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Ne surtout pas confondre avec les cas d’euthanasie

par Xavier Bazin, 29/05/2019

Au départ, la question de l’euthanasie se posait uniquement pour des personnes :

  • En phase terminale (fin de vie) et atteintes d’une maladie incurable ;
  • Victimes d’épouvantables souffrances physiques et/ou psychologiques ;
  • Et ayant à plusieurs reprises manifesté leur volonté de mourir.

Mais Vincent Lambert ne correspond à aucune de ces caractéristiques :

  • Il n’est absolument pas en « fin de vie » : il peut vivre des années, voire des dizaines d’années dans son état ;
  • Il n’est pas atteint d’une « maladie mortelle » : certes, il est très lourdement handicapé, en état « végétatif » ou de « conscience minimale », mais tous ses organes vitaux fonctionnent correctement ;
  • Toutes les expertises s’accordent pour dire qu’il est impossible de savoir s’il « souffre » ou non ;
  • Et il n’est clairement pas en état de dire s’il souhaite mourir ou continuer à vivre.

J’insiste sur ce point.

Ceux qui souhaitent le laisser mourir disent qu’il s’agit de le libérer d’une vie indigne d’être vécue.

Mais qu’en savent-ils ? Rien.

Les experts qui l’ont examiné se sont hasardés à dire ceci :

« La limitation extrême ou totale de ses capacités d’accès à la conscience, de communication, de motricité, d’expression de sa personnalité, l’altération irréversible de son image lui portent atteinte à un point qui n’est pas acceptable par lui-même et par son épouse et tutrice ».

Pour moi, c’est une affirmation totalement gratuite.

L’état de Vincent est peut-être intolérable pour son épouse (ce qui est éminemment compréhensible), mais personne au monde ne peut dire ce qu’en pense Vincent lui-même !

A l’inverse, les parents de Vincent Lambert sont persuadés que leur fils souhaite vivre, « s’accroche à la vie » :

« Il n’aurait en effet pas tenu 31 jours sans alimentation s’il n’avait pas trouvé en lui une force intérieure l’appelant à se battre pour rester en vie. À l’inverse, tous les soignants de patients en état de conscience altérée le disent : une personne dans son état qui se laisse aller meurt en dix jours. »

C’est peut-être une indication, mais pas une preuve définitive.

Je répète que personne ne peut savoir ce que veut Vincent aujourd’hui.

Alors, dans le doute, faut-il arrêter de l’alimenter pour le faire mourir ?

Nourrir quelqu’un, est-ce de l’acharnement ?

Depuis la loi Claeys-Leonetti, l’alimentation artificielle est considérée comme un « traitement médical ».

Personnellement, je trouve ça très troublant.

Dans le cas d’une machine qui aide à respirer, les choses sont claires : c’est bien un traitement, une « assistance respiratoire ».

Si on vous « débranche », vous mourrez parce vous ne pouvez pas respirer sans appareillage.

Mais pour l’alimentation, c’est différent.

Personne au monde ne peut survivre sans boire ni manger.

Nourrir quelqu’un, même via une « sonde », ne me paraît pas être un « traitement médical ».

N’oublions pas que beaucoup de gens ne sont pas capables de se nourrir tout seul : les bébés, bien sûr, mais aussi beaucoup de personnes âgées dépendantes.

J’ai une grande tante aveugle, qui ne pourrait pas survivre si on ne la nourrissait pas. Certaines personnes âgées ont des problèmes de déglutition et doivent être nourries par sonde.

Du coup, la question se pose : alimenter quelqu’un, est-ce vraiment de « l’acharnement thérapeutique », ou de « l’obstination déraisonnable » ?

Si vous regardez bien, les conditions de la mort de Vincent Lambert sont assez dérangeantes.

S’il meurt, c’est uniquement parce qu’on arrête de le nourrir et de l’hydrater.

Vincent Lambert n’est pas branché à des appareils compliqués. Il pourrait parfaitement vivre dans une maison ou un appartement normal, avec une sonde alimentaire et des proches qui prennent soin de lui.

Écoutez ce que dit Philippe, médecin lui-même et papa d’un jeune homme qui est dans un état similaire à celui de Vincent Lambert :

« J’avoue que lorsque j’ai pris conscience, fin 2013, qu’il était question de mettre fin à l’hydratation et à l’alimentation d’un jeune homme en état végétatif chronique, je suis tombé de l’armoire !

Je me suis rendu compte que demain, je pourrais être pris à partie par un médecin qui me dirait : “Ce que vous faites de votre fils, c’est de l’obstination déraisonnable”. Aujourd’hui, il mange par la bouche, mais il est tout à fait possible que demain, s’il est affaibli, il soit lui aussi nourri grâce à une sonde, comme Vincent Lambert ».[10]

Ce malaise, beaucoup de familles l’ont ressenti.

« Un jour, la sœur d’une patiente fait irruption dans mon bureau, énervée et émue, a raconté un médecin qui s’occupe de patients dans le même état que Vincent Lambert. Elle me dit : “Promettez-moi que vous ne ferez jamais mourir ma sœur de faim et de soif ».

Pour certains médecins, il est faux de dire que Vincent Lambert pourrait « mourir de soif », puisqu’il n’est pas conscient.

Mais si on en était sûr à 100 %, pourquoi était-il prévu de donner à Vincent Lambert des anti-douleurs, une « sédation profonde et continue », et de lui humidifier régulièrement la bouche pour éviter la sensation de soif ?

Personnellement, je pense qu’il faut avoir de très bonnes raisons pour laisser mourir quelqu’un de cette manière.

Source : sante-corps-esprit.com