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Belgique : des parlementaires demandent la révision de la loi sur l'euthanasie

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Le sénateur démocrate-chrétien flamand Steven Vanackere appelle à une évaluation de la loi dépénalisant l'euthanasie. Il estime que la législation actuelle suscite trop de dérives.

L'euthanasie ne fait toujours pas consensus en Belgique. Un reportage diffusé mardi par la VRT, la télévision et radio publique flamande, a rouvert la polémique. Il relatait le cas de Tine Nys, jeune femme de 38 ans ayant demandé une euthanasie en 2010, pour souffrances psychiques liées à une séparation. Ses soeurs estiment aujourd'hui que les médecins ont procédé trop rapidement à l'euthanasie, sans lui proposer de traitements. A l'occasion de cette affaire, l'ancien ministre des Finances et chef du groupe chrétien-démocrate flamand (CD&V) au Sénat belge, Steven Vanackere, plaide pour une évaluation de l'euthanasie: «Il y a beaucoup de manquements dans la loi», a-t-il déclaré à la VRT mercredi.

Dépénalisée en Belgique en 2002, l'euthanasie est ouverte aux adultes faisant état «d'une souffrance physique ou psychique constante et insupportable qui ne peut être apaisée». En février 2014, elle a été étendue aux mineurs. Selon la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie, citée par le site d'informations belge 7sur7, plus de 2000 déclarations ont été enregistrées en Belgique en 2015.

La «souffrance psychique» et la Commission de contrôle en débat

Interrogé par Le Figaro, Steven Vanackere affirme qu'il défend une révision, et non une abrogation. «Nous ne voulons pas supprimer la loi, mais évaluer les dérives», précise-t-il. «La loi est là, il n'y aura pas de majorité pour revenir totalement dessus. Mais elle peut être modifiée sur plusieurs points», complète Yves De Graeve, secrétaire politique du groupe CD&V au Sénat.

Pour Steven Vanackere, le récent cas de Tine Nys pose le problème de la définition des cas relevant de l'euthanasie: «Le terme de souffrance pyschique comme condition n'est pas assez clair. Il n'y a pas de protocole précis.» Cela suscite «des interprétations de la loi trop laxistes et trop libérales», estime-t-il.

L'ancien ministre des Finances critique également la Commission de contrôle: «Vous ne trouvez pas surprenant qu'il n'y ait eu qu'un seul cas, en treize ans, qui ait été transmis au parquet? La loi a crée une Commission qui doit se contenter d'enregistrer les euthanasies que les médecins déclarent, sans se poser de questions», dénonce-t-il. Le sénateur déplore également la composition de la Commission: «Il y a des membres qui participent eux-mêmes à des activités d'euthanasie et qui peuvent donc se retrouver juge de leur propre activité. Il faudrait réexaminer les incompatibilités», estime-t-il.

De son côté, le chef de groupe socialiste au Sénat, Philippe Mahoux, réfute ces critiques. «Quoi de plus étonnant que l'opinion majoritaire en faveur de l'euthanasie soit représentée dans la Commission? Cela me paraît normal que des membres de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (proche de l'association française du même nom, NDLR) s'y trouvent», déclare-t-il au Figaro. Le parlementaire, auteur de la dépénalisation de l'euthanasie en 2002, et de son extension aux mineurs en 2014, défend l'irréversibilité de la loi: «L'opinion est majoritairement favorable à l'euthanasie. Je ne crois pas que la proposition des démocrates-chrétiens va aboutir».

Vers une extension de l'euthanasie aux personnes démentes?

Si révision de l'euthanasie il y a, Philippe Mahoux souhaiterait toutefois son extension aux personnes atteintes de pathologies cérébrales dégénératives. «Grâce à toutes les découvertes en neuroscience, nous pourrons déterminer là où s'établit la frontière entre conscience et inconscience. Mais ce n'est pas encore le moment de légifiérer», assure le sénateur socialiste. Une position que ne partage pas Steven Vanackere: «C'est du cynisme! Pour supprimer la souffrance, ils veulent supprimer la personne. Ils réfléchissent de manière dogmatique. Lutter contre les dogmes, c'est montrer ce qui se passe réellement. La réalité, c'est que la loi est déficiente. Il faut avoir honte d'un pays incapable de traiter de manière civilisée le sujet de la fin de vie!»

Le chef de file des démocrates-chrétiens flamands au Sénat souhaite que cette révision puisse permettre un large débat sur la loi d'euthanasie: «Nous voulons permettre un véritable débat sociétal, au-delà de l'idéologie, et en associant la société civile. Je suis convaincu que cette évaluation va permettre au public de prendre conscience des dérives de la loi.»

Cette prise de position a été saluée par les Jeunes Pour la vie, un groupe pro-vie belge: «La mort de Tine Nys montre, une fois de plus, que la société elle-même et dans son entièreté est en échec. Comment est-il possible qu'aujourd'hui, malgré les contacts sociaux dont nous nous vantons, malgré les avancées technologiques dont nous semblons si fiers, des personnes blessées ne voient qu'en la mort un refuge? Où est passée notre solidarité? C'est pour cette raison-là qu'il nous semble absolument nécessaire de revenir sur la loi, d'en faire une réflexion en profondeur», déclare au Figaro Marguerite, étudiante en médecine et porte-parole du groupe.

Le Sénat belge n'a pas la compétence de légifiérer sur l'euthanasie, mais les débats en son sein ont un impact sur la Chambre des députés. Certains parlementaires du N-VA, le parti nationaliste flamand, majoritaire à la Chambre, ont déjà fait part de leur soutien à une évaluation de l'euthanasie.

Source : lefigaro.fr

 

Sédation terminale : la loi est finalement votée. Soins palliatifs : le Dr Véronique Fournier n’est toujours pas nommée

par Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine, 27/01/2016 (soulignements par nos soins)
 

Bonjour

Une petite moitié de consensus sur la « fin de vie » et une grosse polémique sur les « soins palliatifs ». Sauf coup de Jarnac devant les jardins de l’Observatoire la France devrait, aujourd’hui 27 janvier 2015, être dotée  d’une nouvelle loi sur la fin de vie. Tout a été dit sur ce texte voulu par le président de la République ; un texte brodé sans point de croix par Alains Claeys (Parti Socialiste) et le Dr Jean Leonetti (Les Républicains) ; un texte qui enrage les militants de l’assistance médicalisée au suicide et qui inquiète ceux qui redoute que la loi autorise un jour le médecin à tuer.

Tout est dit ici du travail du législateur sur cette « proposition de loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie ». « On va passer d’un devoir des médecins à un droit des malades » résume le Dr Leonetti. C’est là une formule assez malheureuse qui laisserait entendre que le second prendrait la place du premier, que le droit des malades puisse être opposé au devoir des médecins ? Le maire d’Antibes, qui a les sens de la formule, a aussi inventé celle-ci : la nouvelle loi Claeys-Leonetti va mettre en place « droit de dormir avant de mourir pour ne pas souffrir ». C’est ici postuler que l’on ne peut souffrir en dormant. Qu’en disent les spécialistes des cauchemars ?

Démission de Christiane Taubira

Le hasard veut que cette loi soit in fine adoptée le jour du départ de Christiane Taubira du ministère de la Justice. Ce départ, cette démission, signe la transhumance  désormais accélérée d’une gauche socialiste de gouvernement vers des rivages moins roses. On peut ici faire un parallèle avec la fin de vie, comme nous ici incite, dans Le Monde, François Béguin :

« En décembre  2014, plus d’un an et demi après le vote du mariage homosexuel [loi portée par Mme Taubira], le chef de l’Etat avait souhaité que l’autre grande réforme sociétale de son quinquennat se fasse dans un  » esprit de rassemblement « . Marginalisés par ce choix, le premier ministre, Manuel Valls, et la ministre de la santé, Marisol Touraine, tous deux signataires en  2009 d’une proposition de loi prévoyant une  » aide active à mourir « , n’ont cessé de répéter que cette loi de consensus devait être vue comme une  » étape « . »

On voit mal, en ce mois de janvier 2015, la date de l’étape prochaine. Quant à Manuel Valls et Marisol Touraine il y a bien longtemps qu’ils ne s’expriment plus sur un sujet qui leur était familier en 2009.

Abracadabrantsesque

Leur silence n’empêche pas le vacarme. Les nouvelles sédations profondes, autorisées par le texte, l’assimilation (hautement controversée)  de l’alimentation et de l’hydratation à des traitements, l’absence dévaluation des pratiques, continuent de faire polémique. La loi Claeys-Leonetti va « encourager une pratique abracadabrantesque de l’euthanasie » prévient, dans Le Monde, Philippe Bataille, socioloque qui s’intéresse au sujet.

« Quels que soient les limitations légales et les garde-fous, les médecins pourront de moins en moins refuser d’introduire un patient, à sa demande, dans cette antichambre sédative prémortuaire » prophétise dans les colonnes du Figaro le philosophe Damien Le Guay. Avec ce droit à une sédation terminale, des situations inextricables vont apparaître. »

Confusion relative

C’est dans ce contexte qu’est soulevée la question de la nomination de la Dr Véronique Fournier à la tête du futur « Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie ». On se souvient que cette nomination avait été donnée comme faite, le 7 janvier, par Libération. Vingt jours plus tard, rien n’est fait car la personnalité de la directrice du Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin dérange.

Ses adversaires citent volontiers l’une de ses  déclarations faite au Monde en 2012: « Si on légalise sur une euthanasie volontaire, contre les médecins, on va braquer les médecins. En France, les soins palliatifs s’opposent à l’euthanasie, or, il faudrait que l’euthanasie devienne le soin palliatif ultime. » Plus généralement la lecture de ses écrits laisse une impression de relative confusion entre les notions de soins palliatifs et de suicide médicalement assisté.

Dans un communiqué daté du 8 janvier, la Société française de soins palliatifs (SFAP) s’était inquitée de cette possible nomination, qu’elle a juge « en conflit avec les positions éthiques du monde des soins palliatifs ». Face à cette levée de boucliers, Marisol Touraine, ministre de la Santé se tait. On fait savoir qu’il n’y a, ici, aucune urgence à ce que ce centre national soit présidé.

A demain

Source : jeanyvesnau.com

par Emmanuel Hirsch, Professeur d’éthique médicale, université Paris Sud, 27/01/2016

Aujourd'hui 27 janvier 2016 sera adoptée à l'Assemblée nationale puis au Sénat la proposition de loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie. Ainsi s'achève le parcours sinueux d'une concertation nationale lancée le 17 juillet 2012 par François Hollande.

Avec la loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, notre société fait aujourd'hui le choix de légaliser une autre approche du mourir. Il convient désormais d'intégrer le modèle d'un "bien mourir" opposé à aux "mal mourir", figure emblématique de l'inacceptable et de l'insupportable ainsi fustigés. Il s'avère en fait plus avantageux d'ériger des symboles que de s'investir au quotidien pour qu'évoluent les mentalités et les pratiques contestées depuis plus de trente ans par ceux qui assument la responsabilité politique de l'humanité du soin jusqu'au terme de la vie.

Les postures compassionnelles et les résolutions incantatoires ont imposé leurs règles. La discussion est close. Le souci de la forme ne dissimule pas pour autant les intentions et les incitations de fond. Il n'est pas convenable aujourd'hui d'entacher de soupçon un consensus acquis après trois années de concertations dont notre pays, affirme-t-on, sort "apaisé" et bénéficiaire de "nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie": sédation profonde et continue, directives anticipées opposables.

À défaut d'avoir été en capacité d'intervenir sur le "bien vivre", ce "vivre avec" revendiqué comme un droit fondamental par les personnes malades et leurs proches, nos responsabilités se sont figées dans la préoccupation de leur assurer un "bien mourir". Les règles du "vivre ensemble" s'étendront donc demain à l'administration - reconnue comme un droit - d'une sollicitude active dans la mort. Car la fin de vie n'est plus perçue que dans ses expressions les plus extrêmes.

Comme une "souffrance totale" estimée incompatible avec une certaine idée des droits de la personne. Après avoir asséné comme une vérité l'inapplicabilité de la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, le "mal mourir" s'est imposé comme une évidence scandaleuse justifiant sans plus attendre l'intervention du législateur.

Il n'est plus l'heure de se soucier de l'état d'esprit que révèle, face à tant d'autres défis majeurs, l'urgence législative « à bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité ». Les dépositaires de la sagesse publique se sont prononcés à ce propos de manière définitive, adossés à l'habileté de stratégies politiques parvenues de manière consensuelle à leurs fins. L'impatience est telle que l'on devient indifférent aux conséquences de ce qui se décide aujourd'hui, alors qu'il est tant question de lien social, de "valeurs qui font société", notamment là où les vulnérabilités humaines défient nos solidarités.

"Éviter toute souffrance et de ne pas prolonger inutilement sa vie" récapitule dans une prescription lapidaire nos devoirs d'humanité à l'égard d'une personne atteinte "d'une affection grave et incurable". Face au "mal mourir" qui est l'expérience d'une souffrance existentielle profonde et complexe, notre souci de dignité se satisfera désormais de la perspective d'un "traitement à visée sédative et antalgique". Au point de ne plus attendre de la société que l'acte d'une mort par compassion, d'une mort sous sédation, d'une mort médicalisée.

De quelles valeurs procède ce recours à l'anesthésie pour éviter toute exposition à notre finitude, à notre humanité? Qu'en est-il du courage promu d'une mort "choisie", "autonome" ramenée au protocole d'un endormissement morphinique sous contrôle médical? Qu'en est-il d'une mort "dans la dignité" invoquée comme "ultime liberté" par ceux qui en délèguent l'office à une procédure administrative et à un acte médical?

L'idéologie du "bien mourir" imposera demain des normes, un "bien faire" qui visent l'abolition de toute exigence de questionnement, la délivrance des tourments existentiels comme des souffrances, et proposeront le cérémonial "apaisé" d'un dispositif encadré par la loi. Est-ce ainsi que s'entend la vie démocratique en termes d'humanité, de dignité et de responsabilité? Il n'est pas certain que cette nouvelle législation de la "mort choisie" voire "revendiquée" n'ajoute pas à nos vulnérabilités sociales des souffrances inapaisables.

Il me semblait plus responsable aujourd'hui de mettre en œuvre de manière effective la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, que de dissimuler, en y mettant les formes, une évolution dont il est évident qu'elle légitime une gestion médicale et administrative de l'euthanasie qui s'insinuera dans les pratiques de manière subreptice.

La vaine préoccupation du législateur et de certains experts de l'éthique assignés à cautionner la distinction qu'il conviendrait d'établir et de maintenir entre la sédation profonde et continue et l'acte d'euthanasie, procède d'une dernière prudence sémantique ou alors d'une inconséquence qui inquiètent et intriguent. Peu de personnes saisissent de telles subtilités, tant les controverses, les renoncements et les stratégies opportunistes ont opacifié les quelques distinctions de fond qui s'avéraient pourtant indispensables. Dans une telle conjoncture, j'en suis arrivé à considérer qu'il aurait été préférable, par loyauté ou par souci de clarté et de clarifications, de légaliser l'euthanasie.

Il ne s'agissait en fait que d'en anticiper l'échéance, car de toute évidence ce qui est mis en œuvre aujourd'hui est organisé et planifié pour qu'elle s'impose demain. Il est même affirmé, y compris par des membres du gouvernement, que la législation présente n'est que transitoire.

Il convient désormais de se résoudre à accompagner sur le terrain du soin non seulement une approche différente de la législation relative à la fin de vie, mais également une autre conception de ce que soigner signifie, de ce à quoi le soin engage. Peut-on affirmer que c'est ainsi que nous parviendrons à trouver de la sérénité face à la souffrance et à la fin de vie, ce que nous ne savons plus du reste concevoir et évoquer ensemble qu'en des termes médicaux et juridiques?

S'agit-il, comme cela est proclamé, d'une "avancée" du point de vue de la dignité et des droits de la personne ou alors d'une déroute ? Désormais à chacun d'assumer ses choix et ses responsabilités.

Source : huffingtonpost.fr

Adoption de la loi fin de vie : Jean Paillot, l’avocat des parents de Vincent Lambert, réagit

par Maître Jean Paillot, 22/01/2016, extraits (soulignements par nos soins)

...Il ne faut pas être dupe : il ouvre la porte aux euthanasies par omission, dès lors qu’il admet la légitimité d’un arrêt d’alimentation et d’hydratation artificielles d’une personne handicapée et incapable de donner elle-même son consentement, arrêt dont les conditions d’accès ne sont pas parfaitement précises et sont insuffisamment entourées de garanties.

Ainsi en est-il du fait qu’un médecin seul est susceptible de prendre une telle décision, quoi que puisse en penser sa famille ou la personne de confiance pour lesquelles la seule obligation est d’être auditionnées. Dans ce domaine, j’aurais apprécié qu’au minimum, un consensus familial et médical soit acté.

Mais la procédure de la loi Leonetti n’a pas été modifiée, alors que le champ d’action de cette loi l’est, lui et qu’il s’adresse non plus seulement aux personnes malades ou en fin de vie, mais aussi aux personnes handicapées.  

La deuxième critique que je formule – et que je formule depuis 2005 en réalité – est que le législateur ne prend toujours pas la peine de définir ce qu’est un soin, ce qu’est un traitement, et quelle différence on fait entre ces deux notions. Or ces deux notions coexistent dans le code de la santé publique depuis 2005.

Pourquoi l’alimentation artificielle est-elle considérée comme étant un traitement ? Ne faudrait-il pas définir d’abord ce qu’est un traitement, puis ensuite se demander si telle ou telle action constitue un soin ou un traitement ?  

La troisième critique est que le texte proposé de l’article L. 1110-5-1 du Code de la Santé publique est en réalité contradictoire dans ses deux premières phrases : doit-on arrêter un traitement devenu déraisonnable ? Ou peut-on l’arrêter ?

La différence est importante, elle avait déjà été pointée par le CCNE, mais personne n’en tient compte.

De même cet article retient à nouveau le critère de l’acte « qui n’a d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie », alors même que le CCNE (dans son avis public concernant l’affaire Lambert) a montré à l’envi à quel point ces mots sont vides de sens, de sorte que ce critère, censé borner l’application des arrêts de traitement, ouvre la porte à toutes les interprétations.  

La quatrième critique tient au fait que je ne suis pas d’accord avec l’utilisation des sédations profondes et définitives. Tout le monde est d’accord pour admettre la légitimité des sédations provisoires, notamment en cas de douleurs insupportables.

Mais il n’existe pas d’unanimité du corps médical et infirmier dans l’application des sédations définitives qui, dans certains cas, sont au surplus des moyens de masquer des douleurs volontairement infligées aux patients (notamment en cas d’arrêt d’alimentation ou d’hydratation).

Pourquoi d’ailleurs obliger systématiquement à une sédation définitive les personnes handicapées inconscientes pour lesquelles un arrêt de traitement est décidé si ce n’est pour camoufler une maltraitance ?  

Cette proposition de loi nous fait entrer de plein pied dans l’élimination de certains handicapés.
...

Source : genethique.org

 

Députés et sénateurs s'accordent sur la fin de vie

Députés et sénateurs ont validé ce 19 janvier une version commune de la proposition de loi de Jean Leonetti et Alain Claeys, qui accorde de nouveaux droits aux personnes en fin de vie. Le texte pourrait être définitivement adopté mi-février.

par

La version commune de la loi "Leonetti Claeys", qui prévoit un "droit à la sédation profonde et continue" jusqu'au décès pour certaines personnes et doit rendre contraignantes les "directives anticipées", a été approuvée à l'unanimité par les sept députés et sept sénateurs réunis en commission mixte paritaire (CMP), ont précisé les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (Les Républicains), rapporteurs et également auteurs de la proposition de loi originelle.

Cet accord députés-sénateurs était loin d'être gagné, alors que chaque assemblée avait voté jusqu'alors sa propre version. Et la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait fin octobre 2015 déploré au Sénat, à majorité de droite, le "recul non seulement sur la version de l'Assemblée nationale mais aussi sur la loi Leonetti de 2005" induit par les modifications des sénateurs.

Le député-maire de Poitiers Alain Claeys s'est, lui, félicité ce 19 janvier de la "coproduction Assemblée-Sénat" et d'une "convergence qui répond à la volonté du président de la République et du gouvernement", sur "un sujet qui concerne tous nos concitoyens".

Selon Jean Leonetti, la rédaction trouvée est "une sortie par le haut", grâce à "un énorme travail de concertation avec les groupes parlementaires, en essayant de lever les craintes". La version commune, qui doit être votée de façon ultime à l'Assemblée le 27 janvier et au Sénat mi-février, "ne renie pas le texte de 2005" sur la fin de vie dont il est l'auteur, et "n'ouvre pas la porte au suicide assisté ou à l'euthanasie", selon lui.

Ainsi dans le détail, le droit à une sédation profonde et continue jusqu'au décès sera ouvert aux patients en toute fin de vie et dont la souffrance est insupportable.

Hydratation et nutrition sont des traitements

Les directives anticipées, par lesquelles chacun pourra stipuler son refus d'un acharnement thérapeutique, "s'impose[ront] au médecin", selon la formule trouvée. Elles ne seront cependant pas opposables, car le médecin pourra y déroger en cas d'urgence vitale ou s'il les juge manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale, par exemple, en cas de tentative de suicide ou de coma.

Enfin, les parlementaires ont, d'après M. Leonetti, "levé l'ambiguïté" sur l'hydratation et la nutrition pour les personnes en fin de vie, qui seront définies comme des traitements. "Les arrêter ou les continuer, ce sera au cas par cas", a précisé le député-maire d'Antibes (Alpes-Maritimes), cardiologue de profession.

Il avait été missionné avec son collègue socialiste par le gouvernement dans un "esprit de rassemblement" sur ce sujet épineux. 

Leur proposition de loi, que certains voient comme une "étape" tandis que d'autres trouvent qu'elle va trop loin, a déjà fait l'objet de deux lectures dans chacune des chambres du Parlement depuis début 2015.

Source : francetvinfo.fr

 

Ici un homme qui se dit innocent est exécuté en sept minutes.

Et nous, combattons pour que des milliers d'innocents ne soient pas exécutés en plusieurs semaines de souffrances et d'angoisses.

Texas : un condamné exécuté malgré une forte mobilisation et le soutien du pape

L'Etat américain du Texas a exécuté mercredi un condamné à mort, malgré un recours de la dernière chance introduit par ses avocats convaincus de son innocence et un soutien apporté par le pape François. Richard Masterson, 43 ans, a reçu une injection létale et est décédé à 18 h 53, a annoncé un porte-parole de l'administration pénitentiaire locale. ...

«L'incompétence» de ses précédents avocats

L'avocat de Richard Masterson avait saisi en ultime recours la Cour suprême des Etats-Unis, affirmant que l'autopsie de Darin Honeycutt était entachée de graves irrégularités et que d'anciens aveux du condamné, toxicomane et plongé dans une dépression suicidaire en raison de son incarcération, n'étaient pas valables. «J'ai saisi la Cour suprême aux motifs que premièrement Richard Masterson est innocent, deuxièmement l'Etat (du Texas) a effacé des preuves de l'innocence de M. Masterson et troisièmement les précédents avocats de M. Masterson, par incompétence, n'ont pas relevé les preuves de son innocence», avait déclaré Gregory Gardner, l'avocat du condamné.

Le pape François, grand opposant de la peine de mort, suivait de près le sort de Richard Masterson, avait indiqué lundi lors d'une conférence de presse le cardinal autrichien Christoph Schönborn.

Les Etats-Unis ont exécuté 28 personnes en 2015, le chiffre le plus bas depuis 1991, selon le Centre d'information sur la peine capitale (DPIC). Le Texas est l'Etat américain qui exécute le plus.

Source : leparisien.fr

 

Euthanasie en Belgique : la liberté religieuse menacée

par Antoine Pasquier, 13/01/2016

Le tribunal de Louvain va examiner le refus d’une « maison de repos » catholique de pratiquer une euthanasie.

La Belgique n’en finit pas de s’embourber dans les polémiques autour de la pratique de l’euthanasie. Dernière en date : la comparution devant le tribunal civil de Louvain, dans les prochaines semaines, de la direction d’une « maison de repos » catholique après son refus d’autoriser un médecin à venir pratiquer une euthanasie dans ses murs. Le praticien en question avait été sollicité par une femme de 74 ans, atteinte d’un cancer en phase terminale, et résidente depuis plusieurs années à l’institution Sint-Augustinus, à Diest, dans le Brabant flamand. Devant le refus de la direction, la septuagénaire avait été transportée à son domicile pour y être euthanasiée. Sa famille, estimant que ce refus a aggravé ses souffrances physiques et psychiques, a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux.

C’est la première fois que la justice belge aura à trancher l’une des controverses juridiques les plus disputées depuis la dé­pénalisation de l’aide active à mourir en 2002 : des établissements de soins, a fortiori catholiques, ont-ils le droit de refuser la pratique de l’euthanasie ? Quelques jours avant l’affaire de Diest, le nouvel archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Jozef De Kesel, déclarait, dans les colonnes du quotidien flamand Belang van Limburg, que les établis­sements catholiques avaient « le droit de décider de ne pas la pratiquer ». Cette af­firmation ecclésiale, dans un pays où il n’est pas bien vu de briser le consensus national, avait provoqué la colère des partisans de l’euthanasie, médecins et parlementaires confondus, arguant d’une « fausse interprétation de la loi ».

Des établissements en accord avec la loi

Pourtant, aucune disposition du texte initial, ni de ses élargissements postérieurs, n’impose l’euthanasie. « La loi accorde un droit aux patients à formuler une demande d’euthanasie », rappelle Étienne Montero, professeur de droit à l’université de Namur et auteur en 2013 de Rendez-vous avec la mort. Dix ans d’euthanasie légale en Belgique. « Mais elle ne dit pas que l’euthanasie doit être pratiquée partout. » « Elle ne crée pas un droit fondamental, ajoute Fernand Keuleneer, avocat à Bruxelles et ancien membre suppléant de la Commission fédérale de contrôle sur l’euthanasie. Les hôpitaux qui n’autorisent pas l’application de l’euthanasie respectent pleinement la loi, qui leur garantit cette liberté. »

Dans son rapport de 2002, la commission de la justice de la Chambre des représentants reconnaissait en effet cette liberté : « Les institutions ont le droit d’interdire la pratique de l’euthanasie dans leurs murs. » Pour preuve, la loi sur les hôpitaux qui recense les services minimums dont doivent disposer les établissements de santé pour obtenir l’agrément de l’État, n’y inclut pas l’euthanasie. « C’est donc qu’ils ne sont manifestement pas obligés de l’assurer dans leurs murs », en conclut Étienne Montero.

Chez les défenseurs de l’euthanasie cependant, on n’en démord pas. Toujours selon la loi sur les hôpitaux, le règlement général d’un établissement « ne peut contenir de dispositions [qui iraient à l’encontre de la liberté thérapeutique du médecin] », affirment-ils. Mais cette liberté concerne-t-elle le fait d’aider une personne à mourir ? « Elle ne couvre que les actes médicaux, ce que n’est pas l’euthanasie car elle n’a aucune visée thérapeutique », assure Étienne Montero.

En outre, cette liberté peut être limitée par la possibilité laissée aux « organisations dont l’éthique est fondée sur la religion ou les convictions », depuis une directive européenne de novembre 2000, de requérir de son personnel « une attitude de loyauté ». En clair, elles peuvent soumettre leurs employés à une charte de bonnes pratiques. « Rien ne s’oppose à ce qu’y figure le refus de l’euthanasie », explique le professeur de droit. À une condition, prévue dans la loi de 2002 : « Que l’institution informe le patient en temps utile qu’elle n’a pas l’intention de répondre à sa demande d’euthanasie. »

Attendue, la décision du tribunal de Louvain pourrait faire jurisprudence. Reste à savoir dans quel sens. 

Antoine Pasquier

Source : famillechretienne.fr

 

 

Proposition de la loi sur la fin de vie : les sénateurs s’accordent sur un compromis a minima

par Coline Garré, 30/10/2015

La première lecture de la proposition de loi Leonetti-Claeys au Sénat en juin s’était soldée par un camouflet : remanié de toutes parts, le texte n’avait finalement pas été voté.

L’examen en deuxième lecture du texte ouvrant de nouveaux droits aux malades en fin de vie a été plus consensuel, ce 29 octobre : 287 sénateurs ont voté pour, 10 sont restés contre cette nouvelle mouture, qui intègre la sédation profonde et continue jusqu’au décès.

L’hydratation artificielle est un soin

Les sénateurs ont redéfini l’obstination déraisonnable, en distinguant deux critères : des traitements disproportionnés, ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie. Ils ont ainsi supprimé la notion d’« inutilité » présente dans le texte de l’Assemblée, au grand regret de Marisol Touraine qui a dénoncé un « recul sur la loi Leonetti de 2005 ».

Les sénateurs ont précisé que « l’hydratation artificielle constitue un soin qui peut être maintenu jusqu’au décès ». Ils reviennent ainsi sur la version des députés, inspirée de la jurisprudence de l’affaire Vincent Lambert, qui faisait de la nutrition et l’hydratation artificielles des traitements pouvant donc être arrêtés en cas d’obstination déraisonnable.

Les sénateurs ne sont pas revenus sur le caractère « profond et continu » de la sédation, mais ils la conditionnent à des patients atteints d’une affection grave et incurable, et présentant une souffrance réfractaire.

La personne de confiance, une préoccupation du médecin traitant

Les directives anticipées ne « s’imposent » plus au médecin, mais doivent être « respectées », sauf deux exceptions, que les sénateurs ont reprécisées : en cas d’urgence vitale, mais aussi « lorsque leur validité fait l’objet d’une contestation sérieuse au regard du dernier état connu de la volonté du patient, lorsqu’elles ne sont pas adaptées à sa situation médicale ». Le médecin doit alors prendre une nouvelle décision après avis collégial, l’inscrire au dossier médical et en informer la personne de confiance et les proches.

Les sénateurs ont enfin supprimé la personne de confiance suppléante, introduite par les députés début octobre contre l’avis du gouvernement. Ils ont confié au médecin traitant le soin de s’assurer que son patient sait qu’il peut désigner une personne de confiance, et le cas échéant, l’inviter à le faire.

La proposition de loi sera revue en commission mixte paritaire, qui, en cas de désaccord, laissera le dernier mot à l’Assemblée nationale.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

Proposition de la loi sur la fin de vie : les sénateurs s’accordent sur un compromis a minima

Coline Garré
| 30.10.2015
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  • Proposition de la loi sur la fin de vie : les sénateurs s’accordent sur un compromis a minima - 1
Crédit Photo : S. TOUBON Zoom

La première lecture de la proposition de loi Leonetti-Claeys au Sénat en juin s’était soldée par un camouflet : remanié de toutes parts, le texte n’avait finalement pas été voté.

L’examen en deuxième lecture du texte ouvrant de nouveaux droits aux malades en fin de vie a été plus consensuel, ce 29 octobre : 287 sénateurs ont voté pour, 10 sont restés contre cette nouvelle mouture, qui intègre la sédation profonde et continue jusqu’au décès.

L’hydratation artificielle est un soin

Les sénateurs ont redéfini l’obstination déraisonnable, en distinguant deux critères : des traitements disproportionnés, ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie. Ils ont ainsi supprimé la notion d’« inutilité » présente dans le texte de l’Assemblée, au grand regret de Marisol Touraine qui a dénoncé un « recul sur la loi Leonetti de 2005 ».

Les sénateurs ont précisé que « l’hydratation artificielle constitue un soin qui peut être maintenu jusqu’au décès ». Ils reviennent ainsi sur la version des députés, inspirée de la jurisprudence de l’affaire Vincent Lambert, qui faisait de la nutrition et l’hydratation artificielles des traitements pouvant donc être arrêtés en cas d’obstination déraisonnable.

Les sénateurs ne sont pas revenus sur le caractère « profond et continu » de la sédation, mais ils la conditionnent à des patients atteints d’une affection grave et incurable, et présentant une souffrance réfractaire.

La personne de confiance, une préoccupation du médecin traitant

Les directives anticipées ne « s’imposent » plus au médecin, mais doivent être « respectées », sauf deux exceptions, que les sénateurs ont reprécisées : en cas d’urgence vitale, mais aussi « lorsque leur validité fait l’objet d’une contestation sérieuse au regard du dernier état connu de la volonté du patient, lorsqu’elles ne sont pas adaptées à sa situation médicale ». Le médecin doit alors prendre une nouvelle décision après avis collégial, l’inscrire au dossier médical et en informer la personne de confiance et les proches.

Les sénateurs ont enfin supprimé la personne de confiance suppléante, introduite par les députés début octobre contre l’avis du gouvernement. Ils ont confié au médecin traitant le soin de s’assurer que son patient sait qu’il peut désigner une personne de confiance, et le cas échéant, l’inviter à le faire.

La proposition de loi sera revue en commission mixte paritaire, qui, en cas de désaccord, laissera le dernier mot à l’Assemblée nationale.

Source : Lequotidiendumedecin.fr
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Euthanasie: l'Assemblée refuse "l'aide active à mourir"

par FranceSoir, 06/10/2015, extrait

Bis repetita. L'Assemblée nationale a de nouveau, comme en mars dernier, rejeté dans la soirée lundi 5 un amendement PS-PRG au projet de loi sur la fin de vie visant à créer la possibilité d'une assistance médicalisée active à mourir pour les patients. Un autre, de la députée écologiste de la Vienne Véronique Massonneau et qui visait à légaliser le "suicide assisté", a également été repoussé.

Le premier de ces textes était défendu notamment par le patron des députés radicaux de gauche Roger-Gérard Schwartzenberg. Celui-ci a ainsi soutenu la nécessité de la mesure afin d'éviter des agonies "lentes et douloureuses" des patients que pourrait induire la sédation profonde prévue par le projet de loi.

Ces amendements avaient reçu un avis défavorable de la part des rapporteurs qui ont donné leur nom à la loi, Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (LR). Ceux-ci craignaient ainsi que l'instauration de ces mesures, allant plus loin que le consensus qu'ils ont réussi à dégager à l'Assemblée nationale, ne fasse capoter l'ensemble du texte. Un argument repris par la ministre de la Santé et des Affaires sociales Marisol Touraine qui a anticipé des éléments susceptibles de créer de "l'inquiétude" pour l'opinion publique.

Lors du vote, les amendements ont ainsi été rejetés par 35 voix contre 26 (89 voix contre 70 en mars dernier). Des propositions de députés LR visant à atténuer la sédation profonde, en la rendant réversible ou en introduisant une clause de conscience pour les médecins, ont eux aussi été retoqués. ...

Source : francesoir.fr

 

 

Fin de vie : la proposition de loi revient à l’Assemblée nationale

par Sylvie Dellus, 30/09/2015

Sédation profonde, directives anticipées… À partir de ce mercredi 30 septembre, ces sujets difficiles reviennent, en deuxième lecture, devant les députés. Le point sur des dispositions qui visent à adoucir la fin de vie.

La proposition de loi créant "de nouveaux droits pour les malades et les personnes en fin de vie" a été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale, en mars dernier. Trois mois plus tard, les sénateurs très remontés sur le sujet rejetaient le texte.

La future loi revient dont en deuxième lecture devant les députés. Le texte examiné sera celui qui avait été adopté la première fois par l’Assemblée nationale. La Commission des affaires sociales se penche sur le sujet dès aujourd’hui, 30 septembre. La discussion en séance est prévue les 5 et 6 octobre.

Que dit la proposition de loi ?

  • Le texte stipule que « toute personne a droit à une fin de vie digne et apaisée. Les professionnels de santé mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour que ce droit soit respecté ».
  • Une « sédation profonde et continue » peut être mise en œuvre, à la demande du patient, pour « éviter toute souffrance et ne pas prolonger inutilement sa vie ». Les sénateurs avaient tenté de supprimer le terme « continue » par crainte d’une dérive vers l’euthanasie.
  • La nutrition et l’hydratation sont considérées comme des traitements. Elles peuvent donc être stoppées lorsqu’on considère que tout acharnement thérapeutique est devenu inutile. Ce point, très délicat, est au cœur de l’affaire Vincent Lambert. 
     
  • Les directives anticipées s’imposeront aux médecins. « Toute personne majeure et capable peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté », précise le texte de loi qui propose d’élaborer un formulaire unique. Sur ce point, la Conférence nationale de santé, organisme consultatif, réclame au contraire, dans un communiqué daté du 28 septembre, « plus de souplesse dans les moyens d’expression des directives anticipées ».

En revanche, l’aide active à mourir n’est plus une option. Le suicide assisté ou l’euthanasie ont été majoritairement rejetés par les députés et les sénateurs.

Source : santemagazine.fr

 

Loi sur la fin de vie à
l'Assemblée Nationale :

Mobilisons-nous le Samedi 3 Octobre
dans nos régions !
 
 
 
 
Soulager mais pas tuer appelle à une journée nationale d'alerte et de mobilisation sur la fin de vie pour dénoncer le report incessant, depuis 2012, du plan de développement des soins palliatifs.
 
 
 
 
 
 
Rendez-vous
le Samedi 3 Octobre 2015
à 11 H
devant les préfectures
des 13 nouvelles régions !

 
 
 
 
Deux jours avant l'examen de la loi fin de vie en seconde lecture par les députés nous dénoncerons :
 
  • les 3 ans de retard dans la mise en place du plan de développement des soins palliatifs ;
 
  • la pente glissante vers laquelle s'oriente la nouvelle loi. La "sédation profonde et continue jusqu'au décès " n'est pas une solution au mal-mourir en France !
 
A quelques semaines des élections régionales, le mouvement alerte sur la responsabilité des pouvoirs publics face aux disparités et aux discriminations dans l'accès aux soins palliatifs.
 
 
 
 
 
 Rappelons avec force qu'il n'est pas question pour les Français de choisir entre souffrir et mourir ! 

De véritables
soins palliatifs ont comme
objectif de soulager sans tuer !

 

Source : soulagermaispastuer.org

 

 

Les nouvelles directives sur la fin de vie au Royaume-Uni vont multiplier les morts accélérées

par Jeanne Smits, 05/08/2015

Les protocoles de fin de vie destinées à remplacer le très controversé « Liverpool Care Pathway » au Royaume-Uni, interdit à la suite d’une enquête parlementaire, sont encore plus dangereux et pourraient accélérer la mort de nombreux patients, a averti le Pr Patrick Pullicino, professeur de neuroscience clinique à l’université de Kent. Les nouvelles directives portent sur l’identification du moment où la mort est imminente et où l’on peut mettre en place l’arrêt de la nourriture et de l’hydratation associé à une sédation profonde.

Selon le Pr Pullicino, qui avait été l’un des premiers à alerter l’opinion sur les dangers des pratiques de la National Health Service (NHS), estime que les nouvelles directives du Service national de la santé britannique sont un encouragement à guetter les signes, incertains, d’une mort imminente, et à prendre des mesures qui auraient pour effet d’accélérer la mort de patients encore plus nombreux que dans le cadre du « Liverpool Care Pathway ».

Ce sont les témoignages à propos de patients privés d’eau et tentant désespérément de se désaltérer en suçant des éponges qui ont provoqué la désapprobation officielle de ce protocole l’en dernier. La semaine dernière, l’Institut national d’excellence de la santé et des soins (NICE) a publié des directives sur les soins en fin de vie à l’intention du personnel des hôpitaux.

Les soignants sont invités à identifier des « signes » et des « changements » tels l’agitation ou la fatigue, laissant penser que le patient arrive en fin de vie, et permettant la mise en place d’un protocole individualisé qui peut comprendre le retrait de l’hydratation. Ces signes, avertit  le Pr Pullicino, ne constituent pas des indices fiables permettant de prédire la mort imminente, et il ne faudrait pas prendre des décisions de cette importance parce que le patient va moins bien.

« Le diagnostic de la mort imminente était le problème principal du “Liverpool Care Pathway” et sous ce rapport le document NICE n’est pas mieux. Il comprend une liste d’éléments digne d’un livre de cuisine – ils peuvent bien suggérer que la mort soit proche mais ils sont totalement inaptes à permettre un diagnostic et ne sont pas basés sur des indices fiables. Nous sommes de nouveau dans le régime du LCP pour ce qui est du risque d’exposer des patients qui ne sont pas mourants à des traitements inappropriés et potentiellement mortels », a-t-il déclaré dans une tribune publiée par The Daily Telegraph.

Le protocole de Liverpool avait été mis hors-la-loi à la suite du rapport de la baronne Neuberger, qui avait conclu que « les patients doivent recevoir le soutien de l’hydratation et l’alimentation tant qu’il n’existe pas une forte raison pour les en priver ». Les nouvelles directives précisent que les patients mourants capables de boire doivent recevoir de l’eau s’ils la recherchent. Mais elles ajoutent qu’il faut leur dire que « la survenue de la mort aura peu de chances d’être hâtée par le fait de ne pas recevoir une hydratation cliniquement assistée », comme un goutte-à-goutte.

Cela « est totalement faux », s’insurge le Pr Pullicino : l’absence d’hydratation tue quiconque ne peut boire par ses propres moyens. Les directives NICE sont un « désastre en termes de désinformation, de distorsion et d’ambiguïté ».

Lui-même a eu le cas d’un patient qui a survécu 14 mois après avoir été libéré du protocole de Liverpool : pour Pullicino, les patients doivent recevoir une hydratation et une alimentation adéquates quel que soit leur pronostic.

« La déshydratation constituait le mécanisme central des morts dans le cadre du protocole de Liverpool. Et bien que ce dernier ait été abandonné, je suis encore fréquemment témoin de cas de déshydratation sévère chez des patients âgés dans les hôpitaux. Tant que la norme – surveillée par la Commission de qualité des soins – n’obligera pas les hôpitaux à fournir aux patients une alimentation et une hydratation conforme à leurs besoins physiologiques, à tout moment et indépendamment de leur pronostic, les soins de fin de vie demeureront létaux », affirme-t-il.

Les nouvelles directives sont actuellement en phase de consultations publiques au Royaume-Uni : les déclarations du Pr Pullicino visent donc à peser sur l’opinion et à alerter aussi bien le public que les soignants. Il n’hésite pas à dire que l’un des aspects les plus dangereux des directives NICE est de permettre aux infirmiers à faire des « prescriptions anticipées » qui les autorise à donner aux patients des sédatifs et des antalgiques sans intervention du médecin : cette pratique propre également au protocole de Liverpool a accéléré de nombreux décès, selon le neurologue.

Il assure qu’encore aujourd’hui des hôpitaux adoptent les pratiques théoriquement interdites et fait état des témoignages de personnes qui n’ont pas réussi à obtenir des « soins actifs » pour leurs proches au motif que ceux-ci avaient été jugés proches de la mort par les soignants.

Chassez l’« euthanasie lente » par la porte, elle revient par la fenêtre, en somme. C’est dès 2007 que j’écrivais ici à quel point cette euthanasie par omission était en train de s’imposer, dans une fausse opposition à l’euthanasie par piqûre létale, en jouant sur l’ambiguïté de certaines formes de sédation qui peuvent être parfaitement justifiées lorsqu’un patient est véritablement à l’agonie mais qui provoquent la mort – lentement mais sûrement – lorsqu’il ne l’est pas.

Source :  leblogdejeannesmits

 

 

Projet de loi sur le suicide assisté en Allemagne et au Royaume-Uni

par Gènéthique, synthèse de presse bioéthique, 23/07/2015

Au delà de la France, deux autres pays européens ont entamé des discussions autour de projet de loi sur la fin de vie : l’Allemagne, et le Royaume Uni (cf. Gènéthique du 15 juin et du 6 juillet 2015).

Les projets de loi concernent le « suicide assisté » et soulèvent le débat : les « professionnels de l’euthanasie mettent en avant l’aide qu’ils offrent » mais l’expérience néerlandaise interroge : « Comment éviter aux patients vulnérables de choisir la mort, par peur de devenir un fardeau ? » Les Pays Bas avertissent : « Un patient sur cinq choisit l’euthanasie peut avoir succombé à la pression des membres de sa famille ». Le néerlandais Theo Boer appelle le Parlement britannique « à ne pas faire la même erreur que son pays ».

Le projet de loi sera soumis au vote en septembre au Royaume Uni. Le premier ministre David Caemron a déclaré : « Je ne soutiens pas l’euthanasie », car « la pression est mise sur les personnes âgées fragiles pour qu’ils prennent une décision avec laquelle ils ne sont pas nécessairement d’accord ».

En Allemagne, le vote est également prévu «  à l’automne ». La chancelière Angela Merkel est pour sa part favorable à l’interdiction du suicide assisté. Elle a déclaré : « La mort et les mourants ne devraient en aucun cas être en lien avec une entreprise commerciale ». Actuellement la loi allemande « permet aux professionnels de fournir aux patients des médicaments mortels, si ces derniers le décident ».


Source :  i24 news, genethique.org

 

 

les sénateurs qui ont voté hier un amendement rappelant la réalité de l’hydratation pour tout être humain : celle d’un soin fondamental qui lui est dû quel que soit son état de santé ou son niveau de handicap, et qui dès lors ne peut être interrompu, sous prétexte d’un acharnement thérapeutique. - See more at: http://www.fondationlejeune.org/blog/blog-communiques-de-presse/15-communique-presse/1144/le-senat-a-vote-un-amendement-pour-vincent-lambert-et-contre-la-culture-du-dechet#sthash.8QjaqQdK.5qf4yqG1.dpuf

L'hydratation définie comme un soin

...les sénateurs ont voté hier un amendement rappelant la réalité de l’hydratation pour tout être humain : celle d’un soin fondamental qui lui est dû quel que soit son état de santé ou son niveau de handicap, et qui dès lors ne peut être interrompu, sous prétexte d’un acharnement thérapeutique. ...

les sénateurs qui ont voté hier un amendement rappelant la réalité de l’hydratation pour tout être humain : celle d’un soin fondamental qui lui est dû quel que soit son état de santé ou son niveau de handicap, et qui dès lors ne peut être interrompu, sous prétexte d’un acharnement thérapeutique. - See more at: http://www.fondationlejeune.org/blog/blog-communiques-de-presse/15-communique-presse/1144/le-senat-a-vote-un-amendement-pour-vincent-lambert-et-contre-la-culture-du-dechet#sthash.8QjaqQdK.5qf4yqG1.dpuf

Dans cette même logique transpartisane, Dominique de Legge et Bruno Retailleau, Bruno Gilles Charles Revet, Pozzo di Borgo... seront soutenus par des sénateurs socialistes et communistes, pour refuser de considérer l'hydratation comme un traitement. Ainsi, Catherine Genisson plaide : "pour respecter la dignité de la personne humaine, il faut absolument maintenir l'hydratation artificielle". Alors que Marisol Touraine tente de rappeler que le Conseil d'Etat lui-même a validé le fait qu'alimentation et hydratation artificielles étaient des traitements, Gérard Roche affirme : "Ce n'est pas le Conseil d'Etat qui m’intéresse, mais la personne. Or on ne sait pas ce que ressentent les personnes en état de sédation. Par précaution donc on ne peut pas arrêter l'hydratation qui peut entrainer une déchéance physique dure à supporter aussi pour la famille". Ce sur quoi Bruno Retailleau renchérit : la loi Leonetti de 2005 n'a jamais tranché de façon claire le sort de l'hydratation artificielle, et le "Conseil d'Etat n'a pas à nous dicter les choses". 

Le rapporteur Michel Amiel, contre l'avis défavorable de la ministre, propose alors la une nouvelle rédaction de l'article 2 al.2 : "L'hydratation artificielle constitue un soin qui peut-être maintenue jusqu'en fin de vie". Une rédaction qui devrait "éviter tout risque euthanasique" selon Gérard Roche.

Source : fondationlejeune.org et genethique.org

 

 

UK : Le Parlement écossais rejette le suicide assisté

par Gènéthique, 28/05/2015

 Les députés écossais ont rejeté à 82 voies contre 36, la proposition de loi en faveur du suicide assisté.

Cette proposition de loi avait été avancée par la députée indépendante Margo MacDonald, avant son décès en avril 2014 causé par la maladie de Parkinson, et reprise à son compte par le député vert Patrick Harvie, qui lui avait promis de présenter ce texte au Parlement. Margo MacDonald avait déjà tenté de faire légaliser le suicide assisté en 2010.

Shona Robison, ministre de la santé, avait manifesté le désaccord du gouvernement en déclarant devant la chambre : "Le gouvernement estime que la loi actuelle est claire et qu'il n'est pas du ressort de la loi d'aider quelqu'un à se suicider. Le gouvernement n'a pas l'intention de changer la législation actuelle."

Source : genethique.org : The Guardian (Libby Brooks) 27/05/2015 - BBC News 27/05/2015

 

Loi sur la Fin de vie : le Sénat écarte toute confusion avec le suicide assisté en commission

par Coline Garré, 27/05/2015

La commission des affaires sociales du Sénat, présidée par Alain Milon (UMP), a approuvé ce 27 mai la proposition de la loi Leonetti-Claeys sur la fin de vie en lui apportant des modifications substantielles, fermant toute ambiguïté quant au suicide assisté ou à l’euthanasie. Une douzaine d’amendements proposés par les rapporteurs Michel Amiel (NI, Bouches-du-Rhône) et Gérard Dériot (UMP, Allier) a été adoptée.

Les sénateurs ont d’abord changé l’intitulé de la loi. Auparavant destinée à créer « de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie », elle porte désormais sur de « nouveaux droits pour les personnes malades en fin de vie ».

Ils ont réécrit l’article 2 sur l’obstination déraisonnable en précisant les obligations minimales qui s’attachent à la mise en œuvre de la procédure collégiale : réunion de l’équipe soignante et association de la personne de confiance ou, à défaut de la famille ou des proches. La commission supprime la définition de l’hydratation et de l’alimentation artificielles en tant que traitement, pour « s’en tenir à la jurisprudence du Conseil d’État », rendue dans l’affaire Vincent Lambert, indique-t-elle.

Souffrance réfractaire

L’article 3, portant sur les conditions de mise en œuvre de la sédation profonde et continue jusqu’au décès a aussi été réécrit. Le texte issu de l’assemblée nationale prévoyait une telle procédure pour des patients atteints d’une affection grave et incurable, au pronostic vital engagé à court terme, et présentant une souffrance réfractaire d’une part, et d’autre part pour des patients également atteints d’une affection grave et incurable, qui ont décidé d’arrêter leur traitement, engageant ainsi leur pronostic vital à court terme. Les sénateurs opèrent une autre distinction, pour « éviter toute dérive vers le suicide assisté », entre patients conscients et inconscients. Tous doivent présenter, pour obtenir une sédation terminale, une souffrance réfractaire. Les sénateurs suppriment la mention « d’une prolongation inutile » de la vie, jugée source d’ambiguïté. Ils ajoutent par ailleurs la possibilité pour le patient de recevoir une sédation dans un établissement médico-social.

La commission des affaires sociales supprime tout un article introduit par les députés, obligeant l’agence régionale de santé à présenter un rapport annuel sur les patients pris en charge en soins palliatifs en établissement de santé, médico-social, ou à domicile, et les établissements à tenir des registres sur les cas de sédation profonde et continue. De même, l’article 14 prévoyant un rapport annuel au Parlement sur le développement des soins palliatifs est abrogé, au motif que le gouvernement y est déjà obligé depuis la loi du 22 avril 2005 (article 15).

Directives anticipées non suivies en cas de situation médicale non prévue

Les sénateurs ont réécrit l’article 8 relatif aux directives anticipées, en limitant les hypothèses dans lesquelles le médecin n’est pas tenu de s’y conformer. Ainsi, le médecin peut y déroger « lorsque la situation médicale ne correspond pas aux circonstances visées par ces directives anticipées ou en cas d’urgence vitale ». Le texte issu de l’Assemblée nationale, où il suffisait que les directives « apparaissent manifestement inappropriées » a été jugé « trop vague et susceptible de remettre en cause l’opposabilité des directives puisque l’appréciation relève de la décision du seul médecin ».

La commission sénatoriale supprime la possibilité pour la personne de confiance de demander les informations du dossier médical.

La proposition de loi sera examinée par le Sénat en séance publique les mardi 16 et mercredi 17 juin 2015

Source : lequotidiendumedecin.fr

 

 

Faut-il modifier la législation sur les soins palliatifs ?

par A.L. avec M. Sirlereau 06/05/2015

La loi sur les soins palliatifs qui date de 2002 va sans doute être modifiée. Pour des spécialistes, sur base d'études notamment, cette loi est trop restrictive. Il faut que les soins palliatifs puissent être plus accessibles pour les malades.

Des spécialistes le demandent, des propositions de loi vont désormais dans ce sens : il faut revoir la loi, estime Muriel Gerkens, députée Ecolo, présidente de la commission santé publique de la Chambre : "On se rend compte que les personnes malades d’une maladie incurable arrivent trop tard auprès des services des soins palliatifs, et arrivent justement quand elles sont en phase terminale, les derniers jours".

Question de coût

Et donc, pour le docteur Desmedt, de la Fédération bruxelloise des soins palliatifs, il faut offrir ces soins plus tôt et à un plus grand nombre de malades. Pour elle, cela n’engendrera pas nécessairement un coût financier plus important : "On peut se dire aussi, qu’en prenant en charge des patients palliatifs, ils vont probablement – des études le démontrent au Canada – moins fréquenter les services d’urgence ; moins fréquenter les hôpitaux et on aura probablement de ce côté-là un gain financier".

Dans le même temps, Marianne Desmedt admet que, par le passé, certains ont parfois opposé, à tort, euthanasie et soins palliatifs : "On a dépassé de loin, maintenant, ce clivage. Des patients qui sont en soins palliatifs peuvent, à certains moments, être dans un état de souffrance vraiment majeur et demander une euthanasie et être accompagnés dans le lieu qui les prenait en charge. Comme certains patients disent : moi, je ne veux pas subir la dépendance ; la perte d’autonomie que va m’imposer ma maladie. Je demande d’emblée une euthanasie. On n’est pas dans un clivage absolu".

A.L. avec M. Sirlereau

Source : rtbf.be

 

 

Au fait : pourquoi s'arrêter ? tuer est toujours légal sauf la peine du mort du coupable. Sauf que, si le Pape est contre la peine de mort, il est aussi contre l'euthanasie...

Belgique: les socialistes flamands veulent encore élargir l’euthanasie 

par Marie-Madeleine Courtial, 28/04/2015

Le sp.a (parti socialiste flamand) a déposé le 10 avril dernier trois propositions de loi à la Chambre, visant à élargir une fois de plus l’euthanasie après le vote en 2014 d’une loi sur l’euthanasie des enfants. Rien ne semble vraiment satisfaire les partisans de l’euthanasie en Belgique, qui en demande encore plus. Ces trois propositions de loi sont présentées par neuf députés sp.a: Karin Jiroflée, Karin Temmerman, Monica de Conink, Maya Detiège, David Geerts, Alain Top, Johan Vande Lanotte, Dirk Van der Maelen et Peter Vanvelthoven. Aucun député d’un autre parti n’a soutenu ces propositions de loi même le PS francophone, qui demande pour l’instant la baisse de la majorité sexuelle à 14 ans.

Comme on pouvait s’y attendre, la première proposition de loi vise à élargir le droit à l’euthanasie aux personnes démentes ou plongées dans un état d’inconscience. On sait que ce cas de figure avait été évoqué à un moment avec celui des enfants, avant d’être retiré. Pour légitimer leur demande, les députés s’appuient sur une enquête réalisée fin 2004 par TNS Dimarso pour le compte de l’ASBL Recht op Waardig Sterven montrant qu’une majorité de nos concitoyens souhaite aller plus loin que ce que la loi autorise actuellement. Plus de 71 % des personnes interrogées estiment que l’on doit également pouvoir recourir à l’euthanasie lorsque les fonctions cérébrales du patient sont atteintes ou qu’il souffre de confusion ou de démence irrémédiable, mais à la condition qu’il en ait exprimé préalablement le souhait dans une déclaration écrite. Les députés estiment également qu’il existe des tests suffisants et fiables pour définir le niveau de démence. La loi vise donc à offrir: « à ces personnes, la possibilité de remplir une déclaration anticipée précisant le moment où elles souhaitent que l’on procède à l’arrêt actif de leur vie. » Si les termes manquent encore de clarté, la décision serait prise par le médecin sur base de la déclaration anticipée remplie par le patient.

La deuxième concerne l’obligation pour les médecins, qui invoquent la liberté de conscience pour refuser de pratiquer une euthanasie, de diriger le patient vers un autre médecin qui accepterait. Jusqu’ici, c’était au patient de trouver par lui-même un médecin. Les députés socialistes estiment que: « treize ans s’étant écoulés depuis l ’adoption de la loi relative à l’euthanasie, il semble opportun de dresser un bilan de cette loi et d’examiner quelques-unes des aspirations exprimées à ce sujet dans la société comme dans le monde médical. »  Il semble pourtant que depuis deux ans, on ne fait que ça. Comme la précédente, la proposition de loi s’appuie sur des études et des demandes, allant dans son sens. Selon les députés, certains établissements privilégieraient la sédation pour éviter l’euthanasie. Ils veulent éviter ce détournement et donner toutes les chances au patient d’être euthanasié sans avoir des contraintes: « Si la demande d’euthanasie ne peut emporter la conviction du médecin, nous estimons que le patient devrait être renvoyé de manière plus formelle à un confrère, faisant partie ou non de l’institution, dont il est notoire que la demande d’euthanasie pourrait, en revanche, emporter sa conviction. Pour ce faire, le médecin doit arranger un rendez-vous avec son confrère et lui transférer le dossier médical de son patient. Si la demande a lieu intra muros, le service social de l’institution peut être associé. Le médecin auquel le patient est renvoyé peut par exemple être un médecin affilié au LEIF (LevensEinde InformatieForum), mais il peut aussi s’agir d’un autre médecin. Cela ne veut bien sûr pas encore dire que la demande d’euthanasie sera acceptée. Mais le patient saura au moins que ce nouveau médecin ne le renverra pas encore ailleurs. »

La dernière proposition de loi concerne la durée de validité de la déclaration anticipée du patient. Les députés voudraient la rendre illimitée avec possibilité de modification et de suppression, prévoyant un délai de réflexion entre la décision et la confirmation: « il convient de tenir compte de la nécessité de prévoir une période de réflexion concernant les dispositions de la déclaration, surtout si elle définit clairement les conditions spécifiques dans lesquelles le médecin peut pratiquer ou non l’euthanasie. Ce dernier disposera ainsi de repères plus précis et pourra se faire une idée plus claire des volontés de l’intéressé. C’est pourquoi nous estimons qu’il est souhaitable de prévoir une confirmation de la déclaration. Une durée minimale d’un un an doit s’écouler entre la première déclaration et la confirmation. Après la confirmation, la durée de validité de la déclaration est illimitée (même si elle reste toujours révocable). » Jusqu’ici elle était valable cinq ans et devait être renouvelée après expiration.

Pour l’instant, elles ne sont à l’ordre d’aucune commission à la Chambre. Rien ne peut prévoir comment réagira la majorité. Le MR a soutenu et voté le dernier élargissement de l’euthanasie tandis que la N-VA a voté en majorité pour malgré quelques abstentions et un vote contre. Le CD&V a voté contre. Affaire à suivre donc !

Source : la-nouvelle-gazette.fr

 

Belgique : l’euthanasie hors contrôle

par Jean-Pierre Dickès, 30/03/2015

Le 19 mars dernier, le New England Journal of medicine a présenté un article intitulé Recent Trends in Euthanasia and Other End-of-Life Practices in Belgium ou Tendances récentes de l’euthanasie et autres pratiques de fin de vie en Belgique. Un questionnaire a été envoyé aux 6188 médecins ayant signé des certificats de décès toutes causes inclues. 3751 d’entre eux ont répondu. La conclusion concernant les décès de la Flandre en 2013 était la suivante :

- 4,6% résultaient de l’euthanasie. 
- 0,05% du suicide assisté. 
– 76,8% des demandes d’euthanasie ou de suicide assisté ont été accordées. 
- 1,7% de tous les décès ont été hâtés sans « directives anticipées ».

Bien sûr il n’y avait aucun décompte des décès non-déclarés.

L’auteur de l’article, K. Chambaere, et un chercheur belge, ont constaté qu’à l’État civil flamand, il y avait eu 61.621 décès dans cette partie de la Belgique. Si 4,6 % des décès de cette région résultent de l’euthanasie, le chiffre total en pourcentage des personnes mortes de cette manière est de 2.834. Or selon le Rapport officiel sur l’euthanasie en Belgique, pour la Flandre sont mentionnés 1.454 décès imputables à l’euthanasie. Cela signifie en clair que la moitié des décès en rapport avec cette pratique n’ont pas été déclarés aux autorités sanitaires.

Il y a donc eu une falsification. À quel niveau ? Probablement par les autorités de la Flandre afin de minimiser le nombre global d’euthanasie.

De plus, selon le questionnaire, il y a eu en Flandre 1,7 % d’euthanasies sans directives anticipées données par les personnes concernées. En pourcentage de 61.621 décès, on arrive au chiffre de 1.047 personnes purement et simplement éliminées sans leur propre consentement. Soit deux tiers du chiffre global donné dans le rapport officiel national.

D’où la conclusion des auteurs : en Belgique l’euthanasie est hors contrôle.

Nous arriverons vite à une situation identique en France dans la mesure où la « sédation finale » de Claeys et Léonetti fait perdre la conscience en fin de vie ; ceci sans même l’avis éventuel du malade. Il s’agit en effet d’endormir pour faire mourir. De plus il n’y aura aucune déclaration à faire à quiconque de cette forme d’euthanasie.

Jean-Pierre Dickès

Source : medias-presse.info

 

Plus de 12 000 internautes ont donné leur avis sur la fin de vie

La « consultation citoyenne » sur la fin de vie, lancée sur le site de l’Assemblée nationale jusqu’au lundi 16 février, a suscité un certain engouement, mais son contenu sera difficilement exploitable par les députés.

par Marine Lamoureux, 15/02/2015 (extraits)

Il y a ceux qui s’insurgent et ceux qui argumentent ; les amateurs de lyrisme et les partisans de la démonstration. En deux semaines, la « consultation citoyenne » sur la fin de vie a donné lieu, dimanche 15 février à midi, à plus de 12 000 contributions sur le site de l’Assemblée nationale.

L’objectif de cette initiative inédite – qui prend fin lundi 16 février –, était de donner « directement » la parole aux citoyens sur un sujet sensible, en les invitant à commenter les articles de la proposition de loi relative aux « nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie ». 

Cette proposition de loi réformant celle de 2005 sur la fin de vie sera discutée en première lecture en séance publique les 10 et 11 mars à l’Assemblée nationale. Deux rapporteurs – chose rare – ont été nommés : le socialiste Alain Claeys (Vienne) et l’UMP Jean Leonetti (Alpes-Maritimes). ...

Dès mardi 17 février, à partir de 16 h 15, le texte sera examiné en commission des affaires sociales, l’examen pouvant se poursuivre mercredi matin. Les discussions seront retransmises en direct sur le site de l’Assemblée. ...

Ils ne sont... pas nombreux à saluer la proposition de loi. La plupart des contributeurs sont plutôt critiques : les uns regrettent que le texte ne légalise pas l’euthanasie et le suicide assisté, les autres au contraire jugent qu’il va trop loin, en dissimulant derrière une sédation profonde une euthanasie.

Des partisans du « suicide assisté »

Parmi les premiers, on trouve « vpoulain », révolté contre la sédation profonde, qu’il perçoit comme une « torture lente (…). Si c’était mon cas, je préférerais une fin rapide via un produit. » Nicole considère que « si j’ai exprimé mon souhait de ne pas subir d’acharnement thérapeutique, je dois pouvoir bénéficier d’une euthanasie active ». 

Certains internautes, comme « Mykky », témoignent de leur propre vécu : « Je suis malade et condamné par la maladie de Charcot. Cette sédation pour attendre la mort en privant le malade de nourriture et d’hydratation est scandaleuse », écrit-il tout en réclamant le « suicide assisté ».

Les risques de dérive

À l’inverse, un grand nombre de contributeurs redoutent que la France ne légalise l’injection létale. Évoquant des « dérives », Nanette relève qu’en Belgique – où l’euthanasie est légale –, on la propose à des personnes « qui ne sont pas en fin de vie ou mourantes : détenus, enfants, personnes âgées, dépressifs ».  

Elle conclut : « nos députés (…) doivent adopter le principe de précaution et nous protéger de l’euthanasie ». Pour « Batavia », les dispositions du texte sur la sédation « semblent autoriser la provocation de la mort par les soignants (…) à la demande du patient ou même sans son accord ». 

Dans un certain nombre de commentaires, les mêmes expressions reviennent. En particulier la phrase : « La sédation profonde et continue jusqu’au décès est par nature un geste euthanasique. » Ou encore, à propos de l’article 8 sur les directives anticipées : « Les médecins deviennent de simples exécutants. Cet article modifie l’essence de la médecine. » ...

Même s’il ne se fait guère d’illusion sur l’impact de la consultation, le président de la Fondation Jérôme-Lejeûne, Jean-Marie Le Méné, estime qu’il « ne faut pas laisser le champ libre aux pro-euthanasie ».

De son côté, Jean-Luc Romero, le président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, dit s’être refusé à préparer un argumentaire clé en main. Mais il encourage ses militants à s’y exprimer en masse avec leurs mots.

Il est difficile de dire de quelle manière la matière de cette consultation sera exploitée par les députés.  ...

MARINE LAMOUREUX
 
Source : la-croix.com

 

 

 

Consultation citoyenne sur l’euthanasie à l’initiative de l’Assemblée Nationale. Exprimez-vous ! 

par Arthur de Sérant, 03/02/2015 (extraits)
 
L’Assemblée Nationale organise sur son site web jusqu’au 16 février à midi une consultation citoyenne sur la proposition de loi n° 2512 sensée « créer de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie. »
Cette consultation est ouverte à tous. Le principe veut que chaque citoyen puisse exprimer son avis sur chacun des articles de ce projet de loi sur l’euthanasie.
Dans l’exposé des motifs, les députés Alain Claeys et Jean Leonetti expliquent que « le texte proposé reconnaît un droit à la sédation profonde et continue pour accompagner l’arrêt de traitement dans deux hypothèses où le patient en ferait la demande :

– lorsqu’un malade conscient est atteint d’une maladie grave et incurable dont le pronostic vital est engagé à court terme et souffre de symptômes réfractaires au traitement ;

– lorsque la décision prise par le malade conscient atteint d’une affection grave et incurable, d’arrêter un traitement de maintien en vie et que cet arrêt engage son pronostic vital.

Par ailleurs, ce droit à la sédation est également prévu lorsque le patient est hors d’état d’exprimer sa volonté et se trouve dans une situation d’obstination déraisonnable définie par la loi… »

A la lecture de ce projet de loi et considérant la situation économique et sociale de notre pays, son taux de chômage, etc. ; on se dit que le gouvernement et les parlementaires feraient mieux de travailler pour permettre aux français de « vivre dans la dignité » plutôt que de ne leur offrir pour seul projet celui de « mourir dans la dignité ».  A moins que les promoteurs de ce texte ne soient eux-mêmes convaincus que l’unique issue de leurs politiques ne puisse s’apparenter qu’à un suicide assisté !

Aucun citoyen français attaché au caractère sacré de la Vie ne devrait laisser échapper cette occasion d’exprimer son opposition à la dérive mortifère dans laquelle nous entraîne la « culture de mort » promue par ce gouvernement.

 ...

Source : la-nouvelle-gazette.fr

 

 

Fin de vie: l'Assemblée écarte un texte écologiste légalisant l'euthanasie

par Le Parisien, 29/01/2015

Sans surprise, l'Assemblée a refusé d'adopter jeudi une proposition de loi écologiste autorisant le suicide assisté et l'euthanasie dans certains cas, avant l'examen en mars d'un texte PS-UMP plus mesuré et ayant les faveurs du gouvernement.Les discussions sur la proposition écologiste ont ainsi tourné court, une semaine après un débat sans vote sur la fin de vie dans l'hémicycle, initié par François Hollande, et avant l'examen prochain du texte d'Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP).

L'auteur de la proposition de loi EELV, la députée de la Vienne Véronique Massonneau, à qui le sujet du "respect du choix de fin de vie" tient particulièrement à coeur, ses parents ayant eu recours à une aide active à mourir en Belgique, a déploré un "attentisme" et un nouveau "recul sur un sujet de société" des socialistes.
"La première raison" de l'inscription de son texte était "de faire accélérer la majorité sur l'engagement de 2012" du candidat Hollande d'instaurer un droit à "une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité", a-t-elle dit.
Émue jusqu'aux larmes, elle avait auparavant défendu "la liberté de choisir" de chacun, "l'ultime liberté", et demandé aux parlementaires de "s'attacher au contenu du texte plutôt qu'aux fantasmes ou aux peurs distillées ici ou là".
Sa proposition de loi disposait que "toute personne majeure et capable, en phase avancée ou terminale d?une affection grave et incurable (...) peut demander à bénéficier (...) d?une euthanasie ou d?un suicide médicalement assisté". Une demande strictement encadrée: avis de deux médecins, délais pour la confirmer.

Las, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a soutenu le renvoi en commission, en mettant en avant le "droit nouveau" à une "sédation profonde et continue" jusqu'à la mort pour des malades incurables, suggéré dans le rapport Claeys-Leonetti remis au chef de l?État en décembre. Il faut selon la ministre "permettre le rassemblement, le consensus autour de (ce) point d'équilibre".

Le renvoi en commission a été acquis par 25 votes pour, 20 contre et 11 abstentions. "Loi renvoyée aux calendes grecques (...) Bcp de socialistes partis pr ne pas voter contre leur groupe", a tweeté la coprésidente du groupe écolo, Barbara Pompili.
Les écologistes vont "trop loin ou en tout cas trop vite", a lancé Michel Liebgott (PS). Plusieurs intervenants du même groupe (Philip Cordery, Gérard Sebaoun, Joël Aviragnet) ont cependant apporté leur soutien au texte écologiste qui crée "un nouveau droit sans en retirer un à quiconque".
Les députés radicaux de gauche, à qui le sujet est cher également, ont globalement appuyé la démarche des écologistes. Leur chef de file Roger-Gérard Schwartzenberg en a profité pour fustiger la "tactique dilatoire" du gouvernement depuis deux ans et la "proposition de loi de commande" sur la table.

Pour leur part, Front de gauche, UDI, UMP et FN se sont montrés hostiles à toute légalisation de l'euthanasie ou du suicide assisté. Le centriste Bertrand Pancher a moqué une "diarrhée législative" des Verts sans "écoute", tandis que Marion Maréchal-Le Pen (FN) a critiqué leur "pulsion idéologique" allant à l'encontre de "l'interdiction de tuer".
Au-delà, Xavier Breton (UMP) a pointé "les ambiguïtés du gouvernement", voyant un "clin d oeil appuyé en direction du lobby pro-euthanasie" dans le dernier discours de Manuel Valls devant les députés. Le Premier ministre avait appelé à des débats en mars qui "permettent d avancer vers un droit nouveau: celui de mourir dans la dignité".
Des militants de l'association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), dont Mme Massonneau est membre du comité d'honneur, étaient présents jeudi dans l'hémicycle. Ils organisent une manifestation samedi à Paris.
Dimanche dernier, c'étaient des milliers de manifestants munis de ballons noirs et d'affichettes "Je suis Vincent Lambert" qui défilaient à Paris pour dénoncer, lors d'une "Marche pour la vie", "la menace de l'euthanasie à l'Assemblée nationale".

Source : leparisien.fr

 

 

"Marche pour la vie" : des milliers de personnes défilent à Paris

Munis d'affichettes "Je suis Vincent Lambert", quelques milliers de militants "pro-vie" se massaient dimanche à Paris pour prendre le départ de la marche.

par Le Point, 25/01/2015

Plusieurs milliers de manifestants munis de ballons noirs et d'affichettes "Je suis Vincent Lambert" défilaient dimanche, à Paris, pour dénoncer, lors d'une "Marche pour la vie", "la menace de l'euthanasie à l'Assemblée nationale", a constaté une journaliste de l'AFP. Les organisateurs estiment avoir réuni plusieurs milliers de personnes "voire 10 000". La marche pour la vie, dédiée à la dénonciation de l'avortement, a choisi de s'élever cette année contre "la légalisation de gestes euthanasiques", quatre jours après un débat sur la fin de vie à l'Assemblée nationale, autour d'un texte déposé par Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS).

Elle s'est ralliée le soutien de la mère de Vincent Lambert, venue "se battre" pour son fils, victime d'un grave accident de la route en 2008, atteint de lésions cérébrales irréversibles et dont les parents refusent l'arrêt des soins. "On se bat pour Vincent, mais aussi pour la société. (...) Je pense qu'il faut sensibiliser la société. Il y a une porte qui s'est ouverte. Aujourd'hui, c'est Vincent. Il n'est pas le premier et il ne sera pas le dernier", a assuré Viviane Lambert lors d'une conférence de presse avant le début de la manifestation.

"La loi Leonetti permet l'euthanasie ; c'est grave de l'introduire dans le droit sans la nommer", a renchéri le conseiller des parents de Vincent Lambert, le neurologue Xavier Ducros.

"L'avortement est un permis de tuer"

Les organisateurs de la marche font un lien direct entre l'interruption volontaire de grossesse (IVG) et "le droit à mourir dans la dignité" prôné par le gouvernement, c'est-à-dire le droit pour les malades incurables de "bénéficier d'une sédation profonde et continue", comme proposé par Jean Leonetti et Alain Claeys.

"L'avortement est un permis de tuer, mis dans la loi sous couvert de la liberté des femmes qui se poursuit aujourd'hui" avec les textes en débat, a dit Cécile Edel, présidente de Choisir la vie, un des mouvements fondateurs de la marche, lors de la conférence de presse avec Viviane Lambert. Le mouvement, qui dit avoir reçu le soutien du pape François, a réuni l'an dernier à Paris plusieurs dizaines de milliers de personnes contre l'interruption volontaire de grossesse.

Source : lepoint.fr

La Marche pour la vie s’attaque à l’euthanasie

par Libération, 25/01/2015 (extraits)

... Des dizaines de milliers d’opposants à l’IVG ont défilé à Paris, dont nombre de jeunes.

... les manifestants pro-vie qui, armés de boucliers en carton de couleur verte, ont investi, dimanche après-midi, les rues de Paris. «Aimer n’est pas tuer»,«mort sur ordonnance : médecine en déshérence»,«j’ai été un embryon»,«pas d’économie par l’euthanasie», pouvait-on lire. En signe de deuil, les manifestants brandissent aussi un ballon noir.

«Nous sommes là pour la défense de la vie», clament en chœur un couple de septuagénaires de Dijon, Gérard et Marie. Ce sont des habitués. «On est là chaque année», disent-ils encore. Leurs enfants ont fait aussi le déplacement. «C’est pour éviter la piqûre», lâche, mi-figue mi-raisin, Gérard....

Dans la manif, les slogans «grand-mère, grand-père, ne vous laissez pas faire», ou «bébé, mémé, même combat» enfoncent le clou.

Confidentielle à ses débuts, limité aux milieux cathos les plus tradis, la Marche pour la vie prend, d’année en année, de l’ampleur. Cette année, les organisateurs revendiquent 45 000 manifestants. Ils sont, de fait, sûrement plusieurs dizaines de milliers. L’organisation est rodée et efficace, à la manière des manifestations anti-mariage pour tous. On y croise quelques-unes des stars de ce combat comme le cardinal-archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, ou Béatrice Bourges, du Printemps français. Les figures de l’aile traditionaliste du catholicisme français, l’évêque de Bayonne, Marc Aillet, et l’évêque d’Avignon, Jean-Pierre Cattenoz, des habitués, sont cette année, absents, pris par d’autres engagements. Il y a aussi quelques élus, comme Jacques Bompard, maire d’Orange et député du Vaucluse (Ligue du Sud), ou encore Bruno Gollnisch, le très catholique député européen du Front national.

«Parole». La Marche pour la vie profite de l’élan donné par la Manif pour tous et surfe sur la capacité renouvelée du catholicisme français à se mobiliser. Peu à peu, elle élargit sa base, surtout générationnelle. Parmi les «marcheurs», il y a ce dimanche un bon tiers de jeunes d’une vingtaine d’années, signe d’une nouvelle militance. «Depuis la Manif pour tous, la parole s’est libérée. Maintenant nous osons défendre publiquement nos convictions», acquiesce Sixtine, 18 ans. Elle n’a pas loupé une manifestation contre le mariage pour tous comme les trois copines qui l’accompagnent. «Nous sommes là à cause de nos convictions catholiques, reconnaît Marie qui est, elle, venue spécialement de Lyon. Mais c’est un combat culturel que nous menons.» Gonflés à bloc, ces jeunes croient dur comme fer que demain, leur voix portera…

Source : liberation.fr

 

 

Le Collectif Famille Mariage appelle à manifester dimanche

Son communiqué :

"Vous le savez, dimanche 25 janvier, aura lieu la marche pour la vie.

Le contexte, cette année, est très particulier puisque, dans les tout prochains jours, le gouvernement présentera au parlement une loi instituant (sans le dire, ce qui est une belle preuve de courage politique!…) l'euthanasie.

Il faut absolument que nous soyons des dizaines de milliers de personnes dans les rues pour dire que personne n'a le droit de tuer un innocent. Que personne n'a le droit de dire que telle vie ne mérite pas d'être vécue.

L'inversion du langage est devenue telle qu'au nom de la "dignité", certains prétendent s'arroger le droit de dire que telle personne n'est pas… digne de vivre!

Le collectif famille mariage vous invite donc vivement à participer à cette marche. Je me permets également de relayer un appel pressant des organisateurs: il manque encore une centaine de bénévoles pour que l'organisation soit à la hauteur de l'événement (en particulier des hommes de plus de 18 ans pour la sécurité). Si vous pouvez aider, n'hésitez pas à le faire savoir en vous connectant ici.

Au nom de toute l'équipe du CFM, j'en profite pour vous souhaiter une excellente année 2015.

Cordialement

Guillaume de Thieulloy"

Source : lesalonbeige.blogs.com

 

Le pape François apporte son soutien à la Marche pour la vie

par Jean Baptiste Le Roux, 20/01/2015 (extraits)

Le Saint Père a signé de nouveau. Alors que plusieurs milliers de personnes marcheront dans les rues de Paris le 25 janvier prochain pour défendre la vie, le pape François a renouvelé son soutien à cette initiative.

Ce soutien, de poids, avait été annoncé le 8 janvier dernier par le nonce apostolique de France, Mgr Luigi Ventura. Dans un communiqué daté du début du mois, le nonce a en effet confirmé le soutien du Saint Père aux organisateurs de cette marche, parmi lesquels figure notamment Julie Graziani, porte-parole d'Ensemble pour le Bien Commun.

Œuvrer pour une culture de vie

Dans cette lettre, le nonce précise que "le pape François salue cordialement les participants à cette manifestation" tout en ajoutant que le Saint Père encourage les organisateurs et les manifestants "à œuvrer sans relâche pour l'édification d'une civilisation de l'amour et d'une culture de vie". Par ailleurs, l'organisation responsable de cette marche a déjà reçu le soutien de nombreux évêques en France. Parmi eux on remarquera Mgr Barbarin, archevêque de Lyon, mais également Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon, et Mgr Aillet, évêque de Bayonne. ...

Une Marche contre l'euthanasie

Cette année, la Marche pour la Vie partira de la place de la Bastille, le 25 janvier, à partir de 13h30. Alors que la thématique de l'an dernier était axée sur le soutien à l'Espagne, qui réfléchissait à une possible restriction du recours à l'avortement, le thème principal de la Marche de 2015 sera l'opposition massive à l'euthanasie. Un débat aura lieu le 21 janvier à l'Assemblée nationale sur le sujet.

L'an passé, la Marche pour la vie avait rassemblé environ 40 000 personnes selon les organisateurs et 16 000 personnes selon la police.

Source : radionotredame.net

 

En soins palliatifs, les demandes d’euthanasie sont exceptionnelles

par Le Généraliste, 14.01.2015

On savait déjà qu’euthanasie et soins palliatifs allaient rarement ensemble. Une toute récente étude confirme que, dans les centres dédiés à l’accompagnement des mourants, les demandes d’en finir sont exceptionnelles. C’est en tout cas vrai pour la Maison Médicale Jeanne Garnier à Paris (81 lits de soins palliatifs). Cette enquête montre que dans cet établisssement de référence en la matière -objet d’un film documentaire et visité en 2013 par la ministre de la Santé- , les demandes d'euthanasie en unité de soins palliatifs tournent autour des 3% des patients.

En effet, sur 2157 patients pris en charge dans cette unité de soins palliatifs (USP) et pris en compte dans cette étude, 55 ont demandé une seule fois "l'euthanasie" au cours de leurs séjours, 4 ont exprimé à plusieurs reprises une demande aux médecins pour les aider à en finir, "mais cette demande a disparu dans le temps grâce au soulagement des symptômes", selon les auteurs; et finalement, seules 2 personnes ont formulé de façon réitérée une demande jusqu'à leur décès.

L’étude, publiée ce mois-ci dans la revue internationale BMC palliative care, en conclut donc que "les demandes d'euthanasie « persistantes » en USP sont donc très exceptionnelles," puisqu’elle ne concernent que 0,3% des patients. "La grande majorité de ces demandes disparaissent au cours de la prise en charge des patients, ce qui témoigne de l'importance majeure des soins et de l'accompagnement," soulignent les auteurs de l’étude, Frédéric Guirimand, Etienne Dubois, Lucy Laporte, Jean-François Richard et Danièle Leboul.

Source : legeneraliste.fr

En soins palliatifs, les demandes d’euthanasie sont exceptionnelles

14.01.2015
 
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On savait déjà qu’euthanasie et soins palliatifs allaient rarement ensemble. Une toute récente étude confirme que, dans les centres dédiés à l’accompagnement des mourants, les demandes d’en finir sont exceptionnelles. C’est en tout cas vrai pour la Maison Médicale Jeanne Garnier à Paris (81 lits de soins palliatifs). Cette enquête montre que dans cet établisssement de référence en la matière -objet d’un film documentaire et visité en 2013 par la ministre de la Santé- , les demandes d'euthanasie en unité de soins palliatifs tournent autour des 3% des patients.

En effet, sur 2157 patients pris en charge dans cette unité de soins palliatifs (USP) et pris en compte dans cette étude, 55 ont demandé une seule fois "l'euthanasie" au cours de leurs séjours, 4 ont exprimé à plusieurs reprises une demande aux médecins pour les aider à en finir, "mais cette demande a disparu dans le temps grâce au soulagement des symptômes", selon les auteurs; et finalement, seules 2 personnes ont formulé de façon réitérée une demande jusqu'à leur décès.

L’étude, publiée ce mois-ci dans la revue internationale BMC palliative care, en conclut donc que "les demandes d'euthanasie « persistantes » en USP sont donc très exceptionnelles," puisqu’elle ne concernent que 0,3% des patients. "La grande majorité de ces demandes disparaissent au cours de la prise en charge des patients, ce qui témoigne de l'importance majeure des soins et de l'accompagnement," soulignent les auteurs de l’étude, Frédéric Guirimand, Etienne Dubois, Lucy Laporte, Jean-François Richard et Danièle Leboul.

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Euthanasie : "L'offre crée la demande"

La Belgique a autorisé l'euthanasie en 2002. Douze ans plus tard, de plus en plus de personnes obtiennent ce droit alors qu'elles ne sont pas en fin de vie.

par Violaine de Montclos, 15/01/2015

Frank Van Den Bleeken, détenu à perpétuité pour viols et assassinat, devait être euthanasié le 11 janvier. Jugé irresponsable de ses actes, il demandait à mourir en raison de souffrances psychologiques "insupportables", selon les termes de son avocat, Jos Vander Velpen. Une demande acceptée par le ministère de la Justice belge en septembre dernier.

Parce que son médecin a fait volte-face au dernier moment, parce que le gouvernement a finalement accepté son transfert dans un centre psychiatrique, transfert qu'il réclamait en vain depuis des années, cette mort n'a finalement pas eu lieu. Il s'en est fallu de peu. Et, pour la première fois dans ce pays que toute l'Europe observe car il est le seul, avec les Pays-Bas, à avoir légalisé l'euthanasie en 2002, l'opinion publique belge s'interroge sur une loi dont les conditions d'application ne cessent de s'assouplir. Entretien avec Étienne Montero*, doyen de la faculté de droit de Namur.

Le Point : Pour la première fois, la loi autorisant l'euthanasie, en Belgique, est critiquée. On a parlé, avec le cas Van Den Bleeken, de "peine de mort" inversée...

Étienne Montero : La mort de Frank Van Den Bleeken n'a pas eu lieu, mais à sa suite, 15 autres détenus ont déjà formulé une demande d'injection létale. Et on l'a oublié, mais en septembre 2012 un détenu psychiatrique de 48 ans a bel et bien été euthanasié... Notre pays a été condamné 14 fois par la Cour européenne des droits de l'homme parce que nous maintenons en prison, dans des conditions qui ne correspondent pas à leur état, des malades psychiatriques jugés irresponsables de leurs actes. Faute de soigner, on accepte d'euthanasier, et ces cas limites révèlent combien les barrières posées en 2002 ont sauté les unes après les autres.

Le nombre d'euthanasies a-t-il augmenté ?

De façon exponentielle, oui. En douze ans, il est passé de 199 à 1 454 décès par an. Et je ne parle là que des cas transmis par les médecins à la commission de contrôle, car les pouvoirs publics admettent qu'ils n'ont aucun moyen d'évaluer le nombre d'euthanasies réellement pratiquées, sans doute beaucoup plus important. Par ailleurs, en novembre 2014, l'euthanasie a été légalement ouverte aux mineurs, et ce, quel que soit leur âge...

Comment la légalité des injections létales est-elle contrôlée ?

Par une commission qui épluche les dossiers transmis par les médecins. Mais il s'agit d'un contrôle a posteriori, c'est-à-dire une fois que les gens sont déjà décédés, et la commission n'a à sa disposition que les renseignements que veut bien lui communiquer le médecin qui a fait l'injection. Tout est donc biaisé. D'ailleurs, en douze ans, aucun dossier n'a été transmis à la justice...

Un médecin, même un médecin généraliste, peut-il décider seul d'accéder à la demande du patient ?

Ce peut être le médecin de famille, oui, mais la loi l'oblige à demander un second avis. Le problème est que, pour faciliter la procédure, un réseau de médecins s'est mis en place -- l'EOF, End of Life doctors du côté francophone, ou LEIF en Flandre. Il s'agit de médecins formés à pratiquer l'euthanasie et auxquels la plupart du temps on fait appel pour ce second avis. Or ce sont des médecins acquis à la cause euthanasique, souvent membres de l'ADMD - Association pour le droit à mourir dans la dignité. Là encore, le contrôle éthique est biaisé...

Vous avez étudié attentivement les rapports rendus par la commission de contrôle depuis douze ans. Qu'en concluez-vous ?

La loi dit que, pour accéder à l'euthanasie, il faut faire état d'une pathologie grave et incurable, et d'une souffrance insupportable qui ne peut être soulagée. Mais ces deux conditions ne sont plus du tout interprétées aujourd'hui comme elles l'étaient en 2002. Aujourd'hui, par exemple, la commission admet les cas de pathologies multiples. Ce sont souvent des personnes âgées qui souffrent, par exemple, d'une vue qui baisse, de polyarthrite, de surdité, d'insuffisance rénale... Aucune de ces pathologies, certes incurables, n'est grave, mais on admet aujourd'hui que l'ensemble de ces pathologies liées à la vieillesse justifie la demande et les cas d'euthanasie de personnes souffrant des seules conséquences du grand âge se sont multipliés...

Et "la souffrance insupportable", n'est-ce pas là aussi un critère compliqué à évaluer ?

D'autant plus qu'on parle de souffrance physique mais aussi psychique... Et, là aussi, l'interprétation de la loi a évolué. En 2002, il n'était pas question d'euthanasier des dépressifs, des déments, des psychotiques. Aujourd'hui, on en euthanasie tous les ans. Or, quand l'euthanasie s'invite dans le domaine de la psychiatrie, c'est inquiétant, car la psychiatrie consiste précisément à faire retrouver l'élan vital aux patients qui l'ont perdu...

Il n'est donc pas indispensable, pour accéder à l'euthanasie, d'être bel et bien en fin de vie...

Pas du tout. De plus en plus de personnes demandent la mort, et l'obtiennent, alors que leur décès n'est nullement prévu à brève échéance. Est d'ailleurs apparue maintenant l'étonnante notion d'euthanasie préventive. Elle s'applique aux patients diagnostiqués Alzheimer qui demandent, encore lucides, l'injection létale avant de manifester les symptômes avancés de la maladie. Elle s'est appliquée au cas des frères Verbessem, des jumeaux sourds auxquels on avait diagnostiqué un glaucome, qui allaient à longue échéance devenir aveugles, et qui ont été euthanasiés en 2012... On demande, et on obtient la mort non parce qu'on souffre, mais parce qu'on a peur à l'idée de souffrir... Les pays qui s'interrogent sur une possible légalisation doivent avoir conscience que l'offre crée la demande. Lorsque l'euthanasie a été autorisée il y a douze ans en Belgique, elle était présentée comme une transgression éthique, une exception réservée aux situations extrêmes. Douze ans plus tard, son champ d'application s'est considérablement étendu.

* Auteur de Rendez-vous avec la mort. Dix ans d'euthanasie légale en Belgique, éditions Anthemis.

Source : lepoint.fr

 

 

France Inter, 25/12/2014

L'Archevêque de Lyon, Monseigneur Philippe Barbarin, était l'invité de 8h20 de Bruno Duvic. 

Ils évoquent ensemble le bilan 2014 de l'Eglise catholique et le sort des chrétiens d'Orient.

 

 

 

Source :  franceinter.fr

 

 

Royaume-Uni : le suicide assisté au secours du budget ?

Il n’y a pas de petites économies…

par Pierre Jovanovic, 10 novembre 2014 (extraits)

... Le lobby répondant au nom poétique et original de Dying in Dignity a annoncé vendredi 7 novembre que la majorité des membres de la Chambre des Lords approuvaient la proposition de loi sur la « mort assistée » (Assisted Dying Bill).

Déposé en juillet dernier par Lord Falconer, ancien Chancelier et ministre de la Justice travailliste, le texte vise à légaliser le suicide assisté pour les personnes atteintes d’une maladie irréversible, dont l’espérance de vie serait estimée à six mois. La proposition est soutenue par le Parti travailliste, le groupe de pression Diying in Dignity, et la National Secular Society, lobby athée militant.

La société britannique est très partagée sur ce texte, contrairement à l’indifférence qui prévalait pour le mariage homosexuel en 2013. « We’re relax, we play cricket ! », répondait le truculent leader du UKIP, Nigel Farage, lorsque des Français l’interrogeait sur l’absence de manifestations au Royaume-Uni sur les thèmes éthiques. Mais cette fois, le débat sur le suicide assisté a pris une tournure émotionnelle, inédite dans la culture locale. Pourquoi cette nouvelle donne ?

Comme en France, les partisans et les opposants regardent vers la Belgique et les Pays-Bas. Les Britanniques, qui ont toujours perçu ces deux pays comme leurs points d’appuis sur le continent, Napoléon et son admirateur Zemmour en savent quelque chose, suivent avec attention les évolutions de leurs législations. Or, le vote quasi-unanime du Parlement belge en faveur de l’euthanasie des enfants a été très mal perçu. L’argument-clé des opposants à la « mort assisté » dans sa version anglaise tient dans la crainte de dérives de ce genre.

En outre, un universitaire néerlandais spécialisé dans l’éthique médicale, le Professeur Theo Boer, de l’Université protestante de Groningen, est intervenu dans le débat : « ne faites pas notre erreur ! » Initialement favorable à l’euthanasie, légalisée en 2002 aux Pays-Bas, il a témoigné dans la presse britannique être effrayé par l’évolution d’une loi qu’il pensait être un moindre mal : de 2000 morts par sédation en 2006, le nombre d’euthanasies est passé à 6000 en 2014. « Quand le génie est sorti de la bouteille, il est impossible de le faire revenir », a-t-il prévenu, en mettant en garde de la partialité des fameux comités d’experts, mis en place pour surveiller les euthanasies, souvent noyautés par des partisans du mourir à tout prix.

Ces arguments semblent avoir porté. L’Église anglicane d’Etat a mobilisé ses fidèles, ainsi que l’Église catholique. Les évêques anglicans (dont 26 siègent à la Chambre des Lords, comme « Lords spirituels ») ont largement diffusé la lettre posthume du Révérend Christopher Jones. Ancien aumônier d’étudiants à Oxford, ce prêtre était atteint d’un cancer du cerveau en phase terminale, dont il est mort en 2012. Pressentant le débat sur le suicide assisté, il avait écrit une lettre dans laquelle il argumente son opposition à toute forme d’euthanasie : « L’interdiction du suicide assisté m’a été immensément utile pour ne pas le considérer comme une option, et pour me contraindre à répondre à ma situation par la créativité et l’espérance. (…) Mon expérience a renforcé ma conviction que la loi interdisant le suicide assisté est une digue essentielle contre des jugements bien-intentionnés, mais injustifiés, sur la valeur de la vie, et les velléités d’éliminer la souffrance. La souffrance est inacceptable, mais elle doit pouvoir être traitée par les soins palliatifs. »

Le Royaume-Uni n’a pas réellement mis au point un dispositif de soins palliatifs comparable à celui qui existe en France, et les partisans de la « mort assistée » font valoir que son coût économique serait trop lourd à supporter. Il n’y a pas de petites économies.  ...

Après la Chambre des Lords, la proposition de loi sur le suicide assisté doit passer par la Chambre des Communes, où elle a des chances d’être rejetée si les conservateurs s’y opposent dans leur majorité. Par contre, en cas de victoire travailliste à l’élection générale de mai 2015, le destin du texte sera certainement différent. ...

Source causeur.fr

 

 

Dénoncer la campagne de l’ADMD et la récupération du 2 novembre

 

L’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) utilise depuis plusieurs années la journée des défunts du 2 novembre comme moyen de publicité pour revendiquer la légalisation de l’euthanasie en France. C’est une récupération indigne d’un jour symbolique réservé à la vie intime des familles endeuillées, un jour de trêve à préserver de toute exploitation idéologique et politique.

La campagne de communication de l’ADMD est de plus centrée sur deux messages qui appellent la plus grande réserve : le prétendu caractère exemplaire des Pays-Bas et un sondage qui définit l’euthanasie d’une façon manipulatrice.

Le slogan « François, fais comme la Hollande » valorise le premier pays d’Europe à avoir légalisé l’euthanasie en 2001. Or les Français doivent savoir que les dérives aux Pays-Bas sont multiples et même aujourd’hui relevées par des partisans initiaux de cette législation. A titre d’exemple :

-          Le nombre officiel d’euthanasies a explosé depuis la mise en place de la loi, et il a encore  plus que doublé ces cinq dernières années (4 829 en 2013, contre 2 331 en 2008).

-          Le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU s’est inquiété dès 2009 de cette situation et a demandé instamment aux Pays-Bas de réviser sa législation.

-          Une « clinique de la mort » a ouvert en 2012 à l’initiative d’une association militant pour l’euthanasie, avec des « équipes volantes » chargées de mettre fin à la vie de personnes à domicile.

-          Les pressions ne cessent de se développer pour élargir les possibilités d’euthanasie aux personnes de plus de 70 ans « fatiguées de vivre ». Des pédiatres néerlandais réclament de pouvoir faire de même pour les  enfants âgés de moins de 12 ans (comme c’est déjà le cas en Belgique depuis une loi de mars 2014).

Le sondage « Le regard des Français sur la fin de vie », rendu public par l’ADMD le 29 octobre dernier, veut faire croire que nos compatriotes sont unanimes à vouloir légaliser l’euthanasie dans notre pays. Une telle unanimité (96%), plus que suspecte, repose sur une question piégée et manipulatrice* : comment pourrait-on accepter de supporter « l’insupportable » ? Les Français ne peuvent que répondre oui à une question qui les amène à choisir la solution « sans souffrance » pour mettre fin à des souffrances insupportables.

Pour éviter tant l’euthanasie que l’acharnement thérapeutique, les soins palliatifs doivent continuer à se déployer partout en France. Ils constituent la vraie réponse pour prendre soin d’une personne, la soulager de ses douleurs et l’accompagner avec humanité, sans porter atteinte à sa vie. C’est l’expérience dont témoigne régulièrement le service d’écoute SOS Fin de vie animé par Alliance VITA.

* Rappel de la question posée par l’IFOP : « Certaines personnes souffrant de maladies insupportables et incurables demandent parfois aux médecins une euthanasie, c’est-à-dire qu’on mette fin à leur vie, sans souffrance. Selon vous, la loi française devrait-elle autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de ces personnes atteintes de maladies insupportables et incurables, si elles le demandent ? »

Source alliancevita.org

 

 

Euthanasie : pas de consensus en France selon le Comité d'éthique

par Agnès Leclair, 23/10/2014

Accords et désaccords sur la fin de vie : le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) rend sa partition après deux ans de débats souvent houleux.

Le rapport du CCNE, sorti jeudi, fait la synthèse des travaux allant des préconisations de la mission Sicard de fin 2012 au point de vue du panel controversé de 18 citoyens en passant par les discussions organisées dans les espaces éthiques régionaux. En creux, le texte laisse entrevoir les possibles évolutions de la loi sur la fin de vie que François Hollande a promis de réviser.

• Le «scandale» du «mal mourir»

Le président du CCNE, Jean-Claude Ameisen, a dressé un constat très noir de la fin de vie en France et dénoncé un «scandale» du manque d'accès aux soins palliatifs. «80 % des personnes qui devraient y avoir accès n'y ont pas droit», a-t-il relevé. L'accompagnement des personnes âgées en amont de la fin de vie est particulièrement «défectueux», pointe le CCNE, avec la mort de 13.000 personnes de plus de 75 ans chaque année aux urgences. Ces soins palliatifs ne devraient pas être réservés aux dernières semaines de vie mais être mis en œuvre plus tôt, insiste le Comité qui réclame leur développement. Selon l'instance, les Français ont le sentiment que leur volonté n'est «pas respectée».

• Pas de consensus sur l'euthanasie et le suicide assisté

L'autorisation de l'assistance au suicide et de l'euthanasie suscite un «profond clivage» et donne lieu à des interprétations sémantiques variées, constate le rapport du Comité d'éthique. Dans un avis rendu en juin 2013, ce dernier avait déjà recommandé de ne pas les légaliser.

• Un droit à la sédation profonde

Un droit à une sédation profonde jusqu'au décès, en phase terminale ou lorsque la personne a décidé d'interrompre ses traitements, est une demande «très largement partagée» par les Français, a indiqué Jean-Claude Ameisen. Mais cette possibilité d'une injection d'un produit qui plonge le patient dans un sommeil profond soulève des interrogations et suscite des craintes. Comment ce droit à «être endormi» sera-t-il appliqué? S'agit-il d'accompagner la personne jusqu'à sa mort ou d'accélérer son décès? Il existe des définitions différentes de la sédation profonde, a reconnu le président du CCNE pour qui cette question «mérite d'être approfondie». «Tout dépend de l'usage que l'on en fait», note le Pr Régis Aubry, membre du CCNE, avant de reconnaître que la limite est parfois «très fine» et que certains y voient une forme d'euthanasie «hypocrite».

• Des directives anticipées contraignantes

Ces directives, qui permettent au malade de faire connaître ses souhaits sur les traitements qu'il accepte ou qu'il refuse s'il n'était plus en mesure de s'exprimer, ne sont actuellement pas contraignantes. «Elles doivent s'imposer aux médecins et aux soignants, sauf exception parce que la situation ne s'y prête pas», a insisté Jean-Claude Ameisen. «Elles doivent incarner une réflexion du malade sur son devenir, ce qui suppose un nouvel acte d'information approfondi de la part des soignants», précise le Pr Aubry.

• La procédure collégiale

À la suite de l'affaire Vincent Lambert, le rapport évoque la piste d'une véritable délibération collective au lieu d'une procédure collégiale «aboutissant à la décision du seul médecin» pour la prise en charge des personnes «hors d'état d'exprimer leur volonté» et «dans une phase avancée d'une affection grave et incurable». En clair, en absence de directives anticipées, l'avis des proches aurait dans ces cas autant de poids que celui du médecin. Un processus de médiation pourrait être engagé en cas de désaccord.

Source : lefigaro.fr

 

 

 

L'autre visage de l'euthanasie : les médecins hollandais tirent la sonnette d'alarme face au triplement du nombre de malades mentaux dont la vie a été abrégée


(suite)

L'euthanasie pour des personnes atteintes de troubles mentaux doit-elle être considérée différemment ?Tous les cas sont différents. Toutes les catégories sont particulières. Pourquoi ceux-ci ?Pourquoi ceux-là ? Des discussions infinies peuvent avoir lieu. Mais elles sont vaines à partir du moment où l’idée que nous nous faisons de la "dignité" passe par l’euthanasie. Qui pourrait alors restreindre le "droit à la dignité" ? Qui pourrait mesurer, définir ou préciser ces "souffrances insupportables" mise en avant ? Alors, cette alliance de la dignité par l’euthanasie, de la "souffrance insupportable" (de nature physique, sociale, psychologique, affective ?) et d’un "droit à l’euthanasie", nous fait entrer dans une logique implacable. Plus rien ne peut justifier que ce droit soit "permis" pour les uns et refusé aux autres. Il nous faut donc mesurer le double risque de l’euthanasie.Son autorisation de principe et son extension pratique à l’infinie. Les deux vont ensemble. Les deux se suivent  par un effet démocratique de lutte contre les "discriminations" - à savoir ce qui pourrait être refusé à certains à l’encontre du droit de tous les individus à avoir les mêmes droits. Et ceux qui pensent qu’il est possible d’accepter des "exceptions d’euthanasie" plutôt que l’euthanasie nous trompent. Ceux qui pensent qu’il faut accepter l’euthanasie avec un encadrement massif et des garde-fous puissant nous trompent. Ceux qui croient qu’il est possible de faire des expérimentations limitées, des tentatives restreintes nous trompent. Ils ne veulent pas prendre en considération la pente naturelle des droits qui détricotent sans cesse les corsets mis en place. Les pays étrangers nous le montrent : existe un inévitable effet "boule de neige" de l’euthanasie qui augmente les ayant-droits d’années en années.     
Où fixer la limite lorsqu'une personne n'est pas jugée en pleine possession de ses facultés mentales ? Qui peut juger et sur quels critères si une vie vaut la peine d'être vécue ?Toute la question est là, en effet surtout pour des personnes qui ne peuvent plus s’exprimer, n’ont plus "les idées claires" ou sont écrasés sous d’effrayantes angoisses. Soit nous considérons qu’il y a un droit à la différence, à la faiblesse, à la fragilité, aux capacités mentales altérées et qu’il nous faut faire avec. Que nous devons prendre soin d’elles et aménager des lieux réservés, des médecines adaptés. Soit nous considérons qu’il y a un "droit à l’euthanasie" qui s’instaure au dessus de tous les autres droits. Mais ce droit pourrait devenir une obligation, une manière sociale de juger si la vie "vaut la peine d’être vécue". A coté de l’euthanasie-liberté existe, pas très loin de la première, l’euthanasie-sociale,  quand le "cout" d’une personne handicapées devient excessif, quand une personne devient "à la charge" de tous – et que cette charge est très lourde.

Cette perspective est éloignée de nous et, en même temps, elle n’est pas loin de nos conceptions. Et s’il fallait trouver un récit emblématique de ce monde a-venir (pas forcément désirable), pensons au film : La Ballade de Narayama. Dans ce village reculé, au Japon, par solidarité (une sorte de solidarité inversée), les "vieux", au-delà de soixante-dix ans, doivent aller rejoindre la "montagne aux chênes" pour y mourir seuls. Ils sont devenus un "poids", une charge insupportable. Et la loi sociale impose cette sorte d’euthanasie programmée et obligatoire à laquelle personne ne doit se soustraire. Est-on en droit de penser que nous allons vers une ballade obligatoire vers le sommet de la montagne de Narayama ? Cette perspective est aujourd’hui impensable.

Mais tous ceux qui, sans toujours le savoir, militent pour une réduction de l’homme à son corps et du corps à une masse biologique sans âme, détricotent le monde commun – cette enveloppe invisible qui nous tient les uns aux autres et nous conforte dans une forte solidarité humaine.

Faut-il y pour autant en conclure qu'une pratique comme l'euthanasie est impossible à contrôler ?

Posons cette question autrement : s’il est possible de contrôler l’euthanasie, en circonscrire son champ d’application et les cas spécifiques où elle pourrait intervenir, est-il possible de restreindre, pour le futur, la conquête des droits toujours plus grande qui s’opère dans nos démocraties ? Autant je crois que les législateurs sont suffisamment intelligents pour poser un système d’euthanasie équilibré, autant je crois que personne ne peut garantir que la démocratie s’arrêtera là, qu’elle acceptera cet équilibre une fois pour toute. Nos démocraties sont travaillées par cette quête "du droit a avoir les mêmes droits que les autres", à n’être pas restreints dans ses droits propres. Et rien ni personne ne peut juguler ce tropisme égalitaire, cette quête-là.

Ainsi, il nous faut considérer que l’interdit de l’euthanasie est une position éthique, une frontière anthropologique, une frontière. Franchir cette frontière nous conduit dans des régions inconnues qui nous conduiront inévitablement là-même où nous ne voulons pas aller. Tenir cette frontière est la seule façon de "contrôler" l’euthanasie – en aménageant des pratiques en amont qui permettent d’aller jusqu’à "la mort douce" aménagée par les équipes médicales en concertation avec les familles.

Source : atlantico.fr

 

 

L'autre visage de l'euthanasie : les médecins hollandais tirent la sonnette d'alarme face au triplement du nombre de malades mentaux dont la vie a été abrégée

Entre 2007 et 2013, le nombre d'euthanasies aux Pays Bas a augmenté de 151% et le nombre d'euthanasies sur des personnes atteintes d'une maladie mentale a triplé entre 2012 et 2013. Un chiffre qui poussent les médecins à alerter l'opinion et nous interroge sur les limites du "droit à mourir".

par Damien Le Guay, 14 Octobre 2014

Atlantico : Aux Pays Bas en 2013, le nombre d'euthanasies sur des patients atteints d'une maladie mentale a triplé relativement à l'année précédente pour atteindre les 42. L'ensemble des morts par euthanasie aux Pays-Bas représente 3% des morts, soit une augmentation de 151% en 7 ans. Des médecins néerlandais ont d'ailleurs commencé à tirer la sonnette d'alarme. Ces données témoignent-elles selon vous d'une dérive de cette pratique ?

Damien Le Guay : Les statistiques sont toujours difficiles à établir en cette matière, surtout sur des chiffres aussi petits – à savoir 42 morts au lieu de 14 en 2012 qui souffriraient de "graves problèmes psychiatriques" et auraient eu recours à l’euthanasie en Hollande. Notons tout de même certaines évidences. Les Pays-Bas furent les premiers, en Europe, à avoir autorisé, en 2001, l’euthanasie et le suicide assisté. Le nombre d’euthanasie augmente d’année en année – même s’il ne dépasse pas les 3% des décès du pays.

Certains, pourtant s’alarment et craignent que le nombre d’euthanasie augmente d’une manière considérable.

Mais, en cette matière, il faut considérer deux changements de taille – même s’ils peuvent sembler accessoires pour les partisans de l’euthanasie. D’une part, quand l’euthanasie est acceptée, qu’elle est inscrite dans la loi, elle s’inscrit dans la palette des soins, dans cette relation entre le corps médical et les malades. Certes des garde-fous existent comme, au Pays-Bas, l’existence de "souffrance insupportable et sans perspective d’amélioration" dans le cadre "d’une maladie incurable" qui permettent d’enclencher, sous le contrôle du médecin (et avis d’un second médecin), un processus d’euthanasie. Mais, l’option euthanasique est là. Et plutôt que d’être extérieure à l’hôpital, à cette hospitalité médicale, elle est désormais "proposée" par les médecins eux-mêmes qui, jusqu’alors, faisaient tout pour lutter pour la vie et contre la mort- et non l’inverse. Tous ceux qui, en France, accompagnent et soignent des personnes en fin de vie disent que ce changement d’attitude est radicale – au sens où il s’inscrit dans la racine de la relation entre les médecins et les patients. C’est pour cela que les infirmiers et les médecins, en France, ne cessent de manifester leur opposition ferme quant à l’introduction de l’euthanasie dans notre arsenal législatif et donc dans leur arsenal de soins. Ils soulignent que cette possibilité est de nature à susciter la méfiance des patients, d’immenses craintes, une attitude plus restrictive à l’égard de ce qu’ils pourraient dire à leurs médecins.

Second changement : l’extension des "ayant-droits" à l’euthanasie. Nous avons vu cela au Pays-Bas. Nous le voyons en Belgique. Quand le principe est accepté, les parlements ne cessent, d’années en années, d’étendre les catégories capables d’y avoir recours. Au début de l’année, le parlement Belge vient d’autoriser les mineurs, sans limite d’âge, à demander l’euthanasie. Quand la limite est franchie, un processus de libéralisation des procédures se met en place. Il semble même impossible de fixer de nouvelles limites, tant elles sont repoussées sans cesse, comme s’il était impensable de justifier des "exclusions" au bénéfice de l’euthanasie. Nous passons alors d’un principe d’exceptions limités à une sorte de course effrénée à l’universalité d’un "droit à mourir". 

A suivre...
Source : atlantico.fr

 

[CANADA] Campagne catholique «pour les soins palliatifs et contre l’euthanasie»

par Mario Bard et Philippe Vaillancourt, 09/102014

L’Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF), lance une campagne « pour les soins palliatifs et contre l’euthanasie ». Soutenue par la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), cette campagne sur le web cherche à « provoquer le réveil chez les personnes », indique Michèle Boulva, directrice de l’organisme.« Je crois qu’à l’heure actuelle, il y a encore beaucoup de personnes qui sont inconscientes que la loi sur la fin de vie a été adoptée [au Québec] », explique-t-elle. « J’ai parlé à un médecin il y a quelques semaines qui n’était pas au courant. Peut-être qu’un de tes patients va te demander de mourir bientôt : qu’est-ce tu vas faire? », lance-t-elle en bravade.La campagne vise d’abord les catholiques. « Il y a un travail énorme pour faire comprendre aux laïcs leur rôle dans le monde, et l’un de ceux-là, c’est certainement d’intervenir dans les débats publics qui vont être si importants pour leur avenir », soutient la directrice.Elle estime également qu’il existe toujours une « confusion » au sujet des termes et de la loi adoptée par l’Assemblée nationale du Québec le printemps dernier. « Contrairement à ce que dit madame Véronique Hivon – instigatrice du projet de loi – et tous ceux qui ont fièrement adopté cette loi, les gens ne sont pas conscients de ce qu’est l’aide médicale à mourir. Il s’agit de la définition de l’euthanasie », affirme-t-elle.« Il faut que les catholiques entendent l’appel du pape François à prendre soin des autres, à s’occuper des autres, à accueillir et accompagner l’autre dans ses souffrances. La compassion, ce n’est pas d’éliminer l’autre », s’insurge-t-elle.L’OCVF veut également donner de la formation au sujet de ce que l’Église enseigne sur le sujet.Un défi plus large pour l’Église catholique

Elle reconnait que plusieurs catholiques ne partagent pas nécessairement le point de vue de l’Église sur cette question. « Que les baptisés réagissent comme des non-baptisés, je crois qu’il y a une question à se poser sur la qualité de notre évangélisation auprès des baptisés. On a beaucoup catéchisé les gens, mais je ne sais pas si on les a évangélisés », questionne-t-elle.« Ça serait jouer à l’autruche que de ne pas se rendre compte que, pour des raisons que je n’analyserai pas ici, nous sommes dans une situation semblable à celle des premiers chrétiens », indique Michèle Boulva. « Nous sommes les premiers chrétiens du 3e millénaire et je crois qu’il va falloir, de toute urgence, regarder ce qu’ils ont fait pour évangéliser et christianiser la société païenne dans laquelle ils vivaient », estime-t-elle.Enfin, elle insiste fortement sur la lecture de l’exhortation apostolique du pape François, Evangelii Gaudium, un texte « extrêmement interpellant pour la situation dans laquelle on est », considère la directrice.Appui de la conférence épiscopale

Le président de la CECC, Paul-André Durocher, a tenu à souligner l’aspect « positif » de cette campagne. Interrogé à ce sujet à l’issu de l’assemblée plénière de la conférence épiscopale à la fin du mois de septembre, il souhaite qu’elle soit davantage l’occasion d’éduquer que de condamner.« L’OCVF a notre appui. C’est une campagne positive de formation des catholiques sur les soins palliatifs. On veut que tous comprennent bien ce que propose l’Église. Cela s’accompagne d’un engagement des catholiques face à la souffrance et la mort, un engagement particulièrement important au Québec », ajoute-t-il.Au Québec, le projet de loi 52 sur les soins à prodiguer en fin de vie a été adopté au début de l’été. L’épiscopat québécois a dénoncé le projet à plusieurs reprises au cours des dernières années, sans parvenir à influencer fortement les décideurs politiques.

Mario Bard et Philippe Vaillancourt

Source : radiovm.com

 

 

Non, l'euthanasie n'est pas "catho-compatible" !

par Louise Tudy, 24/09/2014

Cyril Douillet, rédacteur-en-chef de la revue Ombres et lumière, s'inquiète de la parution d'un ouvrage au titre racoleur (Médecin catholique, pourquoi je pratique l'euthanasie), qui a donné lieu à quelques recensions bienveillantes dans la presse dite chrétienne. Son article, paru dans les Cahier libres, s'achève ainsi :

"Si l’on doit éviter de juger la personne, un jugement sévère s’impose sur cet ouvrage qui sonne comme un plaidoyer, une justification.  Parce qu’il laisse entendre que l’euthanasie est compatible avec la médecine ( !), avec les soins palliatifs (!!), et avec la foi chrétienne (!!!), ce livre peut faire beaucoup de mal parmi le public chrétien, auquel, de toute évidence, il est destiné. Il risque de semer le doute, de créer la division, d’abaisser la vigilance, voire de faire basculer des hommes de bonne volonté qui se laisseront séduire par la « sincérité » de l’auteur, l’oscillation permanente entre la transgression et la bienveillance, les exemples parfois poignants, les réflexions pertinentes, les références spirituelles.

En même temps, parce qu’il est un témoignage parvenu d’un pays où l’interdit a sauté [ndlt : la Belgique], il offre une édifiante démonstration des conséquences morales de la légalisation de l’euthanasie dans une société, y compris dans ses sphères les plus immunisées en apparence contre ce poison. De toute évidence, l’euthanasie légale pervertit la dynamique d’accompagnement de la fin de vie ; elle encourage la toute-puissance médicale ; elle pousse les professionnels et les familles à des compromissions terribles ; elle accoutume insidieusement à la barbarie. Tout cela a de quoi, en France, nous mobiliser avec la plus grande énergie contre toute évolution comparable de la loi, et pour d’authentiques soins palliatifs. C’est peut-être le seul mérite de ce livre."

Plutôt que la lecture de cet ouvrage, on recommandera plutôt la (re)lecture de la lettre encyclique de Saint Jean-Paul II, Evangelium Vitae (§ 65 et suivants). Notamment (§ 66) :

"Partager l'intention suicidaire d'une autre personne et l'aider à la réaliser, par ce qu'on appelle le « suicide assisté », signifie que l'on se fait collaborateur, et parfois soi-même acteur, d'une injustice qui ne peut jamais être justifiée, même si cela répond à une demande. « Il n'est jamais licite — écrit saint Augustin avec une surprenante actualité — de tuer un autre, même s'il le voulait, et plus encore s'il le demandait parce que, suspendu entre la vie et la mort, il supplie d'être aidé à libérer son âme qui lutte contre les liens du corps et désire s'en détacher; même si le malade n'était plus en état de vivre cela n'est pas licite ». Alors même que le motif n'est pas le refus égoïste de porter la charge de l'existence de celui qui souffre, on doit dire de l'euthanasie qu'elle est une fausse pitié, et plus encore une inquiétante « perversion » de la pitié: en effet, la vraie « compassion » rend solidaire de la souffrance d'autrui, mais elle ne supprime pas celui dont on ne peut supporter la souffrance. Le geste de l'euthanasie paraît d'autant plus une perversion qu'il est accompli par ceux qui — comme la famille — devraient assister leur proche avec patience et avec amour, ou par ceux qui, en raison de leur profession, comme les médecins, devraient précisément soigner le malade même dans les conditions de fin de vie les plus pénibles."

Source : lesalonbeige.blogspot.com

 

 

Euthanasie : la Belgique rétablit la peine de mort…à la demande

Un détenu belge, criminel sexuel en grande fragilité psychique, demande à mourir. La Justice le lui accorde. Il sera donc extrait de sa cellule pour être euthanasié…

par Philippe Oswald, 16/09/2014

Cela se passe au cœur de l’Europe, au XXI siècle (précision utile, parce qu’on a déjà vu des choses semblables se passer dans un pays voisin, soixante-dix ans plus tôt). Frank Van Den Bleeken, 52 ans, détenu depuis près de 30 ans dans le centre psychiatrique d'une prison située près d'Anvers pour divers crimes sexuels dont le viol et le meurtre d'une étudiante de 19 ans, demande à être tué depuis trois ans, évoquant « une souffrance psychique insupportable » selon la formule de la loi belge sur l’euthanasie (RTL).

Après diverses procédures, la Justice belge vient d’accéder à sa requête. Il sera donc transféré dans un hôpital du pays pendant 48 heures « pour faire ses adieux à sa famille » avant d'être euthanasié par un médecin (20 minutes).

Ainsi un prisonnier qui déclare « être un danger pour la société » peut être exécuté à la faveur de la loi autorisant l’euthanasie en Belgique. Pour être volontaire (mais au fait, un malade psychique a-t-il le discernement requis par la loi elle-même ?), ce n’en est pas moins la peine de mort que la paisible et pacifique Belgique vient de rétablir dans le sillage de la légalisation de l’euthanasie. C’est ce que Mme Jacqueline Herremans, présidente belge de l'Association pour le droit de Mourir dans la Dignité, appelle « la solution de moindre mal» (Le Figaro). « Solution », n’était-ce pas déjà le mot qu’on employait il y a soixante-dix ans dans ce pays voisin de la Belgique pour en finir avec beaucoup de personnes jugées inutiles ou nuisibles ?

La Belgique a ouvert la boîte de Pandore en autorisant l'euthanasie en 2002. On y enregistre actuellement 5 euthanasies par jour. Et l’escalade se poursuit : en février dernier, la Belgique est devenue le premier pays au monde où l’on peut euthanasier des enfants. Mais ce n’est pas encore assez pour les activistes du « droit à mourir » : la Société belge de soins intensifs réclame l'autorisation de l'euthanasie « non demandée » (une démarche logique, puisqu’on l’applique déjà aux enfants). Et il ne s’agit plus de mettre un terme à des souffrances jugées insupportables : « Raccourcir le processus de fin de vie par l'usage de médicaments comme les agents analgésiques/sédatifs peut parfois être approprié même en l'absence d'inconfort » peut-on lire dans un document publié par cette association en mai dernier (Aleteia).

En attendant, Frank Van Den Bleeken fait des émules : 15 autres détenus demandent à être euthanasiés !  (Le Vif). Qu'importe s'il n'y a plus de bourreaux : des médecins feront le job...Mais la Justice belge aura-t-elle la largesse de leur accorder...cet élargissement, cette grande évasion ? Et si demain, Mehdi Nemmouche, le tueur du Musée juif de Bruxelles, demandait lui aussi à être exécuté au nom de ses « souffrances psychiques » ? Comme le disait le regretté Pierre Dac : « Quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites »...

Source : aleteia.org

 

 

Euthanasie : une plainte contre la Belgique devant la CEDH

par Génèthique, 05/09/2014

Le 20 avril dernier, M. Tom Mortier apprenait qu'une injection létale avait été administrée à sa mère, à l'hôpital universitaire néerlandophone UZ Brussel. La patiente souffrait d'une dépression chronique. L'euthanasie a été pratiquée par le Dr Wim Distelmans, médecin et président de la commission de contrôle de l'euthanasie en Belgique.

L'affaire se poursuit aujourd'hui devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). L'Alliance Defending Freedom (ADF) vient en effet d'annoncer qu'une requête a été déposée devant la CEDH par M. Tom Mortier, le fils. Ce dernier n'a en effet été avisé du décès de sa mère que le lendemain, au cours d'une conversation téléphonique. Il dépose donc un recours pour violation des

"des articles 2 (droit à la vie), 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) et 13 (droit à un recours effectif) de la Convention européenne des droits de l'homme".

Il allègue notamment que le Législateur belge est allé beaucoup trop loin, entre autres en ce que la Loi relative à l’euthanasie fait prévaloir de manière excessive et déraisonnable l’autonomie personnelle sur l’intérêt public supérieur protégé par le droit à la vie.

(Source : http://www.adfmedia.org/News/PRDetail/9291)

Source : genethique.org et ieb-eib.org

 

 

L'euthanasie dans l'Allemagne hitlérienne: le prélude de la «solution finale»

par Laurent Ribadeau Dumas, 02/09/2014

L’Allemagne inaugure le 2 septembre 2014 à Berlin un monument consacré aux victimes des crimes d’euthanasie commis par le régime hitlérien. Le programme d’euthanasie de ce dernier, qui entendait supprimer «des vies indignes d’être vécues», a fait plusieurs centaines de milliers de victimes : handicapés, malades mentaux, personnes âgées… Des massacres qui ont précédé et testé la «solution finale».

Le 1er septembre 1939, Adolf Hitler signe un décret autorisant le lancement du programme T4 (abréviation renvoyant à l’adresse de l’organisation qui s’en occupe, installée au Tiergartenstrasse 4 à Berlin). L’opération est évidemment classée secret d’Etat. T4 étant un euphémisme, habituel chez les nazis, pour masquer la réalité d’un programme d’euthanasie, en clair l’extermination systématique des handicapés physiques et mentaux, enfants et adultes placés dans des institutions. Une opération en lien avec l’orientation idéologique d’un régime qui entend favoriser la «pureté» de la «race aryenne» par la «suppression de vies indignes d’être vécues» (expression citée par Léon Poliakov).

Campagne de stérilisation massive

Dès juin 1933, moins de six mois après l’installation du pouvoir national-socialiste avait été publiée une loi «sur la prévention des maladies héréditaires chez les enfants». Un texte qui indique clairement la position eugénique (sélection des êtres humains) du nouveau pouvoir, dont on trouve des échos ailleurs en Europe dans la première moitié du XXe siècle. Objectif, selon les mots d’Hitler lui-même : améliorer «la race et la santé du peuple, jusqu’à la création de l’homme nouveau».
 
Dans la foulée de ce texte a été organisée une vaste action de stérilisation massive de personnes souffrant de troubles mentaux, des handicapés physiques, «voire des sourds ou des aveugles héréditaires» (selon le site atlantico.fr). Selon des estimations publiées par le journal allemand Focus, entre 360.000 et 400.000 personnes auraient ainsi été stérilisées de force. 6000 seraient mortes des suites de complications pendant l’intervention elle-même.
 
En juillet 1939, le régime nazi franchit un pas supplémentaire dans son entreprise eugénique en décidant le programme d’euthanasie T4. Lequel est suivi par le chef de la chancellerie personnelle du Führer et son médecin particulier. «Plusieurs psychiatres allemands de renom» apportent au T4 «un soutien actif et enthousiaste», observe Léon Poliakov, pionnier de l’histoire de la Shoah.

Des commissions de médecins «sélectionnent» alors des enfants et des adultes «anormaux» en se fondant souvent sur les dossiers des patients. Sont choisis «ceux qui ne peuvent plus travailler et qui ne présentent plus d’utilité pour la société», selon une terminologie rapportée par Focus. Les victimes «furent rapidement transférées d’un établissement à l’autre, afin de rendre plus difficiles les recherches de proches inquiets», raconte Le Monde Diplomatique.
 
Premiers gazages
Dans le cadre du programme T4, six installations de gazage, présentées comme des sanatoriums, sont mises en place. «On annonçait aux victimes qu'elles allaient faire l'objet d'une évaluation physique et qu'elles allaient prendre une douche désinfectante. Au lieu de cela, elles étaient tuées dans des chambres à gaz avec du monoxyde de carbone pur», rapporte le site de l’United States Holocaust Memorial Museum (USHMM). Par la suite, les corps sont incinérés. Des urnes sont ensuite envoyées aux familles avec un certificat de décès donnant une cause et une date fictives.

Résultat : de janvier 1940 à août 1941, quelque 70.000 personnes furent assassinées dans le cadre de T4, selon les chiffres de l’administration hitlérienne (cités par Poliakov) elle-même. «Le nombre de victimes correspondait à peu près (…) à l’objectif fixé par les organisateurs en 1939 : un patient d’hôpital psychiatrique sur dix devaient être ‘‘saisi par l’action’’, soit au total 65.000 à 70.000 personnes. Et les statisticiens calculèrent même les économies ainsi réalisées en matière de logements, de vêtements et d’alimentation – jusqu’en 1951 ! Sans compter le personnel ‘‘libéré’’ pour d’autres tâches, les places disponibles pour des malades curables, les asiles transformés en hôpitaux…», selon Le Monde Diplomatique. Bel exemple de cynisme nazi.

Protestations

Mais les décès étant nombreux, l’affaire finit par s’ébruiter. «En été 1941, l’évêque de Limbourg (ouest) avertissait le ministère de la Justice que ‘‘les enfants quand ils se disputent, se disent : ‘Tu es fou, on t’enverra aux ‘fours de Hadamar’  (un des six centres d’euthanasie), rapporte Léon Poliakov… Il faut voir que «les familles touchées par les avis de décès, agitées de soupçons, les communiquaient à leur entourage. Les transports collectifs de malades (…) ne pouvaient rester inaperçus, et soulevaient l’émotion populaire», constate l’historien. 

Un élément qui vient ainsi contredire une enquête officielle d’avril 1941 (citée par Le Monde Diplomatique). Si l’on en croit cette dernière, l’opinion semblait en phase avec ses dirigeants : «80%» des proches de malades mentaux assassinés «sont d’accord, 10% protestent et 10% sont indifférents».

Chose inouïe dans la société allemande de l’époque, on va assister à des mouvements de protestation spontanés. Ainsi, un rapport, en date de février 1941, émanant d’un responsable local (et cité par Léon Poliakov), signale que lors du transfert, à Erlangen (sud-est), de 57 pensionnaires d’un asile, «des spectateurs s’amassèrent en grand nombre, le chargement s’étant effectué dans la rue et non pas dans la cour de l’asile».

«Des scènes sauvages se seraient (alors) produites, car une partie des pensionnaires n’est pas montée volontairement, et les infirmiers ont dû faire usage de force», poursuit le document. Lequel précise qu’au cours de cet évènement, «des gens se sont laissé entraîner à des critiques de l’Etat national-socialiste». Et d’ajouter que «même des membres du parti se sont laissés aller jusqu’à pleurer avec les autres assistants»

Cette émotion populaire facilite la «prise de position intraitable adoptée par les Eglises catholique et protestante», relève Léon Poliakov. Le 19 juillet 1940, le pasteur protestant Theophil Wurm écrit ainsi un courrier au ministre de l’Intérieur, Wilhelm Frick. Et le 3 août 1941, l’évêque catholique de Münster, Clemens August von Galen, dénonce publiquement en chaire les assassinats, rappelant la parole de l’Evangile : «Tu ne tueras point».

Quelques semaines plus tard, Hitler ordonne la fin du programme. Face «à une opposition spontanée et à des résistances délibérées, il se sentit contraint à faire machine arrière», estime Léon Poliakov. Même si le problème est éminemment complexe, voilà qui pose quelques questions sur l’attitude ultérieure du peuple allemand face à la Shoah…

Meurtres jusqu’à la fin de la guerre

L’ordre du Führer ne signe pas pour autant la fin des actions d’euthanasie. Dès août 1942, les assassinats reprennent. Et ce jusqu’aux tout derniers jours de la guerre. Mais cette fois, ils seront menées de manière plus discrète. Le mode opératoire a changé : les victimes sont tuées «par injection mortelle ou surdose de drogue administrée dans un certain nombre de cliniques à travers l’Allemagne et l’Autriche» (site du USHMM), donc de manière plus décentralisée. Dans le même temps, ces institutions affament systématiquement leurs pensionnaires. En tout, entre 1939 et 1945, entre 250.000 et 300.000 personnes auraient ainsi été assassinées, estiment les historiens.

Par rapport aux actions de l’époque 39-41, l’éventail des victimes s’est élargi notamment aux patients en gériatrie. On observe d’ailleurs qu’au printemps 1944, les autorités nazies demandent des rapports sur «l’état de l’opinion concernant une question très spéciale : la rumeur (courant) d’un bout à l’autre de l’Allemagne à propos de la mise à mort prématurée des personnes âgées», raconte Le Monde Diplomatique. Une manière de sonder le pouls de l’opinion, et de «mesurer les frontières du faisable». En clair, il s’agit de voir si l’euthanasie des personnes âgées serait acceptée par les Allemands, permettant ainsi de franchir une nouvelle étape en matière d’euthanasie.

Quoiqu’il en soit, ces différentes actions ont permis de tester la mise en œuvre de la «solution finale». Les spécialistes qui intervinrent dans le cadre de T4 utilisèrent leur «expérience» dans les camps d’extermination. «La technique d’une extermination efficace et discrète (…) a été mise au point, au stade du laboratoire, par des médecins et des savants allemands, avant d’être appliquée en grand et au stade industriel par la SS de Himmler», observe Léon Poliakov. Et de poursuivre : «Les malades mentaux d’Allemagne ont (ainsi) fait office de banc d’essai pour les Juifs d’Europe».

Source : geopolis.francetvinfo.fr

 

 

Pays-Bas : la clinique de fin de vie “réprimandée” (un peu)

par Jeanne Smits, 27/08/2014

La clinique de fin de vie mise en place par l’Association pour le droit de choisir sa mort (NVVE) vient d’être réprimandée pour la deuxième fois en quatre mois pour avoir procuré l’euthanasie sans respecter les conditions fixées par la loi néerlandaise. La commission régionale d’évaluation des euthanasies, chargée de vérifier a posteriori la conformité de chaque euthanasie qui lui est déclarée, a jugé que la clinique a passé les limites en mettant fin à la vie d’une femme âgée pour la simple raison qu’elle ne voulait pas séjourner dans un établissement de soins.

La première évaluation défavorable avait eu lieu en avril au motif que le médecin mandaté par la clinique auprès d’une femme souffrant d’une maladie psychiatrique n’avait pas suffisamment discuté avec elle. La clinique a plus de 250 euthanasies à son actif.

Dans l’affaire présente la victime est une octogénaire qui a subi il y a dix-huit mois une hémorragie cérébrale : depuis lors elle ne pouvait plus communiquer et elle avait perdu son autonomie. La femme avait signé un testament de fin de vie il y a vingt ans, affirmant que si sa santé la conduisait à devoir entrer durablement dans un établissement de soins, elle préférait être euthanasiée. Chose qu’elle avait confirmée oralement à son médecin il y a un an et demi – peu avant son accident cérébral, donc.

Le médecin de famille n’a pas voulu donner suite à cette demande ancienne, reformulée par les enfants de sa patiente. Ceux-ci se sont retournés vers la Clinique de fin de vie, dont le préposé allait cependant constater qu’il n’était pas question chez cette femme de « souffrances insupportables » : une condition légale de dépénalisation de l’euthanasie. Le médecin avait en fait la volonté d’honorer le désir d’euthanasie de cette femme qu’il n’avait jamais soignée ni connue.

On interrogea un médecin « SCEN » – ce sont les médecins mandatés par les commissions d’évaluation pour assister les médecins de familles face aux demandes d’euthanasie – ainsi que l’exige la loi ; celui-ci conclut à la souffrance insupportable. Tout simplement parce qu’au cours de sa visite la femme proféra un juron à peine édulcoré et qu’elle lui fit l’impression d’être « frustrée ». Elle répétait les mots : « Peux pas » et prenait sa tête dans ses mains. « Dans ses yeux, le médecin a clairement vu son désespoir et son état de tristesse. »

Il est frappant de noter la raison pour laquelle la commission a tout de même conclu à la non conformité de l’euthanasie. Ce n’est pas parce que le testament datait de plus de vingt ans, ni parce que la femme était incapable d’exprimer sa volonté – un fait que la majorité des médecins néerlandais retiennent comme empêchant de pratiquer l’euthanasie.

Non : c’est parce que le médecin SCEN n’a fondé sa décision que sur le fait de la « souffrance insupportable » qui aurait résulté de l’entrée dans un établissement de soins. Le motif était « insuffisant » parce que la femme y laissait apparaître une « image changeante » : en général, selon le personnel de la maison de soins, elle était « laissait une « impression de calme et d’amabilité ».

L’affaire a été transmise au ministère public qui va décider s’il y a lieu de poursuivre le médecin de la clinique de fin de vie. Ce serait la première fois depuis l’entrée en vigueur de la loi sur l’euthanasie en 2002.

Source : lebogdejeannesmits.blogspot.fr

 

 

Aide à mourir : à chaque médecin de «suivre sa conscience»

par La Presse Canadienne, 19/08/2014

Les expériences de première main de médecins d'un océan à l'autre ont brossé un portrait d'une insuffisance des soins palliatifs disponibles, une crise qui couve alors que la génération des baby-boomers entre dans le troisième âge.

 

Des médecins canadiens ont voté largement - à 90% - en faveur d'une résolution consultative qui soutient «le droit de tous les médecins, dans les limites des lois existantes, de suivre leur conscience lorsque vient le temps de décider d'offrir une aide médicale à mourir».

Le vote s'est tenu au cours de l'Assemblée annuelle de l'Association médicale canadienne, à Ottawa, alors que les membres ont discuté mardi de la pertinence de réviser la politique actuelle de l'organisme sur l'euthanasie et le suicide assisté.

Les médecins ont fait la file pour partager leurs opinions sur les conditions de fin de vie alors que la population canadienne vieillit.

Les échanges ont suivi la présentation vidéo d'une série d'assemblées publiques menées à travers le pays plus tôt cette année, qui montraient des aînés et des malades plaidant pour de meilleurs soins palliatifs - ou pour le droit de mourir au moment choisi.

Certains médecins ont laissé entendre que les Canadiens ne réclameraient pas autant les pratiques d'euthanasie et de suicide assisté si la qualité et la disponibilité des soins palliatifs étaient grandement améliorées au Canada.

Les expériences de première main de médecins d'un océan à l'autre ont brossé un portrait d'une insuffisance des soins palliatifs disponibles, une crise qui couve alors que la génération des baby-boomers entre dans le troisième âge.

«À l'avant-plan des discussions est le manque désespérant de services de soins palliatifs», a exprimé John Haggie, un médecin de Terre-Neuve-et-Labrador, lors de la conférence.

Une autre a exhorté les médecins de famille à commencer à s'investir dans les soins de fin de vie, disant que le fardeau ne devrait pas incomber aux spécialistes alors que leurs patients de longue date vieillissent et font face à des maladies mettant leur vie en danger.

«Les soins palliatifs sont devenus un service spécialisé dans la plupart des secteurs du pays, et nous devons, en tant que médecins de famille, reprendre les soins de fin de vie dans nos pratiques», a dit Suzanne Strasberg, médecin de Toronto, sous les applaudissements.

Source : lapresse.ca

 

 

Pays-Bas : un centre de soins pour comateux âgés ?

par Jeanne Smits, 14/08/2014

Eh bien, il n’y en a pas, aux Pays-Bas, de centre d’accueil et de soins pour les patients dans le coma âgés de plus de 25 ans. Ce sont les directives officielles : au-delà, on ne fait plus de réhabilitation. Cela ne servirait à rien, dit-on, en serrant le portefeuille de l’assurance maladie.

L’association « Zorgen na Coma » (soigner après un coma) s’en émeut et vient de réclamer la création d’un Centre Coma aux Pays-Bas, comme il en existe un à Liège. Il permettrait d’accueillir non seulement les jeunes dans de meilleures conditions, mais aussi les « vieux » de 25 ans et plus.

Ce sont les proches de ces personnes plus âgées qui militent pour un meilleur accueil, sachant que chaque année, quelque 50 à 75 personnes en état végétatif persistant ou en état de conscience minimale se voient refuser le remboursement des soins de réhabilitation au motif de leur âge. Accueillis et soignés par leurs familles ou placés dans des institutions où ils ne reçoivent aucune forme de stimulations, ils sont exclus des soins qui pourraient les faire progresser. Les plus chanceux – ceux dont l’assureur prend en charge des traitements à l’étranger – se rendent en Belgique ; mais ils ne sont pas nombreux.

On pense bien sûr à Vincent Lambert.

Cela éclaire la remarque faite par un chef de service de réanimation m’expliquant que les discussions autour de la survie des « pauci-relationnels » paraîtraient totalement absurdes aux Pays-Bas où l’on ne pose même plus cette question.

Mais des élus la porteront devant la Deuxième chambre.

Source : riposte-catholique.fr

 

 

Non à l'euthanasie !

Une pétition contre l'euthanasie lancée par la communauté Pro-Vie :

Nous, citoyens français, déclarons avec force et solennité que toute vie vaut la peine d'être vécue. Nous sommes scandalisés par le mépris que manifestent trop de politiciens et trop de journalistes pour la vie de vieillards ou d'handicapés.

La vieillesse, le handicap ou la maladie ne peuvent jamais faire qu'une personne humaine mérite d'être considérée - comme, naguère, par les totalitarismes - comme un "sous-homme".

Il n'est pas admissible que, sous couvert de lutte contre la souffrance, la dignité humaine soit ainsi violée et bafouée. Nous refusons tout droit au pouvoir politique ou à quiconque de traiter une personne en sous-homme.

Toute vie mérite d'être vécue. Tout homme a droit au respect de sa dignité

Vous savez peut-être que le principal lobby pro-mort, l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (sic!), affirme que plus de 40 000 personnes lui ont envoyé une directive demandant l'euthanasie.

Soyons au moins autant à déclarer que nous choisissons la vie !

L'équipe du Salon Beige

Source : provie.eu

 

 

Euthanasie et suicide assisté: le Code criminel a préséance

par Hugo de Grandpré, La Presse, 15/07/2014, extraits

(OTTAWA) Les règles sur l'euthanasie et le suicide assisté du Code criminel ont préséance sur les règles provinciales, affirme le procureur général du Canada dans un mémoire déposé à la Cour suprême.

Cette position, formulée dans le cadre de l'affaire Carter de la Colombie-Britannique, pourrait avoir des répercussions au Québec, dans la foulée de l'adoption du projet de loi sur la mort dans la dignité.

Le gouvernement québécois estime en effet que ces nouvelles règles, qui permettent l'aide au suicide dans certaines circonstances, sont constitutionnelles, puisqu'elles ont été adoptées dans le cadre de ses compétences en matière de santé.

Une loi provinciale qui contredirait les dispositions criminelles «frustrerait l'objectif du fédéral de créer une interdiction absolue», peut-on lire dans le document.

«Une interdiction absolue envoie le message que toutes les vies sont importantes et dignes d'être protégées de ceux qui voudraient subtilement encourager les gens vulnérables à mettre fin à la leur», a tranché le procureur général du Canada.

Cette position rejoint celle du ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, qui a mis les médecins québécois en garde contre la violation du droit criminel, au lendemain de l'adoption du projet de loi 52 à Québec.

Le ministre MacKay a indiqué qu'il songeait à contester la constitutionnalité de cette réforme devant les tribunaux. Mais il pourrait attendre la décision de la Cour suprême dans l'affaire Carter pour décider de la suite des choses. À noter que le mémoire du gouvernement fédéral ne mentionne pas la loi québécoise. ...

Source : lapresse.ca

 

 

ROYAUME-UNI • Non au suicide assisté !

dans le Daily Mail, 10/07/2014

Faut-il légaliser le suicide assisté au Royaume-Uni ? Sans équivoque, le Daily Mail se prononce contre, en amont de la deuxième lecture d’un projet de loi par la Chambre des lords, à l'agenda le 18 juillet. "Ne faites pas la même erreur que nous !" titre le tabloïd conservateur, en citant le Pr Theo de Boer, un universitaire néerlandais. Défenseur fervent de la loi sur l’euthanasie votée aux Pays-Bas en 2002, le Pr a complètement changé de cap depuis. "Ne faites pas la même chose en Grande-Bretagne", aurait-il dit récemment à des députés britanniques.

De Boer regrette la multiplication des cas de suicide assisté dans son pays depuis la législation – estimés à 6 000 en 2014, soit le double qu'en 2008 – et regrette que l’euthanasie concerne de plus en plus de catégories de malades, y compris les personnes atteintes de démence et de dépression. "Légaliser le suicide assisté est une pente glissante vers une pratique généralisée de meurtres de personnes malades", conclut le tabloïd.

Dans son éditorial, le Daily Mail attire l’attention sur l’argument principal des opposants au suicide assisté et de l’euthanasie : la possibilité que les patients choisissent la mort douce sous influence de leur entourage ou de leur médecin. Le journal déplore que "tragiquement, certains optent pour le suicide assisté sous la pression de membres de leur famille, ou bien par peur de devenir une charge pour eux. [...] Voulons-nous vraiment prendre le chemin néerlandais ?"

Source : courrierinternational.com

 

 

Euthanasie par privation de nourriture et d'hydratation : ce n'est que le début !

par Jeanne Smits, 03/07/2014

L’affaire Vincent Lambert s’inscrit au sein d’une tendance lourde au sein de la communauté des bioéthiciens. Le refus de manger et de boire en vue d’obtenir la mort, lorsque la procédure est choisie par le patient, est en train de devenir une option communément acceptée dans certains pays, à telle enseigne qu’aux Pays-Bas on estime qu’entre 4 et 10 % des décès surviennent à la suite d’un tel « jeûne » délibéré. Ne s’agissant ni d’une euthanasie, ni d’un suicide assisté, il n’y a pas de statistiques certaines. Comme la sédation palliative, la mort par dénutrition se situe dans une zone grise où la frontière entre un arrêt de soins légitime ou l’administration de médicaments pour soulager la douleur et un processus dont l’objectif est de faire mourir ne peut s’apprécier qu’au cas par cas.
Mais que le processus puisse être utilisé de manière euthanasique ne fait aucun doute.
Son avantage – tel que le présente le site néerlandais sur les soins palliatifs, palliatievezorg.nl – est de laisser au patient lui-même la responsabilité de l’acte ou de l’abstention qui provoquera sa mort. On y explique que moyennant certaines précautions : humecter la bouche, administrer des analgésiques en cas de besoin, le malade va pouvoir bénéficier dans la plupart des cas d’une mort paisible. Non sans souligner que la méthode était en vogue dans l’Antiquité, chez les Romains et les Grecs de quelque niveau… Suivent quelques paragraphes destinés à démontrer que cette mort par déshydratation, qui provoque l’arrêt successif des organes vitaux, ne provoque pas de souffrance que des soins simples ne puissent soulager. Vraiment ?
Entre le refus de nourriture lié naturellement à l’entrée en phase terminale et la privation volontaire de toute nourriture et de tout liquide, y compris chez de personnes sans maladie mortelle mais souffrant de leur handicap ou d’une affection pénible, il y a tout de même une différence. Le fait est que le processus comprend l’administration de sédatifs et d’analgésiques. Ce n’est pas pour rien.
La banalisation du processus, la parution de récits de proches et de témoignages admiratifs, la dénonciation de cas où la liberté des personnes ayant choisi cette mort n’a pas été respectée, voire assistée, est le signe d’une pression croissante pour le rendre respectable. Et pour tenir pour nuls les témoignages de proches ayant vu le côté traumatisant de la pratique, comme ce fut le cas pour la famille de Terri Schiavo, aux Etats-Unis.
Terri Schiavo n’avait pas eu le choix, puisqu’elle n’était pas en mesure d’exprimer sa volonté. C’est le même cas de figure que celui de Vincent Lambert. Et c’est l’étape suivante.
Et ensuite ? Eh bien, il va falloir régler le cas des personnes ayant donné des directives anticipées mais qui demeurent conscientes, voire qui continuent d’absorber leur nourriture par la bouche.
Dans certaines formes de démence, le refus de nourriture fait partie des symptômes de la maladie et intervient sans que le patient soit en fin de vie. Une étude a permis d’établir que dans ce cas de figure, tenant compte de la « qualité de vie » des patients et de la volonté exprimée par les proches, il est le plus souvent – et même presque toujours – décidé de ne pas administrer nourriture et hydratation « artificielle » (administrée par un tube nasal ou directement dans l’estomac). Une étude longitudinale sur 190 patients dans deux établissements de soins aboutit à la conclusion que dans 94 % des cas, on s’abstint d’administrer nourriture et hydratation, la mort intervenant chez les trois quarts d’entre eux dans un délai inférieur à deux semaines.
Euthanasie ou pas ? Est-on obligé de nourrir, « de force », un dément, conscient du monde qui l’entoure, qui refuse de manger ? Il y a certes une différence entre le fait de ne pas entreprendre un soin et celui de l’interrompre en vue de tuer, mais tout de même…
Et cela se complique encore. Car voici que des bioéthiciens s’emparent de cette question relativement peu explorée en s’interrogeant sur le cas des personnes démentes ou souffrant d’autres maladies dégénératives et qui, bien qu’ayant dans le cadre de directives anticipées fait savoir qu’elles ne souhaiteraient pas « vivre comme cela », mangent tout de même de bon appétit. Conscientes mais incapables d’exprimer leur volonté : et si on les privait quand même de nourriture et d’hydratation.
C’est la solution imaginée par Pr Thaddeus Mason Pope, exposée dans la dernière livraison du Journal of Clinical Ethics. Il assure que les médecins devraient avoir l’obligation d’aider les patients qui choisissent consciemment cette forme de suicide (VSED, voluntary stop eating and drinking ou « arrêt volontaire de boire et de manger), en leur administration les substances nécessaires pour éviter les souffrances liées à la mort de soif et de faim. Et il va plus loin, en citant le cas d’une femme canadienne.
Il s’agit de Margot Bentley, 82 ans, souffrant de la maladie d’Alzheimer. Ses proches ont demandé qu’on arrête de la nourrir en invoquant ses directives anticipées, au motif qu’elle l’aurait voulu et bien qu’elle continuât de manger de bon appétit. La Cour suprême de la Colombie britannique a décidé en février dernier qu’il faut la « maintenir en vie ». Fureur du lobby euthanasique. Le Pr Pope commente :
« Mme Bentley peut bien avoir la capacité de “faire part d’un choix”. Mais il ne s’agit là que d’une composante de cette capacité.
Elle ne comprend pas les données pertinentes, ne peut avoir une juste appréciation de la situation et des conséquences entraînées par celle-ci, et ne peut raisonner à propos du traitement qu’elle reçoit ou des options de soins. Si l’on considère que la capacité du consentement se situe à un niveau aussi bas, alors le “consentement” tel qu’on l’admet aujourd’hui va bien souvent aller à l’encontre des décisions antérieures les plus claires et les plus nettes. »
Autrement dit : cette femme n’étant plus en mesure d’exprimer son consentement éclairé, il faudrait agir conformément à ses directives anticipées et la priver de nourriture et de liquides en vue de la faire mourir. Même si elle réclamait de la nourriture, sans doute…
« Les commentateurs médicaux, éthiques et légaux sont presque arrivés à un consensus en ce qui concerne le droit des patients capables d’exprimer leur volonté de faire le choix contemporain du VSED.
Beaucoup moins claire est la réponse à la question de savoir si les individus peuvent choisir le VSED à l’avance, en exerçant une autonomie prospective. Fort heureusement, des médecins comme des philosophes sont en train de créer les théories, les outils et les maximes qui permettent de définir quand et comment la pratique du VSED décidé par avance peut être mise en œuvre manière légitime et sûre. »
Cette nouvelle dérive vers l’abandon des plus fragiles a provoqué l’indignation de Wesley J. Smith, spécialiste de la défense du respect de la vie finissante. Il note que la nouvelle tendance se veut opposée au « paternalisme » animant les médecins qui cherchent à protéger la vie « contre » la volonté des patients. Question de Wesley Smith à Pope : et si le patient avait refusé par avance qu’on le retourne dans son lit, soin de base nécessaire pour éviter les escarres ? Le tweet en retour fut sans appel : oui, il faut alors s’abstenir de donner ce soin, le « paternalisme médical », c’est fini.
Source : leblogdejeannesmits.blogspot.fr

 

 

Une nouvelle affaire de fin de vie devant la justice

par Jeanne Smits, 5/07/2014

C’était ce soir, en urgence, devant le tribunal administratif de Paris. Me Jérôme Triomphe plaidait un « référé-liberté » pour obtenir qu’un homme de 73 ans, gravement malade – mais pas forcément mourant – obtienne la dialyse dont il a besoin pour sous peine de mourir dans un délai qui pourrait être court.

Hospitalisé en réanimation pour la deuxième fois depuis le début de cette année dans un grand hôpital parisien, cet homme souffre de diverses affections graves. Une nouvelle dialyse pourrait provoquer, compte tenu de son état général, un infarctus. Il y a quatre jours, l’équipe qui le soigne, sous la responsabilité du chef de service, a décidé de ne pas lui donner ce traitement nécessaire à sa survie. Au motif que son état général est trop mauvais, que ses affections sont « irréversibles ». Seuls lui seront donnés les soins palliatifs qui doivent lui assurer une mort aussi douce que possible.

Mais voilà : cet homme est conscient. Devant le juge des référés – soucieux de juger « en humanité » autant que faire se peut – on s’est interrogé sur la volonté de ce patient, qui aux termes de la loi Kouchner sur le droit des patients et de la loi Leonetti sur la fin de vie, doit décider, souverainement en quelque sorte, de la poursuite ou non des traitements.

La famille du malade, venue d’Israël où elle a émigré tandis que le père de famille lui-même avait choisi de rester en France, s’est insurgée contre le fait que, sans avoir été consultée, elle ait été mise devant le fait accompli de l’arrêt du traitement qui lui permet de vivre. Elle ne l’a su que deux jours plus tard. Et elle soutient, video à l’appui enregistrée à 17 h vendredi, que le malade veut recevoir soins et traitements, quitte à être transféré vers Israël où la pratique consiste à soigner, toujours. Les réponses du patient aux questions précises ne laissent en effet guère de place au doute.

De son côté, le professeur chef de service a expliqué que vendredi matin, il avait lui-même pris soin de mener cette conversation difficile avec le malade, lui disant que s’il décidait de ne pas poursuivre la dialyse, il serait entouré et accompagné vers la mort. Le malade, témoigne le professeur, acquiesça. 

Voilà qui soulève d’épineuses questions. Jusqu’où faut-il aller dans les traitements médicaux ? Les médecins laissent-ils toujours la chance à la vie, quand elle existe ? Dans un contexte où la bioéthique fait bouger les frontières entre « soins utiles » et « soins futiles », où en sont les médecins confrontés aux cas réels ? Comment marquer la frontière entre le traitement qui fait « trop » souffrir pour être raisonnablement entrepris et celui qui pourra ajouter des jours aux jours et des mois aux mois ? 

En réalité, on ne saurait, sans être totalement au fait du dossier et avoir une connaissance précise du patient, avoir un avis totalement tranché. Mais dans cette affaire le malade, tout en affirmant que ses traitements sont lourds, voire difficiles à supporter, a clairement dit qu’il voulait vivre.

Ecouter ce que veut le patient, ne pas chercher à le décourager, c’est sans doute cela que doit faire la médecine. Mais aussi l’administration hospitalière – et voilà toujours, en filigrane, la question des coûts. 

Quelle est la part, dans une telle décision médicale, de cet élément-là ? Aux Pays-Bas – dans un contexte d’euthanasie légale – certains soins ne sont plus donnés aux personnes très âgées ou très malades, quand cela ne sert plus à rien. Logique utilitariste qui séduit à l’heure où les possibilités thérapeutiques sont de plus en plus nombreuses, et souvent de plus en plus chères.

Dans cette affaire, aux dires du médecin, il n’y a justement plus de possibilité thérapeutique. On ne prolonge pas la vie à tout prix. Mais d’un autre côté, en privant le malade de la dialyse on l’envoie avec certitude vers la mort… alors même qu’il a fait preuve, depuis son premier séjour de deux mois en réanimation au début de l’année, d’une exceptionnelle résistance ?

Au final – et ce ne doit pas être fréquent, sans doute est-ce même une forme de première – le juge a conduit les parties à s’entendre sur une décision rédigée en quelque sorte collectivement. Le malade bénéficiera de toutes les analyses et de tous les soins nécessaires à l’évaluation de son état et de son maintien en vie, en attendant qu’il puisse clairement exprimer sa volonté en présence des parties qui s’opposent et s’il le faut, devant le juge qui se déplacera à cette fin. Et s’il veut être transféré dans un hôpital où il sera traité, ou vers Israël, il sera soigné de manière à ce que cela se fasse dans les meilleures conditions.

C’est en somme ce que dit la loi : le malade doit recevoir les meilleurs soins possibles, et c’est lui qui décide de les recevoir, ou non.

Le transfert sera aux frais de la famille, bien sûr, a rappelé la direction de l’hôpital où il se trouve, qui dépend de l’APHP (assistance publique-hôpitaux de Paris).

L’insistance sur ce point éclaire à sa manière le dossier. 

Source : leblogdejeannesmits.blogspot.fr

 

 

Israël : l’euthanasie bientôt légalisée ...

 

par Cyrille Louis, 10/06/2014 (extrait)

Le texte, qui donnerait la possibilité aux médecins de prescrire un traitement létal à un malade en phase terminale, doit faire l’objet d’un premier examen par la Knesset dans les prochains jours.

L’adoption par le gouvernement israélien d’un texte visant à légaliser l’euthanasie suscite depuis quarante-huit heures une levée de boucliers au sein du monde ultraorthodoxe. Ce « projet de loi sur la mort par prescription médicale », rédigé par le député centriste Ofer Shelah, donnerait aux médecins la possibilité de prescrire un traitement létal à un malade en phase terminale.

Il doit faire l’objet d’un premier examen par la Knesset dans les tout prochains jours.

Ce projet de loi a vocation à compléter les dispositifs déjà existants de lutte contre l’acharnement thérapeutique. Selon la version approuvée par le cabinet de Benyamin Nétanyahou, il s’appliquera aux patients de plus de quinze ans qui, atteints d’une maladie incurable, manifesteront le souhait d’abréger leurs souffrances de façon répétée, à quinze jours d’intervalle et en présence d’un témoin. Deux médecins seront amenés à se prononcer sur chaque projet d’euthanasie.

Selon le quotidien Yediot Ahronoth, ce texte divise les soignants. L’ex-président du comité d’éthique de l’Association médicale israélienne (AMI), Avinoam Reches, s’y est déclaré favorable, affirmant vouloir « donner à ces êtres humains des outils pour qu’ils n’en soient pas réduits à se suicider de façon horrible ».

Leonid Eidelman, l’actuel président de l’AMI, a pour sa part déclaré : « Il n’appartient pas au médecin de mettre un terme à la vie de ses patients de façon artificielle. Ce n’est pas ainsi que nous avons été formés. »

Sitôt le projet de loi dévoilé, c’est toutefois au sein du monde religieux que les positions les plus tranchées se sont exprimées.

Le député orthodoxe Yaako Asher, cité par le quotidien Makor Rishon, a mis en garde : « Le gouvernement israélien vient de franchir une nouvelle ligne rouge et de poursuivre sa guerre contre les valeurs du judaïsme en s’attaquant au caractère sacré de la vie ».

Son collègue Menahem Eliezer Mozes, également élu sur les listes du parti Judaïsme-Torah unifiée, a renchéri : « Il est terrifiant de se souvenir qu’il y a 70 ans tout juste, ce sont les Allemands qui, les premiers, envisagèrent de tuer les handicapés, les malades et les personnes âgées. » ...

Source : jforum.fr

 

 

Aide médicale à mourir: près de 20 libéraux voteront contre le projet de loi, dit Raymond Bernier

par Matthieu Boivin, Le Soleil, 03/06/2014

(Québec) Une vingtaine de députés libéraux s'opposeront au projet de loi touchant l'aide médicale à mourir quand il sera soumis au vote final plus tard cette semaine, soutient Raymond Bernier, le libéral dans le comté de Montmorency.

M. Bernier a participé, mardi après-midi, à une manifestation du Rassemblement québécois contre l'euthanasie qui s'est déroulée devant l'Assemblée nationale, où il a annoncé qu'il votera contre le projet de loi. En entrevue avec Le Soleil, le député a indiqué qu'une vingtaine de ses collègues feront comme lui.

«Je crois en la vie, a expliqué M. Bernier. Ce sont les soins palliatifs qui doivent être développés partout au Québec.»

«La personne [malade], ce qu'elle veut, elle ne veut pas mourir, a-t-il ajouté plus tard au cours du même entretien. Ce qu'elle veut surtout, c'est de pouvoir être soulagée et ne pas souffrir.»

Dérapages

M. Bernier craint des dérapages si le projet de loi est adopté, mais il sait qu'à quelques jours du vote, il serait utopique de penser qu'il sera bloqué. Lors du premier vote tenu en octobre dernier sur le projet de loi, alors que les péquistes étaient au pouvoir, un total de 25 libéraux avait manifesté son opposition, dont Pierre Paradis, Robert Dutil, Sam Hamad, Christine St-Pierre, Lise Thériault et Laurent Lessard. Les députés du PQ avaient tous appuyé le Projet de loi 52, tout comme une vaste majorité de caquistes.

«Il y a cinq ans de travail qui a été fait là-dessus. Techniquement, le projet de loi est bien attaché, bien encadré, mais de quelle façon va-t-il évoluer par rapport à notre société? Ça va être quoi dans cinq ans, 10 ans, 15 ans? Quelle sera l'attitude des législateurs à ce moment-là?»

Mgr Cyprien Lacroix a aussi participé à la manifestation de mardi, tout comme Louise Brissette, une femme bien connue qui a adopté des dizaines d'enfants qui souffrent d'un handicap moyen ou sévère au cours de sa vie.

Source : lapresse.ca

 

 

Euthanasie : des pharmaciens Néerlandais refusent de délivrer les médicaments

par Michael Cook, 27/04/2014

Bien que l'euthanasie soit légale aux Pays-Bas, des pharmaciens Néerlandais refusent de délivrer les médicaments létaux permettant de la réaliser. Selon Altijd Wat Monitor, un programme de télévision qui a mené l'enquête, ce refus ne serait pas nécessairement motivé par des motifs religieux. Certains pharmaciens s'y refusent parce qu'il ne connaissent pas le médecin qui a approuvé l'euthanasie, d'autres parce qu'ils ne sont pas favorables à une euthanasie pour démence ou dépression. Le porte-parole de l'Association des pharmaciens précise: "Une pharmacie n'est pas une boutique qui ne fait que délivrer des doses mortelles". 

L'article souligne que dans le protocole d'euthanasie, le pharmacien n'a aucun rôle officiel, il n'est pas obligé de coopérer. Selon Annemieke Horikx, de l'Association des pharmaciens, les pharmaciens ne devraient pas être regardés comme de simples instruments entre les mains des médecins. Et d'ajouter que les médecins appellent parfois eux-mêmes les pharmaciens pour qu'ils satisfassent leur demande. "Ce n'est pas une manière de demander des médicaments. Ce sont des questions de vie et de mort dont nous nous occupons". 

(...)

Source : genethique.org repris de Bioedge (Michael Cook) 27/04/2014

 

 

Plainte contre un des pionniers

par lavenir.net, 10/04/2014 (extrait)

Le fils d’une patiente euthanasiée porte plainte contre un médecin de l’UZ Brussel. La loi n’aurait pas été bien appliquée.

Le fils d’une femme souffrant d’une dépression chronique a porté plainte mardi au parquet de Bruxelles contre le praticien, Wim Distelmans, qui a procédé à l’euthanasie de sa mère. Tom Mortier avait déjà amené l’affaire devant l’Ordre des Médecins en février dernier. «De sérieux indices prouvent que la loi n’a pas été correctement appliquée dans le traitement de la demande d’euthanasie de la patiente», déclare mercredi l’avocat du plaignant. Une démarche qui permettra de lever le doute qui plane sur cette affaire, estime l’UZ Brussel.

La plainte concerne le professeur Wim Distelmans, président de la commission de contrôle de l’euthanasie en Belgique. C’est la première fois que le médecin favorable à l’euthanasie considéré comme un «pionnier» en la matière est l’objet d’une plainte.

Tom Mortier apprenait le 20 avril 2012 qu’une injection létale avait été administrée la veille à sa mère à l’hôpital universitaire néerlandophone UZ Brussel dans le cadre de sa demande d’euthanasie. La mère de Tom Mortier souffrait d’une dépression chronique, accentuée en partie par les mauvaises relations qu’elle entretenait avec ses enfants.

Ses enfants n’ont pas été avertis de la procédure d’euthanasie. «Son fils, Tom Mortier, a donc décidé de porter plainte», annonce son avocat, Me Samuel Vinck. «Mon client a de bonnes raisons de penser que la loi n’a pas été correctement appliquée lors de l’euthanasie de sa mère », explique Me Vinck à Belga. «Nous avons trouvé des indices sérieux prouvant que les conditions de la loi sur l’euthanasie n’ont pas été respectées dans ce cas. Mon client est en droit de demander aux autorités compétentes d’examiner l’affaire.» ...

Source : lavenir.net