physique et psychologique.

Ce sont donc 1 300 malades éliminées sur une population de quelques 8 400 000 habitants.

Le rapport explique aussi que dans 13 cas « les conditions pour l’administration de l’AMM n’ont pas été respectées ». 13 personnes ont donc été tuées d’une manière illégale dans un pays qui reconnaît par ailleurs le droit à être tué.

Dans 3 cas, la Commission pense que les informations fournies ne démontraient pas que la personne avait une maladie grave et incurable dans le strict sens de loi ». Et dans une petite note en pied de page, la Commission du Québec précise que dans « ces 3 cas le diagnostic était une fracture de la hanche » ! Et sans rire, le rapport continue sa petite note en pied de page :

« La Commission est de l’avis que la fracture de la hanche n’est pas une maladie grave. »

Même nous, sans être médecins, sommes de cet avis ! Et peut-être bien que les patients étaient aussi de cet avis… mais ils ne peuvent plus le dire aujourd’hui, ça tombe bien pour les responsables de cette “bévue médicale “, ils ont été euthanasiés ! Plus de témoins donc…

L’euthanasie a ouvert grande la porte à la mort douce pour les vieux, les handicapés, les inutiles, les marginaux, les improductifs… Et que les vieux se méfient, l’hôpital peut les envoyer ad patres pour une simple fracture de la hanche !

Francesca de Villasmundo

Source : medias-presse.info

 

 

La Haute Cour britannique refuse de se prononcer sur l'aide médicale à mourir

par Gènéthique, 21/11/2019

En Angleterre et au Pays de Galles, il est illégal d'encourager ou d'assister à un décès sous peine de prison pouvant aller jusqu'à 14 ans. Aussi, la Cour a estimé qu’elle n'était « pas un forum approprié pour discuter du caractère sacré de la vie ».

Dans l'affaire Newby, Phil Newby a proposé aux juges d’examiner un grand nombre de témoignages d'experts, y compris provenant de pays où l'aide médicale à mourir est légale, avant de décider si la loi est incompatible avec ses droits humains. Mais pour le juge, « les tribunaux manquent de légitimité et d'expertise sur les questions morales - par opposition aux questions juridiques » ajoutant « les tribunaux ne sont pas le lieu de débats qui n'ont pu convaincre le Parlement ».

Les avocats de Phil Newby ont déclaré que le plaignant, qui se veut porteur des attentes de « centaines d’autres personnes » qui « appuient sa cause », allait faire appel de la décision du tribunal.

Alistair Thomson, de l'organisation Care Not Killing, s'est félicité de la décision de la Cour. Il explique : « Les parlements du Royaume-Uni se sont penchés sur cette question plus d'une douzaine de fois depuis 2003. En Écosse et à Westminster, ils ont rejeté tout changement pour des raisons de sécurité publique. Si vous changez la loi, les personnes vulnérables se sentiront obligées de mettre fin à leurs jours ».

Source : genethique.org

 

 

Euthanasie, l'envers du décor

par Timothy Devos, 16/10/2019

Huit soignants belges – professeurs d’université, médecins, infirmiers et éthiciens reconnus et expérimentés en accompagnement palliatif – tentent ensemble de dire leurs questions autour de la fin de vie, des soins palliatifs et de la pratique de l'euthanasie. Deux femmes médecins, française et israélienne, se sont jointes à eux. Les regards croisés de ces praticiens de la santé font la richesse et l’originalité de cet ouvrage.

Les auteurs partagent ici leur vécu et leurs réflexions face aux demandes d’euthanasie et d'accompagnement en fin de vie auxquelles ils ont été confrontés, dans un pays, la Belgique, où l’euthanasie, dépénalisée depuis 2002, est aujourd'hui souvent devenue un acte usuel, pour ne pas dire banal.
Ces récits évoquent l’envers du décor, l’autre face d’une réalité qu’il est grand temps de prendre en compte ou d'évaluer avec plus de rigueur.
Le livre s’adresse tant au milieu médical qu’à toute personne s’interrogeant sur le sens de la mort et de la souffrance, ainsi que sur la réalité de l’application d’une loi qui, votée en 2002, suscite toujours plus de questions.
Ce livre rend la parole aux soignants de terrain afin qu’ils partagent ce qu’ils ont vécu, des histoires concrètes. Ils permettent au lecteur de prendre conscience de la complexité des situations et des conséquences concrètes de la loi sur l'euthanasie.
La réalité belge est suivie et analysée depuis le monde entier. De nombreux pays trouveront ici des réponses aux questions qu’ils se posent par rapport à l’accompagnement à donner en fin de vie et au rôle des lois se proposant de définir ce qu’elles permettent ou non.

L’euthanasie est dépénalisée chez nos voisins belges depuis 2002 ; une loi, dans le but annoncé d’éradiquer les pratiques clandestines, définit un encadrement du processus de décision et de mise en œuvre, et peut exercer un contrôle a posteriori du respect de ses dispositions.

Le présent ouvrage se présente à la fois comme un état des lieux après dix-sept ans d’application effective de la loi de 2002, et comme un vibrant plaidoyer en faveur de l’objection de conscience et du respect de la vie.

Au long de neuf chapitres rédigés par des praticiens de spécialités variées, mais tous confrontés personnellement à l’euthanasie, nous partageons leurs expériences, leurs interrogations, leur souffrance même et aussi leurs belles convictions d’hommes et de femmes engagés au service de leurs patients. De nombreux témoignages concrets vivants et émouvants viennent illustrer leurs propos.

Signalons d’abord « l’effet euthanasie » dans le monde médical et parmi les patients ; l’application d’une telle loi alimente la surenchère des revendications visant notamment à ériger l’euthanasie en droit inaliénable de l’individu ; simultanément, elle exerce un effet corrupteur dans les esprits et par voie de conséquence dans l’usage des antalgiques, des sédatifs et dans l’éthique des soins palliatifs ; du coup, l’objection de conscience est stigmatisée, et on assiste à une instrumentalisation du médecin par la société, et à la montée d’un paternalisme mortifère à l’égard des patients réputés « éligibles » à l’euthanasie.

En défense, l’ouvrage propose une éthique de respect de la vie fondée sur une démarche professionnelle rigoureuse, sur la prise en compte du point de vue du patient, et la recherche d’un choix concerté pour son accompagnement, particulièrement en fin de vie ; le tout en privilégiant l’écoute et une relation de qualité avec le patient.

Allant plus loin encore, le docteur Beuselinck préconise de s’inspirer de la « quête du sens » du fondateur de la logothérapie, le médecin-philosophe viennois Viktor Frankl, et notamment de ses trois catégories de raisons de vivre : sens de l’accomplissement, sens de l’amour, sens de la souffrance.

Cet ouvrage de haute tenue mais passionnant à lire est à recommander particulièrement aux futurs médecins et infirmiers, qui seront fatalement un jour confrontés la question de l’euthanasie.

Euthanasie, l'envers du décor, paru aux Editions Mols.

Source : genethique.org, editions-mols.eu

 

 

Des Mamies tendresse pour accompagner les jeunes mamans dans leur quotidien

par Radio-Canada, 18/11/2016

Chaque semaine dans la région de Trois-Rivières, une trentaine de Mamies tendresse viennent prêter main-forte bénévolement à des jeunes mamans.

Francine Lainesse rend visite à Marielle Simard et son petit Louis, cinq mois. Pendant trois heures, cette Mamie tendresse s'occupe du bébé pour permettre à sa mère de faire autre chose.

« Ça me permet de faire des choses que je n’ai pas le temps de faire dans mon quotidien. Parfois je fais le ménage, des choses que je ferais pas normalement. Et surtout avec la tête tranquille! », explique Marielle Simard.

Depuis le début des visites, une complicité s'est installée entre le petit Louis et Francine Lainesse. « Lui, il me regarde puis il vient de me combler. Il sourit puis il est content. C'est quelque chose! », dit-elle.

« C'est de toute beauté, nous on est là juste pour faire le contact, mais ça se fait tout seul » confie Geneviève Dauphin, responsable du programme.

« La mamie, souvent, elle prend le bébé dans ses bras et ça se crée. Il y a des mamans qui pleurent parce qu'elles sont émues de voir que le contact se fait aussi bien », ajoute-t-elle.

Le programme Mamies tendresse a été créé il y a huit ans.

D'après les informations d'Anne-Andrée Daneau

Source : radio-canada.ca

 

 

Une doula pour les mourants

par Gènéthique, 06/11/2019

« Serait-il pensable qu’une femme soit en train d’accoucher et que personne autour d’elle n’en parle ou ne s’y prépare ? Nous susciterions un tollé si nous traitions la naissance comme nous traitons la mort ».

La doula[1] désigne habituellement une femme ayant vocation à accompagner et soutenir la future mère et son entourage pendant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale, en leur fournissant un soutien émotionnel, physique et psychologique. Ces dernières années ont vu émerger aux Etats-Unis des « Doulas-fin-de-vie », c’est-à-dire des professionnels formés pour accompagner des personnes en fin de vie et leurs proches. Des programmes de formation certifiantes sont ainsi proposés par un certain nombre d’organismes (International End of Life Doula Association, University of Vermont College of Medicine…).

Bien que les doulas ne soient pas tenues d'avoir une formation médicale, beaucoup viennent du domaine de la santé. Shelby Kirillin, une doula-fin-de-vie de Richmond, en Virginie, est également infirmière en traumatologie neuro-intensive depuis plus de 20 ans. Ce sont ses expériences à l'unité de soins intensifs neurologiques qui l'ont amenée à devenir une doula. Bon nombre des décès auxquels elle a assisté, explique-t-elle, l'ont frappée de froid, de stérilité et de solitude. « Je ne pouvais tout simplement pas imaginer que la personne mourante ait jamais imaginé que sa mort serait comme ça », dit-elle. « Mourir n’est pas seulement médical. C’est spirituel. »

Une partie de ce que font les doulas est d'engager la discussion sur la mort et la disparition, des sujets qui peuvent souvent être tabous ou profondément délicats pour les mourants ou leur famille.

Les doulas évoquent avec les mourants leurs souhaits et la façon dont ils aimeraient vivre leur dernier jour : à l'hôpital, à la maison. Ils décident qui les entourera : famille, amis, religieux ou seuls, mais aussi les détails du décor, s'ils veulent entendre de la musique, que quelqu'un leur tienne la main, quels rituels - religieux ou profanes - les accompagneront.

Souvent les doulas encouragent un travail de transmission, notamment en accompagnant les mourants pour qu'ils créent des objets-souvenirs qu'ils laisseront à leurs proches. Il peut s’agir d'un album photo, d'une collection de recettes ou d'une vidéo…

À l'approche de la mort, les doulas sont chargées de maintenir le calme aussi bien pour ceux qui s’apprêtent à mourir que pour leur entourage.

Le travail d'une doula se poursuit quelques semaines après la mort de la personne accompagnée, lorsqu’elle rencontre les proches du défunt pour discuter de tout ce qui s'est passé. « Le fait de s'occuper des mourants n'est pas aussi déprimant que beaucoup le supposent ; au contraire, cela peut être très gratifiant. (…) Quand on s'assoit avec une personne mourante et qu'elle prend son dernier souffle, c'est aussi étonnant et impressionnant que quelqu'un qui prend son premier souffle (…) C'est important, et triste, et il faut le chérir. »

[1] A l’origine, le mot doula vient du grec ancien doúla (δούλα).

Source : genethique.org

 

 

En Nouvelle Zélande, "Doctor say No" : 1500 médecins opposés à l'euthanasie, la loi est cependant votée par le Parlement

par Gènéthique, 12/11/2019

En Nouvelle Zélande, le Parlement a voté mercredi, à 69 voix pour et 51 contre, le projet de loi qui doit autoriser les malades ayant moins de six mois à vivre, à demander une aide médicale à la fin de vie. Elle devra être approuvée par deux médecins.

Plus tôt dans la semaine, une lettre ouverte « Doctor say No » appelait les députés à voter contre le projet de loi « Choix en fin de vie » qui veut autoriser l’euthanasie. Elle a reçu sa 1 500ème signature.

Le Docteur Sinead Donnelly, spécialiste en médecine palliative de Wellington et organisatrice de l'événement, se dit très touchée par cette mobilisation. « Nous avons commencé par un site Web très simple d'une page qui vient de faire boule de neige, ce qui met en lumière les préoccupations importantes des médecins au sujet de ce projet de loi ».

La lettre ouverte déclare que « les médecins ne veulent pas participer au suicide assisté », et rappelle la position de l'Association Médicale Mondiale et de l'Association Médicale Néo-Zélandaise qui expliquent que « le suicide assisté et l'euthanasie sont contraires à l'éthique, même s'ils sont rendus légaux ». L'Association Médicale Mondiale qui représente les médecins de 123 pays a réaffirmé le mois dernier que l'euthanasie ne faisait pas partie de la pratique médicale.

Selon le Dr Donnelly, le projet de loi sur les « choix de fin de vie » « n'inclut les médecins que pour rechercher une légitimité médicale ». « Tuer, n’est pas soigner. Tuer n'exige pas de compétences médicales, mais l'abandon de l'éthique médicale ».

La question divise l’opinion publique, devant le Parlement à l’heure du vote, certains manifestaient pour demander : « Aidez-nous à vivre et pas à mourir ». Aussi la loi n’entrera en vigueur « que si le peuple néo-zélandais l'approuve par référendum lors de l'élection de 2020 ». A cette occasion, le ministère néo-zélandais de la justice envisage de réunir une équipe spéciale pour lutter contre la « désinformation et la manipulation » dans la période précédant les élections.

Source : genethique.org

 

 

Une idée à creuser mais cela n'a de sens que si on accueille chez soi un grand-père ou une grande-mère ! c'est-à-dire dans le coeur ! et pas un ou une pensionnaire, comme le chien qui n'a pas d'affection dans certains chenils !

En Russie, « l’adoption des personnes âgées » pour pallier le manque d'Ehpad

par Gènéthique, 08/11/2019

Le vieillissement démographique que connait la Russie fait douter de la capacité du pays à prendre en charge les personnes âgées dépendantes. Les maisons de retraites, héritées pour partie de la période soviétique, sont souvent décriées et les autorités régionales en charge de l’action sociale, sont à la recherche de solutions alternatives.

L’une d’elles est l’accueil familial, désigné sous le vocable d' « adoption d'une personne agée ». Ce dispositif simple et peu coûteux concerne les femmes de plus de 55 ans et les hommes de plus de 60 ans, qui sont « dans l’impossibilité de prendre soin d’eux-mêmes, d’exercer et de protéger leurs droits et de remplir leurs devoirs de manière indépendante ».

En pratique, les services de tutelle désignent une famille d’accueil et un contrat tripartite est conclu pour fixer les conditions d’hébergement et de prise en charge de la personne âgée. La famille d’accueil, qui peut accueillir jusqu’à deux personnes âgées, reçoit une compensation financière par la Région. Son montant varie substantiellement selon les districts (entre 70€ et 145€/personne accueillie/mois).

Pour le bon déroulement de ce dispositif d’accueil des personnes âgées, une formation préalable est dispensée aux accueillants, et en certains lieux, une préparation des personnes accueillies est prévue. Une fois mis en place, l’accueil fait l'objet d'un suivi social.

L'accueil familial est surtout pratiqué en zone rurale où il permet d'éviter que les personnes âgées soient envoyées dans des maisons de retraite trop éloignées de leurs domiciles.

S'il reste encore peu développé, de l’ordre d’une centaine de personnes accueillies, ce dispositif bénéficie d'une image positive car il correspond bien à la conception familiale que les russes ont de la solidarité. Il est d'ailleurs fréquent que l’accueillant et l’accueilli se connaissent depuis longtemps ou soient même de proches parents.

Un dispositif similaire existe également en France. Il est encadré par la loi du 28 décembre 2015 sur l’adaptation de la société au vieillissement. En 2014, un recensement faisait état de 6700 personnes âgées résidant dans une famille d'accueil.

NdlR : En France, en 2019 le salaire journalier minimum d’un accueillant familial est de 25,07 € pour un accueil à temps complet auquel il faut ajouter les différentes indemnités composant le prix de journée. Ainsi le coût moyen pour la personne accueillie se situe entre 46 et 59 € par jour, soit entre 1400 et 1800 € par mois.

Source : genethique.org

 

 

Les 3 religions monothéistes unies pour dénoncer euthanasie et suicide assisté

par AFP, 28/10/2019

De hauts représentants des trois religions monothéistes – christianisme, judaïsme et islam – ont signé et remis au pape François lundi un document dans lequel elles se prononcent fermement contre l’euthanasie et le suicide assisté « qui sont intrinsèquement et moralement répréhensibles ».

Lire le texte de la déclaration cliquer ici.

Ces pratiques doivent être « interdites sans exception » et « toute pression ou action sur des patients pour les inciter à mettre fin à leur propre vie est catégoriquement rejetée », indique le Document sur la fin de vie des « religions abrahamiques monothéistes ».

Le texte a été paraphé solennellement au Vatican par un représentant de chaque religion dont le rabbin David Rosen, directeur des affaires religieuses de l’American Jewish Committee, Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, un représentant du métropolite (orthodoxe) de Kiev, Hilarion, et le président du comité central de la Muhammadiyah indonésienne (association socio-culturelle musulmane), Dr Samsul Anwar.

L’idée de cette déclaration avait été proposée au pape par le rabbin Avraham Steinberg, co-président du Conseil national israélien de bioéthique.

Le document autorise aussi l’objection de conscience pour le personnel sanitaire de tous les hôpitaux et cliniques. « Aucun opérateur sanitaire ne doit être contraint ou soumis à des pressions pour assister directement ou indirectement à la mort délibérée et intentionnelle d’un patient à travers le suicide assisté ou toute forme d’euthanasie ».

Ce droit qui doit être « universellement respecté », reste « valable même lorsque ce type d’actes ont été déclarés légaux au niveau local ou pour certaines catégories de personnes ».

En Italie, la Cour constitutionnelle a récemment dépénalisé le suicide assisté dans certaines conditions strictes tout en demandant au Parlement de légiférer sur le vide juridique existant.

Le Document encourage « une présence qualifiée et professionnelle dans les soins palliatifs, partout et accessible à tout le monde ».

« Même lorsqu’éloigner la mort est un poids difficile à supporter, nous sommes moralement et religieusement engagés à fournir un réconfort, un soulagement à la douleur, une proximité et une assistance spirituelle à la personne mourante et à sa famille », selon le Document.

Estimant que « la vie mérite d’être soutenue jusqu’à sa fin naturelle », les trois religions promettent de « soutenir les lois et politiques publiques qui protègent le droit et la dignité des patients en phase terminale pour éviter l’euthanasie et promouvoir les soins palliatifs ».

Elles s’engagent aussi à « utiliser la conscience et la recherche » pour fournir « un maximum d’informations et d’aide à ceux qui affrontent de graves maladies et la mort ».

Les trois religions prévoient de « sensibiliser l’opinion publique sur les soins palliatifs à travers une formation adéquate et la mise en oeuvre de ressources pour le traitement de la souffrance et la mort ».

Elles promettent en outre « d’impliquer les autres religions et toutes les personnes de bonne volonté » dans ce combat.

Source : timesofisrael.com

 

 

Patients en état de conscience minimale : stimuler et rééduquer par la stimulation cérébrale ?

par Gènéthique, 21/10/2019

La stimulation cérébrale non-invasive[1] est sur le point d’être testée pour la première fois sur des patients en état de conscience minimale ou en état végétatif, en parallèle de techniques avancées d’imagerie cérébrale[2] qui permettront de suivre les effets de la stimulation pour un petit groupe de 5 patients. Cette expérimentation (nommée RAINDROP) s’appuie sur les résultats de l’Université de Birmingham[3] qui suggèrent que la stimulation cérébrale non-invasive pourrait améliorer les chances de succès pour la rééducation de ces patients. Elle s’effectue en collaboration avec l’hôpital de Wellington au Royaume-Uni.

La prise en charge des traumatismes a permis d’augmenter les chances de survie pour la plupart des cas de lésions cérébrales sévères. « 20% des patients ont un niveau de conscience bien supérieur à ce qu’on aurait pu attendre suite au diagnostic médical. Cependant ces patients ne sont pas capables de démontrer leur conscience, piégés dans un corps qui ne répond pas ». Dans ce contexte, l’objectif est de mieux comprendre comment les techniques de stimulation pourraient être mises en œuvre pour améliorer la communication et la rééducation de ces patients. Et pourquoi pas un jour améliorer le rétablissement des patients inconscients souffrant de troubles prolongés.

Une cible pour le traitement a pu être proposée sur la base de travaux antérieurs : « De faibles stimulations électriques seront dirigées vers des régions précises du cerveau, via des électrodes placées sur la tête du patient ». Le courant sera dirigé « vers la région responsable du contrôle moteur, ainsi que vers le thalamus, une région à l’intérieur du cerveau qui relaie les signaux moteurs et contrôle la conscience ». Le docteur Davinia Fernández-Espejo de l’Université de Birmingham, en charge de l’étude, explique : « Les différentes zones de notre cerveau ont besoin d’avoir de bonnes connexions entre elles afin d’assurer diverses fonctions. En trouvant les moyens appropriés de stimuler ce réseau, nous sommes capables d’améliorer ces connexions, aidant ainsi le cerveau à compenser les chemins endommagés et le patient à améliorer son aptitude à répondre ». Elle ajoute : « Ces techniques ont déjà pu démontrer leur potentiel sur des sujets en bonne santé. Cette prochaine étape importante nous permettra de tester leurs effets parmi les patients ».

En cas de succès, un important essai clinique devrait suivre, recrutant des patients de divers centres spécialisés au Royaume-Uni.

[1] transcranial direct current stimulation (tDCS)

[2] IRM fonctionnelle et électrophysiologie

[3] Centre for Human Brain Health

Source : genethique.org

 

Prendre plaisir à manger en fin de vie, c’est possible

par Radio Canada, 22/10/2019

Malgré la maladie, il est possible de retrouver le plaisir de manger et de boire en fin de vie. Depuis deux ans, soins palliatifs et gastronomie sont au cœur des réflexions de soignants et de chercheurs de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ), qui ont même édité ensemble un livre de recettes.

Les invités :

- Dr Bernard Lapointe, médecin en soins palliatifs, titulaire de la Chaire Flanders de médecine palliative à l’Université McGill et président du Congrès international sur les soins palliatifs
- Alain Girard, sociologue et chercheur à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ)

Pour écouter l'émission : cliquer ici.

Dr Bernard Lapointe est d'avis qu'il faut démédicaliser la nutrition pour permettre aux personnes en fin de vie d'éprouver du plaisir à manger et à boire. Pas question pour lui d'interdire un morceau de gâteau au chocolat ou un verre de vin.

Dégoût, difficulté à mâcher, problèmes de déglutition... Si les problèmes liés à l'alimentation peuvent s'accumuler avec la maladie ou l'âge avancé, il souligne que des alternatives existent pour prolonger le plaisir de s'alimenter.

« Si une personne très malade adore le homard, mais qu'il est difficile pour elle d'en manger, il est possible de lui faire un flan au homard, pour changer la texture, ou même une écume, si elle ne peut plus rien avaler de solide, pour qu'elle retrouve le goût », explique le Dr Bernard Lapointe. Il en est de même pour les liquides; il mentionne qu'il est possible d'épaissir des jus ou de la bière ou de texturer du vin au lieu de proposer de l'eau.

La deuxième édition du livre de recettes Manger avec plaisir, toujours est parue le 17 octobre et sera bientôt offerte en ligne. Le 23e Congrès international sur les soins palliatifs se tiendra du 13 au 16 octobre 2020, à Montréal.

Source : radio-canada.ca

 

on se demande pourquoi tous les parents n'ont pas eu le même droit de faire soigner leur enfant !

Tafida Raqeeb transférée en Italie

par Gènéthique, 17/10/2019

Tafida Raqeeb, petite fille de cinq ans hospitalisée à Londres depuis février à cause d’une lésion cérébrale traumatique (cf. Après Charlie Gard et Alfie Evans, Tafida Raqeeb ?), vient d’être transférée à Gênes. Au cours de l’été, ses parents avaient entamé une bataille judiciaire à l’encontre de l’hôpital de Londres, qui préconisait l’arrêt des soins. A l’inverse des décisions prises dans les affaires Charlie Gard et Alfie Evans, le juge de la Haute Cour a statué le 3 octobre dernier qu’il n’y avait aucune raison d’empêcher que l’enfant soit prise en charge à l’étranger.

Suite à cette décision, Citizen Go Italy a organisé et financé le transfert de Tafida vers l’hôpital de Gênes qui avait, dès cet été, proposé d’accueillir la fillette. Tafida a besoin de temps, estime les médecins de cet hôpital : « nous ne savons pas si nous pourrons améliorer sa situation, mais si nous optimisons le soutien de ses fonctions vitales, nous pourrions lui donner une chance de se rétablir », a déclaré le docteur Andrea Moscatelli, responsable des soins intensifs à l’hôpital pour enfants Gaslini.

Source : genethique.org

 

 

...pour que cela n'arrive plus. En attendant qu'on nous donne enfin les professionnels dont il y a tant besoin dans nos hôpitaux, en soins à domicile, dans les services d'urgence etc.

Mulhouse : une femme retrouvée morte chez elle, dix jours après avoir contacté le Samu qui ne s’est pas déplacé

par CNEWS, 29/09/2019

Une information judiciaire a été ouverte ce samedi 20 septembre, à la suite du décès cet été à Mulhouse (Haut-Rhin) d'une femme dont l'employeur avait appelé le Samu pour signaler ses douleurs à la poitrine, sans qu'un véhicule ne soit dépêché.

Le drame remonte au 3 juin dernier lorsque l'employeur de la victime, une directrice d'une agence d'intérim mulhousienne, avait ainsi contacté le 15 pour signaler que son employée, âgée de 60 ans, se plaignait de douleurs au bras et à la cage thoracique, alors que l'agence venait de l'appeler pour lui confier une mission.

«Elle se plaignait de douleurs à la cage thoracique, de douleurs intercostales, au coeur et au bras gauche. Elle disait ne pas réussir à respirer correctement», a raconté la responsable de l'agence qui souhaite rester anonyme.

Décédée d'un arrêt cardiaque

La directrice explique ensuite être restée en contact avec la sexagénaire jusqu'à ce qu'elle reçoive l'appel du Samu, mais aucun véhicule sanitaire n'aurait été envoyé pour lui porter assistance.

L'autopsie pratiquée sur le corps confirmera que la victime était décédée des suites d'un arrêt cardiaque, ce qui a poussé le parquet de Mulhouse a ouvrir une information judiciaire pour «non-assistance à personne en danger par personne morale», contre le groupement hospitalier régional Mulhouse-Sud-Alsace, et pour «non-assistance à personne en danger contre X», en l'occurrence le médecin régulateur du 15 qui avait pris en charge l'appel.

L'affaire Naomi Musenga en écho

Cette affaire, tragique, fait également écho à celle de Naomi Musenga, du nom d'une jeune mère de famille de 22 ans, qui, à la fin de l'année 2017 était décédée aux urgences de l'hôpital de Strasbourg (Bas-Rhin), après avoir été raillée au téléphone par une opératrice du Samu.

Une affaire qui avait provoqué un tollé quand le contenu de cet appel avait été diffusé et qui avait conduit à l'ouverture de deux enquêtes, judiciaire et administrative.

Les urgences de l'hôpital de Mulhouse, en grève depuis des mois comme des centaines d'autres services d'urgence en France, font face à de nombreux départs de médecins, épuisés par les conditions de travail.

Source : cnews.fr

 

 

Les seniors souffrent davantage de solitude dans les quartiers populaires et les petites villes

par FranceTVInfo, 29/09/2019

Le sentiment de solitude touche davantage les personnes âgées dans les quartiers dits "sensibles" et dans les petites villes, selon une étude* de l'institut CSA publiée dimanche 29 septembre par Les Petits frères des pauvres. L'association appelle au maintien des services et commerces de proximité dans ces territoires.

Si les plus de 60 ans sont 27% à dire souffrir de la solitude, cette proportion monte à 32% dans les "quartiers prioritaires de la politique de la ville" et à 31% dans les petites agglomérations de 2 000 à 20 000 habitants.

La "double peine" des petites villes

Les Petits frères des pauvres observent que les habitants des zones rurales bénéficient de "solidarités plus fortes" mais pâtissent par ailleurs d'un "manque de services du quotidien et de transports qui renforce l'isolement". Quant aux aînés installés dans les petites et moyennes villes, ils subissent une "double peine", car ces territoires cumulent les désavantages des zones rurales, comme la "raréfaction des services publics et des services de proximité", avec ceux des grandes zones urbaines, où les relations de voisinage et la solidarité sont plus faibles.

Les seniors installés dans les banlieues, de leur côté, ont souvent une "perception négative de leur environnement", qui renforce leur "sentiment de solitude et d'isolement" – lequel atteint d'ailleurs 45% des résidents de HLM âgés de 60 ans et plus.

Une dénonciation de l'"industrie de la compagnie"

Dans les quartiers prioritaires, comme ailleurs, la population vieillit, mais "les politiques mises en place continuent à se focaliser essentiellement" sur les plus jeunes, déplore le rapport.

"Les aînés sont tout simplement en train de devenir les grands oubliés des quartiers."

Pour lutter contre la solitude des seniors, les Petits frères des pauvres préconisent des politiques visant à "faciliter les mobilités de proximité", par exemple en développant les transports à la demande, mais aussi en aménageant l'espace public par des bancs ou des trottoirs mieux adaptés aux personnes à mobilité réduite.

L'association dénonce par ailleurs l'apparition d'une "industrie de la compagnie", qui propose des "prestations commerciales promettant de lutter contre l'isolement de nos aînés", par des parties de cartes ou des visites "de courtoisie"... payantes.

"Retisser des liens dans la durée repose à l'évidence sur des rencontres profondes et sincères, sans contrepartie d'ordre commercial", estiment les Petits frères. Pour la déléguée générale de l'association, Armelle de Guibert, "le remède contre l'isolement des personnes âgées, c'est nous tous".

Source : francetvinfo.fr

* Enquête réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 1 503 personnes âgées de 60 ans et plus (méthode des quotas).

 

Une poule, un lapin, un âne, un cochon d'Inde et, outre-atlantique, un lama... Plusieurs associations proposent ces visites d'animaux en tout genre en maison de retraite.

Un moment de détente, de joie, de tendresse mais aussi d'apprentissage. Car ces visites surprenantes sont plus qu'une simple animation. Le contact avec les animaux stimule la motricité, réveille l'intelligence émotionnelle et permet un apaisement naturel et durable.

Voici Travis en pleine visite :

 Et en France :

 

Un médecin licencié au Colorado après avoir poursuivi un établissement de santé pour réaliser une euthanasie

par Gènéthique, 04/09/2019

Le Dr Barbara Morris a été licenciée après avoir poursuivi le réseau de soins de santé Centura Health dans lequel elle travaillait pour fournir des médicaments d'aide à mourir à un patient en phase terminale.

Si l’euthanasie est légale au Colorado depuis l'entrée en vigueur de la loi Access to Medical Aid In Dying en 2017, la prescription de médicaments d’aide à mourir n’est pas disponible dans de nombreux établissements de soins de santé, comme le Centura Health. En août dernier, le Dr Barbara Morris a tenté de faire évoluer la situation pour un de ses patients, Cornelius Mahoney, 64 ans, atteint d'un cancer de stade 4. Ils ont entrepris de poursuivre en justice Centura, soutenant que « l'hôpital ne répondait pas aux exigences de l'État en matière d'exemption à la loi » et ne pouvait interdire ou pénaliser le Dr Morris de fournir le traitement.

Après le dépôt de la plainte, Centura Health a congédié Barbara Morris. Celle-ci s’est déclarée « choquée » par son licenciement, « parce que ça semblait si évident qu'ils ne peuvent pas le faire ». Centura Health a soutenu devant le tribunal que le Dr Morris avait violé son contrat d'emploi, parce qu'elle avait « encouragé une option qu'elle savait moralement inacceptable pour son employeur ».

La directrice des relations avec les médias et des relations publiques de Centura Health, Wendy Forbes, a affirmé que : « En tant que ministère chrétien, Centura Health s'engage fermement à fournir des services de santé conformes à sa mission et à ses valeurs fondamentales » qui sont de « promouvoir et défendre sans équivoque la dignité humaine et le caractère sacré de toute vie humaine ». Elle explique que, lors de l’adoption de la loi sur l’euthanasie au Colorado, les fournisseurs de soins « n'étaient pas tenus par la loi d'aider les patients admissibles ». Aussi, se fondant sur ses valeurs et sur le serment d’Hippocrate, Centura Health n’a pas mis en œuvre la loi dans son établissement.

Selon Tucker, directeur exécutif du End of Life Liberty Project, les établissements de soins de santé ne sont pas tenus à fournir le médicament si le patient a l'intention de prendre le médicament dans les locaux de l'établissement, pas s'il veut le prendre à la maison.

Wendy Forbes a également soutenu que l'affaire soulève des questions liées au Premier amendement de la Constitution américaine. Selon elle, cette affaire devrait être entendue par un tribunal fédéral : « Nous défendrons vigoureusement nos droits constitutionnels, et notre position sera exposée très clairement dès le début du litige sur cette question ».

Source : genethique.org

 

 

Moments de clarté chez les patients atteints de démence en fin de vie: des lueurs d'espoir?

par newstrotteur, 29/06/2019

Cela se produit de manière inattendue: une personne longtemps perdue dans les ravages de la démence, incapable de se rappeler les événements de sa vie ou même de reconnaître ses proches, se réveille soudainement et affiche un comportement étonnamment normal, pour ensuite disparaître peu de temps après. Ce phénomène, que les experts appellent lucidité finale ou paradoxale, est connu depuis l'Antiquité, mais très peu d'études scientifiques ont été menées à ce sujet. Cela peut être sur le point de changer.

Dans un article publié dans le numéro d'août de Alzheimer et démence , un groupe de travail interdisciplinaire réuni par l'Institut national du vieillissement des Instituts nationaux de la santé (NIH) et dirigé par le Dr George A. Mashour de Michigan Medicine, décrit ce qui est connu et inconnu de la lucidité paradoxale, examine ses mécanismes potentiels, et détaille comment une analyse scientifique approfondie pourrait aider à éclairer la physiopathologie de la démence.

"Nous avons supposé que la démence avancée était un processus neurodégénératif irréversible avec des limitations fonctionnelles irréversibles", a déclaré Mashour, professeur au département d'anesthésiologie, professeur au programme d'études supérieures en neurosciences et directeur du Center for Consciousness Science. "Mais si le cerveau est capable d'accéder à une sorte de configuration de réseau fonctionnelle pendant la lucidité paradoxale, même dans les cas de démence sévère, cela suggère une composante réversible de la maladie."

L'article décrit des travaux antérieurs documentant des études de cas d'individus atteints de démence avancée, y compris la maladie d'Alzheimer, semblant pouvoir communiquer et se rappeler d'une manière apparemment normale en fin de vie, à la stupéfaction de leurs soignants.

"L'accumulation de rapports anecdotiques sur la lucidité paradoxale dans la littérature scientifique soulève plusieurs questions de recherche importantes", a déclaré Basil Eldadah, médecin de la NIA, MD. "Nous attendons avec intérêt des recherches supplémentaires dans ce domaine, telles qu'une meilleure caractérisation de la lucidité dans ses diverses présentations, de nouveaux instruments ou méthodes d'évaluation des épisodes de lucidité de manière rétrospective temps réél, des outils pour analyser les schémas de parole ou d’autres manifestations comportementales de la lucidité, et des preuves permettant d’éclairer les difficultés et les opportunités en matière de prise de décision suscitées par une lucidité inattendue. "

L’étude d’expériences dites de mort imminente constitue un précédent dans la recherche de tels événements. En 2013, Mashour et ses collaborateurs de Michigan Medicine ont publié une étude scientifique fondamentale démontrant des caractéristiques du cerveau électrique indiquant un état de conscience suite à un arrêt cardiaque. "Nous ne savons pas que la même chose se produit avec une lucidité paradoxale, mais le fait que cela se produise généralement au moment de la mort suggère qu'il pourrait exister un mécanisme de réseau neuronal commun", dit-il.

Mashour admet qu'étudier la lucidité paradoxale constituera un défi compte tenu de la nature éphémère de l'événement. Les études de cas rapportent des épisodes allant de quelques secondes à plusieurs jours au maximum pour une petite minorité de cas. Le groupe de travail souligne également les implications éthiques importantes de ce travail, notamment la capacité des patients vulnérables à participer à la recherche et la manière dont l'observation de la lucidité paradoxale pourrait modifier la manière dont les soignants interagissent avec les personnes atteintes de démence.

"Des recherches susceptibles d'identifier une lucidité paradoxale systématiquement observable seraient-elles réconfortantes, par exemple en offrant aux proches un canal potentiel de fermeture, ou pourraient-elles susciter des inquiétudes si on laisse les proches se demander si une cause réversible du démence aurait pu être trouvé? Nous ne connaissons pas les réponses, mais il pourrait s'agir de questions de recherche importantes en soi ", déclare la co-première auteur, Lori Frank, Ph.D., de la RAND Corporation et ancienne boursière du Congrès sur la santé et le vieillissement du National Institute on Aging.

Le groupe de travail espère que son article contribuera à sensibiliser la communauté scientifique à l'avancement de la recherche sur la lucidité paradoxale et à valider les expériences d'une multitude d'aidants naturels.

Mashour a déclaré: "La science essaie maintenant d'être attentive et attentive à quelque chose qui a longtemps été rapporté."

Source : newstrotteur.fr

 

 

En dix ans, neuf États américains ont renforcé leurs lois contre l’euthanasie

par Alex Schadenberg (Euthanasia Prevention Coalition) — traduit par Campagne Québec-Vie, 09/04/2019

Margaret Dore a publié cette liste de victoires législatives et judiciaires pour contrer le discours médiatique selon lequel les États-Unis légalisent le suicide assisté.

Au cours des dix dernières années, au moins neuf États ont renforcé leurs lois contre le suicide assisté et l’euthanasie. Ce sont (par ordre alphabétique) :

  • L’Alabama : En 2017, l’Alabama a promulgué la Assisted Suicide Ban Act (loi sur l’interdiction du suicide assisté).
  • L’Arizona : En 2014, l’Arizona a renforcé sa loi contre le suicide assisté.
  • La Géorgie : En 2012, la Géorgie a renforcé sa loi contre le suicide assisté.
  • L’Idaho : Le 5 avril 2011, l’Idaho a renforcé sa loi contre le suicide assisté.
  • La Louisiane : En 2012, la Louisiane a renforcé son interdiction du suicide assisté et de l’euthanasie.
  • Le Nouveau-Mexique : En 2016, la Cour suprême du Nouveau-Mexique a annulé une décision d’un tribunal inférieur reconnaissant le droit au suicide assisté d’un médecin. Le suicide aidé par un médecin n’est plus légal au Nouveau-Mexique.
  • L’Ohio : En 2017, l’Ohio a renforcé sa loi contre le suicide assisté.
  • Le Dakota du Sud : En 2017, l’Assemblée législative du Dakota du Sud a adopté le Concurrent Resolution 11, s’opposant au suicide assisté par un médecin.
  • L’Utah : En 2018, l’Utah a modifié sa loi sur l’homicide involontaire pour y inclure le suicide assisté

Les médias font la promotion de la légalisation de l’aide au suicide, mais ils ignorent le succès de la prévention de l’euthanasie et du suicide assisté.

Source : cqv.qc.ca

 

 

Belgique: «La loi sur l’euthanasie ouvre à toutes les dérives»

par Priscille Kulczyk, 23/07/2019

FIGAROVOX/TRIBUNE - La CEDH a accepté de se prononcer sur la requête introduite par un homme dont la mère a été euthanasiée sans que lui, ni sa sœur, n’en soient informés. Priscille Kulczyk, chercheur au Centre européen pour le droit et la justice, s’inquiète des dérives de cette pratique en Belgique.

Priscille Kulczyk est chercheur associé au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) qui a été autorisé par la CEDH à déposer des observations écrites dans cette affaire.

Victime de ce qui n’est rien de moins qu’une euthanasie par privation d’eau et de nourriture en raison de son lourd handicap, Vincent Lambert n’avait pas encore fermé les yeux que déjà les partisans de l’euthanasie se prenaient à rêver d’une légalisation de cette pratique en France, tout en vantant les mérites des lois belges relatives à la fin de vie. Pourtant ces dernières, et particulièrement la loi relative à l’euthanasie, laissent la porte largement ouverte à de graves dérives. C’est précisément sur de telles dérives que la CEDH est saisie pour la première fois dans une affaire Mortier c. Belgique.

La Cour s’est jusqu’à présent prononcée à propos de personnes réclamant un droit au suicide assisté (Pretty c. Royaume-Uni en 2002, Haas c. Suisse en 2011, Koch c. Allemagne en 2012, Gross c. Suisse en 2014). Elle a aussi validé «l’euthanasie déguisée» par arrêt de soins de patients handicapés tels que Charlie Gard et Vincent Lambert (Lambert et. a. c. France en 2015, Gard et. a. c. Royaume-Uni en 2017). Avec l’affaire Mortier, c’est donc la première fois que la Cour doit se prononcer pour évaluer un cas d’euthanasie déjà réalisée.

Il est difficile d’encadrer l’euthanasie et les abus et dérives graves qui en découlent.

Rappelons-en les faits. Madame Godelieve De Troyer, atteinte de dépression chronique pendant plus de 20 ans, a été euthanasiée en 2012 sans que ses enfants ne soient avertis, ceux-ci ayant été informés le lendemain du décès. Son fils, Tom Mortier, se plaint devant la Cour du manquement de l’État belge à son obligation de protéger la vie de sa mère au motif que la législation belge n’aurait pas été respectée et qu’il n’y a pas eu d’enquête effective sur ces faits qu’il a pourtant dénoncés à la justice. Il dénonce notamment le manque d’indépendance de la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie (CFCEE) chargée de contrôler a posteriori la légalité des euthanasies. Il reproche en particulier le fait que le médecin qui a euthanasié sa mère est lui-même le président de cette Commission de contrôle ainsi que de l’association LevensEinde InformatieForum (LEIF) qui milite en faveur de l’euthanasie. Or, sa mère a versé 2 500 € à cette association peu de temps avant son euthanasie.

Une loi sur l’euthanasie inadaptée à la souffrance psychique

Cette affaire illustre parfaitement la difficulté d’encadrer cette pratique et les abus et dérives graves qui en découlent. Elle n’est d’ailleurs pas un cas d’école car les médias relatent régulièrement des euthanasies controversées en Belgique ou en Suisse. Et nombreux sont ceux qui dénoncent le laxisme avec lequel la loi du 28 mai 2002 relative à l’euthanasie a été mise en œuvre.

Selon les conditions posées initialement par cette loi belge, l’euthanasie doit faire l’objet d’une demande «volontaire, réfléchie et répétée» émanant d’un patient «capable et conscient» qui «fait état d’une souffrance physique ou psychique constante et insupportable qui ne peut être apaisée et qui résulte d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable». Or les termes employés s’avèrent flous et subjectifs: la souffrance est elle-même une notion subjective, tout comme son caractère insupportable comme en atteste d’ailleurs la CFCEE. En cas de souffrance psychique, son caractère inapaisable est également presque impossible à déterminer, comme l’illustre le cas médiatisé de Laura Emily, 24 ans, souffrant de dépression et qui, ayant demandé à être euthanasiée, s’est ravisée le jour-J en expliquant qu’elle avait mieux supporté les semaines précédentes. Ainsi la possibilité d’euthanasie pour souffrance psychique s’avère véritablement problématique. D’ailleurs, en 2002, la Commission Santé publique de la Chambre ne s’y était pas trompée en s’opposant à l’unanimité à l’inscrire dans la loi, estimant avec raison qu’une telle souffrance est pratiquement impossible à évaluer. Elle soulignait également l’ambivalence de la volonté des malades psychiques. Ainsi en cas de dépression, l’affection dont souffrait Mme De Troyer, la demande d’euthanasie est davantage un symptôme de la pathologie qu’une manifestation de volonté libre et réfléchie.

La Commission chargée du contrôle de l’euthanasie manque cruellement d’impartialité.

Il y a en outre un paradoxe à prétendre offrir un droit au suicide assisté ou à l’euthanasie - au nom du respect de l’autonomie individuelle - à des personnes qui précisément ne disposent plus d’un équilibre mental. Le respect de l’autonomie devrait au contraire conduire à interdire l’euthanasie aux personnes dépressives ou atteintes de maladies psychiques. Atteintes d’un «handicap» au sens de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, ces personnes vulnérables devraient être protégées, et non exposées au suicide. Mais protéger est malheureusement impossible en pratique puisque la loi belge n’interdit pas le «shopping médical» qui consiste, pour un patient se heurtant au refus du médecin qui le suit habituellement, à réitérer sa demande d’euthanasie auprès d’autres médecins jusqu’à trouver celui qui y soit favorable, c’est-à-dire le plus laxiste ou militant. Mme De Troyer a d’ailleurs usé de cette pratique.

La CFCEE, une instance favorisant les dérives?

On pourrait croire que la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie, instance chargée de vérifier que les euthanasies pratiquées ont respecté les conditions et procédures légales et instituée par la loi du 28 mai 2002, compense les défauts de cette dernière. Il n’en est rien, comme le montre une fois encore la requête Mortier. La CFCEE manque en fait cruellement d’impartialité puisque sur les seize membres titulaires, au moins huit (et au moins six des seize suppléants) font partie d’associations militant en faveur de l’euthanasie (on compte par exemple les présidents du LEIF et de l’ADMD) et/ou sont des médecins pratiquant eux-mêmes des euthanasies. C’est le cas de son président néerlandophone, le Dr Wim Distelmans, qui n’est autre que le médecin qui a euthanasié Mme De Troyer! À plusieurs reprises, la CFCEE a également avoué son incapacité à mener à bien sa mission car celle-ci repose sur un système déclaratif et donc tributaire de la conscience professionnelle des médecins. Et le Dr Distelmans d’ajouter: «Les cas douteux évidemment, les médecins ne les déclarent pas, alors on ne les contrôle pas». Or des études révèlent par exemple que près de la moitié des euthanasies en Belgique n’ont pas été déclarées en 2007. En outre, si les termes de la loi relative à l’euthanasie sont effectivement flous et subjectifs, la Commission s’engouffre dans la brèche en les interprétant dans un sens excessivement extensif et libéral. Florilège: selon elle, la coexistence de plusieurs pathologies non graves et non incurables remplit l’exigence d’une affection grave et incurable ; elle a aussi approuvé des cas s’apparentant au suicide médicalement assisté alors qu’il n’entre pas dans le champ d’application de la loi ; il semble qu’elle ait validé l’euthanasie «en duo» obtenue par un couple dont l’un des membres ne se trouvait pas en phase terminale.

Enfin, l’on peut s’interroger sur l’utilité d’un contrôle a posteriori, c’est-à-dire une fois que l’euthanasie a eu lieu, ce qui n’a visiblement pas pour objectif de protéger la vie des personnes et est particulièrement inadapté en cas d’euthanasie pour cause de souffrance psychique. Faut-il alors s’étonner qu’entre 2002 et 2016, la CFCEE n’a transmis au procureur du roi qu’un seul dossier sur 14 573 euthanasies? Membres juges et parties, conflits d’intérêts, partialité, contrôle a posteriori et basé sur un système déclaratif, interprétation large des termes de la loi: la CFCEE s’avère totalement inefficace pour prévenir les dérives. C’est ainsi qu’un de ses membres, médecin, a récemment démissionné, lui reprochant de n’avoir pas renvoyé devant la justice un médecin ayant euthanasié une patiente à la demande de sa famille.

Une affaire mettant en cause l’ensemble du système encadrant l’euthanasie en Belgique

L’État belge manque donc de manière évidente à ses obligations découlant de la Convention alors que la CEDH a jugé que le droit à la vie «impose aux autorités le devoir de protéger les personnes vulnérables même contre des agissements par lesquels elles menacent leur propre vie» (Haas c. Suisse, § 54). Ce que décidera la Cour dans cette affaire ne sera donc pas sans conséquence car la portée de la requête Mortier dépasse largement son seul cadre: elle met en effet en cause l’ensemble du système encadrant l’euthanasie en Belgique en montrant combien il s’avère défectueux et les garde-fous illusoires. Alors que la Cour a déclaré que «l’on ne saurait sous-estimer les risques d’abus inhérents à un système facilitant l’accès au suicide assisté» (Haas c. Suisse, § 58), cette affaire confirme que ce risque est bien réel, donne un aperçu concret de telles dérives et en laisse entrevoir les conséquences à grande échelle.

En effet, loin de concerner uniquement la personne qui la demande, l’euthanasie et ses modalités ont des conséquences sociales profondes et funestes: suites psychologiques sur les membres de la famille du défunt en premier lieu, mais aussi perte de confiance dans la famille en général et méfiance à l’égard des soignants, fragilisation des personnes vulnérables dont certaines sont incitées au suicide. Il serait abusif et dangereux de faire prévaloir l’autonomie d’un patient en tant que valeur éthique suprême pour justifier une pratique dommageable à la société tout entière et remettant donc en cause le bien commun.

La banalisation de la mentalité euthanasique en Belgique est réelle et fait des ravages.

Ne pas condamner l’État dans cette affaire reviendrait donc à pratiquer la politique de l’autruche quant aux dérives de l’euthanasie, alors que la banalisation de la mentalité euthanasique en Belgique est réelle et fait des ravages. En témoignent par exemple les cas d’euthanasie sans obtention du consentement de la personne, l’ouverture de l’euthanasie aux mineurs «dotés de capacités de discernement» sans limite d’âge en 2014, ainsi que les chiffres officiels: de 235 euthanasies pratiquées en 2003, leur nombre a augmenté rapidement d’année en année pour atteindre 2537 en 2018, ce qui représente 2 % du total annuel des décès. Dans ce contexte, notons également que trois études ont révélé que «40 % des Belges sont pour l’arrêt des soins pour les plus de 85 ans». Si la Cour ne fait rien, elle accomplira le roman d’anticipation publié en 1907, Le Maître de la terre où l’auteur, Robert-Hugh Benson imagine des maisons d’euthanasie, où «d’un consentement unanime, les être inutiles, les mourants, étaient délivrés de l’angoisse de vivre ; les maisons spécialement réservées à l’euthanasie [prouvaient] combien un tel affranchissement était légitime.»

Source : lefigaro.fr

 

 

Euthanasie en Australie: les évêques invitent à l'objection de conscience

par Vatican News, 19/06/2019

Alors qu’une loi sur le suicide assisté entre en vigueur ce mercredi 19 juin dans l’État de Victoria, en Australie, les évêques des 4 diocèses concernés publient un document sur l’objection de conscience.

Le suicide assisté, illégal dans le reste du pays, est donc désormais possible dans l’État de Victoria, en vertu d’une loi votée en 2017; les patients en phase terminale, âgés de plus de 18 ans et ayant moins de 6 mois à vivre pourront ainsi demander l’euthanasie. Le Premier ministre de l’État de Victoria, Daniel Andrews, partisan de la loi, a affirmé qu’au moins 12 personnes seraient concernées cette année, et ensuite, jusqu’à 150 par an.
Deux modèles d'objecteurs de conscience

Dans un communiqué, l’archidiocèse de Melbourne, capitale de l’État en question, estime que l’entrée en vigueur de cette loi controversée représente «un nouveau chapitre profondément troublant pour les soins médicaux dans le Victoria». Mgr Comensoli, et avec lui les évêques des 3 autres diocèses de Victoria, affirment ne pouvoir souscrire à la légalisation du suicide assisté, même pour des motifs «d'empathie et de gentillesse». «Tous ceux parmi nous qui s'opposent par principe à l'euthanasie sont aujourd'hui, de fait, des objecteurs de conscience». Les évêques ne se contentent pas d’afficher leur opposition. Forts de l’exhortation du Pape François qui appelle à protéger les plus faibles et les plus vulnérables contre la culture du déchet, ils ont écrit une lettre aux fidèles, ainsi qu’un document d’accompagnement intitulé «We care». Le but: encourager un modèle de vie qui rende l’euthanasie inutile.

Ils proposent d’abord deux modèles à suivre: Franz Jägerstätter, bienheureux autrichien, condamné à mort en 1943 pour avoir refusé de combattre sous la bannière du IIIe Reich et sainte Gianna Beretta Molla, femme médecin italienne, qui préféra mourir que d’accepter des soins potentiellement préjudiciables à l’enfant qu’elle portait.
Prier, s'informer, prendre soin

Les 4 évêques australiens donnent ensuite des pistes pour s’opposer à cette nouvelle loi, et faire objection de conscience. Avant tout, ils invitent à prier pour les personnes qui envisagent le suicide comme seule et unique possibilité, afin de pouvoir «répondre avec compassion et courage» à leur souffrance. Ils engagent ensuite à s'informer; il est fondamental que les fidèles soient au courant des positions de l’Église sur l’euthanasie et sur les soins palliatifs. Les évêques suggèrent par exemple de lire et d’écouter les histoires de ceux qui ont choisi la seconde option. Enfin, ils appellent à agir en prenant soin des personnes vulnérables, et à affronter concrètement les défis qui naissent de la solitude, de la perte de sens de l’existence, et de la dignité humaine, surtout en fin de vie.

Les structures médicales gérées par l'Église catholique en Australie «n'offriront ni ne faciliteront» le suicide assisté, préviennent encore les évêques. «Nos équipes ont toujours eu des discussions ouvertes avec leurs patients et leurs familles, y compris au sujet de leurs traitements et des soins à donner en fin de vie, cela ne changera pas». «Nous n'abandonnerons pas ceux que nous aimons, et nous croyons qu'ils ont le droit d'être aimés, depuis le début jusqu'à la fin de leur vie», écrivent-ils encore.

Source : vaticannews.va

 

 

À 30 minutes d’être débranchée

par Antoine Lacroix, 07/06/2019

Trente minutes seulement avant qu’on ne la débranche de l’appareil qui l’aidait à rester en vie, une mère de la Rive-Nord raconte s’être réveillée « par miracle » du coma dans lequel elle se trouvait, grâce à son frère qui veillait sur elle.

« Je suis juste tellement contente d’être encore ici », a confié avec stupéfaction au Journal Suzanne Desjardins, alors qu’elle continuait de reprendre ses forces dans son lit à l’hôpital de Saint-Eustache.

La femme, qui va fêter ses 54 ans la semaine prochaine, peine encore à réaliser qu’elle a frôlé la mort il y a quelques jours.

« On l’appelle la miraculée ici, maintenant », témoigne son frère Jean, qu’elle appelle affectueusement son sauveur.

Le récit incroyable de la famille Desjardins s’est déroulé le mois dernier. La mère de famille, qui souffre d’emphysème pulmonaire, est alors à l’hôpital pour une grippe. La maladie dégénérative qui l’affecte depuis de nombreuses années fait encore des siennes et sa situation se complique.

Or, le 23 mai, son état se détériore au point où les médecins estiment qu’elle ne passera pas la nuit.

« Elle n’était plus capable de se réveiller. Elle n’était plus capable de respirer comme il faut et d’expulser son CO2 », explique Jean Desjardins.

Décision des enfants

Les deux enfants de Mme Desjardins se sont trouvés devant un choix terrible : maintenir en vie leur mère en souffrance ou la laisser partir.

« Ça a été déchirant, t’as même pas idée », laisse tomber Carl Desjardins-Lavoie, 23 ans.

« De la façon dont les médecins parlaient, il n’y avait pas d’amélioration possible. On nous disait qu’il n’y avait plus rien à faire, mais nous on ne voulait pas qu’elle souffre », ajoute sa fille Masha, 22 ans.

Comme l’espoir ne semblait plus permis, les deux jeunes, en accord avec le reste de la famille, ont pris la décision de cesser les traitements.

« Vraiment un hasard »

C’est le lendemain, en soirée, que les procédures devaient s’amorcer.

On prévoyait commencer à débrancher la cinquantenaire vers 18 h, et tranquillement abaisser son niveau d’oxygène en augmentant sa morphine, relate son fils.

« Vers 17 h 30, les deux jeunes étaient avec le pneumologue, qui expliquait comment ça allait se dérouler, raconte Jean Desjardins. Pendant ce temps-là, moi, je passais les derniers moments avec ma sœur. C’est vraiment un hasard que je sois là. J’aurais pu être avec eux. »

Soudainement, l’œil de Suzanne Desjardins s’est mis à s’entrouvrir, ce qui a fait bondir son frère de sa chaise.

« J’ai capoté. J’ai commencé à lui crier après, la secouer, lui dire de se réveiller. C’était vraiment le désespoir. Je ne voulais pas la perdre. Au bout d’une dizaine de secondes, elle s’est comme réveillée », poursuit-il, disant que le réveil de sa sœur a pris le personnel soignant par surprise.

Mme Desjardins est demeurée confuse durant quelques jours avant de prendre la pleine mesure de ce qui s’était passé.

« Mes enfants sont bien trop jeunes pour prendre une telle décision. Si ça doit arriver de nouveau, ce sera mon frère et ma sœur qui vont le faire », laisse-t-elle tomber, un peu émue.

Plein de choses à vivre

Cette dernière a bien hâte de prendre du mieux et pouvoir sortir de l’hôpital.

« Je suis en attente du résultat d’un scan depuis avril pour des saignements au niveau de l’intestin. Tant que je n’ai pas ça, je dois rester ici », déplore-t-elle.

Elle espère aussi pouvoir être admissible un jour à une transplantation de poumons, puisque les siens sont très affectés par l’emphysème pulmonaire.

« Je veux vivre ! J’ai encore plein de choses à faire, j’ai juste la moitié de ma vie de faite. J’ai déjà eu un miracle, il m’en manque juste un autre », conclut la mère de famille.

Source : journaldemontreal.com

 

 

Italie : la Fédération Nationale des médecins réaffirme son opposition au suicide assisté

par Gènéthique, 31/05/2019

En Italie, dans le cadre des débats actuels sur la légalisation de l’euthanasie, la Fédération Nationale des Ordres des Médecins Chirurgiens et des Dentistes (Fnomceo) été auditionnée jeudi devant les commissions pour la justice et les affaires sociales de la Chambre des députés. A cette occasion, la Fnomceo a réaffirmé fermement sa position : « la mort est l’ennemi et le médecin a toujours eu l’interdiction de la provoquer. Si elle est légalisée, l’objection de conscience devra être prévue ». A cette occasion, la Fédération a rendu public un document élaboré en mars par le Comité National d’Ethique indiquant que « le droit du médecin d’agir conformément à la clause de conscience (…) dans les moments critiques de son existences, à la protection de la vie et de la dignité de la personne à qui il est confié ne peut être contourné ».

Pierantonio Muzzetto, coordinateur du Conseil d'éthique de la Fnomceo, s’est exprimé au nom de tous les médecins de la fédération en ces mots : « depuis des millénaires, la profession de médecin suit un paradigme qui interdit la mort du patient, a-t-il rappelé. (…) Les médecins ont toujours considéré la mort comme un ennemi et la maladie comme une anomalie à guérir : on n'a jamais pensé que la mort pourrait devenir un allié, qu'elle pourrait résoudre la souffrance de la personne. (…) Les répercussions ne concernent pas seulement les médecins et les autres professions de santé : le mécanisme qui conduit à accompagner une personne au suicide implique l'ensemble de la société. »

« Il faut attribuer au médecin le rôle de celui qui protège les sujets les plus fragiles. L'interdiction de favoriser ou de procurer la mort a toujours protégé la profession médicale et les citoyens, comme l'histoire l'enseigne. La Fnomceo rappelle que les principes de notre Code concernent tout l'exercice de la profession et que le principe qui l'a dicté reste valable. »

« Le Code de déontologie médicale, dans sa formulation actuelle, empêche le médecin d'accomplir et/ou d'encourager des actes visant à causer la mort du patient, a-t-il conclu. En même temps, il exige que le médecin respecte la dignité du patient », notamment en ayant recours aux soins palliatifs et aux techniques anti douleur modernes : « nous devons mieux appliquer ces thérapies, qui peuvent être le meilleur outil pour éviter de porter atteinte à la dignité des personnes et de prévenir les demandes de suicide ».

Source : genethique.org

 

 

Blessée lors d'un accident, une femme se réveille après 27 ans de coma

par Ouest-France, 24/04/2019

Une habitante des Émirats arabes unis, grièvement blessée lors d'un accident de la route en 1991, est miraculeusement sortie du coma dans lequel elle était plongée depuis 27 ans.

Munira Abdulla avait 32 ans lorsqu'elle a été victime d'un grave accident de la route. Elle a subi une grave lésion cérébrale quand la voiture dans laquelle elle se trouvait a heurté un autobus. La famille rentrait de l'école où elle était allée chercher son petit garçon.

Omar Webair, qui n'avait alors que quatre ans, n'a heureusement pas été blessé. Il était assis à l'arrière du véhicule avec sa mère qui le berçait quelques minutes avant l'accident.

Munira Abdulla, qui était conduite par son beau-frère, a été grièvement blessée, mais a apparemment repris connaissance l'année dernière dans un hôpital allemand, a raconté la télévision anglaise BBC mardi.

« Ne pas perdre espoir »

Le petit garçon devenu adulte a donné une interview au journal The National, basé aux Émirats arabes unis dans lequel il évoque les progrès de sa mère après des années de traitement.

« Je ne l'ai jamais abandonnée. J'ai toujours eu le sentiment qu'elle se réveillerait un jour », a déclaré Omar au journal lundi. « La raison pour laquelle j'ai raconté son histoire, c'est pour dire aux gens de ne pas perdre espoir en leurs proches. Ne les considérez pas comme morts quand ils sont dans un tel état », a-t-il ajouté.

« Ma mère était assise avec moi sur le siège arrière. Quand elle a vu le crash venir, elle m'a prise dans ses bras pour me protéger du choc. »

Dispute décisive dans sa chambre d'hôpital

Munira Abdulla a d'abord été transférée à Londres où elle a été déclarée en état végétatif, explique le journal The National. Elle a ensuite été ramenée dans sa ville de résidence à Al Ain, aux Émirats Arabes Unis. Elle est ainsi restée plusieurs années, nourrie par un tube. Elle était toutefois accompagnée par des physiothérapeutes pour s'assurer que ses muscles ne s'affaibliraient pas par manque de mouvement.

En 2017, le Crown Prince Court, un organisme gouvernemental basé à Abou Dhabi, a proposé à la famille de transférer Munira Abdulla en Allemagne. Là-bas, elle a subi plusieurs interventions chirurgicales au niveau des muscles de ses bras et de ses jambes et a reçu des médicaments destinés à améliorer son état.

Un an plus tard, un incident s'est produit dans sa chambre d'hôpital. Son fils raconte qu'il a été impliqué dans une altercation et que cette dispute a été décisive. « Il y avait un malentendu dans la chambre d'hôpital et ma mère a senti que j'étais en danger, ce qui lui a causé un choc », a déclaré Omar. « Elle émettait des sons étranges et j'ai appelé les médecins pour qu'ils l'examinent. Ils ont dit que tout était normal. »

« Elle m'appelait par mon nom »

Trois jours plus tard, Omar raconte qu'il s'est réveillé en entendant quelqu'un qui l'appelait : « C'était elle ! Elle m'appelait par mon nom. J'étais fou de joie. Cela faisait des années que je rêvais de ce moment et mon nom est le premier mot qu'elle a prononcé. »

Il explique que depuis, elle est progressivement devenue plus réactive, qu'elle ressent la douleur et qu'elle peut avoir des conversations. Elle est désormais rentrée à Abou Dhabi, où elle suit une physiothérapie et une rééducation - principalement pour améliorer sa posture en position assise et éviter la contraction des muscles.

The National cite par ailleurs un rapport de l'hôpital de Mafraq, publié le mois dernier, qui confirme qu'elle est « actuellement capable de communiquer de manière très raisonnable, en particulier dans des situations familières ».

Sa famille a attendu un an avant d'en parler

Munira Abdulla s'est réveillée de façon inexpliquée en mai 2018, mais sa famille a choisi de ne pas communiquer l'information par respect pour sa vie privée.

Son médecin traitant, Friedemann Müller, préfère parler de stade intermédiaire de « coma éveillé ». La patiente se trouvait peu avant son réveil effectif dans un « état de conscience minimale », lors duquel elle pouvait « regarder quelque chose brièvement et notamment clairement réagir en voyant le visage de son fils », selon lui.

« Dans un coma éveillé, les patients peuvent ouvrir leurs yeux, mais pas dans un coma (traditionnel). Aucun patient ne se réveille d'un coma après 27 ans », a-t-il expliqué dans une interview au magazine allemand Der Spiegel.

Réveils très rares

La BBC explique que ce type de réveil après un coma de plusieurs années est rare. De plus, les personnes qui reprennent conscience ont souvent de graves handicaps causés par les lésions cérébrales.

La chaîne anglaise souligne toutefois le cas notable de Terry Wallis, un Américain blessé dans un accident de voiture à l'âge de 19 ans et qui s'était réveillé miraculeusement après 19 années passées dans un état quasi végétatif.

Source : ouest-france.fr

 

 

Les médecins italiens invités par l’Ordre à ne pas pratiquer d’euthanasie en cas de dépénalisation

par Gènéthique, 16/04/2019

Le président italien de la Fédération Nationale de l’Ordre des médecins chirurgiens et dentistes estime que, même si le Parlement Italien légalise un jour l’euthanasie, aucun médecin de devra la pratiquer, puisque le code de déontologie médicale mentionne clairement que « le médecin, même à la demande du patient, ne doit ni effectuer ni promouvoir de traitement visant à provoquer la mort » (article 17 du Code de Déontologie Médicale). Filippo Anelli a rédigé cette indication sur un document qui a été envoyé à tous les médecins italiens et transmis au Comité National de Bioéthique du Parlement. « Même si le législateur décide de modifier l'article 580 et, donc de dépénaliser l’acte, pour un médecin, de faciliter ‘de quelque manière que ce soit l'exécution’ du suicide, les règles déontologiques actuellement établies dans le Code restent valides et applicables », détaille le président Anelli dans cette « communication n°41 ».

Source : genethique.org

 

 

Les soins palliatifs comme composante essentielle du" Vivre ensemble"

par Institut Européen de Bioéthique, 03/04/2019

Le modèle des soins palliatifs doit s’adapter. Encore fortement construits autour des institutions de soins, les soins palliatifs sont appelés à faire partie intégrante de la vie en société pour permettre aux patients ou personnes âgées d’être soignés le plus longtemps possible dans leur environnement propre.

C’est ce que soutient une récente étude menée par le groupe de recherche End of Life Care (UGent et VUB), « Tijd voor een echte vermaatschappelijking van palliatieve zorg? ». Les chercheurs conseillent d’investir dans l’autonomie du soin et le réseau propre du patient, plutôt que de soumettre directement les patients aux soins palliatifs résidentiels.

Ce basculement tient compte de plusieurs impératifs : démographiques (contre 25% de la population en besoin de soins palliatifs en 2014, il faut s’attendre à 42% en 2040), sectoriels (insuffisance croissante de soignants palliatifs, liée à l’évolution démographique précitée) et financiers. Une seconde étude menée par ce même groupe révèle en effet que pour la société, le coût des 15 derniers jours de vie s’élève à un peu plus de 3.000 euros en cas de soins palliatifs à domicile, contre 4.700 euros en l’absence de soins palliatifs à domicile.

Les auteurs constatent que les soins palliatifs ne sont plus autant liés aux institutions de soins qu’auparavant, mais que leur mise en œuvre se différencie à travers la société. Ils ne se limitent plus à un fragment de soignants et de patients, mais concernent une part grandissante de la population. Ils vont ainsi sans cesse faire davantage partie de l’environnement proche d’une personne et de son domicile.

En ce sens, l’accent est mis sur la place des aidants proches, qui ont souvent le rôle le plus important dans les soins en fin de vie. Cette responsabilité peut leur peser et nécessiter un soutien moral et matériel (dont ils ne connaissent que très peu l’existence ou auxquels ils font appel très tard). Ils ont aussi besoin de soutien après le décès du proche qu’ils ont accompagné. Les bénévoles en soins palliatifs demandent eux aussi une attention psychologique et organisationnelle, car ils accomplissent un rôle essentiel dans le soin psychosocial et existentiel des patients.

Une piste serait d’inciter les professionnels de la santé à partager davantage leur savoir et leur expérience avec les bénévoles et les aidants proches, pour travailler à cette « sociétalisation » des soins palliatifs, et pallier à l’insuffisance de soignants palliatifs.

Du côté du patient, les chercheurs conseillent de redéfinir la position du patient en lui attribuant davantage de responsabilité et d’autonomie dans les soins en fin de vie, et de ne pas le considérer comme un récepteur passif de soins.

Sources: End of Life Care, De Knack

 

 

Soignants et citoyens s’opposent en masse à l’euthanasie en Nouvelle-Zélande

par Institut Européen de Bioéthique, 03/04/2019

Le projet de loi pour la dépénalisation de l’euthanasie et du suicide assisté soumis au Parlement néo-zélandais par le député David Seymour (ACT New-Zealand) et adopté en première lecture, a suscité un vaste rejet de la part des citoyens. Un rapport de l’organisation Néo-zélandaise Care Alliance montre plus de 90% d’opposants.

38.000 Néo-Zélandais ont remis leurs observations sur le projet de loi au Comité restreint de la Justice. Après examen, Care Alliance a rendu un rapport détaillé sur leur contenu. Il ressort que 91,8% des participants sont opposés à cette dépénalisation. Parmi le personnel médical ayant rédigé des soumissions, ce sont 93,5% qui y sont également totalement hostiles.

A travers ces observations, les Néo-Zélandais pointent du doigt l’inévitable effritement du cadre légal, comme dans les pays où l’euthanasie a été dépénalisée et où l’on voit les critères d’éligibilité s’élargir peu à peu. De plus, l’idée que l’État reconnaîtrait ainsi le suicide assisté et l’euthanasie comme socialement acceptables, saperait tous les efforts de prévention du suicide. Enfin, il n’est pas dans la mission des soignants de mettre fin à la vie du patient, alors que les soins palliatifs, correctement mis en œuvre, ont vocation à procurer un accompagnement humain de qualité pour soulager le malade.

La Nouvelle-Zélande a déjà rejeté un projet similaire par deux fois, en 1995 et 2003.

Sources : Parliament.nz - carealliance.org.nz

 

 

Le cerveau fabrique des nouveaux neurones jusqu'à 90 ans et plus

par Céline Deluzarche, 27/03/2019

Il a longtemps été admis que le stock de neurones était définitivement acquis à la naissance. Ces dernières années, le débat a été relancé par plusieurs études contradictoires. La dernière en date vient d'apporter une preuve supplémentaire de la neurogenèse jusqu'à un âge avancé et montre dans le même temps une chute de cette neurogenèse chez les malades d'Alzheimer ; peut-être une nouvelle piste dans l'explication de cette maladie.

Notre stock de neurones est-il définitivement acquis à la naissance ou continuons-nous d'en fabriquer de nouveaux tout au long de la vie ? Le débat fait rage chez les neuroscientifiques depuis quelques années. En 1998, une première étude avait découvert des cellules en division dans le cerveau humain, mais elle avait été contestée en raison de l'utilisation d'un biomarqueur interdit peu de temps après, et n'a donc pas pu être reproduite. En 2013, des chercheurs avaient calculé que le cerveau adulte générait encore 700 nouveaux neurones chaque jour, en faisant appel à la mesure de la décroissance radioactive du carbone 14 issu des retombées des essais atomiques. Mais d'autres chercheurs ont publié des preuves inverses : en 2018, une étude de Nature expliquait ainsi que le nombre de nouveaux neurones déclinait fortement dans l'enfance jusqu'à devenir « quasi indétectable » chez l'adulte.
Chaque année, nous fabriquons 300 neurones en moins par millimètre cube

Un an plus tard, María Llorens-Martín et son équipe de l'Université autonome de Madrid enfoncent le clou en faveur de la neurogenèse. Dans un article paru dans la revue Nature Medicine lundi 25 mars, elle a analysé 13 échantillons cérébraux de personnes âgées entre 43 et 97 ans et fraîchement décédées, et plus spécifiquement sur l'hippocampe, la partie du cerveau impliquée dans l'apprentissage, la mémoire et les émotions. Pour identifier les nouvelles cellules, les chercheurs ont utilisé quatre types d'anticorps qui détectent les protéines fabriquées par les neurones lorsqu'elles arrivent à maturité. Leurs calculs montrent que la neurogenèse continue bien tout au long de la vie, même si elle tend à ralentir : chaque année qui passe, nous fabriquerions ainsi 300 neurones de moins par millimètre cube.

Les chercheurs se sont également penchés sur les échantillons d'hippocampe de 45 patients atteints d'Alzheimer et âgés entre 52 et 97 ans. Là encore, on trouve la trace de neurones nouvellement formés, y compris chez la personne la plus âgée de 97 ans. Mais leur nombre semble diminuer drastiquement (-30 % en moyenne) et ce dès les premiers stades de la maladie, selon les observations des chercheurs.
Un nouveau mécanisme de la maladie d’Alzheimer ?

Cette découverte pourrait amener à une nouvelle piste pour la détection et le traitement de la maladie d'Alzheimer. Jusqu'à présent, la plupart des recherches se sont orientées sur l'accumulation de dépôts amyloïdes et de protéine Tau, qui induisent une dégénérescence neurofibrillaire aboutissant à la mort des cellules nerveuses. Recherches qui n'ont pas donné de résultats probants : 99 % des traitements expérimentaux échouent à montrer une efficacité lors des essais cliniques. « Notre étude montre qu'il existe un mécanisme indépendant du vieillissement physiologique qui conduit à un déclin du nombre de nouveaux neurones », explique au Guardian María Llorens-Martín. On ignore pour l'instant si cette baisse de neurogenèse est la cause ou la conséquence de la maladie. Elle pourrait en tout cas constituer un nouveau moyen de détection précoce.

Source : futura-sciences.com

 

 

"Grande vieillesse" et violences institutionnelles

La maltraitance des personnes âgées, dans les établissements où elles résident, est malheureusement, on le sait, un phénomène récurrent, et les signalements augmentent chaque année. Comment expliquer ces agissements très violents ?

par Claude Halmos, Radio France, 02/03/2019

Récemment, dans une maison de retraite du Val-de-Marne, un membre du personnel a été filmé, frappant et injuriant une dame de 98 ans. La maltraitance des personnes âgées, dans les établissements où elles résident, est malheureusement, on le sait, un phénomène récurrent, et les signalements augmentent chaque année. La psychanalyste Claude Halmos revient ici sur l'origine souvent pathologique de ces agissements d'une très grande violence.

franceinfo : comment peut-on expliquer de tels actes ?

Claude Halmos : Les actes comme ceux auxquels a été soumise cette vieille dame, relèvent de l’horreur la plus absolue et les personnes qui les commettent doivent en répondre devant la justice. Mais je crois que si l’on ne veut pas, face à de tels actes, occulter les vrais problèmes, on ne peut pas en rester à l’indignation.

Que voulez-dire ?

Les actes de ce type, qui relèvent de la pathologie, posent le problème du recrutement. Quand on recrute du personnel pour s’occuper de personnes en état de faiblesse (de malades, d’enfants, ou de personnes âgées), il faudrait être très rigoureux. Choisir des personnes capables d’empathie, et de patience, et qui ne soient ni sujettes à la violence, ni susceptibles d’abus de faiblesse.

Or, on sait que les établissements, qui doivent pourvoir des postes pour un travail difficile et mal payé, manquent souvent de la rigueur nécessaire. Mais ce problème n’est pas le seul.

Quels sont les autres problèmes ?

Le problème de fond (qui n’excuse en rien la maltraitance, qui est inexcusable) est que, dans ces établissements, on trouve, face à face, deux souffrances psychologiques qui se font écho.

Celle des personnes très âgées, qui doivent faire le deuil de ce qu’elles étaient auparavant et supporter la dégradation, progressive et sans retour, de leurs capacités physiques, et parfois de leurs facultés mentales ; et l’angoisse - trop sous-estimée - que cette dégradation suscite toujours.

Et, face à cette souffrance, celle du personnel, dont le travail est pénible, mais aussi particulièrement angoissant. Et, paradoxalement, pour les mêmes raisons. Parce qu’il est angoissant de travailler avec des personnes dont l’état ne va pas s’améliorer. Surtout lorsque l’on sait que, inéluctablement, on souffrira soi-même un jour de ce dont elles souffrent.

Ce face à face avec un état qu’ils redoutent pour eux-mêmes peut conduire des soignants à déraper. Et, sans aller jusqu’à la maltraitance, à faire preuve, par exemple d’un autoritarisme qui leur permet, en affirmant leur puissance, d’exorciser la peur que leur inspire l’impuissance des personnes dont ils ont la charge.

Que pourrait-on faire ?

Il faudrait que les établissements comprennent les problèmes psychologiques spécifiques de leurs personnels, et les prennent en charge. En leur donnant la possibilité d’un travail en équipe, pour exprimer et élaborer leurs difficultés.

Mais il faudrait aussi que la société réfléchisse à la vie qu’elle entend offrir aux personnes qui ont atteint l’âge de la très grande vieillesse. Parce que, à l’heure actuelle, tout se passe comme si, en ne considérant que leurs manques, on leur déniait le statut de personnes à part entière.

Cette vision déshumanisée pèse lourdement sur leur prise en charge, et peut expliquer qu’elles soient plus souvent maltraitées, dans les institutions, que les malades ou les enfants.

Source : francetvinfo.fr

 

 

Des milliers de manifestants anti-avortement défilent à Paris

par Huffingtonpost, 20/01/2019

SOCIÉTÉ - Plusieurs milliers de personnes, dont beaucoup de jeunes, ont commencé à défiler à Paris pour la 13e "Marche pour la vie", en opposition à l'avortement, a constaté l'AFP, ce dimanche 20 janvier.

"Vivre est un droit", "IVG: dire la vérité, c'est dissuader", "Protéger le faible, ça c'est fort", proclament les différentes pancartes dans un cortège qui a quitté la Porte Dauphine en direction du Trocadéro.

Les manifestants, dont beaucoup évoquent les 220.000 enfants "empêchés de naître" chaque année (216.700 avortements ont été pratiqués en France en 2017, un chiffre stable depuis 2001), portent des foulards bleus où l'on peut lire: "En marche pour la vie 20 janvier 2019". "Macron, Macron, touche pas aux embryons", scandent-ils notamment, derrière une banderole de tête affirmant "la vie n'offre aucune garantie, l'avortement ne laisse aucune chance".

La mère de Vincent Lambert présente

Convaincu de réunir "cette année beaucoup de monde", dans le "contexte" du mouvement des gilets jaunes, Nicolas Sévillia, délégué général de la Marche, a expliqué qu'"au-delà de la "détresse sociale", c'est "aussi une souffrance immatérielle" qui s'exprime. La marche d'aujourd'hui est "l'acte premier de la mobilisation citoyenne contre la révision de la loi bioéthique", a-t-il ajouté.

La PMA pour toutes, "c'est l'arbre qui cache la forêt", des choses "beaucoup plus graves" figurent dans le projet de révision, a abondé Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Lejeune. Pour lui, le gouvernement envisage "le traitement des gamètes" et "l'utilisation de l'embryon dans la recherche".

Viviane Lambert, qui contestera lundi lors d'une nouvelle audience à Châlons-en-Champagne la procédure d'arrêt des soins pour son fils Vincent, en état végétatif depuis dix ans, s'est déclarée "très impressionnée de voir tout ce monde pour défendre la vie". "Nous commençons à être usés par cette histoire de fin de vie mais Vincent résiste et nous résisterons avec lui jusqu'au bout", a-t-elle ajouté. "Je suis très impressionnée et fière de voir tout ce monde pour défendre la vie! Demain sera encore décidé de la vie et de la mort de notre fils. Nous résisterons !"

Un sénateur argentin, Mario Fiad, a pris la parole en début de rassemblement pour "soutenir" la marche. Le Sénat argentin a voté en août contre l'avortement, après des débats marqués selon lui par de "très fortes pressions" venant d'organisations internationales. La "Marche pour la vie" n'est "pas confessionnelle" mais la nonciature apostolique (ambassade du Saint-Siège) à Paris a transmis, selon les organisateurs, un message d'encouragement du pape François.

Source : huffingtonpost.fr

 

L’euthanasie en Belgique sous la loupe de la Cour européenne des droits de l’homme

par Gènéthique, 23/01/2019

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) vient de recevoir la requête d’un plaignant suite à l’euthanasie de sa mère en Belgique. Une première qui pourrait contraindre l’Etat belge à justifier sa loi. Carine Brochier de l’Institut Européen de Bioéthique revient pour Gènéthique sur les enjeux de cette affaire.

Gènéthique : La CEDH vient d’accepter de se prononcer sur un cas d’euthanasie en Belgique. Que représente cette décision ?

Carine Brochier : 95% des dossiers qui sont présentés à la CEDH ne dépassent pas le seuil de la recevabilité. La décision de se pencher sur la requête Mortier vs Belgique a donc un caractère assez exceptionnel. Dans ce dossier, la CEDH va examiner si l’euthanasie de Godelieve de Troyer, la maman du requérant, Tom Mortier, bafoue un droit humain fondamental. Dans ce cadre, la Cour a interpellé le gouvernement belge, qui a jusqu’au mois d’avril pour présenter une défense. Le requérant, Tom Mortier, sera à son tour entendu, et ce n’est qu’après cet échange d’arguments que la Cour statuera.

C’est la première fois qu’en matière d’euthanasie, les juges de la CEDH acceptent de s’interroger pour savoir si un droit humain a été piétiné. La requête déposée s’appuie sur l’article 2 de la CEDH. Cet article, assez explicite, s’intitule d’ailleurs « droit à la vie ». C’est le premier droit substantiel proclamé dans la Convention et l'un des droits essentiels car considéré comme « le droit humain le plus fondamental de tous » ou comme le « droit suprême de l'être humain », mais surtout comme « la condition d'exercice de tous les autres ». Si toute personne a droit à la vie, ce droit doit être protégé par des lois, ce qui implique pour l’Etat d’interdire toute atteinte à la vie de ses citoyens et, en corolaire, lui intime l’obligation de protéger la vie des personnes les plus vulnérables. C’est sur cette base que l’avocat de Tom Mortier, Robert Clarke de ADF International, a fondé sa requête.

G : Quels sont les faits présentés à la Cour ?

CB : La mère de Tom Mortier était en condition de souffrance psychique avérée. Depuis 20 ans, elle était suivie pour une dépression grave. Elle avait fait appel à plusieurs médecins, avant de trouver un praticien qui a accédé à sa demande d’euthanasie. Certains praticiens, en effet, sont plus enclins que d’autres à avaliser les demandes d’euthanasie. Au nom de la liberté et du droit des patients, la loi belge n’interdit pas ce qu’on appelle couramment le « shopping » médical. Si votre médecin traitant estime que vous n’entrez pas dans le cadre légal permettant l’euthanasie, vous pourrez toujours chercher ailleurs, et éventuellement trouver un médecin plus « accommodant », qui, même s’il ne vous a pas suivi dans la durée, provoquera votre mort dans ce qu’il jugera le respect du cadre légal.

G : En Belgique, Tom Mortier a porté plainte contre le Dr. Wim Distelmans qui a euthanasié sa mère, mais sa plainte a été classée sans suites. Comment le Ministère public belge est-il arrivé à cette conclusion ?

CB : Pour le Ministère public, l’euthanasie a été pratiquée dans des conditions qu’il considère comme « légales ». Tom Mortier quant à lui, estime qu’une loi basée sur des termes et des conditions tellement subjectifs, est en réalité absolument incontrôlable : en effet, comment mesurer le fait que les souffrances soient inapaisables ? De plus, comment peut-on être sûr, absolument sûr, que tout a été tenté pour alléger la souffrance et qu’il n’y aura pas de déclic imprévisible conduisant à un changement d’avis de la personne, un désir de vivre, surtout quand il s’agit de souffrances psychiques ? Comment affirmer qu’il n’y a aucune rémission envisageable ? Ariane Bazan, Professeur de psychologie clinique à l’Université Libre de Bruxelles, affirmait ceci : « Dépressions sur dépressions, récidives sur récidives, dépressions psychotiques. Même dans ces cas-là, rien ne prouve que ce soit incurable. On voit de drôles de choses parfois. Une nouvelle cuisinière qui arrive dans l’hôpital et une connivence se crée parfois… »[1].

Mais il y a un autre aspect inquiétant : la loi requiert que la personne demandant à être euthanasiée soit capable et consciente, donc apte à exprimer sa volonté ; sa demande doit être volontaire, réfléchie et répétée, et ne peut résulter d’une pression extérieure. Nous avons tous connu dans notre entourage des personnes atteintes dans leur psychisme : comment croire qu’une personne dispose, même en période paisible, de toutes ses capacités et de son équilibre, lorsqu’une maladie psychique la torture ? Les psychologues, les thérapeutes, répètent que l’un des symptômes de la pathologie psychiatrique est précisément ce désir de mort. Je pense aussi à Laura, une jeune femme de 24 ans. Elle avait planifié son décès. Elle a été suivie tout au long de son cheminement par des caméras de télévision et puis, la veille du jour de son décès programmé, elle a tout arrêté (cf. « Laura, 24 ans, demande l’euthanasie. Le monde s’émeut, les belges s’en désintéressent. » et En Belgique, Laura ne sera finalement pas euthanasiée). Il y a toujours des impondérables et il est de notre devoir de tout faire pour aider ces personnes à vivre.

En Belgique aujourd’hui, nombreux sont les soignants qualifiés qui, heureusement, s’opposent ouvertement à l’euthanasie pour seule souffrance psychique et en cas de maladies psychiatriques. A ce sujet la prise de position de plus de 253 soignants dont de nombreux psychiatres et psychologues[2] est un cri d’alarme dont il faut tenir compte.

Elle témoigne de la prise de conscience croissante des soignants. Ils s’interrogent et, loin de tout formatage idéologique ou militant, ils réalisent que cette loi en vigueur depuis 18 ans, dérape totalement.(cf. 15 ans après sa dépénalisation en Belgique, qui sont les victimes collatérales de l’euthanasie ? et Belgique : un bilan négatif après 15 ans de dépénalisation de l'euthanasie)

Un avis du Comité Consultatif de Bioéthique de Belgique a été publié récemment. Il aborde des questions essentielles telles que : qu’est-ce que la souffrance, la douleur, le fondement médical ? Toutes ces notions qui constituent le socle de la loi dépénalisant l’euthanasie. Il aura donc fallu 18 ans pour que les spécialistes et les éthiciens, les politiques, les médecins, les juristes se posent les questions essentielles qui auraient dû être étudiées avant la loi ! En attendant, il y a eu plus de 17.000 personnes euthanasiées depuis 2002, dont plusieurs centaines pour seules souffrances psychiques…

G : Notez-vous des évolutions dans le monde politique sur cette question ?

CB : Il existe dans certains partis politiques, des voix (trop timides) demandant une évaluation en profondeur de la loi, avec comme priorité l’abandon de l’euthanasie pour seules souffrances psychiques. Quand l’Institut Européen de Bioéthique communique avec la société civile, nous soulignons le paradoxe : d’un côté nos gouvernants mettent en place des services d’écoute et de prévention du suicide, des lieux d’accompagnement, des équipes qui se déplacent en pleine nuit et sauvent la vie de personnes déprimées et atteintes par une maladie psychiatrique. De l’autre, on propose d’euthanasier, après « mûre réflexion collégiale », des personnes atteintes du même mal ! Pourtant, la politique de prévention du suicide est essentielle sur cette question de vie et de mort. Les malades psychiatriques ont besoin d’être accompagnés, soignés, aimés, entourés, protégés, parfois contre eux-mêmes. Il ne revient pas aux soignants de provoquer leur mort. L’Etat a le devoir de protéger les droits des personnes vulnérables. Un pays qui autorise, comme la Belgique, l’euthanasie des personnes fragiles psychologiquement, respecte-t-il ce droit humain fondamental de chacun, le droit d’être protégé et gardé en vie ? Dans le cas Mortier vs Belgique, le requérant veut montrer que la Belgique, par cette loi euthanasie, ne protège pas une catégorie de ses citoyens, mais qu’elle enfreint les droits humains fondamentaux.

G : Mais est-ce qu’on ne peut pas dire que finalement, au nom de l’autonomie, la décision de mourir était la sienne. Pourquoi ne fallait-il pas la respecter et l’aider à mourir ?

CB : Ce que remet en cause la mort de Godelieve de Troyer, c’est précisément le dogme de l’autonomie qui considère que c’est SA décision à elle d’être tuée, qu’elle est autonome dans son choix et qu’il n’est même pas utile que quelqu’un prévienne la famille de ce qui va se passer. N’y a-t-il pas ici un aveuglement idéologique à penser que ce geste de mort provoquée ne concerne que la personne qui le demande ? Peut-on vraiment croire que cette décision ne touche ni sa famille, ni les soignants, ni la société dans son ensemble ? A l’Institut Européen de Bioéthique, nous recevons les témoignages des soignants, mais aussi des enfants de personnes qui ont été euthanasiées. Un médecin nous a dit récemment qu’il ne pratiquait l’euthanasie que le vendredi car il avait besoin d’un week-end entier pour s’en remettre. Que dire encore de cette femme qui voulait accompagner, jusqu’au bout et dans la tendresse, son père atteint d’un cancer qui lui, au nom de son autonomie, voulait en finir. Cette femme est aujourd’hui blessée et a recours à un psychologue… Les médecins lui disent qu’elle doit respecter le choix et la volonté de son père.

Devons-nous vraiment nous incliner devant ce choix de mort ? Nous inclinons-nous devant un geste de suicide ? Or, il me semble que le suicide et l’euthanasie ont de nombreux effets collatéraux négatifs en commun. La relation entre Tom Mortier et sa mère n’était, dit-il, sans doute pas optimale. Fallait-il la laisser telle quelle ? Les médecins, en provoquant la mort d’une personne fragilisée, ont-ils envisagé un instant les effets destructeurs sur Tom, sa famille, ses enfants, et leur histoire familiale ?

Cette tragique histoire montre combien une famille a été largement et définitivement affectée. L’autonomie ainsi comprise est un non-sens et, sans porter aucun jugement sur sa personne, cette femme a laissé derrière elle beaucoup de souffrances ; son euthanasie a brisé quelque chose chez ses descendants. Il est sans doute difficile de comprendre combien elle souffrait, mais ce qu’elle lègue à ses enfants, à ses petits-enfants est extrêmement lourd. On peut comprendre la révolte de Tom Mortier surtout vis-à-vis des médecins qui ont provoqué l’irrémédiable.

Dans le débat autour de l’euthanasie, on se fige sur le respect et le contrôle de la loi. L’enjeu véritable est ailleurs me semble-t-il. Ce n’est pas rendre service aux vivants que de provoquer la mort de ceux qui demandent à mourir. C’est aussi abîmer la vocation des médecins que de leur demander de poser ces actes qui provoquent la mort. Voulons-nous être soignés par des médecins « abimés »?

G : Quel impact peut avoir une telle procédure de la CEDH sur les médecins ?

CB : L’implication morale de la procédure pour les médecins est lourde. C’est la troisième fois en peu de temps que des médecins sont pointés du doigt. On peut penser que cette succession de poursuites judiciaires refroidira les plus enclins à euthanasier des patients psychiatriques. Du moins seront-ils plus prudents ou moins ostentatoires. Il faut espérer qu’il y aura une prise de conscience. Le nombre d’euthanasies pour souffrances psychiques ne cesse d’augmenter. On dénombre 77 cas ces deux dernières années. Au regard des 4.337 euthanasies pratiquées sur la même période, ce chiffre semble faible, mais il ne cesse d’augmenter et manifeste clairement la montée d’une mentalité euthanasique.

En réaction, quelque chose bouge en Belgique, me semble-t-il : des lettres ouvertes, la démission d’un membre de la commission de contrôle de l’euthanasie (cf. La Commission Euthanasie belge « enfreint consciemment la loi et tente de le dissimuler ») et la parole libérée de certains médecins qui disent « Euthanasie, faut pas pousser ! » et « pas dans mon service ! ». Le prochain épisode prévisible en vue d’un nouvel élargissement du cadre de la loi sera probablement celui de la liberté des institutions de soins, qui elles aussi, sont menacées par le totalitarisme de l’euthanasie. (cf. Dossier de l’IEB : La liberté des institutions de soins eu égard à la pratique de l’euthanasie). Il est grand temps de s’interroger.

G : Le cas Mortier vs Belgium pourrait-il remettre en question l’euthanasie demandée pour d’autres motifs ?

CB : La démarche de Tom Mortier et de ses avocats auprès de la CEDH est le cri de révolte d’un homme, qui pourrait aider à ouvrir les yeux en Belgique. Et pas seulement ceux des soignants. Notre société ne grandit pas en humanité en répondant à la demande légale d’être tué, quelle que soit la souffrance, que ce soit en phase non terminale, ou s’il ne lui reste que trois jours à vivre. Il est du devoir de la société, de chacun d’entre nous, d’accompagner les plus fragiles, les plus vulnérables, ceux qui souffrent. Ce doit être notre premier investissement familial et humain, économique et culturel. Prendre soin des plus fragiles, nous rend plus humain. Le psychiatre et neurologue Viktor Frankl l’a si bien exprimé par la logothérapie : « Face à l’absurde, les plus fragiles ont développé une vie intérieure qui leur laissait une place pour garder l'espoir et questionner le sens ». Traverser ensemble l’épreuve et la souffrance, est porteur de sens. N'en avons-nous pas tous besoin ?

[1] Le Soir, 14 octobre 2017

[2] https://www.rebelpsy.be/

Source : genethique.org

 

Des évêques de toute la France soutiennent la Marche pour la Vie

À la suite du Pape François, de nombreux évêques soutiennent la Marche pour la Vie et encouragent les catholiques à témoigner de la valeur intrinsèque de toute vie et du respect de la dignité humaine en rejoignant le rassemblement du 20 Janvier 2019 à Paris (Porte Dauphine, à partir de 13h30). Parmi ceux-ci :

Monseigneur Bernard Ginoux, Évêque de Montauban
Monseigneur Guy de Kerimel, Évêque de Grenoble-Vienne
Monseigneur Xavier Malle, Evêque de Gap-Embrun
Monseigneur Dominique Rey, Évêque de Fréjus-Toulon
Monseigneur Thierry Scherrer, Évêque de Laval
Monseigneur François Touvet, Évêque de Châlons
Monseigneur Marc Aillet, Évêque de Bayonne, Lescar et Oloron
Monseigneur Yves Le Saux, Évêque du Mans
Monseigneur Dominique Lebrun, Archevêque de Rouen
Monseigneur Pierre-Antoine Bozo, Évêque de Limoges
Monseigneur Jacques Benoit-Gonnin, Évêque de Beauvais, Noyon et Senlis
Monseigneur Vincent Dollmann, Archevêque de Cambrai
Monseigneur Raymond Centène, Évêque de Vannes
Monseigneur Emmanuel Delmas, Évêque d’Angers
S. Ém. le cardinal Philippe Barbarin, Archevêque de Lyon
Monseigneur Jean-Pierre Cattenoz, Archevêque d’Avignon
Monseigneur Michel Aupetit, Archevêque de Paris
Monseigneur Jean-Pierre Batut, Évêque de Blois
Monseigneur Matthieu Rougé, Évêque de Nanterre
Monseigneur David Macaire, Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France en Martinique

MERCI à tous !

 

Source : https://enmarchepourlavie.fr/

 

 

Marche Pour La Vie 2019

Dimanche 20 janvier à Paris

Porte Dauphine à 13h30

 

La MARCHE POUR LA VIE annonce sa mobilisation : objection de conscience pour tous !

Manifeste

Au mois de septembre 2018, Laurence Rossignol a déposé devant le Sénat, une proposition de loi visant à supprimer le droit pour les professionnels de santé, médecins, sages-femmes, infirmières et auxiliaires médicaux, de refuser de pratiquer ou de participer à une interruption volontaire de grossesse.

Cet acharnement politique contre la clause de conscience révèle le profond malaise qui habite notre pays : malgré les tentatives pour banaliser ce geste, l’avortement nous pose à tous un vrai cas de conscience.

Aux professionnels de santé d’abord.

Le Dr de Rochambeau, président du SYNGOF, a affirmé il y a quelques semaines que la clause de conscience lui permettait de ne pas pratiquer d’IVG, qu’il juge contraire à sa mission de soignant. Plutôt que d’entendre le trouble médical manifesté par cette déclaration, le gouvernement s’est scandalisé de ce qu’il voit comme une volonté des médecins de contrôler le corps des femmes. Il aurait peut-être fallu l’entendre uniquement comme l’expression d’une prise de conscience médicale de la contradiction entre la pratique de l’avortement et la mission du médecin : retirer une vie d’un côté, soigner de l’autre. Tandis que la clause de conscience des pharmaciens a été abandonnée déjà depuis 2016, que des quotas d’IVG ont été institués dans les hôpitaux comme des critères de bonne conduite, qu’en 2017 une loi sur le délit d’entrave a l’IVG a été adoptée par le Parlement pour contrer les informations sur les alternatives à l’avortement, le gouvernement a pour seule réponse à la détresse de ces médecins, le mépris de leur conscience.

Mais l’avortement est aussi un cas de conscience pour tous les citoyens

L’annonce d’une grossesse est bien souvent accompagnée d’inquiétude et de difficultés. C’est trop tôt, trop tard, pas le bon père, pas le moment financièrement… alors se pose la question : faut-il aller jusqu’au bout et donner vie à un enfant non désiré ? Le cas de conscience se pose quand le désir et la connaissance du bien à faire sont en contradiction. Le cas de conscience se pose à toutes les femmes qui ne veulent pas de cet enfant, mais qui savent que supprimer sa vie n’est un bien ni pour lui, ni pour elle. Il se pose à tous les pères qui ne savent comment accepter ce nouvel être mais dont le refus suppose d’abandonner la femme enceinte. Il se pose à chaque personne confrontée à cette question dans son travail, auprès de ses amis ou de sa famille : comment accompagner une grossesse difficile quand nous ne sommes pas directement concernés, quand il serait tellement plus simple d’ignorer le problème ?

Face aux multiples situations où nous avons à faire face à la question de l’avortement, la conscience est cette capacité que nous avons à éviter le chemin de l’aveuglement ou de l’indifférence. La conscience est là pour nous rappeler que supprimer une vie n’est jamais la solution, même quand son accueil est difficile.

Face à ces attaques contre l’objection de conscience, nous en appelons à la responsabilité et à la conscience de chacun. Quel monde voulons-nous pour demain ? Quel monde voulons-nous pour les futures mères, pour nos enfants, pour les femmes en difficulté ? Quel monde voulons-nous pour les professionnels sommés de faire un choix que leur conscience réprouve ?

En notre âme et conscience, nous devons refuser la fatalité de l’avortement. Nous voulons reconstruire une société où une grossesse est soutenue, où les maternités difficiles sont accompagnées, où les médecins sont là pour les soigner. Nous voulons une communauté politique où les métiers sont respectés, où le geste médical ne se retourne pas contre la vie de l’enfant à naître.

Contre la marche de la mort, nous vous appelons à marcher pour la vie !
RDV le dimanche 20 janvier 2019 à Paris, Porte Dauphine, à 13h30

 

Pourquoi marchons-nous tous les ans fin janvier ?

• La Marche pour la vie, c’est entre 30 et 50 000 marcheurs à Paris chaque année pour demander une société plus humaine.

• La 13e édition de la Marche pour la vie, avec une organisation rajeunie, est plus que jamais mobilisée en cette période de révision de la loi de bioéthique, de crise sociale et de convergence des détresses (gilets jaunes). Nous serons cette année la Marche des exclus du grand débat, les sujets bioéthiques et sociétaux ayant été sciemment exclus du « grand débat national » !

La Marche pour la Vie entend promouvoir un nouveau modèle de société qui ne banalisera plus l’avortement en proposant une politique de santé digne de ce nom visant à diminuer les 220 000 avortements annuels.

Les revendications des marcheurs en 2019

Cette 13e Marche Pour La Vie est fondamentale car elle se situe au cœur d’une année spéciale : celle de la révision de la loi de bioéthique. Cette dernière annonce de nouvelles transgressions (PMA, libéralisation totale de la recherche sur l’embryon, extension des politiques eugénistes, marchandisation du corps de la femme).

Cette année les Marcheurs mettent l’accent sur la liberté de conscience des professionnels de la santé, qui est menacée par des propositions de loi et des propos de responsables politiques. C’est pourquoi la Marche pour la vie appelle toute la société civile, médecins, chercheurs, biologistes, femmes enceintes, à faire valoir leur droit à l’objection de conscience le dimanche 20 janvier 2019 à Paris.

Les Français ont rendez-vous à la Marche pour la vie pour réaffirmer leur attachement inconditionnel au respect de la vie, à un moment de leur histoire où la banalisation de l’avortement n’a jamais été aussi forte.

• Nous revendiquons la mise en place de politiques de santé publique qui protègent la vie de l’être humain de sa conception à sa mort naturelle.

• Nous réclamons que soit maintenue de façon ferme et explicite l’interdiction de l’euthanasie en France. Nous voulons que toute personne soit assurée d’être accompagnée et soutenue dans les derniers moments de sa vie par la société et le corps médical. Et non qu’elle soit menacée de mise à mort par ceux qui auraient dû lui prendre la main.

• Nous réclamons une révision de la législation sur la procréation médicalement assistée (PMA) qui conduit à la sélection des embryons et à leur destruction massive. Nous ne voulons pas que l’embryon humain soit considéré comme un objet que l’on peut produire à plaisir et manipuler à des fins d’utilité.

Cette année, nous insistons plus particulièrement sur l’objection de conscience :

• Nous exigeons la sacralisation de la liberté de conscience des médecins qui refusent de pratiquer des actes contraires à la médecine.

 

Source : enmarchepourlavie.fr

 

 

États-Unis: il sort du coma après avoir été débranché par les médecins

par L'Union, 11/01/2019

Dans un coma estimé irréversible par les médecins, un Américain se réveille après avoir été débranché : lui et sa fille témoignent.

T. Scott Marr, 61 ans, originaire du Nebraska est hospitalisé au Methodist Hospital d’Omaha en raison d’un accident vasculaire cérébral irréversible selon les médecins. Plongé dans le coma, son état ne s’améliore pas et l’homme se dirige vers une mort cérébrale inéluctable.

Ses enfants demandent alors à l’équipe médicale de ne pas laisser leur père ainsi plus longtemps et donc de le débrancher. La décision est prise par la famille du patient. Ce dernier est extubé et les machines sont arrêtées les unes après les autres. Ses proches, qui avaient déjà programmé les funérailles, restent à ses côtés pour l’accompagner dans son dernier souffle.

Sauf que ce dernier souffle ne vient pas… T. Scott continue de respirer durant les heures qui suivent. « Dès le lendemain, son état s’est amélioré de façon significative. Je lui ai demandé de bouger ses pouces, il les a lentement bougés. Je lui ai demandé de remuer ses doigts de pied, et il les a tout doucement remués. » raconte sa fille Preston.

Miracle ou erreur de diagnostic ?

Les médecins ont alors été obligés de revoir leur diagnostic suite à de nouveaux tests, qui ont révélé que Scott Mar souffrait d’une affection cérébrale probablement causée par l’hypertension artérielle.

Pas encore remis de ses émotions, le « miracle man » a confié : « Je ne suis pas un homme extrêmement religieux. Je ne vais pas à l’église tous les dimanches. Mais je crois en Dieu. J’y crois de tout mon cœur […] Sans faire de cet événement une affaire religieuse, je dois vous dire une chose : c’était quand même un miracle. »

Source : lunion.fr

 

 

Canada : mises en garde sur l’extension de la loi euthanasie

par Institut Européen de Bioéthique, 20/12/2018

A peine deux ans et demi après la légalisation de l’euthanasie, le Canada envisage déjà d’en élargir l’accès aux mineurs dits « matures », aux personnes atteintes de troubles mentaux, et d’autoriser les demandes anticipées d’euthanasie. Trois rapports du Conseil des Académies Canadiennes (CAC), un organisme de conseil du gouvernement, viennent d’être publiés et pointent les éléments en faveur et en défaveur de ces éventuels élargissements. Les experts se sont montrés fortement divisés sur ces questions qu’ils qualifient de complexes et conflictuelles. De plus, ils se sont heurtés à d’importantes lacunes dans la connaissance de ces trois réalités, qui limitent leur étude.

En se posant la question de l’élargissement de l’euthanasie aux mineurs « matures » (compris comme adolescents capables de prendre des décisions éclairées en matière de soins de santé), le CAC soulève des préoccupations concernant la vulnérabilité de ce groupe (plus sensible aux pressions financières ou émotionnelles de leur famille), l’incertitude quant à leur capacité à fournir un consentement éclairé sur leur euthanasie, et surtout les nombreuses lacunes dans la connaissance de ces réalités étant donné le peu d’expérience en la matière, même au niveau international (16 euthanasies de mineurs répertoriées en Belgique et aux Pays-Bas, de surcroit très peu documentées). De plus, le CAC n’a relevé aucun témoignage ou demande d’euthanasie de la part d’un mineur malade au Canada.

Le CAC s’est ensuite penché sur la question des demandes anticipées d’euthanasie, actuellement sans effet au Canada, car la loi exige le consentement exprès du patient immédiatement avant de provoquer sa mort. Il s’est inquiété du principal risque posé par les demandes anticipées d’euthanasie, à savoir qu’une personne soit euthanasiée contre sa volonté, à cause de pressions systémiques et sociétales comme la disponibilité de soins, la stigmatisation de la perte de capacité décisionnelle ou des hypothèses biaisées sur la qualité de vie. Il a envisagé plusieurs scénarios, constatant qu’ils comportent tous un certain degré d’incertitude.

Enfin, sur la question de l’élargissement de l’euthanasie lorsqu’un trouble mental est le seul problème médical invoqué, le CAC pointe le désaccord des cliniciens sur le caractère incurable des troubles mentaux, condition actuelle pour l’euthanasie au Canada. Il met en garde contre cette extension aux personnes dont le désir pathologique de mourir est un symptôme de leur trouble mental, qui interfère avec la prise de décision. En ce sens, il relève qu’en Belgique et aux Pays-Bas, le plus grand nombre de demandes d’euthanasie en contexte psychiatrique provient de patients souffrant de dépression. De plus, cet élargissement renforcerait l’idée selon laquelle la vie de personnes atteintes de troubles mentaux est intolérable et ne vaut pas la peine d’être vécue. Le CAC a finalement souligné l’insuffisance de l’accès aux soins de santé mentale au Canada et le risque que certaines personnes puissent demander l’euthanasie parce qu’elles n’ont pas accès à d’autres traitements de santé mentale susceptible de réduire leurs souffrances – ou parce qu’elles ne peuvent pas se les payer.

Il est intéressant de voir que bon nombre des caveat émis par les groupes de travail sont semblables aux préoccupations que suscite la pratique de l’euthanasie au Canada selon la loi actuelle.

Source : ieb-eib.org

 

 

Mobilisation persistante contre la légalisation de l’euthanasie en Nouvelle-Zélande

par Institut Européen de Bioéthique, 20/12/2018

Par le biais de courtes vidéos, 20 Nouveaux-Zélandais partagent leur handicap, présentent les soins palliatifs, les perspectives légales et médicales qui peuvent nourrir les conversations sur la question de l’euthanasie et appellent à réagir contre une nouvelle proposition de légaliser l’euthanasie dans leur pays. L’association Care Alliance (qui se mobilise depuis 2012 pour promouvoir de meilleurs soins et conversations en fin de vie) a récemment lancé cette campagne d’information ‘Icare’ pointant les risques et fausses idées que contient la proposition de loi.

En effet, une troisième tentative de légaliser l’euthanasie est en cours en Nouvelle-Zélande. Malgré son passage en première lecture au Parlement, la proposition de loi rencontre une forte opposition de la part de certains parlementaires et a suscité une mobilisation citoyenne de taille.

Au mois de mai dernier, une consultation populaire avait donné lieu à 35 000 réponses dont 92% s’opposaient à la légalisation de l’euthanasie. Le Comité mandaté pour opérer cette consultation termine à présent d’auditionner des experts et des citoyens. Il doit remettre un rapport au Parlement pour le 27 mars 2019 au plus tard.

Devant l’opposition qui persiste, le député dépositaire de la proposition David Seymour a annoncé qu’il allait amender son texte en limitant l’accès à l’euthanasie pour les patients en phase terminale, clarifier que les troubles mentaux ne pourraient pas justifier l’accès à l’euthanasie, et soumettre la proposition au referendum lors des prochaines élections.

 

 

Sources : NZherald.co.nz – carealliance.org

 

 

Forte opposition à la légalisation de l’euthanasie en Nouvelle-Zélande

par Augustin Hamilton, 11/12/2018 16:49

Des dizaines de soumissions, requêtes et propositions ont été faites dernièrement sur le site du Parlement de Nouvelle-Zélande et la grande majorité d’entre elles s’opposent à l’euthanasie. Espérons que le gouvernement néo-zélandais écoutera son peuple. Extrait de Scoop Independent News :

Selon Peter Thirkell, secrétaire de l’organisme Care Alliance, l’opposition à la légalisation de l’euthanasie s’est considérablement accrue.

« Sur les 21 277 requêtes soumises à l’enquête du Comité spécial de la santé sur les questions de fin de vie, 77 pour cent étaient opposées à la légalisation », a déclaré le Dr Thirkell. « En revanche, plus de 36 000 requêtes ont été soumises au Comité spécial de la justice au sujet du projet de loi sur les choix de fin de vie, et l’analyse préliminaire montre que l’opposition s’élève à 92 pour cent. »

Source : cqv.qc.ca

 

 

Soins palliatifs: il y a «urgence d’agir»

par Élisabeth Fleury, Le Soleil, 13/12/2018

Les soins palliatifs sont-ils en fin de vie? C’est la question posée mercredi par le chef du service des soins palliatifs du CHU de Québec, le Dr Louis Roy, qui demande aux autorités régionales et ministérielles de lever les embûches qui empêchent les établissements d’embaucher des médecins disposés à prêter main-forte dans un secteur qui manque cruellement d’effectifs.

Le Dr Roy participait mercredi à une conférence de presse aux côtés notamment du député Sol Zanetti, porte-parole de la troisième opposition en matière de santé, et de la Dre Christiane Martel, présidente de la Société québécoise des médecins en soins palliatifs (SQMDSP). 

Le message: la ministre de la Santé, Danielle McCann, doit reconnaître la «crise urgente» que traversent actuellement les soins palliatifs, non seulement à Québec avec la fermeture récente des cliniques externes de soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Québec et de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, mais dans toute la province.

Sol Zanetti a rappelé que d’ici cinq ans, 50% des médecins pratiquant à temps plein en soins palliatifs auront pris leur retraite. «Aujourd’hui, les établissements de santé sont acculés au pied du mur», a déploré le député de Jean-Lesage, citant notamment les situations de Québec, de Lévis et de la Maison Victor Gadbois, près de Montréal.

M. Zanetti a fait écho à la sortie faite ce printemps par le Collège des médecins, qui s’inquiétait de voir des patients se tourner vers l’aide médicale à mourir, faute de services en soins palliatifs.

«C’est un choix que personne ne devrait être obligé de faire. C’est une atteinte à la dignité même des patients», a-t-il dit, ajoutant que la Loi sur les soins de fin de vie prévoit que toute personne doit avoir accès à des soins de qualité adaptés à ses besoins, notamment pour prévenir et apaiser ses souffrances.

Solutions de l’extérieur

Aux premières loges de la crise que vivent les soins palliatifs dans la capitale, le Dr Louis Roy estime que les solutions doivent venir de l’extérieur du CHU de Québec, et non de l’intérieur.

«Avec tous les chambardements que le système de santé a vécus dans les dernières années, de nombreux médecins ont dû revoir leurs pratiques, avec comme résultats au CHU de Québec qu’il y a eu plusieurs départs de médecins qui travaillaient à temps partiel ou à temps plein en soins palliatifs», se désole le Dr Roy, selon qui l’équivalent de quatre médecins à temps plein ont quitté le navire en 14 mois. «C’est beaucoup pour une petite équipe.»

Le médecin rappelle que les soins palliatifs, «ça ne requiert pas de grands systèmes, de grand matériel sophistiqué ou coûteux». «Malheureusement, au CHU de Québec, on a vu l’accès aux soins palliatifs se réduire […], alors qu’on sait que l’accès précoce à ces soins» améliore la qualité de vie des patients, souligne le Dr Roy.

Selon lui, malgré les réductions d’accès à l’Hôtel-Dieu de Québec et à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, le service des soins palliatifs du CHU de Québec n’a toujours pas les effectifs suffisants pour répondre aux besoins des patients hospitalisés.

«Au CHUL, un seul médecin pratique les soins palliatifs. Ça pose certains problèmes lorsque ce médecin doit s’absenter […]. Qu’allons-nous faire, puisqu’on manque de ressources médicales? Est-ce qu’on va devoir carrément fermer des lits de soins palliatifs? Qu’est-ce qui va arriver à ces patients en fin de vie, souffrants et inconfortables?»

Des solutions existent pourtant, rappelle le Dr Roy. «Il y a plusieurs médecins qui sont prêts à se joindre à notre équipe. […]. La direction du CHU est d’accord pour embaucher ces gens-là. Malheureusement, il y a des embûches au niveau régional et ministériel qui font qu’on ne peut pas aller de l’avant», dénonce-t-il, en faisant référence à la loi 20, aux plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM) et aux activités médicales particulières (AMP), qui orientent les nouveaux médecins vers un secteur précis (urgence ou CHLSD, par exemple), en plus de les obliger à prendre en charge un minimum de patients en cabinet (généralement 500).

La Dre Christiane Martel insiste: ce qui se passe à Québec se passe partout au Québec. «Dans chaque région, on retrouve des situations fragiles», déplore la présidente de la SQMDSP.

M. Zanetti, la Dre Martel et le Dr Roy demandent à la ministre McCann d’intervenir rapidement afin d’éviter d’autres découvertures en soins palliatifs.

«Il s’agit de réorganiser les choses, de permettre une meilleure mobilité et l’embauche de médecins qui demandent juste à aller donner ces soins-là. […] On  veut qu’il y ait la mise en place d’un système de pointage prévu par la loi 20 pour inciter les médecins à travailler en soins palliatifs. On veut aussi qu’il y ait des modalités pour permettre aux médecins qui pratiquent en GMF de suivre leurs patients en fin de vie», résume M. Zanetti.

FERMETURE DIFFICILE À VIVRE POUR UNE PATIENTE 

Atteinte d’un cancer incurable, la mère d’Eugénie Cloutier vit difficilement la fermeture de la clinique externe de soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Québec, où elle était suivie pour soulager ses douleurs complexes.

Présente à la conférence de presse, mercredi, Eugénie Cloutier a expliqué que les soins que recevait sa mère à la clinique lui permettaient de maintenir une qualité de vie acceptable en limitant notamment les effets secondaires de ses traitements. «C’est grâce à ces soins-là et à leur ajustement régulier que ma mère peut continuer de faire ses activités préférées et à garder un rythme de vie presque normal», a exposé Mme Cloutier.

La suspension en novembre des services externes de soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Québec est «une source d’anxiété pour ma mère et pour nous», a-t-elle dit.  

D’autant que la suspension de ces services s’est accompagnée de «confusion» dans la redistribution des dossiers et de retards dans l’ajustement et l’administration des médicaments de sa mère, a ajouté la jeune femme.

«Ma mère fait heureusement partie des patients qui ont un médecin de famille, et malgré tout, le transfert ne s’est pas effectué facilement. (...) Quand ma mère a voulu prendre rendez-vous avec son médecin de famille pour ajuster ses médicaments, celui-ci n’était même pas au courant qu’il était maintenant responsable du dossier», a déploré Eugénie Cloutier.

Selon elle, «ces tracas administratifs ne font qu’ajouter au stress et à l’incertitude qui entourent la suspension des services de soins palliatifs».

Mme Cloutier a du reste souligné que malgré toute la compétence du médecin de famille, celui-ci n’est pas spécialisé en soins palliatifs. «Il ne fait pas de doute pour nous que les soins de ma mère souffriront de ce transfert et qu’il en résultera des hospitalisations plus fréquentes», a-t-elle dit.

Source : lesoleil.com

 

 

 Et si les parents de Léah n'avaient pas été là ? La boite de Pandore ouverte par la Loi Claeys-Leonetti nous réserve combien de drames ?

 

"Elle veut vivre": le CHU de Caen assigné en justice par les parents d'une jeune handicapée

par Didier Charpin, France Bleu Normandie, 21/11/2018

Un couple s’inquiète pour sa fille handicapée de 19 ans après une décision du CHU de Caen. L’hôpital a fait savoir qu’il pourrait ne pas la prendre en charge en cas de nouvelle crise épileptique. Il invoque la loi Leonetti. Inacceptable pour les parents qui ont saisi la justice.

Une affaire sensible examinée ce mercredi devant le tribunal administratif de Caen, saisi en référé par ce couple domicilié à Fourneville (Calvados). Les parents de Léah, 19 ans, réclament le maintien des soins pour leur fille atteinte d’une maladie rare.

Léah est atteinte du syndrome de l’hémiplégie alternante de l’enfance, une maladie rare qui a retardé son développement moteur et mental. Cette pathologie provoque parfois des crises épileptiques nécessitant une prise en charge vitale au CHU de Caen. La jeune femme a connu sept hospitalisations ces cinq dernières années, avec à chaque fois prise de sédatifs sous assistance respiratoire.

La dernière crise remonte au 19 août. Elle a nécessité un séjour de deux mois au service réanimation. « Ce qui a incité l’équipe médicale à engager une réflexion éthique » a indiqué ce mercredi Martin Lavigne, l’avocat du CHU de Caen. « Parce que cette hospitalisation a été longue (NDLR : Léah est toujours au CHU mais désormais au service neurologie) et l’équipe médicale estime que la jeune handicapée est dans une impasse thérapeutique. D’où cette réflexion avantages/risques à poursuivre les traitements ». Une réflexion qui est allée à son terme puisqu’une décision a été communiquée par mail à l’avocat des parents le 2 novembre : il n’y aura pas de réadmission de Léah au service réanimation en cas de nouvelle crise.

La formule "obstination déraisonnable" a fait bondir les parents de Leah. Ces derniers dénoncent l’absence de dialogue avec le corps médical « une dizaine de médecins dans cette décision collégiale mais pour nous il s’agit de fantômes, personne n’est venu nous l’expliquer » affirme, dépité, Frédéric Benhini, le père de Léah. L’audience ne lui aura pas permis d’en savoir davantage, aucun médecin n’était présent ce mercredi au Tribunal Administratif.
Des vidéos pour prouver « qu’elle aime la vie »

Frédéric Zerbib, l’avocat des parents, a dénoncé une décision « cynique et incompétente ». Pour lui une absence de prise en charge médicale mettrait la vie de Léah en danger. Et il ne comprend pas comment la jeune normande peut faire l’objet d’une réflexion dans le champ d'application de la loi Léonetti : « cette loi est contre les traitements inutiles, disproportionnés et lorsqu’ils n’ont d’autres effets que le maintien artificiel en vie ! Mais pour elle la réanimation a montré toute son utilité ». L’avocat lit ensuite le contenu du message annonçant la décision du soin : « La raison avancée est le profond handicap mental et moteur de la patiente. Rien à voir avec la loi Léonetti » dit-il.

Cette loi de 2005 interdit les souffrances au nom d'un prolongement artificiel de la vie. « Mais hors des périodes de crises, Léah a une vie normale en autant que possible » explique Frédéric Benhini, son père. « Elle va dans un IME (Institut Médical Educatif) la journée puis elle revient à la maison. Elle sait exprimer sa volonté, ses préférences par des signes. Les liens affectifs existent ! ». Pour le prouver, le couple a tourné de petites vidéos début novembre et les diffuse à l'audience. Le tribunal découvre Leah réactive, parfois souriante et capable de comprendre et d’exécuter des ordres simples malgré son absence de langage verbal. « Ce n’est pas notre combat c’est son combat : Elle veut vivre ma gamine ! » clame le père, qui se dit aussi révolté que fatigué. « C’est déjà dur d’avoir une enfant polyhandicapée. Pourquoi nous imposer cette épreuve supplémentaire ? »

Le CHU de Caen devra-t-il renoncer à son refus d’admettre Léah en réanimation en cas de nouvelle crise ? Réponse du Tribunal administratif de Caen vendredi au plus tard.

 

La justice contraint le CHU de Caen à soigner une jeune handicapée

par Didier Charpin, France Bleu Normandie, 23/11/2018

Le jugement est tombé deux jours après le procès engagé par une famille de Fourneville (Calvados) contre le CHU de Caen. Et l’hôpital caennais est rappelé à l’ordre : il ne peut pas limiter les soins apportés à Léah, une jeune handicapée de 19 ans.

Le 2 novembre dernier le CHU de Caen faisait savoir aux parents de Léah qu’il ne l’accueillerait plus en réanimation en cas de nouvelle crise. Un coup de massue pour le couple de Fourneville, parent de la jeune handicapée de 19 ans. Trois semaines plus tard, son recours engagé auprès du tribunal administratif de Caen lui offre un soulagement. La justice ordonne à l’hôpital caennais de traiter la jeune handicapée comme n'importe quel autre malade.

Léah est une jeune fille pleine de vie

Le CHU invoquait la loi Leonetti pour justifier sa décision. L’avocat des parents, Frédéric Zerbib, avait axé sa plaidoirie sur une mauvaise lecture par le corps médical de ce texte sur la fin de vie. « La justice a envoyé ce vendredi un message clair au CHU de Caen pour lui rappeler les fondamentaux de la loi Leonetti. Les médecins envisagent la fin des traitements pour des patients victimes de lésions cérébrales irréversibles, en état végétatif. Là ce n’est pas le cas ! Léah est une jeune fille pleine de vie, nous l’avons montré à l’audience grâce à des petites vidéos tournées au sein même de l’hôpital qui voulait la condamner ! ».

Le tribunal administratif impose donc au CHU de recevoir la jeune handicapée mentale en cas de nouvelle crise, sachant qu’un retard de prise en charge médical pourrait lui être fatal. Le CHU de Caen a encore la possibilité de contester la décision devant le Conseil d'Etat.

Source : francebleu.fr