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Un texte d'analyse d'actualité :

par Jeanne Smits, 06/04/2007 (extraits)

Loi Leonetti : déjà une loi d'euthanasie

La loi Leonetti du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de la vie présente une « réelle ambiguïté » par rapport à l’euthanasie, constate une déclaration commune juive et catholique signée par l’archevêque de Paris, Mgr Vingt-Trois, et le Grand rabbin de Paris, David Messas. Il s’agit d’une lecture lucide et profonde de la loi à la lumière des exigences de la loi naturelle ; lecture menée par un groupe de réflexion officiellement constitué par les responsables des deux religions dans le cadre de leurs commissions pour le dialogue interreligieux. Elle s’appuie explicitement sur le « commandement biblique : “Tu ne tueras pas” » et cherche à bien préciser dans quelles conditions, dans le contexte d’une évolution rapide de la médecine, celui-ci peut et doit être en tout temps respecté.

Assurément ce type-là de dialogue, qui ne prétend à aucun faux oecuménisme, est celui dont nous avons besoin dans une société où le laïcisme équivaut à un refus de Dieu et de sa Loi.

La « réelle ambiguïté » de la loi réside dans son acceptation du fait de couper l’alimentation, considérée explicitement dans ses travaux préparatoires comme un « traitement médical », et ce dès lors que le traitement ne pourrait améliorer l’état du malade, qu’il soit conscient ou non. Vincent Humbert aurait pu, par exemple, « bénéficier » de cette forme d’« euthanasie par omission » (selon l’expression du Vatican) dans le cadre de la loi Leonetti alors même qu’il ne se trouvait pas en phase terminale.

Cette ambiguïté, Présent l’avait soulignée et expliquée dès avant le vote de la loi (2005), alors même que, semble-t-il, personne ne voulait se hasarder à condamner la loi Leonetti, présentée alors à peu près partout comme un texte providentiel de protection de la vie (...).

L’étude sérieuse présentée par Mgr Vingt-Trois et le Grand rabbin Messas éclaire ce point de façon tardive mais lumineuse. Voyez plutôt :

« Le fait de ne pas entreprendre (ou de ne pas maintenir) pour un malade déterminé, tel ou tel traitement médical, ne dispense pas du devoir de continuer à prendre soin de lui. Juifs et catholiques, nous jugeons qu’il est de la plus haute importance de chercher le moyen et la manière les plus adéquats d’alimenter le malade, en privilégiant dans toute la mesure du possible la voie naturelle, et en ne recourant aux voies artificielles qu’en cas de nécessité. »

Ce sont les fameux « soins ordinaires » qui sont toujours dus : « Seules des raisons graves dûment reconnues (non assimilation des nutriments par l’organisme, souffrance disproportionnée entraînée par l’apport de ceux-ci, mise en danger du malade du fait de risques d’infection ou de régurgitation) peuvent conduire dans certains cas à limiter voire suspendre l’apport de nutriments. Une telle limitation ou abstention ne doit jamais devenir un moyen d’abréger la vie », poursuit la déclaration. Elle demande que les « instances compétentes favorisent et garantissent cette interprétation de la loi ». Cela s’avère, ajouterons- nous, d’autant plus nécessaire que les travaux préparatoires de la loi ne sont pas ambigus du tout : s’ils récusent l’arrêt de l’hydratation au nom des grandes souffrances qu’elle entraîne (comme pour Terri Schiavo…), ils inscrivent totalement le refus d’alimenter dans les bonnes pratiques médicales.

L’ensemble de la déclaration commune juive et catholique mérite d’être lue. Et d’abord dans cette affirmation du principe général : « Le commandement biblique : “tu ne tueras pas”, exige de la famille et des soignants de ne pas chercher à hâter la mort du malade, et des malades de ne pas attenter à leurs jours, ni de demander l’aide d’autrui dans cet objectif. En nous appuyant sur ce commandement nous exprimons une opposition très ferme à toute forme d’assistance au suicide et à tout acte d’euthanasie, celle-ci étant comprise comme tout comportement, action ou omission, dont l’objectif est de donner la mort à une personne pour mettre ainsi fin à ses souffrances. » (...)

Source : present.fr

 

 

par Jeanne Smits, 11/01/2014

Vincent Lambert est de nouveau menacé de mort par le Dr Eric Kariger, chef du service de gériatrie du CHU de Reims. Au cours d'une réunion avec la famille, ce matin, le médecin – catholique pratiquant, membre du PCD – a signifié sa décision : son patient, tétraplégique, en état de conscience minimale, mais par ailleurs en bonne santé, doit bénéficier de l'arrêt de l'obstination déraisonnable que constitue le maintien artificiel de sa vie par l'administration de nourritures et d'hydratation.

C'est une décision de mort, d'euthanasie par omission.

Elle n'est pas inattendue : voici des mois, depuis que le tribunal administratif de Chalons-en-Champagne avait ordonné que Vincent Lambert fût réalimenté après 31 jours de jeûne contraint, que le Dr Kariger se répandait dans la presse pour justifier la décision qu'il indiquait clairement vouloir reprendre, en invoquant les éléments de la loi Leonetti évoqués ci-dessus.

Car il faut le savoir, la loi Leonetti est déjà une loi d'euthanasie, même si la lettre de la loi permet de discuter l'application d'une décision d'arrêt des soins ordinaires que sont la nourriture et l'hydratation à une personne qui n'est pas du tout en fin de vie.

Les travaux préparatoires de la loi prévoyaient cependant qu'on ne cesse pas l'hydratation, en raison des souffrances que cela pouvait provoquer.

Même cette considération est aujourd'hui balayée car la première fois, Vincent Lambert a mis trop de temps à mourir…

Bien sûr, l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation sont censés servir au bien du patient, qui n'est pas malade et qui à l'occasion sort même de l'hôpital pour être en famille… Il l'aurait voulu, il n'a plus de vie relationnelle, il est dépendant : voilà ce que le Dr Kariger a répété dans la presse ces derniers mois. On « suspectait » chez lui un « refus de vivre ».

Que sa mère, son père, et d'autres membres de la famille aient suspecté chez lui une volonté de vivre, cela n'importe pas, le Dr Kariger prenant seul cette décision en interprétant le doute dans le sens de la mort, soutenu par la femme de Vincent et une partie de ses frères et sœurs.

Mais la question n'est pas de savoir ce qu'aurait voulu Vincent Lambert, mais de se demander s'il est licite de « laisser mourir » un être humain dans ces conditions, ou plutôt de provoquer délibérément sa mort en cessant de l'alimenter.

Tout au long de ces derniers mois, les convictions religieuses de Pierre et Vivianne Lambert, ses parents, présentés comme proches de la Fraternité Saint Pie X, ont aussi été évoquées dans la presse pour expliquer leur refus de la « réalité » et leur obstination en faveur de la vie de leur enfant.

Sans doute faut-il de nos jours avoir quelques convictions morales et religieuses pour comprendre que la vie humaine doit être respectée,  même lorsqu'elle est diminuée et fragile. Mais nul besoin pour cela d'être « intégriste », réel ou supposé. Un des plus beaux documents dénonçant le caractère euthanasique du refus de nourriture et d'eau, soins toujours dus lorsqu'elles apportent un bénéfice au patient dans leur ordre propre, a été co-signé par Mgr Vingt-Trois et le grand rabbin David Messas. C'est ici.

Me Jérôme Triomphe, qui s'est battu comme un lion pour arracher une première fois Vincent Lambert à sa mort programmée, engage un référé pour empêcher cette nouvelle tentative. Procédure d'urgence : l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation est prévue dans de très brefs délais.

Source : leblogdejeannesmits.blogspot.fr

 

 

par Jean-Claude Bésida, 08/01/2014

Lors de la cérémonie des vœux le 7 janvier, François Hollande a annoncé qu’il entendrait les représentants religieux sur la fin de vie « probablement » en février.

 

Pour les traditionnels vœux aux autorités religieuses, François Hollande a rencontré à huis clos, le 7 janvier, les représentants des principales religions de France pendant une heure au palais de l’Élysée.

La situation internationale avec la Centrafrique et la Syrie, mais aussi la nécessité du respect envers les cultes ont été évoquées. Mais la principale annonce du président fut sa proposition de consulter spécifiquement les responsables religieux sur les questions qui font actuellement l’objet de projets de loi : fin de vie et PMA.

Une annonce « plutôt réconfortante », selon Mgr Pontier

Dans la cour de l’Élysée, Mgr Georges Pontier , archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, et Mgr André Vingt-Trois , archevêque de Paris, ont répondu aux questions de  Famille Chrétienne . Sur la consultation des autorités religieuses, le premier a expliqué qu’elle « devrait avoir lieu probablement courant février  ». S’il espère bien évidemment qu’elle soit organisée de manière plus sérieuse que pour le « mariage pour tous », il ajoute : «  Sur le principe, il est plutôt réconfortant de constater que le gouvernement souhaite consulter les autorités religieuses spécifiquement sur la question de la fin de vie, mais aussi sur les autres questions ».

Sur les profanations de ces dernières semaines, Mgr Vingt-Trois qui, quelques jours auparavant, avait appelé à ce que  « des voix se fassent entendre » , a expliqué que « le président a tenu le langage d’un défenseur de la laïcité et de la liberté des religions. Il a donc rappelé que l’État veillait à ce que les religions puissent exercer leur culte de manière sécurisée  ».

Quant à « l’affaire Dieudonné » et aux Femen , l’archevêque de Paris précise : « C’est un avertissement qui nous invite à réfléchir sur la manière dont notre culture a tendance à se laisser entraîner dans la dérision et la provocation comme moyen d’expression. Il y a des choses qui ne se font pas et ne se disent pas. Si on n’a pas de frontière,  il y aura une surenchère   » .

Source : famillechretienne.fr

 


Organisé par Alliance Vita :

 

Université de la vie

 

L’université de la vie est un Cycle de formation en Bioéthique organisé par l’association Alliance VITA. Pour sa 6e édition,70 départements de France proposeront de vivre l’événement en simultané. Une proposition de formation VITA qui ne concerne donc plus seulement Paris et IDF, mais toutes les régions de France.

Objectif

Ce cycle de formation propose de parcourir et d’approfondir en 5 soirées les enjeux actuels de la bioéthique pour agir au service de la vie. Une façon  de susciter une réflexion pratique et concrète, ancrée dans le quotidien, sur le sens de la vie humaine.

Thème

Cette année, le thème retenu est « Qui est l’Homme ?« , un sujet qui invite à faire le lien entre la manière dont la société et les Français abordent ce sujet isolément ET la culture que cela dessine.

Intervenants

Les interventions s’appuient sur des expériences concrètes. Parmi les intervenants seront présents notamment : Docteur Xavier Mirabel, Tugdual Derville, Caroline Roux, Ségolène du Closel, Henri de Soos ainsi que plusieurs experts et témoins qui participeront aux soirées au niveau national ou local.

Où ?

Dans 70 départements en France métropolitaine
(cf. liste des villes)

Quand ?

5 lundis du 13 janvier au 10 février 2014 de 20h15 à 22h30

Comment ?

Une formation inédite en visioconférence, interactive et participative

Avec qui ?

Des interventions de personnalités, d’experts et de témoins

Programme

 1. A l’origine de la vie humaine : anthropologie, procréation, maternité, paternité

  • Maternité, grossesse, IVG : questions et enjeux
  • Qu’est-ce que la dignité humaine ?
  • Décryptage des derniers rapports gouvernementaux sur l’IVG

> Éclairage philosophique : Le « projet parental » : nouvelle approche de l’engendrement

2. Homme ou femme : interchangeables ?

  • Les ressorts de la théorie du genre
  • Les méthodes d’AMP et le Gender
  • Une enquête sur la diffusion du genre en école primaire

> Éclairage philosophique : Existe-t-il une identité féminine, une identité masculine ?

3. Fragilité, dépendance et interdépendance

  • Prendre soin de la vie, prendre soin les uns des autres
  • L’écoute des souffrances humaines : une attitude pour la vie
  • Médecine préventive et handicap

> Éclairage philosophique : Qu’est-ce que le progrès, dans le cadre de la dignité humaine ?

4. Un temps pour vivre, un temps pour mourir

  • Comment la question de l’euthanasie se pose-t-elle aujourd’hui en France ?
  • Point législatif : bilan et perspectives en France
  • Les dérives dans les pays ayant légalisé l’euthanasie

> Éclairage philosophique : que signifie la mort ?

5. Le Transhumanisme : vers une « intégration homme – machine » ?

  • Les ressorts du Transhumanisme
  • Pour une culture de la vulnérabilité
  • Décryptage médiatique

> Éclairage philosophique : qu’est-ce que la liberté ? Accepte-t-elle la notion de limites ?

Source : universitedelavie.fr

 

 

par Pierre Bienvault, La Croix, 20/12/2013, extraits

Dans un avis, rendu public le jeudi 19 décembre, l’Ordre des infirmiers estime qu’il y a une « incompatibilité complète » de l’euthanasie et du suicide assisté « avec le rôle de l’infirmier et ses règles professionnelles ».

L’Ordre des infirmiers a décidé de prendre la parole sur le dossier de la fin de vie. Avec une position claire et tranchée. « Et une volonté de ne pas être instrumentalisés par qui que ce soit », prévient son président, Didier Borniche. Dans un avis, publié jeudi 19 décembre, l’Ordre affiche son refus de toute légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. « Dans l’état actuel des textes régissant la déontologie de l’infirmière, il y a incompatibilité complète de l’assistance à mourir, du suicide assisté, a fortiori de l’euthanasie, avec le rôle de l’infirmier et ses règles professionnelles », affirme l’instance ordinale.

Une meilleure prise en charge de la douleur

Selon elle, la première réponse, « indispensable », est l’amélioration de la prise en charge de la douleur. « Avant de demander l’interruption des soins ou l’interruption de la vie, la personne souhaite avant tout ne pas souffrir, ce qui est un droit consacré par la loi (…) Bien souvent, une bonne prise en charge de la douleur éloigne le désir d’interrompre les soins et de ne plus vivre », indique l’Ordre, en déplorant que, trop souvent, cette prise en charge de la douleur reste encore inégale et insuffisante. (...)

Généraliser les infirmières de nuit dans les maisons de retraite

Autre problème concret : celui de la présence, largement insuffisante, du personnel infirmier, la nuit, dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Une enquête de l’Observatoire de la fin de vie, publiée en septembre, constatait que seulement 14 % d’entre eux ont une présence infirmière la nuit. Le rôle de cette profession est pourtant crucial dans les Ehpad où 90 000 résidents décèdent chaque année. Elle peut en effet, face à une situation de fin de vie, délivrer un protocole de soins sur place et éviter des transferts mal préparés et souvent délétères vers les urgences hospitalières. Face à ce constat, l’Ordre réclame une « politique volontariste » pour généraliser l’infirmière de nuit dans les Ehpad, mais aussi dans les établissements pour personnes handicapées. (...)

Le refus de tout « glissement » en matière d’euthanasie

Enfin, au terme de son avis, l’Ordre refuse toute légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. En juillet, dans son avis sur la fin de vis, le Comité national d’éthique avait évoqué la banalisation de l’euthanasie en Belgique en soulignant qu’il n’était pas rare qu’elle soit pratiquée par des infirmières alors qu’en théorie, elles n’en ont pas le droit. Pour les infirmiers, il n’est pas envisageable d’accepter un tel glissement en France. « Or, il est très prévisible qu’il advienne en cas de légalisation de l’euthanasie comme le montrent ces exemples étrangers. Faire porter tout le poids de l’euthanasie sur l’infirmière n’est absolument pas acceptable. La loi doit être extrêmement claire sur ce point », avertit l’Ordre.

Source : la-croix.com

 

 

par Jeanne Smits, 19/12/2013

Vincent Lambert : l’étau se resserre

Tout, dans l’affaire Vincent Lambert, jeune tétraplégique de 37 ans, de nouveau menacé de mort par l’équipe de gériatrie qui le soigne par retrait de son alimentation, concourt pour montrer que l’euthanasie est déjà entrée dans les mœurs médicales françaises. Si l’application de la loi Leonetti à un homme encore jeune qui n’est pas malade, juste profondément handicapé, incapable d’exprimer ce qu’il ressent, est contestable en droit, elle paraît parfaitement normale au médecin qui veut passer à l’acte, à Jean Leonetti lui-même qui a appuyé la décision du Dr Eric Kariger, à une responsable d’éthique d’un grand hôpital et centre de soins palliatifs comme l’hôpital Cochin à Paris, le Dr Véronique Fournier.

Oui, on peut tuer un patient tétraplégique, qui n’est pas en fin de vie, qu’il soit capable ou non d’exprimer sa volonté, en le privant de nourriture – considérée comme un « traitement médical » qui maintient « artificiellement » la vie – quand bien même l’administration par sonde se fait simplement pour éviter les fausses routes, et que tous les organes de l’intéressé fonctionnent normalement. Oui, on peut le faire, dit en substance le Dr Véronique Fournier dans une récente interview au Monde, il faut même le faire mais – pour ne pas être trop barbare, pour ne pas retarder la survenue de la mort – à condition de couper aussi l’hydratation. Curieux : les travaux préparatoires de la loi Leonetti recommandaient de ne pas supprimer l’hydratation du patient, justement parce que la mort par soif est présentée comme trop cruelle.

Il y a eu le cas d’Hervé Pierra, dont l’agonie abominable a incité le responsable de l’unité de soins palliatifs où se trouvait ce jeune tétraplégique, le Dr Bernard Devalois, à réclamer lui aussi que l’on puisse ajouter au processus des « soins palliatifs adaptés ». Mais toujours dans le but de tuer.

Vincent Lambert, lui, avait survécu au printemps à 31 jours de retrait d’alimentation, parce qu’il recevait encore 500 ml de liquide chaque jour, avant d’être sauvé in extremis par un référé-liberté engagé par ses parents, qui s’opposaient à sa mise à mort volontaire.

Aujourd’hui, l’affaire va vers un nouveau paroxysme, puisque le Dr Kariger, ayant obtenu l’accord de la femme de son patient, a engagé une nouvelle « procédure collégiale » prévue pour décider de l’euthanasie, l’illégalité de la première ayant été constatée par le tribunal de Châlons-sur-Saône au printemps.

Entre-temps, le Dr Kariger a multiplié les interventions dans la presse pour justifier le « processus de fin de vie ». Avant la consultation « collégiale » qui s’est déroulée le 9 décembre, il avait déjà déclaré – c’était le 16 octobre dans Libération – : « Il faut arrêter. » Se disant prêt à aller « devant la justice » pour faire « consolider ce choix ». Aussi la rencontre du 9 décembre était-elle d’avance programmée comme une formalité destinée à justifier la mise à mort.

Les parents de Vincent Lambert, devant cette certitude et cette manipulation ont, par la voix de leur avocat, demandé la récusation du Dr Kariger, juge et partie, qui a systématiquement refusé de prendre en compte leur volonté et qui s’est refusé à ce que son patient soit accueilli dans un centre spécialisé pour les personnes dans son état. Refus net du médecin. C’est à tel point que le responsable de ce service de neurologie de Nancy, le Pr Ducrocq, s’est trouvé seul, le 9 décembre à Reims à la réunion dite collégiale, pour défendre la vie de Vincent, pour le simple motif qu’il n’est pas en fin de vie. Devant un panel d’une dizaine, peut-être une vingtaine de médecins défendant le choix de Kariger. Une mascarade. On attend d’ici à Noël la « décision collégiale » qui en découlera. Tout laisse prévoir qu’elle consistera en un choix de passage à l’acte rapide.

Le Figaro de samedi publie un remarquable résumé de la situation par notre consœur Delphine de Mallevoüe qui, en employant les mots justes, met le doigt sur la réalité française : nonobstant tous les débats, propositions de lois et autres panels citoyens, on peut aujourd’hui sans craindre des poursuites évoquer publiquement « l’euthanasie » programmée d’un homme jeune.

Elle donne également la parole au Dr Bernard Jeanblanc, chef de service d’une unité de polyhandicapés, qui vient de voir Vincent Lambert. « Si on euthanasie un patient comme Vincent Lambert, quid des 1 500 autres qui sont comme lui ? On les élimine ? Sur quels critères ? Parce qu’ils sont handicapés ? Qu’ils ne servent à rien ? (…) Comment le Dr Kariger, qui reconnaît l’incapacité objective de Vincent à communiquer, peut-il soutenir avec une telle force de conviction qu’il a exprimé un refus de vivre ? (…) On ne peut baser un arrêt de mort sur des suppositions, c’est très grave ! A plus forte raison quand il s’agit de “faire mourir” et non de “laisser mourir”. »

Source : leblogdejeannesmits.blogspot.fr , article extrait de Présent du mercredi 18 décembre 2013

 

 

Euthanasie des enfants : La Coalition des médecins pour la justice sociale sonne l’alarme

Des médecins estiment que si le projet de loi est adopté, il ouvrira la porte à l’euthanasie des enfants.

La Coalition des médecins pour la justice sociale demande au Procureur général du Canada d’intervenir dans le dossier de l’euthanasie, estimant que si le projet de loi sur cette pratique est adopté au Québec, il ouvrira la porte à l’euthanasie des enfants.

Dans un communiqué publié samedi, la Coalition a précisé qu’elle présentera en conférence de presse dimanche, la plainte et demande formelle d’intervention qu’elle entend faire parvenir au Procureur général du Canada.

«Ceci veut dire que le Québec se dirige vers la même pente glissante que celle que connaissent les Pays-Bas, dont les lois permettent d'euthanasier les enfants, et la Belgique, qui est en voie d'adopter sa propre loi d'euthanasie des enfants», peut-on lire dans le communiqué.

Source : journaldequebec.com

 

 

L'appel

La légalisation de l'euthanasie est-elle inéluctable en France ? Certains l'affirment. Soignants, aidants et personnes vulnérables, nous voulons regarder cette question en face, à l'approche des Etats généraux de la fin de vie, et y répondre aujourd'hui. Car nous sommes tous concernés.

Les promoteurs de l'euthanasie ne cessent de rappeler au président de la République la mesure 21 du programme socialiste qui envisage « une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. » Mais François Hollande n'a pas précisé sa définition de la dignité et n'a pas prononcé le mot euthanasie.

Des sondages d'opinion manifesteraient une forte adhésion des Français à ce mot. Mais la définition qui est donnée laisse croire que l'injection d'un produit létal est la seule façon d'échapper aux « souffrances insupportables ». Qui peut s'obliger à ce qui est « impossible à supporter » ? Dire qu'il faudrait soit « survivre en souffrant atrocement » soit « mourir paisiblement sans souffrir », n'est-ce pas imposer un « choix truqué » ? Ce procédé dialectique fait l'impasse sur l'efficacité croissante des traitements antidouleur et des soins d'accompagnement.

Pourquoi certains Français pensent-ils qu'en cas de maladie incurable, ils préféreraient qu'on leur administre la mort plutôt que de la laisser venir ? Certains ont l'expérience de proches mal orientés, mal pris en charge, mal soulagés ; d'autres ont entendu parler de situations qui leur paraissent invivables. Notre magnifique système de santé, ultra-technicisé, peut peiner à accompagner les patients et leurs proches dans leur globalité et se révéler inhumain, d'autant que le précieux mouvement des soins palliatifs reste encore méconnu. La peur de « mal mourir » s'est muée en revendication angoissée. L'idée de l'euthanasie ou du suicide « assisté » est présentée comme issue libératrice.

Pourtant, dans la réalité, les rares pays ayant bravé l'interdit de tuer comme fondement de la confiance entre soignants et soignés ont glissé dans un engrenage effrayant. Oui, l'euthanasie est toujours entrée « strictement encadrée ». On la disait réservée aux patients majeurs conscients qui en font la demande, puis on a euthanasié des personnes incapables de s'exprimer, des enfants, des nouveau-nés, des patients n'ayant pas de maladie grave ou mortelle... Dans ces pays, des associations militent désormais pour que la « lassitude de vivre » permette d'accéder au « suicide médicalement assisté ». Etape après étape, ce qui était présenté comme une liberté individuelle est en passe de fonctionner comme un système d'exclusion des personnes vulnérables ou désespérées.

Aujourd'hui en France, les promoteurs de l'euthanasie accentuent la pression. Ils ont renommé le jour des défunts « journée pour le droit à l'euthanasie » ! Souvent isolées, de nombreuses personnes âgées, handicapées ou dépendantes peuvent se sentir menacées par une loi qui laisserait entendre que, dans notre société, on peut être de trop. Alors que nous traversons une grave crise sociale et économique, c'est pour toutes ces personnes que nous lançons cet appel « Solidaires en fin de vie ». Pour les soutenir et les défendre.

Il est urgent que tous les citoyens qui ont le souci de préserver la vie et la dignité des personnes fragiles contre la tentation de l'euthanasie se réunissent et s'engagent à leurs côtés. Nous refusons une société qui affirme que certains de ses membres auraient « perdu leur dignité » au point que leur mort soit préférable à leur vie. Nous voulons une société permettant aux personnes de traverser des situations de vulnérabilité sans qu'on les dise inutiles ou coûteuses, sans que soit remise en cause la valeur de leur vie. Nous voulons une société où aucune personne âgée fragile et sans défense ne risque d'être euthanasiée en marge du service d'urgence d'un hôpital.

Décidés à édifier ensemble, au-delà des sensibilités religieuses, culturelles ou politiques, une société solidaire où les personnes fragiles auront une place de choix, nous invitons les Français à se mobiliser aujourd'hui, pour agir.

Jacques Ricot, auteur de Du bon usage de la compassion

Anne-Dauphine Julliand, auteur de Deux petits pas sur le sable mouillé

Hervé Messager, ancien kinésithérapeute de Vincent Humbert

Maryannick Pavageau, tétraplégique depuis 1984

Tugdual Derville, auteur de La Bataille de l'euthanasie

Tribune publiée dans La Croix du 30 octobre 2013

Source : solidairesfindevie.fr

 

 

Fin de vie : Jean Leonetti regrette l'absence d'un grand débat public

par Antoine Pasquier, 31/10/2013

Après la publication de son avis sur la fin de vie, début juillet, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) avait annoncé l'organisation d'états généraux cet automne. Ces derniers prendront finalement la forme d'un panel de citoyens tirés au sort, et dont les conclusions seront connues le 16 décembre. Le député Jean Leonetti souligne la faiblesse de cette organisation et craint un passage en force du gouvernement.
Zoom Jean Leonetti est l'auteur de la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des patients en fin de vie.

Les états généraux sur la fin de vie devraient prendre la forme d'un panel d'une trentaine de citoyens discutant pendant quatre week-ends avec des experts. Cette organisation vous paraît-elle suffisante ?

Nous nous dirigeons vers une étape a minima. Les états généraux de la bioéthique, tels que nous les avions conçus en 2009, étaient fondés sur un triptyque : des débats dans toutes les régions autour des comités d'éthique régionaux, des panels de citoyens répartis dans trois grandes villes et un site internet d'explications et d'échanges. Je me suis réjoui quand le comité d'éthique a proposé d'organiser ces états généraux sur la fin de vie, et j'ai plaidé pour qu'ils ne soient pas uniquement un débat entre experts et politiques. Mais je crains que nous n'ayons pas voulu mettre le temps ni les moyens nécessaires pour un sujet majeur de société.

Si les états généraux sur la fin de vie ne devaient se résumer qu'à une trentaine de personnes tirées au sort, la faiblesse de cette organisation conduira inéluctablement à une contestation des éventuelles conclusions du panel.

Quelle contestation ?

Je vous laisse imaginer un panel disant « Nous ne sommes pas favorables à l'euthanasie ». Est-ce que vous pensez que le président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), Jean-Luc Roméro, s'en contentera et dira : « il y a eu un débat citoyen et tout est réglé » ?

Imaginez que ces trente personnes donnent un avis différent du Comité consultatif national d'éthique. Que fait le CCNE ? Il se déjuge ? Il dit : « On n'est pas du même avis que le peuple » ? Il démissionne ? On se met dans une difficulté et une ambiguïté incroyable. Si une ampleur plus forte avait été donnée à ces états généraux, l'avis du panel aurait pu peser davantage dans la balance. J'ai beaucoup de respect pour le président du CCNE, Jean-Claude Ameisen, mais il fallait être plus ambitieux sur un sujet de cette importance.

Une certaine précipitation a-t-elle pu conduire à ce choix dans l'organisation des états généraux ?

Mais pourquoi se précipite-t-on ? Ce sujet est essentiel, mais il ne mérite pas l'urgence. On aurait pu prendre plus de temps. Huit mois ont été nécessaires pour mettre en place les états généraux de la bioéthique, et là on envisage de boucler le tout en deux mois et de présenter un texte législatif en juin après les municipales. Ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu !

Quelle forme aurait pu prendre ce débat public ?

Des panels auraient pu être réunis dans différents territoires français. Les comités régionaux d'éthique auraient pu organiser des débats puis faire remonter leurs conclusions. Chaque semaine, je fais un déplacement sur le thème de la fin de vie et je me rends compte de la très faible information de nos concitoyens. Pourquoi ne pas avoir fait le choix de donner de l'interactivité à ces états généraux en mettant en ligne un site internet rappelant les lois actuelles en vigueur et les législations étrangères ?

En consultant largement les Français, nous aurions pu faire émerger les véritables problématiques posées par la fin de vie, qui ne se limitent pas, loin s'en faut, à la seule question de la légalisation de l'euthanasie. Le peuple aurait pu s'approprier ce sujet.

Croyez-vous à un passage en force ?

J'ai l'impression que le gouvernement cherche absolument un avis qui pourrait être contraire aux conclusions du rapport Sicard qui a consulté les Français, contraire à l'esprit de la loi de 2005 votée à l'unanimité et contraire à l'avis du CCNE qui a refusé l'euthanasie. À qui va-t-on poser des questions la prochaine fois ? La démarche entamée manque de clarté.

Un débat sur la fin de vie ne risque-t-il pas d'être accaparé par la question de l'aide active à mourir ?

Le débat sur la fin de vie est bien plus large, bien plus profond que le simple fait de savoir si on donne la mort ou si on aide à donner la mort à quelqu'un qui est en fin de vie.

Les Français sont peu au courant des lois de fin de vie et de leurs droits. Ils ont le droit de demander de ne pas souffrir. Ils ont le droit de demander l'arrêt de traitements qui les maintiennent en vie. Ils ont le droit de solliciter une collégialité médicale pour décider au nom d'un parent qui ne peut plus s'exprimer. Ils ont le droit de rédiger des directives anticipées. Ils ont le droit de désigner une personne de confiance... Mais en général, ils ne le font pas, car ils ne le savent pas. Les Français s'intéressent pourtant à ce sujet. Ils expriment leur angoisse de mal mourir, et de mourir dans une situation qu'ils considèrent comme dégradée. Ils disent aussi leur colère après que leurs parents n'ont pas été entendus dans leur demande à la fin de leur vie. La parole du malade est encore insuffisamment entendue.

Cependant, n'exagérons pas la situation. J'organise et je participe à des débats depuis 2005. En huit ans, les soins palliatifs se sont développés, les équipes de bénévoles renforcées. Des gens témoignent en disant que la loi de 2005 a été appliquée et que leur père ou leur mère est parti apaisé et accompagné. Je constate une amélioration considérable dans les établissements hospitaliers et de la part des praticiens. Mais huit ans, c'est peu. Pour arriver à maturité, les lois doivent dépasser les dix ans.

Source : famillechretienne.fr

 

 

par Michael Cook, 19/10/2013

Le 17 octobre dernier, après dix heures de débat et par 13 voix contre 11, le Parlement de la Tasmanie (Etat d'Australie) a rejeté le projet de loi qui visait à légaliser l'euthanasie dans cet Etat. Le projet de loi visait à ce que les malades en phase terminale puissent mettre fin à leur vie 10 jours après avoir réitéré pour la troisième fois leur demande d'euthanasie à leur médecin.
Dans le Territoire du Nord, autre Etat d'Australie, l'euthanasie avait été légalisée, pour la première fois dans le monde, en 1995. Neuf mois après l'entrée en vigueur de cette loi, le gouvernement fédéral l'avait invalidée. Quatre personnes en avaient "bénéficié".

Source : bioedge.org

Traduction : genethique.org

 

 

A 16 ans, il fait s'écrouler des murs de préjugés

de Giovanna Sedda, 20/10/2013

Emmanuel Joseph Bishop est un jeune prodige de 16 ans, violon solo, polyglotte, conférencier, champion de golf et de natation, porteur de la trisomie 21. Il fait s'écrouler des murs de préjugés.

Il parle trois langues, tient des conférences aux Etats-Unis et dans le reste du monde, et il a donné des concerts comme soliste accompagné par des orchestres symphoniques, gagné des médailles en golf et en natation, niveau national.

Alors que la plupart des jeunes de son âge se vantent d'avoir battu des records aux jeux vidéo du moment, il a déjà une formation plurisectorielle formidable : à deux ans il commençait à lire, à trois il était capable de lire du français, et à six ans à peine c’est lui qui a lu le discours d’accueil de l’Association Nationale Syndrome de Down (EEUU), en trois langues devant une assemblée de plus de 600 personnes.

A la même époque il se mettait au violon, à 8 ans il allait en vélo et remportait des médailles aux jeux paralympiques des Etats-Unis, disputant également des compétitions dans des disciplines comme le golf et la natation où il décrochait des médailles dans les 200 et 400 mètres en nage libre. En 2010, il a joué avec un orchestre symphonique à la Journée mondiale pour le Syndrome de Down en Turquie, à 12 ans dans un récital en Irlande à l’occasion du 10ème congrès mondial du Syndrome de Down.

Or, dans un grand nombre de pays, ce jeune garçon n'aurait pas eu le droit de vivre, du fait d'être porteur d'un chromosome en plus. Absurde, pensera le lecteur. Plus facile à dire maintenant qu’Emmanuel est "grand" dans tous les sens du mot et qu’il s’est gagné une dignité que la société d’aujourd’hui refuse souvent de reconnaître à l’être humain.

Emmanuel a cette dignité depuis qu’il a été conçu, et il donne une grande leçon au monde d’aujourd’hui, qui se cache trop souvent derrière des paramètres esthétiques et soi-disant moraux. Il fait s'écrouler les arguments des avocats de l’avortement pour les enfants trisomiques.

Les démonstrations sont inutiles, l’idée que chaque être humain est digne de vivre quel que soit sont état devrait couler de source. Pour ceux qui en doutent ou qui n’y croient pas encore, Emmanuel, par la force et la joie de cette vie magnifique, bouleverse, comme tant d’autres enfants trisomiques, une pensée dominante simpliste.

Emmanuel s’efforce de montrer au monde que les personnes handicapées sont comme les autres, qu’elles ont des charismes et des qualités, au-delà de leur handicap, et il poursuit ses objectifs à travers des actions concrètes pour mettre en évidence les compétences, les talents, les dons et les potentialités des enfants atteints du même handicap. Contredire les préjugés face à la trisomie 21. Montrer que la joie de vivre n'est pas incompatible avec le handicap. Atténuer l'impact de ce qui est dit ou écrit sur le syndrome, essentiellement par de personnes qui n'ont pas ce handicap.

Un garçon talentueux et altruiste, tout un pan de sa vie au service des autres. Et après cela, dites-moi qu’il n’aurait pas du naître …

Traduction d'Océane Le Gall

Source : Zenit

 

   

par Jeanne Smits, 04/10/2013

Vincent Lambert, ce jeune homme profondément handicapé que son médecin veut faire mourir en cessant de l'alimenter, reste au centre d'une prise d'otage indigne par le lobby de la mort. Il y a une semaine, un « conseil de famille » a eu lieu où les parents du patient étaient convoqués pour entendre le Dr Eric Kariger présenter, avec l'approbation de l'épouse de Vincent et de certains de ses frères et sœurs, son projet de « fin de vie » qui avait capoté une première fois au mois de mai.

Réunion tendue : on ne trahit pas de secret en révélant que les parents du jeune homme, qui s'y opposent, ont été froidement accueillis. Une nouvelle réunion est programmée pour le 16 novembre. L'objectif annoncé par le Dr Kariger est bien de respecter – cette fois ! – l'obligation de collégialité et d'information des proches de son patient, et même de rechercher un consensus. Mais il a bien souligné dans la presse qu'il prendra sa décision seul. La mort de Vincent sera-t-elle son macabre cadeau de Noël ? D'un autre côté, on imagine que les risques de poursuites pénales pour assassinat ou tentative d'assassinat sur personne vulnérable pourraient faire évoluer la situation.

L'affaire Vincent Lambert est marquée par une prise d'otage physique : le Dr Kariger refuse son transfert vers une unité de soins adapté à son état, qui est celui d'un tétraplégique en état de conscience minimale, alors qu'il est gardé dans le service de gérontologie-soins palliatifs du CHU de Reims. Pourtant, à 37 ans, il n'est ni vieux ni, surtout, en « fin de vie ». La nourriture solide qui lui est administrée par sonde, pour éviter un problème de « fausse route », le fait vivre comme n'importe lequel d'entre nous. Lui couper les vivres, c'est le condamner à mort.

La prise d'otage est aussi médiatique : le Dr Eric Kariger, au mépris de tout respect de la vie privée de « son » patient et de sa famille, se répand dans la presse pour justifier sa démarche. Non sans mensonges par omission et par action. Il laisse supposer que Vincent Lambert ne vit qu'au prix d'un acharnement thérapeutique, à telle enseigne que des personnes de bonne foi en sont persuadées. Il a déclaré avoir fait l'objet d'une plainte pour assassinat et d'une plainte devant le conseil de l'Ordre, toutes deux classées sans suite : il n'en est rien. Si poursuites il doit y avoir, elles restent à venir.

A la veille de la réunion du 27 septembre, le Dr Kariger expliquait à Marc-Olivier Fogiel sur RTL qu'il avait tenu compte notamment de « la souffrance familiale qu'il y avait autour » de Vincent pour se persuader que « cette alimentation et cette hydratation étaient devenues déraisonnables car elles n'avaient comme seule finalité que de prolonger la vie pour prolonger la vie ».

Voilà le point névralgique de cette affaire, du point de vue des pro-mort : il consiste à considérer qu'un être humain dont toutes les fonctions vitales sont en état de bon fonctionnement mais dont la qualité de vie est diminuée par un handicap physique consécutif à une grave lésion cérébrale serait en état de survie artificielle.

Pourtant Vincent ne survit pas « artificiellement ». C'est seulement le mode d'alimentation qui est en cause. L'alimentation et l'hydratation, dès lors qu'elles ne sont pas sans objet (sur un patient qui est en train de mourir) ou qu'elles n'augmentent pas inutilement la souffrance d'un malade, sont des soins ordinaires dus à chacun. Tout comme l'hygiène, les vêtements, le toit qu'il faut donner à Vincent parce qu'il ne peut plus se les assurer lui-même. Tiens, pourquoi ne pas attendre l'hiver et exposer Vincent dans la neige, au motif qu'il ne « veut » plus vivre ou plutôt au motif que sa qualité de vie est insuffisante ? Ce serait moralement équivalent. On lui a bien supprimé la kinésithérapie – au motif qu'elle coûte trop cher !

Le Dr Kariger a reconnu par ailleurs sur RTL qu'il parle aux patients comme Vincent, « même s'ils sont très pauci, pauci sensoriels (en fait : relationnels, ndlr), car il n'y a pas de retour objectivable de ce qu'ils entendent, de ce qu'ils comprennent, (...) jusqu'à preuve du contraire, on considère qu'il entend, on considère qu'il comprend, on considère qu'il peut intégrer tout ou partie de ce qu'on lui délivre ».

Pourtant son équipe a « objectivé » des manifestations d'inconfort de Vincent lors de certains soins pour en déduire une « suspicion » voire (quand Kariger parle aux médias) une « certitude » de son refus de vivre. Au Figaro, il a déclaré que Vincent « est capable d'un certain nombre de réponses réflexes mais n'a pas de capacité vraiment fiable à trouver un mode de communication ».

Voilà qui pose nombre de nouvelles questions – nous y reviendrons !

Source : Présent

 

 

par Bernard Antony, 27/09/2013

On peut lire dans le figaro de ce jour l'article de Delphine de Mallevouë commentant la volonté du docteur Eric Kariger du CHU de Reims de relancer le processus conduisant à l'euthanasie de Vincent Lambert, ce jeune homme accidenté, sauvé cet été, notamment grâce à la combativité pour le respect de la vie innocente de Me Jérôme Triomphe, avocat au Barreau de Paris.

Les propos de l'étrange docteur Kariger, (par ailleurs délégué départemental du Parti chrétien-démocrate PCD), pour justifier l'élimination de Vincent sont terrifiants.

Il constate d'abord ceci : « Il n'est pas en état de mort cérébrale, il est comme vous et moi en apparence, il s'endort et se réveille, sourit et pleure parfois, cligne les yeux au son d'un bruit. »

Mais le docteur Kariger ajoute : « Il n'y a plus d'espérance qu'il recouvre une vie relationnelle normale. Si les parents trouvent du sens à cette existence, qu'ils apportent les preuves ! »

C'est très exactement les arguments que, dans le droit fil des propos d'Adolf Hitler dans Mein Kampf, (chapitre « l'État raciste et l'hygiène de la race ») les chefs de la gestapo de Münster utiliseront lors de l'été 1941 où, après avoir expulsé les Jésuites et des religieuses, ils firent euthanasier 800 enfants considérés comme « débiles mentaux ». L'argument nazi était qu'ils ne remplissaient aucune fonction sociale, qu'ils coûtaient cher à la collectivité. Aucune différence d'argumentation dans celle du docteur Kariger !

Face au crime nazi réagit courageusement, avec éclat, le grand évêque de Münster, soutenu par Pie XII, Monseigneur Von Galen.

Les nazis, du moins, étaient en franche conformité avec leur idéologie du matérialisme biologique sur l'homme et la race. Le docteur Kariger ose, lui, par son étiquette politique, s'affirmer chrétien. Et c'est abject. Car, comme les nazis, comme les communistes aussi, il profère que si la personne humaine n'a pas « de vie relationnelle normale », alors on peut la tuer !

Le docteur Kariger piétine ainsi non seulement l'impératif chrétien de respect de la vie innocente, qui est d'ailleurs aussi celui de la simple loi naturelle, mais de surcroît il bafoue le fondamental principe du Serment d'Hippocrate : « Primum non nocere ».

Tous les dirigeants militants et amis de l'AGRIF sont émus et fiers de ce que leur avocat-coordinateur , Me Jérôme Triomphe, mène ainsi, de toutes ses forces, avec tout son talent de juriste et dans la lumière de sa foi chrétienne, le combat pour non seulement sauver Vincent mais aussi tous ceux, comme lui, par dizaines de milliers, que d'autres Kariger voudraient assassiner légalement, comme à Münster.

Source : lagrif.fr

 

 

 

Ecole à la maison : quatre enfants enlevés de force à leurs parents en Allemagne

 

par Jeanne Smits, 31/08/2013

Jeudi matin, 8 heures. La famille Wunderlich, Dirk et Petra et leurs quatre enfants, entame sa journée d'école à la maison. Tout semble calme autour de leur maison dans les environs de Darmstadt. Mais soudain, la sonnette retentit. A travers la fenêtre, le père de famille voit une véritable armée qui investit la paisible demeure. Une vingtaine de personnes : travailleurs sociaux, officiers de police et même des agents spéciaux armés. A travers la porte, on lui signifie qu'on veut lui parler. Dirk essaie de poser une question, mais en quelques secondes trois policiers approchent avec un engin pour défoncer la porte. Il obtempère.

Brusquement, Dirk Wunderlich est poussé dans un fauteuil et immobilisé. Les forces de l'ordre sont là pour embarquer les enfants. Le tort, le seul tort des Wunderlich ? Celui de vouloir faire l'école à la maison : c'est interdit en Allemagne (comme au temps des Nazis) et même la Cour européenne des droits de l'homme – surtout elle – reconnaît le droit des Etats signataires de la Convention d'organiser comme ils l'entendent l'obligation d'instruction, pour assurer l'intégration au sein de la communauté et la mixité sociale de tous les enfants.

A cette aune les Wunderlich sont de dangereux malfaiteurs et ils ont été traités comme tels. Dirk montre-t-il le moindre signe de vouloir bouger ? Les agents spéciaux sont là pour le saisir de force.
Les quatre enfants, âgés de 7 à 14 ans, ont été emmenés sans ménagements, sans même que leur maman puisse les embrasser : « C'est trop tard maintenant », lui lance un agent spécial en l'écartant violemment. L'aînée, Machsejah, est embarquée entre deux gros policiers.

Les voisins, témoins de la scène, pleurent.

Aussitôt les enfants emmenés – kidnappés ! – les parents Wunderlich ont été convoqués par la direction des services sociaux, et ils s'y sont rendus, rejoints par leur avocat Andreas Vogt qui a sauté dans le premier train pour pouvoir venir les assister. Bien sûr, ils ont contesté l'opération de force par laquelle leurs enfants leur ont été enlevés. Réponse : il va falloir attendre que le juge rentre de ses vacances. Comme on pouvait s'y attendre, et comme l'a précisé Me Vogt au Home School Legal Defense Association (HSLDA), les Wunderlich n'ont reçu aucune marque de sympathie de la part des autorités.

HSDLA a eu accès à l'ordonnance judiciaire du 28 août, signée du juge Koenig de Darmstadt, qui a autorisé à l'emploi de la force pour faire « saisir » les enfants : il n'est question que du fait que les Wunderlich continuent de les scolariser à la maison, aucune allégation de mauvais traitements ou d'autres manquements n'y figure. Pas même une accusation d'instruction insuffisante.

Mieux, l'ordonnance précisait que l'utilisation de la force à l'encontre des enfants, si nécessaire, était autorisée, au motif que les enfants avaient « adopté les opinions de leurs parents » en ce qui concerne l'école à la maison et qu'on pouvait s'attendre à ce qu'il n'y ait « aucune coopération » de la part des parents comme des enfants.

Michael Farris, président de HSLD, a dénoncé l'opération en affirmant que « l'Allemagne a brutalement violé les droits de cette famille ». « Ce dernier épisode, la saisie de quatre beaux enfants innocente, est un acte abominable de la part d'un Etat voyou. » Et de souligner qu'une telle opération contrevient directement aux droits fondamentaux de l'homme : « L'Allemagne est partie à de nombreux traités de sauvegarde des droits de l'homme qui reconnaissent le droit des parents de donner une éducation conforme à leurs convictions religieuses. L'Allemagne a totalement méconnu ses obligations de partie à ces traités et d'Etat de démocratie libérale. »

Au-delà du côté peut-être volontairement naïf de ses remarques – depuis que les « droits de l'homme » sont affirmés, il n'y a pas de liberté pour les ennemis de la Liberté – il faut bien s'appuyer sur le droit et en son état actuel celui-ci donne évidemment raison aux familles qui choisissent la scolarisation à domicile, nonobstant toute décision contraire de tel ou tel tribunal international.

Les Wunderlich ont derrière eux un parcours semé d'embûches, faisant face – parfois avec succès – aux manœuvres totalitaires qui tentent de les priver de leur droit d'éducation. Pour fuir l'interdiction de l'école à la maison dans leur pays ils ont tenté de s'établir dans d'autres pays de l'Union européenne mais les difficultés matérielles – Dirk Wunderlich n'ayant pas réussi à trouver du travail – les a contraints de retourner en Allemagne. Dès leur arrivée l'an dernier, les passeports des enfants furent saisis pour empêcher toute nouvelle tentative de « fuite ».

Petra, son épouse, s'est dite « dévastée » par la descente des forces de l'ordre et la saisie des enfants : « Nous sommes vides. Nous avons besoin d'aide. Nous nous battons mais nous avons besoin d'aide. »

• Pour contacter l'ambassade d'Allemagne en France : Ambassade de la République fédérale d'Allemagne, 13-15 avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris.

Source : leblogdejeannesmits.blogspot.fr

 

 

 

par Jeanne Smits, 02/09/2013

Vu sur BioEdge : un jeune mécanicien a eu un arrêt cardiaque de 45 minutes auquel il a survécu. Troy Yahle n'avait plus rien : tous les indicateurs à zéro, pas de signal électrique, pas de respiration, aucun battent de cœur, pas de pression artérielle.

On ne connaît pas la cause de cet incident qui s'est produit au Kettering Medical Center de Kettering, Ohio, aux Etats-Unis. Un virus, peut-être ? Les médecins ne se prononcent pas mais en revanche ils sont prêts à faire part de leur ébahissement devant le cas du jeune homme dont le cœur s'est soudain remis à battre, et qui est maintenant en bonne santé.

« En vingt ans, je n'ai jamais vu quelqu'un que nous avons déclaré mort... revenir à la vie, je n'ai jamais vu ça », s'étonne le cardiologue Raja Nazir ; son collègue le Dr Jayne Testa est prête à témoigner de son côté de la réalité de l'arrêt cardiaque prolongé du patient.

Comme le note BioEdge, ce genre de cas est rare mais pas inédit. Et Michael Cook ajoute avec justesse que son existence jette le doute sur les définitions (très diverses selon les pays) de la mort clinique aujourd'hui employées pour déclencher un prélèvement d'organes vitaux. Dans certains cas, on retient la « mort cardiaque ». Selon les pays et les procédures, on autorise les « vendangeurs » à récupérer cœur, foie, poumons... dès cinq minutes, voire deux minutes d'absence de battements de cœur sont constatés.

A cette aune-là, Troy Yahle aurait pu « mourir » vingt fois – mais il serait mort de l'opération de prélèvement de ses organes.

Cette vidéo montre l'heureux rescapé en pleine forme : il ne lui avait fallu que cinq jours pour se réveiller après l'incident. A l'heure où il a recommencé à respirer, les soignants avaient déjà commencé à préparer son corps pour le présenter à ses proches.

Source : BioEdge

 

 

Trois-Rivières, 21 août 2013

Aux prêtres,
agentes et agents de pastorale,
diacres permanents,
communautés religieuses,

Le texte du Projet de loi 52 portant sur les « soins de fin de vie » est venu confirmer les appréhensions des médecins qui tentent de défendre la vie : amalgame de l'euthanasie et des soins palliatifs; introduction de l'euthanasie pour des personnes qui ne sont pas en phase terminale; introduction de l'euthanasie sous forme de sédation terminale confondue avec la sédation palliative; changement de la définition de l'exercice de la médecine, etc.

Il est important, à ce stade-ci, de toucher les cœurs et d'éclairer les consciences pour que les gens interviennent dans le débat, en particulier en contactant leur député. Comme les travaux de l'Assemblée nationale reprendront le 17 septembre et qu'il semble, selon certains observateurs de la scène politique, que le gouvernement puisse agir très rapidement dans ce dossier, vous comprendrez qu'il y a urgence de manifester clairement notre opposition à ce projet de loi.

Je vous écris donc aujourd'hui pour vous demander de vous joindre à moi pour :

1. sensibiliser vos fidèles à la situation actuelle;

2. prêcher sur le respect de la vie humaine;

3. encourager les fidèles à assumer leur responsabilité chrétienne de défendre la vie en contactant leurs députés et en intervenant dans le débat public, et même dans les médias;

4. les inviter à soutenir le Collectif de médecins du refus médical de l'euthanasie en signant le formulaire d'appui qui se trouve sur son blogue :
www.refusmedical.blogspot.ca

En vous rendant sur le site Internet du diocèse : www.diocese-trois-rivieres.org, vous trouverez, entre autres, trois documents qui pourraient être largement diffusés dans les communautés chrétiennes pour nourrir la réflexion et préparer des interventions:

- le communiqué du 13 juin, en réaction au dépôt du projet de loi;

- une page intitulée « Vocabulaire de fin de vie » préparée par l'Office catholique pour la vie et la famille (OCVF);

- et une nouvelle édition de la brochure « Euthanasie et suicide assisté » de l'OCVF.

Ces documents se trouvent également, avec le texte des interventions de l'Assemblée des évêques, sur le site Internet de l'AECQ : www.eveques.qc.ca.

Des laïcs courageux ont entrepris un combat déterminé pour préserver la vie et la dignité de chaque personne. D'abord au sein du réseau Vivre dans la Dignité, puis au sein du Collectif de médecins du refus médical de l'euthanasie qui a lancé plus tôt cet été une campagne de signatures d'appui à son manifeste : www.refusmedical.blogspot.ca et reçoit le soutien d'un nombre grandissant de citoyens désireux de protéger les malades et les mourants. Les évêques du Québec les ont appuyés et continueront à le faire. Plusieurs d'entre eux ont d'ailleurs participé à la marche tenue à Québec, le 18 mai, pour encourager le développement des soins palliatifs et dire non à la légalisation de l'euthanasie.

Ensemble, donnons notre appui aux organismes qui militent pour défendre la vie. L'euthanasie chez nous, NON MERCI!

† Luc Bouchard
Évêque de Trois-Rivières

Source : Diocèse de Trois-Rivières

 

 

Monseigneur Luc Bouchard, évêque de Trois-Rivières, dit non à l'euthanasie

 

par L'Hebdo Journal, 30 Août 2013

Dans une lettre adressée aux prêtres, aux agentes et agents de pastorale, aux diacres permanents, aux communautés religieuses ainsi qu'à tous les diocésains et diocésaines, Mgr Luc Bouchard, évêque de Trois-Rivières, invite la communauté diocésaine à donner son appui aux organismes qui militent pour défendre la vie et à dire non à l'euthanasie.

Dans la lettre, Mgr Bouchard explique que le texte du Projet de loi 52 portant sur les « soins de fin de vie » est venu confirmer les appréhensions des médecins qui tentent de défendre la vie : amalgame de l'euthanasie et des soins palliatifs; introduction de l'euthanasie pour des personnes qui ne sont pas en phase terminale; introduction de l'euthanasie sous forme de sédation terminale confondue avec la sédation palliative; changement de la définition de l'exercice de la médecine, etc.

Tout comme ses confrères évêques, il dit l'importance, à ce stade-ci, de toucher les coeurs et d'éclairer les consciences pour que les gens interviennent dans le débat, en particulier en contactant leur député. Comme les travaux de l'Assemblée nationale reprendront le 17 septembre et qu'il semble, selon certains observateurs de la scène politique, que le gouvernement puisse agir très rapidement dans ce dossier, il y a urgence de manifester clairement notre opposition à ce projet de loi.

« Je vous écris donc aujourd'hui pour vous demander de vous joindre à moi pour sensibiliser les personnes à la situation actuelle; faire valoir l'importance du respect de la vie humaine; les encourager à assumer leur responsabilité chrétienne de défendre la vie en contactant leurs députés et en intervenant dans le débat public, et même dans les médias; les inviter à soutenir le Collectif de médecins du refus médical de l'euthanasie en signant le formulaire d'appui qui se trouve sur son blogue : www.refusmedical.blogspot.ca ».

Source : lhebdodustmaurice.com

 

 

 

L'état végétatif n'empêche pas nécessairement la conscience de soi

 

leblogdejeannesmits, 23/08/2013

Une importante étude publiée le 12 août par le Journal of the Medical Association for neurology révèle les résultats d'une nouvelle étude de communication auprès de patients en état végétatif persistant menée par une équipe de l'Université de Western Ontario. Les chercheurs Lorina Naci et Adrian Owen sont parvenus à dialoguer avec trois de ces personnes en utilisant une technique nouvelle et plus efficace d'imagerie par résonance magnétique (IRM). Ils ont pu ainsi prouver que ces personnes savent qui elles sont et où elles se trouvent.

C'est le cas de Scott Routley, dont le cerveau fut gravement endommagé lors d'un accident de la route il y a douze ans. Douze ans sans le moindre signe de conscience ou de réponse à des stimuli... En enregistrant l'activité de son cerveau les chercheurs ont réussi à lui permettre de répondre par oui ou par non à des questions du type : « Mike est-il ton prénom ? » ou « Es-tu à l'hôpital ? », l'exactitude des réponses prouvant sans conteste que l'homme de 38 ans est conscient de son identité et de son environnement.

Ce même patient avait permis une première vérification de l'état de conscience où il se trouve malgré les apparences l'an dernier, en répondant selon un « code » plus compliqué. Ils lui avaient demandé d'imaginer des activités physiques spécifiques associées aux réponses « oui » ou « non » : Scott Routley avait ainsi pu signifier qu'il ne ressentait pas de douleur.

La nouvelle technique utilisée par les docteurs Naci et Owen a simplifié les choses pour le patient, permettant moins d'effort et plus d'efficacité : après avoir vérifié que le patient peut entendre, ils l'invitent patient à se concentrer sur une réponse positive ou négative en prêtant ou non attention à une série de sons qui lui est proposé.

La comparaison des images IRM correspondant aux moments où les trois patients prêtaient ou ne prêtaient pas attention a permis de déterminer la constance et l'exactitude des réponses, montrant qu'ils savaient isoler des paroles, les reconnaître parmi d'autres et les comprendre puisqu'ils étaient capables de réagir à leur prénom et à d'autres mots, et de vérifier une activité cérébrale accrue lorsque les médecins prononçaient la réponse exacte, « non » en l'occurrence, après une affirmation du style « Tu es au supermarché ».

Les trois patients en question ont été interrogés de la même manière à cinq mois d'intervalle, et leur activité cérébrale par rapport aux questions posées a été identique d'un test à l'autre, donnant aux médecins une « certitude à 99 % » que les patients répondaient bien à ce qui leur était demandé.

Ces résultats sont évidemment d'une très grande importance à l'heure où l'on a tendance à considérer la vie des personnes en état de conscience minimale et encore plus en coma végétatif comme disposant d'une « qualité de vie » insuffisante pour être « maintenues en vie », comme ils disent, et elles explosent le mythe selon lequel l'absence totale de réactions aux stimuli sont une sûre indication de l'absence totale de conscience. Cette absence peut n'être qu'apparente et les techniques employées peuvent être incapables de la démentir, sans que l'on sache d'ailleurs où se situe la limite.

L'étude de Naci et Owen confirme également ce que les proches des patients dans ces états ressentent souvent de manière intuitive : malgré les apparences, ils sont conscients de la présence de ceux qu'ils aiment et surtout, peuvent les entendre.

Les chercheurs estiment que les résultats positifs de leur étude ne concernent pas tous les patients en état végétatif, évaluant à un sur cinq la proportion d'entre eux qui pourraient réagir aux procédures mises en place avec succès avec les trois personnes avec lesquelles ils ont travaillé.

Cela ne répond évidemment pas à la question de savoir si d'autres moyens ne seront pas développés un jour pour communiquer avec une proportion plus importante des personnes en état végétatif...

Les chercheurs soulignent également que la possibilité de communiquer par IRM interposée – et qui pourrait se faire un jour au moyen de scanners portatifs sur lesquels l'équipe travaille précisément – soulève des interrogations importantes : ne faudra-t-il pas associer les patients aux décisions qui sont prises à leur propos, qu'il s'agisse des soins qui leur sont donnés ou de leurs choix quotidiens (regarder tel ou tel programme à la télévision), ou de réclamer un analgésique. Mentalité euthanasique oblige, certains posent même la question de savoir s'il ne faut pas demander à ces personnes si elles veulent vivre ou non.

Mais, souligne le quotidien Globe and Mail qui a interrogé les chercheurs canadiens, une affirmation de refus de vivre de la part d'un tel patient s'avère délicate à évaluer : quelle serait la part d'une éventuelle dépression ou de déficits cognitifs qui leur rendraient impossible la conscience des conséquences réelles d'une telle demande ?

« Nous espérons qu'en donnant au patient une un peu de capacité de prise de décision nous pourrons lui rendre un sens de leur propre autonomie et de leur pouvoir d'agir qui améliorera leur qualité de vie, en leur rendant une part de l'autorité sur leur propre vie qu'ils avaient perdue », a souligné le Dr Lorina Naci.

Source : leblogdejeannesmits.blogspot.fr

 

 

 

Ontario - Lettre demandant l'euthanasie de son petit-fils

Agence QMI, 20/08/2013

OSHAWA - La grand-mère d'un jeune garçon autiste d'Oshawa, en Ontario, a reçu une lettre lui demandant de poser le «bon geste» en déménageant ou en faisant euthanasier son petit-fils.

«C'est dégoûtant, a dit la mère du jeune Maxwell Begley, 13 ans. Je ne peux pas imaginer que quelqu'un puisse non seulement penser ainsi, mais l'écrive également dans une lettre pour que d'autres personnes puissent la lire. Cela nous inquiète pour sa sécurité.»

Maxwell habite Oshawa, mais visite à l'occasion sa grand-mère qui habite près de Newcastle, en Ontario.

Imprimée sur du papier rose, la lettre reçue vendredi commence avec des reproches au sujet du bruit que fait le jeune dans la cour arrière, car «il effraie les enfants normaux».

D'autres extraits sont encore plus troublants : «Il est une nuisance pour tout le monde et ce sera toujours comme ça!!!!! Qui va en prendre soin????? Aucun employeur ne va l'engager, aucune fille normale ne va vouloir le marier ou l'aimer et vous ne vivrez pas toujours!! Je pense qu'ils devraient prendre toutes les parties qui ne sont pas "retardées" sur lui et les donner à la science».

La lettre anonyme, signée par «une mère exaspérée», laisse entendre que d'autres résidents du secteur pensent la même chose. Elle se termine en suggérant à la famille de «poser le bon geste et de déménager ou de l'euthanasier».

Le jeune Maxwell a reçu un diagnostic d'autisme à l'âge de 20 mois. Sa mère a raconté que lorsqu'il est né, tout le monde disait que c'était un bébé silencieux.

«Il ne parlait pas vraiment jusqu'à l'âge de cinq ans, a-t-elle dit. Il a fait beaucoup de chemin. Oui, il fait du bruit, mais c'est plutôt apaisant.»

Lundi, la lettre a été partagée de nombreuses fois sur les réseaux sociaux et est devenue «virale» sur internet.

Une centaine de personnes de la communauté de Newcastle s'est rassemblée devant la résidence de la grand-mère, dimanche afin de lui apporter son support.

La police locale a également dit enquêter sur l'envoi de cette lettre.
(...)

Source : canoe.ca

 

 

 

PÉTITION CONTRE LA LÉGALISATION DE L’EUTHANASIE ET DU SUICIDE-ASSISTÉ AU QUÉBEC. PROJET DE LOI 52.

NOUS, SOUS-SIGNÉS DEMANDONS AU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC DE NE PAS LÉGALISER L’EUTHANASIE AU QUÉBEC POUR DE NOMBREUSES RAISONS TOUTES AUSSI VALABLES LES UNES QUE LES AUTRES. NOUS ESTIMONS COMME CITOYENS ET CITOYENNES DU QUÉBEC QUE NOTRE PAROLE EST IMPORTANTE ET DOIT ÊTRE PRISE EN CONSIDÉRATION. LA SAGESSE N’EST PAS TOUJOURS DU CÔTÉ DE LA MAJORITÉ. NOUS CONSIDÉRONS QUE LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC N’A PAS LE DROIT ET NE DOIT PAS SE DONNER CE DROIT, NI LE DONNER À LA FAMILLE D’UNE PERSONE MALADE, NI D’OUVRIR LA PORTE À CE QUI EST UN MEURTRE, DÉFINI COMME UN ACTE DONNANT LA MORT À UN AUTRE INDIVIDU HUMAIN QUELQU’EN SOIT LA MÉTHODE ET LA RAISON. LA MISE À MORT D’UNE PERSONNE EST UN ACTE INHUMAIN ET BARBARE ET NE DONNE AUCUNEMENT LA DIGNITÉ À UNE PERSONNE. NOUS CROYONS QUE SEULS LES SOINS DE QUALITÉ RÉDUISANT AU MAXIMUM LES SOUFFRANCES SANS CAUSER LA MORT PEUVENT AIDER UNE PERSONNE MOURANTE OU MALADE OU DÉPRESSIVE À RETROUVER ET GARDER SA DIGNITÉ. NOUS CROYONS QUE LE RÔLE ET LA RAISON D’ÊTRE DES MÉDECINS ET INFIRMIÈRES EST DE DONNER LES MEILLEURS SOINS POSSIBLES ET JUSTEMENT DONNER LE PLUS DE DIGNITÉ POSSIBLE À TOUTE PERSONNE MALADE OU EN FIN DE VIE ET NON PAS DONNER LA MORT ET ABDIQUER. LES HÔPITAUX DOIVENT DEMEURER UN LIEU SÉCURITAIRE ET NON PAS DEVENIR L’ENDROIT LE PLUS DANGEREUX DU MONDE. NOUS AVONS CHACUN ET CHACUNE DES RAISONS TOUTES AUSSI VALABLES LES UNES QUE LES AUTRES DE SIGNER CETTE PÉTITION ET CONSIDÉRONS QUE LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC ET LES DÉPUTÉS(ES) NE DOIVENT PAS CÉDER AU LOBBYING , NI AUX PRESSIONS ÉMANANT DE GROUPES OU D’INDIVIDUS QUI METTENT TOUS LES QUÉBÉCOIS ET TOUTES LES QUÉBÉCOISES EN DANGER DE MORT, EN JOUANT À LA ROULETTE RUSSE AVEC LA VIE DE SES CITOYENS ET DE SES CITOYENNES, HOMMES, FEMMES ET ENFANTS.

CETTE PÉTITION SERA DÉPOSÉE DURANT LE DÉBAT DES DÉPUTÉS LORSQUE CEUX-CI ET CELLES-CI DÉBATTRONT DE L’ACCEPTATION OU NON DU PROJET DE LOI 52, VOULANT LÉGALISER L’EUTHANASIE HUMAINE ET LE SUICIDE-ASSISTÉ.

Source : Campagne Québec-Vie

 

 

 

Royaume-Uni : la sédation terminale tous azimuts, c'est fini !

17 juillet 2013 par Jeanne Smits

Une victoire pour la vie au Royaume-Uni !

Le protocole de « fin de vie » connu sous le nom de Liverpool Care Pathway, reposant sur la sédation « terminale » ou « palliative » devrait être abandonné d'ici à l'automne, aux termes d'une enquête parlementaire qui a mis en évidence les abus liés à la procédure.

Le LCP, « parcours de soins de Liverpool », prévoit notamment le retrait de l'alimentation et de l'hydratation couplée à une sédation profonde continue si cela est jugé conforme aux « meilleur intérêt » du patient souffrant d'une maladie incurable. (...)

L'un des membres de la commission d'enquête, Fiona Bruce, élue conservatrice, estime que la procédure est effectivement utilisée pour hâter la mort. Elle a de cela une expérience personnelle du LCP puisque ses deux parents y ont été soumis : son père, 83 ans, était entré à l'hôpital pour une maladie non identifiée qui l'avait laissé « faible et fragile ».

C'est au hasard d'une rencontre avec une infirmière dans un couloir que celle-ci lui a appris presque en passant que son père n'allait pas très bien. « Il n'a pas longtemps à vivre. Nous le mettons sur le parcours de Liverpool. » Cela tombait mal : Mme Bruce avait vu sa mère mourir de déshydratation dans d'affreuses souffrances deux ans plus tôt, alors qu'elle avait été placée d'office sur le parcours deux à la suite d'une opération au cerveau, et en avait conçu un sentiment de culpabilité terrible.

Pour son père, Mme Bruce s'est battue jusqu'à ce qu'on le réalimente et réhydrate. En janvier, cela faisait six mois qu'on l'avait emmené dans une maison de soins où il allait pour le mieux, bien soigné, mangeant avec appétit, et heureux de voir sa famille. (...)

Source : Riposte catholique

 

 

Une femme se réveille du coma juste avant le prélèvement de ses organes

De nombreux titres de la presse américaine rendent compte de ce fait divers très significatif : à Syracuse (Etat de New York) une femme déclarée en état de mort cérébrale s'est réveillée dans la salle d'opération juste avant d'être ouverte en vue de récolter ses organes.

Les faits remontent à 2009 : Colleen S. Burns, 41 ans, était conduite aux urgences, victime d'une surdose de drogues. Les médecins de l'hôpital Saint-Joseph la déclarèrent en état de mort cérébrale puis réclamèrent à ses proches la permission de récupérer ses organes. C'est seulement parce que la patiente a ouvert les yeux sur la table d'opération que l'extraction de son cœur et de ses autres organes vitaux n'a pas eu lieu.

L'équipe médicale de Saint-Joseph a dû subir une enquête dont les résultats font aujourd'hui état de graves manquements à la fois sur le plan du diagnostic et de la communication avec les personnels soignants : les médecins ont confondu, selon l'enquête du Département de la Santé, l'état de mort cérébrale et le coma provoqué par la surdose de stupéfiants, et ignoré les indications d'une infirmière selon lesquelles l'état de Colleen Burns s'ameliorait ; ils n'ont pas réalisé d'indispensables scanners pour confirmer leur diagnostic ; ils n'avaient même pas pris soin de pratiquer les lavages nécessaires pour empêcher la drogue absorbée par la victime de se répandre dans son système digestif. Pas même pour assurer la bonne qualité de ses organes au moment de la « récolte »...

Le rapport indique ainsi qu'à la veille de l'opération de récupération, Colleen Burns avait répondu à des stimulations, et qu'au moment d'être transportée vers la salle d'opération, elle respirait sans ventilation et remuait ses lèvres. On choisit plutôt de lui administrer une sédation sans le noter pour autant dans son dossier médical.

Un spécialiste de cardiologie, le Dr David Mayer, a expliqué à la presse que le simple fait qu'on administre un sédatif ou un anti-douleur avant de récolter des organes indique clairement que le patient est encore en vie – mais dans de nombreux cas et notamment en France, c'est là le protocole normal en raison des réactions des patients au moment des prélèvements. On explique seulement que c'est pour le confort des équipes médicales qui pourraient être gênées par des réactions de douleur « réflexes »...(...)

L'hôpital s'en tire donc avec une amende de 6.000 dollars, quelques obligations de sécurité et l'injonction d'embaucher un neurologue capable de mieux diagnostiquer la mort cérébrale.

C'est le choix qui va être difficile. Selon les pays, les époques, et même les Etats américains la définition de la « mort » cérébrale est très différente, les protocoles de vérification sont diverses et les critères variés.

Il est vrai que c'est un concept inventé en 1968 en vue de faciliter la récolte d'organes vitaux sur des personnes dont le cœur bat normalement et dont la fonction respiratoire est simplement assistée d'une ventilation. Et qu'on l'a élargi progressivement. L'industrie de la transplantation représente un marché colossal...

Source : leblogdejeannesmits

 

 


Suisse: tragédie de l'euthanasie
Un magistrat italien se croyait incurable alors qu'il était sain

Un magistrat italien de 62 ans s'est fait supprimer en Suisse, à Bâle, après le diagnostic d'une maladie incurable: l'autopsie révèle qu'il était tout à fait sain.

Le tragique fait divers relance le débat sur "l'euthanasie" ou le "suicide assisté".

Sa femme et sa fille, qui avaient demandé l'autopsie, ont maintenant réclamé une enquête notamment pour établir la responsabilité du diagnostic erroné émis en Italie puis en Suisse.

Pietro D'Amico, de Vibo Valentia, procureur général à Catanzaro (Calabre) depuis 1995 et jusqu'à sa démission, il y a trois ans, s'est rendu en Suisse en avril dernier pour demander la mort, à l'insu des siens, rapporte "Il Quotidiano della Calabria" du 10 juillet (http://www.ilquotidianodellacalabria.it/news/cronache/714547/Diagnosi-errata-per-il-magistrato-morto.html). La clinique suisse où il a reçu la mort a ensuite averti la famille, qui le croyait parti "pour un voyage".

Or l'autopsie a exclu de façon "péremptoire" le diagnostic de pathologie incurable émis par des médecins italiens et confirmé par des médecins suisses, et qui avait poussé le magistrat, déprimé, à demander le "suicide assisté".

De nouveaux examens ont été fait par l'Institut de médecine légale d'université de Bâle en présence d'un expert mandaté par la famille.

L'erreur scientifique pourrait pousser les parquets italien et suisse à enquêter sur la responsabilité des médecins et sur la cause de l'erreur: négligence, incompétence, imprudence?

L'avocat de la famille, Michele Roccisano, soutient que pour affirmer la présence de la pathologie les médecins "auraient dû soumettre le patient à des examens spécifiques prescrit par la science médicale, examens auxquels il n'a jamais été soumis".

Le magistrat s'était démis de ses fonctions après avoir été suspecté de fuites dans une affaire de perquisition chez un parlementaire. Il avait été innocenté mais il avait donné sa démission en disant: "cette magistrature ne me mérite pas".

Il a écrit de nombreux volumes de philosophie du droit et de droit romain: certains ont été adoptés comme manuels par des universités italiennes.

(Rome 11 juillet 2013 Zenit org) © Innovative Media Inc.

 

 

Conseil Consultatif National d'Ethique

Communiqué de presse relatif à l'avis 121 « Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir»

Le Président de la République a saisi le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) sur des questions concernant la fin de vie. Dans son avis N°121 « Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir », le Comité émet plusieurs recommandations qui font l'objet d'un accord unanime de la part de tous les membres, notamment :

- la nécessité de faire cesser toutes les situations d'indignité qui entourent encore trop souvent la fin de vie ;

- la nécessité de rendre accessible à tous le droit aux soins palliatifs – droit reconnu par le législateur depuis quatorze ans – et de développer l'accès aux soins palliatifs à domicile ;

- le respect des directives anticipées ; lorsqu'elles ont été rédigées en présence d'un médecin traitant, et dans des circonstances où une maladie grave a été annoncée, les directives anticipées devraient être contraignantes pour les soignants, sauf exception dûment justifiée par écrit ;

- le respect du droit de la personne en fin de vie à une sédation profonde jusqu'au décès si elle en fait la demande, lorsque les traitements, voire l'alimentation et l'hydratation ont été interrompus à sa demande.

En ce qui concerne le droit d'une personne en fin de vie à avoir accès, à sa demande, à un acte médical visant à accélérer son décès, et/ou le droit à une assistance au suicide, le Comité n'a pas abouti à une réflexion et à des propositions unanimement partagées. La majorité de ses membres recommande de ne pas légaliser l'assistance au suicide et/ou l'euthanasie.

Le CCNE considère que la réflexion sur le sujet de la fin de la vie n'est pas close et qu'elle doit se poursuivre sous la forme d'un débat public.

Le Président de la République ayant mentionné dans sa saisine la présentation prochaine d'un projet de loi sur ces sujets, ce débat public devrait, comme le prévoit la loi relative à la bioéthique, comporter des états généraux réunissant « des conférences de citoyens choisis pour représenter la société dans sa diversité. »

Le CCNE continuera sa réflexion sur les questions concernant la fin de vie et en rendra compte après le débat public dont il propose la tenue.

Le 30 juin 2013

Jean Claude Ameisen, président du CCNE

Source : Comité Consultatif National d'Ethique

 

 

mardi 2 juillet, par Louis Jaeger

Euthanasie : un projet de loi prévu, la propagande commence.

L'information est tombée hier dans l'après-midi, François Hollande a annoncé qu'un projet de loi sur la « fin de vie » sera présenté « avant la fin de l'année ». Après avoir divisé la France en instituant une loi inique, le gouvernent socialiste entend désormais donner à la loi le pouvoir de tuer froidement, après quelques formulaires signés. A peine le CCNE a-t-il rendu son rapport, que Libération engage une propagande pro euthanasie pour mettre fin « au dogme de la mort naturelle ». Après le mariage à la carte et le supermarchés des bébés en construction, voici donc la mort par libre consentement.

N'oublions pas que l'un des fers de lance du mouvement LGBT, Jean-Luc Roméro, est aussi le président de l'association qui prône l'euthanasie (l'ADMD).

A lire : la réaction d'ArcSaintbernard

 

 

2013-07-01 Paris (AFP) (extraits)

La majorité des membres du Comité consultatif d'éthique (CCNE) recommande de ne pas légaliser l'assistance au suicide ni l'euthanasie, dans un avis rendu public lundi.

Pour la plus grande partie du CCNE, l'autorisation de l'"aide active à mourir" pourrait être perçue par des personnes vulnérables comme un risque d'être victimes d'abandon de soins et de voir abréger leur vie, souligne-t-il dans cet avis "Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir", sollicité par le président de la République.

Le Comité y émet aussi des propositions, adoptées à l'unanimité de ses membres, pour améliorer la prise en charge de la phase ultime de la vie.

Le Comité souhaite ainsi que les "directives anticipées" de fin de vie émises par un patient atteint d'une maladie grave, rédigées en présence d'un médecin traitant, deviennent "contraignantes pour les soignants sauf exception dûment justifiée par écrit".

A l'heure actuelle, malgré leur nom de "directives", la loi ne les considère que comme des "souhaits", les décisions étant prises par les médecins.

Le Comité recommande également le respect du droit d'une personne en fin de vie à être endormie ("sédation profonde") jusqu'au décès si elle le demande quand les traitements, voire l'alimentation et l'hydratation ont été interrompus à sa demande.

Le CCNE souligne aussi unanimement "la nécessité de faire cesser toutes les situations d'indignité qui entourent encore trop souvent la fin de vie", "de rendre accessible à tous le droit aux soins palliatifs - un droit reconnu par le législateur depuis quatorze ans" et de développer ces soins "à domicile". Il préconise en outre "d'associer pleinement" la personne et ses proches, dont la personne désignée par le patient (dit "tiers de confiance") à toutes les décisions concernant sa fin de vie, et de ne pas se limiter à discuter entre médecins.

La loi étant mal connue, le Comité recommande de renforcer la formation des soignants, ainsi que "leur capacité d'écoute et de dialogue".

En revanche, sur le droit d'une personne en fin de vie à avoir accès, à sa demande, à un acte médical visant à accélérer son décès, et/ou le droit à une assistance au suicide (la délivrance d'un produit qu'elle pourrait elle-même s'administrer, ndlr), le Comité n'a pas abouti à des propositions unanimement partagées.

La majorité de ses membres recommande de ne pas légaliser l'assistance au suicide et/ou l'euthanasie et s'inquiète de l'élargissement de leurs indications dans certains des pays qui les ont légalisées ou autorisées. (...)

Pour le CCNE, "la réflexion sur la fin de la vie n'est pas close" et "doit se poursuivre sous forme de débat public".

Source : AFP

 

 

Des médecins québécois s'opposeront au projet de loi sur l'euthanasie

Dr Paul Saba

 

Un éminent médecin québécois a qualifié la législation à venir sur l'euthanasie «d'escroquerie» et a affirmé que si cette loi entrait en vigueur, ses collègues à travers la province poursuivraient le gouvernement devant les tribunaux.

Le Dr Paul Saba, un médecin de famille également à la tête de la Coalition des médecins pour la justice sociale a déclaré vendredi à l'Agence QMI, que le projet de loi du gouvernement «laisse tomber les soins palliatifs et va directement à la mort».

Il est l'un des 500 médecins québécois signataires du manifeste intitulé «Manifeste du refus médical de l'euthanasie».

La ministre déléguée aux Services sociaux et responsable du dossier Mourir dans la dignité, Véronique Hivon, veut déposer un projet de loi sur l'euthanasie dans les prochains jours, a fait savoir vendredi à l'Agence QMI sa porte-parole, Laurie Comtois.

Ce projet de loi est basé sur le rapport d'un comité mandaté par l'Assemblée nationale qui a recommandé «l'aide médicale à mourir».

Des ressources suffisantes?

Le Dr Saba a précisé qu'il n'est pas convaincu que le gouvernement du Québec fournira des ressources suffisantes aux patients en phase terminale afin de faire un choix juste et honnête en matière de soins en fin de vie.

Il a soutenu que les soins palliatifs au Québec recevaient si peu de financement que devant la possibilité de mourir ou de continuer à vivre avec la douleur, plusieurs patients choisiront de mourir.

Le Dr Saba s'opposera à toute éventuelle loi qui permet l'euthanasie. « (Les médecins québécois) continueront de prodiguer des soins (si le projet de loi sur l'euthanasie est adopté) et nous le contesterons devant les tribunaux.

Le bioéthicien Udo Schuklenk, professeur de philosophie à l'Université Queen's, a dit à l'Agence QMI qu'il est plus humain d'avoir la possibilité de choisir l'euthanasie que de ne pas avoir le choix.

«Si le gouvernement ne fournit pas suffisamment de soins palliatifs, là, c'est tragique, a dit M. Schuklenk. Mais les patients s'en tireront mieux s'ils peuvent terminer leur vie dans la dignité.»

Source : le journal de Montréal, 8 juin 2013

 

 

Par la foi, nous avons la vie


La rencontre des 15 et 16 juin à Rome est de grande importance. Elle nous donnera l'occasion, avec le Saint-Père de rendre un commun témoignage à la valeur sacrée de la vie : la vie des personnes âgées, des malades, des agonisants, de ceux qui ne sont pas encore nés, de tous les affligés, de tous ceux qui souffrent, moralement ou physiquement.

CE sera aussi l'occasion pour célébrer, encourager tous ceux qui mettent leurs pas dans ceux du Bon Pasteur, soulageant les maux physiques, psychologiques ou spirituels des handicapés, des vieillards, des malades, des souffrants de toutes sortes.

Nous espérons être nombreux place Saint-Pierre pour que le monde entende, à travers la clameur de cette foule, l'expression de la mission rédemptrice de Jésus : « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance » (Jn 10, 109 ; cf Evangelium Vitae, 1).

Mgr Rino Fisichella,
Président du Conseil Pontifical pour la promotion de la Nouvelle Evangélisation.

En pratique :

Samedi 15 juin après-midi, pèlerinage du Château Saint Ange jusqu'à la place Saint-Pierre, qui se terminera avec la récitation du Credo en plusieurs langues. Dimanche matin, à 10h30, le Saint-Père célèbrera la messe place Saint-Pierre.

D'autres moments de rencontre sont prévus pour les pèlerins par groupe linguistique.

Des informations à ce sujet seront publiées dès que possible.

Source : Journée Evangelium Vitae

 

 

 

France : L'Euthanasie c'est la mise à mort par faim et soif ?

Selon RTL, un juge des référés a demandé au CHU de Reims de rétablir l’alimentation et l’hydratation d’un homme de 37 dans le coma depuis 4 ans. La décision de les retirer avait été prise par le corps médical en accord avec l’épouse du patient. Les parents du patient, eux, n’avaient pas été informés.

Vincent, 37 ans, est dans un état pauci-relationnel c’est-à-dire de conscience minimale depuis un grave accident de voiture. Il est hospitalisé depuis 2008 au CHU de Reims. Il y a quelques jours, le corps médical du CHU a décidé de lui retirer l’alimentation et l’hydratation qui le maintiennent dans cet état, en accord avec son épouse, révèle RTL.

Seul problème : la famille du patient, brouillée avec son épouse, n’a pas été concertée pour cette lourde décision et l’a apprise par hasard en constatant que la poche de nourriture n’était plus là. « La famille demande alors un rendez-vous avec le médecin de leur fils mais rien à faire : 5 jours plus tard, l’alimentation est coupée », explique RTL. Et de citer la mère de famille : « Si on n’était pas venus, on nous aurait annoncé la mort de notre fils sans nous prévenir, on nous aurait mis devant le fait accompli », a-t-elle raconté.

Le médecin du service refuse de parler d’euthanasie, selon RTL. « On a failli sur une partie de l’accompagnement de sa famille », reconnaît-il à RTL, ajoutant que la loi du 22 avril 2005, dite loi Leonetti est encore floue.

Source Jacqueline Jencquel

 

 

 

Veillée de prière pour la vie 2013 à Notre-Dame de Paris

A;-B. H., La Croix, 22/05/2013 (extraits)

(...) L'occasion de faire réfléchir les chrétiens à la manière dont ils accompagnent la vie, « sous toutes ces formes »

Ensemble, ils ont prié le chapelet, entrecoupé, lors de la méditation de chaque mystère lumineux, de la présentation d'une initiative exemplaire : accueil des personnes sans domicile fixe au foyer du Valgiros à Paris, accueil des fiancés par le service de la pastorale familiale de Pontoise, accueil « inconditionnel » des familles dans la « Maison de la vie et de la famille » récemment inaugurée par le diocèse de Versailles, accompagnement des personnes souffrant d'Alzheimer dans le diocèse de Créteil, ou encore accueil des Roms à Saint-Denis... L'occasion de faire réfléchir les chrétiens à la manière dont ils accompagnent la vie, « sous toutes ces formes », avait bien rappelé Mgr Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris, chargé de son organisation. Une prière a également été dite pour celui qui s'était donné la mort dans l'après-midi dans Notre-Dame.

« Il n'y a que l'Église qui parle de nous », se réjouissait à la sortie Vincent Badré, dont la mère, atteinte de rubéole pendant sa grossesse, s'est vue conseiller d'avorter « par tous les médecins de la ville ». Très sensibilisé au sujet depuis, Vincent est très touché par le message de l'Église selon lequel « l'homme n'est pas digne seulement parce qu'il a été désiré mais en tant que tel ». « Comme Benoît XVI l'a dit un jour : nul n'est de trop dans l'Église », rappelle-t-il.

« Nous ne sommes pas des adorateurs d'une divinité étrange qui s'appellerait la vie »

Pour plusieurs des participants, cette interpellation des évêques en faveur d'une « culture de la vie au sens large » était utile. « Cela fait partie de ma responsabilité de chrétienne non pas de défendre mais de témoigner que le Christ est la vérité et la vie. C'est ce que j'essaie de mettre en pratique, en communion avec d'autres chrétiens », glissait Marie-Irène Danitasaike, paroissienne parisienne. Comme en écho à l'homélie du cardinal Vingt-Trois assurant que « nous ne sommes pas des adorateurs d'une divinité étrange qui s'appellerait la vie », mais que celle-ci est plutôt « le langage de l'amour, celui de Dieu pour les hommes, celui de la femme pour l'homme et de l'homme pour la femme, celui des parents pour leur enfant, et celui de frères pour leurs frères »...

Elle aussi parisienne, et d'origine allemande, Sabine Portala est venue prier pour « la vie en général, et donc aussi celles des personnes âgées, des Roms etc. ». « Pas uniquement pour le mariage même si cette cause aussi est importante ». D'ailleurs, pour dimanche, elle s'interroge sur le meilleur moyen d'agir et se demande si, plutôt que de manifester, elle ne va pas poursuivre sa prière.

(...) « On a bien besoin, en ce moment, d'entendre des gens parler de la vie », notaient Antonin, 17 ans, et Irénée, 15 ans, lycéens parisiens, venus avec leurs parents. Tout comme eux, Clothilde, paroissienne du diocèse de Nanterre, a jugé bienvenu ce message « d'apaisement ». « Plus que cela, c'est une invitation à vivre vraiment l'Évangile », résumait-elle. (...)

Source : la-croix.com

 

 

Marie-Pier Duplessis, Le Soleil, 18 mai 2013 (extraits)

Mobilisation contre l'euthanasie

Des centaines de personnes ont marché contre l'euthanasie...

(Québec) «Il est toujours minuit moins une, mais il y a encore place au débat.» C'est dans l'espoir de sensibiliser la population à la prudence que des centaines de personnes se sont réunies samedi, sur les plaines d'Abraham, pour manifester contre le projet de loi du gouvernement du Québec sur l'aide médicale à mourir.

Organisée par le Rassemblement québécois contre l'euthanasie (RQCE), la Marche printanière s'est avérée une grande mobilisation citoyenne contre l'euthanasie rassemblant des militants venus des quatre coins de la province. (...) Les organisateurs évaluent toutefois que la marche vers l'Assemblée nationale, qui s'est étirée jusqu'à 16h, a attiré entre 1200 et 1700 participants.

Point de vue

Pour les organisateurs et porte-parole, il n'est jamais trop tard pour faire connaître son point de vue quant au projet de loi controversé, qui devrait être déposé sous peu. Rappelons que le gouvernement québécois a fait connaître son intention d'ouvrir la voie à l'aide médicale à mourir, dans des circonstances et des conditions balisées. Cette décision est le résultat de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, dont le rapport a été déposé il y a plus d'un an.

Louis-André Richard, un professeur de philosophie ayant participé à la Commission avant de devenir porte-parole du RQCE, juge que les dés étaient pipés d'avance et que les conclusions du rapport ne tiennent pas compte du fait que 69 % des avis déposés étaient défavorables à l'ouverture à l'euthanasie. «Quatre-vingt-dix pour cent des gens qui travaillent dans les soins palliatifs sont contre l'euthanasie.» D'ailleurs, ajoute M. Richard, la simple raison pour laquelle le gouvernement parle d'aide médicale à mourir plutôt que d'euthanasie est «parce que ce n'est pas de compétence provinciale que de permettre l'euthanasie, c'est de compétence fédérale. Et on ne peut pas utiliser le mot tout simplement parce qu'on place les médecins qui pourraient poser un geste de ce type-là dans une situation d'illégalité envers la loi fédérale», dit-il.

Médecins, avocats et groupes religieux

Le Rassemblement québécois contre l'euthanasie est porté par différents intervenants issus du monde médical, juridique et religieux. Plusieurs médecins, dont le Collectif de médecins du refus médical de l'euthanasie, ont tenu à faire valoir leur position «pragmatique» par rapport à la question.

«C'est une erreur monumentale que d'ouvrir la porte. Notre devoir à nous, il est surtout informatif», mentionne le Dr Marc Beauchamp, qui qualifie de «poudre aux yeux» la vision étayée par le gouvernement québécois. (...)

Sur les réseaux sociaux, l'archevêque de Québec, Mgr Gérald Cyprien Lacroix, avait invité la population à prendre part à la marche pour cette cause qui lui tient particulièrement à coeur. Des groupes religieux, dont la Communauté des pauvres de Saint-François de Trois-Rivières et les Pèlerins de Saint-Michel de Rougemont, s'étaient organisés pour venir à Québec en autobus. «Pour nous, c'est tout à fait scandaleux, soutient Lambert Boucher. Ce l'est tout autant que l'avortement et tout ce qui atteint à la vie. Nous autres, on voit ça comme un meurtre, comme un assassinat.»

Le gouvernement Marois a déjà fait savoir qu'il devrait être prêt à déposer son projet de loi d'ici l'été.

Source : Le Soleil

 

 

 L'euthanasie met en péril la confiance du public dans les soins de santé

La confiance du public à l'égard des soins de santé est en péril, selon le Rassemblement québécois contre l'euthanasie (RQCE), qui tient ce samedi à Québec une marche contre ce type d'assistance.

À la suite de la commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, le gouvernement québécois peaufine encore son projet de loi sur l' «aide médicale à mourir». Le RQCE s'y oppose et s'est donné pour mission de contrer toute tentative d'intégrer l'euthanasie et le suicide assisté au système de santé québécois.(...)

Le porte-parole Louis-André Richard, qui est également professeur de philosophie, a estimé qu'il ne fallait pas ouvrir la porte à ce genre d'intervention, et ce, pour éviter toute «pollution du climat» de confiance dans l'esprit des citoyens.

Le docteur Marc Bergeron, un hémato-oncologue, a dit croire que la science médicale permettait déjà, en ce moment, d'offrir suffisamment d'aide et d'assistance pour assurer la sécurité, la dignité et le confort des personnes souffrantes en fin de vie.

Le message du RQCE est que l'euthanasie élimine le souffrant et non pas la souffrance.

Un autre médecin, le Dr Patrick Vinay, chef d'une unité de soins palliatifs à Montréal, a ajouté que l'acte de tuer ne pouvait être considéré comme un soin médical.

«Nous devons plutôt soigner, soulager, aider et apaiser toute souffrance», a-t-il indiqué.

Source :  La Presse Canadienne (modifié par Vincent Destouches)

 

 

 

 Marche contre l'euthanasie : une manifestation prévue samedi

Le Rassemblement québécois contre l'euthanasie (RQCE) organisera, samedi, une marche printanière, sous le thème «L'euthanasie, chez nous, non merci». Cet évènement s'annonce «comme la plus grande mobilisation contre l'euthanasie depuis que le Gouvernement du Québec a annoncé qu'il s'apprêtait à présenter un projet de loi sur l'aide médicale à mourir», expliquent les membres du RQCE. «L'objectif de la marche est de démontrer qu'ici, au Québec, il n'y a pas de consensus sur l'euthanasie. Le débat public sur ce sujet n'a pas eu lieu et le gouvernement veut passer en catimini une loi qui va changer de façon définitive la prestation des soins. On est pour les soins palliatifs. C'est un danger de légaliser l'euthanasie au Québec», souligne le Dr Claude Morin, médecin-urgentologue à l'hôpital Saint-François d'Assise.

Des milliers de personnes sont attendus samedi, dès midi, pour des allocutions sur les plaines d'Abraham.

Le départ de la marche se fera à 13 h 45 du Musée des beaux-arts du Québec pour se terminer devant l'Assemblée nationale. Sur la photo, on retrouve les organisateurs de cette marche printanière.

Le Québec Express, membre du Groupe Québec Hebdo

 

 

 

Le Pape François à la rencontre de la Marche pour la Vie

Le Pape François a posé un acte qui en dit long sur son amour pour la personne humaine créée à l'image et à la ressemblance de Dieu...

pape marche pour la vie

Dimanche 12 mai, le Saint Père s'est rendu au-devant des 40 000 marcheurs pour la Vie. Partis du Colisée, la 3ème Marche pour la Vie rejoignait la Place Saint Pierre pour la prière du Regina Caeli, quand les personnes ont vu arriver le Pape (photo) dans sa papamobile, pour les remercier et les encourager.

Source : Evangélium Vitae

 

 

Le Pontificat du Pape François consacré à Notre-Dame de Fatima

Le Salon Beige , le 12 mai 2013 à 19:48

Ce 13 mai se déroulera un événement d'une importance capitale pour l'Eglise catholique et le monde entier : la consécration du pontificat du Pape François à Notre-Dame de Fatima, depuis le sanctuaire marial, en présence du Cardinal de Lisbonne et des Evêques portugais.

Au coeur du message de Fatima, se trouve la question de la vie, ainsi souligné avec force par Benoit XVI dans son homélie du 13 mai 2010 :

« Celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est achevée se tromperait. Revit ici ce dessein de Dieu qui interpelle l'humanité depuis ses origines : « Où est ton frère Abel ? (...) La voix du sang de ton frère crie de la terre vers moi ! » (Gn 4, 9). L'homme a pu déclencher un cycle de mort et de terreur, mais il ne réussit pas l'interrompre... «

 

 

Article de Jeanne Smits

Euthanasie en France : référé gagné ! Vincent Lambert vivra...

Mais il reste menacé

Le 11 mai 2013

Extraordinaire victoire, samedi après-midi, pour le respect de la vie ! Devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, un référé-liberté plaidé en faveur de Vincent Lambert, 37 ans, a abouti à une ordonnance qui a reconnu le droit de ses parents et d'une partie de ses proches de s'opposer à ce qu'il soit tué lentement par l'arrêt de son alimentation.

Me Jérôme Triomphe venait de plaider avec passion contre la mise à mort volontaire du patient, au nom de ses parents, de sa sœur et de son demi-frère ; Me Paillard avait exposé l'éthique biomédicale qui exige le respect de la vie. L'audience, chargée d'émotion, avait duré plus de deux heures. Ils ont été entendus et compris.

Vincent Lambert : oui, c'est le vrai nom de celui que jusqu'ici, dans un souci de discrétion visant à donner un maximum de chances aux démarches pour sauver sa vie, j'ai appelé « Hervé ».

C'est un jeune homme frappé il y a quatre ans et demi par un accident de voiture qui l'a laissé gravement handicapé. D'abord maintenu dans un coma artificiel, il est resté ensuite pendant deux ans dans un coma végétatif. Puis il est entré dans un coma pauci-relationnel, qui correspond chez lui à un état de « conscience minimale plus » où existe une interaction avec l'environnement : Vincent peut suivre des yeux, réagir aux voix familières, manifester la conscience de ses émotions. Il sourit. Ou plutôt : il souriait.

Depuis qu'une équipe médicale a décidé que, sa « qualité de vie » étant insuffisante, il convenait de lui couper l'alimentation et une bonne part de son hydratation en vue de le faire mourir, il pleure lorsque sa mère ou ses proches viennent le voir...

Cet arrêt de l'alimentation et la diminution drastique de son hydratation, réduite de 3 litres au total à 500 ml par 24 heures, ont été mis en place depuis le 10 avril dernier, avec le consentement de son épouse, mais malgré l'opposition expresse de ses parents et d'une partie de sa famille qui n'ont été d'aucune façon entendus à propos de cette décision médicale, qui n'est rien d'autre qu'un arrêt de mort par cessation des soins.

C'est très exactement une euthanasie par omission.

Le juge des référés, Mme Monbrun, a ordonné samedi après-midi à 16 h 45 que l'alimentation et l'hydratation normales de Vincent Lambert soient rétablies, annulant par ce fait la « décision collégiale » qui avait été prise le 8 avril par l'équipe médicale du CHU Sébastopol de Reims, de le faire mourir à petit feu au motif que ces soins apparaissent aujourd'hui comme « inutiles, disproportionnels et ayant comme seul effet le maintien artificiel de la vie ».

Elle a ainsi reconnu qu'il y avait une « atteinte grave et manifestement illégale » à une « liberté fondamentale » qu'il s'agissait de sauvegarder : la vie même de Vincent Lambert, menacée, et le droit de ses proches qui ne souhaitaient pas le voir tué. L'urgence étant caractérisée par l'affaiblissement déjà très avancé du patient du fait de ce refus de nourriture et d'eau.

Au nom du principe du « respect de la vie » affirmé par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, que doit respecter notamment « toute personne morale de droit public » tel un hôpital public, l'ordonnance de référé rappelle que le juge des référés peut prendre toutes les mesures de nature à faire cesser le danger « lorsque l'action ou la carence d'un tel établissement crée un danger caractérisé et imminent pour la vie d'un patient, portant ainsi une atteinte grave et manifestement illégale à cette liberté fondamentale ».

Vincent Lambert, à l'heure où j'écris ces lignes, est hors de danger. Par l'effet de l'ordonnance de référés, on a recommencé à lui administrer du glucose et son alimentation est rétablie avec toute la précaution et la progressivité que requiert son état. Sa vie est sauvée.

Mais pour combien de temps ? Le résultat du référé a provoqué la « rage » des médecins et notamment du chef de service de l'unité de soins palliatifs où Vincent est hospitalisé. Une colère que m'a décrite Me Triomphe : il l'a constatée sur place au CHU de Reims, samedi après-midi, où les médecins chargés de soigner Vincent Lambert ont clamé qu'ils feraient tout pour procéder quand même à l'arrêt de la nourriture et de l'essentiel de l'hydratation de Vincent Lambert, refusant son transfert dans un autre hôpital plus respectueux de la vie au motif qu'ils sont « responsables » du jeune homme, rejetant encore et encore la volonté expresse de ses parents et d'une partie de sa famille de le voir ainsi volontairement poussé vers la mort.

C'est la pure volonté de tuer – et j'écris cela en pesant mes mots, sans craindre de me voir contredire – puisque tel est l'objectif unique de l'arrêt de la nourriture et de l'hydratation.

Ces médecins qui ont pris en toute illégalité – c'est ce qu'établit l'ordonnance de référé – la décision de faire mourir Vincent Lambert de faim et de soif, entendent maintenant refaire toute la procédure de manière respectueuse de la loi, cette fois, pour lui couper encore les vivres.

Comment peuvent-ils prétendre cela ?

Un élément peut, selon la manière dont on interprète la loi, leur donner raison, et il faut que la France le connaisse, qu'elle sache qu'aujourd'hui la loi française peut permettre de tuer un patient en le précipitant vers sa fin de vie.

Un deuxième leur donne tort, absolument et d'emblée, nous allons voir comment.

1. La décision d'arrêter les traitements, même en l'absence de situation de maladie en phase terminale, est une possibilité offerte aux médecins dans le cadre de la loi Leonetti. Cela correspond à la volonté d'éviter qu'une « obstination médicale déraisonnable » n'impose d'inutiles souffrances au patient ; c'est le refus de l'« acharnement thérapeutique » qui permet de refuser les traitements « inutiles, disproportionné ou qui n'ont d'autre objet que le maintien artificiel de la vie ».

« Traitement » : le mot dit bien ce qu'il veut dire et ne désigne pas de lui-même les soins ordinaires dus à tout patient et d'ailleurs à tout homme dans la mesure du possible : un toit, l'hygiène, la nourriture et l'eau.

L'entourloupe de la loi Leonetti, qui apparaît dans ses travaux préparatoires et qui est confirmée dans le rapport d'évaluation de l'application de la loi par le même Jean Leonetti, consiste à classer le soins ordinaire qu'est la nourriture (même administrée par sonde) au nombre des « traitements médicaux ».
L'ordonnance de samedi prend acte de cette possibilité et suit non la lettre de la loi, mais ces éclairages plus que douteux du point de vue du droit, puisque la loi interdit au médecin tout acte de nature à provoquer la mort.

On peut craindre que le droit français ne finisse par entériner cette interprétation qui aboutit à donner aux médecins un pouvoir de vie et mort sur leurs patients, même des patients qui comme Vincent Lambert vivent comme tout être humain grâce à l'absorption de nourriture et d'eau et qui ne souffrent d'aucune maladie qu'il faudrait soigner.

La morale et le bon sens imposent cependant de noter que la nourriture et l'hydratation même administrées autrement que par la bouche ne sont pas des soins extraordinaires ni un traitement médical : la vie qui est maintenue ainsi n'est pas plus « artificielle » que celle d'un nourrisson que l'on nourrit ou d'un malade trachéotomisé qui reçoit sa « ration de survie » par sonde. Il ne s'agit pas de prolonger par des moyens techniques disproportionnés une vie qui ne tient plus qu'à un fil. La preuve : c'est le refus de nourriture qui va opérer la dégradation de la santé du patient et provoquer, lentement mais sûrement, une mort cruelle.

2. Mais cette décision de refuser la nourriture et l'essentiel de l'hydratation doit répondre à des règles strictes. Il faut tenir compte de la volonté du patient si elle peut s'exprimer. Sinon, l'équipe médicale doit tenir compte, le cas échéant, si elles existent, de ses directives anticipées, mais ne peut prendre sa décision de mort sans consulter la famille et les proches du patient.

Et s'il y a opposition, il faut aussi en tenir compte.

Dans le cas de Vincent Lambert, ainsi que le plaida Me Jérôme Triomphe et ainsi que les pièces produites devant le juge allaient l'établir, la décision de mettre fin à sa vie a été envisagée dès le mois de janvier, et que l'épouse du jeune homme y a été « associée » dès début février. Mais ses parents n'en ont pas été tenus informés : certes on a parlé à sa mère, le 5 avril, sans précisions, mais assez pour que celle-ci manifeste sa ferme opposition à toute éventualité d'une telle décision.

Elle a été prise pourtant le 8 avril et mise en œuvre le 10 avril.

Les médecins qui soignent Vincent Lambert assurent que sa famille a été régulièrement tenue au courant... à partir du 25 avril. En effet ! Mme Lambert a été alertée par certains de ses enfants que Vincent, à ce qu'ils avaient remarqué, n'était plus nourri, et c'est elle qui s'est précipitée à Reims pour aller dire aux médecins son refus absolu d'une telle procédure qui constitue une mise à mort volontaire !
C'est sur ce point de non-respect de la procédure prévue par l'article 2. 4127-37 du code la santé publique que le juge des référés a donné raison à M. et Mme Lambert.

L'ordonnance souligne le défaut d'information dont ont ils été victimes par rapport à la mise en œuvre de la procédure collégiale par laquelle un médecin, conforté par l'avis favorable d'un autre médecin étranger au cas, peut décider de couper les vivres à un patient pour le faire mourir. L'ordonnance dénonce aussi que le fait que les parents « n'ont pas été informés de la nature et des motifs de cette décision ». Plus important encore, le juge souligne que « la décision d'arrêter l'alimentation et de limiter l'hydratation n'a pas pris en compte les souhaits des parents de M. Vincent », et ce quand bien même une partie de ses frères et sœurs et son épouse se sont montrés d'accord avec elle.

Autrement dit, en cas d'opposition de la famille, en l'occurrence le père et la mère de la victime qui sont tout de même on ne peut plus proches, les médecins ont l'obligation d'en tenir compte.

C'est un frein réel à l'application mortifère de la loi Leonetti, et cette affaire a eu pour premier mérite de le mettre en évidence.

Lorsque les médecins de Reims prétendent remettre en route une procédure collégiale, cette fois en respectant les conditions posées par la loi, non seulement ils soulignent en creux la manière illégale dont ils ont agi, mais ils méconnaissent ce droit des parents qu'en tout état de cause ils doivent respecter en s'abstenant de prendre une décision de mise à mort.

Il n'est pas inutile de noter que les documents médicaux produits par le CHU de Reims en défense de sa décision démontrent l'état de conscience réel quoique apparemment très diminué et le fait qu'il ressent des émotions. Ni que la décision de faire cesser son alimentation et de limiter fortement son hydratation ont fait suite à ce que l'équipe médicale appelle des « signes d'opposition comportementale de la part de M. Lambert lors des actes de "nursing" a fait suspecter un refus de vivre et a suscité une réflexion éthique au sein de l'équipe médicale ».

En clair : il a montré son inconfort lors de la toilette, des soins de bouche...

Cela leur a suffi.

Source : blogdejeannesmits

 

 

Nous avons commencé à publier précédemment, ici, le calvaire du jeune homme et de sa famille se battant contre une euthanasie imposée.
La famille continue le combat et le ton monte.

Un article de Jeanne Smits :

France : un jeune homme se meurt d'euthanasie lente – mais sa famille se bat

Le jeune homme qui se meurt lentement dans un hôpital, « quelque part en France », affamé par décision du corps médical, s'affaiblit de jour en jour. Mais une lueur d'espoir existe désormais. La famille de celui que nous avons appelé « Hervé », horrifiée de voir ses souffrances physiques et morales, a décidé de ne pas en rester là. Elle veut se battre jusqu'au bout.

Elle dit NON à cette nouvelle barbarie qui prétend autoriser des médecins à faire mourir des malades à petit feu, en cessant de les nourrir, en les privant presque totalement d'eau.

Elle dit NON à une interprétation de la loi Leonetti sur la fin de vie qui a déjà servi de couverture à des assassinats de ce type.

Elle dit NON à l'euthanasie par omission que l'on impose sournoisement tandis qu'on fait croire que la question est encore en débat ; une euthanasie par omission que Jean Leonetti lui-même entend faciliter et rendre apparemment moins cruelle par la « sédation palliative » qui permettrait de masquer les affres de ceux qui mourront de faim et de soif parce que des médecins en auront décidé ainsi.

Il y a donc du nouveau depuis l'article de la semaine dernière : la famille d'Hervé vient de trouver un avocat prêt à se battre pour défendre les droits du jeune homme et des siens et l'a saisi le 7 mai au soir. Me Jérôme Triomphe sait que l'affaire est dure. Il s'agit de faire annuler une décision médicale qui est dans l'air du temps ; de contrer la puissance de mort dont tant de médecins se sentent désormais investis ; de prôner une logique de respect de la vie la plus fragile et non de raisonner en termes économiques – et il est impossible de croire que la logique économique n'intervient pas dans cette affaire, sous couleur de mettre fin aux souffrances d'un accidenté dans le coma.

Bref rappel des faits. Il y a quatre ans et demi, Hervé, alors âgé de quelque 33 ans, était victime d'un accident de la route. On le plongea dans un coma artificiel dont il allait sortir, pour se trouver dans un coma végétatif. Il y restera pendant deux ans – mais peu à peu, son état s'améliore et il se trouve aujourd'hui dans un « coma pauci-relationnel », c'est-à-dire un état de conscience minimale où le patient est sensible aux émotions, aux stimuli extérieurs ; Hervé a une activité visuelle, et il réagit aux propos de ses proches.

Il se trouve, je suis désormais en mesure de vous le dire, au CHU Sébastopol de Reims.

Hervé ne souffre d'aucune maladie particulière, et à plus forte raison d'aucune affection en stade terminale, il ne se trouve nullement dans un état de souffrance insupportable – ou en tout cas, il ne s'y trouvait pas avant qu'on prît la décision, le 10 avril, de cesser totalement de le nourrir et de ne plus lui donner que 500 ml d'eau contre les 3 litres de liquide par 24 heures que lui apportaient l'alimentation et l'hydratation par sonde dont il bénéficiait depuis 4 ans et demi.

Sans eau, un homme meurt assez vite : en une quinzaine de jours... Avec un peu d'eau, le processus est bien plus long. Mais cela ne change rien à l'intention de tuer qui est celle des médecins qui décident de ne plus apporter les soins ordinaires – c'est-à-dire ce qui est dû, dans la mesure du possible, à tout être humain, nourrisson ou vieillard, malade ou bien-portant, prisonnier ou libre. Et les médecins ont une obligation spécifique à cet égard : protéger et soigner, tout faire qui ne constitue pas une obstination déraisonnable qui aurait pour seul effet de prolonger artificiellement la vie.

Ce jeune homme qui souffre et qui se voit mourir n'a aucun moyen de parler pour lui-même. Alors c'est sa famille qui est sa voix.

Une famille qui aurait dû être écoutée, aux termes de la loi Leonetti, et qui ne l'a pas été. Le 5 avril dernier, des responsables de l'équipe médicale de l'hôpital demandait à la mère d'Hervé d'entamer un « cheminement » personnel par rapport à un processus dont il était simplement suggéré qu'il était envisagé : priver Hervé de nourriture pour le conduire vers la mort. Aucune « décision collégiale ». Aucune consultation formelle à cette fin. A ces suggestions, la mère d'Hervé opposa des protestations fermes. On lui fixa un rendez-vous au 15 mai pour qu'elle puisse revenir avec son mari, qui était alors lui-même hospitalisé pour une intervention.

Mais fin avril, elle découvrit, par deux de ses autres enfants qui rendant visite à Hervé, constatèrent qu'il n'était plus alimenté, que ce processus avait été mis en place dès le 10 avril. Autrement dit, sans que la famille et les proches du jeune homme n'eussent été informés, comme l'exige pourtant la loi, de la mise en œuvre de la « procédure collégiale » de décision d'arrêt des « traitements », auxquels sont ici assimilés les soins ordinaires que sont la nourriture et l'hydratation. Décision « manifestement illégale », comme le souligne l'avocat.

Le 8 mai, Me Jérôme Triomphe a saisi le procureur de Reims sous l'intitulé : « Urgent, danger de mort ». Démarche prise très au sérieux : elle a abouti à l'envoi de policiers à l'hôpital. On sait que par ailleurs ils ont appelé l'épouse d'Hervé, et sont finalement allés chez elle pour l'entendre. Quoi qu'il en soit les médecins qui « soignent » Hervé refusent toujours de rétablir l'alimentation, malgré la demande expresse de ses parents, et même sous la menace de poursuites et la mise en évidence de ce qui se trame réellement au CHU de Reims : une tentative d'assassinat.

Devant l'obstination des médecins, c'est désormais le juge administratif qui est saisi dans le cadre d'un référé-liberté qui se plaidera à Châlons-en-Champagne, dès que possible et on espère dès ce vendredi malgré le pont, afin que toutes mesures soient prises pour sauver la vie d'Hervé, faire cesser la grave maltraitance dont il est victime, sauvegarder les droits de sa famille et donner à celle-ci la possibilité de transférer Hervé dans une structure respectueuse de son droit de vivre qu'affirment aussi bien la loi Leonetti que le droit européen.

Me Triomphe a rappelé en effet le droit fondamental à la vie qu'affirme solennellement l'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH). Droit réaffirmé et renforcé par une résolution de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, le 25 janvier 2012, qui affirme :

• L'euthanasie, dans le sens de l'usage de procédés par action ou par omission permettant de provoquer intentionnellement la mort d'une personne dépendante dans l'intérêt allégué de celle-ci, doit toujours être interdite.

• Il ne peut être toléré que des décisions soient prises par une personne subrogée qui se fonde sur des jugements de valeur généraux ; en cas de doute, la décision doit toujours viser à préserver la vie de l'intéressé et à en prolonger la vie.

C'est une très grosse bataille qui se joue actuellement autour de la personne d'Hervé. Il y faut beaucoup de courage et de constance dans des circonstances particulièrement douloureuses et choquantes pour la famille.

Il faut que la France en parle.

Source : leblogdejeannesmits

Ce que dit l'Eglise sur cette question : ici et ici

 

Extraits d'un article de Jeanne Smits :

En France, un jeune homme se meurt, privé de nourriture

 
Cela se passe aujourd’hui et maintenant, quelque part en France, en pleine légalité et par application de la loi Leonetti. Un jeune homme – appelons-le Hervé – dans le coma depuis plusieurs années après avoir été victime d’un accident de la route, a fait l’objet d’une décision d’« arrêt de soins ». Non pas des soins d’acharnement, d’interventions lourdes et pénibles. Non : on lui a supprimé la nourriture, et réduit de manière drastique la quantité de liquide administrée. (...)
 
Il n’y a qu’une issue possible, c’est l’issue recherchée : la mort.
 
En France, aujourd’hui, alors qu’on fait mine de débattre autour de l’euthanasie, le corps médical peut décider de faire mourir un malade de faim et de soif, et les proches n’y peuvent rien. Ils ne peuvent que le regarder partir, la mort dans l’âme, bouleversés de voir que cette mort est voulue et organisée pour elle-même. C’est la définition de l’euthanasie. « Euthanasie par omission », en l’occurrence. Mais euthanasie quand même.
 
Coma ? Le jeune homme était en effet dans un état de coma profond après son accident. Puis, doucement, il est remonté au palier du coma végétatif. Et aujourd’hui, il est au stade du coma pauci-relationnel : cela veut dire qu’il est incapable de réagir de manière suivie à des instructions simples mais qu’il possède la conscience de son environnement, cette conscience fût-elle minimale. En particulier, il suit ses visiteurs des yeux. Dans ce type de coma, on constate une interaction avec l’environnement et notamment des réponses aux stimulations verbales, surtout lorsque la voix entendue est celle d’un membre de la famille.
 
Il a été démontré par plusieurs études publiées par Neurology que les patients en état de conscience minimale perçoivent les émotions et la douleur.
 
Cela ajoute à l’horreur de la situation. Les médecins qui ont pris la décision, depuis plusieurs jours déjà, de supprimer l’alimentation et une grande partie de l’hydratation de Hervé n’ont pas même l’excuse de se réfugier derrière l’inconscience, réelle ou supposée, d’un malade plongé dans un coma dépassé, d’un coma profond sans retour.
 
Et les proches le savent bien, qui voient Hervé perdre des forces de jour en jour – et pleurer lorsqu’il les entend entrer dans sa chambre d’hôpital.
 
Il pleure ? Mais c’est qu’il a de la conjonctivite, assurent les médecins.
 
Car il n’y a pas beaucoup de sympathie pour les proches de la part de ceux qui, « collégialement » comme le veut la loi Leonetti, ont pris la décision d’arrêter les « soins » d'Hervé – soins qui ne sont pas extraordinaires, et que nul n’est obligé d’accepter ou de fournir, mais soins ordinaires : apporter le minimum pour le confort d’un patient, ce qu’on ne devrait refuser à aucun être humain qui souffre : un abri, de quoi s’alimenter, de quoi boire.
 
Peu importe que cette alimentation soit apportée autrement que par la bouche, dès lors que cela ne fait pas inutilement souffrir le patient – qui est par ailleurs en bonne santé.
 
Les proches… Dans ce cas précis, c’est l’épouse du jeune homme qui a approuvé, peut-être demandé que la vie de son mari s’arrête là. Les parents, la famille de Hervé n’ont pas été consultés (la loi Leonetti le prévoit pourtant). Ils ont été mis devant le fait accompli. Et ont appris fortuitement que le processus avait déjà été mis en place. C’est la colère, la tristesse, l’indignation. Ils ont eu beau le faire savoir, le corps médical est implacable. Leur voix ne compte pour rien.
 
Et un jeune homme se meurt de mort lente, délibérément tué dans un hôpital français.
 
On peut supposer que, catholique, il n’aurait pas voulu de cette fin et ses larmes le confirment. La loi demande que l’on recherche la volonté du patient, s’il pouvait l’exprimer. Mais cela n’oblige non plus à rien. (...)
 
Le cas d'Hervé rappelle en de nombreux points celui de Terri Schiavo aux Etats-Unis, qu’on a laissée mourir de faim et de soif parce que son mari en avait obtenu le droit par voie judiciaire, contre la volonté de ses proches. Son calvaire et son décès, huit jours avant celui de Jean-Paul II, avaient profondément remué la société américaine. Le Vatican avait clairement dénoncé le processus comme une « euthanasie par omission », aussi répréhensible que n’importe quelle euthanasie dite « active ».
 
En France, c’est le silence qui est de mise – car on imagine que le cas de Hervé est loin d’être isolé. Et si j’ai choisi pour cet homme le prénom de Hervé, pour protéger son identité et celle de sa famille, c’est en pensant à Hervé Pierra, resté dans le coma après une tentative de suicide par pendaison : il est mort dans d’atroces souffrances après une semblable privation de nourriture. Ses parents et le lobby de l’euthanasie en tirent argument pour réclamer le « droit de mourir », de mourir vite.
 
Mais c’est la vie qui mérite d’être protégée et entourée des meilleurs soins possibles, sans quoi la société humaine devient barbare, décidant elle-même qui peut vivre et qui doit mourir.
 
Cet article a été publié dans Présent .
 
 
Les nouveaux événements dans le calvaire de ce jeune homme : ici
 
Ce que dit l'Eglise sur cette question : ici et ici
 

 

 Commentaires de Christophore

Quelle mort ?

Tandis que Leonetti et Sicard plaident pour la sédation terminale et la mort par déshydratation provoquée et donc dans les terreurs cauchemardesques de cette "sédation" (qui n'en est pas une pour l'imagination du malade seulement pour l'expression et la communication avec l'entourage) et la folie induite par l'état de déshydratation forcée avant l'heure, et croissant avec l'avancement de l'état de cette déshydratation violente qui ici n'est pas l'effet mais la cause de la mort, d'une mort lente dans la torture... remarquez que le médecin et scientifique Dr de Duve, Prix Nobel de médecine, n'en a pas voulu pour lui-même.

Certes, il a choisi de mourir mais comme un condamné à mort par injection létale, et non comme une zombie de "la sédation terminale" - qui n'a de sédation que le nom et l'apparence par inexprimabilité de la souffrance restant bloquée au-dedans du psychisme du malade.

Voyez l'annonce de ce choix :

"Le médecin et chimiste belge Christian de Duve, prix Nobel de médecine en 1974, est décédé samedi par euthanasie à l'âge de 95 ans.
"La mort, ce serait beaucoup dire qu'elle ne m'effraye pas, mais je n'ai pas peur de l'après car je ne crois pas. Lorsque je disparaîtrai, je disparaîtrai, il ne restera rien", avait-il confié le 8 avril au journal belge Le Soir (...)  "Il nous a quittés dans une grande sérénité, refusant la prise de calmants précédant l'injection décisive. Il est parti en nous disant Adieu et en nous souriant", a raconté au quotidien bruxellois sa fille Françoise. Source : Le Point

A l'inverse : ni lucidité ni accompagnement ni adieu avec la sédation terminale...
On comprend que le Prix Nobel de médecine ne l'ait pas choisie, cette longue agonie dans un tunnel de torture chimique dans l'isolement d'avec l'entourage.
Par ailleurs, pour ceux qui croient dans la survie de l'esprit par-delà la mort, la dignité n'est pas dans l'euthanasie.

La dignité est ailleurs. Et elle est inhérente à la personne elle-même.

 

 

 

 

L'investissement en soins palliatifs ne légitime pas l'«aide médicale à mourir»

Lors du 23e Congrès annuel du Réseau de soins palliatifs du Québec, qui débutait dimanche matin, la première ministre Pauline Marois a fait l'annonce d'un investissement de 15 millions $ en soins palliatifs.

Vivre dans la Dignité, de même que le Collectif de médecins du Refus Médical de l'Euthanasie, saluent cette décision tout en rappelant que cet investissement ne légitime pas "l'aide médicale à mourir" - un concept contraire à la philosophie et aux buts des soins palliatifs.

Les deux organismes rappellent qu'à l'heure actuelle seulement 30% des patients en fin de vie ont accès à des soins palliatifs. (...)

Source : Tuer n'est pas un soin. Vivre dans la dignité. (in newswire.ca)

 

 

Colloque le 11 mai : Protégeons les plus vulnérables

Le public, les médias et les professionnels de la santé sont invités à un colloque intitulé :

Protéger les plus vulnérables de l'euthanasie.

Sept conférenciers des milieux de la médecine, du droit et de la philosophie y prendront la parole, notamment le Dr Balfour Mount, fondateur des soins palliatifs en Amérique du Nord, et le Dr Patrick Vinay, directeur des soins palliatifs au CHUM.

La rencontre aura lieu le samedi 11 mai au Centre Mont-Royal (2200, rue Mansfield, Montréal. Métro Peel.)

de 8 h 30 à 12 h 45.

Les conférenciers seront disponibles pour rencontrer les journalistes de 10h45 à 11h et à partir de 12h45.

Pour plus d'informations, consultez en ligne les sites Internet : www.vivredignite.com et www.refusmedical.blogspot.ca

 

 

 

Saint Sacrement Veillee Vie Paris

 

Veillée pour la vie le 21 mai à Paris

Cette veillée de prière rassemble tous les franciliens
autour de leurs évêques.

Elle aura lieu le mardi 21 mai à 20h30 à Notre-Dame de Paris.

Le Pape François nous interroge :
« Savons-nous accompagner la vie ? ».

Avec Marie,
nous prierons pour que la vie soit respectée
de son début jusqu'à sa fin.

 

Source : Diocèse de Paris

 

 

 

 

Argentine : un évêque au secours d'un homme qu'on veut faire mourir en le privant de nourriture

Jeanne Smits 

le 4 mai 2013 (extraits)

Il y a une grosse différence entre l'Argentine en la France. En France, un jeune homme dans le coma peut être privé de nourriture en vue de le faire mourir sans que cela n'émeuve personne sauf ses parents, qui ne veulent pas de cette euthanasie par omission, et un journal comme Présent, et ce blog : il s'agit d'« Hervé », dont je vous disais jeudi qu'il est en train de mourir ici et maintenant.

En Argentine, le même scénario est en train de se dérouler dans la ville de Neuquén. Mais là, c'est l'évêque du lieu qui se mobilise et qui prend vigoureusement la parole en défense du jeune homme, Marcelo Diez.

Ce sont les membres de la famille de Marcelo Diez, 49 ans, qui ont demandé à la justice, il ya deux ans, le droit de le faire priver de nourriture et d'hydratation en vue de le faire mourir. Marcelo Diez est dans un coma végétatif depuis 19 ans.

La chambre civile du Tribunal supérieur de justice de Neuquén a répondu favorablement à leur demande il y a quelques jours, après les refus répétés des juridictions inférieures. Elle a même jugé qu'elle n'avait pas à intervenir par rapport à la demande des sœurs de Marcelo, estimant que leur décision de demander une « mort digne » pour leur frère, victime d'un accident de moto à l'âge de 30 ans, pouvait être accordée par les responsables médicaux sans l'intervention de la justice.

La décision dépasse ainsi très largement le cadre de ce cas d'espèce puisque désormais, dans la province de Neuquén, le retrait des soins ordinaires en vue de faire mourir un patient devra être considéré comme un droit.

Mgr Virginio Bressanelli, évêque du lieu, a lancé vendredi un appel solennel aux proches de Marcelo Diez afin qu'ils ne fassent pas mettre fin à sa vie jusqu'à ce que « son parcours sur cette terre prenne fin naturellement ». Son communiqué précise que l'Eglise et l'association Lucha Neuquina contra el Cancer, prendront le patient à leur charge.

Invoquant la constitution argentine qui garantit le respect de la vie « depuis la conception jusqu'à la mort naturelle », le prélat a plaidé pour son droit de vivre, « le premier droit qui fonde tous les autres ».

« En Marcelo, nous voyons Jésus, qui nous rappelle que chaque personne a du prix aux yeux de Dieu, le Père. »

Il précise aussi que, contrairement à ce qui se raconte, Marcelo « n'est branché à rien » et ne l'a pas été ces dernières années. « Dire que Marcelo Diez est dans un stade terminal ou à l'agonie ne correspond pas à la vérité. Dans son cadre, il jouit d'une santé stable, sans le moindre refroidissement, ni même d'escarres depuis fort longtemps. »

« Il n'est pas juste, par conséquent, d'appeler "mort digne" un mort atroce comme celle provoquée par l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation. La science médicale connaît et décrit la cruauté de cette pratique. Dans ce type de mort, personne n'exclut l'éventualité de grandes souffrances et d'une conscience partielle de ces souffrances », affirme le communiqué du diocèse.(...)

Source : leblogdejeannesmits

 

 

par Vivre dans la Dignité, 25/04/2013

Si le projet de loi du gouvernement de Mme Pauline Marois voyait le jour d'ici peu, les médecins québécois seraient obligés de référer un patient à un médecin qui accepterait de donner la mort par euthanasie à un patient qui en aurait fait la demande et qui répondrait aux critères établis par le Collège des médecins.

Depuis 10 ans les belges respectait l'objection de conscience des médecins ( i.e: pas d'obligation de référer à un autre médecin pratiquant l'euthanasie). On voit maintenant que la tendance en Belgique est maintenant d'élargir les critères de la loi et que le respect de ces conditions est impossible à contrôler. "L'expérience de 10 ans d'euthanasie en Belgique montre que les balises sont impossibles à contrôler et qu'elle tombent les unes après les autres," affirme Me Étienne Montéro, doyen de la faculté de droit de l'Université de Namur.

Source : vivredignite.blogspot.ca

 

 

En effet ce semble être le cas.

Si vous obligez un médecin - qui, pour des raisons qui le regardent, fait objection de conscience à coopérer à l'euthanasie - à orienter son malade à un autre qui va l'accomplir, cela revient à obliger le médecin objecteur à ne plus objecter puisqu'il devrait obligatoirement apporter son concours à un acte meurtrier, ne serait-ce qu'en orientant le patient vers celui qui va le faire. Il ne tuera pas de sa main, mais de son conseil.

Certes, les médecins croyants ou convaincus de devoir respecter leur serment ( "Jamais mon art ne servira à corrompre les mœurs ni à favoriser le crime" ) préfèreront la prison à la trahison. Mais, dès lors, ce sera le moyen de supprimer du pays concerné tous les médecins croyants ou simplement tous les médecins fidèles à la culture de la Vie.

Christophore

 

par pierrot le sam, edithvincke.be, 27/04/2013

"(...) Prenons le cas du médecin qui, pour l'une ou l'autre clause morale, refuserait de pratiquer une euthanasie et qui refuserait également d'orienter le patient vers un autre médecin ou vers une institution spécialisée en questions de fin de vie. Actuellement il n'y est pas obligé.

(...) Une adaptation de la Loi pourrait-elle y changer quelques chose?

Oui !

En incluant dans la Loi sur l'euthanasie l'obligation d'orienter le patient."

Source : edithvinckle.be

 

 

La loi Leonetti, surtout modifiée en ce sens, mais déjà à l'origine, ne peut satisfaire personne : la sédation profonde, a fortiori terminale, livre le malade pendant de longues heures - voire jours - d'agonie, impuissant, entre des mains étrangères et coupe tout lien de communication avec ses proches.

 

M.P., Journal International de Médecine, 25/04/2013

Dans la continuité de son propre texte, Jean Leonetti a déposé une proposition de loi qui doit être examinée aujourd'hui à l'occasion d'une niche parlementaire accordée à l'UMP. Etudiée dans sa version initiale, bien que fortement modifiée en commission, elle propose dans son premier article que toute personne atteinte d'une maladie en phase terminale ou d'une affection grave et incurable « est en droit de demander à son médecin traitant l'administration d'un traitement à visée sédative, y compris si ce traitement peut avoir comme effet secondaire d'abréger la vie ». Le second article offre la possibilité pour les patients de rédiger des directives anticipées. Ce texte est une façon pour Jean Leonetti de sonder la position exacte du gouvernement par rapport à l'euthanasie active et au suicide assisté. Il n'aurait que peu de chance d'être adopté. Il soulève en tout état de cause la colère de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité qui conteste que la sédation terminale puisse être considérée comme une avancée et dénonce une « manœuvre d'enfumage ».

Source : Journal International de Médecine

 

 

Deux nouvelles :
Le projet de loi de Jean leonetti est rejeté. Quant au projet de Loi du Gouvernement, il semble être repoussé car il attend le Comité National d'Ethique qui devait rendre son rapport fin avril pour que le Gouvernement présente son projet en juin. Mais le Comité ne rendra son rapport vraisemblablement que fin juin et le projet de loi sera plutôt pour la rentrée.
D'après ce qu'on peut lire ailleurs, le Gouvernement ne veut pas d'un deuxième scandale après le mariage pour tous, donc ils ont l'air de vouloir y aller avec des pincettes...

 

Le Point, 25/04/2013 (extraits)

Fin de vie: l'Assemblée ne veut pas encore la mise en oeuvre du rapport Sicard

Les députés ont rejeté jeudi, après en avoir longuement discuté, une proposition de loi de Jean Leonetti (UMP) visant à compléter sa propre loi de 2005 sur la fin de vie.

La proposition du député des Alpes Maritimes reprenait à son compte les recommandations du rapport Sicard qui avait été commandé par le chef de l'Etat et rendu en décembre dernier.

Elle crée d'abord "un droit à la sédation" pour les malades conscients en phase terminale dont les souffrances physiques et morales ne sont plus soulagées par les traitements.

Le malade pourrait ainsi demander à bénéficier de cette sédation profonde pour terminer sa vie en dormant, sans souffrance, a expliqué Jean Leonetti. [ndlr : Que la sédation profonde, terminale, permette de mourir sans souffrance, c'est tout sauf sûr. Bien au contraire : les cauchemars ne pouvant plus être exprimés, ce qui est garanti, c'est la solitude terminale : le malade meurt dans un isolement artificiel. Bel accompagnement !]

Le texte, dans un second article, offrait cette même possibilité pour les personnes inconscientes, via leurs "directives anticipées".

Jean Leonetti a souligné que sa loi de 2005, ainsi complétée, répondrait à quasiment "tous les cas", "sans franchir la barrière de l'interdit de tuer, fondement de notre pacte social".

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a reconnu qu'il "fallait aller plus loin" que la loi de 2005 encore très mal connue et très mal appliquée et salué la mission Sicard "qui a permis l'expression de près de 5.000 de nos concitoyens".

Elle a cependant souligné qu'il convenait, avant de légiférer, d'attendre l'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE). "Le gouvernement veut une réflexion large, apaisée, la consultation se poursuit", a-t-elle dit.

Le CCNE devait rendre son avis en avril mais ne le fera probablement qu'en juin. Le gouvernement lui même a promis un projet de loi sur le sujet, répondant ainsi à l'engagement 21 de François Hollande. (...)

Formellement, la proposition de loi a été "renvoyée en commission".

Source : lepoint.fr

 

 

 S'endormir avant de mourir : un nouveau droit ?

par Joséphine Bataille, La Vie, 24/04/2013

Jean Leonetti (...) propose d'aller plus loin que dans son texte précédent. Il appelle à un droit opposable, pour le malade, à recevoir une sédation qui le plonge dans le coma en fin de vie. Et à rendre le dispositif des directives anticipées contraignant pour les médecins. (...)
Propose-t-il une modification substantielle de la loi de 2005 actuellement en vigueur — dont il est lui-même l'auteur ? (...)

La loi Leonetti stipule que lorsque la souffrance d'un patient ne peut plus être soulagée par des antalgiques et des soins palliatifs, il faut le traiter en le plongeant dans l'inconscience (coma artificiel). (...) le député évoque aujourd'hui un « droit » qui soit contraignant pour le corps médical. (...)

Toute personne peut actuellement déclarer par écrit ce qu'il souhaite vivre en fin de vie en cas de maladie incurable – être réanimé ou pas, voir arrêter ses traitements de maintien artificiel en vie en cas d'inconscience etc. Mais ces directives ont pas de caractère obligatoire pour le médecin, qui décide aujourd'hui collégialement de ce qui relève ou pas de l'acharnement thérapeutique. C'est ce que Jean Leonetti propose de changer.(...)« Cette proposition va dans le sens des lois précédentes, sans lever l'interdit de tuer. Il fallait à l'évidence passer une étape supplémentaire : notre erreur a été de penser que l'on pouvait laisser les choses se faire de façon libre ».

Le traitement sédatif est autorisé par la loi alors que l'on sait qu'il a pour effet, dans la plupart des cas, d'accélérer cette mort que l'on entend laisser survenir naturellement. De ce fait, outre que l'utilisation fine et proportionnée de la sédation nécessite un savoir-faire qui peut faire défaut hors des services spécialisés, certains médecins se refusent à l'utiliser dans la crainte de basculer dans une pratique euthanasique. C'est pour contourner cela que le député évoque aujourd'hui un « droit » qui soit contraignant pour le corps médical.

(...) Quant au débat sur la mort médicalisée, le député dit avoir évolué, puisque toujours hostile à l'euthanasie, il accepte d'envisager la notion de suicide assisté. « Cela me paraît être une belle idée. A la différence de l'euthanasie, elle a l'avantage de ne pas mettre en conflit une éthique qui repose sur la solidarité nationale envers les plus fragiles, et une éthique qui défend l'idée d'autonomie et de maîtrise de sa propre vie », note Jean Leonetti.

Reactions :

jiminycriquet - 26/04/2013 à 08:44

La mort par sédation terminale, je vous signale qu'elle est tout sauf douce! M'enfin, pourquoi ne fait-on pas comme en Suisse, des "maisons de mort" où vont les gens qui veulent en finir? Là-bas c'est par aide au suicide mais cela peut être n'importe quoi et sans le médecin. Pourquoi les mêler à la fin de nos vies ? Pourquoi ne pas autoriser quelque chose de bien plus rapide(au choix du candidat)comme par ex une balle en plein coeur (avec un silencieux) envoyée par une âme charitable? Avant, il y avait le bourreau, vous me direz que c'est pour la peine de mort. Mais, finalement,quelle différence ? On veut éliminer les "coupables de coûter", les pousser à demander et obtenir la mort plutôt qu'un accompagnement qui coûte en don de soi et en don de sous.

dora : le terrrorisme du politiquement correct - 25/04/2013 à 09:36

Selon Philippe Muray, la political correctness (PC) n'est pas seulement un maccarthysme de gauche : "C'est, en fait, comme déni militant de réalité que le terrorisme "PC" se développe et nuit efficacement. C'est même en tant que remplaçant légitime de la réalité, ou en substitut, en héritier de celle-ci, qu'il exerce son pouvoir. C'est à la place de la réalité et du concret qu'il impose son vrai et son faux, qui dès lors n'ont même plus à être vérifiés. En ce sens on peut dire qu'il est la police politique du régime festif, et que nul citoyen, devant cette autorité, ne bénéficie plus de la moindre garantie juridique (...)

Source : lavie.fr

 

 

 

par agevillage.com, 29/11/2010

Face au vieillissement de la population, à la montée des idées libérales, utilitaristes, pour une autonomie individuelle tout au long de la vie, à la captation de la notion de "dignité", aux exemples des pays comme la Suisse et les Pays-Bas, les éditions Odile Jacob et Amélie de Bourbon Parme ont posé directement la question "Faut-il légaliser l'euthanasie ?" au philosophe et ancien ministre Luc Ferry ainsi qu'au médecin généticien Axel Kahn.

Luc Ferry s'interroge à la fois sur la demande d'euthanasie (Est-elle si libre ?) et sur la réponse proposée (Est-elle si bonne ?).

Axel Kahn (auteur de "L'ultime liberté") reconnaît la totale liberté d'un individu à faire ses choix mais il reste convaincu que l'euthanasie doit rester une "transgression de la loi" qui interdit à tout individu d'en tuer un autre. La société doit-elle répondre à toute demande individuelle fut-elle sincère ? s'interroge-t-il. Pour lui il s'agit de donner de l'amour et non des comprimés à une demande d'euthanasie.

Pour les deux hommes il ne faut pas légaliser sur l'euthanasie mais faire connaître les lois adaptées, les bonnes pratiques cliniques, les droits et devoirs de chacun citoyen, professionnels (non acharnement, écoute, accompagnement jusqu'au bout de la vie).

Le troisième chapitre du livre reprend ainsi l'historique et les arguments de la question de l'euthanasie et du suicide assisté en France.

Il décrit les évolutions législatives majeures comme la loi Kouchner du 4 mars 2002 sur les droits des malades et celle du 22 avril 2005 dite Léonetti sur les droits des malades et à la fin de vie. 

Source : Agevillage

 

« Je crois à la résurrection de la chair. »

« Je crois à la résurrection de la chair. » La résurrection de la chair, la résurrection des corps... Ainsi nous exprimons-nous dans le « Je crois en Dieu ». La chair est appelée à ressusciter. Nous connaîtrons une existence glorieuse au-delà de la mort, en tout ce que nous sommes, corps, âme et esprit. C'est l'expérience réelle, concrète, du Ressuscité qui en a convaincu les premiers disciples.

C'était bien Lui qu'ils voyaient. Lui avec son côté ouvert et la marque des clous sur ses mains et sur ses pieds. Lui qui demandait à manger avec eux. Lui dont le corps ressuscité lui permettait de se manifester à nouveau à ses disciples.
Ce Jésus, vrai Dieu et vrai Homme, est entré en son humanité dans la vie en Dieu, en son corps et en son âme ! Inouï !
Oui, c'est bien un homme semblable à nous qui est passé de la mort à la vie, un être humain fait d'un corps de chair animé par une âme, par un esprit. Il n'est pas d'homme qui ne soit corps et esprit, à la fois ici-bas et pour l'éternité.
Notre imagination doit rester sobre et se refuser d'aller au-delà de cette expérience et de cette conviction.

L'Église a reçu de la résurrection du Christ et de ses rencontres sous forme visible avec ses disciples la conviction de la grandeur de tout homme dans son corps et dans son esprit, dans cette unité constitutive qui le caractérise, le différenciant ainsi des purs esprits ou du reste des créatures.
Quand nous proclamons la dignité de l'homme, nous la proclamons de son corps et de son esprit. Ni le degré de beauté des corps, ni celui de la finesse des esprits ne le rendent plus ou moins homme. L'être humain indivisible est le sujet de cette dignité fondamentale.

C'est à cette lumière ou dans cette conviction que les chrétiens sont des chantres de la grandeur de tout homme, des défenseurs de sa dignité. C'est à partir de là que l'Église proclame la dignité de l'embryon humain, qui mérite les marques de respect dues à une personne humaine. A partir de là que la mise à mort de l'embryon ou son utilisation comme matériau de recherche lui semblent impensables et inacceptables. C'est encore à partir de là qu'on ne peut faire du corps de chair, comme dans le principe de la gestation pour autrui, une marchandise négociée ici et produite là-bas, au gré des désirs des uns et des besoins des autres. C'est aussi à partir de là que le respect de l'unité du corps et de l'esprit ne s'accommode ni de pratiques échangistes, ni de la prostitution. C'est toujours à partir de là que la peine de mort est dénoncée comme un acte immoral et que la torture ne saurait être justifiée. C'est enfin à partir de là que l'acte d'euthanasie est considéré comme un homicide et l'acharnement thérapeutique comme un excès de pouvoir. Toucher au corps, c'est toucher à une personne humaine. Respecter l'homme, c'est rendre à son corps, en toutes ces diverses circonstances, les marques de respect dues à une personne.

Notre foi en la résurrection de la chair est une lumière qui maintient humaine l'humanité. Elle l'invite au plus grand respect pour celui qui se présente comme un être à aimer, un frère en humanité aujourd'hui et pour toujours. Et « toujours » signifie jusque dans la gloire de Dieu avec ce corps glorieux habité d'une âme apaisée, guérie. L'homme sera enfin disponible sans réserve pour la vie en Dieu qui est une vie de communion dans l'amour.

Je crois en la résurrection de la chair.
C'est la bonne nouvelle de Pâques, une bonne nouvelle pour l'humanité et pour chacun d'entre nous !

+ Georges PONTIER

Pâques 2013

Source : Diocèse de Marseille