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Article de Jeanne Smits

Euthanasie en France : référé gagné ! Vincent Lambert vivra...

Mais il reste menacé

Le 11 mai 2013

Extraordinaire victoire, samedi après-midi, pour le respect de la vie ! Devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, un référé-liberté plaidé en faveur de Vincent Lambert, 37 ans, a abouti à une ordonnance qui a reconnu le droit de ses parents et d'une partie de ses proches de s'opposer à ce qu'il soit tué lentement par l'arrêt de son alimentation.

Me Jérôme Triomphe venait de plaider avec passion contre la mise à mort volontaire du patient, au nom de ses parents, de sa sœur et de son demi-frère ; Me Paillard avait exposé l'éthique biomédicale qui exige le respect de la vie. L'audience, chargée d'émotion, avait duré plus de deux heures. Ils ont été entendus et compris.

Vincent Lambert : oui, c'est le vrai nom de celui que jusqu'ici, dans un souci de discrétion visant à donner un maximum de chances aux démarches pour sauver sa vie, j'ai appelé « Hervé ».

C'est un jeune homme frappé il y a quatre ans et demi par un accident de voiture qui l'a laissé gravement handicapé. D'abord maintenu dans un coma artificiel, il est resté ensuite pendant deux ans dans un coma végétatif. Puis il est entré dans un coma pauci-relationnel, qui correspond chez lui à un état de « conscience minimale plus » où existe une interaction avec l'environnement : Vincent peut suivre des yeux, réagir aux voix familières, manifester la conscience de ses émotions. Il sourit. Ou plutôt : il souriait.

Depuis qu'une équipe médicale a décidé que, sa « qualité de vie » étant insuffisante, il convenait de lui couper l'alimentation et une bonne part de son hydratation en vue de le faire mourir, il pleure lorsque sa mère ou ses proches viennent le voir...

Cet arrêt de l'alimentation et la diminution drastique de son hydratation, réduite de 3 litres au total à 500 ml par 24 heures, ont été mis en place depuis le 10 avril dernier, avec le consentement de son épouse, mais malgré l'opposition expresse de ses parents et d'une partie de sa famille qui n'ont été d'aucune façon entendus à propos de cette décision médicale, qui n'est rien d'autre qu'un arrêt de mort par cessation des soins.

C'est très exactement une euthanasie par omission.

Le juge des référés, Mme Monbrun, a ordonné samedi après-midi à 16 h 45 que l'alimentation et l'hydratation normales de Vincent Lambert soient rétablies, annulant par ce fait la « décision collégiale » qui avait été prise le 8 avril par l'équipe médicale du CHU Sébastopol de Reims, de le faire mourir à petit feu au motif que ces soins apparaissent aujourd'hui comme « inutiles, disproportionnels et ayant comme seul effet le maintien artificiel de la vie ».

Elle a ainsi reconnu qu'il y avait une « atteinte grave et manifestement illégale » à une « liberté fondamentale » qu'il s'agissait de sauvegarder : la vie même de Vincent Lambert, menacée, et le droit de ses proches qui ne souhaitaient pas le voir tué. L'urgence étant caractérisée par l'affaiblissement déjà très avancé du patient du fait de ce refus de nourriture et d'eau.

Au nom du principe du « respect de la vie » affirmé par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, que doit respecter notamment « toute personne morale de droit public » tel un hôpital public, l'ordonnance de référé rappelle que le juge des référés peut prendre toutes les mesures de nature à faire cesser le danger « lorsque l'action ou la carence d'un tel établissement crée un danger caractérisé et imminent pour la vie d'un patient, portant ainsi une atteinte grave et manifestement illégale à cette liberté fondamentale ».

Vincent Lambert, à l'heure où j'écris ces lignes, est hors de danger. Par l'effet de l'ordonnance de référés, on a recommencé à lui administrer du glucose et son alimentation est rétablie avec toute la précaution et la progressivité que requiert son état. Sa vie est sauvée.

Mais pour combien de temps ? Le résultat du référé a provoqué la « rage » des médecins et notamment du chef de service de l'unité de soins palliatifs où Vincent est hospitalisé. Une colère que m'a décrite Me Triomphe : il l'a constatée sur place au CHU de Reims, samedi après-midi, où les médecins chargés de soigner Vincent Lambert ont clamé qu'ils feraient tout pour procéder quand même à l'arrêt de la nourriture et de l'essentiel de l'hydratation de Vincent Lambert, refusant son transfert dans un autre hôpital plus respectueux de la vie au motif qu'ils sont « responsables » du jeune homme, rejetant encore et encore la volonté expresse de ses parents et d'une partie de sa famille de le voir ainsi volontairement poussé vers la mort.

C'est la pure volonté de tuer – et j'écris cela en pesant mes mots, sans craindre de me voir contredire – puisque tel est l'objectif unique de l'arrêt de la nourriture et de l'hydratation.

Ces médecins qui ont pris en toute illégalité – c'est ce qu'établit l'ordonnance de référé – la décision de faire mourir Vincent Lambert de faim et de soif, entendent maintenant refaire toute la procédure de manière respectueuse de la loi, cette fois, pour lui couper encore les vivres.

Comment peuvent-ils prétendre cela ?

Un élément peut, selon la manière dont on interprète la loi, leur donner raison, et il faut que la France le connaisse, qu'elle sache qu'aujourd'hui la loi française peut permettre de tuer un patient en le précipitant vers sa fin de vie.

Un deuxième leur donne tort, absolument et d'emblée, nous allons voir comment.

1. La décision d'arrêter les traitements, même en l'absence de situation de maladie en phase terminale, est une possibilité offerte aux médecins dans le cadre de la loi Leonetti. Cela correspond à la volonté d'éviter qu'une « obstination médicale déraisonnable » n'impose d'inutiles souffrances au patient ; c'est le refus de l'« acharnement thérapeutique » qui permet de refuser les traitements « inutiles, disproportionné ou qui n'ont d'autre objet que le maintien artificiel de la vie ».

« Traitement » : le mot dit bien ce qu'il veut dire et ne désigne pas de lui-même les soins ordinaires dus à tout patient et d'ailleurs à tout homme dans la mesure du possible : un toit, l'hygiène, la nourriture et l'eau.

L'entourloupe de la loi Leonetti, qui apparaît dans ses travaux préparatoires et qui est confirmée dans le rapport d'évaluation de l'application de la loi par le même Jean Leonetti, consiste à classer le soins ordinaire qu'est la nourriture (même administrée par sonde) au nombre des « traitements médicaux ».
L'ordonnance de samedi prend acte de cette possibilité et suit non la lettre de la loi, mais ces éclairages plus que douteux du point de vue du droit, puisque la loi interdit au médecin tout acte de nature à provoquer la mort.

On peut craindre que le droit français ne finisse par entériner cette interprétation qui aboutit à donner aux médecins un pouvoir de vie et mort sur leurs patients, même des patients qui comme Vincent Lambert vivent comme tout être humain grâce à l'absorption de nourriture et d'eau et qui ne souffrent d'aucune maladie qu'il faudrait soigner.

La morale et le bon sens imposent cependant de noter que la nourriture et l'hydratation même administrées autrement que par la bouche ne sont pas des soins extraordinaires ni un traitement médical : la vie qui est maintenue ainsi n'est pas plus « artificielle » que celle d'un nourrisson que l'on nourrit ou d'un malade trachéotomisé qui reçoit sa « ration de survie » par sonde. Il ne s'agit pas de prolonger par des moyens techniques disproportionnés une vie qui ne tient plus qu'à un fil. La preuve : c'est le refus de nourriture qui va opérer la dégradation de la santé du patient et provoquer, lentement mais sûrement, une mort cruelle.

2. Mais cette décision de refuser la nourriture et l'essentiel de l'hydratation doit répondre à des règles strictes. Il faut tenir compte de la volonté du patient si elle peut s'exprimer. Sinon, l'équipe médicale doit tenir compte, le cas échéant, si elles existent, de ses directives anticipées, mais ne peut prendre sa décision de mort sans consulter la famille et les proches du patient.

Et s'il y a opposition, il faut aussi en tenir compte.

Dans le cas de Vincent Lambert, ainsi que le plaida Me Jérôme Triomphe et ainsi que les pièces produites devant le juge allaient l'établir, la décision de mettre fin à sa vie a été envisagée dès le mois de janvier, et que l'épouse du jeune homme y a été « associée » dès début février. Mais ses parents n'en ont pas été tenus informés : certes on a parlé à sa mère, le 5 avril, sans précisions, mais assez pour que celle-ci manifeste sa ferme opposition à toute éventualité d'une telle décision.

Elle a été prise pourtant le 8 avril et mise en œuvre le 10 avril.

Les médecins qui soignent Vincent Lambert assurent que sa famille a été régulièrement tenue au courant... à partir du 25 avril. En effet ! Mme Lambert a été alertée par certains de ses enfants que Vincent, à ce qu'ils avaient remarqué, n'était plus nourri, et c'est elle qui s'est précipitée à Reims pour aller dire aux médecins son refus absolu d'une telle procédure qui constitue une mise à mort volontaire !
C'est sur ce point de non-respect de la procédure prévue par l'article 2. 4127-37 du code la santé publique que le juge des référés a donné raison à M. et Mme Lambert.

L'ordonnance souligne le défaut d'information dont ont ils été victimes par rapport à la mise en œuvre de la procédure collégiale par laquelle un médecin, conforté par l'avis favorable d'un autre médecin étranger au cas, peut décider de couper les vivres à un patient pour le faire mourir. L'ordonnance dénonce aussi que le fait que les parents « n'ont pas été informés de la nature et des motifs de cette décision ». Plus important encore, le juge souligne que « la décision d'arrêter l'alimentation et de limiter l'hydratation n'a pas pris en compte les souhaits des parents de M. Vincent », et ce quand bien même une partie de ses frères et sœurs et son épouse se sont montrés d'accord avec elle.

Autrement dit, en cas d'opposition de la famille, en l'occurrence le père et la mère de la victime qui sont tout de même on ne peut plus proches, les médecins ont l'obligation d'en tenir compte.

C'est un frein réel à l'application mortifère de la loi Leonetti, et cette affaire a eu pour premier mérite de le mettre en évidence.

Lorsque les médecins de Reims prétendent remettre en route une procédure collégiale, cette fois en respectant les conditions posées par la loi, non seulement ils soulignent en creux la manière illégale dont ils ont agi, mais ils méconnaissent ce droit des parents qu'en tout état de cause ils doivent respecter en s'abstenant de prendre une décision de mise à mort.

Il n'est pas inutile de noter que les documents médicaux produits par le CHU de Reims en défense de sa décision démontrent l'état de conscience réel quoique apparemment très diminué et le fait qu'il ressent des émotions. Ni que la décision de faire cesser son alimentation et de limiter fortement son hydratation ont fait suite à ce que l'équipe médicale appelle des « signes d'opposition comportementale de la part de M. Lambert lors des actes de "nursing" a fait suspecter un refus de vivre et a suscité une réflexion éthique au sein de l'équipe médicale ».

En clair : il a montré son inconfort lors de la toilette, des soins de bouche...

Cela leur a suffi.

Source : blogdejeannesmits

 

 

Nous avons commencé à publier précédemment, ici, le calvaire du jeune homme et de sa famille se battant contre une euthanasie imposée.
La famille continue le combat et le ton monte.

Un article de Jeanne Smits :

France : un jeune homme se meurt d'euthanasie lente – mais sa famille se bat

Le jeune homme qui se meurt lentement dans un hôpital, « quelque part en France », affamé par décision du corps médical, s'affaiblit de jour en jour. Mais une lueur d'espoir existe désormais. La famille de celui que nous avons appelé « Hervé », horrifiée de voir ses souffrances physiques et morales, a décidé de ne pas en rester là. Elle veut se battre jusqu'au bout.

Elle dit NON à cette nouvelle barbarie qui prétend autoriser des médecins à faire mourir des malades à petit feu, en cessant de les nourrir, en les privant presque totalement d'eau.

Elle dit NON à une interprétation de la loi Leonetti sur la fin de vie qui a déjà servi de couverture à des assassinats de ce type.

Elle dit NON à l'euthanasie par omission que l'on impose sournoisement tandis qu'on fait croire que la question est encore en débat ; une euthanasie par omission que Jean Leonetti lui-même entend faciliter et rendre apparemment moins cruelle par la « sédation palliative » qui permettrait de masquer les affres de ceux qui mourront de faim et de soif parce que des médecins en auront décidé ainsi.

Il y a donc du nouveau depuis l'article de la semaine dernière : la famille d'Hervé vient de trouver un avocat prêt à se battre pour défendre les droits du jeune homme et des siens et l'a saisi le 7 mai au soir. Me Jérôme Triomphe sait que l'affaire est dure. Il s'agit de faire annuler une décision médicale qui est dans l'air du temps ; de contrer la puissance de mort dont tant de médecins se sentent désormais investis ; de prôner une logique de respect de la vie la plus fragile et non de raisonner en termes économiques – et il est impossible de croire que la logique économique n'intervient pas dans cette affaire, sous couleur de mettre fin aux souffrances d'un accidenté dans le coma.

Bref rappel des faits. Il y a quatre ans et demi, Hervé, alors âgé de quelque 33 ans, était victime d'un accident de la route. On le plongea dans un coma artificiel dont il allait sortir, pour se trouver dans un coma végétatif. Il y restera pendant deux ans – mais peu à peu, son état s'améliore et il se trouve aujourd'hui dans un « coma pauci-relationnel », c'est-à-dire un état de conscience minimale où le patient est sensible aux émotions, aux stimuli extérieurs ; Hervé a une activité visuelle, et il réagit aux propos de ses proches.

Il se trouve, je suis désormais en mesure de vous le dire, au CHU Sébastopol de Reims.

Hervé ne souffre d'aucune maladie particulière, et à plus forte raison d'aucune affection en stade terminale, il ne se trouve nullement dans un état de souffrance insupportable – ou en tout cas, il ne s'y trouvait pas avant qu'on prît la décision, le 10 avril, de cesser totalement de le nourrir et de ne plus lui donner que 500 ml d'eau contre les 3 litres de liquide par 24 heures que lui apportaient l'alimentation et l'hydratation par sonde dont il bénéficiait depuis 4 ans et demi.

Sans eau, un homme meurt assez vite : en une quinzaine de jours... Avec un peu d'eau, le processus est bien plus long. Mais cela ne change rien à l'intention de tuer qui est celle des médecins qui décident de ne plus apporter les soins ordinaires – c'est-à-dire ce qui est dû, dans la mesure du possible, à tout être humain, nourrisson ou vieillard, malade ou bien-portant, prisonnier ou libre. Et les médecins ont une obligation spécifique à cet égard : protéger et soigner, tout faire qui ne constitue pas une obstination déraisonnable qui aurait pour seul effet de prolonger artificiellement la vie.

Ce jeune homme qui souffre et qui se voit mourir n'a aucun moyen de parler pour lui-même. Alors c'est sa famille qui est sa voix.

Une famille qui aurait dû être écoutée, aux termes de la loi Leonetti, et qui ne l'a pas été. Le 5 avril dernier, des responsables de l'équipe médicale de l'hôpital demandait à la mère d'Hervé d'entamer un « cheminement » personnel par rapport à un processus dont il était simplement suggéré qu'il était envisagé : priver Hervé de nourriture pour le conduire vers la mort. Aucune « décision collégiale ». Aucune consultation formelle à cette fin. A ces suggestions, la mère d'Hervé opposa des protestations fermes. On lui fixa un rendez-vous au 15 mai pour qu'elle puisse revenir avec son mari, qui était alors lui-même hospitalisé pour une intervention.

Mais fin avril, elle découvrit, par deux de ses autres enfants qui rendant visite à Hervé, constatèrent qu'il n'était plus alimenté, que ce processus avait été mis en place dès le 10 avril. Autrement dit, sans que la famille et les proches du jeune homme n'eussent été informés, comme l'exige pourtant la loi, de la mise en œuvre de la « procédure collégiale » de décision d'arrêt des « traitements », auxquels sont ici assimilés les soins ordinaires que sont la nourriture et l'hydratation. Décision « manifestement illégale », comme le souligne l'avocat.

Le 8 mai, Me Jérôme Triomphe a saisi le procureur de Reims sous l'intitulé : « Urgent, danger de mort ». Démarche prise très au sérieux : elle a abouti à l'envoi de policiers à l'hôpital. On sait que par ailleurs ils ont appelé l'épouse d'Hervé, et sont finalement allés chez elle pour l'entendre. Quoi qu'il en soit les médecins qui « soignent » Hervé refusent toujours de rétablir l'alimentation, malgré la demande expresse de ses parents, et même sous la menace de poursuites et la mise en évidence de ce qui se trame réellement au CHU de Reims : une tentative d'assassinat.

Devant l'obstination des médecins, c'est désormais le juge administratif qui est saisi dans le cadre d'un référé-liberté qui se plaidera à Châlons-en-Champagne, dès que possible et on espère dès ce vendredi malgré le pont, afin que toutes mesures soient prises pour sauver la vie d'Hervé, faire cesser la grave maltraitance dont il est victime, sauvegarder les droits de sa famille et donner à celle-ci la possibilité de transférer Hervé dans une structure respectueuse de son droit de vivre qu'affirment aussi bien la loi Leonetti que le droit européen.

Me Triomphe a rappelé en effet le droit fondamental à la vie qu'affirme solennellement l'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH). Droit réaffirmé et renforcé par une résolution de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, le 25 janvier 2012, qui affirme :

• L'euthanasie, dans le sens de l'usage de procédés par action ou par omission permettant de provoquer intentionnellement la mort d'une personne dépendante dans l'intérêt allégué de celle-ci, doit toujours être interdite.

• Il ne peut être toléré que des décisions soient prises par une personne subrogée qui se fonde sur des jugements de valeur généraux ; en cas de doute, la décision doit toujours viser à préserver la vie de l'intéressé et à en prolonger la vie.

C'est une très grosse bataille qui se joue actuellement autour de la personne d'Hervé. Il y faut beaucoup de courage et de constance dans des circonstances particulièrement douloureuses et choquantes pour la famille.

Il faut que la France en parle.

Source : leblogdejeannesmits

Ce que dit l'Eglise sur cette question : ici et ici

 

Extraits d'un article de Jeanne Smits :

En France, un jeune homme se meurt, privé de nourriture

 
Cela se passe aujourd’hui et maintenant, quelque part en France, en pleine légalité et par application de la loi Leonetti. Un jeune homme – appelons-le Hervé – dans le coma depuis plusieurs années après avoir été victime d’un accident de la route, a fait l’objet d’une décision d’« arrêt de soins ». Non pas des soins d’acharnement, d’interventions lourdes et pénibles. Non : on lui a supprimé la nourriture, et réduit de manière drastique la quantité de liquide administrée. (...)
 
Il n’y a qu’une issue possible, c’est l’issue recherchée : la mort.
 
En France, aujourd’hui, alors qu’on fait mine de débattre autour de l’euthanasie, le corps médical peut décider de faire mourir un malade de faim et de soif, et les proches n’y peuvent rien. Ils ne peuvent que le regarder partir, la mort dans l’âme, bouleversés de voir que cette mort est voulue et organisée pour elle-même. C’est la définition de l’euthanasie. « Euthanasie par omission », en l’occurrence. Mais euthanasie quand même.
 
Coma ? Le jeune homme était en effet dans un état de coma profond après son accident. Puis, doucement, il est remonté au palier du coma végétatif. Et aujourd’hui, il est au stade du coma pauci-relationnel : cela veut dire qu’il est incapable de réagir de manière suivie à des instructions simples mais qu’il possède la conscience de son environnement, cette conscience fût-elle minimale. En particulier, il suit ses visiteurs des yeux. Dans ce type de coma, on constate une interaction avec l’environnement et notamment des réponses aux stimulations verbales, surtout lorsque la voix entendue est celle d’un membre de la famille.
 
Il a été démontré par plusieurs études publiées par Neurology que les patients en état de conscience minimale perçoivent les émotions et la douleur.
 
Cela ajoute à l’horreur de la situation. Les médecins qui ont pris la décision, depuis plusieurs jours déjà, de supprimer l’alimentation et une grande partie de l’hydratation de Hervé n’ont pas même l’excuse de se réfugier derrière l’inconscience, réelle ou supposée, d’un malade plongé dans un coma dépassé, d’un coma profond sans retour.
 
Et les proches le savent bien, qui voient Hervé perdre des forces de jour en jour – et pleurer lorsqu’il les entend entrer dans sa chambre d’hôpital.
 
Il pleure ? Mais c’est qu’il a de la conjonctivite, assurent les médecins.
 
Car il n’y a pas beaucoup de sympathie pour les proches de la part de ceux qui, « collégialement » comme le veut la loi Leonetti, ont pris la décision d’arrêter les « soins » d'Hervé – soins qui ne sont pas extraordinaires, et que nul n’est obligé d’accepter ou de fournir, mais soins ordinaires : apporter le minimum pour le confort d’un patient, ce qu’on ne devrait refuser à aucun être humain qui souffre : un abri, de quoi s’alimenter, de quoi boire.
 
Peu importe que cette alimentation soit apportée autrement que par la bouche, dès lors que cela ne fait pas inutilement souffrir le patient – qui est par ailleurs en bonne santé.
 
Les proches… Dans ce cas précis, c’est l’épouse du jeune homme qui a approuvé, peut-être demandé que la vie de son mari s’arrête là. Les parents, la famille de Hervé n’ont pas été consultés (la loi Leonetti le prévoit pourtant). Ils ont été mis devant le fait accompli. Et ont appris fortuitement que le processus avait déjà été mis en place. C’est la colère, la tristesse, l’indignation. Ils ont eu beau le faire savoir, le corps médical est implacable. Leur voix ne compte pour rien.
 
Et un jeune homme se meurt de mort lente, délibérément tué dans un hôpital français.
 
On peut supposer que, catholique, il n’aurait pas voulu de cette fin et ses larmes le confirment. La loi demande que l’on recherche la volonté du patient, s’il pouvait l’exprimer. Mais cela n’oblige non plus à rien. (...)
 
Le cas d'Hervé rappelle en de nombreux points celui de Terri Schiavo aux Etats-Unis, qu’on a laissée mourir de faim et de soif parce que son mari en avait obtenu le droit par voie judiciaire, contre la volonté de ses proches. Son calvaire et son décès, huit jours avant celui de Jean-Paul II, avaient profondément remué la société américaine. Le Vatican avait clairement dénoncé le processus comme une « euthanasie par omission », aussi répréhensible que n’importe quelle euthanasie dite « active ».
 
En France, c’est le silence qui est de mise – car on imagine que le cas de Hervé est loin d’être isolé. Et si j’ai choisi pour cet homme le prénom de Hervé, pour protéger son identité et celle de sa famille, c’est en pensant à Hervé Pierra, resté dans le coma après une tentative de suicide par pendaison : il est mort dans d’atroces souffrances après une semblable privation de nourriture. Ses parents et le lobby de l’euthanasie en tirent argument pour réclamer le « droit de mourir », de mourir vite.
 
Mais c’est la vie qui mérite d’être protégée et entourée des meilleurs soins possibles, sans quoi la société humaine devient barbare, décidant elle-même qui peut vivre et qui doit mourir.
 
Cet article a été publié dans Présent .
 
 
Les nouveaux événements dans le calvaire de ce jeune homme : ici
 
Ce que dit l'Eglise sur cette question : ici et ici
 

 

 Commentaires de Christophore

Quelle mort ?

Tandis que Leonetti et Sicard plaident pour la sédation terminale et la mort par déshydratation provoquée et donc dans les terreurs cauchemardesques de cette "sédation" (qui n'en est pas une pour l'imagination du malade seulement pour l'expression et la communication avec l'entourage) et la folie induite par l'état de déshydratation forcée avant l'heure, et croissant avec l'avancement de l'état de cette déshydratation violente qui ici n'est pas l'effet mais la cause de la mort, d'une mort lente dans la torture... remarquez que le médecin et scientifique Dr de Duve, Prix Nobel de médecine, n'en a pas voulu pour lui-même.

Certes, il a choisi de mourir mais comme un condamné à mort par injection létale, et non comme une zombie de "la sédation terminale" - qui n'a de sédation que le nom et l'apparence par inexprimabilité de la souffrance restant bloquée au-dedans du psychisme du malade.

Voyez l'annonce de ce choix :

"Le médecin et chimiste belge Christian de Duve, prix Nobel de médecine en 1974, est décédé samedi par euthanasie à l'âge de 95 ans.
"La mort, ce serait beaucoup dire qu'elle ne m'effraye pas, mais je n'ai pas peur de l'après car je ne crois pas. Lorsque je disparaîtrai, je disparaîtrai, il ne restera rien", avait-il confié le 8 avril au journal belge Le Soir (...)  "Il nous a quittés dans une grande sérénité, refusant la prise de calmants précédant l'injection décisive. Il est parti en nous disant Adieu et en nous souriant", a raconté au quotidien bruxellois sa fille Françoise. Source : Le Point

A l'inverse : ni lucidité ni accompagnement ni adieu avec la sédation terminale...
On comprend que le Prix Nobel de médecine ne l'ait pas choisie, cette longue agonie dans un tunnel de torture chimique dans l'isolement d'avec l'entourage.
Par ailleurs, pour ceux qui croient dans la survie de l'esprit par-delà la mort, la dignité n'est pas dans l'euthanasie.

La dignité est ailleurs. Et elle est inhérente à la personne elle-même.

 

 

 

 

L'investissement en soins palliatifs ne légitime pas l'«aide médicale à mourir»

Lors du 23e Congrès annuel du Réseau de soins palliatifs du Québec, qui débutait dimanche matin, la première ministre Pauline Marois a fait l'annonce d'un investissement de 15 millions $ en soins palliatifs.

Vivre dans la Dignité, de même que le Collectif de médecins du Refus Médical de l'Euthanasie, saluent cette décision tout en rappelant que cet investissement ne légitime pas "l'aide médicale à mourir" - un concept contraire à la philosophie et aux buts des soins palliatifs.

Les deux organismes rappellent qu'à l'heure actuelle seulement 30% des patients en fin de vie ont accès à des soins palliatifs. (...)

Source : Tuer n'est pas un soin. Vivre dans la dignité. (in newswire.ca)

 

 

Colloque le 11 mai : Protégeons les plus vulnérables

Le public, les médias et les professionnels de la santé sont invités à un colloque intitulé :

Protéger les plus vulnérables de l'euthanasie.

Sept conférenciers des milieux de la médecine, du droit et de la philosophie y prendront la parole, notamment le Dr Balfour Mount, fondateur des soins palliatifs en Amérique du Nord, et le Dr Patrick Vinay, directeur des soins palliatifs au CHUM.

La rencontre aura lieu le samedi 11 mai au Centre Mont-Royal (2200, rue Mansfield, Montréal. Métro Peel.)

de 8 h 30 à 12 h 45.

Les conférenciers seront disponibles pour rencontrer les journalistes de 10h45 à 11h et à partir de 12h45.

Pour plus d'informations, consultez en ligne les sites Internet : www.vivredignite.com et www.refusmedical.blogspot.ca

 

 

 

Saint Sacrement Veillee Vie Paris

 

Veillée pour la vie le 21 mai à Paris

Cette veillée de prière rassemble tous les franciliens
autour de leurs évêques.

Elle aura lieu le mardi 21 mai à 20h30 à Notre-Dame de Paris.

Le Pape François nous interroge :
« Savons-nous accompagner la vie ? ».

Avec Marie,
nous prierons pour que la vie soit respectée
de son début jusqu'à sa fin.

 

Source : Diocèse de Paris

 

 

 

 

Argentine : un évêque au secours d'un homme qu'on veut faire mourir en le privant de nourriture

Jeanne Smits 

le 4 mai 2013 (extraits)

Il y a une grosse différence entre l'Argentine en la France. En France, un jeune homme dans le coma peut être privé de nourriture en vue de le faire mourir sans que cela n'émeuve personne sauf ses parents, qui ne veulent pas de cette euthanasie par omission, et un journal comme Présent, et ce blog : il s'agit d'« Hervé », dont je vous disais jeudi qu'il est en train de mourir ici et maintenant.

En Argentine, le même scénario est en train de se dérouler dans la ville de Neuquén. Mais là, c'est l'évêque du lieu qui se mobilise et qui prend vigoureusement la parole en défense du jeune homme, Marcelo Diez.

Ce sont les membres de la famille de Marcelo Diez, 49 ans, qui ont demandé à la justice, il ya deux ans, le droit de le faire priver de nourriture et d'hydratation en vue de le faire mourir. Marcelo Diez est dans un coma végétatif depuis 19 ans.

La chambre civile du Tribunal supérieur de justice de Neuquén a répondu favorablement à leur demande il y a quelques jours, après les refus répétés des juridictions inférieures. Elle a même jugé qu'elle n'avait pas à intervenir par rapport à la demande des sœurs de Marcelo, estimant que leur décision de demander une « mort digne » pour leur frère, victime d'un accident de moto à l'âge de 30 ans, pouvait être accordée par les responsables médicaux sans l'intervention de la justice.

La décision dépasse ainsi très largement le cadre de ce cas d'espèce puisque désormais, dans la province de Neuquén, le retrait des soins ordinaires en vue de faire mourir un patient devra être considéré comme un droit.

Mgr Virginio Bressanelli, évêque du lieu, a lancé vendredi un appel solennel aux proches de Marcelo Diez afin qu'ils ne fassent pas mettre fin à sa vie jusqu'à ce que « son parcours sur cette terre prenne fin naturellement ». Son communiqué précise que l'Eglise et l'association Lucha Neuquina contra el Cancer, prendront le patient à leur charge.

Invoquant la constitution argentine qui garantit le respect de la vie « depuis la conception jusqu'à la mort naturelle », le prélat a plaidé pour son droit de vivre, « le premier droit qui fonde tous les autres ».

« En Marcelo, nous voyons Jésus, qui nous rappelle que chaque personne a du prix aux yeux de Dieu, le Père. »

Il précise aussi que, contrairement à ce qui se raconte, Marcelo « n'est branché à rien » et ne l'a pas été ces dernières années. « Dire que Marcelo Diez est dans un stade terminal ou à l'agonie ne correspond pas à la vérité. Dans son cadre, il jouit d'une santé stable, sans le moindre refroidissement, ni même d'escarres depuis fort longtemps. »

« Il n'est pas juste, par conséquent, d'appeler "mort digne" un mort atroce comme celle provoquée par l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation. La science médicale connaît et décrit la cruauté de cette pratique. Dans ce type de mort, personne n'exclut l'éventualité de grandes souffrances et d'une conscience partielle de ces souffrances », affirme le communiqué du diocèse.(...)

Source : leblogdejeannesmits

 

 

par Vivre dans la Dignité, 25/04/2013

Si le projet de loi du gouvernement de Mme Pauline Marois voyait le jour d'ici peu, les médecins québécois seraient obligés de référer un patient à un médecin qui accepterait de donner la mort par euthanasie à un patient qui en aurait fait la demande et qui répondrait aux critères établis par le Collège des médecins.

Depuis 10 ans les belges respectait l'objection de conscience des médecins ( i.e: pas d'obligation de référer à un autre médecin pratiquant l'euthanasie). On voit maintenant que la tendance en Belgique est maintenant d'élargir les critères de la loi et que le respect de ces conditions est impossible à contrôler. "L'expérience de 10 ans d'euthanasie en Belgique montre que les balises sont impossibles à contrôler et qu'elle tombent les unes après les autres," affirme Me Étienne Montéro, doyen de la faculté de droit de l'Université de Namur.

Source : vivredignite.blogspot.ca

 

 

En effet ce semble être le cas.

Si vous obligez un médecin - qui, pour des raisons qui le regardent, fait objection de conscience à coopérer à l'euthanasie - à orienter son malade à un autre qui va l'accomplir, cela revient à obliger le médecin objecteur à ne plus objecter puisqu'il devrait obligatoirement apporter son concours à un acte meurtrier, ne serait-ce qu'en orientant le patient vers celui qui va le faire. Il ne tuera pas de sa main, mais de son conseil.

Certes, les médecins croyants ou convaincus de devoir respecter leur serment ( "Jamais mon art ne servira à corrompre les mœurs ni à favoriser le crime" ) préfèreront la prison à la trahison. Mais, dès lors, ce sera le moyen de supprimer du pays concerné tous les médecins croyants ou simplement tous les médecins fidèles à la culture de la Vie.

Christophore

 

par pierrot le sam, edithvincke.be, 27/04/2013

"(...) Prenons le cas du médecin qui, pour l'une ou l'autre clause morale, refuserait de pratiquer une euthanasie et qui refuserait également d'orienter le patient vers un autre médecin ou vers une institution spécialisée en questions de fin de vie. Actuellement il n'y est pas obligé.

(...) Une adaptation de la Loi pourrait-elle y changer quelques chose?

Oui !

En incluant dans la Loi sur l'euthanasie l'obligation d'orienter le patient."

Source : edithvinckle.be

 

 

La loi Leonetti, surtout modifiée en ce sens, mais déjà à l'origine, ne peut satisfaire personne : la sédation profonde, a fortiori terminale, livre le malade pendant de longues heures - voire jours - d'agonie, impuissant, entre des mains étrangères et coupe tout lien de communication avec ses proches.

 

M.P., Journal International de Médecine, 25/04/2013

Dans la continuité de son propre texte, Jean Leonetti a déposé une proposition de loi qui doit être examinée aujourd'hui à l'occasion d'une niche parlementaire accordée à l'UMP. Etudiée dans sa version initiale, bien que fortement modifiée en commission, elle propose dans son premier article que toute personne atteinte d'une maladie en phase terminale ou d'une affection grave et incurable « est en droit de demander à son médecin traitant l'administration d'un traitement à visée sédative, y compris si ce traitement peut avoir comme effet secondaire d'abréger la vie ». Le second article offre la possibilité pour les patients de rédiger des directives anticipées. Ce texte est une façon pour Jean Leonetti de sonder la position exacte du gouvernement par rapport à l'euthanasie active et au suicide assisté. Il n'aurait que peu de chance d'être adopté. Il soulève en tout état de cause la colère de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité qui conteste que la sédation terminale puisse être considérée comme une avancée et dénonce une « manœuvre d'enfumage ».

Source : Journal International de Médecine

 

 

Deux nouvelles :
Le projet de loi de Jean leonetti est rejeté. Quant au projet de Loi du Gouvernement, il semble être repoussé car il attend le Comité National d'Ethique qui devait rendre son rapport fin avril pour que le Gouvernement présente son projet en juin. Mais le Comité ne rendra son rapport vraisemblablement que fin juin et le projet de loi sera plutôt pour la rentrée.
D'après ce qu'on peut lire ailleurs, le Gouvernement ne veut pas d'un deuxième scandale après le mariage pour tous, donc ils ont l'air de vouloir y aller avec des pincettes...

 

Le Point, 25/04/2013 (extraits)

Fin de vie: l'Assemblée ne veut pas encore la mise en oeuvre du rapport Sicard

Les députés ont rejeté jeudi, après en avoir longuement discuté, une proposition de loi de Jean Leonetti (UMP) visant à compléter sa propre loi de 2005 sur la fin de vie.

La proposition du député des Alpes Maritimes reprenait à son compte les recommandations du rapport Sicard qui avait été commandé par le chef de l'Etat et rendu en décembre dernier.

Elle crée d'abord "un droit à la sédation" pour les malades conscients en phase terminale dont les souffrances physiques et morales ne sont plus soulagées par les traitements.

Le malade pourrait ainsi demander à bénéficier de cette sédation profonde pour terminer sa vie en dormant, sans souffrance, a expliqué Jean Leonetti. [ndlr : Que la sédation profonde, terminale, permette de mourir sans souffrance, c'est tout sauf sûr. Bien au contraire : les cauchemars ne pouvant plus être exprimés, ce qui est garanti, c'est la solitude terminale : le malade meurt dans un isolement artificiel. Bel accompagnement !]

Le texte, dans un second article, offrait cette même possibilité pour les personnes inconscientes, via leurs "directives anticipées".

Jean Leonetti a souligné que sa loi de 2005, ainsi complétée, répondrait à quasiment "tous les cas", "sans franchir la barrière de l'interdit de tuer, fondement de notre pacte social".

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a reconnu qu'il "fallait aller plus loin" que la loi de 2005 encore très mal connue et très mal appliquée et salué la mission Sicard "qui a permis l'expression de près de 5.000 de nos concitoyens".

Elle a cependant souligné qu'il convenait, avant de légiférer, d'attendre l'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE). "Le gouvernement veut une réflexion large, apaisée, la consultation se poursuit", a-t-elle dit.

Le CCNE devait rendre son avis en avril mais ne le fera probablement qu'en juin. Le gouvernement lui même a promis un projet de loi sur le sujet, répondant ainsi à l'engagement 21 de François Hollande. (...)

Formellement, la proposition de loi a été "renvoyée en commission".

Source : lepoint.fr

 

 

 S'endormir avant de mourir : un nouveau droit ?

par Joséphine Bataille, La Vie, 24/04/2013

Jean Leonetti (...) propose d'aller plus loin que dans son texte précédent. Il appelle à un droit opposable, pour le malade, à recevoir une sédation qui le plonge dans le coma en fin de vie. Et à rendre le dispositif des directives anticipées contraignant pour les médecins. (...)
Propose-t-il une modification substantielle de la loi de 2005 actuellement en vigueur — dont il est lui-même l'auteur ? (...)

La loi Leonetti stipule que lorsque la souffrance d'un patient ne peut plus être soulagée par des antalgiques et des soins palliatifs, il faut le traiter en le plongeant dans l'inconscience (coma artificiel). (...) le député évoque aujourd'hui un « droit » qui soit contraignant pour le corps médical. (...)

Toute personne peut actuellement déclarer par écrit ce qu'il souhaite vivre en fin de vie en cas de maladie incurable – être réanimé ou pas, voir arrêter ses traitements de maintien artificiel en vie en cas d'inconscience etc. Mais ces directives ont pas de caractère obligatoire pour le médecin, qui décide aujourd'hui collégialement de ce qui relève ou pas de l'acharnement thérapeutique. C'est ce que Jean Leonetti propose de changer.(...)« Cette proposition va dans le sens des lois précédentes, sans lever l'interdit de tuer. Il fallait à l'évidence passer une étape supplémentaire : notre erreur a été de penser que l'on pouvait laisser les choses se faire de façon libre ».

Le traitement sédatif est autorisé par la loi alors que l'on sait qu'il a pour effet, dans la plupart des cas, d'accélérer cette mort que l'on entend laisser survenir naturellement. De ce fait, outre que l'utilisation fine et proportionnée de la sédation nécessite un savoir-faire qui peut faire défaut hors des services spécialisés, certains médecins se refusent à l'utiliser dans la crainte de basculer dans une pratique euthanasique. C'est pour contourner cela que le député évoque aujourd'hui un « droit » qui soit contraignant pour le corps médical.

(...) Quant au débat sur la mort médicalisée, le député dit avoir évolué, puisque toujours hostile à l'euthanasie, il accepte d'envisager la notion de suicide assisté. « Cela me paraît être une belle idée. A la différence de l'euthanasie, elle a l'avantage de ne pas mettre en conflit une éthique qui repose sur la solidarité nationale envers les plus fragiles, et une éthique qui défend l'idée d'autonomie et de maîtrise de sa propre vie », note Jean Leonetti.

Reactions :

jiminycriquet - 26/04/2013 à 08:44

La mort par sédation terminale, je vous signale qu'elle est tout sauf douce! M'enfin, pourquoi ne fait-on pas comme en Suisse, des "maisons de mort" où vont les gens qui veulent en finir? Là-bas c'est par aide au suicide mais cela peut être n'importe quoi et sans le médecin. Pourquoi les mêler à la fin de nos vies ? Pourquoi ne pas autoriser quelque chose de bien plus rapide(au choix du candidat)comme par ex une balle en plein coeur (avec un silencieux) envoyée par une âme charitable? Avant, il y avait le bourreau, vous me direz que c'est pour la peine de mort. Mais, finalement,quelle différence ? On veut éliminer les "coupables de coûter", les pousser à demander et obtenir la mort plutôt qu'un accompagnement qui coûte en don de soi et en don de sous.

dora : le terrrorisme du politiquement correct - 25/04/2013 à 09:36

Selon Philippe Muray, la political correctness (PC) n'est pas seulement un maccarthysme de gauche : "C'est, en fait, comme déni militant de réalité que le terrorisme "PC" se développe et nuit efficacement. C'est même en tant que remplaçant légitime de la réalité, ou en substitut, en héritier de celle-ci, qu'il exerce son pouvoir. C'est à la place de la réalité et du concret qu'il impose son vrai et son faux, qui dès lors n'ont même plus à être vérifiés. En ce sens on peut dire qu'il est la police politique du régime festif, et que nul citoyen, devant cette autorité, ne bénéficie plus de la moindre garantie juridique (...)

Source : lavie.fr

 

 

 

par agevillage.com, 29/11/2010

Face au vieillissement de la population, à la montée des idées libérales, utilitaristes, pour une autonomie individuelle tout au long de la vie, à la captation de la notion de "dignité", aux exemples des pays comme la Suisse et les Pays-Bas, les éditions Odile Jacob et Amélie de Bourbon Parme ont posé directement la question "Faut-il légaliser l'euthanasie ?" au philosophe et ancien ministre Luc Ferry ainsi qu'au médecin généticien Axel Kahn.

Luc Ferry s'interroge à la fois sur la demande d'euthanasie (Est-elle si libre ?) et sur la réponse proposée (Est-elle si bonne ?).

Axel Kahn (auteur de "L'ultime liberté") reconnaît la totale liberté d'un individu à faire ses choix mais il reste convaincu que l'euthanasie doit rester une "transgression de la loi" qui interdit à tout individu d'en tuer un autre. La société doit-elle répondre à toute demande individuelle fut-elle sincère ? s'interroge-t-il. Pour lui il s'agit de donner de l'amour et non des comprimés à une demande d'euthanasie.

Pour les deux hommes il ne faut pas légaliser sur l'euthanasie mais faire connaître les lois adaptées, les bonnes pratiques cliniques, les droits et devoirs de chacun citoyen, professionnels (non acharnement, écoute, accompagnement jusqu'au bout de la vie).

Le troisième chapitre du livre reprend ainsi l'historique et les arguments de la question de l'euthanasie et du suicide assisté en France.

Il décrit les évolutions législatives majeures comme la loi Kouchner du 4 mars 2002 sur les droits des malades et celle du 22 avril 2005 dite Léonetti sur les droits des malades et à la fin de vie. 

Source : Agevillage

 

« Je crois à la résurrection de la chair. »

« Je crois à la résurrection de la chair. » La résurrection de la chair, la résurrection des corps... Ainsi nous exprimons-nous dans le « Je crois en Dieu ». La chair est appelée à ressusciter. Nous connaîtrons une existence glorieuse au-delà de la mort, en tout ce que nous sommes, corps, âme et esprit. C'est l'expérience réelle, concrète, du Ressuscité qui en a convaincu les premiers disciples.

C'était bien Lui qu'ils voyaient. Lui avec son côté ouvert et la marque des clous sur ses mains et sur ses pieds. Lui qui demandait à manger avec eux. Lui dont le corps ressuscité lui permettait de se manifester à nouveau à ses disciples.
Ce Jésus, vrai Dieu et vrai Homme, est entré en son humanité dans la vie en Dieu, en son corps et en son âme ! Inouï !
Oui, c'est bien un homme semblable à nous qui est passé de la mort à la vie, un être humain fait d'un corps de chair animé par une âme, par un esprit. Il n'est pas d'homme qui ne soit corps et esprit, à la fois ici-bas et pour l'éternité.
Notre imagination doit rester sobre et se refuser d'aller au-delà de cette expérience et de cette conviction.

L'Église a reçu de la résurrection du Christ et de ses rencontres sous forme visible avec ses disciples la conviction de la grandeur de tout homme dans son corps et dans son esprit, dans cette unité constitutive qui le caractérise, le différenciant ainsi des purs esprits ou du reste des créatures.
Quand nous proclamons la dignité de l'homme, nous la proclamons de son corps et de son esprit. Ni le degré de beauté des corps, ni celui de la finesse des esprits ne le rendent plus ou moins homme. L'être humain indivisible est le sujet de cette dignité fondamentale.

C'est à cette lumière ou dans cette conviction que les chrétiens sont des chantres de la grandeur de tout homme, des défenseurs de sa dignité. C'est à partir de là que l'Église proclame la dignité de l'embryon humain, qui mérite les marques de respect dues à une personne humaine. A partir de là que la mise à mort de l'embryon ou son utilisation comme matériau de recherche lui semblent impensables et inacceptables. C'est encore à partir de là qu'on ne peut faire du corps de chair, comme dans le principe de la gestation pour autrui, une marchandise négociée ici et produite là-bas, au gré des désirs des uns et des besoins des autres. C'est aussi à partir de là que le respect de l'unité du corps et de l'esprit ne s'accommode ni de pratiques échangistes, ni de la prostitution. C'est toujours à partir de là que la peine de mort est dénoncée comme un acte immoral et que la torture ne saurait être justifiée. C'est enfin à partir de là que l'acte d'euthanasie est considéré comme un homicide et l'acharnement thérapeutique comme un excès de pouvoir. Toucher au corps, c'est toucher à une personne humaine. Respecter l'homme, c'est rendre à son corps, en toutes ces diverses circonstances, les marques de respect dues à une personne.

Notre foi en la résurrection de la chair est une lumière qui maintient humaine l'humanité. Elle l'invite au plus grand respect pour celui qui se présente comme un être à aimer, un frère en humanité aujourd'hui et pour toujours. Et « toujours » signifie jusque dans la gloire de Dieu avec ce corps glorieux habité d'une âme apaisée, guérie. L'homme sera enfin disponible sans réserve pour la vie en Dieu qui est une vie de communion dans l'amour.

Je crois en la résurrection de la chair.
C'est la bonne nouvelle de Pâques, une bonne nouvelle pour l'humanité et pour chacun d'entre nous !

+ Georges PONTIER

Pâques 2013

Source : Diocèse de Marseille

 

 

La Dépêche, 20/04/2013

Grande satisfaction des organisateurs, face à un amphi de 200 places comble. Le sujet a suscité un grand intérêt du côté des soignants (hospitaliers, libéraux, maisons de retraite, étudiants) comme du «grand public», personnes confrontées à la fin de vie dans leur entourage amical ou familial.

La table ronde s'est ouverte par une courte présentation de la part du modérateur qui a cité les textes législatifs et les prises de position de ces dernières années, puis énuméré les structures lot-et-laronnaises dispensant des soins palliatifs : les équipes soignantes de base, les lits identifiés et les équipes mobiles de soins palliatifs, les associations de bénévoles «Alliance» et le Réseau Pallissy.
Trois angles

Laurent Bloch, maître de conférences à Bordeaux IV et codirecteur de l'institut du droit de la santé de Bordeaux IV a expliqué les points principaux de la loi Léonetti : la notion d'obstination déraisonnable, la procédure collégiale, la personne de confiance, les directives anticipées et le double effet des thérapeutiques.

Afin d'illustrer son propos, il a présenté des cas très concrets tirés du rapport Sicard, cas qui ont permis de voir là où la Loi Léonetti pouvait être appliquée et là où ce n'était pas son domaine (suicide, suicide assisté, euthanasie).

En conclusion, il a développé les solutions préconisées par la mission Sicard : faire connaître la Loi Léonetti (l'objectif de cette table ronde), réfléchir au suicide assisté ou encore, refuser l'euthanasie.

Bernard Paternostre, médecin à l'Unité de soins palliatifs du CHU de Bordeaux et président de Palliaquitaine témoigne son attachement à la Loi Léonetti et sa façon de la vivre, au jour le jour, à travers son expérience quotidienne : la personne malade prend avec le médecin les décisions concernant sa santé ; le travail en équipe ; les décisions collégiales prises dans le service où la parole de chacun a une valeur égale ; en fin de vie travailler avec le patient sur un choix positif de vie plutôt que d'en rester à un «refus d'obstination déraisonnable» qui n'aide pas la personne à vivre ; l'écoute des familles et de l'entourage, dans le cadre des directives anticipées et de la personne de confiance...
Eclairage philosophique

Claudie Lavaud, docteur en anthropologie philosophique et ontologie, professeur à l'Université de Bordeaux 3, a apporté un éclairage philosophique ; Bernard Lefort, président du réseau Pallissy a présenté succinctement l'activité du Réseau ainsi que le nouveau président de la Fédération Alliance, Alain Pinault, a exposé la place et le rôle des bénévoles parmi les soignants, dans le cadre des soins palliatifs.

Un débat, riche en témoignages a clos cette manifestation.

Source : ladepeche.fr

 

 

Leonetti :

Le débat sur la fin de vie va rebondir jeudi prochain avec la discussion à l'Assemblée d'une nouvelle proposition de loi du député-maire d'Antibes.


Source : Le Généraliste

 

 

Discours d'ouverture de l'Assemblée plénière d'Avril 2013

Président de la Conférence des évêques de France, le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a prononcé ce discours à l'ouverture de l'Assemblée plénière des évêques de France à Paris le mardi 16 avril 2013. (extraits)

Ce que nous voyons déjà dans le fait que l'impuissance à accepter un certain nombre de différences dans la vie sociale, aboutit à la cristallisation de revendications catégorielles de petits groupes, ou de sous-ensembles identitaires, qui pensent ne pouvoir se faire reconnaître que par la violence. Notre société a perdu sa capacité d'intégration et surtout sa capacité d'homogénéiser des différences dans un projet commun. (...)

Ainsi, se confirme peu à peu que la conception de la dignité humaine qui découle en même temps de la sagesse grecque, de la révélation judéo-chrétienne et de la philosophie des Lumières n'est plus reconnue chez nous comme un bien commun culturel ni comme une référence éthique. L'espérance chrétienne est de moins en moins reconnue comme une référence commune et, comme toujours, ce sont les plus petits qui en font les frais. C'est un profond changement d'abord pour les chrétiens eux-mêmes. Vouloir suivre le Christ nous inscrit inéluctablement dans une différence sociale et culturelle que nous devons assumer. Nous ne devons plus attendre des lois civiles qu'elles défendent notre vision de l'homme. Nous devons trouver en nous-mêmes, en notre foi au Christ, les motivations profondes de nos comportements. La suite du Christ ne s'accommode plus d'un vague conformisme social. Elle relève d'un choix délibéré qui nous marque dans notre différence. (...)

C'est dans ce contexte général que nous devons réfléchir aux conditions de la nouvelle évangélisation. Pour vivre dans notre différence sans nous laisser tromper et tenter par les protections trompeuses d'une organisation en ghetto ou en contre-culture, nous sommes appelés à approfondir notre enracinement dans le Christ et les conséquences qui en découlent pour chacune de nos existences. À quoi bon combattre pour la sauvegarde du mariage hétérosexuel stable et construit au bénéfice de l'éducation des enfants, si nos propres pratiques rendent peu crédible la viabilité de ce modèle ? À quoi bon nous battre pour défendre la dignité des embryons humains, si les chrétiens eux-mêmes tolèrent l'avortement dans leur propre vie ? À quoi bon nous battre contre l'euthanasie si nous n'accompagnons pas humainement nos frères en fin de vie ? Ce ne sont ni les théories ni les philosophes qui peuvent convaincre de la justesse de notre position. C'est l'exemple vécu que nous donnons qui sera l'attestation du bien-fondé des principes. (...)

Nous savons bien que les alertes que nous formulons devant des risques que l'on impose à la société sans aucune application du principe de précaution ne sont pas toujours comprises ni acceptées. Mais nous ne pouvons pas rester muets devant les périls. Comment se taire quand nous voyons les plus fragiles de notre société menacés ? Les enfants et les adolescents formatés au libertarisme sexuel, les embryons instrumentalisés dans des recherches au mépris des derniers résultats internationaux, des personnes en fin de vie dévalorisées dans leurs handicaps et leur souffrance et encouragées au suicide assisté, les lenteurs ou les incohérences de la prise en charge des demandeurs d'emploi, des familles dans la misère soumises aux rigueurs des expulsions sans alternative, les camps de roms démantelés en nombre croissant, etc. (...)

Source : Conférence des Evêques de France

 

 

L'euthanasie en débat dans 'Et Dieu dans tout ça ?'

Mgr Léonard et le sénateur Philippe Mahoux sont les invités de Jean-Pol Hecq pour une émission 'Et Dieu dans tout ça ?' consacrée ce dimanche 14 avril au projet d'étendre la loi de dépénalisation de l'euthanasie aux mineurs d'âge et aux personnes atteintes de maladies mentales dégénératives.

Depuis fin février, les commissions réunies de la justice et des affaires sociales du Sénat débattent d'éventuelles extensions à donner à la loi de dépénalisation de l'euthanasie. Sur la table, émergent deux grandes questions : est-il opportun d'étendre les effets de la loi de 2002 aux mineurs d'âge et aux personnes souffrant de maladies mentales dégénératives ? Dans le débat public en cours, deux grandes réponses s'opposent : pour certains, il faut ouvrir la possibilité, dans des conditions strictement encadrées, de mettre volontairement un terme à la vie afin d'éviter des souffrances inhumaines. Pour d'autres, au contraire, il faut refuser d'ouvrir encore un peu plus la « boîte de Pandore » que constitue toute légalisation visant à tuer un être humain. Mais ce débat en cache peut-être un autre : les représentants religieux entendent dire l'éthique – ou plus exactement une éthique – tandis que les élus entendent dire le droit – ou plus exactement un droit... Quelles sont les visions du monde qui s'affrontent en cette occurrence comme en bien d'autres ? S'agissant de vie et de mort, d'où doit venir la norme et qui peut la dire ?

Avec Mgr Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles et Philippe Mahoux, médecin, sénateur, président du groupe PS au sénat. Ce dimanche 14 avril 2013, de 11h à midi sur La Première (RTBF). Rediffusion à 23h15 le même jour.

Découvrez ici, en avant-première, un extrait de cette rencontre.

Source : InfoCatho.be

 

 

« Les établissements pour personnes âgées dépendantes : lieux de privation de liberté ? »

par Emmanuel Hirsch, 26/02/2013

« Les établissements pour personnes âgées dépendantes : lieux de privation de liberté ? » Le Rapport d'activité 2012 du Contrôleur général des lieux de privation de liberté qui vient d'être rendu public, a pour mérite d'oser une question provocante que l'on éludait jusqu'à présent. Il n'est en effet pas du tout inconvenant de se demander si les EHPAD ne devraient pas justifier de contrôles exercés par une autorité indépendante qui a fait preuve depuis sa création en 2007 d'un souci exigeant des valeurs de la démocratie.

Cette proposition faite au Premier ministre en mai 2012 ne met pas en cause les professionnels qui assument souvent de manière exemplaire des missions si peu valorisées qui laissent habituellement indifférente la société. Je suis témoin de leur engagement sans faille auprès de personnes souvent affectées dans leurs facultés de discernement et donc d'exprimer une volonté libre, que l'on « place » en institution lorsque le maintien au domicile s'avère impossible. Un conjoint incapable d'assister plus longtemps celle ou celui qui a perdu toute autonomie, un espace de vie incompatible avec un suivi médicalisé, une situation de crise ou d'aggravation de l'état de santé : autant de ruptures qui contraignent à des décisions vécues douloureusement faute d'anticipations et bien souvent d'autres perspective. Car l'entrée en institution se fait dans bien des cas dans l'urgence ou par défaut, lorsque les alternatives sont épuisées et qu'une « place » se libère enfin. Il s'agit rarement d'une décision volontaire, négociée, consentie, tant l'image de « l'institutionnalisation » semble révoquer ce à quoi la personne était jusqu'alors attachée : sa liberté, sa sphère privée, ses habitudes, ses préférences et plus encore un cadre de vie familier.

En dépit de prévenances et de réassurances dès la visite de l'EHPAD et l'entretien d'accueil, la vision péjorative de ce « dernier lieu d'existence » s'impose comme une marque, une forme de stigmatisation et de relégation sociale ressentie comme une déchéance. On évoque à propos de ces établissements cette notion de « bout du bout », et ce ne sont pas les quelques tentatives d'ouverture sur la cité qui permettent de maintenir une citoyenneté dont bien des indices donnent le sentiment que la personne ainsi « hébergée » est destituée. Franchir le seuil de l'établissement c'est être en demeure de renoncer à son passé, à son histoire, aux quelques relations qui se dissiperont ne serait-ce que pour des raisons d'éloignement. Entreprendre un travail de deuil forcé, souvent solitaire, dans un contexte peu favorable à l'épanouissement personnel en dépit des efforts déployés en « activités occupationnelles » ajoute à cette sensation de pertes cumulées, voire de « mort sociale ».

Comment des personnes qui sont parfois restées de longues années chez elles, soutenues par des proches au cours de l'évolution d'une maladie, vivent-elles la séparation, l'intégration dans une structure spécialisée ? Sont-elles encore reconnues dans l'expression d'une parole propre qui exprime leur refus, alors qu'il leur est asséné que cette mesure est « prise pour leur bien », parfois en les trompant quand on renonce à leur avouer qu'elle est définitive ? Les proches, usés eux aussi par des années de luttes épuisantes les « abandonnent » avec un lourd sentiment de culpabilité dans ses structures si peu propices à ce qu'ils espéraient « de mieux » pour l'être cher. Ils n'auront pas été en mesure de l'accompagner jusqu'au bout « à la maison », ce qu'ils éprouvent comme un manque de loyauté au regard d'un engagement qu'ils auraient souhaité tenir. On ne saurait éviter également les aspects financiers du coût de cet hébergement (entre 2 000 et 5 000 euros, selon les 'formules'), la nécessité d'y engloutir les quelques économies réunies ou alors d'imputer à des membres de la famille un devoir de solidarité qui éveille parfois des conflits latents. Certaines personnes âgées se laissent ainsi « glisser » (syndrome de glissement), choisissant de renoncer de manière anticiper à l'existence pour ne pas peser davantage sur leurs proches. Qu'en est-il dans ces conditions des questions de liberté et de justice, à l'épreuve d'une réel souvent violent, voire sordide ?

En décrivant ainsi certaines réalités du « placement » en EHPAD que l'on ne peut dissimuler, j'ai bien conscience d'être partiel et partial dans mon propos et de ne pas rendre l'hommage qui s'impose à tant d'initiatives profondément différentes. Celles que je connais et qui sont représentatives d'une toute autre approche de la personne âgée lourdement dépendante, reconnue pour ce qu'elle est, respectée dans la dignité et la tendresse jusqu'aux derniers instants de sa vie. Un mouvement de mobilisation parcourt plus qu'on ne le pense ces espaces ultimes de la sollicitude et du soin. Il conviendrait de soutenir ceux qui témoignent d'un sens de la solidarité et de la fraternité là où notre société considère parfois, avec tant d'outrance, qu'il est des existences grabataires indignes d'être vécues... C'est pourquoi je suis convaincu que l'initiative proposée dans le rapport annuel du contrôleur général des lieux de privation des libertés aurait une fonction de pédagogie sociale et de valorisation des avancées les plus remarquables ainsi situées au cœur des attentions de la cité.

Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des lieux de privation des libertés, n'assimile pas sans autre forme les EHPAD à des espaces d'emprisonnement qui remettraient a priori en cause les droits et les libertés des personnes. À juste titre il exprime une préoccupation que notre société semble plutôt négliger, alors qu'elle concerne des vulnérabilités humaines et des risques accentués, ne serait-ce que du fait de la lente et inexorable évolution d'une maladie d'Alzheimer ou d'autres maladies apparentées. Poser ainsi la question des libertés fondamentales dans un contexte on l'on s'habitue trop vite à s'en distancer, me paraît de nature à restaurer une confiance en des institutions souvent dans l'incapacité d'interroger leurs valeurs. Cela pour de multiples raisons à approfondir et à faire évoluer.

Les conditions mêmes de la prise de décision du départ d'un « chez soi » vers une institution ne sont pas toujours attentives à l'aspiration de la personne, voire à son « intérêt supérieur ». Est-on toujours loyal à son égard dans l'information qui lui est communiquée ou dans le respect de son opinion à travers une véritable concertation ? Selon quels critères évalue-t-on l'impératif de la déraciner de son environnement de vie, de manière habituellement irréversible, pour lui imposer un cadre où elle perdra bien vite ses repères et toute forme d'intimité ? Car être reconnu comme un être libre c'est tout autant être respecté dans ses décisions, ses refus, ses assentiments (même limités à quelques signes encore expressifs), que dans ses secrets, ses préférences, ses envies.

Sans y accorder l'attention nécessaire, dans nombre d'établissements des informations d'ordre personnel circulent sans le moindre respect de la confidentialité, ce qui constitue un abus caractéristique, un manque d'égards et de protection. Se voir soumis à l'arbitraire de décisions et de contrôles imposés selon des règles ou des habitudes rarement discutées, revêtu le matin de tenues indifférenciées comme le sont les survêtements, contraint par des rythmes et des ordonnancements peu soucieux de ce à quoi aspirerait la personne, interroge les pratiques et les mentalités. Je n'évoquerai pas les quelques situations de contentions physiques, les actes brusques ou maltraitants, les camisoles médicamenteuses.

Autant d'abus qu'expliquerait l'idéologie de la précaution institutionnalisée ou la nécessité de compenser des carences en effectifs soignants, et non, comme on l'avance pour justifier l'injustifiable, la protection et le bien être de la personne. Qu'en est-il dans de telles conditions et avec de telles logiques (souvent inspirées par un souci de rentabilité et d'efficience) du respect de la volonté de la personne ainsi ramené à un statut incompatible avec l'idée que l'on peut se faire de la dignité humaine ? J'observe que dans certaines institutions, la personne trop dépendante, voire grabataire, est renvoyée vers d'autres structures lorsque la « prise en charge » devient à ce point « lourde » qu'il faudrait lui consacrer trop de temps... Du jour au lendemain elle perd les quelques attaches qu'il lui avait été pourtant si difficile de reconstituer en institution.

Tout cela doit être dit et reconnu, ne serait-ce que pour faire davantage apparaître, par comparaison, la signification propre de ces modes d'hospitalité et d'accompagnement développés dans les EHPAD innovants qui conçoivent et assument autrement la responsabilité de leurs missions. La personne peut s'épanouir en institution pour autant qu'elle soit reconnue, estimée, écoutée, ayant le sentiment d'être membre d'une communauté vivante, créative, ouverte sur l'extérieur. Rien à voir avec les lieux d'enfermement et de désespérance, ces couloirs où sont alignées dès le matin des personnes attachées assoupies sur un fauteuil roulant, avec pour fond sonore TF1 en continu, et que l'on gave d'aliments en bouillie aux horaires compatibles avec l'organisation générale de la structure...

En fait seuls quelques proches maintiennent une certaine veille auprès de ces vieilles personnes abandonnées dans le grand âge, voire désertées par la pensée, pour porter ce regard attentionné qu'ils partagent avec les professionnels conscients d'un engagement à préserver en dépit des négligences et de choix gestionnaires. Car il convient de ne pas dissimuler les véritables enjeux. En EHPAD, comme dans d'autres institutions, la liberté a un prix, au même titre que la qualité de vie. Pour être attentif à la personne, disponible et prévenant, il s'avère indispensable de bénéficier de compétences mais également d'équipes en capacité s'assurer la multitude de fonctions souvent complexes et prenantes.

Je suis convaincu que le souci de liberté s'avère déterminant dans un contexte ou la perte d'autonomie, le cumul de dépendances et d'altérations affectent la personne dans l'idée même que certains osent porter sur sa dignité et son humanité même. Pour les professionnels eux-mêmes, réfléchir à la liberté de l'autre, au pouvoir que l'on risque d'exercer sur lui faute de respect et de discernement, peut contribuer à la réhabilitation d'un exercice professionnel qui doit être assumé de manière digne. Dès lors, les critiques lancées contre cette proposition d'intervention du Contrôleur général des lieux de privation de liberté dans les EHPAD me semblent ou injustifiées ou relever d'une méconnaissance de ce qui se joue d'essentiel dans ces lieux du soin à penser comme des lieux de vie. Je considère comme une avancée démocratique cette volonté de porter une telle attention à ces territoires trop retirés de l'espace public, trop marginalisés alors qu'on doit y défendre des valeurs d'autant plus exigeantes qu'elles concernent des personnes vulnérables, souvent incapables de revendiquer quoi que ce soit pour elles. Dans un tel contexte nos responsabilités humaines et sociales sont particulièrement engagées.

Emmanuel Hirsch
Professeur d'éthique médicale, université Paris Sud

Source : Le blog d'Emmanuel Hirsch

Pour aller plus loin : Le Rapport 2012 du Contrôleur général des lieux de privation de liberté

 

 

 

Voir aussi les conférences que donnent actuellement Le Professeur Emmanuel Hirsch sur ce thème : plusdignelavie.com

 

 

par Véronique Demers, Québec Hebdo, 04/04/2013 (extraits)

Des plaines d'Abraham au parlement de Québec

Le Rassemblement québécois contre l'euthanasie (RQCE) organise une marche provinciale le 18 mai à Québec pour exprimer sa position au sujet du projet de loi provincial nommé «aide médicale à mourir» que compte adopter prochainement le gouvernement Marois.

(...) Les représentants du RQCE invitent toute la population à participer à cette marche citoyenne dont le thème est «L'euthanasie chez nous, non merci».

Les responsables de l'événement veulent dénoncer le dérapage potentiel d'ouvrir l'euthanasie dans la pratique des soins au Québec. «En Belgique ou en Hollande, où l'euthanasie est dépénalisée, près de 30% des gens euthanasiés le sont sans leur consentement et dans la majorité des cas, le médecin ne le déclare pas. Il faut se servir de l'expérience négative ailleurs pour ne pas introduire ça au Québec», a souligné Dr Marc Bergeron, hémato-oncologue.

«En Belgique, par exemple, un médecin qui ne veut pas procéder au geste euthanasique, au nom de sa conscience, doit informer son patient qu'il ne se rendra pas jusque-là et trouver un collègue [prêt à poser l'acte]», a renchéri Louis-André Richard, professeur de philosophie.

Les experts opposés en majorité

Selon l'organisateur de la marche, Dr Claude Morin, le projet de loi est inique pour les personnes souffrantes en fin de vie. «Nous tendons la main à tous les acteurs de la société, en particulier les politiciens, afin que la sécurité et la dignité de ces personnes soit assuré par des soins palliatifs de qualité», a-t-il souligné.

De son côté, le médecin de Sainte-Foy en hémato-oncologie Marc Bergeron a précisé que les malades en fin de vie peuvent être traités adéquatement avec des soins palliatifs. «Les experts et gens bien informés qui ont déposé des mémoires lors de la Commission Mourir dans la dignité ont voté à 69% contre l'euthanasie», a-t-il rappelé.

Climat de confiance entaché

Louis-André Richard, professeur de philosophie parmi les organisateurs de la marche, anticipe que le climat de confiance risque de s'effriter. «Ce qui s'est bâti entre le thérapeute et son patient risque d'être entaché par un spectre qui pourrait décider, pour des raisons économiques par exemple, de libérer la chambre. Un soin est curatif, ce n'est pas un geste qui provoque la mort», a-t-il déploré.

«L'euthanasie élimine le souffrant, pas la souffrance» - Dr Claude Morin, organisateur de la marche

M. Richard a poursuivi en notant que les demandes de gens voulant qu'on les tue sont plutôt rares. «Le vrai problème est qu'un être humain ne veut pas mourir seul, comme un chien. Ce dernier passage de vie obligé ne se vit pas de la même manière lorsqu'on est entourés que seul dans sa chambre. Le vrai investissement devrait être là», conclut-il.

Information sur la marche du 18 mai 2013: www.euthanasienonmerci.org

Source : Québec Hebdo

 

 

Auditions sur la fin de vie à l'Assemblée nationale

par Joséphine Bataille, La Vie, 03/04/2013 (extraits)

Le député Jean Léonetti a déposé une proposition de loi sur la fin de vie qui devrait être examinée le 25 avril. Il a mené des auditions ce matin-même à l'assemblée nationale.

Des auditions sur la fin de vie viennent de débuter à l'Assemblée nationale ! Mais rien à voir avec le projet de loi sur la fin de vie qu'a promis de déposer le gouvernement au mois de juin. C'est en effet à l'initiative du député Jean Léonetti (UMP), qui a donné son nom à la loi sur la fin de vie actuellement en vigueur, qu'une proposition de loi va être examinée dès le 25 avril prochain.

(...) Or c'est la question d'une légalisation de l'euthanasie, ou tout au moins d'une assistance au suicide, que François Hollande entend trancher, et c'est sur cette question entre autres qu'il a saisi le Comité consultatif national d'éthique (CCNE).

(...) Plus que l'euthanasie, c'est la question de la sédation terminale qui a été au centre des discussions, comme l'explique Jean Léonetti sur son compte twitter : "Les trois auditions sur la fin de vie convergent sur le refus de l'euthanasie et divergent sur définition de la sédation en phase terminale".(...)

Or s'il s'agit, par la sédation, de provoquer la mort, il s'agit bel et bien d'une forme d'euthanasie. Et jusqu'à présent, les textes de loi et de bonnes pratiques médicales s'étaient efforcés de distinguer la sédation qui vise à soulager la souffrance, de celle qui vise à accélérer la mort.(...)

Jean Léonetti résume ainsi le dilemne dans un tweet : "Sédation en phase terminale ? Sédation dans un but terminal ? Dormir sans souffrir avant de mourir ou endormir pour faire mourir ?". Avant de prendre de front la question du suicide assisté, comme le souhaite François Hollande, c'est bien celle de la sédation qui devra être enfin clarifiée.

Source : La Vie

 

 

Fin de vie : Jean Leonetti prend de court le gouvernement

par Bruno Martrette, Le Nouvel Observateur, 01/04/2013

Le député Jean Leonetti vient d'obtenir la discussion prochaine à l'Assemblée de sa proposition de loi sur la fin de vie. Son but, savoir si le gouvernement est favorable ou pas à l'euthanasie.

Le débat sur la fin de vie s'accélère. Le député UMP des Alpes- Maritimes Jean Leonetti a décidé de prendre de vitesse le gouvernement en obtenant la discussion au Parlement le 25 avril de sa proposition de loi sur la fin de vie. Alors que l'Elysée a annoncé la présentation d'un projet de loi avant fin juin, le député souhaite utiliser une séance réservée aux textes du groupe UMP à l'Assemblée nationale pour interpeller le gouvernement et connaître les positions des ministres concernés.

Son texte déposé le 27 février contient deux articles. Il prévoit notamment que toute personne atteinte en phase terminale d'une affection grave et incurable est « en droit de demander à son médecin traitant l'administration d'un traitement à visée sédative, y compris si ce traitement peut avoir un effet secondaire d'abréger la vie ».

Concernant le second article, il dispose que lorsque les directives anticipées sont rédigées sous la forme d'un projet de soins validé à la fois par le patient et par le médecin, elles s'imposent à ce dernier. Les directives anticipées, qui n'ont pas d'effet contraignant en cas d'urgence vitale immédiate et dans un contexte de pathologie psychiatrique, devront être toutefois « insérées dans le dossier médical du patient et sa carte Vitale », précise le texte.

« Le fait d'en débattre permettra aux uns et aux autres de se dévoiler. Chacun dira ce qu'il pense et chacun prendra ensuite ses responsabilités », a estimé le député joint par l'agence APM. Il s'agit notamment pour l'élu UMP de savoir si le gouvernement va ou pas se prononcer en faveur de l'euthanasie, ou du suicide assisté. Une prise de position claire très attendue car Jean Leonetti affirme avoir relevé un flou dans la position de l'Elysée et du gouvernement avec des « différences » entre les membres qui ne disent « pas tous la même chose ».

Le député a néanmoins tenu à rappeler dans le même entretien que sa proposition traduisait les recommandations du rapport de Pr Didier Sicard, rendu public fin décembre 2012, estimant que ce rapport ne préconisait pas de revenir sur la loi Leonetti de 2005 mais plutôt d'y apporter des améliorations.

La commission Sicard écartait il est vrai l'euthanasie dite « active », estimant qu'elle franchirait la barrière d'un interdit », et recommandait « dans le sillage de la loi Léonetti », dans les cas de fin de vie difficiles où le malade demande clairement que sa vie cesse, que la médecine puisse lui apporter « une sédation terminale sans violence ni hypocrisie avec une fin de vie douce et adaptée à son état ». Enfin, « l'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) permettra également de faire avancer le débat », conclut Jean Leonetti . Un avis sur la fin de vie qui est attendu pour le mois d'avril.

Source : Le Nouvel Observateur

 

 

Les Français veulent mourir chez eux mais la majorité décède à l'hôpital

PARIS - Huit Français sur dix souhaiteraient finir leurs jours chez eux, mais la majorité d'entre eux meurt à l'hôpital, souligne le dernier rapport de l'Observatoire national de la fin de vie rendu public jeudi qui critique le manque de coordination dans ce domaine.

Les Français veulent à 81% mourir chez eux, mais seulement 25,5% des décès surviennent effectivement à domicile (contre 28,65% en 1990), relève ce rapport intitulé Fin de vie à domicile.

Le domicile est vécu comme le lieu dune mort plus naturelle, plus tranquille, moins technique et moins déshumanisé que l'hôpital où meurent 60% des Français.

Mais vers la fin, quand la situation devient difficile, il arrive que l'on change d'avis: 30 jours avant le décès, seuls 30% des patients sont à l'hôpital, alors que la veille du décès cest le cas de plus de 60% d'entre eux. Autrement dit, seul un tiers des personnes qui vivent à leur domicile un mois avant leur décès y meurent effectivement...

Et alors que la part des décès à l'hôpital restait stable, celle des décès en maison de retraite est passée de 8% en 1990 à 11,6% en 2010.(...)

En France (...) deux maillons faibles de la continuité des soins : la nuit et le week-end.

Le rapport souligne le défaut de coordination des soins. Selon lui, le système de santé, trop complexe, nest plus adapté à la réalité de la fin de vie. Loffre de soins est de moins en moins lisible : les dispositifs de prise en charge se sont considérablement multipliés... au point que plus personne ne sy retrouve vraiment !

Faute d'anticipation et de communication, l'hôpital - qui est un véritable vivier dexpertise avec ses consultations douleur, équipes mobiles de soins palliatifs, équipes mobiles gériatriques - reste une ressource très mal utilisée.

(...)

(©AFP / 18 mars 2013 18h26)

 

 

Bruxelles: 500 personnes à la «Marche Pour La Vie»

La Capitale, 24/03/2013

Durant la quatrième édition de la «Marche Pour La Vie», organisée dimanche après-midi à Bruxelles, la liberté de conscience du personnel médical était le thème central de la manifestation familiale.

Selon les organisateurs, qui sont opposés à l'avortement et à l'euthanasie, certains parlementaires belges veulent empêcher les docteurs de soigner leur patient en tout honneur et conscience. La marche a rassemblé «environ 500 personnes» selon un décompte de la police de Bruxelles.

«Depuis la loi sur l'euthanasie, votée il y a dix ans, plusieurs parlementaires ont tenté de limiter la liberté de conscience des médecins et du personnel infirmier», ont expliqué des manifestants participant à la «Marche Pour La Vie».

Selon l'organisation de l'événement, certains voudraient nier la possibilité de l'objection de conscience aux maisons de soins et aux médecins qui refusent l'euthanasie. Ils seraient ainsi tenus de transmettre le dossier médical à un collègue qui est prêt à mettre fin à la vie de son patient.

Par cette manifestation, le collectif entend dénoncer toute restriction de la liberté de conscience du personnel des soins de santé.

Source : lacapitale.be

 

 

Être vieux est donc une maladie honteuse !

José Meidinger, 16/03/2013

Dans les tuyaux du gouvernement, qui ne sait plus quoi inventer pour emmerder les automobilistes, voilà qu'il est question d'un autocollant que les seniors devraient arborer sur la lunette arrière de leur véhicule. C'est ce qui ressort d'un rapport commandé par le Premier ministre qui prépare une loi sur le troisième âge. Une « étoile vermeille » en quelque sorte, sous forme de « S », pour indiquer que les seniors de 75 ans ont dépassé l'âge « idéal » pour conduire. Comme si être « vieux » au volant était un handicap, une maladie honteuse ou un danger public. Une suspicion pour le moins vexatoire quand les statistiques de la Prévention routière indiquent que ces mêmes seniors sont impliqués dans moins de 10 % des accidents, alors que les juniors battent tous les records.

Les conducteurs « âgés » qui, par définition, ont de la bouteille, seraient plus prudents, rouleraient moins vite et ne feraient qu'exceptionnellement de longs déplacements. Ils sont en outre rarement accros à la « fumette » et ne prennent guère le volant en sortant éméchés de boîte de nuit, à quatre heures du matin. Leur permis de conduire est le plus souvent vierge du moindre point retiré et l'assurance de leur véhicule culmine généralement au maximum du bonus engrangé.

On ne comprend pas, dès lors, cette stigmatisation que les pouvoirs publics veulent infliger à nos aînés qui trustent souvent les diplômes et médailles de « conducteurs exemplaires » de la Prévention routière. Mais comme il faut toujours justifier les fausses « bonnes idées », les promoteurs de ce projet s'appuient sur l'exemple du Japon où un tel « affichage » est obligatoire après 75 ans, comme l'est chez nous la lettre « A » pour les conducteurs novices, quel que soit leur âge.

Tant qu'on y est, pourquoi ne pas « étiqueter », sur l'arrière de leur véhicule, les sexes respectifs des conducteurs, homme ou femme, les énarques, le corps enseignant, les fonctionnaires, les Lorrains, les chômeurs, les fumeurs au volant, les hébergeurs de chiens, les belles-mères, les beaufs, les gays, les célibataires, les sourds et un raton laveur... Chacun conduit son véhicule selon son expérience, son tempérament, quel que soit son âge. Au volant, comme dans la vie, il y a des vieillards de 40 ans comme il y a des « jeunes hommes verts » de 90 ans.

Dans le collimateur du gouvernement qui cherche à amputer leur retraite, les « vieux » en ont ras le bol de ce « racisme » discriminatoire, racisme de l'âge, d'une société où il faut être jeune, beau et riche de préférence, plutôt que vétéran, dinosaure antédiluvien et fier de l'être, évadé de Jurassic Park, mais « vert » comme Abraham, Déon, Picasso ou Charlie Chaplin... Ce n'est que lorsqu'on a atteint le sommet de la montagne, affirme le sage Khalil Gibran, que l'on peut commencer à grimper. Et ce n'est qu'avec la sagesse de l'âge que l'on sait vraiment maîtriser son véhicule !

Source : bvoltaire.fr

 

 

Jean-Baptiste Fichet, sur causeur, 17/03/2013, extraits

Le jeunisme est un naufrage

Qu'on n'aille pas croire que nous défendons les vieux par principe : il en reste encore, et peut-être plus qu'autrefois, d'affreusement retors, bouffis de vertu et de morale – au hasard, ces momies liftées qu'on voit depuis trente ans se balader des colonnes des journaux à l'antenne des radios, de la direction de tel canard à telle émission de « débat », en ânonnant leurs oukases. Allons plus loin : nos vieux sont peut-être plus vicelards, plus machiavéliques que jamais, puisqu'ils ont fomenté ce stratagème consistant à caresser leurs « jeunes » dans le sens du poil, au lieu de leur coller un aller-retour et au lit. Par eux, l'admiration gélatineuse a remplacé le martinet comme instrument de domestication.
Les concepteurs de la collection Le monde expliqué aux vieux sont, personne n'en doute, des hommes parmi les mieux attentionnés qui soient : leur innocence perfore. C'est sans complexe qu'à la trique totalitaire ils substituent la commisération acidulée, et au camp de rééducation, la démocratique « pédagogie », laquelle se fait fort de ramener les brebis égarées dans les étables de l'infantilisme convivial. Les vieux, c'est acquis, sont des sacs plastiques boueux attachés au pot d'échappement du « jeune » filant, véloce, dans les dédales du monde moderne. Aussi sucré soit-il, le message est clair : vieillards, apprenez vos leçons, ou on vous décroche. Après tout, l'euthanasie, c'est pas pour les chiens... Enfin plus seulement.

Ce qui reste d'humanité attardée – donc vivante – fait donc pour la collection Le monde expliqué aux vieux des vœux d'impeccable échec, et invite ses vieillards les plus décrépits à faire de ces livres pieux, à l'occasion, un bel autodafé, avant de lancer à leur tour, pourquoi pas, une collection un peu enlevée et qui s'appellerait : Les vieux expliqués au monde.

Source : causeur.fr

 

 

par Thierry Duberral, Le nouvel Observateur, 19 Mars 2013 (extrait)

Si la France doit modifier les conditions de fin de vie, elle devrait le faire par référendum. C'est, en tout cas, l'opinion majoritaire des Français sur cette question.

Les Français veulent faire de l'euthanasie un débat national ponctué par un référendum. Selon un sondage Harris Interactive/Tilder/institut Montaigne réalisé pour la la chaîne parlementaire LCP, 68% des personnes interrogées pensent qu'il serait important de soumettre au suffrage populaire une modification des conditions d'autorisation de l'euthanasie. Pour 28%, cette question relève du Parlement.

Les résultats de ce sondage soulignent l'importance que les Français accordent à cette question. Le choix du référendum exprime leurs doutes sur ce sujet. Mais paradoxalement, cette forme de consultation suppose de répondre à une question simple. Or, par nature, la question de l'euthanasie renvoie plutôt à des situations qu'à des réponses tranchées.

Source : nouvelobs.com

 

 

Fin de vie en cancérologie : un décalage entre les sondages et le quotidien de soignants

Par : Un groupe de soignants Médecins, infirmières et kinésithérapeutes de l'Institut Curie, 12 mars 2013

Selon un sondage, 86 % des Français seraient favorables à une loi légalisant l'euthanasie (1). En tant que soignants, nous ne pouvons ignorer ce point de vue, mais quelle signification lui donner ? Sur le terrain de notre quotidien à l'hôpital, nous sommes très rarement confrontés à ce type de demande qui persisterait dans le temps. Comment donc peut-on expliquer un tel décalage entre l'expression du grand public et celle des patients ? Ce sondage ne reflète-t-il pas avant tout la crainte légitime de mal mourir ? Certains ont-ils été témoins de fins de vie inadmissibles qui les encouragent à programmer leur propre mort ? Mais comment ne pas entendre aussi une certaine perte de confiance envers nous, les «soignants», et la crainte de ne pas être bien pris en charge, écoutés, entendus et soulagés jusqu'au bout de la vie ? Dans de rares cas, des patients en fin de vie présentent des symptômes physiques «réfractaires» à nos traitements. Selon la loi, les médecins peuvent alors proposer des traitements provoquant une sédation (2) afin de soulager le patient physiquement et psychiquement, quitte à accélérer la survenue du décès. Ces décisions sont prises en concertation avec le patient, ses proches et les équipes soignantes.

La sédation ne doit être ni banalisée ni sous-utilisée. Son but est de soulager et non de faire mourir, une différence d'intention majeure pour le patient, les proches et pour nous aussi, soignants. La loi Leonetti réaffirme aussi le droit du patient à refuser des traitements qu'il considère comme relevant de l'acharnement thérapeutique. Mais les médecins sont souvent confrontés à une situation contraire : des malades demandent la poursuite de traitements anticancéreux alors même que l'équipe médicale envisageait leur interruption. La demande de vérité, forte chez les bien-portants ou les patients dont la maladie est peu évoluée, se transforme en fin de vie en une demande d'espoir et de traitements parfois déraisonnables. La réponse à ces demandes n'est pas facile car une annonce brutale de pronostic grave ou d'arrêt de chimiothérapie peut provoquer une sidération psychique, une détresse morale et favoriser une demande de mort anticipée. Les demandes d'euthanasie sont finalement rares et souvent transitoires. Beaucoup émanent des familles et non des patients directement. D'autres correspondent à une période de détresse en rapport avec un symptôme plus difficile à tolérer et qui doit être traité. Les exemples sont nombreux de patients qui font une demande de ce type dans un moment de découragement ou de désespoir, puis reconnaissent a posteriori que si nous avions accédé à leur demande, ils n'auraient pu mener à bien certains projets personnels importants. Sur les risques d'une légalisation de l'euthanasie au nom de l'autonomie du patient, quelques soignants envisageraient une modification de la loi afin d'aider les malades à mettre fin à leurs jours de manière anticipée. Cependant, la plupart mettent en garde contre le risque prévisible de dérives. Quel message sera alors reçu par les plus fragiles, rendus «euthanasiables» : «Ai-je encore ma place dans la société ?», «Dois-je demander la mort pour soulager ma famille ?» Et quel traumatisme persistant chez les proches et les soignants suite à la réalisation d'un tel geste ? L'accroissement du pouvoir médical ne conduirait-il pas à une déshumanisation de la médecine qui ne saurait quoi faire de ce pouvoir de tuer ?

Ainsi la légalisation du pouvoir d'euthanasier fragiliserait le lien thérapeutique soignant-soigné, jusqu'à le rompre. Le patient oserait-il faire confiance aux soignants si ceux-ci sont à même de lui rappeler la possibilité d'en finir plus vite ? La loi «sur la fin de vie» existe, c'est la loi Leonetti : elle permet d'aller loin dans le respect de l'autonomie, dans l'accompagnement, le soulagement et parfois la sédation. Elle constitue un cadre fondamental et un garant de sérénité de tous. Elle nous est enviée par de nombreux pays européens. Elle est probablement insuffisamment connue des soignants, mais aussi des citoyens. Dans son rapport remis le 18 décembre au président de la République, le professeur Sicard a posé des conclusions qui correspondent le plus souvent à notre expérience de terrain : inégalité d'accès aux soins palliatifs, mauvaise connaissance de la loi actuelle, utopie à résoudre par une loi la grande complexité des situations de fin de vie. Le rapport souligne aussi le danger de dérives graves - vécues par d'autres pays - à autoriser l'euthanasie (avec cependant une ouverture sur une réflexion concernant le suicide assisté).

Dans cet esprit, nous, groupe de soignants de l'Institut Curie, défendons les valeurs d'une médecine à la fois compétente et humaniste. Pour nous, la prise en charge palliative centrée sur les attentes du patient - quelle que soit la vulnérabilité psychique ou physique que la maladie lui impose - est le meilleur garant du respect de sa dignité. Nous voulons, pour le malade en fin de vie, l'accès à des soins exigeants et de qualité. Nous pratiquons une médecine qui n'est pas toute puissante, qui connaît ses faiblesses et ses limites, et ne peut satisfaire toute demande. Nous voulons avant tout maintenir jusqu'au bout le lien de confiance.

(1) Sondage Ifop septembre 2012. (2) Sédation : perte de conscience, endormissement.

Isabelle Aerts, Séverine Alran, Francisco Arbonés-Heredia, Lucile Aubert, Pierre Bey, Jean-Christophe Biffaud, Carole Bouleuc, Franck Bourdeaut, Laurence Bozec, Alexis Burnod, Etienne Brain, Pauline Bruneton, Wulfran Cacheux, François Campana, Sylvie Carrié, Chafia Chassaing, Anne Chillès, Laure Copel, Jean Danis, Florence Deguerry, Anne de la Rochefordière, Flore Desgrées du Lou, Bénédicte d'Hendecourt, Véronique Diéras, Janine Dumont, Marie-Christine Escande, Marc Estève, Audrey Foisil, Philippe Goater, Geneviève Gridel, Sylvie Helfre, Claude Huriet, Sandrine Jourdain, Irène Kriegel, Céline Lahalle, Valérie Laurence, Florence Lerebours, Christophe Le Tourneau, Claire Llambrich, Alain Livartowski, Edith Loureiro, Anne Mask, Sandra Malak, Paul Meria, Laurent Mignot, Charlotte Ngô, Patricia Moisson, Daniel Orbach, Hélène Pacquement, Solene Padiglione, Sophie Piperno-Neumann, Vérène Praud, Céline Richard, José Rodriguez, Clothilde Roy, Martine Ruszniewski, Suzy Scholl, Brigitte Sigal, Nadine Stievenard, Pierre Teillac, Perrine Vourc'h.

Source : libération.fr

 


de Fabrice Remy, 05/03/2013

N'importe qui peut être euthanasié n'importe quand, contre son gré.

Au Royaume-Uni, les critères qui justifient une euthanasie par sédation semblent être les suivants :
1) être malade et/ou accidenté,
2) être hospitalisé dans un hôpital public participant au Liverpool Care Pathway.

Illustration : Robert Goold, 51 ans, a été euthanasié par sédation sans son accord, et sans aucune explication de la part de l'équipe médicale, après une chute dans les escaliers.

Chaque année, 57 000 britanniques sont euthanasiés par sédation dite "palliative" sans qu'on leur demande leur avis. Les hôpitaux qui pratiquent le plus d'euthanasies par sédation reçoivent, selon toute vraisemblance, des bonus financiers.

Source : lepeupledelapaix.forumactif.com

 

Belgique: euthanasie, explications de Mgr Léonard

Argumentation philosophique et débat public

Bruxelles, 8 mars 2013

Il est donc question d'étendre, sous certaines conditions, la dépénalisation de l'euthanasie aux personnes mineures et aux personnes démentes. Cette perspective nous consterne. Quand je dis « nous », il s'agit des évêques de Belgique. C'est donc bien en tant que Président de la Conférence épiscopale belge que je m'exprime ici. Et cependant il s'agira essentiellement d'une parole citoyenne. Nous n'argumenterons pas à partir des lumières de la foi chrétienne en ce domaine, mais uniquement d'un point de vue philosophique, à titre de participation au débat public.

Déjà en 2002, nous avions exprimé nos plus vives réserves quant à la dépénalisation de l'euthanasie, demandée librement par un patient en vue d'échapper ainsi à des souffrances jugées insupportables. D'abord parce que nous disposons aujourd'hui de soins palliatifs performants et qu'en cas de souffrance intense et rebelle, nous pouvons encore faire appel, en dernier recours, à la sédation dans la stricte mesure du nécessaire.

Ensuite et surtout, parce que le principal argument pour rendre acceptable cette dépénalisation était la liberté de l'individu à disposer de soi. Et l'on insistait : personne n'est obligé de demander l'euthanasie ; pourquoi donc la refuser à celui qui la réclame librement pour soi et pour soi seul ?

L'introduction de l'euthanasie, loin de limiter ses effets au seul individu qui la réclame, modifie dans toute une société le rapport fondamental à la vie et à la mort et mine la solidarité vitale de tous les citoyens avec les personnes souffrantes. Je m'en explique en abordant la question actuelle de l'extension de son application aux personnes mineures et aux personnes démentes.

De nouveau, on invoque en faveur de cette extension la liberté de l'individu. Mais n'est-ce pas un abus criant quand il s'agit de personnes mineures, quand bien même on évoquerait leur éventuel « discernement » ? Argumentation étrange quand on sait que les mineurs d'âge sont, en des domaines importants, jugés légalement incapables de certains actes, par exemple, d'acheter ou de vendre, de se marier, etc. Et voici que, tout d'un coup, ils seraient suffisamment mûrs aux yeux de la loi, pour se faire donner la mort, ce qui est la décision plus grave qui puisse être prise les concernant !

Semblablement, il est risqué de déléguer à d'autres, par un « testament de vie » à long terme, la faculté de décider à ma place quand je serai dément et de passer, par procuration, à mon euthanasie. Cette décision libre, mais à retardement, de confier à autrui la tâche de me faire mourir est-elle vraiment compatible avec un État de droit ?

Ici à nouveau, la décision prétendument purement individuelle que je prends risque de peser lourd sur autrui. Paradoxalement, le choix, soi-disant strictement personnel, que je pose va rapidement conditionner fortement la liberté d'autrui. Si cette pratique se répand et s'il suffit, pour la légitimer, que j'y consente par anticipation, elle se traduira vite par l'insinuation, d'autant plus sournoise qu'elle est inconsciente : « Ne devrais-tu pas en faire autant ? Cela arrangerait finalement tout le monde. Au lieu de peser inutilement sur autrui et sur la société, il « suffit » que tu donnes ton consentement à l'avance. C'est si simple... »

Cette survalorisation du consentement personnel renforcera encore l'individualisme et la solitude qui minent la solidarité de chacun avec tous et de tous avec chacun. Qu'on le veuille ou non, notre liberté personnelle ne vit que de multiples liens : à la nature, à notre corps, à la liberté d'autrui et, finalement, à tout homme, à toute femme, notre semblable. Plutôt que de résoudre la question du « bien mourir » en laissant chacun organiser, pour son propre compte, par le truchement de quelques personnes, sa « sortie de scène », n'est-il pas plus humain d'être tous solidaires de l'épreuve de chacun, de chacune, en posant sur eux un regard qui confirme leur dignité et en cherchant activement à soulager la souffrance qui les accable ?
Enfin, il a suffi de 11 ans pour envisager une extension de l'euthanasie initialement non prévue, voire écartée. Combien de temps faudra-t-il pour envisager d'autres élargissements ? Car, s'il « suffit » de donner son consentement, si ce geste, en se multipliant, se banalise, il ne manquera sans doute pas d'« esprits larges » qui, dans quelques années, jugeront qu'on peut, dans nombre de cas, « présumer » légitimement ce consentement chez le mineur qui l'eût donné, si son discernement avait été un peu plus mûr, ou chez la personne démente qui l'eût confirmé si on le lui avait proposé en temps opportun.

En adoptant cette position, nous, évêques de Belgique, ne faisons pas le choix de la souffrance qui, comme telle, est destructrice. L'Église catholique est d'ailleurs à l'origine de la plupart des soins de santé en nos pays. Nous ne nions pas non plus l'existence de la liberté individuelle. Mais nous proposons positivement l'option pour des soins palliatifs toujours plus performants et éloignés de tout acharnement thérapeutique. Et nous soutenons, tout aussi positivement, le primat de la liberté « solidaire » sur la liberté prétendument « solitaire », mais, finalement, si contraignante pour autrui.

Mgr A.-J. LÉONARD,
Archevêque de Malines-Bruxelles

Source : Zenit

 

 

Québec Hebdo, V. Demer, 09/03/2013 (extrait)

«Un pas de plus vers une mobilisation plus grande» - Dr Bergeron

(...) «Ce n'est qu'un début. Il y aura d'autres mouvements. Il y aura bientôt une grande marche qui se fera à Québec, où les Québécois de toutes les régions seront interpellés, mais la date reste à confirmer», a exprimé le Dr Bergeron, organisateur de la manifestation.

Le médecin de Québec veut inciter les citoyens à s'apercevoir que l'euthanasie «est dangereuse et inutile». «Bien sûr, on veut que tous les Québécois qui souffrent soient soulagés et bien traités en soins palliatifs, mais l'euthanasie n'est pas une solution. (...) Nous avons bon espoir que le gouvernement revienne sur sa décision», a ajouté le Dr Bergeron.

Porte ouverte vers le droit au suicide

Parmi les manifestants, plusieurs d'entre eux ont évoqué des valeurs personnelles venant en contradiction avec l'euthanasie. Louise-Hélène Boileau, de Sainte-Foy, croit en la dignité de la vie. «Ce n'est pas en donnant une injection létale qu'on peut mourir dignement. Beaucoup de personnes acceptent l'euthanasie, parce qu'ils se sentent une charge pour leur entourage. Ça peut faire toute la différence si la personne est bien entourée et a une bonne famille», a-t-elle souligné.

De son côté, Michel Girard, de Saint-Émile, indique que l'euthanasie n'est pas un principe divin. «Ça ouvre la porte vers un dérapage. À un moment donné, deux portes battantes vont s'ouvrir et ça va devenir le droit au suicide», croit-il.

Sylvain Lamontagne a renchéri sur les propos de M. Girard, en évoquant le suicide de son frère, en 1996. «À la prévention du suicide, on dit aux gens que la vie est précieuse, qu'il faut se battre. Le gouvernement lance un message contraire, c'est-à-dire qu'on aide à mourir ceux qui sont en fin de vie et qui le veulent. C'est insensé. On n'a qu'à penser à la Belgique, où toutes les balises tombent», a témoigné le père de famille de Valcourt, en Estrie.

«Ce sera nocif pour la population vieillissante du Québec» - Clément Vermet, manifestant.

Source : Québec Hebdo

 

 

QUÉBEC, le 7 mars 2013 /CNW Telbec/ - Le gouvernement du Québec s'apprête à légaliser l'euthanasie sous forme « d'aide médicale à mourir » dans tous les établissements de santé d'ici la fin juin 2013 pour les malades qui ont des douleurs physiques ou psychologiques incontrôlables.

La législation proposée contourne le Code Criminel Canadien qui garantit la sécurité de tous les Québécois et de tous les Canadiens qui sont entièrement protégés contre l'homicide, le suicide assisté et l'euthanasie.

Selon le Dr Marc Bergeron, porte-parole du Regroupement : « Comme citoyens du Québec, l'euthanasie menace directement notre sécurité physique et celle de nos familles. De plus, les malades les plus vulnérables de notre société ne sont nullement protégés par cette future loi qui prétend encadrer strictement l'euthanasie. »

Nous exigeons immédiatement des soins palliatifs de qualité, gratuits et disponibles à tous les Québécois qui présentent une grande souffrance à cause de leur maladie. D'ailleurs c'est la principale recommandation de la Commission parlementaire spéciale « Mourir dans la dignité ».

Les malades qui souffrent de façon indue ne doivent pas être privés de soins appropriés, donnés par des personnes compétentes et empathiques. « L'euthanasie n'est pas un soin reconnu par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ni un droit reconnu par la Charte des Droits et Libertés du Québec et du Canada », de dire le Dr Marc Bergeron, porte-parole du Regroupement.

Il y aura une manifestation publique contre l'euthanasie, samedi le 9 mars prochain, en face du Parlement de Québec et de la fontaine de Tourny, de 13 heures à 16 heures. Toute la population du Québec est invitée à ce rassemblement.

Source (à l'intention des journalistes seulement) :
Dr Marc Bergeron, porte parole
Regroupement des Québécois s'opposant à l'euthanasie
Daniel Arseneault : téléphone : 418- 845-8966

Source : CNW

 


NON a l'euthanasie

cf la Libre Belgique, An. H., 07/03/2013

Les évêques, déjà contre la loi de 2002, s'y opposent encore et a fortiori pour les mineurs et pour les déments.

Faut-il étendre, sous certaines conditions, la dépénalisation de l'euthanasie aux mineurs et aux personnes démentes ? Le débat bat son plein au Sénat (lire ci-dessous). "Cette perspective nous consterne", indique Mgr André-Joseph Léonard, au nom des évêques de Belgique. En 2002 déjà, au moment de l'élaboration de la loi, la conférence épiscopale avait exprimé ses plus vives réserves quant à l'idée de dépénaliser l'euthanasie.

Les évêques continuent à contester le principal argument, "fondamentalement ambigu" à leurs yeux, invoqué pour rendre acceptable la dépénalisation : la liberté de l'individu à disposer de soi. Loin de limiter ses effets au seul individu qui la réclame, l'euthanasie modifie le rapport fondamental à la vie et à la mort et mine la solidarité vitale de tous les citoyens avec les personnes souffrantes, estiment les évêques. "Elle a aussi de grandes conséquences sur la profession médicale et paramédicale : il ne s'agit plus seulement de l'art de soigner et de guérir, mais aussi de l'art de faire mourir", ajoute Mgr Léonard.

Cette même liberté individuelle est avancée pour l'éventuelle extension de la loi aux mineurs qui seraient capables de "discernement". "Jugés légalement incapables de certains actes, comme acheter ou vendre, se marier, voici qu'ils seraient tout d'un coup mûrs, aux yeux de la loi, pour se faire donner la mort, ce qui est la décision la plus grave qui puisse être prise les concernant !"

S'agissant des personnes démentes, qui pourraient faire une demande au préalable, via une déclaration anticipée d'euthanasie rédigée au moment où elles ont encore toute leur tête, le consentement au centre du dispositif légal de 2002 devient une notion bien fragile et peu consistante, relèvent les évêques. Qui s'interrogent : un écrit demandant l'euthanasie en cas de perte de ses facultés mentales ne risque-t-il pas de devenir si banal qu'un jour, on se demandera si un tel document est encore nécessaire ? La réalité de la démence n'appellera-t-elle pas, de soi, l'euthanasie par "compassion" ?

Il a suffi de 11 ans pour évoquer une extension de la loi de 2002, ajoute Mgr Léonard. Combien de temps faudra-t-il pour envisager d'autres élargissements ? "S'il suffit de donner son consentement; si ce geste, en se multipliant, se banalise, il ne manquera sans doute pas d'"esprits larges" qui, dans quelques années, jugeront qu'on peut dans nombre de cas "présumer" légitimement ce consentement chez le mineur ou chez la personne démente", avance l'archevêque de Malines-Bruxelles. "J'espère ne pas être prophète".

Les évêques appellent donc le législateur à rompre avec une logique qui "euthanasie le lien social lui-même" et à renforcer le cadre des soins palliatifs pour mieux prendre en charge les grands malades, mineurs ou déments.

Source : La Libre Belgique

 

 

 

 

( extrait d'un article du docteur Englert)

La sédation terminale a, par sa finalité, la même signification, les mêmes indications éthiques et juridiques que l'euthanasie.

Dans la sédation terminale, la décision vient des médecins !

tout support de vie (alimentation, hydratation, oxygénation... rein.. artificiels) est arrêté.

L'agonie peut se prolonger pendant plusieurs jours et même une à deux semaines (par expérience, même 6 semaines...)

Dans la sédation terminale, un doute persiste sur la réalité de la suppression de la souffrance.

La cause de la mort est imprécise, liée soit aux troubles métaboliques,soit à une complication infectieuse, soit à l'évolution et aux complications de la maladie,soit à une combinaison de ces facteurs.(...)

Priver un patient pendant des jours ou de semaines de ce qui fait l'essentiel de sa personnalité et le maintenir coupé du monde extérieur, ni vivant ni mort, en attendant le décès nous paraît injustifiable comme réponse à une demande de mourir:

une telle prolongation de l'agonie peut constituer pour les proches une épreuve extrêmement traumatisante, voire cruelle, d'autant plus que des complications dramatiques de tous ordres peuvent survenir sous leurs yeux (hémorragies, convulsions,etc).

Source : jacqueline.salenson.over-blog.com

 

 

Belgique : légaliser l'euthanasie des mineurs parce qu'elle se pratique déjà, "tout le monde le sait"

(leblogdejeannesmits) La Belgique a commence aujourd'hui à examiner la proposition d'élargir l'euthanasie aux mineurs. La commission réunie des affaires sociales et de la justice du Sénat a entame aujourd'hui sa première audition en se posant la question, non du principe, mais de l'opportunité de mettre en place une limite d'âge légale. Certains proposent de retenir une définition plus floue : autoriser l'euthanasie sur un mineur dès lors qu'il apparaîtra comme ayant une capacité de jugement suffisante.Les experts entendus – pédiatres, médecins ayant pratiqué l'euthanasie – ont insisté sur le fait que la capacité de jugement et de libre expression de celui-ci est difficile à déterminer chez le mineur, qui peut faire son choix en opposition à ses parents ou au contraire par loyauté à leur égard.

Seul un des intervenants, le Pr Chris Van Geet, de l'université catholique de Louvain, a soutenu que l'élargissement de la loi ne s'imposait pas... En expliquant qu'aucune euthanasie sur mineur n'a été enrgistrée aux Pays-Bas depuis quatre ans.

Mais la responsable de l'unité de soins intensifs de l'hôpital pédiatrique Reine-Fabiola a dit que – « Nous le savons tous... – loi ou pas, l'euthanasie sur les mineurs est déjà pratiquée dans les faits.

C'est pour cela qu'ils veulent une loi ; pour se couvrir...

La Belgique veut « moderniser » sa loi d'euthanasie : la question de l'euthanasie des mineurs étant la première d'une série d'autres mises à jour qui rendent bien visible le jeu des petits pas du lobby de la mort.

Ce faisant le pays se tourne vers les Pays-Bas qui à bien des égards sont déjà allés plus loin. Et certains proposent d'adopter leurs critères : ainsi le commissaire au droit des enfants de Flandre verrait bien un système ou le mineur choisit librement et seul s'il a plus de 16 ans, mais doit obtenir l'accord de ses parents s'il a entre 12 et 16 ans.

Personne ne semble poser la question de la licéité de l'euthanasie elle-même. Pas même les chrétiens-démocrates...

Parmi les autres innovations à l'étude : l'euthanasie des déments, l'abandon de la règle du renouvellement, tous les cinq ans, du testament de vie que le lobby de l'euthanasie voudrait voir acquérir valeur permanente. Une audition sur les quatre qui précéderont la discussion de la loi portera sur le fait de savoir si la sédation palliative (ou terminale) doit être régie par la loi sur l'euthanasie, alors qu'en Belgique plusieurs scandales ont éclaté à propos de l'utilisation de ce protocole contre la volonté de malades ou de leurs proches. Plusieurs propositions de loi supplémentaires ont été déposées, notamment pour autoriser l'euthanasie des prématurés de 24 à 26 semaines ou des nouveau-nés « n'ayant aucune chance de survie » à la naissance.

Source : leblogdejeannesmits.fr

 

 

Communiqué de presse du 26 février 2013

Ne pas confondre « fin de vie » et « arrêt de vie »

Denys PELLERIN et Jean-Roger LE GALL

L'Académie nationale de médecine a pris connaissance du texte adopté par le Conseil national de l'ordre des médecins le 9 février 2013, intitulé "Fin de vie, «Assistance à mourir»", rendu public le 14 février (1). L'Académie est préoccupée d'y observer un glissement sémantique qui crée une confusion regrettable sur un sujet aussi sensible que celui de «la fin de vie».

Ce texte, en écho à la conclusion du rapport du Pr D. Sicard, fait état du recours à une sédation « terminale ». Le but de la sédation n'est plus seulement, comme le recommandait la loi Leonetti, de soulager et d'accompagner le patient, parvenu au terme de sa vie, plaçant le médecin dans son rôle d'accompagnement, conforme à l'humanisme médical, quand bien même cette sédation « puissante » précipiterait sa fin.
Dès lors que l'on parle de sédation « terminale », le but n'est plus de soulager et d'accompagner le patient, mais de lui donner la mort. D'ailleurs, le pas a été vite franchi par les médias, puisque les journaux ont parlé aussitôt de « l'aide à mourir" (Le Monde, le 14 février 2013) et du "virage des médecins" (La Croix, 15 février 2013), autrement dit un pas vers l'euthanasie.
L'Académie se doit de rappeler solennellement sa position, réitérée dans le document qu'elle avait tenu à remettre au Pr Sicard le 20 novembre 2012, avant la publication de sa « Réflexion publique des citoyens sur l'accompagnement des personnes en fin de vie » (2).
Dans son document, elle avait tenu à distinguer clairement « fin de vie » et « arrêt de vie » et à souligner que le terme « fin de vie » lui-même, recouvre des situations bien distinctes. La Loi Léonetti, et les textes réglementaires qui l'accompagnent permettent aujourd'hui aux médecins de répondre aux situations difficiles de fin de vie, - en dépit de leur complexité -.
L'arrêt de vie (aide à mourir en réponse à une demande volontaire à mourir, alors que la vie en elle-même n'est ni irrémédiablement parvenue à son terme, ni immédiatement menacée), ne peut être assimilé à un acte médical.
Au-delà de l'aspect sémantique, l'Académie de médecine invite à la rigueur dans l'emploi des mots et des formules, tout écart en ce domaine étant susceptible d'interprétations tendancieuses, au risque de dénaturer les termes d'une loi toujours en vigueur et qu'elle entend défendre. Elle tient à souligner les points suivants :
1/ la Loi Léonetti prévoit les dispositions permettant d'empêcher la souffrance du patient en fin de vie ;
2/ une sédation importante peut certes accélérer la fin de vie, mais la « sédation terminale » ne lui paraît pas un terme approprié, car il sous-entend que le but recherché n'est pas le soulagement des douleurs mais la mort du malade ;
3/ l'aide à mourir (autrement dit l'euthanasie) est contraire à la vocation du médecin et au serment d'Hippocrate.

Références
1- Conseil national de l'ordre des médecins. Fin de vie. In : http://www.conseil-national.medecin.fr/article/fin-de-vie-1303
2- D. Pellerin. Position de l'Académie nationale de médecine sur la fin de vie. Contribution à la réflexion publique des citoyens sur l'accompagnement des personnes en fin de vie (Mission Sicard). In : http://www.academie-medecine.fr/detailPublication.cfm?idRub=26&idLigne=2399

Source : Académie Nationale de Médecine

 

 

La Provence, 25 février 2013

Depuis 20 ans, l'association oeuvre auprès des mourants et de leurs familles

À l'heure où l'allongement de la vie crée de nombreuses dépendances, il en est une que l'on oublie quelquefois. Celle qui consiste à accompagner jusqu'au bout du chemin les malades en fin de vie. Afin d'informer le grand public sur les différentes formes de ce soutien, des réunions animées par Annie Pegolotti rassemblant à chaque fois une cinquantaine de personnes, se tiennent régulièrement au centre Desmichels sous l'égide de l'association "Jalmav".

"Dans le cadre des campagnes nationales, nous souhaitons informer les malades et leurs familles de leurs droits en ce qui concerne le moment difficile de la fin de vie. L'objectif de notre association et de faire évoluer le regard que la société pose sur la maladie grave, le grand âge, le décès", explique Mme Pegolotti.

Outil essentiel aux mains des professionnels de santé

Depuis 1993, à Digne, des femmes et des hommes se sont engagés au sein de cette association Jalmav, acronyme signifiant : "Jusqu'A La Mort, Accompagner la Vie". Ils sont ainsi une cinquantaine d'adhérents dont une douzaine de bénévoles ayant bénéficié d'une formation en psychothérapie, à oeuvrer en accord avec leurs familles et les services médico-sociaux concernés, afin d'aider et de soutenir au plus près les malades dans le délicat passage de vie à trépas, vers ce monde que l'ont dit meilleur.

Un récent rapport du Pr Sicard, remis au chef de l'État, en arrive à la conclusion que la Loi Léonetti de 2005 répond à la majorité des situations rencontrés, mais qu'elle est peu connue et donc souvent mal appliquée. Quelques modifications s'imposent souvent sur des points de détails pour que ladite loi devienne un outil essentiel aux mains des professionnels de santé.

Dans la tranquillité et la dignité

"Notre mouvement défend les valeurs humaines de solidarité, basées sur une expérience de terrain de trente années. Nous sommes témoins depuis des années de la difficulté pour certains de terminer leur vie dans la tranquillité, la sérénité parfois même dans la dignité qui conviendrait : douleurs physiques et morales, solitude des personnes âgées."

"Notre action est une alternative à l'euthanasie comme à l'acharnement thérapeutique, ou au suicide assisté... Donner la mort n'est pas un geste de soin, l'accompagner est un acte d'humanité", souligne avec conviction Annie Pelogotti.

En 2012, l'association a effectué 300 visites et accompagné 65 personnes. Dans son travail de terrain l'association Jalmav n'est pas toute seule, l'équipe territoriale de soins de confort et de soins palliatifs 04 est également là avec ses médecins et ses auxiliaires de santé.

Pour tous contacts : www.jalmav.org

Source : laprovence.com

 

 

Euthanasie: "Le Conseil de l'Ordre ouvre à nouveau la confusion"

Propos recueillis par Vincent Olivier, publié le 14/02/2013 (extraits)

Pour la première fois, le Conseil de l'Ordre envisage "une sédation adaptée, profonde et terminale" pour certains patients.

Informé par L'Express de la position de l'Ordre des Médecins sur la question de l'euthanasie rendue publique le 14 février, le Pr Denys Pellerin s'avoue "surpris" par cette évolution. Président honoraire de l'Académie de médecine, le Pr Pellerin avait été le rapporteur pour l'Académie d'une "contribution" rédigée en décembre dernier à la mission Sicard. Dans cette contribution, il récusait très clairement l'idée même d'euthanasie.

Dans son dernier avis, le Conseil de l'Ordre invoque un "devoir d'humanité". Partagez-vous cette préoccupation ?

Bien entendu! Notre contribution rédigée en décembre dernier dénonçait déjà l'idée d' "obstination de soins". Pour autant, la loi Léonetti votée par le Parlement en 2005 se suffit largement à elle-même, car elle prévoit clairement que, dans une situation de fin de vie, le médecin ne doit pas faire preuve d'un "acharnement déraisonnable".(...)

Quels sont, alors, vos points de désaccord avec le Conseil de l'Ordre?

Ils tiennent essentiellement au fait que, dans une même phrase, le Conseil met sur le même plan des "agonies prolongées" et "des douleurs psychologiques incontrôlables".

Or, les premières correspondent à une situation de fin de vie où la mort est déjà proche et dans laquelle il n'existe pas de traitement susceptible de guérir le patient. Et c'est justement le rôle d'un médecin que d'accompagner son maladie jusqu'au bout.

En revanche, les douleurs psychologiques évoquées renvoient à la notion d'"arrêt de vie", ce qui n'est pas du tout la même chose. C'est la porte ouverte au suicide médicalement assisté. Et il n'entre pas dans la mission du médecin de provoquer délibérément la mort.

Au fond c'est une querelle de mots...

Sur cette question, les mots sont essentiels. L'enjeu n'est pas purement sémantique, il est à la fois déontologique et juridique. Voilà pourquoi je suis gêné à la lecture de ce document de l'Ordre(...). La loi Léonetti définissait un cadre général, elle prévoyait la possibilité de laisser des "directives anticipées", pas toujours connues certes, mais prévues. Et le Conseil de l'Ordre ouvre à nouveau la confusion.

Le Conseil de l'Ordre ne parle pourtant que de "situations exceptionnelles"

Mais justement! Qui va définir le côté "exceptionnel"? Va-t-on devoir établir une liste exhaustive? Et qui va s'en charger? Le législateur, l'Ordre, le Comité national d'éthique, la "formation collégiale" mentionnée par le Conseil? Ces interrogations sans réponse me laissent très inquiet.

Source : L'Express

 

 

Des médecins se mobilisent contre l'euthanasie

Un nombre grandissant de médecins s'opposent à l'idée de provoquer la mort de leurs patients

MONTRÉAL, le 19 févr. 2013 /CNW Telbec/ - C'est dans le cadre historique du Musée des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal que le Collectif de médecins du Refus médical de l'euthanasie a lancé aujourd'hui un appel à leurs collègues et à la population pour les sensibiliser clairement aux dangers de l'euthanasie et à la fragilité du consensus entourant le futur projet de loi québécoise créant le geste de « l'aide médicale à mourir ». Leur offensive passe par la publication de leur manifeste dans les médias (La Presse, Le Soleil) ainsi que sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter avec le mot-clic #tuernestpasunsoin).

Selon le Dr Patrick Vinay, chef d'une unité de soins palliatifs et porte-parole du Collectif, « l'euthanasie par injection létale n'est pas un soin, mais la fin définitive de tous les soins. Les malades ne devraient jamais être obligés de renoncer à leur droit d'être soignés. » Les Drs Catherine Ferrier et Marc Beauchamp ont aussi pris la parole, rejettant « un processus où les médecins perdraient tout jugement professionnel et deviendraient légalement tenus de tuer leurs patients sur demande et non de les soulager de leur mieux. » Le Collectif tient à ce que les hôpitaux demeurent des lieux entièrement sécuritaires, où personne ne puisse craindre qu'un proche soit supprimé. Les enjeux de ce projet de loi sont mal compris, mal définis et véhiculent une perte importante de droits tant pour les malades que pour les soignants.

Le Collectif de médecins invite leurs collègues à signer le manifeste et la population à l'appuyer en visitant le site internet www.soignertoujours.com.

Le Collectif de médecins du Refus médical de l'euthanasie regroupe à ce jour 317 membres (dont 238 du Québec) qui considèrent que toute loi permettant aux médecins de mettre fin à la vie de leurs patients intentionnellement est contraire aux buts de la médecine et à l'intérêt des patients. Une telle législation met en péril des patients, surtout les personnes faibles, démunies ou qui ne peuvent pas élever la voix pour se défendre.

SOURCE : Collectif de médecins du refus médical de l'euthanasie
Renseignements :

Disponibles sur le site Web www.refusmedical.blogspot.ca: le message du Collectif publié dans les quotidiens du jour, ainsi que sur Facebook, ainsi que la conférence de presse dans son intégralité (dès 13h).

Pour informations supplémentaires ou pour une organiser une entrevue avec un porte-parole du Collectif, veuillez contacter :

Elaine Mayrand / Joanie Doucet
Massy Forget Langlois relations publiques
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
514 718-2124 / 514 297-2771

Source : Canada Newswire

 

 

La justice du Texas vient de donner raison à une adolescente de 16 ans, enceinte de dix semaines, qui accuse son père et sa mère de tenter de la forcer à avorter et qui avait, via le Texas Center for Defense of Life, déposé une plainte à leur encontre une semaine auparavant. Menaces verbales, physiques, harcèlement... Tout était bon pour pousser la jeune femme à se débarrasser de l'enfant. Par exemple, le père lui avait retiré son téléphone portable ainsi que sa voiture. Il l'empêchait aussi de se rendre au lycée et la forçait à avoir deux emplois. Sa mère, elle, lui avait demandé de prendre la pilule abortive. Une entrave au droit (constitutionnel) de mener sa grossesse jusqu'à son terme, selon le Texas Center for Defense of Life.

L'injonction rendue mardi par la Family court du Texas contraint les parents à rendre sa voiture à la jeune fille pour se rendre à l'école, au travail et chez le médecin. Ils devront également prendre en charge la moitié des frais de l'accouchement si elle n'épouse pas le père de l'enfant d'ici-là. Ce n'est pas la première fois que le Texas Center for Defense of Life vient en aide avec succès à des jeunes femmes que leurs parents cherchent par tous les moyens à faire avorter.

Source : Nouvelles de France

 

 

Interview de Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes,chargé des questions de bioéthique au sein de la conférence des évêques de France, pour l'Agence de Presse de la conférence épiscopale italienne (SIR). Cet interview fait suite à la communication du Conseil National de l'Ordre des Médecins sur la fin de vie. Propos recueillis par Maria Chiara Biagioni.

Comment définir les « situations exceptionnelles » ? L'ordre parle de : « certaines agonies prolongées, ou pour des douleurs psychologiques et/ou physiques qui restent incontrôlables ». Comment définir "incontrôlables" ?

C'est aux médecins de répondre à ces questions. L'Ordre des Médecins nous dit que ces situations sont « rares ». Mais d'une certaine manière, chaque fin de vie est une histoire unique, qui ne peut se répéter et donc exceptionnelle. Parfois, il est vrai que des circonstances qui entourent ces fins de vie peuvent être très déconcertantes, la douleur restant « incontrôlable ». Elles font alors appel à un surcroît de réflexion, de discernement, d'attention. Pour le corps médical, c'est l'occasion d'un sursaut plus grand d'humanité pour trouver les moyens afin que le patient ne souffre pas. Ce peut être un puissant analgésique, ou même l'anesthésie générale, qui, réduisant considérablement les possibilités de réaction de l'organisme, accélère le moment de la mort en raison de la maladie. Peut-être que cette situation de souffrance « incontrôlable » arrive-t-elle parce qu'on a trop duré dans la médecine curative - qui n'est jamais tout à fait exempte d'un devoir de réussite - et qu'on est passé trop tardivement à la médecine palliative. Il est important de penser au soin palliatif dès qu'une personne est soignée. L'accompagnement est alors beaucoup plus fin et plus juste, car la personne est prise en charge aussi bien dans le soin que dans le prendre soin, dans toutes ses dimensions, physique, psychologique, relationnelle, affective, spirituelle, de telle sorte qu'elle ne souffre pas et qu'il n'y ait pas d'acte curatif déraisonnable.

Qu'est-ce qu'on doit entendre par « sédation terminale » ? Et ou se situe la frontière entre l'aide médicale au malade terminal et l'euthanasie ? La position publique de l'ordre peut-elle ouvrir à une dérive "d'euthanasie"?

Oui, je le crains. Le texte de l'Ordre des Médecins contient la même ambiguïté que le rapport du Professeur Sicard. Il est plus juste de parler de sédation en phase terminale. La grande question est celle de l'intention. La dignité de la personne humaine s'exprime en partie dans sa capacité de discernement et donc d'intention. L'intention de faire venir la mort est toujours coupable. Au fond de la conscience humaine - et c'est sa dignité -, il y a toujours cette parole fondatrice de liberté et de solidarité : "Tu ne tueras pas." Il est vrai que la conscience a besoin d'intériorité et de formation pour pouvoir se faire entendre. Elle formule alors une obligation intérieure qui se traduit par des actes concrêts et libres. L'intention de ne pas tuer s'exprime positivement dans l'intention d'accompagner et de soulager la souffrance. Pour cela, une sédation est légitime en phase terminale. Si la souffrance est "incontrôlable", pour reprendre le terme employé, alors la science doit continuer ses recherches pour trouver l'analgésique et la manière de l'administrer qui permette de l'apaiser. Certes, cela peut provoquer la venue très rapide de la mort, mais sa cause n'est pas l'acte médical mais la maladie.

L'Ordre parle de « devoir d'humanité ». Si l'Eglise dit non à l'euthanasie, ça veut dire qu'elle est inhumaine ?

Je me réjouis que l'Ordre parle du "devoir d'humanité". C'est un devoir qui jaillit d'une conscience humaine. Le concile Vatican II a cette très belle affirmation : "C'est d'une manière admirable que se dévoile au fond de la conscience l'amour pour le prochain." Il s'agit donc d'un devoir intérieur qui devient une obligation collective. Le corps médical ou soignant a la belle mission d'écouter ce devoir et de le mettre pratiquement en oeuvre. Ce n'est jamais facile. Il y faut parfois beaucoup de travail de discernement, et d'esprit de solidarité. Les médecins sont appelés à être lucides sur la condition humaine qu'ils partagent, c'est-à-dire sur leur propre rapport à la mort, à leur mort. Alors le devoir d'humanité est un devoir de compassion, c'est-à-dire d'un accompagnement de la personne qui souffre, dans le respect de cette dignité, identique chez le malade et chez le médecin. En disant non à l'euthanasie, l'Eglise n'ignore pas les difficultés de conscience du corps médical - qui sont parfois une croix -, mais elle affirme ainsi la capacité d'humanité des soignants. Celle-ci est plus grande que ce qu'ils imaginent. Ce "non" manifeste la ligne en-dessous de laquelle nous n'agissons pas conformément à notre dignité. Il est une aide bienveillante pour les médecins. Il exprime un grand respect de leur dignité et de celle de la personne en fin de vie. Il est un grand "oui" à la vie.

L'Ordre affirme : « Ne pas donner délibérément la mort mais s'interdire toute obstination déraisonnable ». Qu'en pensez-vous ? Quel rôle doivent jouer le médecin, la famille, l'Etat?

Il est juste de refuser toute obstination déraisonnable. Cela n'est pas toujours facile à discerner. Le dialogue entre le corps médical et la famille, ainsi que la personne de confiance, est fondamental. Le pacte de confiance réciproque entre le patient et le médecin repose sur une commune dignité, sur une conscience commune de la douce obligation intérieure : "Tu ne tueras pas", qui se dit aussi : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même." La famille doit participer à ce pacte de confiance. Il est essentiel que l'Etat donne les moyens de faire connaître à tous la loi Leonetti et de l'appliquer pour tous. Ses lois doivent être justes. Elles le seront si, respectant la dignité de la conscience humaine, elles interdisent de faire venir la mort. L'Etat doit proférer un grand oui à la vie pour susciter une société de confiance.

Source : Agence de Presse de la conférence épiscopale italienne (SIR)

 

 

Mardi 19 février 2013

Des médecins s'opposent à une législation pro-euthanasie

Article de Pierre Saint-Arnaud

Le Collectif fait valoir que le fait de poser un geste qui cause la mort est ni plus ni moins qu'un homicide.

TUER N'EST PAS UN SOIN.

Le «Collectif de médecins du refus médical de l'euthanasie» estime qu'il s'agirait là d'une négation de leur vocation première, qui est de venir en aide aux patients.

Le Collectif (...) fait valoir que le fait de poser un geste qui cause la mort, (...) est ni plus ni moins qu'un homicide.

Les porte-parole du groupe soulignent qu'il y a une marge entre poser un tel geste et le fait de ne pas poursuivre un traitement à un patient qui le refuse. Ils estiment qu'une personne peut, en raison de grandes souffrances ou d'absence d'espoir de guérison ou d'amélioration de sa condition, refuser un traitement et recevoir des soins palliatifs qui rendront sa fin de vie plus confortable sans avoir à lui enlever la vie.

En ce sens, ils dénoncent la pauvreté des soins palliatifs disponibles dans le réseau de la santé.

Sur le plan légal, ils font valoir que même si un médecin refuse de poser un tel geste, il pourrait être obligé de recommander le patient à quelqu'un qui accepterait de le faire, se rendant ainsi complice de la démarche.

Source : lapresse.ca

 

 

Grosse promotion de l'euthanasie des déments à la télévision

Du blog de Jeanne Smits :

La chaîne de télévision néerlandaise VARA, « social-démocrate » et « progressive », vient de diffuser un documentaire sur l'euthanasie des déments, véritable outil de propagande pour la reconnaissance des testaments de vie et pour le droit de chacun de choisir la sortie si certaines conditions sont réunies : ne pas reconnaître ses enfants, par exemple, ou encore devoir être placé dans une maison de soins en raison de l'avancement d'une maladie dégénérative...

L'émission « Zembla », intitulée « Docteur, j'ai le droit de mourir ? » s'appuie notamment sur un sondage auprès de 10.000 membres d'une des plus importantes organisations de « séniors » aux Pays-Bas, ANBO : 76 % d'entre eux, assure-t-on au cours de l'émission (mais je n'ai pas trouvé ce résultats de l'enquête) désirent être euthanasiés s'ils deviennent déments.

Si c'est exact, s'agit-il du résultat d'une longue campagne sur le terrain de la NVVE (association néerlandaise pour une fin de vie volontaire) ? Quoi qu'il en soit, l'émission Zembla cherche à mettre en évidence ce que la vie dans un état de démence a d'insupportable, en montrant qu'aux Pays-Bas, les médecins refusent dans leur immense majorité d'euthanasier une personne qui n'est pas en mesure d'exprimer librement et consciemment sa propre volonté. Et ce même si elle a pris la précaution de l'exprimer dans le cadre d'un testament de vie détaillant les conditions nécessaires pour qu'on puisse procéder à sa mise à mort alors qu'elle ne pourrait plus la demander librement et personnellement.

Incroyable réquisitoire contre ces médecins qui n'en font qu'à leur tête, le programme, diffusé mercredi dernier, donne la parole aux proches de personnes démentes qui ne savent pas comment vivre avec les souffrances de ceux qu'ils aiment et qui s'indignent : les malades sont incontinents, n'ont aucune qualité de vie, ne voient pas leur désir pourtant clairement exprimé honoré au moment où ils sont enfermés dans des institutions. C'est au fond la souffrance des proches qui est exploitée pour justifier la pression. Vers la 35e minute de l'émission on voit ainsi l'épouse d'un malade qui se porte bien, mais qui se perd lorsqu'il sort, essayer de le convaincre qu'il est malade alors qu'il affirme qu'il va très bien. L'épouse brandit ses testaments de vie réclamant l'euthanasie ; lui explique qu'il ne veut en aucun cas mourir. Elle raconte comment elle appelle le médecin dès qu'il exprime de nouveau un désir de mourir... Pour le voir répondre, dès que le médecin accourt et lui demande comment il va : « Formidablement bien ! »

Il ne semble pas qu'en fait cette épouse désire faire éliminer un mari devenu encombrant : elle n'a aucune envie d'aller contre sa volonté. Mais on sent le désarroi d'une personne organisée face à une situation qui était pourtant bien ficelée par le testament de vie...

Ce que cherche à prouver l'émission, c'est qu'il est important soit de se laisser éliminer avant d'être tellement à l'ouest que toute décision lucide devient impossible, soit de faire pression pour la reconnaissance du testament de vie pour le moment où aucune décision lucide n'est plus possible. En l'état actuel de la pratique néerlandaise, l'euthanasie pour les personnes en voie de devenir démentes est acceptée par les commissions de surveillance et de contrôle qui donnent leur avis a posteriori. D'où les déclarations répétées d'un médecin de maison de soins, Bert Keijzer, qui recommande aux gens de se dépêcher de se faire euthanasier pendant qu'elles ne sont pas encore trop démentes, de manière à ce que le médecin puisse en toute conscience s'assurer de bien faire ce qu'elles veulent à ce moment-là : « Si vous ne voulez pas devenir dément, il faut, préventivement, alors que vous êtes encore en assez bon état, mettre fin à votre vie, explique-t-il. Après ? Trop tard : il ne se sent pas d'euthanasier une personne démente dont la personnalité a changé et dont l'avis ne correspond peut-être plus à ce désir exprimé à ce testament de vie rédigé naguère.

Il exprime ainsi à sa manière – choquante, même aux Pays-Bas – le point de vue exprimé par l'équivalent de l'Ordre des médecins, le KNMG, dont les directives par rapport à l'euthanasie sont claires : on ne l'administre pas si la personne n'est pas consciente de ce qui se passe, et on la met assez à l'aise pour qu'elle puisse refuser le cocktail ou la piqûre lytique jusqu'au dernier instant.

Voilà déjà plusieurs années que la NVVE milite pour une autre interprétation de la loi, forte d'un cas d'euthanasie déjà ouvertement pratiqué sur une personne carrément démente et qui a été approuvée par la commission d'évaluation.

Le documentaire donne la parole à Els Borst, ancien ministre de la Santé qui avait porté victorieusement le projet de légalisation de l'euthanasie et qui explique aujourd'hui que l'intention du législateur était bel et bien d'autoriser la mise à mort des personnes démentes, l'exigence d'accord de la personne tombant dès lors que celle-ci aurait clairement exprimé sa volonté dans un testament de vie demandant une euthanasie future dès lors que certaines conditions seraient remplies.

La lettre de la loi lui donne raison ; la pratique médicale est autre et l'on comprend, à travers l'articulation de l'émission et l'indignation qu'elle fait naître devant l'idée d'éliminer les personnes en voie de devenir démentes « avant qu'il ne soit trop tard », que l'effort néerlandais porte désormais sur la prise en compte des testaments de vie.

Le KNMG a réagi à l'émission en déclarant que l'euthanasie est selon lui impossible dès lors que le patient est incapable de « communiquer », même en présence d'un testament de vie. Le communiqué de l'organisation professionnelle précise qu'en cas de démence avérée, le médecin n'a pas la capacité de déterminer si le malade souffre réellement de manière « insupportable » et qu'il ne peut donc que s'abstenir et faire son travail, qui est toujours d'« alléger la souffrance ». Mais son président, Lode Wigersma, reconnaît dans le même mouvement que la communication d'un patient dément peut être non-verbale, qu'on peut tenir compte des geste ou du « langage du corps ».

Des deux côtés, on met l'accent sur une nécessité : le devoir du médecin et du patient de parler, et de parler souvent, des désirs de celui-ci quant à l'euthanasie, afin que la demande soit claire, réitérée, et confirme l'éventuel testament de vie qui dans un tel processus prend une valeur accrue. Il faut aussi que la personne en parle souvent avec son entourage...

Dans ces conditions, les visites chez le médecin et les discussions familiales risquent de devenir de plus en plus macabres...

Source : leblogdejeannesmits.blogspot.fr

 

 

Euthanasie : l'inquiétude de Mgr d'Ornellas
dimanche 17 février 2013

Mgr d'Ornellas est chargé des questions

Alors que le Conseil de l'Ordre des médecins envisage qu'un collège médical permette une « sédation terminale » pour des patients en fin de vie ayant donné un accord éclairé, Mgr Pierre d'Ornellas, chargé des questions de bioéthique au sein de la conférence des évêques de France, dit craindre « une dérive d'euthanasie ». Pour l'archevêque de Rennes, « il est plus juste de parler de sédation en phase terminale. L'intention de faire venir la mort est toujours coupable. Au fond de la conscience humaine ¯ et c'est sa dignité ¯, il y a toujours cette parole fondatrice de liberté et de solidarité : 'Tu ne tueras pas' », estime Pierre d'Ornellas.

Faisant ces déclarations à l'occasion de la Conférence des évêques italiens, il poursuit : « L'intention de ne pas tuer s'exprime positivement dans l'intention d'accompagner et de soulager la souffrance. Pour cela, une sédation est légitime en phase terminale. Si la souffrance est incontrôlable, pour reprendre le terme employé, alors la science doit continuer ses recherches pour trouver l'analgésique et la manière de l'administrer qui permette de l'apaiser. Certes, cela peut provoquer la venue très rapide de la mort, mais sa cause n'est pas l'acte médical mais la maladie », conclut l'archevêque.

Source : Ouest-France

 

 

C'est la toute première fois en France depuis de très nombreuses années de discussion sur le sujet que l'Ordre des Médecins émet un avis et notamment favorable sur l'euthanasie et l'accompagnement de la fin de vie chez les malades. Le débat sur l'euthanasie dure déjà depuis de nombreuses années et fait polémique aussi bien chez les médecins, les politiciens que les simples citoyens.(...)
Le débat sur l'euthanasie devrait se poursuivre encore de nombreux mois voir même de très nombreuses années mais François Hollande souhaite que durant son quinquennat d'importantes décisions soient prises dans ce domaine pour améliorer la fin de vie des patients ! Affaire à suivre !

Source : cabinetsavocats.com

 

 

L'Ordre des médecins envisage l'euthanasie "dans des cas exceptionnels"

Le Conseil national de l'Ordre des médecins envisage pour la première fois
qu'un collège médical permette une "sédation terminale" pour des patients en
fin de vie ayant émis des "requêtes persistantes, lucides et réitérées".

Source : LEXPRESS.fr, 14/02/2013

 

 

 

L'euthanasie des chiens, des chats, des éléphants vous émeut ? mais vous voulez vous débarrasser de vos mères et de vos grand-mères !

On a financé d'énormes recherches pour une médecine de pointe mais paradoxalement les coupes sombres dans le budget, c'est dans le secteur de la santé qu'elles s'opèrent.

 

 

30/01/2013  

Tom Mortier a 36 ans. Il est professeur de chimie. ...

Lieve De Troyer, sa maman, a été euthanasiée à 64 ans. Les médecins ont jugé, qu'elle faisait cela en toute liberté, qu'elle souffrait d'une souffrance psychique inapaisable et qu'ils avaient à respecter sa volonté de ne pas vouloir en avertir son fils. ...

Mais celui-ci réagit « Comment peut-on être sûr que quelqu'un veuille vraiment mourir et a toute sa tête pour en décider librement ? Tous les jours, depuis un an, je me demande comment je vais pouvoir, moi qui continue à vivre, dépasser ce traumatisme de n'avoir pas pu empêcher cet acte de mort ? » ...

Lieve Thienpont, la psychiatre qui, avec toute l'équipe, a donné le feu vert à l'euthanasie, répond dans un article paru dans le quotidien De Morgen, qu'au nom de l'autonomie de la patiente, sa demande doit être respectée.


Tom Mortier veut aujourd'hui se battre et tirer la sonnette d'alarme : l'impact de l'euthanasie sur les relations familiales est énorme. C'est notre vivre ensemble et la solidarité entre nous qui sont menacés.

Source : Institut Européen de Bioéthique

Christophore :

Terrible drame contre l'amour, contre la vie, contre l'affection, je dirais même la piété filiale d'un fils envers sa mère.

Commentaire dans Dérives.