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Fin de vie: l'Assemblée écarte un texte écologiste légalisant l'euthanasie

par Le Parisien, 29/01/2015

Sans surprise, l'Assemblée a refusé d'adopter jeudi une proposition de loi écologiste autorisant le suicide assisté et l'euthanasie dans certains cas, avant l'examen en mars d'un texte PS-UMP plus mesuré et ayant les faveurs du gouvernement.Les discussions sur la proposition écologiste ont ainsi tourné court, une semaine après un débat sans vote sur la fin de vie dans l'hémicycle, initié par François Hollande, et avant l'examen prochain du texte d'Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP).

L'auteur de la proposition de loi EELV, la députée de la Vienne Véronique Massonneau, à qui le sujet du "respect du choix de fin de vie" tient particulièrement à coeur, ses parents ayant eu recours à une aide active à mourir en Belgique, a déploré un "attentisme" et un nouveau "recul sur un sujet de société" des socialistes.
"La première raison" de l'inscription de son texte était "de faire accélérer la majorité sur l'engagement de 2012" du candidat Hollande d'instaurer un droit à "une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité", a-t-elle dit.
Émue jusqu'aux larmes, elle avait auparavant défendu "la liberté de choisir" de chacun, "l'ultime liberté", et demandé aux parlementaires de "s'attacher au contenu du texte plutôt qu'aux fantasmes ou aux peurs distillées ici ou là".
Sa proposition de loi disposait que "toute personne majeure et capable, en phase avancée ou terminale d?une affection grave et incurable (...) peut demander à bénéficier (...) d?une euthanasie ou d?un suicide médicalement assisté". Une demande strictement encadrée: avis de deux médecins, délais pour la confirmer.

Las, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a soutenu le renvoi en commission, en mettant en avant le "droit nouveau" à une "sédation profonde et continue" jusqu'à la mort pour des malades incurables, suggéré dans le rapport Claeys-Leonetti remis au chef de l?État en décembre. Il faut selon la ministre "permettre le rassemblement, le consensus autour de (ce) point d'équilibre".

Le renvoi en commission a été acquis par 25 votes pour, 20 contre et 11 abstentions. "Loi renvoyée aux calendes grecques (...) Bcp de socialistes partis pr ne pas voter contre leur groupe", a tweeté la coprésidente du groupe écolo, Barbara Pompili.
Les écologistes vont "trop loin ou en tout cas trop vite", a lancé Michel Liebgott (PS). Plusieurs intervenants du même groupe (Philip Cordery, Gérard Sebaoun, Joël Aviragnet) ont cependant apporté leur soutien au texte écologiste qui crée "un nouveau droit sans en retirer un à quiconque".
Les députés radicaux de gauche, à qui le sujet est cher également, ont globalement appuyé la démarche des écologistes. Leur chef de file Roger-Gérard Schwartzenberg en a profité pour fustiger la "tactique dilatoire" du gouvernement depuis deux ans et la "proposition de loi de commande" sur la table.

Pour leur part, Front de gauche, UDI, UMP et FN se sont montrés hostiles à toute légalisation de l'euthanasie ou du suicide assisté. Le centriste Bertrand Pancher a moqué une "diarrhée législative" des Verts sans "écoute", tandis que Marion Maréchal-Le Pen (FN) a critiqué leur "pulsion idéologique" allant à l'encontre de "l'interdiction de tuer".
Au-delà, Xavier Breton (UMP) a pointé "les ambiguïtés du gouvernement", voyant un "clin d oeil appuyé en direction du lobby pro-euthanasie" dans le dernier discours de Manuel Valls devant les députés. Le Premier ministre avait appelé à des débats en mars qui "permettent d avancer vers un droit nouveau: celui de mourir dans la dignité".
Des militants de l'association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), dont Mme Massonneau est membre du comité d'honneur, étaient présents jeudi dans l'hémicycle. Ils organisent une manifestation samedi à Paris.
Dimanche dernier, c'étaient des milliers de manifestants munis de ballons noirs et d'affichettes "Je suis Vincent Lambert" qui défilaient à Paris pour dénoncer, lors d'une "Marche pour la vie", "la menace de l'euthanasie à l'Assemblée nationale".

Source : leparisien.fr

 

 

"Marche pour la vie" : des milliers de personnes défilent à Paris

Munis d'affichettes "Je suis Vincent Lambert", quelques milliers de militants "pro-vie" se massaient dimanche à Paris pour prendre le départ de la marche.

par Le Point, 25/01/2015

Plusieurs milliers de manifestants munis de ballons noirs et d'affichettes "Je suis Vincent Lambert" défilaient dimanche, à Paris, pour dénoncer, lors d'une "Marche pour la vie", "la menace de l'euthanasie à l'Assemblée nationale", a constaté une journaliste de l'AFP. Les organisateurs estiment avoir réuni plusieurs milliers de personnes "voire 10 000". La marche pour la vie, dédiée à la dénonciation de l'avortement, a choisi de s'élever cette année contre "la légalisation de gestes euthanasiques", quatre jours après un débat sur la fin de vie à l'Assemblée nationale, autour d'un texte déposé par Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS).

Elle s'est ralliée le soutien de la mère de Vincent Lambert, venue "se battre" pour son fils, victime d'un grave accident de la route en 2008, atteint de lésions cérébrales irréversibles et dont les parents refusent l'arrêt des soins. "On se bat pour Vincent, mais aussi pour la société. (...) Je pense qu'il faut sensibiliser la société. Il y a une porte qui s'est ouverte. Aujourd'hui, c'est Vincent. Il n'est pas le premier et il ne sera pas le dernier", a assuré Viviane Lambert lors d'une conférence de presse avant le début de la manifestation.

"La loi Leonetti permet l'euthanasie ; c'est grave de l'introduire dans le droit sans la nommer", a renchéri le conseiller des parents de Vincent Lambert, le neurologue Xavier Ducros.

"L'avortement est un permis de tuer"

Les organisateurs de la marche font un lien direct entre l'interruption volontaire de grossesse (IVG) et "le droit à mourir dans la dignité" prôné par le gouvernement, c'est-à-dire le droit pour les malades incurables de "bénéficier d'une sédation profonde et continue", comme proposé par Jean Leonetti et Alain Claeys.

"L'avortement est un permis de tuer, mis dans la loi sous couvert de la liberté des femmes qui se poursuit aujourd'hui" avec les textes en débat, a dit Cécile Edel, présidente de Choisir la vie, un des mouvements fondateurs de la marche, lors de la conférence de presse avec Viviane Lambert. Le mouvement, qui dit avoir reçu le soutien du pape François, a réuni l'an dernier à Paris plusieurs dizaines de milliers de personnes contre l'interruption volontaire de grossesse.

Source : lepoint.fr

La Marche pour la vie s’attaque à l’euthanasie

par Libération, 25/01/2015 (extraits)

... Des dizaines de milliers d’opposants à l’IVG ont défilé à Paris, dont nombre de jeunes.

... les manifestants pro-vie qui, armés de boucliers en carton de couleur verte, ont investi, dimanche après-midi, les rues de Paris. «Aimer n’est pas tuer»,«mort sur ordonnance : médecine en déshérence»,«j’ai été un embryon»,«pas d’économie par l’euthanasie», pouvait-on lire. En signe de deuil, les manifestants brandissent aussi un ballon noir.

«Nous sommes là pour la défense de la vie», clament en chœur un couple de septuagénaires de Dijon, Gérard et Marie. Ce sont des habitués. «On est là chaque année», disent-ils encore. Leurs enfants ont fait aussi le déplacement. «C’est pour éviter la piqûre», lâche, mi-figue mi-raisin, Gérard....

Dans la manif, les slogans «grand-mère, grand-père, ne vous laissez pas faire», ou «bébé, mémé, même combat» enfoncent le clou.

Confidentielle à ses débuts, limité aux milieux cathos les plus tradis, la Marche pour la vie prend, d’année en année, de l’ampleur. Cette année, les organisateurs revendiquent 45 000 manifestants. Ils sont, de fait, sûrement plusieurs dizaines de milliers. L’organisation est rodée et efficace, à la manière des manifestations anti-mariage pour tous. On y croise quelques-unes des stars de ce combat comme le cardinal-archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, ou Béatrice Bourges, du Printemps français. Les figures de l’aile traditionaliste du catholicisme français, l’évêque de Bayonne, Marc Aillet, et l’évêque d’Avignon, Jean-Pierre Cattenoz, des habitués, sont cette année, absents, pris par d’autres engagements. Il y a aussi quelques élus, comme Jacques Bompard, maire d’Orange et député du Vaucluse (Ligue du Sud), ou encore Bruno Gollnisch, le très catholique député européen du Front national.

«Parole». La Marche pour la vie profite de l’élan donné par la Manif pour tous et surfe sur la capacité renouvelée du catholicisme français à se mobiliser. Peu à peu, elle élargit sa base, surtout générationnelle. Parmi les «marcheurs», il y a ce dimanche un bon tiers de jeunes d’une vingtaine d’années, signe d’une nouvelle militance. «Depuis la Manif pour tous, la parole s’est libérée. Maintenant nous osons défendre publiquement nos convictions», acquiesce Sixtine, 18 ans. Elle n’a pas loupé une manifestation contre le mariage pour tous comme les trois copines qui l’accompagnent. «Nous sommes là à cause de nos convictions catholiques, reconnaît Marie qui est, elle, venue spécialement de Lyon. Mais c’est un combat culturel que nous menons.» Gonflés à bloc, ces jeunes croient dur comme fer que demain, leur voix portera…

Source : liberation.fr

 

 

Le Collectif Famille Mariage appelle à manifester dimanche

Son communiqué :

"Vous le savez, dimanche 25 janvier, aura lieu la marche pour la vie.

Le contexte, cette année, est très particulier puisque, dans les tout prochains jours, le gouvernement présentera au parlement une loi instituant (sans le dire, ce qui est une belle preuve de courage politique!…) l'euthanasie.

Il faut absolument que nous soyons des dizaines de milliers de personnes dans les rues pour dire que personne n'a le droit de tuer un innocent. Que personne n'a le droit de dire que telle vie ne mérite pas d'être vécue.

L'inversion du langage est devenue telle qu'au nom de la "dignité", certains prétendent s'arroger le droit de dire que telle personne n'est pas… digne de vivre!

Le collectif famille mariage vous invite donc vivement à participer à cette marche. Je me permets également de relayer un appel pressant des organisateurs: il manque encore une centaine de bénévoles pour que l'organisation soit à la hauteur de l'événement (en particulier des hommes de plus de 18 ans pour la sécurité). Si vous pouvez aider, n'hésitez pas à le faire savoir en vous connectant ici.

Au nom de toute l'équipe du CFM, j'en profite pour vous souhaiter une excellente année 2015.

Cordialement

Guillaume de Thieulloy"

Source : lesalonbeige.blogs.com

 

Le pape François apporte son soutien à la Marche pour la vie

par Jean Baptiste Le Roux, 20/01/2015 (extraits)

Le Saint Père a signé de nouveau. Alors que plusieurs milliers de personnes marcheront dans les rues de Paris le 25 janvier prochain pour défendre la vie, le pape François a renouvelé son soutien à cette initiative.

Ce soutien, de poids, avait été annoncé le 8 janvier dernier par le nonce apostolique de France, Mgr Luigi Ventura. Dans un communiqué daté du début du mois, le nonce a en effet confirmé le soutien du Saint Père aux organisateurs de cette marche, parmi lesquels figure notamment Julie Graziani, porte-parole d'Ensemble pour le Bien Commun.

Œuvrer pour une culture de vie

Dans cette lettre, le nonce précise que "le pape François salue cordialement les participants à cette manifestation" tout en ajoutant que le Saint Père encourage les organisateurs et les manifestants "à œuvrer sans relâche pour l'édification d'une civilisation de l'amour et d'une culture de vie". Par ailleurs, l'organisation responsable de cette marche a déjà reçu le soutien de nombreux évêques en France. Parmi eux on remarquera Mgr Barbarin, archevêque de Lyon, mais également Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon, et Mgr Aillet, évêque de Bayonne. ...

Une Marche contre l'euthanasie

Cette année, la Marche pour la Vie partira de la place de la Bastille, le 25 janvier, à partir de 13h30. Alors que la thématique de l'an dernier était axée sur le soutien à l'Espagne, qui réfléchissait à une possible restriction du recours à l'avortement, le thème principal de la Marche de 2015 sera l'opposition massive à l'euthanasie. Un débat aura lieu le 21 janvier à l'Assemblée nationale sur le sujet.

L'an passé, la Marche pour la vie avait rassemblé environ 40 000 personnes selon les organisateurs et 16 000 personnes selon la police.

Source : radionotredame.net

 

En soins palliatifs, les demandes d’euthanasie sont exceptionnelles

par Le Généraliste, 14.01.2015

On savait déjà qu’euthanasie et soins palliatifs allaient rarement ensemble. Une toute récente étude confirme que, dans les centres dédiés à l’accompagnement des mourants, les demandes d’en finir sont exceptionnelles. C’est en tout cas vrai pour la Maison Médicale Jeanne Garnier à Paris (81 lits de soins palliatifs). Cette enquête montre que dans cet établisssement de référence en la matière -objet d’un film documentaire et visité en 2013 par la ministre de la Santé- , les demandes d'euthanasie en unité de soins palliatifs tournent autour des 3% des patients.

En effet, sur 2157 patients pris en charge dans cette unité de soins palliatifs (USP) et pris en compte dans cette étude, 55 ont demandé une seule fois "l'euthanasie" au cours de leurs séjours, 4 ont exprimé à plusieurs reprises une demande aux médecins pour les aider à en finir, "mais cette demande a disparu dans le temps grâce au soulagement des symptômes", selon les auteurs; et finalement, seules 2 personnes ont formulé de façon réitérée une demande jusqu'à leur décès.

L’étude, publiée ce mois-ci dans la revue internationale BMC palliative care, en conclut donc que "les demandes d'euthanasie « persistantes » en USP sont donc très exceptionnelles," puisqu’elle ne concernent que 0,3% des patients. "La grande majorité de ces demandes disparaissent au cours de la prise en charge des patients, ce qui témoigne de l'importance majeure des soins et de l'accompagnement," soulignent les auteurs de l’étude, Frédéric Guirimand, Etienne Dubois, Lucy Laporte, Jean-François Richard et Danièle Leboul.

Source : legeneraliste.fr

En soins palliatifs, les demandes d’euthanasie sont exceptionnelles

14.01.2015
 
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  • En soins palliatifs, les demandes d’euthanasie sont exceptionnelles - 1
GARO/PHANIE Zoom
 

On savait déjà qu’euthanasie et soins palliatifs allaient rarement ensemble. Une toute récente étude confirme que, dans les centres dédiés à l’accompagnement des mourants, les demandes d’en finir sont exceptionnelles. C’est en tout cas vrai pour la Maison Médicale Jeanne Garnier à Paris (81 lits de soins palliatifs). Cette enquête montre que dans cet établisssement de référence en la matière -objet d’un film documentaire et visité en 2013 par la ministre de la Santé- , les demandes d'euthanasie en unité de soins palliatifs tournent autour des 3% des patients.

En effet, sur 2157 patients pris en charge dans cette unité de soins palliatifs (USP) et pris en compte dans cette étude, 55 ont demandé une seule fois "l'euthanasie" au cours de leurs séjours, 4 ont exprimé à plusieurs reprises une demande aux médecins pour les aider à en finir, "mais cette demande a disparu dans le temps grâce au soulagement des symptômes", selon les auteurs; et finalement, seules 2 personnes ont formulé de façon réitérée une demande jusqu'à leur décès.

L’étude, publiée ce mois-ci dans la revue internationale BMC palliative care, en conclut donc que "les demandes d'euthanasie « persistantes » en USP sont donc très exceptionnelles," puisqu’elle ne concernent que 0,3% des patients. "La grande majorité de ces demandes disparaissent au cours de la prise en charge des patients, ce qui témoigne de l'importance majeure des soins et de l'accompagnement," soulignent les auteurs de l’étude, Frédéric Guirimand, Etienne Dubois, Lucy Laporte, Jean-François Richard et Danièle Leboul.

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Euthanasie : "L'offre crée la demande"

La Belgique a autorisé l'euthanasie en 2002. Douze ans plus tard, de plus en plus de personnes obtiennent ce droit alors qu'elles ne sont pas en fin de vie.

par Violaine de Montclos, 15/01/2015

Frank Van Den Bleeken, détenu à perpétuité pour viols et assassinat, devait être euthanasié le 11 janvier. Jugé irresponsable de ses actes, il demandait à mourir en raison de souffrances psychologiques "insupportables", selon les termes de son avocat, Jos Vander Velpen. Une demande acceptée par le ministère de la Justice belge en septembre dernier.

Parce que son médecin a fait volte-face au dernier moment, parce que le gouvernement a finalement accepté son transfert dans un centre psychiatrique, transfert qu'il réclamait en vain depuis des années, cette mort n'a finalement pas eu lieu. Il s'en est fallu de peu. Et, pour la première fois dans ce pays que toute l'Europe observe car il est le seul, avec les Pays-Bas, à avoir légalisé l'euthanasie en 2002, l'opinion publique belge s'interroge sur une loi dont les conditions d'application ne cessent de s'assouplir. Entretien avec Étienne Montero*, doyen de la faculté de droit de Namur.

Le Point : Pour la première fois, la loi autorisant l'euthanasie, en Belgique, est critiquée. On a parlé, avec le cas Van Den Bleeken, de "peine de mort" inversée...

Étienne Montero : La mort de Frank Van Den Bleeken n'a pas eu lieu, mais à sa suite, 15 autres détenus ont déjà formulé une demande d'injection létale. Et on l'a oublié, mais en septembre 2012 un détenu psychiatrique de 48 ans a bel et bien été euthanasié... Notre pays a été condamné 14 fois par la Cour européenne des droits de l'homme parce que nous maintenons en prison, dans des conditions qui ne correspondent pas à leur état, des malades psychiatriques jugés irresponsables de leurs actes. Faute de soigner, on accepte d'euthanasier, et ces cas limites révèlent combien les barrières posées en 2002 ont sauté les unes après les autres.

Le nombre d'euthanasies a-t-il augmenté ?

De façon exponentielle, oui. En douze ans, il est passé de 199 à 1 454 décès par an. Et je ne parle là que des cas transmis par les médecins à la commission de contrôle, car les pouvoirs publics admettent qu'ils n'ont aucun moyen d'évaluer le nombre d'euthanasies réellement pratiquées, sans doute beaucoup plus important. Par ailleurs, en novembre 2014, l'euthanasie a été légalement ouverte aux mineurs, et ce, quel que soit leur âge...

Comment la légalité des injections létales est-elle contrôlée ?

Par une commission qui épluche les dossiers transmis par les médecins. Mais il s'agit d'un contrôle a posteriori, c'est-à-dire une fois que les gens sont déjà décédés, et la commission n'a à sa disposition que les renseignements que veut bien lui communiquer le médecin qui a fait l'injection. Tout est donc biaisé. D'ailleurs, en douze ans, aucun dossier n'a été transmis à la justice...

Un médecin, même un médecin généraliste, peut-il décider seul d'accéder à la demande du patient ?

Ce peut être le médecin de famille, oui, mais la loi l'oblige à demander un second avis. Le problème est que, pour faciliter la procédure, un réseau de médecins s'est mis en place -- l'EOF, End of Life doctors du côté francophone, ou LEIF en Flandre. Il s'agit de médecins formés à pratiquer l'euthanasie et auxquels la plupart du temps on fait appel pour ce second avis. Or ce sont des médecins acquis à la cause euthanasique, souvent membres de l'ADMD - Association pour le droit à mourir dans la dignité. Là encore, le contrôle éthique est biaisé...

Vous avez étudié attentivement les rapports rendus par la commission de contrôle depuis douze ans. Qu'en concluez-vous ?

La loi dit que, pour accéder à l'euthanasie, il faut faire état d'une pathologie grave et incurable, et d'une souffrance insupportable qui ne peut être soulagée. Mais ces deux conditions ne sont plus du tout interprétées aujourd'hui comme elles l'étaient en 2002. Aujourd'hui, par exemple, la commission admet les cas de pathologies multiples. Ce sont souvent des personnes âgées qui souffrent, par exemple, d'une vue qui baisse, de polyarthrite, de surdité, d'insuffisance rénale... Aucune de ces pathologies, certes incurables, n'est grave, mais on admet aujourd'hui que l'ensemble de ces pathologies liées à la vieillesse justifie la demande et les cas d'euthanasie de personnes souffrant des seules conséquences du grand âge se sont multipliés...

Et "la souffrance insupportable", n'est-ce pas là aussi un critère compliqué à évaluer ?

D'autant plus qu'on parle de souffrance physique mais aussi psychique... Et, là aussi, l'interprétation de la loi a évolué. En 2002, il n'était pas question d'euthanasier des dépressifs, des déments, des psychotiques. Aujourd'hui, on en euthanasie tous les ans. Or, quand l'euthanasie s'invite dans le domaine de la psychiatrie, c'est inquiétant, car la psychiatrie consiste précisément à faire retrouver l'élan vital aux patients qui l'ont perdu...

Il n'est donc pas indispensable, pour accéder à l'euthanasie, d'être bel et bien en fin de vie...

Pas du tout. De plus en plus de personnes demandent la mort, et l'obtiennent, alors que leur décès n'est nullement prévu à brève échéance. Est d'ailleurs apparue maintenant l'étonnante notion d'euthanasie préventive. Elle s'applique aux patients diagnostiqués Alzheimer qui demandent, encore lucides, l'injection létale avant de manifester les symptômes avancés de la maladie. Elle s'est appliquée au cas des frères Verbessem, des jumeaux sourds auxquels on avait diagnostiqué un glaucome, qui allaient à longue échéance devenir aveugles, et qui ont été euthanasiés en 2012... On demande, et on obtient la mort non parce qu'on souffre, mais parce qu'on a peur à l'idée de souffrir... Les pays qui s'interrogent sur une possible légalisation doivent avoir conscience que l'offre crée la demande. Lorsque l'euthanasie a été autorisée il y a douze ans en Belgique, elle était présentée comme une transgression éthique, une exception réservée aux situations extrêmes. Douze ans plus tard, son champ d'application s'est considérablement étendu.

* Auteur de Rendez-vous avec la mort. Dix ans d'euthanasie légale en Belgique, éditions Anthemis.

Source : lepoint.fr

 

 

France Inter, 25/12/2014

L'Archevêque de Lyon, Monseigneur Philippe Barbarin, était l'invité de 8h20 de Bruno Duvic. 

Ils évoquent ensemble le bilan 2014 de l'Eglise catholique et le sort des chrétiens d'Orient.

 

 

 

Source :  franceinter.fr

 

 

Royaume-Uni : le suicide assisté au secours du budget ?

Il n’y a pas de petites économies…

par Pierre Jovanovic, 10 novembre 2014 (extraits)

... Le lobby répondant au nom poétique et original de Dying in Dignity a annoncé vendredi 7 novembre que la majorité des membres de la Chambre des Lords approuvaient la proposition de loi sur la « mort assistée » (Assisted Dying Bill).

Déposé en juillet dernier par Lord Falconer, ancien Chancelier et ministre de la Justice travailliste, le texte vise à légaliser le suicide assisté pour les personnes atteintes d’une maladie irréversible, dont l’espérance de vie serait estimée à six mois. La proposition est soutenue par le Parti travailliste, le groupe de pression Diying in Dignity, et la National Secular Society, lobby athée militant.

La société britannique est très partagée sur ce texte, contrairement à l’indifférence qui prévalait pour le mariage homosexuel en 2013. « We’re relax, we play cricket ! », répondait le truculent leader du UKIP, Nigel Farage, lorsque des Français l’interrogeait sur l’absence de manifestations au Royaume-Uni sur les thèmes éthiques. Mais cette fois, le débat sur le suicide assisté a pris une tournure émotionnelle, inédite dans la culture locale. Pourquoi cette nouvelle donne ?

Comme en France, les partisans et les opposants regardent vers la Belgique et les Pays-Bas. Les Britanniques, qui ont toujours perçu ces deux pays comme leurs points d’appuis sur le continent, Napoléon et son admirateur Zemmour en savent quelque chose, suivent avec attention les évolutions de leurs législations. Or, le vote quasi-unanime du Parlement belge en faveur de l’euthanasie des enfants a été très mal perçu. L’argument-clé des opposants à la « mort assisté » dans sa version anglaise tient dans la crainte de dérives de ce genre.

En outre, un universitaire néerlandais spécialisé dans l’éthique médicale, le Professeur Theo Boer, de l’Université protestante de Groningen, est intervenu dans le débat : « ne faites pas notre erreur ! » Initialement favorable à l’euthanasie, légalisée en 2002 aux Pays-Bas, il a témoigné dans la presse britannique être effrayé par l’évolution d’une loi qu’il pensait être un moindre mal : de 2000 morts par sédation en 2006, le nombre d’euthanasies est passé à 6000 en 2014. « Quand le génie est sorti de la bouteille, il est impossible de le faire revenir », a-t-il prévenu, en mettant en garde de la partialité des fameux comités d’experts, mis en place pour surveiller les euthanasies, souvent noyautés par des partisans du mourir à tout prix.

Ces arguments semblent avoir porté. L’Église anglicane d’Etat a mobilisé ses fidèles, ainsi que l’Église catholique. Les évêques anglicans (dont 26 siègent à la Chambre des Lords, comme « Lords spirituels ») ont largement diffusé la lettre posthume du Révérend Christopher Jones. Ancien aumônier d’étudiants à Oxford, ce prêtre était atteint d’un cancer du cerveau en phase terminale, dont il est mort en 2012. Pressentant le débat sur le suicide assisté, il avait écrit une lettre dans laquelle il argumente son opposition à toute forme d’euthanasie : « L’interdiction du suicide assisté m’a été immensément utile pour ne pas le considérer comme une option, et pour me contraindre à répondre à ma situation par la créativité et l’espérance. (…) Mon expérience a renforcé ma conviction que la loi interdisant le suicide assisté est une digue essentielle contre des jugements bien-intentionnés, mais injustifiés, sur la valeur de la vie, et les velléités d’éliminer la souffrance. La souffrance est inacceptable, mais elle doit pouvoir être traitée par les soins palliatifs. »

Le Royaume-Uni n’a pas réellement mis au point un dispositif de soins palliatifs comparable à celui qui existe en France, et les partisans de la « mort assistée » font valoir que son coût économique serait trop lourd à supporter. Il n’y a pas de petites économies.  ...

Après la Chambre des Lords, la proposition de loi sur le suicide assisté doit passer par la Chambre des Communes, où elle a des chances d’être rejetée si les conservateurs s’y opposent dans leur majorité. Par contre, en cas de victoire travailliste à l’élection générale de mai 2015, le destin du texte sera certainement différent. ...

Source causeur.fr

 

 

Dénoncer la campagne de l’ADMD et la récupération du 2 novembre

 

L’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) utilise depuis plusieurs années la journée des défunts du 2 novembre comme moyen de publicité pour revendiquer la légalisation de l’euthanasie en France. C’est une récupération indigne d’un jour symbolique réservé à la vie intime des familles endeuillées, un jour de trêve à préserver de toute exploitation idéologique et politique.

La campagne de communication de l’ADMD est de plus centrée sur deux messages qui appellent la plus grande réserve : le prétendu caractère exemplaire des Pays-Bas et un sondage qui définit l’euthanasie d’une façon manipulatrice.

Le slogan « François, fais comme la Hollande » valorise le premier pays d’Europe à avoir légalisé l’euthanasie en 2001. Or les Français doivent savoir que les dérives aux Pays-Bas sont multiples et même aujourd’hui relevées par des partisans initiaux de cette législation. A titre d’exemple :

-          Le nombre officiel d’euthanasies a explosé depuis la mise en place de la loi, et il a encore  plus que doublé ces cinq dernières années (4 829 en 2013, contre 2 331 en 2008).

-          Le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU s’est inquiété dès 2009 de cette situation et a demandé instamment aux Pays-Bas de réviser sa législation.

-          Une « clinique de la mort » a ouvert en 2012 à l’initiative d’une association militant pour l’euthanasie, avec des « équipes volantes » chargées de mettre fin à la vie de personnes à domicile.

-          Les pressions ne cessent de se développer pour élargir les possibilités d’euthanasie aux personnes de plus de 70 ans « fatiguées de vivre ». Des pédiatres néerlandais réclament de pouvoir faire de même pour les  enfants âgés de moins de 12 ans (comme c’est déjà le cas en Belgique depuis une loi de mars 2014).

Le sondage « Le regard des Français sur la fin de vie », rendu public par l’ADMD le 29 octobre dernier, veut faire croire que nos compatriotes sont unanimes à vouloir légaliser l’euthanasie dans notre pays. Une telle unanimité (96%), plus que suspecte, repose sur une question piégée et manipulatrice* : comment pourrait-on accepter de supporter « l’insupportable » ? Les Français ne peuvent que répondre oui à une question qui les amène à choisir la solution « sans souffrance » pour mettre fin à des souffrances insupportables.

Pour éviter tant l’euthanasie que l’acharnement thérapeutique, les soins palliatifs doivent continuer à se déployer partout en France. Ils constituent la vraie réponse pour prendre soin d’une personne, la soulager de ses douleurs et l’accompagner avec humanité, sans porter atteinte à sa vie. C’est l’expérience dont témoigne régulièrement le service d’écoute SOS Fin de vie animé par Alliance VITA.

* Rappel de la question posée par l’IFOP : « Certaines personnes souffrant de maladies insupportables et incurables demandent parfois aux médecins une euthanasie, c’est-à-dire qu’on mette fin à leur vie, sans souffrance. Selon vous, la loi française devrait-elle autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de ces personnes atteintes de maladies insupportables et incurables, si elles le demandent ? »

Source alliancevita.org

 

 

Euthanasie : pas de consensus en France selon le Comité d'éthique

par Agnès Leclair, 23/10/2014

Accords et désaccords sur la fin de vie : le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) rend sa partition après deux ans de débats souvent houleux.

Le rapport du CCNE, sorti jeudi, fait la synthèse des travaux allant des préconisations de la mission Sicard de fin 2012 au point de vue du panel controversé de 18 citoyens en passant par les discussions organisées dans les espaces éthiques régionaux. En creux, le texte laisse entrevoir les possibles évolutions de la loi sur la fin de vie que François Hollande a promis de réviser.

• Le «scandale» du «mal mourir»

Le président du CCNE, Jean-Claude Ameisen, a dressé un constat très noir de la fin de vie en France et dénoncé un «scandale» du manque d'accès aux soins palliatifs. «80 % des personnes qui devraient y avoir accès n'y ont pas droit», a-t-il relevé. L'accompagnement des personnes âgées en amont de la fin de vie est particulièrement «défectueux», pointe le CCNE, avec la mort de 13.000 personnes de plus de 75 ans chaque année aux urgences. Ces soins palliatifs ne devraient pas être réservés aux dernières semaines de vie mais être mis en œuvre plus tôt, insiste le Comité qui réclame leur développement. Selon l'instance, les Français ont le sentiment que leur volonté n'est «pas respectée».

• Pas de consensus sur l'euthanasie et le suicide assisté

L'autorisation de l'assistance au suicide et de l'euthanasie suscite un «profond clivage» et donne lieu à des interprétations sémantiques variées, constate le rapport du Comité d'éthique. Dans un avis rendu en juin 2013, ce dernier avait déjà recommandé de ne pas les légaliser.

• Un droit à la sédation profonde

Un droit à une sédation profonde jusqu'au décès, en phase terminale ou lorsque la personne a décidé d'interrompre ses traitements, est une demande «très largement partagée» par les Français, a indiqué Jean-Claude Ameisen. Mais cette possibilité d'une injection d'un produit qui plonge le patient dans un sommeil profond soulève des interrogations et suscite des craintes. Comment ce droit à «être endormi» sera-t-il appliqué? S'agit-il d'accompagner la personne jusqu'à sa mort ou d'accélérer son décès? Il existe des définitions différentes de la sédation profonde, a reconnu le président du CCNE pour qui cette question «mérite d'être approfondie». «Tout dépend de l'usage que l'on en fait», note le Pr Régis Aubry, membre du CCNE, avant de reconnaître que la limite est parfois «très fine» et que certains y voient une forme d'euthanasie «hypocrite».

• Des directives anticipées contraignantes

Ces directives, qui permettent au malade de faire connaître ses souhaits sur les traitements qu'il accepte ou qu'il refuse s'il n'était plus en mesure de s'exprimer, ne sont actuellement pas contraignantes. «Elles doivent s'imposer aux médecins et aux soignants, sauf exception parce que la situation ne s'y prête pas», a insisté Jean-Claude Ameisen. «Elles doivent incarner une réflexion du malade sur son devenir, ce qui suppose un nouvel acte d'information approfondi de la part des soignants», précise le Pr Aubry.

• La procédure collégiale

À la suite de l'affaire Vincent Lambert, le rapport évoque la piste d'une véritable délibération collective au lieu d'une procédure collégiale «aboutissant à la décision du seul médecin» pour la prise en charge des personnes «hors d'état d'exprimer leur volonté» et «dans une phase avancée d'une affection grave et incurable». En clair, en absence de directives anticipées, l'avis des proches aurait dans ces cas autant de poids que celui du médecin. Un processus de médiation pourrait être engagé en cas de désaccord.

Source : lefigaro.fr

 

 

 

L'autre visage de l'euthanasie : les médecins hollandais tirent la sonnette d'alarme face au triplement du nombre de malades mentaux dont la vie a été abrégée


(suite)

L'euthanasie pour des personnes atteintes de troubles mentaux doit-elle être considérée différemment ?Tous les cas sont différents. Toutes les catégories sont particulières. Pourquoi ceux-ci ?Pourquoi ceux-là ? Des discussions infinies peuvent avoir lieu. Mais elles sont vaines à partir du moment où l’idée que nous nous faisons de la "dignité" passe par l’euthanasie. Qui pourrait alors restreindre le "droit à la dignité" ? Qui pourrait mesurer, définir ou préciser ces "souffrances insupportables" mise en avant ? Alors, cette alliance de la dignité par l’euthanasie, de la "souffrance insupportable" (de nature physique, sociale, psychologique, affective ?) et d’un "droit à l’euthanasie", nous fait entrer dans une logique implacable. Plus rien ne peut justifier que ce droit soit "permis" pour les uns et refusé aux autres. Il nous faut donc mesurer le double risque de l’euthanasie.Son autorisation de principe et son extension pratique à l’infinie. Les deux vont ensemble. Les deux se suivent  par un effet démocratique de lutte contre les "discriminations" - à savoir ce qui pourrait être refusé à certains à l’encontre du droit de tous les individus à avoir les mêmes droits. Et ceux qui pensent qu’il est possible d’accepter des "exceptions d’euthanasie" plutôt que l’euthanasie nous trompent. Ceux qui pensent qu’il faut accepter l’euthanasie avec un encadrement massif et des garde-fous puissant nous trompent. Ceux qui croient qu’il est possible de faire des expérimentations limitées, des tentatives restreintes nous trompent. Ils ne veulent pas prendre en considération la pente naturelle des droits qui détricotent sans cesse les corsets mis en place. Les pays étrangers nous le montrent : existe un inévitable effet "boule de neige" de l’euthanasie qui augmente les ayant-droits d’années en années.     
Où fixer la limite lorsqu'une personne n'est pas jugée en pleine possession de ses facultés mentales ? Qui peut juger et sur quels critères si une vie vaut la peine d'être vécue ?Toute la question est là, en effet surtout pour des personnes qui ne peuvent plus s’exprimer, n’ont plus "les idées claires" ou sont écrasés sous d’effrayantes angoisses. Soit nous considérons qu’il y a un droit à la différence, à la faiblesse, à la fragilité, aux capacités mentales altérées et qu’il nous faut faire avec. Que nous devons prendre soin d’elles et aménager des lieux réservés, des médecines adaptés. Soit nous considérons qu’il y a un "droit à l’euthanasie" qui s’instaure au dessus de tous les autres droits. Mais ce droit pourrait devenir une obligation, une manière sociale de juger si la vie "vaut la peine d’être vécue". A coté de l’euthanasie-liberté existe, pas très loin de la première, l’euthanasie-sociale,  quand le "cout" d’une personne handicapées devient excessif, quand une personne devient "à la charge" de tous – et que cette charge est très lourde.

Cette perspective est éloignée de nous et, en même temps, elle n’est pas loin de nos conceptions. Et s’il fallait trouver un récit emblématique de ce monde a-venir (pas forcément désirable), pensons au film : La Ballade de Narayama. Dans ce village reculé, au Japon, par solidarité (une sorte de solidarité inversée), les "vieux", au-delà de soixante-dix ans, doivent aller rejoindre la "montagne aux chênes" pour y mourir seuls. Ils sont devenus un "poids", une charge insupportable. Et la loi sociale impose cette sorte d’euthanasie programmée et obligatoire à laquelle personne ne doit se soustraire. Est-on en droit de penser que nous allons vers une ballade obligatoire vers le sommet de la montagne de Narayama ? Cette perspective est aujourd’hui impensable.

Mais tous ceux qui, sans toujours le savoir, militent pour une réduction de l’homme à son corps et du corps à une masse biologique sans âme, détricotent le monde commun – cette enveloppe invisible qui nous tient les uns aux autres et nous conforte dans une forte solidarité humaine.

Faut-il y pour autant en conclure qu'une pratique comme l'euthanasie est impossible à contrôler ?

Posons cette question autrement : s’il est possible de contrôler l’euthanasie, en circonscrire son champ d’application et les cas spécifiques où elle pourrait intervenir, est-il possible de restreindre, pour le futur, la conquête des droits toujours plus grande qui s’opère dans nos démocraties ? Autant je crois que les législateurs sont suffisamment intelligents pour poser un système d’euthanasie équilibré, autant je crois que personne ne peut garantir que la démocratie s’arrêtera là, qu’elle acceptera cet équilibre une fois pour toute. Nos démocraties sont travaillées par cette quête "du droit a avoir les mêmes droits que les autres", à n’être pas restreints dans ses droits propres. Et rien ni personne ne peut juguler ce tropisme égalitaire, cette quête-là.

Ainsi, il nous faut considérer que l’interdit de l’euthanasie est une position éthique, une frontière anthropologique, une frontière. Franchir cette frontière nous conduit dans des régions inconnues qui nous conduiront inévitablement là-même où nous ne voulons pas aller. Tenir cette frontière est la seule façon de "contrôler" l’euthanasie – en aménageant des pratiques en amont qui permettent d’aller jusqu’à "la mort douce" aménagée par les équipes médicales en concertation avec les familles.

Source : atlantico.fr

 

 

L'autre visage de l'euthanasie : les médecins hollandais tirent la sonnette d'alarme face au triplement du nombre de malades mentaux dont la vie a été abrégée

Entre 2007 et 2013, le nombre d'euthanasies aux Pays Bas a augmenté de 151% et le nombre d'euthanasies sur des personnes atteintes d'une maladie mentale a triplé entre 2012 et 2013. Un chiffre qui poussent les médecins à alerter l'opinion et nous interroge sur les limites du "droit à mourir".

par Damien Le Guay, 14 Octobre 2014

Atlantico : Aux Pays Bas en 2013, le nombre d'euthanasies sur des patients atteints d'une maladie mentale a triplé relativement à l'année précédente pour atteindre les 42. L'ensemble des morts par euthanasie aux Pays-Bas représente 3% des morts, soit une augmentation de 151% en 7 ans. Des médecins néerlandais ont d'ailleurs commencé à tirer la sonnette d'alarme. Ces données témoignent-elles selon vous d'une dérive de cette pratique ?

Damien Le Guay : Les statistiques sont toujours difficiles à établir en cette matière, surtout sur des chiffres aussi petits – à savoir 42 morts au lieu de 14 en 2012 qui souffriraient de "graves problèmes psychiatriques" et auraient eu recours à l’euthanasie en Hollande. Notons tout de même certaines évidences. Les Pays-Bas furent les premiers, en Europe, à avoir autorisé, en 2001, l’euthanasie et le suicide assisté. Le nombre d’euthanasie augmente d’année en année – même s’il ne dépasse pas les 3% des décès du pays.

Certains, pourtant s’alarment et craignent que le nombre d’euthanasie augmente d’une manière considérable.

Mais, en cette matière, il faut considérer deux changements de taille – même s’ils peuvent sembler accessoires pour les partisans de l’euthanasie. D’une part, quand l’euthanasie est acceptée, qu’elle est inscrite dans la loi, elle s’inscrit dans la palette des soins, dans cette relation entre le corps médical et les malades. Certes des garde-fous existent comme, au Pays-Bas, l’existence de "souffrance insupportable et sans perspective d’amélioration" dans le cadre "d’une maladie incurable" qui permettent d’enclencher, sous le contrôle du médecin (et avis d’un second médecin), un processus d’euthanasie. Mais, l’option euthanasique est là. Et plutôt que d’être extérieure à l’hôpital, à cette hospitalité médicale, elle est désormais "proposée" par les médecins eux-mêmes qui, jusqu’alors, faisaient tout pour lutter pour la vie et contre la mort- et non l’inverse. Tous ceux qui, en France, accompagnent et soignent des personnes en fin de vie disent que ce changement d’attitude est radicale – au sens où il s’inscrit dans la racine de la relation entre les médecins et les patients. C’est pour cela que les infirmiers et les médecins, en France, ne cessent de manifester leur opposition ferme quant à l’introduction de l’euthanasie dans notre arsenal législatif et donc dans leur arsenal de soins. Ils soulignent que cette possibilité est de nature à susciter la méfiance des patients, d’immenses craintes, une attitude plus restrictive à l’égard de ce qu’ils pourraient dire à leurs médecins.

Second changement : l’extension des "ayant-droits" à l’euthanasie. Nous avons vu cela au Pays-Bas. Nous le voyons en Belgique. Quand le principe est accepté, les parlements ne cessent, d’années en années, d’étendre les catégories capables d’y avoir recours. Au début de l’année, le parlement Belge vient d’autoriser les mineurs, sans limite d’âge, à demander l’euthanasie. Quand la limite est franchie, un processus de libéralisation des procédures se met en place. Il semble même impossible de fixer de nouvelles limites, tant elles sont repoussées sans cesse, comme s’il était impensable de justifier des "exclusions" au bénéfice de l’euthanasie. Nous passons alors d’un principe d’exceptions limités à une sorte de course effrénée à l’universalité d’un "droit à mourir". 

A suivre...
Source : atlantico.fr

 

[CANADA] Campagne catholique «pour les soins palliatifs et contre l’euthanasie»

par Mario Bard et Philippe Vaillancourt, 09/102014

L’Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF), lance une campagne « pour les soins palliatifs et contre l’euthanasie ». Soutenue par la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), cette campagne sur le web cherche à « provoquer le réveil chez les personnes », indique Michèle Boulva, directrice de l’organisme.« Je crois qu’à l’heure actuelle, il y a encore beaucoup de personnes qui sont inconscientes que la loi sur la fin de vie a été adoptée [au Québec] », explique-t-elle. « J’ai parlé à un médecin il y a quelques semaines qui n’était pas au courant. Peut-être qu’un de tes patients va te demander de mourir bientôt : qu’est-ce tu vas faire? », lance-t-elle en bravade.La campagne vise d’abord les catholiques. « Il y a un travail énorme pour faire comprendre aux laïcs leur rôle dans le monde, et l’un de ceux-là, c’est certainement d’intervenir dans les débats publics qui vont être si importants pour leur avenir », soutient la directrice.Elle estime également qu’il existe toujours une « confusion » au sujet des termes et de la loi adoptée par l’Assemblée nationale du Québec le printemps dernier. « Contrairement à ce que dit madame Véronique Hivon – instigatrice du projet de loi – et tous ceux qui ont fièrement adopté cette loi, les gens ne sont pas conscients de ce qu’est l’aide médicale à mourir. Il s’agit de la définition de l’euthanasie », affirme-t-elle.« Il faut que les catholiques entendent l’appel du pape François à prendre soin des autres, à s’occuper des autres, à accueillir et accompagner l’autre dans ses souffrances. La compassion, ce n’est pas d’éliminer l’autre », s’insurge-t-elle.L’OCVF veut également donner de la formation au sujet de ce que l’Église enseigne sur le sujet.Un défi plus large pour l’Église catholique

Elle reconnait que plusieurs catholiques ne partagent pas nécessairement le point de vue de l’Église sur cette question. « Que les baptisés réagissent comme des non-baptisés, je crois qu’il y a une question à se poser sur la qualité de notre évangélisation auprès des baptisés. On a beaucoup catéchisé les gens, mais je ne sais pas si on les a évangélisés », questionne-t-elle.« Ça serait jouer à l’autruche que de ne pas se rendre compte que, pour des raisons que je n’analyserai pas ici, nous sommes dans une situation semblable à celle des premiers chrétiens », indique Michèle Boulva. « Nous sommes les premiers chrétiens du 3e millénaire et je crois qu’il va falloir, de toute urgence, regarder ce qu’ils ont fait pour évangéliser et christianiser la société païenne dans laquelle ils vivaient », estime-t-elle.Enfin, elle insiste fortement sur la lecture de l’exhortation apostolique du pape François, Evangelii Gaudium, un texte « extrêmement interpellant pour la situation dans laquelle on est », considère la directrice.Appui de la conférence épiscopale

Le président de la CECC, Paul-André Durocher, a tenu à souligner l’aspect « positif » de cette campagne. Interrogé à ce sujet à l’issu de l’assemblée plénière de la conférence épiscopale à la fin du mois de septembre, il souhaite qu’elle soit davantage l’occasion d’éduquer que de condamner.« L’OCVF a notre appui. C’est une campagne positive de formation des catholiques sur les soins palliatifs. On veut que tous comprennent bien ce que propose l’Église. Cela s’accompagne d’un engagement des catholiques face à la souffrance et la mort, un engagement particulièrement important au Québec », ajoute-t-il.Au Québec, le projet de loi 52 sur les soins à prodiguer en fin de vie a été adopté au début de l’été. L’épiscopat québécois a dénoncé le projet à plusieurs reprises au cours des dernières années, sans parvenir à influencer fortement les décideurs politiques.

Mario Bard et Philippe Vaillancourt

Source : radiovm.com

 

 

Non, l'euthanasie n'est pas "catho-compatible" !

par Louise Tudy, 24/09/2014

Cyril Douillet, rédacteur-en-chef de la revue Ombres et lumière, s'inquiète de la parution d'un ouvrage au titre racoleur (Médecin catholique, pourquoi je pratique l'euthanasie), qui a donné lieu à quelques recensions bienveillantes dans la presse dite chrétienne. Son article, paru dans les Cahier libres, s'achève ainsi :

"Si l’on doit éviter de juger la personne, un jugement sévère s’impose sur cet ouvrage qui sonne comme un plaidoyer, une justification.  Parce qu’il laisse entendre que l’euthanasie est compatible avec la médecine ( !), avec les soins palliatifs (!!), et avec la foi chrétienne (!!!), ce livre peut faire beaucoup de mal parmi le public chrétien, auquel, de toute évidence, il est destiné. Il risque de semer le doute, de créer la division, d’abaisser la vigilance, voire de faire basculer des hommes de bonne volonté qui se laisseront séduire par la « sincérité » de l’auteur, l’oscillation permanente entre la transgression et la bienveillance, les exemples parfois poignants, les réflexions pertinentes, les références spirituelles.

En même temps, parce qu’il est un témoignage parvenu d’un pays où l’interdit a sauté [ndlt : la Belgique], il offre une édifiante démonstration des conséquences morales de la légalisation de l’euthanasie dans une société, y compris dans ses sphères les plus immunisées en apparence contre ce poison. De toute évidence, l’euthanasie légale pervertit la dynamique d’accompagnement de la fin de vie ; elle encourage la toute-puissance médicale ; elle pousse les professionnels et les familles à des compromissions terribles ; elle accoutume insidieusement à la barbarie. Tout cela a de quoi, en France, nous mobiliser avec la plus grande énergie contre toute évolution comparable de la loi, et pour d’authentiques soins palliatifs. C’est peut-être le seul mérite de ce livre."

Plutôt que la lecture de cet ouvrage, on recommandera plutôt la (re)lecture de la lettre encyclique de Saint Jean-Paul II, Evangelium Vitae (§ 65 et suivants). Notamment (§ 66) :

"Partager l'intention suicidaire d'une autre personne et l'aider à la réaliser, par ce qu'on appelle le « suicide assisté », signifie que l'on se fait collaborateur, et parfois soi-même acteur, d'une injustice qui ne peut jamais être justifiée, même si cela répond à une demande. « Il n'est jamais licite — écrit saint Augustin avec une surprenante actualité — de tuer un autre, même s'il le voulait, et plus encore s'il le demandait parce que, suspendu entre la vie et la mort, il supplie d'être aidé à libérer son âme qui lutte contre les liens du corps et désire s'en détacher; même si le malade n'était plus en état de vivre cela n'est pas licite ». Alors même que le motif n'est pas le refus égoïste de porter la charge de l'existence de celui qui souffre, on doit dire de l'euthanasie qu'elle est une fausse pitié, et plus encore une inquiétante « perversion » de la pitié: en effet, la vraie « compassion » rend solidaire de la souffrance d'autrui, mais elle ne supprime pas celui dont on ne peut supporter la souffrance. Le geste de l'euthanasie paraît d'autant plus une perversion qu'il est accompli par ceux qui — comme la famille — devraient assister leur proche avec patience et avec amour, ou par ceux qui, en raison de leur profession, comme les médecins, devraient précisément soigner le malade même dans les conditions de fin de vie les plus pénibles."

Source : lesalonbeige.blogspot.com

 

 

Euthanasie : la Belgique rétablit la peine de mort…à la demande

Un détenu belge, criminel sexuel en grande fragilité psychique, demande à mourir. La Justice le lui accorde. Il sera donc extrait de sa cellule pour être euthanasié…

par Philippe Oswald, 16/09/2014

Cela se passe au cœur de l’Europe, au XXI siècle (précision utile, parce qu’on a déjà vu des choses semblables se passer dans un pays voisin, soixante-dix ans plus tôt). Frank Van Den Bleeken, 52 ans, détenu depuis près de 30 ans dans le centre psychiatrique d'une prison située près d'Anvers pour divers crimes sexuels dont le viol et le meurtre d'une étudiante de 19 ans, demande à être tué depuis trois ans, évoquant « une souffrance psychique insupportable » selon la formule de la loi belge sur l’euthanasie (RTL).

Après diverses procédures, la Justice belge vient d’accéder à sa requête. Il sera donc transféré dans un hôpital du pays pendant 48 heures « pour faire ses adieux à sa famille » avant d'être euthanasié par un médecin (20 minutes).

Ainsi un prisonnier qui déclare « être un danger pour la société » peut être exécuté à la faveur de la loi autorisant l’euthanasie en Belgique. Pour être volontaire (mais au fait, un malade psychique a-t-il le discernement requis par la loi elle-même ?), ce n’en est pas moins la peine de mort que la paisible et pacifique Belgique vient de rétablir dans le sillage de la légalisation de l’euthanasie. C’est ce que Mme Jacqueline Herremans, présidente belge de l'Association pour le droit de Mourir dans la Dignité, appelle « la solution de moindre mal» (Le Figaro). « Solution », n’était-ce pas déjà le mot qu’on employait il y a soixante-dix ans dans ce pays voisin de la Belgique pour en finir avec beaucoup de personnes jugées inutiles ou nuisibles ?

La Belgique a ouvert la boîte de Pandore en autorisant l'euthanasie en 2002. On y enregistre actuellement 5 euthanasies par jour. Et l’escalade se poursuit : en février dernier, la Belgique est devenue le premier pays au monde où l’on peut euthanasier des enfants. Mais ce n’est pas encore assez pour les activistes du « droit à mourir » : la Société belge de soins intensifs réclame l'autorisation de l'euthanasie « non demandée » (une démarche logique, puisqu’on l’applique déjà aux enfants). Et il ne s’agit plus de mettre un terme à des souffrances jugées insupportables : « Raccourcir le processus de fin de vie par l'usage de médicaments comme les agents analgésiques/sédatifs peut parfois être approprié même en l'absence d'inconfort » peut-on lire dans un document publié par cette association en mai dernier (Aleteia).

En attendant, Frank Van Den Bleeken fait des émules : 15 autres détenus demandent à être euthanasiés !  (Le Vif). Qu'importe s'il n'y a plus de bourreaux : des médecins feront le job...Mais la Justice belge aura-t-elle la largesse de leur accorder...cet élargissement, cette grande évasion ? Et si demain, Mehdi Nemmouche, le tueur du Musée juif de Bruxelles, demandait lui aussi à être exécuté au nom de ses « souffrances psychiques » ? Comme le disait le regretté Pierre Dac : « Quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites »...

Source : aleteia.org

 

 

Euthanasie : une plainte contre la Belgique devant la CEDH

par Génèthique, 05/09/2014

Le 20 avril dernier, M. Tom Mortier apprenait qu'une injection létale avait été administrée à sa mère, à l'hôpital universitaire néerlandophone UZ Brussel. La patiente souffrait d'une dépression chronique. L'euthanasie a été pratiquée par le Dr Wim Distelmans, médecin et président de la commission de contrôle de l'euthanasie en Belgique.

L'affaire se poursuit aujourd'hui devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). L'Alliance Defending Freedom (ADF) vient en effet d'annoncer qu'une requête a été déposée devant la CEDH par M. Tom Mortier, le fils. Ce dernier n'a en effet été avisé du décès de sa mère que le lendemain, au cours d'une conversation téléphonique. Il dépose donc un recours pour violation des

"des articles 2 (droit à la vie), 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) et 13 (droit à un recours effectif) de la Convention européenne des droits de l'homme".

Il allègue notamment que le Législateur belge est allé beaucoup trop loin, entre autres en ce que la Loi relative à l’euthanasie fait prévaloir de manière excessive et déraisonnable l’autonomie personnelle sur l’intérêt public supérieur protégé par le droit à la vie.

(Source : http://www.adfmedia.org/News/PRDetail/9291)

Source : genethique.org et ieb-eib.org

 

 

L'euthanasie dans l'Allemagne hitlérienne: le prélude de la «solution finale»

par Laurent Ribadeau Dumas, 02/09/2014

L’Allemagne inaugure le 2 septembre 2014 à Berlin un monument consacré aux victimes des crimes d’euthanasie commis par le régime hitlérien. Le programme d’euthanasie de ce dernier, qui entendait supprimer «des vies indignes d’être vécues», a fait plusieurs centaines de milliers de victimes : handicapés, malades mentaux, personnes âgées… Des massacres qui ont précédé et testé la «solution finale».

Le 1er septembre 1939, Adolf Hitler signe un décret autorisant le lancement du programme T4 (abréviation renvoyant à l’adresse de l’organisation qui s’en occupe, installée au Tiergartenstrasse 4 à Berlin). L’opération est évidemment classée secret d’Etat. T4 étant un euphémisme, habituel chez les nazis, pour masquer la réalité d’un programme d’euthanasie, en clair l’extermination systématique des handicapés physiques et mentaux, enfants et adultes placés dans des institutions. Une opération en lien avec l’orientation idéologique d’un régime qui entend favoriser la «pureté» de la «race aryenne» par la «suppression de vies indignes d’être vécues» (expression citée par Léon Poliakov).

Campagne de stérilisation massive

Dès juin 1933, moins de six mois après l’installation du pouvoir national-socialiste avait été publiée une loi «sur la prévention des maladies héréditaires chez les enfants». Un texte qui indique clairement la position eugénique (sélection des êtres humains) du nouveau pouvoir, dont on trouve des échos ailleurs en Europe dans la première moitié du XXe siècle. Objectif, selon les mots d’Hitler lui-même : améliorer «la race et la santé du peuple, jusqu’à la création de l’homme nouveau».
 
Dans la foulée de ce texte a été organisée une vaste action de stérilisation massive de personnes souffrant de troubles mentaux, des handicapés physiques, «voire des sourds ou des aveugles héréditaires» (selon le site atlantico.fr). Selon des estimations publiées par le journal allemand Focus, entre 360.000 et 400.000 personnes auraient ainsi été stérilisées de force. 6000 seraient mortes des suites de complications pendant l’intervention elle-même.
 
En juillet 1939, le régime nazi franchit un pas supplémentaire dans son entreprise eugénique en décidant le programme d’euthanasie T4. Lequel est suivi par le chef de la chancellerie personnelle du Führer et son médecin particulier. «Plusieurs psychiatres allemands de renom» apportent au T4 «un soutien actif et enthousiaste», observe Léon Poliakov, pionnier de l’histoire de la Shoah.

Des commissions de médecins «sélectionnent» alors des enfants et des adultes «anormaux» en se fondant souvent sur les dossiers des patients. Sont choisis «ceux qui ne peuvent plus travailler et qui ne présentent plus d’utilité pour la société», selon une terminologie rapportée par Focus. Les victimes «furent rapidement transférées d’un établissement à l’autre, afin de rendre plus difficiles les recherches de proches inquiets», raconte Le Monde Diplomatique.
 
Premiers gazages
Dans le cadre du programme T4, six installations de gazage, présentées comme des sanatoriums, sont mises en place. «On annonçait aux victimes qu'elles allaient faire l'objet d'une évaluation physique et qu'elles allaient prendre une douche désinfectante. Au lieu de cela, elles étaient tuées dans des chambres à gaz avec du monoxyde de carbone pur», rapporte le site de l’United States Holocaust Memorial Museum (USHMM). Par la suite, les corps sont incinérés. Des urnes sont ensuite envoyées aux familles avec un certificat de décès donnant une cause et une date fictives.

Résultat : de janvier 1940 à août 1941, quelque 70.000 personnes furent assassinées dans le cadre de T4, selon les chiffres de l’administration hitlérienne (cités par Poliakov) elle-même. «Le nombre de victimes correspondait à peu près (…) à l’objectif fixé par les organisateurs en 1939 : un patient d’hôpital psychiatrique sur dix devaient être ‘‘saisi par l’action’’, soit au total 65.000 à 70.000 personnes. Et les statisticiens calculèrent même les économies ainsi réalisées en matière de logements, de vêtements et d’alimentation – jusqu’en 1951 ! Sans compter le personnel ‘‘libéré’’ pour d’autres tâches, les places disponibles pour des malades curables, les asiles transformés en hôpitaux…», selon Le Monde Diplomatique. Bel exemple de cynisme nazi.

Protestations

Mais les décès étant nombreux, l’affaire finit par s’ébruiter. «En été 1941, l’évêque de Limbourg (ouest) avertissait le ministère de la Justice que ‘‘les enfants quand ils se disputent, se disent : ‘Tu es fou, on t’enverra aux ‘fours de Hadamar’  (un des six centres d’euthanasie), rapporte Léon Poliakov… Il faut voir que «les familles touchées par les avis de décès, agitées de soupçons, les communiquaient à leur entourage. Les transports collectifs de malades (…) ne pouvaient rester inaperçus, et soulevaient l’émotion populaire», constate l’historien. 

Un élément qui vient ainsi contredire une enquête officielle d’avril 1941 (citée par Le Monde Diplomatique). Si l’on en croit cette dernière, l’opinion semblait en phase avec ses dirigeants : «80%» des proches de malades mentaux assassinés «sont d’accord, 10% protestent et 10% sont indifférents».

Chose inouïe dans la société allemande de l’époque, on va assister à des mouvements de protestation spontanés. Ainsi, un rapport, en date de février 1941, émanant d’un responsable local (et cité par Léon Poliakov), signale que lors du transfert, à Erlangen (sud-est), de 57 pensionnaires d’un asile, «des spectateurs s’amassèrent en grand nombre, le chargement s’étant effectué dans la rue et non pas dans la cour de l’asile».

«Des scènes sauvages se seraient (alors) produites, car une partie des pensionnaires n’est pas montée volontairement, et les infirmiers ont dû faire usage de force», poursuit le document. Lequel précise qu’au cours de cet évènement, «des gens se sont laissé entraîner à des critiques de l’Etat national-socialiste». Et d’ajouter que «même des membres du parti se sont laissés aller jusqu’à pleurer avec les autres assistants»

Cette émotion populaire facilite la «prise de position intraitable adoptée par les Eglises catholique et protestante», relève Léon Poliakov. Le 19 juillet 1940, le pasteur protestant Theophil Wurm écrit ainsi un courrier au ministre de l’Intérieur, Wilhelm Frick. Et le 3 août 1941, l’évêque catholique de Münster, Clemens August von Galen, dénonce publiquement en chaire les assassinats, rappelant la parole de l’Evangile : «Tu ne tueras point».

Quelques semaines plus tard, Hitler ordonne la fin du programme. Face «à une opposition spontanée et à des résistances délibérées, il se sentit contraint à faire machine arrière», estime Léon Poliakov. Même si le problème est éminemment complexe, voilà qui pose quelques questions sur l’attitude ultérieure du peuple allemand face à la Shoah…

Meurtres jusqu’à la fin de la guerre

L’ordre du Führer ne signe pas pour autant la fin des actions d’euthanasie. Dès août 1942, les assassinats reprennent. Et ce jusqu’aux tout derniers jours de la guerre. Mais cette fois, ils seront menées de manière plus discrète. Le mode opératoire a changé : les victimes sont tuées «par injection mortelle ou surdose de drogue administrée dans un certain nombre de cliniques à travers l’Allemagne et l’Autriche» (site du USHMM), donc de manière plus décentralisée. Dans le même temps, ces institutions affament systématiquement leurs pensionnaires. En tout, entre 1939 et 1945, entre 250.000 et 300.000 personnes auraient ainsi été assassinées, estiment les historiens.

Par rapport aux actions de l’époque 39-41, l’éventail des victimes s’est élargi notamment aux patients en gériatrie. On observe d’ailleurs qu’au printemps 1944, les autorités nazies demandent des rapports sur «l’état de l’opinion concernant une question très spéciale : la rumeur (courant) d’un bout à l’autre de l’Allemagne à propos de la mise à mort prématurée des personnes âgées», raconte Le Monde Diplomatique. Une manière de sonder le pouls de l’opinion, et de «mesurer les frontières du faisable». En clair, il s’agit de voir si l’euthanasie des personnes âgées serait acceptée par les Allemands, permettant ainsi de franchir une nouvelle étape en matière d’euthanasie.

Quoiqu’il en soit, ces différentes actions ont permis de tester la mise en œuvre de la «solution finale». Les spécialistes qui intervinrent dans le cadre de T4 utilisèrent leur «expérience» dans les camps d’extermination. «La technique d’une extermination efficace et discrète (…) a été mise au point, au stade du laboratoire, par des médecins et des savants allemands, avant d’être appliquée en grand et au stade industriel par la SS de Himmler», observe Léon Poliakov. Et de poursuivre : «Les malades mentaux d’Allemagne ont (ainsi) fait office de banc d’essai pour les Juifs d’Europe».

Source : geopolis.francetvinfo.fr

 

 

Pays-Bas : la clinique de fin de vie “réprimandée” (un peu)

par Jeanne Smits, 27/08/2014

La clinique de fin de vie mise en place par l’Association pour le droit de choisir sa mort (NVVE) vient d’être réprimandée pour la deuxième fois en quatre mois pour avoir procuré l’euthanasie sans respecter les conditions fixées par la loi néerlandaise. La commission régionale d’évaluation des euthanasies, chargée de vérifier a posteriori la conformité de chaque euthanasie qui lui est déclarée, a jugé que la clinique a passé les limites en mettant fin à la vie d’une femme âgée pour la simple raison qu’elle ne voulait pas séjourner dans un établissement de soins.

La première évaluation défavorable avait eu lieu en avril au motif que le médecin mandaté par la clinique auprès d’une femme souffrant d’une maladie psychiatrique n’avait pas suffisamment discuté avec elle. La clinique a plus de 250 euthanasies à son actif.

Dans l’affaire présente la victime est une octogénaire qui a subi il y a dix-huit mois une hémorragie cérébrale : depuis lors elle ne pouvait plus communiquer et elle avait perdu son autonomie. La femme avait signé un testament de fin de vie il y a vingt ans, affirmant que si sa santé la conduisait à devoir entrer durablement dans un établissement de soins, elle préférait être euthanasiée. Chose qu’elle avait confirmée oralement à son médecin il y a un an et demi – peu avant son accident cérébral, donc.

Le médecin de famille n’a pas voulu donner suite à cette demande ancienne, reformulée par les enfants de sa patiente. Ceux-ci se sont retournés vers la Clinique de fin de vie, dont le préposé allait cependant constater qu’il n’était pas question chez cette femme de « souffrances insupportables » : une condition légale de dépénalisation de l’euthanasie. Le médecin avait en fait la volonté d’honorer le désir d’euthanasie de cette femme qu’il n’avait jamais soignée ni connue.

On interrogea un médecin « SCEN » – ce sont les médecins mandatés par les commissions d’évaluation pour assister les médecins de familles face aux demandes d’euthanasie – ainsi que l’exige la loi ; celui-ci conclut à la souffrance insupportable. Tout simplement parce qu’au cours de sa visite la femme proféra un juron à peine édulcoré et qu’elle lui fit l’impression d’être « frustrée ». Elle répétait les mots : « Peux pas » et prenait sa tête dans ses mains. « Dans ses yeux, le médecin a clairement vu son désespoir et son état de tristesse. »

Il est frappant de noter la raison pour laquelle la commission a tout de même conclu à la non conformité de l’euthanasie. Ce n’est pas parce que le testament datait de plus de vingt ans, ni parce que la femme était incapable d’exprimer sa volonté – un fait que la majorité des médecins néerlandais retiennent comme empêchant de pratiquer l’euthanasie.

Non : c’est parce que le médecin SCEN n’a fondé sa décision que sur le fait de la « souffrance insupportable » qui aurait résulté de l’entrée dans un établissement de soins. Le motif était « insuffisant » parce que la femme y laissait apparaître une « image changeante » : en général, selon le personnel de la maison de soins, elle était « laissait une « impression de calme et d’amabilité ».

L’affaire a été transmise au ministère public qui va décider s’il y a lieu de poursuivre le médecin de la clinique de fin de vie. Ce serait la première fois depuis l’entrée en vigueur de la loi sur l’euthanasie en 2002.

Source : lebogdejeannesmits.blogspot.fr

 

 

Aide à mourir : à chaque médecin de «suivre sa conscience»

par La Presse Canadienne, 19/08/2014

Les expériences de première main de médecins d'un océan à l'autre ont brossé un portrait d'une insuffisance des soins palliatifs disponibles, une crise qui couve alors que la génération des baby-boomers entre dans le troisième âge.

 

Des médecins canadiens ont voté largement - à 90% - en faveur d'une résolution consultative qui soutient «le droit de tous les médecins, dans les limites des lois existantes, de suivre leur conscience lorsque vient le temps de décider d'offrir une aide médicale à mourir».

Le vote s'est tenu au cours de l'Assemblée annuelle de l'Association médicale canadienne, à Ottawa, alors que les membres ont discuté mardi de la pertinence de réviser la politique actuelle de l'organisme sur l'euthanasie et le suicide assisté.

Les médecins ont fait la file pour partager leurs opinions sur les conditions de fin de vie alors que la population canadienne vieillit.

Les échanges ont suivi la présentation vidéo d'une série d'assemblées publiques menées à travers le pays plus tôt cette année, qui montraient des aînés et des malades plaidant pour de meilleurs soins palliatifs - ou pour le droit de mourir au moment choisi.

Certains médecins ont laissé entendre que les Canadiens ne réclameraient pas autant les pratiques d'euthanasie et de suicide assisté si la qualité et la disponibilité des soins palliatifs étaient grandement améliorées au Canada.

Les expériences de première main de médecins d'un océan à l'autre ont brossé un portrait d'une insuffisance des soins palliatifs disponibles, une crise qui couve alors que la génération des baby-boomers entre dans le troisième âge.

«À l'avant-plan des discussions est le manque désespérant de services de soins palliatifs», a exprimé John Haggie, un médecin de Terre-Neuve-et-Labrador, lors de la conférence.

Une autre a exhorté les médecins de famille à commencer à s'investir dans les soins de fin de vie, disant que le fardeau ne devrait pas incomber aux spécialistes alors que leurs patients de longue date vieillissent et font face à des maladies mettant leur vie en danger.

«Les soins palliatifs sont devenus un service spécialisé dans la plupart des secteurs du pays, et nous devons, en tant que médecins de famille, reprendre les soins de fin de vie dans nos pratiques», a dit Suzanne Strasberg, médecin de Toronto, sous les applaudissements.

Source : lapresse.ca

 

 

Pays-Bas : un centre de soins pour comateux âgés ?

par Jeanne Smits, 14/08/2014

Eh bien, il n’y en a pas, aux Pays-Bas, de centre d’accueil et de soins pour les patients dans le coma âgés de plus de 25 ans. Ce sont les directives officielles : au-delà, on ne fait plus de réhabilitation. Cela ne servirait à rien, dit-on, en serrant le portefeuille de l’assurance maladie.

L’association « Zorgen na Coma » (soigner après un coma) s’en émeut et vient de réclamer la création d’un Centre Coma aux Pays-Bas, comme il en existe un à Liège. Il permettrait d’accueillir non seulement les jeunes dans de meilleures conditions, mais aussi les « vieux » de 25 ans et plus.

Ce sont les proches de ces personnes plus âgées qui militent pour un meilleur accueil, sachant que chaque année, quelque 50 à 75 personnes en état végétatif persistant ou en état de conscience minimale se voient refuser le remboursement des soins de réhabilitation au motif de leur âge. Accueillis et soignés par leurs familles ou placés dans des institutions où ils ne reçoivent aucune forme de stimulations, ils sont exclus des soins qui pourraient les faire progresser. Les plus chanceux – ceux dont l’assureur prend en charge des traitements à l’étranger – se rendent en Belgique ; mais ils ne sont pas nombreux.

On pense bien sûr à Vincent Lambert.

Cela éclaire la remarque faite par un chef de service de réanimation m’expliquant que les discussions autour de la survie des « pauci-relationnels » paraîtraient totalement absurdes aux Pays-Bas où l’on ne pose même plus cette question.

Mais des élus la porteront devant la Deuxième chambre.

Source : riposte-catholique.fr

 

 

Non à l'euthanasie !

Une pétition contre l'euthanasie lancée par la communauté Pro-Vie :

Nous, citoyens français, déclarons avec force et solennité que toute vie vaut la peine d'être vécue. Nous sommes scandalisés par le mépris que manifestent trop de politiciens et trop de journalistes pour la vie de vieillards ou d'handicapés.

La vieillesse, le handicap ou la maladie ne peuvent jamais faire qu'une personne humaine mérite d'être considérée - comme, naguère, par les totalitarismes - comme un "sous-homme".

Il n'est pas admissible que, sous couvert de lutte contre la souffrance, la dignité humaine soit ainsi violée et bafouée. Nous refusons tout droit au pouvoir politique ou à quiconque de traiter une personne en sous-homme.

Toute vie mérite d'être vécue. Tout homme a droit au respect de sa dignité

Vous savez peut-être que le principal lobby pro-mort, l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (sic!), affirme que plus de 40 000 personnes lui ont envoyé une directive demandant l'euthanasie.

Soyons au moins autant à déclarer que nous choisissons la vie !

L'équipe du Salon Beige

Source : provie.eu

 

 

Euthanasie et suicide assisté: le Code criminel a préséance

par Hugo de Grandpré, La Presse, 15/07/2014, extraits

(OTTAWA) Les règles sur l'euthanasie et le suicide assisté du Code criminel ont préséance sur les règles provinciales, affirme le procureur général du Canada dans un mémoire déposé à la Cour suprême.

Cette position, formulée dans le cadre de l'affaire Carter de la Colombie-Britannique, pourrait avoir des répercussions au Québec, dans la foulée de l'adoption du projet de loi sur la mort dans la dignité.

Le gouvernement québécois estime en effet que ces nouvelles règles, qui permettent l'aide au suicide dans certaines circonstances, sont constitutionnelles, puisqu'elles ont été adoptées dans le cadre de ses compétences en matière de santé.

Une loi provinciale qui contredirait les dispositions criminelles «frustrerait l'objectif du fédéral de créer une interdiction absolue», peut-on lire dans le document.

«Une interdiction absolue envoie le message que toutes les vies sont importantes et dignes d'être protégées de ceux qui voudraient subtilement encourager les gens vulnérables à mettre fin à la leur», a tranché le procureur général du Canada.

Cette position rejoint celle du ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, qui a mis les médecins québécois en garde contre la violation du droit criminel, au lendemain de l'adoption du projet de loi 52 à Québec.

Le ministre MacKay a indiqué qu'il songeait à contester la constitutionnalité de cette réforme devant les tribunaux. Mais il pourrait attendre la décision de la Cour suprême dans l'affaire Carter pour décider de la suite des choses. À noter que le mémoire du gouvernement fédéral ne mentionne pas la loi québécoise. ...

Source : lapresse.ca

 

 

ROYAUME-UNI • Non au suicide assisté !

dans le Daily Mail, 10/07/2014

Faut-il légaliser le suicide assisté au Royaume-Uni ? Sans équivoque, le Daily Mail se prononce contre, en amont de la deuxième lecture d’un projet de loi par la Chambre des lords, à l'agenda le 18 juillet. "Ne faites pas la même erreur que nous !" titre le tabloïd conservateur, en citant le Pr Theo de Boer, un universitaire néerlandais. Défenseur fervent de la loi sur l’euthanasie votée aux Pays-Bas en 2002, le Pr a complètement changé de cap depuis. "Ne faites pas la même chose en Grande-Bretagne", aurait-il dit récemment à des députés britanniques.

De Boer regrette la multiplication des cas de suicide assisté dans son pays depuis la législation – estimés à 6 000 en 2014, soit le double qu'en 2008 – et regrette que l’euthanasie concerne de plus en plus de catégories de malades, y compris les personnes atteintes de démence et de dépression. "Légaliser le suicide assisté est une pente glissante vers une pratique généralisée de meurtres de personnes malades", conclut le tabloïd.

Dans son éditorial, le Daily Mail attire l’attention sur l’argument principal des opposants au suicide assisté et de l’euthanasie : la possibilité que les patients choisissent la mort douce sous influence de leur entourage ou de leur médecin. Le journal déplore que "tragiquement, certains optent pour le suicide assisté sous la pression de membres de leur famille, ou bien par peur de devenir une charge pour eux. [...] Voulons-nous vraiment prendre le chemin néerlandais ?"

Source : courrierinternational.com

 

 

Euthanasie par privation de nourriture et d'hydratation : ce n'est que le début !

par Jeanne Smits, 03/07/2014

L’affaire Vincent Lambert s’inscrit au sein d’une tendance lourde au sein de la communauté des bioéthiciens. Le refus de manger et de boire en vue d’obtenir la mort, lorsque la procédure est choisie par le patient, est en train de devenir une option communément acceptée dans certains pays, à telle enseigne qu’aux Pays-Bas on estime qu’entre 4 et 10 % des décès surviennent à la suite d’un tel « jeûne » délibéré. Ne s’agissant ni d’une euthanasie, ni d’un suicide assisté, il n’y a pas de statistiques certaines. Comme la sédation palliative, la mort par dénutrition se situe dans une zone grise où la frontière entre un arrêt de soins légitime ou l’administration de médicaments pour soulager la douleur et un processus dont l’objectif est de faire mourir ne peut s’apprécier qu’au cas par cas.
Mais que le processus puisse être utilisé de manière euthanasique ne fait aucun doute.
Son avantage – tel que le présente le site néerlandais sur les soins palliatifs, palliatievezorg.nl – est de laisser au patient lui-même la responsabilité de l’acte ou de l’abstention qui provoquera sa mort. On y explique que moyennant certaines précautions : humecter la bouche, administrer des analgésiques en cas de besoin, le malade va pouvoir bénéficier dans la plupart des cas d’une mort paisible. Non sans souligner que la méthode était en vogue dans l’Antiquité, chez les Romains et les Grecs de quelque niveau… Suivent quelques paragraphes destinés à démontrer que cette mort par déshydratation, qui provoque l’arrêt successif des organes vitaux, ne provoque pas de souffrance que des soins simples ne puissent soulager. Vraiment ?
Entre le refus de nourriture lié naturellement à l’entrée en phase terminale et la privation volontaire de toute nourriture et de tout liquide, y compris chez de personnes sans maladie mortelle mais souffrant de leur handicap ou d’une affection pénible, il y a tout de même une différence. Le fait est que le processus comprend l’administration de sédatifs et d’analgésiques. Ce n’est pas pour rien.
La banalisation du processus, la parution de récits de proches et de témoignages admiratifs, la dénonciation de cas où la liberté des personnes ayant choisi cette mort n’a pas été respectée, voire assistée, est le signe d’une pression croissante pour le rendre respectable. Et pour tenir pour nuls les témoignages de proches ayant vu le côté traumatisant de la pratique, comme ce fut le cas pour la famille de Terri Schiavo, aux Etats-Unis.
Terri Schiavo n’avait pas eu le choix, puisqu’elle n’était pas en mesure d’exprimer sa volonté. C’est le même cas de figure que celui de Vincent Lambert. Et c’est l’étape suivante.
Et ensuite ? Eh bien, il va falloir régler le cas des personnes ayant donné des directives anticipées mais qui demeurent conscientes, voire qui continuent d’absorber leur nourriture par la bouche.
Dans certaines formes de démence, le refus de nourriture fait partie des symptômes de la maladie et intervient sans que le patient soit en fin de vie. Une étude a permis d’établir que dans ce cas de figure, tenant compte de la « qualité de vie » des patients et de la volonté exprimée par les proches, il est le plus souvent – et même presque toujours – décidé de ne pas administrer nourriture et hydratation « artificielle » (administrée par un tube nasal ou directement dans l’estomac). Une étude longitudinale sur 190 patients dans deux établissements de soins aboutit à la conclusion que dans 94 % des cas, on s’abstint d’administrer nourriture et hydratation, la mort intervenant chez les trois quarts d’entre eux dans un délai inférieur à deux semaines.
Euthanasie ou pas ? Est-on obligé de nourrir, « de force », un dément, conscient du monde qui l’entoure, qui refuse de manger ? Il y a certes une différence entre le fait de ne pas entreprendre un soin et celui de l’interrompre en vue de tuer, mais tout de même…
Et cela se complique encore. Car voici que des bioéthiciens s’emparent de cette question relativement peu explorée en s’interrogeant sur le cas des personnes démentes ou souffrant d’autres maladies dégénératives et qui, bien qu’ayant dans le cadre de directives anticipées fait savoir qu’elles ne souhaiteraient pas « vivre comme cela », mangent tout de même de bon appétit. Conscientes mais incapables d’exprimer leur volonté : et si on les privait quand même de nourriture et d’hydratation.
C’est la solution imaginée par Pr Thaddeus Mason Pope, exposée dans la dernière livraison du Journal of Clinical Ethics. Il assure que les médecins devraient avoir l’obligation d’aider les patients qui choisissent consciemment cette forme de suicide (VSED, voluntary stop eating and drinking ou « arrêt volontaire de boire et de manger), en leur administration les substances nécessaires pour éviter les souffrances liées à la mort de soif et de faim. Et il va plus loin, en citant le cas d’une femme canadienne.
Il s’agit de Margot Bentley, 82 ans, souffrant de la maladie d’Alzheimer. Ses proches ont demandé qu’on arrête de la nourrir en invoquant ses directives anticipées, au motif qu’elle l’aurait voulu et bien qu’elle continuât de manger de bon appétit. La Cour suprême de la Colombie britannique a décidé en février dernier qu’il faut la « maintenir en vie ». Fureur du lobby euthanasique. Le Pr Pope commente :
« Mme Bentley peut bien avoir la capacité de “faire part d’un choix”. Mais il ne s’agit là que d’une composante de cette capacité.
Elle ne comprend pas les données pertinentes, ne peut avoir une juste appréciation de la situation et des conséquences entraînées par celle-ci, et ne peut raisonner à propos du traitement qu’elle reçoit ou des options de soins. Si l’on considère que la capacité du consentement se situe à un niveau aussi bas, alors le “consentement” tel qu’on l’admet aujourd’hui va bien souvent aller à l’encontre des décisions antérieures les plus claires et les plus nettes. »
Autrement dit : cette femme n’étant plus en mesure d’exprimer son consentement éclairé, il faudrait agir conformément à ses directives anticipées et la priver de nourriture et de liquides en vue de la faire mourir. Même si elle réclamait de la nourriture, sans doute…
« Les commentateurs médicaux, éthiques et légaux sont presque arrivés à un consensus en ce qui concerne le droit des patients capables d’exprimer leur volonté de faire le choix contemporain du VSED.
Beaucoup moins claire est la réponse à la question de savoir si les individus peuvent choisir le VSED à l’avance, en exerçant une autonomie prospective. Fort heureusement, des médecins comme des philosophes sont en train de créer les théories, les outils et les maximes qui permettent de définir quand et comment la pratique du VSED décidé par avance peut être mise en œuvre manière légitime et sûre. »
Cette nouvelle dérive vers l’abandon des plus fragiles a provoqué l’indignation de Wesley J. Smith, spécialiste de la défense du respect de la vie finissante. Il note que la nouvelle tendance se veut opposée au « paternalisme » animant les médecins qui cherchent à protéger la vie « contre » la volonté des patients. Question de Wesley Smith à Pope : et si le patient avait refusé par avance qu’on le retourne dans son lit, soin de base nécessaire pour éviter les escarres ? Le tweet en retour fut sans appel : oui, il faut alors s’abstenir de donner ce soin, le « paternalisme médical », c’est fini.
Source : leblogdejeannesmits.blogspot.fr

 

 

Une nouvelle affaire de fin de vie devant la justice

par Jeanne Smits, 5/07/2014

C’était ce soir, en urgence, devant le tribunal administratif de Paris. Me Jérôme Triomphe plaidait un « référé-liberté » pour obtenir qu’un homme de 73 ans, gravement malade – mais pas forcément mourant – obtienne la dialyse dont il a besoin pour sous peine de mourir dans un délai qui pourrait être court.

Hospitalisé en réanimation pour la deuxième fois depuis le début de cette année dans un grand hôpital parisien, cet homme souffre de diverses affections graves. Une nouvelle dialyse pourrait provoquer, compte tenu de son état général, un infarctus. Il y a quatre jours, l’équipe qui le soigne, sous la responsabilité du chef de service, a décidé de ne pas lui donner ce traitement nécessaire à sa survie. Au motif que son état général est trop mauvais, que ses affections sont « irréversibles ». Seuls lui seront donnés les soins palliatifs qui doivent lui assurer une mort aussi douce que possible.

Mais voilà : cet homme est conscient. Devant le juge des référés – soucieux de juger « en humanité » autant que faire se peut – on s’est interrogé sur la volonté de ce patient, qui aux termes de la loi Kouchner sur le droit des patients et de la loi Leonetti sur la fin de vie, doit décider, souverainement en quelque sorte, de la poursuite ou non des traitements.

La famille du malade, venue d’Israël où elle a émigré tandis que le père de famille lui-même avait choisi de rester en France, s’est insurgée contre le fait que, sans avoir été consultée, elle ait été mise devant le fait accompli de l’arrêt du traitement qui lui permet de vivre. Elle ne l’a su que deux jours plus tard. Et elle soutient, video à l’appui enregistrée à 17 h vendredi, que le malade veut recevoir soins et traitements, quitte à être transféré vers Israël où la pratique consiste à soigner, toujours. Les réponses du patient aux questions précises ne laissent en effet guère de place au doute.

De son côté, le professeur chef de service a expliqué que vendredi matin, il avait lui-même pris soin de mener cette conversation difficile avec le malade, lui disant que s’il décidait de ne pas poursuivre la dialyse, il serait entouré et accompagné vers la mort. Le malade, témoigne le professeur, acquiesça. 

Voilà qui soulève d’épineuses questions. Jusqu’où faut-il aller dans les traitements médicaux ? Les médecins laissent-ils toujours la chance à la vie, quand elle existe ? Dans un contexte où la bioéthique fait bouger les frontières entre « soins utiles » et « soins futiles », où en sont les médecins confrontés aux cas réels ? Comment marquer la frontière entre le traitement qui fait « trop » souffrir pour être raisonnablement entrepris et celui qui pourra ajouter des jours aux jours et des mois aux mois ? 

En réalité, on ne saurait, sans être totalement au fait du dossier et avoir une connaissance précise du patient, avoir un avis totalement tranché. Mais dans cette affaire le malade, tout en affirmant que ses traitements sont lourds, voire difficiles à supporter, a clairement dit qu’il voulait vivre.

Ecouter ce que veut le patient, ne pas chercher à le décourager, c’est sans doute cela que doit faire la médecine. Mais aussi l’administration hospitalière – et voilà toujours, en filigrane, la question des coûts. 

Quelle est la part, dans une telle décision médicale, de cet élément-là ? Aux Pays-Bas – dans un contexte d’euthanasie légale – certains soins ne sont plus donnés aux personnes très âgées ou très malades, quand cela ne sert plus à rien. Logique utilitariste qui séduit à l’heure où les possibilités thérapeutiques sont de plus en plus nombreuses, et souvent de plus en plus chères.

Dans cette affaire, aux dires du médecin, il n’y a justement plus de possibilité thérapeutique. On ne prolonge pas la vie à tout prix. Mais d’un autre côté, en privant le malade de la dialyse on l’envoie avec certitude vers la mort… alors même qu’il a fait preuve, depuis son premier séjour de deux mois en réanimation au début de l’année, d’une exceptionnelle résistance ?

Au final – et ce ne doit pas être fréquent, sans doute est-ce même une forme de première – le juge a conduit les parties à s’entendre sur une décision rédigée en quelque sorte collectivement. Le malade bénéficiera de toutes les analyses et de tous les soins nécessaires à l’évaluation de son état et de son maintien en vie, en attendant qu’il puisse clairement exprimer sa volonté en présence des parties qui s’opposent et s’il le faut, devant le juge qui se déplacera à cette fin. Et s’il veut être transféré dans un hôpital où il sera traité, ou vers Israël, il sera soigné de manière à ce que cela se fasse dans les meilleures conditions.

C’est en somme ce que dit la loi : le malade doit recevoir les meilleurs soins possibles, et c’est lui qui décide de les recevoir, ou non.

Le transfert sera aux frais de la famille, bien sûr, a rappelé la direction de l’hôpital où il se trouve, qui dépend de l’APHP (assistance publique-hôpitaux de Paris).

L’insistance sur ce point éclaire à sa manière le dossier. 

Source : leblogdejeannesmits.blogspot.fr

 

 

Israël : l’euthanasie bientôt légalisée ...

 

par Cyrille Louis, 10/06/2014 (extrait)

Le texte, qui donnerait la possibilité aux médecins de prescrire un traitement létal à un malade en phase terminale, doit faire l’objet d’un premier examen par la Knesset dans les prochains jours.

L’adoption par le gouvernement israélien d’un texte visant à légaliser l’euthanasie suscite depuis quarante-huit heures une levée de boucliers au sein du monde ultraorthodoxe. Ce « projet de loi sur la mort par prescription médicale », rédigé par le député centriste Ofer Shelah, donnerait aux médecins la possibilité de prescrire un traitement létal à un malade en phase terminale.

Il doit faire l’objet d’un premier examen par la Knesset dans les tout prochains jours.

Ce projet de loi a vocation à compléter les dispositifs déjà existants de lutte contre l’acharnement thérapeutique. Selon la version approuvée par le cabinet de Benyamin Nétanyahou, il s’appliquera aux patients de plus de quinze ans qui, atteints d’une maladie incurable, manifesteront le souhait d’abréger leurs souffrances de façon répétée, à quinze jours d’intervalle et en présence d’un témoin. Deux médecins seront amenés à se prononcer sur chaque projet d’euthanasie.

Selon le quotidien Yediot Ahronoth, ce texte divise les soignants. L’ex-président du comité d’éthique de l’Association médicale israélienne (AMI), Avinoam Reches, s’y est déclaré favorable, affirmant vouloir « donner à ces êtres humains des outils pour qu’ils n’en soient pas réduits à se suicider de façon horrible ».

Leonid Eidelman, l’actuel président de l’AMI, a pour sa part déclaré : « Il n’appartient pas au médecin de mettre un terme à la vie de ses patients de façon artificielle. Ce n’est pas ainsi que nous avons été formés. »

Sitôt le projet de loi dévoilé, c’est toutefois au sein du monde religieux que les positions les plus tranchées se sont exprimées.

Le député orthodoxe Yaako Asher, cité par le quotidien Makor Rishon, a mis en garde : « Le gouvernement israélien vient de franchir une nouvelle ligne rouge et de poursuivre sa guerre contre les valeurs du judaïsme en s’attaquant au caractère sacré de la vie ».

Son collègue Menahem Eliezer Mozes, également élu sur les listes du parti Judaïsme-Torah unifiée, a renchéri : « Il est terrifiant de se souvenir qu’il y a 70 ans tout juste, ce sont les Allemands qui, les premiers, envisagèrent de tuer les handicapés, les malades et les personnes âgées. » ...

Source : jforum.fr

 

 

Aide médicale à mourir: près de 20 libéraux voteront contre le projet de loi, dit Raymond Bernier

par Matthieu Boivin, Le Soleil, 03/06/2014

(Québec) Une vingtaine de députés libéraux s'opposeront au projet de loi touchant l'aide médicale à mourir quand il sera soumis au vote final plus tard cette semaine, soutient Raymond Bernier, le libéral dans le comté de Montmorency.

M. Bernier a participé, mardi après-midi, à une manifestation du Rassemblement québécois contre l'euthanasie qui s'est déroulée devant l'Assemblée nationale, où il a annoncé qu'il votera contre le projet de loi. En entrevue avec Le Soleil, le député a indiqué qu'une vingtaine de ses collègues feront comme lui.

«Je crois en la vie, a expliqué M. Bernier. Ce sont les soins palliatifs qui doivent être développés partout au Québec.»

«La personne [malade], ce qu'elle veut, elle ne veut pas mourir, a-t-il ajouté plus tard au cours du même entretien. Ce qu'elle veut surtout, c'est de pouvoir être soulagée et ne pas souffrir.»

Dérapages

M. Bernier craint des dérapages si le projet de loi est adopté, mais il sait qu'à quelques jours du vote, il serait utopique de penser qu'il sera bloqué. Lors du premier vote tenu en octobre dernier sur le projet de loi, alors que les péquistes étaient au pouvoir, un total de 25 libéraux avait manifesté son opposition, dont Pierre Paradis, Robert Dutil, Sam Hamad, Christine St-Pierre, Lise Thériault et Laurent Lessard. Les députés du PQ avaient tous appuyé le Projet de loi 52, tout comme une vaste majorité de caquistes.

«Il y a cinq ans de travail qui a été fait là-dessus. Techniquement, le projet de loi est bien attaché, bien encadré, mais de quelle façon va-t-il évoluer par rapport à notre société? Ça va être quoi dans cinq ans, 10 ans, 15 ans? Quelle sera l'attitude des législateurs à ce moment-là?»

Mgr Cyprien Lacroix a aussi participé à la manifestation de mardi, tout comme Louise Brissette, une femme bien connue qui a adopté des dizaines d'enfants qui souffrent d'un handicap moyen ou sévère au cours de sa vie.

Source : lapresse.ca

 

 

Euthanasie : des pharmaciens Néerlandais refusent de délivrer les médicaments

par Michael Cook, 27/04/2014

Bien que l'euthanasie soit légale aux Pays-Bas, des pharmaciens Néerlandais refusent de délivrer les médicaments létaux permettant de la réaliser. Selon Altijd Wat Monitor, un programme de télévision qui a mené l'enquête, ce refus ne serait pas nécessairement motivé par des motifs religieux. Certains pharmaciens s'y refusent parce qu'il ne connaissent pas le médecin qui a approuvé l'euthanasie, d'autres parce qu'ils ne sont pas favorables à une euthanasie pour démence ou dépression. Le porte-parole de l'Association des pharmaciens précise: "Une pharmacie n'est pas une boutique qui ne fait que délivrer des doses mortelles". 

L'article souligne que dans le protocole d'euthanasie, le pharmacien n'a aucun rôle officiel, il n'est pas obligé de coopérer. Selon Annemieke Horikx, de l'Association des pharmaciens, les pharmaciens ne devraient pas être regardés comme de simples instruments entre les mains des médecins. Et d'ajouter que les médecins appellent parfois eux-mêmes les pharmaciens pour qu'ils satisfassent leur demande. "Ce n'est pas une manière de demander des médicaments. Ce sont des questions de vie et de mort dont nous nous occupons". 

(...)

Source : genethique.org repris de Bioedge (Michael Cook) 27/04/2014

 

 

Plainte contre un des pionniers

par lavenir.net, 10/04/2014 (extrait)

Le fils d’une patiente euthanasiée porte plainte contre un médecin de l’UZ Brussel. La loi n’aurait pas été bien appliquée.

Le fils d’une femme souffrant d’une dépression chronique a porté plainte mardi au parquet de Bruxelles contre le praticien, Wim Distelmans, qui a procédé à l’euthanasie de sa mère. Tom Mortier avait déjà amené l’affaire devant l’Ordre des Médecins en février dernier. «De sérieux indices prouvent que la loi n’a pas été correctement appliquée dans le traitement de la demande d’euthanasie de la patiente», déclare mercredi l’avocat du plaignant. Une démarche qui permettra de lever le doute qui plane sur cette affaire, estime l’UZ Brussel.

La plainte concerne le professeur Wim Distelmans, président de la commission de contrôle de l’euthanasie en Belgique. C’est la première fois que le médecin favorable à l’euthanasie considéré comme un «pionnier» en la matière est l’objet d’une plainte.

Tom Mortier apprenait le 20 avril 2012 qu’une injection létale avait été administrée la veille à sa mère à l’hôpital universitaire néerlandophone UZ Brussel dans le cadre de sa demande d’euthanasie. La mère de Tom Mortier souffrait d’une dépression chronique, accentuée en partie par les mauvaises relations qu’elle entretenait avec ses enfants.

Ses enfants n’ont pas été avertis de la procédure d’euthanasie. «Son fils, Tom Mortier, a donc décidé de porter plainte», annonce son avocat, Me Samuel Vinck. «Mon client a de bonnes raisons de penser que la loi n’a pas été correctement appliquée lors de l’euthanasie de sa mère », explique Me Vinck à Belga. «Nous avons trouvé des indices sérieux prouvant que les conditions de la loi sur l’euthanasie n’ont pas été respectées dans ce cas. Mon client est en droit de demander aux autorités compétentes d’examiner l’affaire.» ...

Source : lavenir.net

 

 

Mobilisation surprise pour la « Marche pour la Vie »

Succès inattendu pour la marche en défense de la vie, dimanche dernier à Bruxelles. Près de 3.500 personnes ont défilé dans la bonne humeur pour protester contre l’euthanasie des enfants.

par InfoCatho.be, 31/03/2014

Un peu plus d’un mois après l’extension de l’euthanasie aux enfants malades, la « Marche pour la Vie » était l’occasion de voir si la mobilisation née autour du mouvement des « Dossards Jaunes » avait faibli ou pas.

La police de Bruxelles-Ville avait initialement cantonné le rassemblement sur l’esplanade du Mont des Arts, mais la capacité maximale de 3.500 personnes ayant été atteinte, la police a préféré faire défiler les gens de Ravenstein jusqu’au Cantersteen. Un succès inattendu, qui a surpris les organisateurs!

Des peluches pour dénoncer un sujet grave

Loin des manifestations tendues ou haineuses, la « Marche pour la Vie » a marqué tout le monde par son atmosphère familiale et décontractée. Clin d’œil à l’actualité: plusieurs panneaux représentaient des pandas disant « Protégez aussi les humains! » Un animateur déguisé en panda géant assurait l’ambiance, pour le plus grand bonheur des enfants. Les bambins alternaient entre câlins et photos avec le panda… avant de s’amuser à lui tirer la queue.

Après Mgr Harpigny l’an passé, c’est Mgr André-Joseph Léonard qui a représenté l’épiscopat belge cette année. « Je remercie les jeunes d’être venu… même si les personnes du 3e âge sont aussi les bienvenues! » Eclat de rire général assuré. « Nous ne devons jamais oublier que nous avons été de petits fœtus. Les politiciens qui promeuvent l’avortement ont eux aussi été des petits embryons, mais eux ont eu la chance de naître! » a-t-il rappelé.

Fort applaudie également, une délégation de protestants français. « Depuis plusieurs mois, nous prions pour la Belgique! » expliquent-ils sous les vivats.

« Respectons la liberté de conscience des médecins et infirmiers qui travaillent dans les hôpitaux« , a lancé Maïté, étudiante de 23 ans et porte-parole de la Marche.  « Un vrai soutien pour les femmes enceintes et les malades: voila ce que nous demandons aujourd’hui! » Après un grand lâcher de ballons blancs, les jeunes ont improvisé une farandole endiablée, au son de la chanson « Life is life ».

Un tournant dans la mobilisation?

Pour de nombreux participants, le vote sur l’euthanasie des enfants malades ne reflète pas l’avis de la population. Certains ignoraient encore que la loi qui étendait l’euthanasie aux enfants avait été votée au Parlement. ...

Un changement de cap?

Alors que les premières éditions de la « Marche pour la Vie » étaient focalisées exclusivement sur l’avortement, il semble que les organisateurs aient élargi le thème de cette année.

Après le vote de l’euthanasie des enfants malades, après la révélation des dysfonctionnements de la Commission de contrôle, on pouvait se demander si l’émoi dans la population allait être suivi de faits.

Car quand on parle de « défendre la vie », il ne faudrait pas se focaliser exclusivement sur l’avortement. La vie humaine est menacée à différents stades de son développement: lorsque l’enfant à naître n’est pas désiré, mais aussi lorsque la personne malade n’est plus acceptée par la société. On peut donc saluer cette ouverture de la « Marche pour la Vie » à d’autres sujets que l’avortement. ...

Précisons encore que c’est la première fois qu’une « Marche pour la Vie » rassemble autant de personnes depuis 1991. Signe d’une mobilisation de la population? On peut en tout cas constater que le mouvement pro-vie a enfin cessé de se focaliser exclusivement sur l’avortement. Une ouverture qui marque une maturité du mouvement. Pour les jeunes présents ce dimanche, la défense de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle, n’est plus un tabou.

Si une contre-manifestation était organisée par la FGTB, elle a échoué: selon la police, seuls 150 supporters de l’avortement et de l’euthanasie avaient fait le déplacement. Un chiffre très en-deçà des espérances du lobby de l’avortement. Seul incident: l’un de ces contre-manifestants est venu perturber la fête en invectivant les familles présentes au Mont des Arts. L’individu solitaire a été rapidement été maîtrisé par la police.

M.B

Source : infocatho.be

 

 

Ce site a pour but de veiller sur la vie dans tous ses états.

Y compris sur la vie d'une mère de famille de cinq enfants qui a été condamnée à mort par pendaison : Asia Bibi.

A l’heure de la Passion, Jésus recommande d’aller jusqu’à vendre son manteau pour acheter des glaives ! Quand nous sommes personnellement massacrés, libre à chacun de nous de ne pas riposter. Mais quand ce sont d’autres, nos frères et soeurs chrétiens - une mère de famille, avec des jeunes enfants - qui sont condamnés à être pendus, nous taire serait être complice.

Non possumus !

Joignons-nous donc avec ferveur, constance, et patience tant qu’il le faudra (au gré des retards et les atermoiements destinés à nous lasser et à nous déstabiliser), à la croisade de prière - et à toutes les protestations légitimes - pour Asia Bibi qui agonise depuis plus de cinq ans !

Puis, pensons à tous les autres aussi.

 

 

Une ex-représentante de l'état du New-Hampshire explique les raisons pour lesquelles le Québec devrait imiter cet état américain et rejeter le projet de loi sur l'euthanasie.

 

 

MONTRÉAL, le 16 mars 2014 /CNW Telbec/ - L'état du New-Hampshire a massivement rejeté le suicide assisté le 6 mars 2014 par 219 votes contre 66. Après avoir représenté cet état durant trois termes, Nancy Elliott explique pourquoi les politiciens ont rejeté le suicide assisté et elle présente les raisons qui devraient amener les sociétés progressistes comme le Québec à poser un geste semblable.

Il existe de nombreuses similitudes entre la législation du New Hampshire et du Québec. Les deux propositions laissent la porte grande ouverte à la maltraitance des personnes dans les établissements de santé. Les caractéristiques d'éligibilité dans les deux projets de loi sont imprécises et peu restrictives. L'évolution des patients défie souvent les pronostics des médecins. Beaucoup de patients qui sont condamnés survivent aux prédictions de leurs médecins. Il y a des conditions médicales où les gens ne sont pas nécessairement près de la mort et peuvent avoir de nombreuses années de vie avec un traitement approprié. Mme Elliott a donné l'exemple de Richard Bloom du New Hampshire chez qui on avait prévu un pronostic de survie d'au plus 18 mois après un diagnostic de cancer du pancréas. Il a d'abord montré une réticence au traitement, mais il a changé d'idée après discussion avec ses médecins. Il se porte bien 9 ans plus tard.

Les deux projets de loi laissent la porte grande ouverte aux tractations familiales, en particulier lorsqu'un héritage est en jeu. L'exploitation des aînés dans la population a été estimée à 4-6 % et ce chiffre est probablement plus élevé dans les établissements de santé , selon l'Organisation mondiale de la Santé .

En résumé Nancy Elliott affirme que « l'euthanasie est une prescription pour tous les types de maltraitance des personnes à des moments les plus vulnérables de leur vie . "

Lisa D'Amico, présidente du Fonds d'Aide aux Victimes d'Erreurs Médicales (FAVEM ) sera également présente et elle apporte de l'information sur la nécessité de protéger les personnes handicapées contre les dérapages de l'euthanasie. Elle rappelle que les personnes handicapées apportent une contribution à la société et peuvent se montrer utiles à leur communauté. Le soutien de la recherche dans le traitement des personnes affectées de conditions médicales contribue à l'amélioration des connaissances et au développement qui représentent un investissement pour l'économie. ll est avantageux pour la  société d'aider les patients à mieux fonctionner puisqu'ils sont en mesure par la suite de contribuer au mieux-être de la société. Elle nous rappelle aussi que toutes les personnes ne souffrent pas d'un handicap de naissance, certaines d'entre elles étant affectées plus tard au cours de leur vie, et d'autres à un âge plus précoce. En somme, toute la société profite de la contribution des citoyens chez qui on a pu améliorer le niveau de fonctionnement.

Dans le vidéo «Les Québécois réclament le refus de l'euthanasie", Nadine âgée de 16 ans décrit comment elle a survécu à une leucémie et à une greffe de moelle osseuse à 14 ans. Elle souligne que les jeunes ont besoin d'amour et de soutien pour traverser ces épreuves. Ils n'ont pas besoin de la séduction mortelle de l'option de l'euthanasie.

Dre Sylvia Baribeau , un médecin de famille, a souligné la nécessité de traiter et de soutenir ceux qui ont besoin de soins médicaux et ne pas les abandonner quand ils ont le plus besoin. " L'euthanasie n'est pas un soins médical : c'est il le plus cruel abandon et abus de nos frères humains."

Dr Paul Saba qui est président de la Coalition des médecins pour la justice sociale nous rappelle que « plus de 9 millions de médecins dans plus de 100 pays représentés par l'Association médicale mondiale rejettent l'euthanasie et demandent de ne pas contribuer à ce geste dans les pays ou territoires où elle est permise . Cette pratique est également contraire aux conventions et accords des Nations Unies ».

Source : newswire.ca      Coalition des médecins pour la justice sociale

 

 

Appel à la prière par et pour des personnes malades ou mourantes.


La prière doit permettre aux personnes qui souffrent de comprendre que leur douleur n’est pas vaine mais peut être
offerte à notre Seigneur Jésus-Christ.

Nous retranscrivons ici le message qui nous a été adressé :


Rejoignez-nous dans la prière pour les malades et les mourants !

Le chapelet international de la Miséricorde Divine pour les hôpitaux est une prière réunissant les malades des quatre coins du monde les premiers vendredis du mois à l’heure de la Miséricorde (15h00).

Cette initiative a pour but de faire prendre conscience aux patients de la
valeur de leur douleur offerte à Dieu pour les autres malades et pour les personnes mourantes.


N’hésitez pas à nous communiquer votre participation à cette prière. Envoyez-nous un message sur l’adresse e-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Vous pouvez également consulter la vidéo de présentation.
Le groupe Étincelle de la Miséricorde Divine
www.iskra.info.pl

 

 

Au Québec, pas de vote sur l'euthanasie

Le vote sur le projet de loi 52 autorisant l'euthanasie au Québec n’a finalement pas eu lieu. Le Parti libéral du Québec a refusé de prolonger les travaux parlementaires pour permettre son adoption. Le parti voulait éviter une décision hâtive avant le déclenchement probable d’élections provinciales.

Le projet de loi 52 ouvrait la porte à l’euthanasie au Québec. Il la présentait comme comme un soin possible à prodiguer en fin de vie selon un encadrement très strict. Bien que le projet de loi puisse théoriquement encore être débattu le 11 mars, il risque plutôt de tomber définitivement à l'eau puisque les débats porteront alors sur le budget dont le vote pourrait faire tomber le gouvernement si l'opposition le souhaite.

Une veillée de prière devant l’Assemblée nationale avait rassemblé le 18 février plusieurs dizaines d’opposants au projet de loi 52, principalement des chrétiens. Cet événement s’inscrivait dans le cadre d’un 'blitz de prière' et de jeûne orchestré sur les réseaux sociaux.

L’Assemblée des évêques catholiques du Québec avait confirmé qu’elle entendait viser particulièrement les députés pour les inciter à s’opposer au projet de loi. L’épiscopat québécois a acheté des espaces publicitaires dans des journaux de la province afin de promouvoir son opposition à l’euthanasie. Des lettres d’opinion rédigées par l’archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine, et par l’archevêque de Rimouski, Mgr Pierre-André Fournier, ont également circulé.

Source : radiovaticana.va  (apic/proximo)

 

 

Euthanasie : le Sénat engrange les propositions de lois

par Coline Garré, Le Quotidien du médecin, 14/02/2014

Alors que la décision du Conseil d’État sur l’affaire Vincent Lambert doit être connue cet après-midi, le Sénat a adopté jeudi 13 février une motion de renvoi en commission des affaires Sociales sur une proposition de loi (PPL) relative au choix libre et éclairé d’une assistance médicalisée pour une fin de vie digne.

Cette PPL, présentée par l’écologie Corinne Bouchoux (Maine-et-Loire), vise à permettre « dans des conditions particulières, de choisir librement sa fin de vie quand des circonstances bien spécifiques sont remplies », selon les mots de la sénatrice.

« Nous abordons ce débat dans un contexte difficile, au moment où certaines affaires viennent rappeler l’extrême sensibilité de notre pays sur ces affaires » a commenté la ministre de la Santé, Marisol Touraine, favorable à une évolution de la loi Léonetti.

Le sénateur Jean Desessard (EELV), qui a proposé le renvoi en commission, a rappelé que 9 PPL ont été déposées sur ce sujet ces dernières années. Actuellement 7 sont enregistrées au Sénat. « Nous sommes aujourd’hui dans l’attente du rapport du Comité consultatif national d’éthique, sachant néanmoins que le travail commun réalisé au Sénat trouverait toute son utilité si le texte annoncé par le président de la République se faisait trop attendre », lit-on dans l’ordonnance de renvoi. Le projet de loi sur la fin de vie devrait être déposé d’ici l’été, a annoncé Marisol Touraine. Le CCNE doit rendre son avis en mars ou avril.

Coline Garré

 

Source : lequotidiendumedecin.fr

 

 

La prière continue pour Vincent Lambert

 

A l'issue de l'audience de ce matin, le Conseil d'Etat a déclaré qu'il rendra sa décision sur la vie ou la mort de Vincent Lambert demain à 16h00.

 

Les Soeurs Mariales continuent la prière ininterrompue

pour Vincent et ses proches

ainsi que pour ceux qui prennent la grave décision

de statuer sur sa vie ou sur sa mort.

 

Demain, vendredi matin à 8h00,

le Saint Sacrifice de la Messe sera offert

à cette intention.

 

Source : soeurs.mariales.com

 

 

Les Soeurs Mariales organisent un triduum de prière pour Vincent Lambert.

Elles nous convient à nous y unir par la prière, où que nous soyons :

Triduum de prière pour Vincent Lambert

chez les Soeurs Mariales

à la chapelle :

Adoration du Saint Sacrement

du lundi 10 février à 12h00 au jeudi 14 février à 12h00

sauf pendant le temps de la Messe

A l’oratoire,

mardi, 11 février, Fête de Notre Dame de Lourdes

et Journée Mondiale des Malades,

rosaire médité ;

Mercredi, 12 février, à 15h00, heure de la Miséricorde,

consécration de la France au Sacré Coeur ;

Jeudi 12 février à 9h00 (heure d'ouverture de l'audience),

acte de consécration au Coeur Douloureux et Immaculé de Marie.

Nous sommes en union avec tous ceux qui,

de par le monde, défendent la Vie,

en particulier celle des plus fragiles, des plus vulnérables,

des plus petits d'entre nous.

"Ce que vous avez fait pour l'un des plus petits des miens,

c'est à moi que vous l'avez fait".

 

Renseignements : soeurs.mariales.com 

 

 

Messes en union avec notre frère Vincent Lambert

Les Soeurs Mariales ont à coeur de soutenir les combats menés pour la Vie. Cela fait partie intégrante, depuis le début, de leur charisme de proximité avec les plus petits et les plus pauvres.

Aujourd'hui, leur sollicitude va vers notre frère Vincent Lambert dont la vie est en danger.

Elles veulent assurer de leur soutien et de leur prière les parents de Vincent Lambert, ses proches et tous ceux qui luttent pour sa vie.

De manière concrète, elles ont demandé que des Messes soient dites chaque jour à cette intention jusqu'au jour où le Conseil d'Etat se réunira pour assumer la redoutable responsabilité de statuer sur la vie ou sur la mort de notre frère Vincent.

Pour ceux qui désirent s'unir d'intention à ces Messes, nous en donnons les horaires :

lundi 10 février : 17h00

mardi 11 février : 07h30

mercredi 12 février : 18h00

jeudi 13 février : 07h00

Que Marie, Mère de tous les hommes, prie avec nous pour que ceux à qui il échoit de décider de la vie ou de la mort d'un homme innocent et sans défense, prononcent une sentence en conformité avec la Loi de Dieu.

Comme ils voudraient l'avoir fait à l'heure de leur propre mort.

Source : soeurs.mariales.com

 

Le sort de Vincent Lambert renvoyé devant une formation collégiale

par Nouvelobs, 06/02/2014 (extrait)

Paris (AFP) - Le juge du Conseil d'Etat chargé de se prononcer pour ou contre le maintien en vie de Vincent Lambert a décidé jeudi de renvoyer le sort de cet homme tétraplégique en état végétatif chronique devant une formation collégiale qui se réunira la semaine prochaine.

"La très grande difficulté des questions qui sont posées", d'ordre "juridique", "déontologique" et "éthique", "exclut qu'elles puissent être tranchées par un juge unique", a déclaré le président Bernard Stirn au terme d'une audience au cours de laquelle des membres de la famille de Vincent Lambert, divisés sur son sort, ont exposé leurs arguments.

"Une formation collégiale se réunira dans le courant de la semaine prochaine", a-t-il ajouté, précisant que la date serait précisée vendredi à 10H00.

Source : nouvelobs.com

 

 

Canada : la Cour suprême du British Columbia refuse le retrait de l'alimentation et de l'hydratation à une malade d'Alzheimer

par Jeanne Smits, 5/02/2014


LifeSite rapporte qu'un tribunal de la Colombie britannique, province anglophone du Canada, vient de rejeter la demande d'une famille visant à faire cesser l'alimentation et l'hydratation d'une patiente de 82 ans atteinte d'un stade avancé d'Alzheimer. ...
La décision, très longue, envisage de multiples aspects de la question ...
 
• Les directives anticipées écrites de Margot Bentley comportaient un refus de l'hydratation et de l'alimentation au cas où elle se retrouverait dans la situation où elle est aujourd'hui : grabataire, incontinente, incapable de communiquer avec les siens voire de les reconnaître. Infirmière, elle était souvent confrontée à cette situation et faisait savoir de manière régulière à ses proches qu'elle ne voudrait pas vivre ainsi. Elle demandait même à être « euthanasiée » si elle perdait toute capacité relationnelle. ...
 
• Même si cette forme d'alimentation constituait un soin,(...) la décision de la faire mourir par son retrait ne correspondait pas nécessairement la volonté actuelle de la patiente, les êtres humains ayant la faculté d'évoluer et de changer d'avis, et que même les personnes de confiance désignées par Mme Bentley ne peuvent l'exprimer valablement.
 
• Le juge a noté que d'après le témoignage du personnel soignant, Mme Bentley se voit proposer la nourriture, sans insistance excessive, qu'elle mange des quantités différentes selon les jours et les heures, qu'elle peut refuser de continuer de manger d'un plat salé puis accepter de manger son dessert. Elle exprime donc d'une certaine manière sa volonté de manger.
 
• Le juge a noté que l'avis d'un expert médical spécialiste de son état doit être pris en considération plutôt que celui d'un généraliste : en l'occurrence, cet expert a estimé que le fait de pouvoir montrer ses préférences alimentaires et d'avoir accepté de manger de cette manière depuis plusieurs années indique quelle est la volonté de Mme Bentley, en même temps que cette durée montre qu'il n'y a aucune urgence ni raison pour lui enlever l'alimentation et l'hydratation.
 
• Le juge Greyell souligne que même si l'alimentation et l'hydratation orales constituaient un traitement, ce qu'il n'estime pas exact, pour autant le fait de les qualifier ainsi ne changerait rien à sa décision. Car il ne s'agirait pas d'un traitement d'urgence mais d'un traitement ordinaire dont on ne peut soudain affirmer qu'il ne serait pas accepté par le patient (paragraphe 87 de la décision). Il ajoute que la désignation d'une personne de confiance par la patiente, mais dans le cadre de directives anticipées qui ne sont pas absolument claires, ne suffit pas à donner à un proche la possibilité de prendre une telle décision.
 
• Le juge maintient que, même si une personne est en mesure de demander une aide au suicide, cela n'en fait pas moins un crime puni de 14 ans de prison, et qu'aucune décision de sa part ne pourrait exonérer les responsables de la clinique où réside Mme Bentley de leur responsabilité criminelle s'ils décidaient de la priver de nourriture et d'hydratation, étant entendu que c'est cette privation qui serait cause de la mort, et non la maladie dont elle souffre. ...

 Source : leblogdejeannesmits.blogspot.fr

 

 

Des évêques belges appellent au jeûne et à la prière pour réveiller les consciences avant le vote de la loi sur l'extension de l'euthanasie aux mineurs.

Le 6 février

Le 11 février

 

 

Euthanasie des mineurs : Mgr Léonard veut « réveiller les consciences »

Monseigneur Léonard appelle à une journée de jeûne et de prière le 6 février prochain contre l’extension de la loi euthanasie aux mineurs d’âge.

L’archevêque de Malines-Bruxelles et ses trois auxiliaires ont lancé jeudi un appel à l’ensemble des doyennés ainsi qu’aux basiliques et sanctuaires de l’archidiocèse à observer le jeudi 6 février prochain une journée de jeûne et de prière après l’approbation mardi en Commission de la Justice de la Chambre de l’extension de la loi euthanasie aux mineurs d’âge.

La veillée de prière doit servir «à réveiller les consciences et provoquer un ultime débat public au moment où notre pays risque de se donner une législation étendant la possibilité de l’euthanasie à des personnes mineures», expliquent les quatre ecclésiastiques.

Concrètement, des veillées de prière seront organisées dans au moins trois endroits de l’archevêché de Malines-Bruxelles. Ainsi, le jeudi 6 février, Mgr Léonard présidera la veillée de prière qui se déroulera en la Basilique nationale de Koekelberg. Au même moment, Mgr Kockerols présidera, en l’absence de Mgr Lemmens, celle qui se tiendra dans la collégiale Saint-Pierre de Louvain. En Brabant wallon, la veillée présidée par Mgr Hudsyn aura lieu le samedi 8 février dans la basilique Notre-Dame de Basse-Wavre.

Un texte expliquant pourquoi les quatre ecclésiastiques s’opposent à l’extension de la loi euthanasie sera distribué avant le début des veillées de prière.

Source : lavenir.net

 

 

par Ouest France, 18/01/2014

Religion. Le pape François soutient "la marche pour la vie" en France

La "marche pour la vie" est organisée par des organisations de catholiques français contre la politique en matière d'avortement et de fin de vie.

Dans un message aux organisateurs, publié par la radio du Saint-Siège, le nonce apostolique en France, Mgr Luigi Ventura, écrit que "le pape François est informé de cette initiative en faveur du respect de la vie humaine". "Il salue les participants à cette marche et les invite à maintenir vive leur attention pour ce sujet si important".

Mgr Ventura rappelle dans ce message les mots du pape à Rome dans l'homélie prononcée pour la journée d'"Evangelium Vitae" le 16 juin 2013 : "Regardons Dieu comme le Dieu de la vie, regardons sa loi, le message de l'Évangile comme une voie de liberté et de vie. Disons oui à l'amour et non à l'égoïsme, disons oui à la vie et non à la mort".Une pétition circule dans les milieux catholiques français pour "alerter" le pape argentin de la politique française hostile, selon ses signataires, aux positions fondamentales des chrétiens sur les questions de la vie et de la famille.

Source : ouest-france.fr

 

 

La justice s'oppose à l'euthanasie passive de Vincent Lambert

par le Nouvel Observateur avec AFP, 16/01/2014

Le tribunal administratif a donné raison aux parents de Vincent Lambert qui s'opposent à l'euthanasie passive de leur fils décidée par le corps médical en accord avec sa femme et une partie de sa famille.

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a suspendu jeudi 16 janvier la décision du CHU de Reims d'arrêter l'alimentation de Vincent Lambert. Il s'oppose donc à l'euthanasie passive décidée par le corps médical en accord avec la femme du tétraplégique et une partie de sa famille. La femme de Vincent Lambert, Rachel Lambert, et son neveau, François Lambert, vont faire appel de cette décision devant le Conseil d'Etat.

Les parents, une soeur et un demi-frère de Vincent Lambert avaient saisi la justice après l'annonce du docteur Kariger, chef du service de médecine palliative du CHU, d'arrêter prochainement les traitements de nutrition et d'hydratation artificielles du patient tétraplégique en état de conscience minimale. Tout au long des quatre heures d'audience mercredi, devant une famille divisée qui est repartie de part et d'autre de la salle en s'évitant du regard, les parties se sont opposées mercredi sur la place de Vincent Lambert dans le cadre de la loi Leonetti qui régit les droits des patients en fin de vie, son état de conscience et sa situation au sein du service de soins palliatifs.

Le tribunal a notamment "jugé que la poursuite du traitement n'était ni inutile, ni disproportionnée et n'avait pas pour objectif le seul maintien artificiel de la vie et a donc suspendu la décision d'interrompre le traitement", explique notamment la juridiction.

"On a sauvé la vie de Vincent", a estimé Me Jean Paillot, l'un des avocats des parents.

"C'est une victoire du droit, c'est une lecture de la loi Leonetti (sur la fin de vie, ndlr) à la lumière de la dignité. C'est une victoire pour tous les handicapés", a-t-il ajouté.

"Le tribunal a reconnu que Vincent n'était ni malade ni en fin de vie et la loi ne pouvait pas s'appliquer. Dans le cas de Vincent, les éléments pour arrêter l'alimentation ne sont pas réunis", a conclu l'avocat.

Selon le corps médical, Vincent est totalement aphasique et dans un état pauci-relationnel (état de conscience minimale) qui permet une certaine interaction avec l'environnement par la vue notamment, sans pour autant "être sûr qu'il intègre correctement les informations sensorielles". ...

Depuis le début de l'année 2013, le malade avait multiplié, d'après les médecins, des comportements d'opposition aux soins, "faisant suspecter un refus de vivre". En avril 2013, un premier protocole de fin de vie avait déjà été engagé mais sans consulter explicitement les parents vivant dans le sud de la France, qui avaient saisi la justice et obtenu la reprise des soins de leur fils. L'action judiciaire avait mis au jour un conflit familial, alimenté, selon plusieurs témoignages, par les convictions religieuses très ferventes des parents de Vincent.

Lors des débats, l'avocate du CHU de Reims a insisté sur "l'obstination déraisonnable" que représente la continuation des soins "vu l'état de Vincent qui n'a pas de conscience au sens de la médecine et aucune vie relationnelle".

Une partie de la famille, dont sa femme, a signifié que Vincent Lambert avait témoigné de sa volonté de refuser l'acharnement, mais c'est au médecin seul que revient la décision", a ajouté Me Catherine Weber-Seban.

"Personne ne souhaite s'il est bien portant être dans la situation de Vincent Lambert, mais qui peut savoir maintenant ce qu'il en pense", lui avait répondu Me Triomphe. A l'audience, Rachel Lambert, son épouse, qui est quasi quotidiennement au chevet de son mari depuis son accident a plusieurs fois fondu en larmes, prostrée auprès de ses avocats. ...

Source : nouvelobs.com

Droit des patients en fin de vie ?  Mais quel est ce langage manipulateur à propos de "droit" ? S'agit-il finalement du droit de vivre ou du droit de mourir ?

Heureusement pour Vincent Lambert, il n'a pas été "inclus" dans la loi Leonetti qui lui aurait octroyé le droit de mourir de soif - droit qu'il ne réclame certainement pas puisque c'est une torture que cette euthanasie-là.

 

 

Un texte d'analyse d'actualité :

par Jeanne Smits, 06/04/2007 (extraits)

Loi Leonetti : déjà une loi d'euthanasie

La loi Leonetti du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de la vie présente une « réelle ambiguïté » par rapport à l’euthanasie, constate une déclaration commune juive et catholique signée par l’archevêque de Paris, Mgr Vingt-Trois, et le Grand rabbin de Paris, David Messas. Il s’agit d’une lecture lucide et profonde de la loi à la lumière des exigences de la loi naturelle ; lecture menée par un groupe de réflexion officiellement constitué par les responsables des deux religions dans le cadre de leurs commissions pour le dialogue interreligieux. Elle s’appuie explicitement sur le « commandement biblique : “Tu ne tueras pas” » et cherche à bien préciser dans quelles conditions, dans le contexte d’une évolution rapide de la médecine, celui-ci peut et doit être en tout temps respecté.

Assurément ce type-là de dialogue, qui ne prétend à aucun faux oecuménisme, est celui dont nous avons besoin dans une société où le laïcisme équivaut à un refus de Dieu et de sa Loi.

La « réelle ambiguïté » de la loi réside dans son acceptation du fait de couper l’alimentation, considérée explicitement dans ses travaux préparatoires comme un « traitement médical », et ce dès lors que le traitement ne pourrait améliorer l’état du malade, qu’il soit conscient ou non. Vincent Humbert aurait pu, par exemple, « bénéficier » de cette forme d’« euthanasie par omission » (selon l’expression du Vatican) dans le cadre de la loi Leonetti alors même qu’il ne se trouvait pas en phase terminale.

Cette ambiguïté, Présent l’avait soulignée et expliquée dès avant le vote de la loi (2005), alors même que, semble-t-il, personne ne voulait se hasarder à condamner la loi Leonetti, présentée alors à peu près partout comme un texte providentiel de protection de la vie (...).

L’étude sérieuse présentée par Mgr Vingt-Trois et le Grand rabbin Messas éclaire ce point de façon tardive mais lumineuse. Voyez plutôt :

« Le fait de ne pas entreprendre (ou de ne pas maintenir) pour un malade déterminé, tel ou tel traitement médical, ne dispense pas du devoir de continuer à prendre soin de lui. Juifs et catholiques, nous jugeons qu’il est de la plus haute importance de chercher le moyen et la manière les plus adéquats d’alimenter le malade, en privilégiant dans toute la mesure du possible la voie naturelle, et en ne recourant aux voies artificielles qu’en cas de nécessité. »

Ce sont les fameux « soins ordinaires » qui sont toujours dus : « Seules des raisons graves dûment reconnues (non assimilation des nutriments par l’organisme, souffrance disproportionnée entraînée par l’apport de ceux-ci, mise en danger du malade du fait de risques d’infection ou de régurgitation) peuvent conduire dans certains cas à limiter voire suspendre l’apport de nutriments. Une telle limitation ou abstention ne doit jamais devenir un moyen d’abréger la vie », poursuit la déclaration. Elle demande que les « instances compétentes favorisent et garantissent cette interprétation de la loi ». Cela s’avère, ajouterons- nous, d’autant plus nécessaire que les travaux préparatoires de la loi ne sont pas ambigus du tout : s’ils récusent l’arrêt de l’hydratation au nom des grandes souffrances qu’elle entraîne (comme pour Terri Schiavo…), ils inscrivent totalement le refus d’alimenter dans les bonnes pratiques médicales.

L’ensemble de la déclaration commune juive et catholique mérite d’être lue. Et d’abord dans cette affirmation du principe général : « Le commandement biblique : “tu ne tueras pas”, exige de la famille et des soignants de ne pas chercher à hâter la mort du malade, et des malades de ne pas attenter à leurs jours, ni de demander l’aide d’autrui dans cet objectif. En nous appuyant sur ce commandement nous exprimons une opposition très ferme à toute forme d’assistance au suicide et à tout acte d’euthanasie, celle-ci étant comprise comme tout comportement, action ou omission, dont l’objectif est de donner la mort à une personne pour mettre ainsi fin à ses souffrances. » (...)

Source : present.fr

 

 

par Jeanne Smits, 11/01/2014

Vincent Lambert est de nouveau menacé de mort par le Dr Eric Kariger, chef du service de gériatrie du CHU de Reims. Au cours d'une réunion avec la famille, ce matin, le médecin – catholique pratiquant, membre du PCD – a signifié sa décision : son patient, tétraplégique, en état de conscience minimale, mais par ailleurs en bonne santé, doit bénéficier de l'arrêt de l'obstination déraisonnable que constitue le maintien artificiel de sa vie par l'administration de nourritures et d'hydratation.

C'est une décision de mort, d'euthanasie par omission.

Elle n'est pas inattendue : voici des mois, depuis que le tribunal administratif de Chalons-en-Champagne avait ordonné que Vincent Lambert fût réalimenté après 31 jours de jeûne contraint, que le Dr Kariger se répandait dans la presse pour justifier la décision qu'il indiquait clairement vouloir reprendre, en invoquant les éléments de la loi Leonetti évoqués ci-dessus.

Car il faut le savoir, la loi Leonetti est déjà une loi d'euthanasie, même si la lettre de la loi permet de discuter l'application d'une décision d'arrêt des soins ordinaires que sont la nourriture et l'hydratation à une personne qui n'est pas du tout en fin de vie.

Les travaux préparatoires de la loi prévoyaient cependant qu'on ne cesse pas l'hydratation, en raison des souffrances que cela pouvait provoquer.

Même cette considération est aujourd'hui balayée car la première fois, Vincent Lambert a mis trop de temps à mourir…

Bien sûr, l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation sont censés servir au bien du patient, qui n'est pas malade et qui à l'occasion sort même de l'hôpital pour être en famille… Il l'aurait voulu, il n'a plus de vie relationnelle, il est dépendant : voilà ce que le Dr Kariger a répété dans la presse ces derniers mois. On « suspectait » chez lui un « refus de vivre ».

Que sa mère, son père, et d'autres membres de la famille aient suspecté chez lui une volonté de vivre, cela n'importe pas, le Dr Kariger prenant seul cette décision en interprétant le doute dans le sens de la mort, soutenu par la femme de Vincent et une partie de ses frères et sœurs.

Mais la question n'est pas de savoir ce qu'aurait voulu Vincent Lambert, mais de se demander s'il est licite de « laisser mourir » un être humain dans ces conditions, ou plutôt de provoquer délibérément sa mort en cessant de l'alimenter.

Tout au long de ces derniers mois, les convictions religieuses de Pierre et Vivianne Lambert, ses parents, présentés comme proches de la Fraternité Saint Pie X, ont aussi été évoquées dans la presse pour expliquer leur refus de la « réalité » et leur obstination en faveur de la vie de leur enfant.

Sans doute faut-il de nos jours avoir quelques convictions morales et religieuses pour comprendre que la vie humaine doit être respectée,  même lorsqu'elle est diminuée et fragile. Mais nul besoin pour cela d'être « intégriste », réel ou supposé. Un des plus beaux documents dénonçant le caractère euthanasique du refus de nourriture et d'eau, soins toujours dus lorsqu'elles apportent un bénéfice au patient dans leur ordre propre, a été co-signé par Mgr Vingt-Trois et le grand rabbin David Messas. C'est ici.

Me Jérôme Triomphe, qui s'est battu comme un lion pour arracher une première fois Vincent Lambert à sa mort programmée, engage un référé pour empêcher cette nouvelle tentative. Procédure d'urgence : l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation est prévue dans de très brefs délais.

Source : leblogdejeannesmits.blogspot.fr

 

 

par Jean-Claude Bésida, 08/01/2014

Lors de la cérémonie des vœux le 7 janvier, François Hollande a annoncé qu’il entendrait les représentants religieux sur la fin de vie « probablement » en février.

 

Pour les traditionnels vœux aux autorités religieuses, François Hollande a rencontré à huis clos, le 7 janvier, les représentants des principales religions de France pendant une heure au palais de l’Élysée.

La situation internationale avec la Centrafrique et la Syrie, mais aussi la nécessité du respect envers les cultes ont été évoquées. Mais la principale annonce du président fut sa proposition de consulter spécifiquement les responsables religieux sur les questions qui font actuellement l’objet de projets de loi : fin de vie et PMA.

Une annonce « plutôt réconfortante », selon Mgr Pontier

Dans la cour de l’Élysée, Mgr Georges Pontier , archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, et Mgr André Vingt-Trois , archevêque de Paris, ont répondu aux questions de  Famille Chrétienne . Sur la consultation des autorités religieuses, le premier a expliqué qu’elle « devrait avoir lieu probablement courant février  ». S’il espère bien évidemment qu’elle soit organisée de manière plus sérieuse que pour le « mariage pour tous », il ajoute : «  Sur le principe, il est plutôt réconfortant de constater que le gouvernement souhaite consulter les autorités religieuses spécifiquement sur la question de la fin de vie, mais aussi sur les autres questions ».

Sur les profanations de ces dernières semaines, Mgr Vingt-Trois qui, quelques jours auparavant, avait appelé à ce que  « des voix se fassent entendre » , a expliqué que « le président a tenu le langage d’un défenseur de la laïcité et de la liberté des religions. Il a donc rappelé que l’État veillait à ce que les religions puissent exercer leur culte de manière sécurisée  ».

Quant à « l’affaire Dieudonné » et aux Femen , l’archevêque de Paris précise : « C’est un avertissement qui nous invite à réfléchir sur la manière dont notre culture a tendance à se laisser entraîner dans la dérision et la provocation comme moyen d’expression. Il y a des choses qui ne se font pas et ne se disent pas. Si on n’a pas de frontière,  il y aura une surenchère   » .

Source : famillechretienne.fr

 


Organisé par Alliance Vita :

 

Université de la vie

 

L’université de la vie est un Cycle de formation en Bioéthique organisé par l’association Alliance VITA. Pour sa 6e édition,70 départements de France proposeront de vivre l’événement en simultané. Une proposition de formation VITA qui ne concerne donc plus seulement Paris et IDF, mais toutes les régions de France.

Objectif

Ce cycle de formation propose de parcourir et d’approfondir en 5 soirées les enjeux actuels de la bioéthique pour agir au service de la vie. Une façon  de susciter une réflexion pratique et concrète, ancrée dans le quotidien, sur le sens de la vie humaine.

Thème

Cette année, le thème retenu est « Qui est l’Homme ?« , un sujet qui invite à faire le lien entre la manière dont la société et les Français abordent ce sujet isolément ET la culture que cela dessine.

Intervenants

Les interventions s’appuient sur des expériences concrètes. Parmi les intervenants seront présents notamment : Docteur Xavier Mirabel, Tugdual Derville, Caroline Roux, Ségolène du Closel, Henri de Soos ainsi que plusieurs experts et témoins qui participeront aux soirées au niveau national ou local.

Où ?

Dans 70 départements en France métropolitaine
(cf. liste des villes)

Quand ?

5 lundis du 13 janvier au 10 février 2014 de 20h15 à 22h30

Comment ?

Une formation inédite en visioconférence, interactive et participative

Avec qui ?

Des interventions de personnalités, d’experts et de témoins

Programme

 1. A l’origine de la vie humaine : anthropologie, procréation, maternité, paternité

  • Maternité, grossesse, IVG : questions et enjeux
  • Qu’est-ce que la dignité humaine ?
  • Décryptage des derniers rapports gouvernementaux sur l’IVG

> Éclairage philosophique : Le « projet parental » : nouvelle approche de l’engendrement

2. Homme ou femme : interchangeables ?

  • Les ressorts de la théorie du genre
  • Les méthodes d’AMP et le Gender
  • Une enquête sur la diffusion du genre en école primaire

> Éclairage philosophique : Existe-t-il une identité féminine, une identité masculine ?

3. Fragilité, dépendance et interdépendance

  • Prendre soin de la vie, prendre soin les uns des autres
  • L’écoute des souffrances humaines : une attitude pour la vie
  • Médecine préventive et handicap

> Éclairage philosophique : Qu’est-ce que le progrès, dans le cadre de la dignité humaine ?

4. Un temps pour vivre, un temps pour mourir

  • Comment la question de l’euthanasie se pose-t-elle aujourd’hui en France ?
  • Point législatif : bilan et perspectives en France
  • Les dérives dans les pays ayant légalisé l’euthanasie

> Éclairage philosophique : que signifie la mort ?

5. Le Transhumanisme : vers une « intégration homme – machine » ?

  • Les ressorts du Transhumanisme
  • Pour une culture de la vulnérabilité
  • Décryptage médiatique

> Éclairage philosophique : qu’est-ce que la liberté ? Accepte-t-elle la notion de limites ?

Source : universitedelavie.fr

 

 

par Pierre Bienvault, La Croix, 20/12/2013, extraits

Dans un avis, rendu public le jeudi 19 décembre, l’Ordre des infirmiers estime qu’il y a une « incompatibilité complète » de l’euthanasie et du suicide assisté « avec le rôle de l’infirmier et ses règles professionnelles ».

L’Ordre des infirmiers a décidé de prendre la parole sur le dossier de la fin de vie. Avec une position claire et tranchée. « Et une volonté de ne pas être instrumentalisés par qui que ce soit », prévient son président, Didier Borniche. Dans un avis, publié jeudi 19 décembre, l’Ordre affiche son refus de toute légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. « Dans l’état actuel des textes régissant la déontologie de l’infirmière, il y a incompatibilité complète de l’assistance à mourir, du suicide assisté, a fortiori de l’euthanasie, avec le rôle de l’infirmier et ses règles professionnelles », affirme l’instance ordinale.

Une meilleure prise en charge de la douleur

Selon elle, la première réponse, « indispensable », est l’amélioration de la prise en charge de la douleur. « Avant de demander l’interruption des soins ou l’interruption de la vie, la personne souhaite avant tout ne pas souffrir, ce qui est un droit consacré par la loi (…) Bien souvent, une bonne prise en charge de la douleur éloigne le désir d’interrompre les soins et de ne plus vivre », indique l’Ordre, en déplorant que, trop souvent, cette prise en charge de la douleur reste encore inégale et insuffisante. (...)

Généraliser les infirmières de nuit dans les maisons de retraite

Autre problème concret : celui de la présence, largement insuffisante, du personnel infirmier, la nuit, dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Une enquête de l’Observatoire de la fin de vie, publiée en septembre, constatait que seulement 14 % d’entre eux ont une présence infirmière la nuit. Le rôle de cette profession est pourtant crucial dans les Ehpad où 90 000 résidents décèdent chaque année. Elle peut en effet, face à une situation de fin de vie, délivrer un protocole de soins sur place et éviter des transferts mal préparés et souvent délétères vers les urgences hospitalières. Face à ce constat, l’Ordre réclame une « politique volontariste » pour généraliser l’infirmière de nuit dans les Ehpad, mais aussi dans les établissements pour personnes handicapées. (...)

Le refus de tout « glissement » en matière d’euthanasie

Enfin, au terme de son avis, l’Ordre refuse toute légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. En juillet, dans son avis sur la fin de vis, le Comité national d’éthique avait évoqué la banalisation de l’euthanasie en Belgique en soulignant qu’il n’était pas rare qu’elle soit pratiquée par des infirmières alors qu’en théorie, elles n’en ont pas le droit. Pour les infirmiers, il n’est pas envisageable d’accepter un tel glissement en France. « Or, il est très prévisible qu’il advienne en cas de légalisation de l’euthanasie comme le montrent ces exemples étrangers. Faire porter tout le poids de l’euthanasie sur l’infirmière n’est absolument pas acceptable. La loi doit être extrêmement claire sur ce point », avertit l’Ordre.

Source : la-croix.com

 

 

par Jeanne Smits, 19/12/2013

Vincent Lambert : l’étau se resserre

Tout, dans l’affaire Vincent Lambert, jeune tétraplégique de 37 ans, de nouveau menacé de mort par l’équipe de gériatrie qui le soigne par retrait de son alimentation, concourt pour montrer que l’euthanasie est déjà entrée dans les mœurs médicales françaises. Si l’application de la loi Leonetti à un homme encore jeune qui n’est pas malade, juste profondément handicapé, incapable d’exprimer ce qu’il ressent, est contestable en droit, elle paraît parfaitement normale au médecin qui veut passer à l’acte, à Jean Leonetti lui-même qui a appuyé la décision du Dr Eric Kariger, à une responsable d’éthique d’un grand hôpital et centre de soins palliatifs comme l’hôpital Cochin à Paris, le Dr Véronique Fournier.

Oui, on peut tuer un patient tétraplégique, qui n’est pas en fin de vie, qu’il soit capable ou non d’exprimer sa volonté, en le privant de nourriture – considérée comme un « traitement médical » qui maintient « artificiellement » la vie – quand bien même l’administration par sonde se fait simplement pour éviter les fausses routes, et que tous les organes de l’intéressé fonctionnent normalement. Oui, on peut le faire, dit en substance le Dr Véronique Fournier dans une récente interview au Monde, il faut même le faire mais – pour ne pas être trop barbare, pour ne pas retarder la survenue de la mort – à condition de couper aussi l’hydratation. Curieux : les travaux préparatoires de la loi Leonetti recommandaient de ne pas supprimer l’hydratation du patient, justement parce que la mort par soif est présentée comme trop cruelle.

Il y a eu le cas d’Hervé Pierra, dont l’agonie abominable a incité le responsable de l’unité de soins palliatifs où se trouvait ce jeune tétraplégique, le Dr Bernard Devalois, à réclamer lui aussi que l’on puisse ajouter au processus des « soins palliatifs adaptés ». Mais toujours dans le but de tuer.

Vincent Lambert, lui, avait survécu au printemps à 31 jours de retrait d’alimentation, parce qu’il recevait encore 500 ml de liquide chaque jour, avant d’être sauvé in extremis par un référé-liberté engagé par ses parents, qui s’opposaient à sa mise à mort volontaire.

Aujourd’hui, l’affaire va vers un nouveau paroxysme, puisque le Dr Kariger, ayant obtenu l’accord de la femme de son patient, a engagé une nouvelle « procédure collégiale » prévue pour décider de l’euthanasie, l’illégalité de la première ayant été constatée par le tribunal de Châlons-sur-Saône au printemps.

Entre-temps, le Dr Kariger a multiplié les interventions dans la presse pour justifier le « processus de fin de vie ». Avant la consultation « collégiale » qui s’est déroulée le 9 décembre, il avait déjà déclaré – c’était le 16 octobre dans Libération – : « Il faut arrêter. » Se disant prêt à aller « devant la justice » pour faire « consolider ce choix ». Aussi la rencontre du 9 décembre était-elle d’avance programmée comme une formalité destinée à justifier la mise à mort.

Les parents de Vincent Lambert, devant cette certitude et cette manipulation ont, par la voix de leur avocat, demandé la récusation du Dr Kariger, juge et partie, qui a systématiquement refusé de prendre en compte leur volonté et qui s’est refusé à ce que son patient soit accueilli dans un centre spécialisé pour les personnes dans son état. Refus net du médecin. C’est à tel point que le responsable de ce service de neurologie de Nancy, le Pr Ducrocq, s’est trouvé seul, le 9 décembre à Reims à la réunion dite collégiale, pour défendre la vie de Vincent, pour le simple motif qu’il n’est pas en fin de vie. Devant un panel d’une dizaine, peut-être une vingtaine de médecins défendant le choix de Kariger. Une mascarade. On attend d’ici à Noël la « décision collégiale » qui en découlera. Tout laisse prévoir qu’elle consistera en un choix de passage à l’acte rapide.

Le Figaro de samedi publie un remarquable résumé de la situation par notre consœur Delphine de Mallevoüe qui, en employant les mots justes, met le doigt sur la réalité française : nonobstant tous les débats, propositions de lois et autres panels citoyens, on peut aujourd’hui sans craindre des poursuites évoquer publiquement « l’euthanasie » programmée d’un homme jeune.

Elle donne également la parole au Dr Bernard Jeanblanc, chef de service d’une unité de polyhandicapés, qui vient de voir Vincent Lambert. « Si on euthanasie un patient comme Vincent Lambert, quid des 1 500 autres qui sont comme lui ? On les élimine ? Sur quels critères ? Parce qu’ils sont handicapés ? Qu’ils ne servent à rien ? (…) Comment le Dr Kariger, qui reconnaît l’incapacité objective de Vincent à communiquer, peut-il soutenir avec une telle force de conviction qu’il a exprimé un refus de vivre ? (…) On ne peut baser un arrêt de mort sur des suppositions, c’est très grave ! A plus forte raison quand il s’agit de “faire mourir” et non de “laisser mourir”. »

Source : leblogdejeannesmits.blogspot.fr , article extrait de Présent du mercredi 18 décembre 2013