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L'état végétatif n'empêche pas nécessairement la conscience de soi

 

leblogdejeannesmits, 23/08/2013

Une importante étude publiée le 12 août par le Journal of the Medical Association for neurology révèle les résultats d'une nouvelle étude de communication auprès de patients en état végétatif persistant menée par une équipe de l'Université de Western Ontario. Les chercheurs Lorina Naci et Adrian Owen sont parvenus à dialoguer avec trois de ces personnes en utilisant une technique nouvelle et plus efficace d'imagerie par résonance magnétique (IRM). Ils ont pu ainsi prouver que ces personnes savent qui elles sont et où elles se trouvent.

C'est le cas de Scott Routley, dont le cerveau fut gravement endommagé lors d'un accident de la route il y a douze ans. Douze ans sans le moindre signe de conscience ou de réponse à des stimuli... En enregistrant l'activité de son cerveau les chercheurs ont réussi à lui permettre de répondre par oui ou par non à des questions du type : « Mike est-il ton prénom ? » ou « Es-tu à l'hôpital ? », l'exactitude des réponses prouvant sans conteste que l'homme de 38 ans est conscient de son identité et de son environnement.

Ce même patient avait permis une première vérification de l'état de conscience où il se trouve malgré les apparences l'an dernier, en répondant selon un « code » plus compliqué. Ils lui avaient demandé d'imaginer des activités physiques spécifiques associées aux réponses « oui » ou « non » : Scott Routley avait ainsi pu signifier qu'il ne ressentait pas de douleur.

La nouvelle technique utilisée par les docteurs Naci et Owen a simplifié les choses pour le patient, permettant moins d'effort et plus d'efficacité : après avoir vérifié que le patient peut entendre, ils l'invitent patient à se concentrer sur une réponse positive ou négative en prêtant ou non attention à une série de sons qui lui est proposé.

La comparaison des images IRM correspondant aux moments où les trois patients prêtaient ou ne prêtaient pas attention a permis de déterminer la constance et l'exactitude des réponses, montrant qu'ils savaient isoler des paroles, les reconnaître parmi d'autres et les comprendre puisqu'ils étaient capables de réagir à leur prénom et à d'autres mots, et de vérifier une activité cérébrale accrue lorsque les médecins prononçaient la réponse exacte, « non » en l'occurrence, après une affirmation du style « Tu es au supermarché ».

Les trois patients en question ont été interrogés de la même manière à cinq mois d'intervalle, et leur activité cérébrale par rapport aux questions posées a été identique d'un test à l'autre, donnant aux médecins une « certitude à 99 % » que les patients répondaient bien à ce qui leur était demandé.

Ces résultats sont évidemment d'une très grande importance à l'heure où l'on a tendance à considérer la vie des personnes en état de conscience minimale et encore plus en coma végétatif comme disposant d'une « qualité de vie » insuffisante pour être « maintenues en vie », comme ils disent, et elles explosent le mythe selon lequel l'absence totale de réactions aux stimuli sont une sûre indication de l'absence totale de conscience. Cette absence peut n'être qu'apparente et les techniques employées peuvent être incapables de la démentir, sans que l'on sache d'ailleurs où se situe la limite.

L'étude de Naci et Owen confirme également ce que les proches des patients dans ces états ressentent souvent de manière intuitive : malgré les apparences, ils sont conscients de la présence de ceux qu'ils aiment et surtout, peuvent les entendre.

Les chercheurs estiment que les résultats positifs de leur étude ne concernent pas tous les patients en état végétatif, évaluant à un sur cinq la proportion d'entre eux qui pourraient réagir aux procédures mises en place avec succès avec les trois personnes avec lesquelles ils ont travaillé.

Cela ne répond évidemment pas à la question de savoir si d'autres moyens ne seront pas développés un jour pour communiquer avec une proportion plus importante des personnes en état végétatif...

Les chercheurs soulignent également que la possibilité de communiquer par IRM interposée – et qui pourrait se faire un jour au moyen de scanners portatifs sur lesquels l'équipe travaille précisément – soulève des interrogations importantes : ne faudra-t-il pas associer les patients aux décisions qui sont prises à leur propos, qu'il s'agisse des soins qui leur sont donnés ou de leurs choix quotidiens (regarder tel ou tel programme à la télévision), ou de réclamer un analgésique. Mentalité euthanasique oblige, certains posent même la question de savoir s'il ne faut pas demander à ces personnes si elles veulent vivre ou non.

Mais, souligne le quotidien Globe and Mail qui a interrogé les chercheurs canadiens, une affirmation de refus de vivre de la part d'un tel patient s'avère délicate à évaluer : quelle serait la part d'une éventuelle dépression ou de déficits cognitifs qui leur rendraient impossible la conscience des conséquences réelles d'une telle demande ?

« Nous espérons qu'en donnant au patient une un peu de capacité de prise de décision nous pourrons lui rendre un sens de leur propre autonomie et de leur pouvoir d'agir qui améliorera leur qualité de vie, en leur rendant une part de l'autorité sur leur propre vie qu'ils avaient perdue », a souligné le Dr Lorina Naci.

Source : leblogdejeannesmits.blogspot.fr

 

 

 

Ontario - Lettre demandant l'euthanasie de son petit-fils

Agence QMI, 20/08/2013

OSHAWA - La grand-mère d'un jeune garçon autiste d'Oshawa, en Ontario, a reçu une lettre lui demandant de poser le «bon geste» en déménageant ou en faisant euthanasier son petit-fils.

«C'est dégoûtant, a dit la mère du jeune Maxwell Begley, 13 ans. Je ne peux pas imaginer que quelqu'un puisse non seulement penser ainsi, mais l'écrive également dans une lettre pour que d'autres personnes puissent la lire. Cela nous inquiète pour sa sécurité.»

Maxwell habite Oshawa, mais visite à l'occasion sa grand-mère qui habite près de Newcastle, en Ontario.

Imprimée sur du papier rose, la lettre reçue vendredi commence avec des reproches au sujet du bruit que fait le jeune dans la cour arrière, car «il effraie les enfants normaux».

D'autres extraits sont encore plus troublants : «Il est une nuisance pour tout le monde et ce sera toujours comme ça!!!!! Qui va en prendre soin????? Aucun employeur ne va l'engager, aucune fille normale ne va vouloir le marier ou l'aimer et vous ne vivrez pas toujours!! Je pense qu'ils devraient prendre toutes les parties qui ne sont pas "retardées" sur lui et les donner à la science».

La lettre anonyme, signée par «une mère exaspérée», laisse entendre que d'autres résidents du secteur pensent la même chose. Elle se termine en suggérant à la famille de «poser le bon geste et de déménager ou de l'euthanasier».

Le jeune Maxwell a reçu un diagnostic d'autisme à l'âge de 20 mois. Sa mère a raconté que lorsqu'il est né, tout le monde disait que c'était un bébé silencieux.

«Il ne parlait pas vraiment jusqu'à l'âge de cinq ans, a-t-elle dit. Il a fait beaucoup de chemin. Oui, il fait du bruit, mais c'est plutôt apaisant.»

Lundi, la lettre a été partagée de nombreuses fois sur les réseaux sociaux et est devenue «virale» sur internet.

Une centaine de personnes de la communauté de Newcastle s'est rassemblée devant la résidence de la grand-mère, dimanche afin de lui apporter son support.

La police locale a également dit enquêter sur l'envoi de cette lettre.
(...)

Source : canoe.ca

 

 

 

PÉTITION CONTRE LA LÉGALISATION DE L’EUTHANASIE ET DU SUICIDE-ASSISTÉ AU QUÉBEC. PROJET DE LOI 52.

NOUS, SOUS-SIGNÉS DEMANDONS AU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC DE NE PAS LÉGALISER L’EUTHANASIE AU QUÉBEC POUR DE NOMBREUSES RAISONS TOUTES AUSSI VALABLES LES UNES QUE LES AUTRES. NOUS ESTIMONS COMME CITOYENS ET CITOYENNES DU QUÉBEC QUE NOTRE PAROLE EST IMPORTANTE ET DOIT ÊTRE PRISE EN CONSIDÉRATION. LA SAGESSE N’EST PAS TOUJOURS DU CÔTÉ DE LA MAJORITÉ. NOUS CONSIDÉRONS QUE LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC N’A PAS LE DROIT ET NE DOIT PAS SE DONNER CE DROIT, NI LE DONNER À LA FAMILLE D’UNE PERSONE MALADE, NI D’OUVRIR LA PORTE À CE QUI EST UN MEURTRE, DÉFINI COMME UN ACTE DONNANT LA MORT À UN AUTRE INDIVIDU HUMAIN QUELQU’EN SOIT LA MÉTHODE ET LA RAISON. LA MISE À MORT D’UNE PERSONNE EST UN ACTE INHUMAIN ET BARBARE ET NE DONNE AUCUNEMENT LA DIGNITÉ À UNE PERSONNE. NOUS CROYONS QUE SEULS LES SOINS DE QUALITÉ RÉDUISANT AU MAXIMUM LES SOUFFRANCES SANS CAUSER LA MORT PEUVENT AIDER UNE PERSONNE MOURANTE OU MALADE OU DÉPRESSIVE À RETROUVER ET GARDER SA DIGNITÉ. NOUS CROYONS QUE LE RÔLE ET LA RAISON D’ÊTRE DES MÉDECINS ET INFIRMIÈRES EST DE DONNER LES MEILLEURS SOINS POSSIBLES ET JUSTEMENT DONNER LE PLUS DE DIGNITÉ POSSIBLE À TOUTE PERSONNE MALADE OU EN FIN DE VIE ET NON PAS DONNER LA MORT ET ABDIQUER. LES HÔPITAUX DOIVENT DEMEURER UN LIEU SÉCURITAIRE ET NON PAS DEVENIR L’ENDROIT LE PLUS DANGEREUX DU MONDE. NOUS AVONS CHACUN ET CHACUNE DES RAISONS TOUTES AUSSI VALABLES LES UNES QUE LES AUTRES DE SIGNER CETTE PÉTITION ET CONSIDÉRONS QUE LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC ET LES DÉPUTÉS(ES) NE DOIVENT PAS CÉDER AU LOBBYING , NI AUX PRESSIONS ÉMANANT DE GROUPES OU D’INDIVIDUS QUI METTENT TOUS LES QUÉBÉCOIS ET TOUTES LES QUÉBÉCOISES EN DANGER DE MORT, EN JOUANT À LA ROULETTE RUSSE AVEC LA VIE DE SES CITOYENS ET DE SES CITOYENNES, HOMMES, FEMMES ET ENFANTS.

CETTE PÉTITION SERA DÉPOSÉE DURANT LE DÉBAT DES DÉPUTÉS LORSQUE CEUX-CI ET CELLES-CI DÉBATTRONT DE L’ACCEPTATION OU NON DU PROJET DE LOI 52, VOULANT LÉGALISER L’EUTHANASIE HUMAINE ET LE SUICIDE-ASSISTÉ.

Source : Campagne Québec-Vie

 

 

 

Royaume-Uni : la sédation terminale tous azimuts, c'est fini !

17 juillet 2013 par Jeanne Smits

Une victoire pour la vie au Royaume-Uni !

Le protocole de « fin de vie » connu sous le nom de Liverpool Care Pathway, reposant sur la sédation « terminale » ou « palliative » devrait être abandonné d'ici à l'automne, aux termes d'une enquête parlementaire qui a mis en évidence les abus liés à la procédure.

Le LCP, « parcours de soins de Liverpool », prévoit notamment le retrait de l'alimentation et de l'hydratation couplée à une sédation profonde continue si cela est jugé conforme aux « meilleur intérêt » du patient souffrant d'une maladie incurable. (...)

L'un des membres de la commission d'enquête, Fiona Bruce, élue conservatrice, estime que la procédure est effectivement utilisée pour hâter la mort. Elle a de cela une expérience personnelle du LCP puisque ses deux parents y ont été soumis : son père, 83 ans, était entré à l'hôpital pour une maladie non identifiée qui l'avait laissé « faible et fragile ».

C'est au hasard d'une rencontre avec une infirmière dans un couloir que celle-ci lui a appris presque en passant que son père n'allait pas très bien. « Il n'a pas longtemps à vivre. Nous le mettons sur le parcours de Liverpool. » Cela tombait mal : Mme Bruce avait vu sa mère mourir de déshydratation dans d'affreuses souffrances deux ans plus tôt, alors qu'elle avait été placée d'office sur le parcours deux à la suite d'une opération au cerveau, et en avait conçu un sentiment de culpabilité terrible.

Pour son père, Mme Bruce s'est battue jusqu'à ce qu'on le réalimente et réhydrate. En janvier, cela faisait six mois qu'on l'avait emmené dans une maison de soins où il allait pour le mieux, bien soigné, mangeant avec appétit, et heureux de voir sa famille. (...)

Source : Riposte catholique

 

 

Une femme se réveille du coma juste avant le prélèvement de ses organes

De nombreux titres de la presse américaine rendent compte de ce fait divers très significatif : à Syracuse (Etat de New York) une femme déclarée en état de mort cérébrale s'est réveillée dans la salle d'opération juste avant d'être ouverte en vue de récolter ses organes.

Les faits remontent à 2009 : Colleen S. Burns, 41 ans, était conduite aux urgences, victime d'une surdose de drogues. Les médecins de l'hôpital Saint-Joseph la déclarèrent en état de mort cérébrale puis réclamèrent à ses proches la permission de récupérer ses organes. C'est seulement parce que la patiente a ouvert les yeux sur la table d'opération que l'extraction de son cœur et de ses autres organes vitaux n'a pas eu lieu.

L'équipe médicale de Saint-Joseph a dû subir une enquête dont les résultats font aujourd'hui état de graves manquements à la fois sur le plan du diagnostic et de la communication avec les personnels soignants : les médecins ont confondu, selon l'enquête du Département de la Santé, l'état de mort cérébrale et le coma provoqué par la surdose de stupéfiants, et ignoré les indications d'une infirmière selon lesquelles l'état de Colleen Burns s'ameliorait ; ils n'ont pas réalisé d'indispensables scanners pour confirmer leur diagnostic ; ils n'avaient même pas pris soin de pratiquer les lavages nécessaires pour empêcher la drogue absorbée par la victime de se répandre dans son système digestif. Pas même pour assurer la bonne qualité de ses organes au moment de la « récolte »...

Le rapport indique ainsi qu'à la veille de l'opération de récupération, Colleen Burns avait répondu à des stimulations, et qu'au moment d'être transportée vers la salle d'opération, elle respirait sans ventilation et remuait ses lèvres. On choisit plutôt de lui administrer une sédation sans le noter pour autant dans son dossier médical.

Un spécialiste de cardiologie, le Dr David Mayer, a expliqué à la presse que le simple fait qu'on administre un sédatif ou un anti-douleur avant de récolter des organes indique clairement que le patient est encore en vie – mais dans de nombreux cas et notamment en France, c'est là le protocole normal en raison des réactions des patients au moment des prélèvements. On explique seulement que c'est pour le confort des équipes médicales qui pourraient être gênées par des réactions de douleur « réflexes »...(...)

L'hôpital s'en tire donc avec une amende de 6.000 dollars, quelques obligations de sécurité et l'injonction d'embaucher un neurologue capable de mieux diagnostiquer la mort cérébrale.

C'est le choix qui va être difficile. Selon les pays, les époques, et même les Etats américains la définition de la « mort » cérébrale est très différente, les protocoles de vérification sont diverses et les critères variés.

Il est vrai que c'est un concept inventé en 1968 en vue de faciliter la récolte d'organes vitaux sur des personnes dont le cœur bat normalement et dont la fonction respiratoire est simplement assistée d'une ventilation. Et qu'on l'a élargi progressivement. L'industrie de la transplantation représente un marché colossal...

Source : leblogdejeannesmits

 

 


Suisse: tragédie de l'euthanasie
Un magistrat italien se croyait incurable alors qu'il était sain

Un magistrat italien de 62 ans s'est fait supprimer en Suisse, à Bâle, après le diagnostic d'une maladie incurable: l'autopsie révèle qu'il était tout à fait sain.

Le tragique fait divers relance le débat sur "l'euthanasie" ou le "suicide assisté".

Sa femme et sa fille, qui avaient demandé l'autopsie, ont maintenant réclamé une enquête notamment pour établir la responsabilité du diagnostic erroné émis en Italie puis en Suisse.

Pietro D'Amico, de Vibo Valentia, procureur général à Catanzaro (Calabre) depuis 1995 et jusqu'à sa démission, il y a trois ans, s'est rendu en Suisse en avril dernier pour demander la mort, à l'insu des siens, rapporte "Il Quotidiano della Calabria" du 10 juillet (http://www.ilquotidianodellacalabria.it/news/cronache/714547/Diagnosi-errata-per-il-magistrato-morto.html). La clinique suisse où il a reçu la mort a ensuite averti la famille, qui le croyait parti "pour un voyage".

Or l'autopsie a exclu de façon "péremptoire" le diagnostic de pathologie incurable émis par des médecins italiens et confirmé par des médecins suisses, et qui avait poussé le magistrat, déprimé, à demander le "suicide assisté".

De nouveaux examens ont été fait par l'Institut de médecine légale d'université de Bâle en présence d'un expert mandaté par la famille.

L'erreur scientifique pourrait pousser les parquets italien et suisse à enquêter sur la responsabilité des médecins et sur la cause de l'erreur: négligence, incompétence, imprudence?

L'avocat de la famille, Michele Roccisano, soutient que pour affirmer la présence de la pathologie les médecins "auraient dû soumettre le patient à des examens spécifiques prescrit par la science médicale, examens auxquels il n'a jamais été soumis".

Le magistrat s'était démis de ses fonctions après avoir été suspecté de fuites dans une affaire de perquisition chez un parlementaire. Il avait été innocenté mais il avait donné sa démission en disant: "cette magistrature ne me mérite pas".

Il a écrit de nombreux volumes de philosophie du droit et de droit romain: certains ont été adoptés comme manuels par des universités italiennes.

(Rome 11 juillet 2013 Zenit org) © Innovative Media Inc.

 

 

Conseil Consultatif National d'Ethique

Communiqué de presse relatif à l'avis 121 « Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir»

Le Président de la République a saisi le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) sur des questions concernant la fin de vie. Dans son avis N°121 « Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir », le Comité émet plusieurs recommandations qui font l'objet d'un accord unanime de la part de tous les membres, notamment :

- la nécessité de faire cesser toutes les situations d'indignité qui entourent encore trop souvent la fin de vie ;

- la nécessité de rendre accessible à tous le droit aux soins palliatifs – droit reconnu par le législateur depuis quatorze ans – et de développer l'accès aux soins palliatifs à domicile ;

- le respect des directives anticipées ; lorsqu'elles ont été rédigées en présence d'un médecin traitant, et dans des circonstances où une maladie grave a été annoncée, les directives anticipées devraient être contraignantes pour les soignants, sauf exception dûment justifiée par écrit ;

- le respect du droit de la personne en fin de vie à une sédation profonde jusqu'au décès si elle en fait la demande, lorsque les traitements, voire l'alimentation et l'hydratation ont été interrompus à sa demande.

En ce qui concerne le droit d'une personne en fin de vie à avoir accès, à sa demande, à un acte médical visant à accélérer son décès, et/ou le droit à une assistance au suicide, le Comité n'a pas abouti à une réflexion et à des propositions unanimement partagées. La majorité de ses membres recommande de ne pas légaliser l'assistance au suicide et/ou l'euthanasie.

Le CCNE considère que la réflexion sur le sujet de la fin de la vie n'est pas close et qu'elle doit se poursuivre sous la forme d'un débat public.

Le Président de la République ayant mentionné dans sa saisine la présentation prochaine d'un projet de loi sur ces sujets, ce débat public devrait, comme le prévoit la loi relative à la bioéthique, comporter des états généraux réunissant « des conférences de citoyens choisis pour représenter la société dans sa diversité. »

Le CCNE continuera sa réflexion sur les questions concernant la fin de vie et en rendra compte après le débat public dont il propose la tenue.

Le 30 juin 2013

Jean Claude Ameisen, président du CCNE

Source : Comité Consultatif National d'Ethique

 

 

mardi 2 juillet, par Louis Jaeger

Euthanasie : un projet de loi prévu, la propagande commence.

L'information est tombée hier dans l'après-midi, François Hollande a annoncé qu'un projet de loi sur la « fin de vie » sera présenté « avant la fin de l'année ». Après avoir divisé la France en instituant une loi inique, le gouvernent socialiste entend désormais donner à la loi le pouvoir de tuer froidement, après quelques formulaires signés. A peine le CCNE a-t-il rendu son rapport, que Libération engage une propagande pro euthanasie pour mettre fin « au dogme de la mort naturelle ». Après le mariage à la carte et le supermarchés des bébés en construction, voici donc la mort par libre consentement.

N'oublions pas que l'un des fers de lance du mouvement LGBT, Jean-Luc Roméro, est aussi le président de l'association qui prône l'euthanasie (l'ADMD).

A lire : la réaction d'ArcSaintbernard

 

 

2013-07-01 Paris (AFP) (extraits)

La majorité des membres du Comité consultatif d'éthique (CCNE) recommande de ne pas légaliser l'assistance au suicide ni l'euthanasie, dans un avis rendu public lundi.

Pour la plus grande partie du CCNE, l'autorisation de l'"aide active à mourir" pourrait être perçue par des personnes vulnérables comme un risque d'être victimes d'abandon de soins et de voir abréger leur vie, souligne-t-il dans cet avis "Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir", sollicité par le président de la République.

Le Comité y émet aussi des propositions, adoptées à l'unanimité de ses membres, pour améliorer la prise en charge de la phase ultime de la vie.

Le Comité souhaite ainsi que les "directives anticipées" de fin de vie émises par un patient atteint d'une maladie grave, rédigées en présence d'un médecin traitant, deviennent "contraignantes pour les soignants sauf exception dûment justifiée par écrit".

A l'heure actuelle, malgré leur nom de "directives", la loi ne les considère que comme des "souhaits", les décisions étant prises par les médecins.

Le Comité recommande également le respect du droit d'une personne en fin de vie à être endormie ("sédation profonde") jusqu'au décès si elle le demande quand les traitements, voire l'alimentation et l'hydratation ont été interrompus à sa demande.

Le CCNE souligne aussi unanimement "la nécessité de faire cesser toutes les situations d'indignité qui entourent encore trop souvent la fin de vie", "de rendre accessible à tous le droit aux soins palliatifs - un droit reconnu par le législateur depuis quatorze ans" et de développer ces soins "à domicile". Il préconise en outre "d'associer pleinement" la personne et ses proches, dont la personne désignée par le patient (dit "tiers de confiance") à toutes les décisions concernant sa fin de vie, et de ne pas se limiter à discuter entre médecins.

La loi étant mal connue, le Comité recommande de renforcer la formation des soignants, ainsi que "leur capacité d'écoute et de dialogue".

En revanche, sur le droit d'une personne en fin de vie à avoir accès, à sa demande, à un acte médical visant à accélérer son décès, et/ou le droit à une assistance au suicide (la délivrance d'un produit qu'elle pourrait elle-même s'administrer, ndlr), le Comité n'a pas abouti à des propositions unanimement partagées.

La majorité de ses membres recommande de ne pas légaliser l'assistance au suicide et/ou l'euthanasie et s'inquiète de l'élargissement de leurs indications dans certains des pays qui les ont légalisées ou autorisées. (...)

Pour le CCNE, "la réflexion sur la fin de la vie n'est pas close" et "doit se poursuivre sous forme de débat public".

Source : AFP

 

 

Des médecins québécois s'opposeront au projet de loi sur l'euthanasie

Dr Paul Saba

 

Un éminent médecin québécois a qualifié la législation à venir sur l'euthanasie «d'escroquerie» et a affirmé que si cette loi entrait en vigueur, ses collègues à travers la province poursuivraient le gouvernement devant les tribunaux.

Le Dr Paul Saba, un médecin de famille également à la tête de la Coalition des médecins pour la justice sociale a déclaré vendredi à l'Agence QMI, que le projet de loi du gouvernement «laisse tomber les soins palliatifs et va directement à la mort».

Il est l'un des 500 médecins québécois signataires du manifeste intitulé «Manifeste du refus médical de l'euthanasie».

La ministre déléguée aux Services sociaux et responsable du dossier Mourir dans la dignité, Véronique Hivon, veut déposer un projet de loi sur l'euthanasie dans les prochains jours, a fait savoir vendredi à l'Agence QMI sa porte-parole, Laurie Comtois.

Ce projet de loi est basé sur le rapport d'un comité mandaté par l'Assemblée nationale qui a recommandé «l'aide médicale à mourir».

Des ressources suffisantes?

Le Dr Saba a précisé qu'il n'est pas convaincu que le gouvernement du Québec fournira des ressources suffisantes aux patients en phase terminale afin de faire un choix juste et honnête en matière de soins en fin de vie.

Il a soutenu que les soins palliatifs au Québec recevaient si peu de financement que devant la possibilité de mourir ou de continuer à vivre avec la douleur, plusieurs patients choisiront de mourir.

Le Dr Saba s'opposera à toute éventuelle loi qui permet l'euthanasie. « (Les médecins québécois) continueront de prodiguer des soins (si le projet de loi sur l'euthanasie est adopté) et nous le contesterons devant les tribunaux.

Le bioéthicien Udo Schuklenk, professeur de philosophie à l'Université Queen's, a dit à l'Agence QMI qu'il est plus humain d'avoir la possibilité de choisir l'euthanasie que de ne pas avoir le choix.

«Si le gouvernement ne fournit pas suffisamment de soins palliatifs, là, c'est tragique, a dit M. Schuklenk. Mais les patients s'en tireront mieux s'ils peuvent terminer leur vie dans la dignité.»

Source : le journal de Montréal, 8 juin 2013

 

 

Par la foi, nous avons la vie


La rencontre des 15 et 16 juin à Rome est de grande importance. Elle nous donnera l'occasion, avec le Saint-Père de rendre un commun témoignage à la valeur sacrée de la vie : la vie des personnes âgées, des malades, des agonisants, de ceux qui ne sont pas encore nés, de tous les affligés, de tous ceux qui souffrent, moralement ou physiquement.

CE sera aussi l'occasion pour célébrer, encourager tous ceux qui mettent leurs pas dans ceux du Bon Pasteur, soulageant les maux physiques, psychologiques ou spirituels des handicapés, des vieillards, des malades, des souffrants de toutes sortes.

Nous espérons être nombreux place Saint-Pierre pour que le monde entende, à travers la clameur de cette foule, l'expression de la mission rédemptrice de Jésus : « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance » (Jn 10, 109 ; cf Evangelium Vitae, 1).

Mgr Rino Fisichella,
Président du Conseil Pontifical pour la promotion de la Nouvelle Evangélisation.

En pratique :

Samedi 15 juin après-midi, pèlerinage du Château Saint Ange jusqu'à la place Saint-Pierre, qui se terminera avec la récitation du Credo en plusieurs langues. Dimanche matin, à 10h30, le Saint-Père célèbrera la messe place Saint-Pierre.

D'autres moments de rencontre sont prévus pour les pèlerins par groupe linguistique.

Des informations à ce sujet seront publiées dès que possible.

Source : Journée Evangelium Vitae

 

 

 

France : L'Euthanasie c'est la mise à mort par faim et soif ?

Selon RTL, un juge des référés a demandé au CHU de Reims de rétablir l’alimentation et l’hydratation d’un homme de 37 dans le coma depuis 4 ans. La décision de les retirer avait été prise par le corps médical en accord avec l’épouse du patient. Les parents du patient, eux, n’avaient pas été informés.

Vincent, 37 ans, est dans un état pauci-relationnel c’est-à-dire de conscience minimale depuis un grave accident de voiture. Il est hospitalisé depuis 2008 au CHU de Reims. Il y a quelques jours, le corps médical du CHU a décidé de lui retirer l’alimentation et l’hydratation qui le maintiennent dans cet état, en accord avec son épouse, révèle RTL.

Seul problème : la famille du patient, brouillée avec son épouse, n’a pas été concertée pour cette lourde décision et l’a apprise par hasard en constatant que la poche de nourriture n’était plus là. « La famille demande alors un rendez-vous avec le médecin de leur fils mais rien à faire : 5 jours plus tard, l’alimentation est coupée », explique RTL. Et de citer la mère de famille : « Si on n’était pas venus, on nous aurait annoncé la mort de notre fils sans nous prévenir, on nous aurait mis devant le fait accompli », a-t-elle raconté.

Le médecin du service refuse de parler d’euthanasie, selon RTL. « On a failli sur une partie de l’accompagnement de sa famille », reconnaît-il à RTL, ajoutant que la loi du 22 avril 2005, dite loi Leonetti est encore floue.

Source Jacqueline Jencquel

 

 

 

Veillée de prière pour la vie 2013 à Notre-Dame de Paris

A;-B. H., La Croix, 22/05/2013 (extraits)

(...) L'occasion de faire réfléchir les chrétiens à la manière dont ils accompagnent la vie, « sous toutes ces formes »

Ensemble, ils ont prié le chapelet, entrecoupé, lors de la méditation de chaque mystère lumineux, de la présentation d'une initiative exemplaire : accueil des personnes sans domicile fixe au foyer du Valgiros à Paris, accueil des fiancés par le service de la pastorale familiale de Pontoise, accueil « inconditionnel » des familles dans la « Maison de la vie et de la famille » récemment inaugurée par le diocèse de Versailles, accompagnement des personnes souffrant d'Alzheimer dans le diocèse de Créteil, ou encore accueil des Roms à Saint-Denis... L'occasion de faire réfléchir les chrétiens à la manière dont ils accompagnent la vie, « sous toutes ces formes », avait bien rappelé Mgr Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris, chargé de son organisation. Une prière a également été dite pour celui qui s'était donné la mort dans l'après-midi dans Notre-Dame.

« Il n'y a que l'Église qui parle de nous », se réjouissait à la sortie Vincent Badré, dont la mère, atteinte de rubéole pendant sa grossesse, s'est vue conseiller d'avorter « par tous les médecins de la ville ». Très sensibilisé au sujet depuis, Vincent est très touché par le message de l'Église selon lequel « l'homme n'est pas digne seulement parce qu'il a été désiré mais en tant que tel ». « Comme Benoît XVI l'a dit un jour : nul n'est de trop dans l'Église », rappelle-t-il.

« Nous ne sommes pas des adorateurs d'une divinité étrange qui s'appellerait la vie »

Pour plusieurs des participants, cette interpellation des évêques en faveur d'une « culture de la vie au sens large » était utile. « Cela fait partie de ma responsabilité de chrétienne non pas de défendre mais de témoigner que le Christ est la vérité et la vie. C'est ce que j'essaie de mettre en pratique, en communion avec d'autres chrétiens », glissait Marie-Irène Danitasaike, paroissienne parisienne. Comme en écho à l'homélie du cardinal Vingt-Trois assurant que « nous ne sommes pas des adorateurs d'une divinité étrange qui s'appellerait la vie », mais que celle-ci est plutôt « le langage de l'amour, celui de Dieu pour les hommes, celui de la femme pour l'homme et de l'homme pour la femme, celui des parents pour leur enfant, et celui de frères pour leurs frères »...

Elle aussi parisienne, et d'origine allemande, Sabine Portala est venue prier pour « la vie en général, et donc aussi celles des personnes âgées, des Roms etc. ». « Pas uniquement pour le mariage même si cette cause aussi est importante ». D'ailleurs, pour dimanche, elle s'interroge sur le meilleur moyen d'agir et se demande si, plutôt que de manifester, elle ne va pas poursuivre sa prière.

(...) « On a bien besoin, en ce moment, d'entendre des gens parler de la vie », notaient Antonin, 17 ans, et Irénée, 15 ans, lycéens parisiens, venus avec leurs parents. Tout comme eux, Clothilde, paroissienne du diocèse de Nanterre, a jugé bienvenu ce message « d'apaisement ». « Plus que cela, c'est une invitation à vivre vraiment l'Évangile », résumait-elle. (...)

Source : la-croix.com

 

 

Marie-Pier Duplessis, Le Soleil, 18 mai 2013 (extraits)

Mobilisation contre l'euthanasie

Des centaines de personnes ont marché contre l'euthanasie...

(Québec) «Il est toujours minuit moins une, mais il y a encore place au débat.» C'est dans l'espoir de sensibiliser la population à la prudence que des centaines de personnes se sont réunies samedi, sur les plaines d'Abraham, pour manifester contre le projet de loi du gouvernement du Québec sur l'aide médicale à mourir.

Organisée par le Rassemblement québécois contre l'euthanasie (RQCE), la Marche printanière s'est avérée une grande mobilisation citoyenne contre l'euthanasie rassemblant des militants venus des quatre coins de la province. (...) Les organisateurs évaluent toutefois que la marche vers l'Assemblée nationale, qui s'est étirée jusqu'à 16h, a attiré entre 1200 et 1700 participants.

Point de vue

Pour les organisateurs et porte-parole, il n'est jamais trop tard pour faire connaître son point de vue quant au projet de loi controversé, qui devrait être déposé sous peu. Rappelons que le gouvernement québécois a fait connaître son intention d'ouvrir la voie à l'aide médicale à mourir, dans des circonstances et des conditions balisées. Cette décision est le résultat de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, dont le rapport a été déposé il y a plus d'un an.

Louis-André Richard, un professeur de philosophie ayant participé à la Commission avant de devenir porte-parole du RQCE, juge que les dés étaient pipés d'avance et que les conclusions du rapport ne tiennent pas compte du fait que 69 % des avis déposés étaient défavorables à l'ouverture à l'euthanasie. «Quatre-vingt-dix pour cent des gens qui travaillent dans les soins palliatifs sont contre l'euthanasie.» D'ailleurs, ajoute M. Richard, la simple raison pour laquelle le gouvernement parle d'aide médicale à mourir plutôt que d'euthanasie est «parce que ce n'est pas de compétence provinciale que de permettre l'euthanasie, c'est de compétence fédérale. Et on ne peut pas utiliser le mot tout simplement parce qu'on place les médecins qui pourraient poser un geste de ce type-là dans une situation d'illégalité envers la loi fédérale», dit-il.

Médecins, avocats et groupes religieux

Le Rassemblement québécois contre l'euthanasie est porté par différents intervenants issus du monde médical, juridique et religieux. Plusieurs médecins, dont le Collectif de médecins du refus médical de l'euthanasie, ont tenu à faire valoir leur position «pragmatique» par rapport à la question.

«C'est une erreur monumentale que d'ouvrir la porte. Notre devoir à nous, il est surtout informatif», mentionne le Dr Marc Beauchamp, qui qualifie de «poudre aux yeux» la vision étayée par le gouvernement québécois. (...)

Sur les réseaux sociaux, l'archevêque de Québec, Mgr Gérald Cyprien Lacroix, avait invité la population à prendre part à la marche pour cette cause qui lui tient particulièrement à coeur. Des groupes religieux, dont la Communauté des pauvres de Saint-François de Trois-Rivières et les Pèlerins de Saint-Michel de Rougemont, s'étaient organisés pour venir à Québec en autobus. «Pour nous, c'est tout à fait scandaleux, soutient Lambert Boucher. Ce l'est tout autant que l'avortement et tout ce qui atteint à la vie. Nous autres, on voit ça comme un meurtre, comme un assassinat.»

Le gouvernement Marois a déjà fait savoir qu'il devrait être prêt à déposer son projet de loi d'ici l'été.

Source : Le Soleil

 

 

 L'euthanasie met en péril la confiance du public dans les soins de santé

La confiance du public à l'égard des soins de santé est en péril, selon le Rassemblement québécois contre l'euthanasie (RQCE), qui tient ce samedi à Québec une marche contre ce type d'assistance.

À la suite de la commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, le gouvernement québécois peaufine encore son projet de loi sur l' «aide médicale à mourir». Le RQCE s'y oppose et s'est donné pour mission de contrer toute tentative d'intégrer l'euthanasie et le suicide assisté au système de santé québécois.(...)

Le porte-parole Louis-André Richard, qui est également professeur de philosophie, a estimé qu'il ne fallait pas ouvrir la porte à ce genre d'intervention, et ce, pour éviter toute «pollution du climat» de confiance dans l'esprit des citoyens.

Le docteur Marc Bergeron, un hémato-oncologue, a dit croire que la science médicale permettait déjà, en ce moment, d'offrir suffisamment d'aide et d'assistance pour assurer la sécurité, la dignité et le confort des personnes souffrantes en fin de vie.

Le message du RQCE est que l'euthanasie élimine le souffrant et non pas la souffrance.

Un autre médecin, le Dr Patrick Vinay, chef d'une unité de soins palliatifs à Montréal, a ajouté que l'acte de tuer ne pouvait être considéré comme un soin médical.

«Nous devons plutôt soigner, soulager, aider et apaiser toute souffrance», a-t-il indiqué.

Source :  La Presse Canadienne (modifié par Vincent Destouches)

 

 

 

 Marche contre l'euthanasie : une manifestation prévue samedi

Le Rassemblement québécois contre l'euthanasie (RQCE) organisera, samedi, une marche printanière, sous le thème «L'euthanasie, chez nous, non merci». Cet évènement s'annonce «comme la plus grande mobilisation contre l'euthanasie depuis que le Gouvernement du Québec a annoncé qu'il s'apprêtait à présenter un projet de loi sur l'aide médicale à mourir», expliquent les membres du RQCE. «L'objectif de la marche est de démontrer qu'ici, au Québec, il n'y a pas de consensus sur l'euthanasie. Le débat public sur ce sujet n'a pas eu lieu et le gouvernement veut passer en catimini une loi qui va changer de façon définitive la prestation des soins. On est pour les soins palliatifs. C'est un danger de légaliser l'euthanasie au Québec», souligne le Dr Claude Morin, médecin-urgentologue à l'hôpital Saint-François d'Assise.

Des milliers de personnes sont attendus samedi, dès midi, pour des allocutions sur les plaines d'Abraham.

Le départ de la marche se fera à 13 h 45 du Musée des beaux-arts du Québec pour se terminer devant l'Assemblée nationale. Sur la photo, on retrouve les organisateurs de cette marche printanière.

Le Québec Express, membre du Groupe Québec Hebdo

 

 

 

Le Pape François à la rencontre de la Marche pour la Vie

Le Pape François a posé un acte qui en dit long sur son amour pour la personne humaine créée à l'image et à la ressemblance de Dieu...

pape marche pour la vie

Dimanche 12 mai, le Saint Père s'est rendu au-devant des 40 000 marcheurs pour la Vie. Partis du Colisée, la 3ème Marche pour la Vie rejoignait la Place Saint Pierre pour la prière du Regina Caeli, quand les personnes ont vu arriver le Pape (photo) dans sa papamobile, pour les remercier et les encourager.

Source : Evangélium Vitae

 

 

Le Pontificat du Pape François consacré à Notre-Dame de Fatima

Le Salon Beige , le 12 mai 2013 à 19:48

Ce 13 mai se déroulera un événement d'une importance capitale pour l'Eglise catholique et le monde entier : la consécration du pontificat du Pape François à Notre-Dame de Fatima, depuis le sanctuaire marial, en présence du Cardinal de Lisbonne et des Evêques portugais.

Au coeur du message de Fatima, se trouve la question de la vie, ainsi souligné avec force par Benoit XVI dans son homélie du 13 mai 2010 :

« Celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est achevée se tromperait. Revit ici ce dessein de Dieu qui interpelle l'humanité depuis ses origines : « Où est ton frère Abel ? (...) La voix du sang de ton frère crie de la terre vers moi ! » (Gn 4, 9). L'homme a pu déclencher un cycle de mort et de terreur, mais il ne réussit pas l'interrompre... «

 

 

Article de Jeanne Smits

Euthanasie en France : référé gagné ! Vincent Lambert vivra...

Mais il reste menacé

Le 11 mai 2013

Extraordinaire victoire, samedi après-midi, pour le respect de la vie ! Devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, un référé-liberté plaidé en faveur de Vincent Lambert, 37 ans, a abouti à une ordonnance qui a reconnu le droit de ses parents et d'une partie de ses proches de s'opposer à ce qu'il soit tué lentement par l'arrêt de son alimentation.

Me Jérôme Triomphe venait de plaider avec passion contre la mise à mort volontaire du patient, au nom de ses parents, de sa sœur et de son demi-frère ; Me Paillard avait exposé l'éthique biomédicale qui exige le respect de la vie. L'audience, chargée d'émotion, avait duré plus de deux heures. Ils ont été entendus et compris.

Vincent Lambert : oui, c'est le vrai nom de celui que jusqu'ici, dans un souci de discrétion visant à donner un maximum de chances aux démarches pour sauver sa vie, j'ai appelé « Hervé ».

C'est un jeune homme frappé il y a quatre ans et demi par un accident de voiture qui l'a laissé gravement handicapé. D'abord maintenu dans un coma artificiel, il est resté ensuite pendant deux ans dans un coma végétatif. Puis il est entré dans un coma pauci-relationnel, qui correspond chez lui à un état de « conscience minimale plus » où existe une interaction avec l'environnement : Vincent peut suivre des yeux, réagir aux voix familières, manifester la conscience de ses émotions. Il sourit. Ou plutôt : il souriait.

Depuis qu'une équipe médicale a décidé que, sa « qualité de vie » étant insuffisante, il convenait de lui couper l'alimentation et une bonne part de son hydratation en vue de le faire mourir, il pleure lorsque sa mère ou ses proches viennent le voir...

Cet arrêt de l'alimentation et la diminution drastique de son hydratation, réduite de 3 litres au total à 500 ml par 24 heures, ont été mis en place depuis le 10 avril dernier, avec le consentement de son épouse, mais malgré l'opposition expresse de ses parents et d'une partie de sa famille qui n'ont été d'aucune façon entendus à propos de cette décision médicale, qui n'est rien d'autre qu'un arrêt de mort par cessation des soins.

C'est très exactement une euthanasie par omission.

Le juge des référés, Mme Monbrun, a ordonné samedi après-midi à 16 h 45 que l'alimentation et l'hydratation normales de Vincent Lambert soient rétablies, annulant par ce fait la « décision collégiale » qui avait été prise le 8 avril par l'équipe médicale du CHU Sébastopol de Reims, de le faire mourir à petit feu au motif que ces soins apparaissent aujourd'hui comme « inutiles, disproportionnels et ayant comme seul effet le maintien artificiel de la vie ».

Elle a ainsi reconnu qu'il y avait une « atteinte grave et manifestement illégale » à une « liberté fondamentale » qu'il s'agissait de sauvegarder : la vie même de Vincent Lambert, menacée, et le droit de ses proches qui ne souhaitaient pas le voir tué. L'urgence étant caractérisée par l'affaiblissement déjà très avancé du patient du fait de ce refus de nourriture et d'eau.

Au nom du principe du « respect de la vie » affirmé par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, que doit respecter notamment « toute personne morale de droit public » tel un hôpital public, l'ordonnance de référé rappelle que le juge des référés peut prendre toutes les mesures de nature à faire cesser le danger « lorsque l'action ou la carence d'un tel établissement crée un danger caractérisé et imminent pour la vie d'un patient, portant ainsi une atteinte grave et manifestement illégale à cette liberté fondamentale ».

Vincent Lambert, à l'heure où j'écris ces lignes, est hors de danger. Par l'effet de l'ordonnance de référés, on a recommencé à lui administrer du glucose et son alimentation est rétablie avec toute la précaution et la progressivité que requiert son état. Sa vie est sauvée.

Mais pour combien de temps ? Le résultat du référé a provoqué la « rage » des médecins et notamment du chef de service de l'unité de soins palliatifs où Vincent est hospitalisé. Une colère que m'a décrite Me Triomphe : il l'a constatée sur place au CHU de Reims, samedi après-midi, où les médecins chargés de soigner Vincent Lambert ont clamé qu'ils feraient tout pour procéder quand même à l'arrêt de la nourriture et de l'essentiel de l'hydratation de Vincent Lambert, refusant son transfert dans un autre hôpital plus respectueux de la vie au motif qu'ils sont « responsables » du jeune homme, rejetant encore et encore la volonté expresse de ses parents et d'une partie de sa famille de le voir ainsi volontairement poussé vers la mort.

C'est la pure volonté de tuer – et j'écris cela en pesant mes mots, sans craindre de me voir contredire – puisque tel est l'objectif unique de l'arrêt de la nourriture et de l'hydratation.

Ces médecins qui ont pris en toute illégalité – c'est ce qu'établit l'ordonnance de référé – la décision de faire mourir Vincent Lambert de faim et de soif, entendent maintenant refaire toute la procédure de manière respectueuse de la loi, cette fois, pour lui couper encore les vivres.

Comment peuvent-ils prétendre cela ?

Un élément peut, selon la manière dont on interprète la loi, leur donner raison, et il faut que la France le connaisse, qu'elle sache qu'aujourd'hui la loi française peut permettre de tuer un patient en le précipitant vers sa fin de vie.

Un deuxième leur donne tort, absolument et d'emblée, nous allons voir comment.

1. La décision d'arrêter les traitements, même en l'absence de situation de maladie en phase terminale, est une possibilité offerte aux médecins dans le cadre de la loi Leonetti. Cela correspond à la volonté d'éviter qu'une « obstination médicale déraisonnable » n'impose d'inutiles souffrances au patient ; c'est le refus de l'« acharnement thérapeutique » qui permet de refuser les traitements « inutiles, disproportionné ou qui n'ont d'autre objet que le maintien artificiel de la vie ».

« Traitement » : le mot dit bien ce qu'il veut dire et ne désigne pas de lui-même les soins ordinaires dus à tout patient et d'ailleurs à tout homme dans la mesure du possible : un toit, l'hygiène, la nourriture et l'eau.

L'entourloupe de la loi Leonetti, qui apparaît dans ses travaux préparatoires et qui est confirmée dans le rapport d'évaluation de l'application de la loi par le même Jean Leonetti, consiste à classer le soins ordinaire qu'est la nourriture (même administrée par sonde) au nombre des « traitements médicaux ».
L'ordonnance de samedi prend acte de cette possibilité et suit non la lettre de la loi, mais ces éclairages plus que douteux du point de vue du droit, puisque la loi interdit au médecin tout acte de nature à provoquer la mort.

On peut craindre que le droit français ne finisse par entériner cette interprétation qui aboutit à donner aux médecins un pouvoir de vie et mort sur leurs patients, même des patients qui comme Vincent Lambert vivent comme tout être humain grâce à l'absorption de nourriture et d'eau et qui ne souffrent d'aucune maladie qu'il faudrait soigner.

La morale et le bon sens imposent cependant de noter que la nourriture et l'hydratation même administrées autrement que par la bouche ne sont pas des soins extraordinaires ni un traitement médical : la vie qui est maintenue ainsi n'est pas plus « artificielle » que celle d'un nourrisson que l'on nourrit ou d'un malade trachéotomisé qui reçoit sa « ration de survie » par sonde. Il ne s'agit pas de prolonger par des moyens techniques disproportionnés une vie qui ne tient plus qu'à un fil. La preuve : c'est le refus de nourriture qui va opérer la dégradation de la santé du patient et provoquer, lentement mais sûrement, une mort cruelle.

2. Mais cette décision de refuser la nourriture et l'essentiel de l'hydratation doit répondre à des règles strictes. Il faut tenir compte de la volonté du patient si elle peut s'exprimer. Sinon, l'équipe médicale doit tenir compte, le cas échéant, si elles existent, de ses directives anticipées, mais ne peut prendre sa décision de mort sans consulter la famille et les proches du patient.

Et s'il y a opposition, il faut aussi en tenir compte.

Dans le cas de Vincent Lambert, ainsi que le plaida Me Jérôme Triomphe et ainsi que les pièces produites devant le juge allaient l'établir, la décision de mettre fin à sa vie a été envisagée dès le mois de janvier, et que l'épouse du jeune homme y a été « associée » dès début février. Mais ses parents n'en ont pas été tenus informés : certes on a parlé à sa mère, le 5 avril, sans précisions, mais assez pour que celle-ci manifeste sa ferme opposition à toute éventualité d'une telle décision.

Elle a été prise pourtant le 8 avril et mise en œuvre le 10 avril.

Les médecins qui soignent Vincent Lambert assurent que sa famille a été régulièrement tenue au courant... à partir du 25 avril. En effet ! Mme Lambert a été alertée par certains de ses enfants que Vincent, à ce qu'ils avaient remarqué, n'était plus nourri, et c'est elle qui s'est précipitée à Reims pour aller dire aux médecins son refus absolu d'une telle procédure qui constitue une mise à mort volontaire !
C'est sur ce point de non-respect de la procédure prévue par l'article 2. 4127-37 du code la santé publique que le juge des référés a donné raison à M. et Mme Lambert.

L'ordonnance souligne le défaut d'information dont ont ils été victimes par rapport à la mise en œuvre de la procédure collégiale par laquelle un médecin, conforté par l'avis favorable d'un autre médecin étranger au cas, peut décider de couper les vivres à un patient pour le faire mourir. L'ordonnance dénonce aussi que le fait que les parents « n'ont pas été informés de la nature et des motifs de cette décision ». Plus important encore, le juge souligne que « la décision d'arrêter l'alimentation et de limiter l'hydratation n'a pas pris en compte les souhaits des parents de M. Vincent », et ce quand bien même une partie de ses frères et sœurs et son épouse se sont montrés d'accord avec elle.

Autrement dit, en cas d'opposition de la famille, en l'occurrence le père et la mère de la victime qui sont tout de même on ne peut plus proches, les médecins ont l'obligation d'en tenir compte.

C'est un frein réel à l'application mortifère de la loi Leonetti, et cette affaire a eu pour premier mérite de le mettre en évidence.

Lorsque les médecins de Reims prétendent remettre en route une procédure collégiale, cette fois en respectant les conditions posées par la loi, non seulement ils soulignent en creux la manière illégale dont ils ont agi, mais ils méconnaissent ce droit des parents qu'en tout état de cause ils doivent respecter en s'abstenant de prendre une décision de mise à mort.

Il n'est pas inutile de noter que les documents médicaux produits par le CHU de Reims en défense de sa décision démontrent l'état de conscience réel quoique apparemment très diminué et le fait qu'il ressent des émotions. Ni que la décision de faire cesser son alimentation et de limiter fortement son hydratation ont fait suite à ce que l'équipe médicale appelle des « signes d'opposition comportementale de la part de M. Lambert lors des actes de "nursing" a fait suspecter un refus de vivre et a suscité une réflexion éthique au sein de l'équipe médicale ».

En clair : il a montré son inconfort lors de la toilette, des soins de bouche...

Cela leur a suffi.

Source : blogdejeannesmits

 

 

Nous avons commencé à publier précédemment, ici, le calvaire du jeune homme et de sa famille se battant contre une euthanasie imposée.
La famille continue le combat et le ton monte.

Un article de Jeanne Smits :

France : un jeune homme se meurt d'euthanasie lente – mais sa famille se bat

Le jeune homme qui se meurt lentement dans un hôpital, « quelque part en France », affamé par décision du corps médical, s'affaiblit de jour en jour. Mais une lueur d'espoir existe désormais. La famille de celui que nous avons appelé « Hervé », horrifiée de voir ses souffrances physiques et morales, a décidé de ne pas en rester là. Elle veut se battre jusqu'au bout.

Elle dit NON à cette nouvelle barbarie qui prétend autoriser des médecins à faire mourir des malades à petit feu, en cessant de les nourrir, en les privant presque totalement d'eau.

Elle dit NON à une interprétation de la loi Leonetti sur la fin de vie qui a déjà servi de couverture à des assassinats de ce type.

Elle dit NON à l'euthanasie par omission que l'on impose sournoisement tandis qu'on fait croire que la question est encore en débat ; une euthanasie par omission que Jean Leonetti lui-même entend faciliter et rendre apparemment moins cruelle par la « sédation palliative » qui permettrait de masquer les affres de ceux qui mourront de faim et de soif parce que des médecins en auront décidé ainsi.

Il y a donc du nouveau depuis l'article de la semaine dernière : la famille d'Hervé vient de trouver un avocat prêt à se battre pour défendre les droits du jeune homme et des siens et l'a saisi le 7 mai au soir. Me Jérôme Triomphe sait que l'affaire est dure. Il s'agit de faire annuler une décision médicale qui est dans l'air du temps ; de contrer la puissance de mort dont tant de médecins se sentent désormais investis ; de prôner une logique de respect de la vie la plus fragile et non de raisonner en termes économiques – et il est impossible de croire que la logique économique n'intervient pas dans cette affaire, sous couleur de mettre fin aux souffrances d'un accidenté dans le coma.

Bref rappel des faits. Il y a quatre ans et demi, Hervé, alors âgé de quelque 33 ans, était victime d'un accident de la route. On le plongea dans un coma artificiel dont il allait sortir, pour se trouver dans un coma végétatif. Il y restera pendant deux ans – mais peu à peu, son état s'améliore et il se trouve aujourd'hui dans un « coma pauci-relationnel », c'est-à-dire un état de conscience minimale où le patient est sensible aux émotions, aux stimuli extérieurs ; Hervé a une activité visuelle, et il réagit aux propos de ses proches.

Il se trouve, je suis désormais en mesure de vous le dire, au CHU Sébastopol de Reims.

Hervé ne souffre d'aucune maladie particulière, et à plus forte raison d'aucune affection en stade terminale, il ne se trouve nullement dans un état de souffrance insupportable – ou en tout cas, il ne s'y trouvait pas avant qu'on prît la décision, le 10 avril, de cesser totalement de le nourrir et de ne plus lui donner que 500 ml d'eau contre les 3 litres de liquide par 24 heures que lui apportaient l'alimentation et l'hydratation par sonde dont il bénéficiait depuis 4 ans et demi.

Sans eau, un homme meurt assez vite : en une quinzaine de jours... Avec un peu d'eau, le processus est bien plus long. Mais cela ne change rien à l'intention de tuer qui est celle des médecins qui décident de ne plus apporter les soins ordinaires – c'est-à-dire ce qui est dû, dans la mesure du possible, à tout être humain, nourrisson ou vieillard, malade ou bien-portant, prisonnier ou libre. Et les médecins ont une obligation spécifique à cet égard : protéger et soigner, tout faire qui ne constitue pas une obstination déraisonnable qui aurait pour seul effet de prolonger artificiellement la vie.

Ce jeune homme qui souffre et qui se voit mourir n'a aucun moyen de parler pour lui-même. Alors c'est sa famille qui est sa voix.

Une famille qui aurait dû être écoutée, aux termes de la loi Leonetti, et qui ne l'a pas été. Le 5 avril dernier, des responsables de l'équipe médicale de l'hôpital demandait à la mère d'Hervé d'entamer un « cheminement » personnel par rapport à un processus dont il était simplement suggéré qu'il était envisagé : priver Hervé de nourriture pour le conduire vers la mort. Aucune « décision collégiale ». Aucune consultation formelle à cette fin. A ces suggestions, la mère d'Hervé opposa des protestations fermes. On lui fixa un rendez-vous au 15 mai pour qu'elle puisse revenir avec son mari, qui était alors lui-même hospitalisé pour une intervention.

Mais fin avril, elle découvrit, par deux de ses autres enfants qui rendant visite à Hervé, constatèrent qu'il n'était plus alimenté, que ce processus avait été mis en place dès le 10 avril. Autrement dit, sans que la famille et les proches du jeune homme n'eussent été informés, comme l'exige pourtant la loi, de la mise en œuvre de la « procédure collégiale » de décision d'arrêt des « traitements », auxquels sont ici assimilés les soins ordinaires que sont la nourriture et l'hydratation. Décision « manifestement illégale », comme le souligne l'avocat.

Le 8 mai, Me Jérôme Triomphe a saisi le procureur de Reims sous l'intitulé : « Urgent, danger de mort ». Démarche prise très au sérieux : elle a abouti à l'envoi de policiers à l'hôpital. On sait que par ailleurs ils ont appelé l'épouse d'Hervé, et sont finalement allés chez elle pour l'entendre. Quoi qu'il en soit les médecins qui « soignent » Hervé refusent toujours de rétablir l'alimentation, malgré la demande expresse de ses parents, et même sous la menace de poursuites et la mise en évidence de ce qui se trame réellement au CHU de Reims : une tentative d'assassinat.

Devant l'obstination des médecins, c'est désormais le juge administratif qui est saisi dans le cadre d'un référé-liberté qui se plaidera à Châlons-en-Champagne, dès que possible et on espère dès ce vendredi malgré le pont, afin que toutes mesures soient prises pour sauver la vie d'Hervé, faire cesser la grave maltraitance dont il est victime, sauvegarder les droits de sa famille et donner à celle-ci la possibilité de transférer Hervé dans une structure respectueuse de son droit de vivre qu'affirment aussi bien la loi Leonetti que le droit européen.

Me Triomphe a rappelé en effet le droit fondamental à la vie qu'affirme solennellement l'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH). Droit réaffirmé et renforcé par une résolution de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, le 25 janvier 2012, qui affirme :

• L'euthanasie, dans le sens de l'usage de procédés par action ou par omission permettant de provoquer intentionnellement la mort d'une personne dépendante dans l'intérêt allégué de celle-ci, doit toujours être interdite.

• Il ne peut être toléré que des décisions soient prises par une personne subrogée qui se fonde sur des jugements de valeur généraux ; en cas de doute, la décision doit toujours viser à préserver la vie de l'intéressé et à en prolonger la vie.

C'est une très grosse bataille qui se joue actuellement autour de la personne d'Hervé. Il y faut beaucoup de courage et de constance dans des circonstances particulièrement douloureuses et choquantes pour la famille.

Il faut que la France en parle.

Source : leblogdejeannesmits

Ce que dit l'Eglise sur cette question : ici et ici

 

Extraits d'un article de Jeanne Smits :

En France, un jeune homme se meurt, privé de nourriture

 
Cela se passe aujourd’hui et maintenant, quelque part en France, en pleine légalité et par application de la loi Leonetti. Un jeune homme – appelons-le Hervé – dans le coma depuis plusieurs années après avoir été victime d’un accident de la route, a fait l’objet d’une décision d’« arrêt de soins ». Non pas des soins d’acharnement, d’interventions lourdes et pénibles. Non : on lui a supprimé la nourriture, et réduit de manière drastique la quantité de liquide administrée. (...)
 
Il n’y a qu’une issue possible, c’est l’issue recherchée : la mort.
 
En France, aujourd’hui, alors qu’on fait mine de débattre autour de l’euthanasie, le corps médical peut décider de faire mourir un malade de faim et de soif, et les proches n’y peuvent rien. Ils ne peuvent que le regarder partir, la mort dans l’âme, bouleversés de voir que cette mort est voulue et organisée pour elle-même. C’est la définition de l’euthanasie. « Euthanasie par omission », en l’occurrence. Mais euthanasie quand même.
 
Coma ? Le jeune homme était en effet dans un état de coma profond après son accident. Puis, doucement, il est remonté au palier du coma végétatif. Et aujourd’hui, il est au stade du coma pauci-relationnel : cela veut dire qu’il est incapable de réagir de manière suivie à des instructions simples mais qu’il possède la conscience de son environnement, cette conscience fût-elle minimale. En particulier, il suit ses visiteurs des yeux. Dans ce type de coma, on constate une interaction avec l’environnement et notamment des réponses aux stimulations verbales, surtout lorsque la voix entendue est celle d’un membre de la famille.
 
Il a été démontré par plusieurs études publiées par Neurology que les patients en état de conscience minimale perçoivent les émotions et la douleur.
 
Cela ajoute à l’horreur de la situation. Les médecins qui ont pris la décision, depuis plusieurs jours déjà, de supprimer l’alimentation et une grande partie de l’hydratation de Hervé n’ont pas même l’excuse de se réfugier derrière l’inconscience, réelle ou supposée, d’un malade plongé dans un coma dépassé, d’un coma profond sans retour.
 
Et les proches le savent bien, qui voient Hervé perdre des forces de jour en jour – et pleurer lorsqu’il les entend entrer dans sa chambre d’hôpital.
 
Il pleure ? Mais c’est qu’il a de la conjonctivite, assurent les médecins.
 
Car il n’y a pas beaucoup de sympathie pour les proches de la part de ceux qui, « collégialement » comme le veut la loi Leonetti, ont pris la décision d’arrêter les « soins » d'Hervé – soins qui ne sont pas extraordinaires, et que nul n’est obligé d’accepter ou de fournir, mais soins ordinaires : apporter le minimum pour le confort d’un patient, ce qu’on ne devrait refuser à aucun être humain qui souffre : un abri, de quoi s’alimenter, de quoi boire.
 
Peu importe que cette alimentation soit apportée autrement que par la bouche, dès lors que cela ne fait pas inutilement souffrir le patient – qui est par ailleurs en bonne santé.
 
Les proches… Dans ce cas précis, c’est l’épouse du jeune homme qui a approuvé, peut-être demandé que la vie de son mari s’arrête là. Les parents, la famille de Hervé n’ont pas été consultés (la loi Leonetti le prévoit pourtant). Ils ont été mis devant le fait accompli. Et ont appris fortuitement que le processus avait déjà été mis en place. C’est la colère, la tristesse, l’indignation. Ils ont eu beau le faire savoir, le corps médical est implacable. Leur voix ne compte pour rien.
 
Et un jeune homme se meurt de mort lente, délibérément tué dans un hôpital français.
 
On peut supposer que, catholique, il n’aurait pas voulu de cette fin et ses larmes le confirment. La loi demande que l’on recherche la volonté du patient, s’il pouvait l’exprimer. Mais cela n’oblige non plus à rien. (...)
 
Le cas d'Hervé rappelle en de nombreux points celui de Terri Schiavo aux Etats-Unis, qu’on a laissée mourir de faim et de soif parce que son mari en avait obtenu le droit par voie judiciaire, contre la volonté de ses proches. Son calvaire et son décès, huit jours avant celui de Jean-Paul II, avaient profondément remué la société américaine. Le Vatican avait clairement dénoncé le processus comme une « euthanasie par omission », aussi répréhensible que n’importe quelle euthanasie dite « active ».
 
En France, c’est le silence qui est de mise – car on imagine que le cas de Hervé est loin d’être isolé. Et si j’ai choisi pour cet homme le prénom de Hervé, pour protéger son identité et celle de sa famille, c’est en pensant à Hervé Pierra, resté dans le coma après une tentative de suicide par pendaison : il est mort dans d’atroces souffrances après une semblable privation de nourriture. Ses parents et le lobby de l’euthanasie en tirent argument pour réclamer le « droit de mourir », de mourir vite.
 
Mais c’est la vie qui mérite d’être protégée et entourée des meilleurs soins possibles, sans quoi la société humaine devient barbare, décidant elle-même qui peut vivre et qui doit mourir.
 
Cet article a été publié dans Présent .
 
 
Les nouveaux événements dans le calvaire de ce jeune homme : ici
 
Ce que dit l'Eglise sur cette question : ici et ici
 

 

 Commentaires de Christophore

Quelle mort ?

Tandis que Leonetti et Sicard plaident pour la sédation terminale et la mort par déshydratation provoquée et donc dans les terreurs cauchemardesques de cette "sédation" (qui n'en est pas une pour l'imagination du malade seulement pour l'expression et la communication avec l'entourage) et la folie induite par l'état de déshydratation forcée avant l'heure, et croissant avec l'avancement de l'état de cette déshydratation violente qui ici n'est pas l'effet mais la cause de la mort, d'une mort lente dans la torture... remarquez que le médecin et scientifique Dr de Duve, Prix Nobel de médecine, n'en a pas voulu pour lui-même.

Certes, il a choisi de mourir mais comme un condamné à mort par injection létale, et non comme une zombie de "la sédation terminale" - qui n'a de sédation que le nom et l'apparence par inexprimabilité de la souffrance restant bloquée au-dedans du psychisme du malade.

Voyez l'annonce de ce choix :

"Le médecin et chimiste belge Christian de Duve, prix Nobel de médecine en 1974, est décédé samedi par euthanasie à l'âge de 95 ans.
"La mort, ce serait beaucoup dire qu'elle ne m'effraye pas, mais je n'ai pas peur de l'après car je ne crois pas. Lorsque je disparaîtrai, je disparaîtrai, il ne restera rien", avait-il confié le 8 avril au journal belge Le Soir (...)  "Il nous a quittés dans une grande sérénité, refusant la prise de calmants précédant l'injection décisive. Il est parti en nous disant Adieu et en nous souriant", a raconté au quotidien bruxellois sa fille Françoise. Source : Le Point

A l'inverse : ni lucidité ni accompagnement ni adieu avec la sédation terminale...
On comprend que le Prix Nobel de médecine ne l'ait pas choisie, cette longue agonie dans un tunnel de torture chimique dans l'isolement d'avec l'entourage.
Par ailleurs, pour ceux qui croient dans la survie de l'esprit par-delà la mort, la dignité n'est pas dans l'euthanasie.

La dignité est ailleurs. Et elle est inhérente à la personne elle-même.

 

 

 

 

L'investissement en soins palliatifs ne légitime pas l'«aide médicale à mourir»

Lors du 23e Congrès annuel du Réseau de soins palliatifs du Québec, qui débutait dimanche matin, la première ministre Pauline Marois a fait l'annonce d'un investissement de 15 millions $ en soins palliatifs.

Vivre dans la Dignité, de même que le Collectif de médecins du Refus Médical de l'Euthanasie, saluent cette décision tout en rappelant que cet investissement ne légitime pas "l'aide médicale à mourir" - un concept contraire à la philosophie et aux buts des soins palliatifs.

Les deux organismes rappellent qu'à l'heure actuelle seulement 30% des patients en fin de vie ont accès à des soins palliatifs. (...)

Source : Tuer n'est pas un soin. Vivre dans la dignité. (in newswire.ca)

 

 

Colloque le 11 mai : Protégeons les plus vulnérables

Le public, les médias et les professionnels de la santé sont invités à un colloque intitulé :

Protéger les plus vulnérables de l'euthanasie.

Sept conférenciers des milieux de la médecine, du droit et de la philosophie y prendront la parole, notamment le Dr Balfour Mount, fondateur des soins palliatifs en Amérique du Nord, et le Dr Patrick Vinay, directeur des soins palliatifs au CHUM.

La rencontre aura lieu le samedi 11 mai au Centre Mont-Royal (2200, rue Mansfield, Montréal. Métro Peel.)

de 8 h 30 à 12 h 45.

Les conférenciers seront disponibles pour rencontrer les journalistes de 10h45 à 11h et à partir de 12h45.

Pour plus d'informations, consultez en ligne les sites Internet : www.vivredignite.com et www.refusmedical.blogspot.ca

 

 

 

Saint Sacrement Veillee Vie Paris

 

Veillée pour la vie le 21 mai à Paris

Cette veillée de prière rassemble tous les franciliens
autour de leurs évêques.

Elle aura lieu le mardi 21 mai à 20h30 à Notre-Dame de Paris.

Le Pape François nous interroge :
« Savons-nous accompagner la vie ? ».

Avec Marie,
nous prierons pour que la vie soit respectée
de son début jusqu'à sa fin.

 

Source : Diocèse de Paris

 

 

 

 

Argentine : un évêque au secours d'un homme qu'on veut faire mourir en le privant de nourriture

Jeanne Smits 

le 4 mai 2013 (extraits)

Il y a une grosse différence entre l'Argentine en la France. En France, un jeune homme dans le coma peut être privé de nourriture en vue de le faire mourir sans que cela n'émeuve personne sauf ses parents, qui ne veulent pas de cette euthanasie par omission, et un journal comme Présent, et ce blog : il s'agit d'« Hervé », dont je vous disais jeudi qu'il est en train de mourir ici et maintenant.

En Argentine, le même scénario est en train de se dérouler dans la ville de Neuquén. Mais là, c'est l'évêque du lieu qui se mobilise et qui prend vigoureusement la parole en défense du jeune homme, Marcelo Diez.

Ce sont les membres de la famille de Marcelo Diez, 49 ans, qui ont demandé à la justice, il ya deux ans, le droit de le faire priver de nourriture et d'hydratation en vue de le faire mourir. Marcelo Diez est dans un coma végétatif depuis 19 ans.

La chambre civile du Tribunal supérieur de justice de Neuquén a répondu favorablement à leur demande il y a quelques jours, après les refus répétés des juridictions inférieures. Elle a même jugé qu'elle n'avait pas à intervenir par rapport à la demande des sœurs de Marcelo, estimant que leur décision de demander une « mort digne » pour leur frère, victime d'un accident de moto à l'âge de 30 ans, pouvait être accordée par les responsables médicaux sans l'intervention de la justice.

La décision dépasse ainsi très largement le cadre de ce cas d'espèce puisque désormais, dans la province de Neuquén, le retrait des soins ordinaires en vue de faire mourir un patient devra être considéré comme un droit.

Mgr Virginio Bressanelli, évêque du lieu, a lancé vendredi un appel solennel aux proches de Marcelo Diez afin qu'ils ne fassent pas mettre fin à sa vie jusqu'à ce que « son parcours sur cette terre prenne fin naturellement ». Son communiqué précise que l'Eglise et l'association Lucha Neuquina contra el Cancer, prendront le patient à leur charge.

Invoquant la constitution argentine qui garantit le respect de la vie « depuis la conception jusqu'à la mort naturelle », le prélat a plaidé pour son droit de vivre, « le premier droit qui fonde tous les autres ».

« En Marcelo, nous voyons Jésus, qui nous rappelle que chaque personne a du prix aux yeux de Dieu, le Père. »

Il précise aussi que, contrairement à ce qui se raconte, Marcelo « n'est branché à rien » et ne l'a pas été ces dernières années. « Dire que Marcelo Diez est dans un stade terminal ou à l'agonie ne correspond pas à la vérité. Dans son cadre, il jouit d'une santé stable, sans le moindre refroidissement, ni même d'escarres depuis fort longtemps. »

« Il n'est pas juste, par conséquent, d'appeler "mort digne" un mort atroce comme celle provoquée par l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation. La science médicale connaît et décrit la cruauté de cette pratique. Dans ce type de mort, personne n'exclut l'éventualité de grandes souffrances et d'une conscience partielle de ces souffrances », affirme le communiqué du diocèse.(...)

Source : leblogdejeannesmits

 

 

par Vivre dans la Dignité, 25/04/2013

Si le projet de loi du gouvernement de Mme Pauline Marois voyait le jour d'ici peu, les médecins québécois seraient obligés de référer un patient à un médecin qui accepterait de donner la mort par euthanasie à un patient qui en aurait fait la demande et qui répondrait aux critères établis par le Collège des médecins.

Depuis 10 ans les belges respectait l'objection de conscience des médecins ( i.e: pas d'obligation de référer à un autre médecin pratiquant l'euthanasie). On voit maintenant que la tendance en Belgique est maintenant d'élargir les critères de la loi et que le respect de ces conditions est impossible à contrôler. "L'expérience de 10 ans d'euthanasie en Belgique montre que les balises sont impossibles à contrôler et qu'elle tombent les unes après les autres," affirme Me Étienne Montéro, doyen de la faculté de droit de l'Université de Namur.

Source : vivredignite.blogspot.ca

 

 

En effet ce semble être le cas.

Si vous obligez un médecin - qui, pour des raisons qui le regardent, fait objection de conscience à coopérer à l'euthanasie - à orienter son malade à un autre qui va l'accomplir, cela revient à obliger le médecin objecteur à ne plus objecter puisqu'il devrait obligatoirement apporter son concours à un acte meurtrier, ne serait-ce qu'en orientant le patient vers celui qui va le faire. Il ne tuera pas de sa main, mais de son conseil.

Certes, les médecins croyants ou convaincus de devoir respecter leur serment ( "Jamais mon art ne servira à corrompre les mœurs ni à favoriser le crime" ) préfèreront la prison à la trahison. Mais, dès lors, ce sera le moyen de supprimer du pays concerné tous les médecins croyants ou simplement tous les médecins fidèles à la culture de la Vie.

Christophore

 

par pierrot le sam, edithvincke.be, 27/04/2013

"(...) Prenons le cas du médecin qui, pour l'une ou l'autre clause morale, refuserait de pratiquer une euthanasie et qui refuserait également d'orienter le patient vers un autre médecin ou vers une institution spécialisée en questions de fin de vie. Actuellement il n'y est pas obligé.

(...) Une adaptation de la Loi pourrait-elle y changer quelques chose?

Oui !

En incluant dans la Loi sur l'euthanasie l'obligation d'orienter le patient."

Source : edithvinckle.be

 

 

La loi Leonetti, surtout modifiée en ce sens, mais déjà à l'origine, ne peut satisfaire personne : la sédation profonde, a fortiori terminale, livre le malade pendant de longues heures - voire jours - d'agonie, impuissant, entre des mains étrangères et coupe tout lien de communication avec ses proches.

 

M.P., Journal International de Médecine, 25/04/2013

Dans la continuité de son propre texte, Jean Leonetti a déposé une proposition de loi qui doit être examinée aujourd'hui à l'occasion d'une niche parlementaire accordée à l'UMP. Etudiée dans sa version initiale, bien que fortement modifiée en commission, elle propose dans son premier article que toute personne atteinte d'une maladie en phase terminale ou d'une affection grave et incurable « est en droit de demander à son médecin traitant l'administration d'un traitement à visée sédative, y compris si ce traitement peut avoir comme effet secondaire d'abréger la vie ». Le second article offre la possibilité pour les patients de rédiger des directives anticipées. Ce texte est une façon pour Jean Leonetti de sonder la position exacte du gouvernement par rapport à l'euthanasie active et au suicide assisté. Il n'aurait que peu de chance d'être adopté. Il soulève en tout état de cause la colère de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité qui conteste que la sédation terminale puisse être considérée comme une avancée et dénonce une « manœuvre d'enfumage ».

Source : Journal International de Médecine

 

 

Deux nouvelles :
Le projet de loi de Jean leonetti est rejeté. Quant au projet de Loi du Gouvernement, il semble être repoussé car il attend le Comité National d'Ethique qui devait rendre son rapport fin avril pour que le Gouvernement présente son projet en juin. Mais le Comité ne rendra son rapport vraisemblablement que fin juin et le projet de loi sera plutôt pour la rentrée.
D'après ce qu'on peut lire ailleurs, le Gouvernement ne veut pas d'un deuxième scandale après le mariage pour tous, donc ils ont l'air de vouloir y aller avec des pincettes...

 

Le Point, 25/04/2013 (extraits)

Fin de vie: l'Assemblée ne veut pas encore la mise en oeuvre du rapport Sicard

Les députés ont rejeté jeudi, après en avoir longuement discuté, une proposition de loi de Jean Leonetti (UMP) visant à compléter sa propre loi de 2005 sur la fin de vie.

La proposition du député des Alpes Maritimes reprenait à son compte les recommandations du rapport Sicard qui avait été commandé par le chef de l'Etat et rendu en décembre dernier.

Elle crée d'abord "un droit à la sédation" pour les malades conscients en phase terminale dont les souffrances physiques et morales ne sont plus soulagées par les traitements.

Le malade pourrait ainsi demander à bénéficier de cette sédation profonde pour terminer sa vie en dormant, sans souffrance, a expliqué Jean Leonetti. [ndlr : Que la sédation profonde, terminale, permette de mourir sans souffrance, c'est tout sauf sûr. Bien au contraire : les cauchemars ne pouvant plus être exprimés, ce qui est garanti, c'est la solitude terminale : le malade meurt dans un isolement artificiel. Bel accompagnement !]

Le texte, dans un second article, offrait cette même possibilité pour les personnes inconscientes, via leurs "directives anticipées".

Jean Leonetti a souligné que sa loi de 2005, ainsi complétée, répondrait à quasiment "tous les cas", "sans franchir la barrière de l'interdit de tuer, fondement de notre pacte social".

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a reconnu qu'il "fallait aller plus loin" que la loi de 2005 encore très mal connue et très mal appliquée et salué la mission Sicard "qui a permis l'expression de près de 5.000 de nos concitoyens".

Elle a cependant souligné qu'il convenait, avant de légiférer, d'attendre l'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE). "Le gouvernement veut une réflexion large, apaisée, la consultation se poursuit", a-t-elle dit.

Le CCNE devait rendre son avis en avril mais ne le fera probablement qu'en juin. Le gouvernement lui même a promis un projet de loi sur le sujet, répondant ainsi à l'engagement 21 de François Hollande. (...)

Formellement, la proposition de loi a été "renvoyée en commission".

Source : lepoint.fr

 

 

 S'endormir avant de mourir : un nouveau droit ?

par Joséphine Bataille, La Vie, 24/04/2013

Jean Leonetti (...) propose d'aller plus loin que dans son texte précédent. Il appelle à un droit opposable, pour le malade, à recevoir une sédation qui le plonge dans le coma en fin de vie. Et à rendre le dispositif des directives anticipées contraignant pour les médecins. (...)
Propose-t-il une modification substantielle de la loi de 2005 actuellement en vigueur — dont il est lui-même l'auteur ? (...)

La loi Leonetti stipule que lorsque la souffrance d'un patient ne peut plus être soulagée par des antalgiques et des soins palliatifs, il faut le traiter en le plongeant dans l'inconscience (coma artificiel). (...) le député évoque aujourd'hui un « droit » qui soit contraignant pour le corps médical. (...)

Toute personne peut actuellement déclarer par écrit ce qu'il souhaite vivre en fin de vie en cas de maladie incurable – être réanimé ou pas, voir arrêter ses traitements de maintien artificiel en vie en cas d'inconscience etc. Mais ces directives ont pas de caractère obligatoire pour le médecin, qui décide aujourd'hui collégialement de ce qui relève ou pas de l'acharnement thérapeutique. C'est ce que Jean Leonetti propose de changer.(...)« Cette proposition va dans le sens des lois précédentes, sans lever l'interdit de tuer. Il fallait à l'évidence passer une étape supplémentaire : notre erreur a été de penser que l'on pouvait laisser les choses se faire de façon libre ».

Le traitement sédatif est autorisé par la loi alors que l'on sait qu'il a pour effet, dans la plupart des cas, d'accélérer cette mort que l'on entend laisser survenir naturellement. De ce fait, outre que l'utilisation fine et proportionnée de la sédation nécessite un savoir-faire qui peut faire défaut hors des services spécialisés, certains médecins se refusent à l'utiliser dans la crainte de basculer dans une pratique euthanasique. C'est pour contourner cela que le député évoque aujourd'hui un « droit » qui soit contraignant pour le corps médical.

(...) Quant au débat sur la mort médicalisée, le député dit avoir évolué, puisque toujours hostile à l'euthanasie, il accepte d'envisager la notion de suicide assisté. « Cela me paraît être une belle idée. A la différence de l'euthanasie, elle a l'avantage de ne pas mettre en conflit une éthique qui repose sur la solidarité nationale envers les plus fragiles, et une éthique qui défend l'idée d'autonomie et de maîtrise de sa propre vie », note Jean Leonetti.

Reactions :

jiminycriquet - 26/04/2013 à 08:44

La mort par sédation terminale, je vous signale qu'elle est tout sauf douce! M'enfin, pourquoi ne fait-on pas comme en Suisse, des "maisons de mort" où vont les gens qui veulent en finir? Là-bas c'est par aide au suicide mais cela peut être n'importe quoi et sans le médecin. Pourquoi les mêler à la fin de nos vies ? Pourquoi ne pas autoriser quelque chose de bien plus rapide(au choix du candidat)comme par ex une balle en plein coeur (avec un silencieux) envoyée par une âme charitable? Avant, il y avait le bourreau, vous me direz que c'est pour la peine de mort. Mais, finalement,quelle différence ? On veut éliminer les "coupables de coûter", les pousser à demander et obtenir la mort plutôt qu'un accompagnement qui coûte en don de soi et en don de sous.

dora : le terrrorisme du politiquement correct - 25/04/2013 à 09:36

Selon Philippe Muray, la political correctness (PC) n'est pas seulement un maccarthysme de gauche : "C'est, en fait, comme déni militant de réalité que le terrorisme "PC" se développe et nuit efficacement. C'est même en tant que remplaçant légitime de la réalité, ou en substitut, en héritier de celle-ci, qu'il exerce son pouvoir. C'est à la place de la réalité et du concret qu'il impose son vrai et son faux, qui dès lors n'ont même plus à être vérifiés. En ce sens on peut dire qu'il est la police politique du régime festif, et que nul citoyen, devant cette autorité, ne bénéficie plus de la moindre garantie juridique (...)

Source : lavie.fr

 

 

 

par agevillage.com, 29/11/2010

Face au vieillissement de la population, à la montée des idées libérales, utilitaristes, pour une autonomie individuelle tout au long de la vie, à la captation de la notion de "dignité", aux exemples des pays comme la Suisse et les Pays-Bas, les éditions Odile Jacob et Amélie de Bourbon Parme ont posé directement la question "Faut-il légaliser l'euthanasie ?" au philosophe et ancien ministre Luc Ferry ainsi qu'au médecin généticien Axel Kahn.

Luc Ferry s'interroge à la fois sur la demande d'euthanasie (Est-elle si libre ?) et sur la réponse proposée (Est-elle si bonne ?).

Axel Kahn (auteur de "L'ultime liberté") reconnaît la totale liberté d'un individu à faire ses choix mais il reste convaincu que l'euthanasie doit rester une "transgression de la loi" qui interdit à tout individu d'en tuer un autre. La société doit-elle répondre à toute demande individuelle fut-elle sincère ? s'interroge-t-il. Pour lui il s'agit de donner de l'amour et non des comprimés à une demande d'euthanasie.

Pour les deux hommes il ne faut pas légaliser sur l'euthanasie mais faire connaître les lois adaptées, les bonnes pratiques cliniques, les droits et devoirs de chacun citoyen, professionnels (non acharnement, écoute, accompagnement jusqu'au bout de la vie).

Le troisième chapitre du livre reprend ainsi l'historique et les arguments de la question de l'euthanasie et du suicide assisté en France.

Il décrit les évolutions législatives majeures comme la loi Kouchner du 4 mars 2002 sur les droits des malades et celle du 22 avril 2005 dite Léonetti sur les droits des malades et à la fin de vie. 

Source : Agevillage

 

« Je crois à la résurrection de la chair. »

« Je crois à la résurrection de la chair. » La résurrection de la chair, la résurrection des corps... Ainsi nous exprimons-nous dans le « Je crois en Dieu ». La chair est appelée à ressusciter. Nous connaîtrons une existence glorieuse au-delà de la mort, en tout ce que nous sommes, corps, âme et esprit. C'est l'expérience réelle, concrète, du Ressuscité qui en a convaincu les premiers disciples.

C'était bien Lui qu'ils voyaient. Lui avec son côté ouvert et la marque des clous sur ses mains et sur ses pieds. Lui qui demandait à manger avec eux. Lui dont le corps ressuscité lui permettait de se manifester à nouveau à ses disciples.
Ce Jésus, vrai Dieu et vrai Homme, est entré en son humanité dans la vie en Dieu, en son corps et en son âme ! Inouï !
Oui, c'est bien un homme semblable à nous qui est passé de la mort à la vie, un être humain fait d'un corps de chair animé par une âme, par un esprit. Il n'est pas d'homme qui ne soit corps et esprit, à la fois ici-bas et pour l'éternité.
Notre imagination doit rester sobre et se refuser d'aller au-delà de cette expérience et de cette conviction.

L'Église a reçu de la résurrection du Christ et de ses rencontres sous forme visible avec ses disciples la conviction de la grandeur de tout homme dans son corps et dans son esprit, dans cette unité constitutive qui le caractérise, le différenciant ainsi des purs esprits ou du reste des créatures.
Quand nous proclamons la dignité de l'homme, nous la proclamons de son corps et de son esprit. Ni le degré de beauté des corps, ni celui de la finesse des esprits ne le rendent plus ou moins homme. L'être humain indivisible est le sujet de cette dignité fondamentale.

C'est à cette lumière ou dans cette conviction que les chrétiens sont des chantres de la grandeur de tout homme, des défenseurs de sa dignité. C'est à partir de là que l'Église proclame la dignité de l'embryon humain, qui mérite les marques de respect dues à une personne humaine. A partir de là que la mise à mort de l'embryon ou son utilisation comme matériau de recherche lui semblent impensables et inacceptables. C'est encore à partir de là qu'on ne peut faire du corps de chair, comme dans le principe de la gestation pour autrui, une marchandise négociée ici et produite là-bas, au gré des désirs des uns et des besoins des autres. C'est aussi à partir de là que le respect de l'unité du corps et de l'esprit ne s'accommode ni de pratiques échangistes, ni de la prostitution. C'est toujours à partir de là que la peine de mort est dénoncée comme un acte immoral et que la torture ne saurait être justifiée. C'est enfin à partir de là que l'acte d'euthanasie est considéré comme un homicide et l'acharnement thérapeutique comme un excès de pouvoir. Toucher au corps, c'est toucher à une personne humaine. Respecter l'homme, c'est rendre à son corps, en toutes ces diverses circonstances, les marques de respect dues à une personne.

Notre foi en la résurrection de la chair est une lumière qui maintient humaine l'humanité. Elle l'invite au plus grand respect pour celui qui se présente comme un être à aimer, un frère en humanité aujourd'hui et pour toujours. Et « toujours » signifie jusque dans la gloire de Dieu avec ce corps glorieux habité d'une âme apaisée, guérie. L'homme sera enfin disponible sans réserve pour la vie en Dieu qui est une vie de communion dans l'amour.

Je crois en la résurrection de la chair.
C'est la bonne nouvelle de Pâques, une bonne nouvelle pour l'humanité et pour chacun d'entre nous !

+ Georges PONTIER

Pâques 2013

Source : Diocèse de Marseille

 

 

La Dépêche, 20/04/2013

Grande satisfaction des organisateurs, face à un amphi de 200 places comble. Le sujet a suscité un grand intérêt du côté des soignants (hospitaliers, libéraux, maisons de retraite, étudiants) comme du «grand public», personnes confrontées à la fin de vie dans leur entourage amical ou familial.

La table ronde s'est ouverte par une courte présentation de la part du modérateur qui a cité les textes législatifs et les prises de position de ces dernières années, puis énuméré les structures lot-et-laronnaises dispensant des soins palliatifs : les équipes soignantes de base, les lits identifiés et les équipes mobiles de soins palliatifs, les associations de bénévoles «Alliance» et le Réseau Pallissy.
Trois angles

Laurent Bloch, maître de conférences à Bordeaux IV et codirecteur de l'institut du droit de la santé de Bordeaux IV a expliqué les points principaux de la loi Léonetti : la notion d'obstination déraisonnable, la procédure collégiale, la personne de confiance, les directives anticipées et le double effet des thérapeutiques.

Afin d'illustrer son propos, il a présenté des cas très concrets tirés du rapport Sicard, cas qui ont permis de voir là où la Loi Léonetti pouvait être appliquée et là où ce n'était pas son domaine (suicide, suicide assisté, euthanasie).

En conclusion, il a développé les solutions préconisées par la mission Sicard : faire connaître la Loi Léonetti (l'objectif de cette table ronde), réfléchir au suicide assisté ou encore, refuser l'euthanasie.

Bernard Paternostre, médecin à l'Unité de soins palliatifs du CHU de Bordeaux et président de Palliaquitaine témoigne son attachement à la Loi Léonetti et sa façon de la vivre, au jour le jour, à travers son expérience quotidienne : la personne malade prend avec le médecin les décisions concernant sa santé ; le travail en équipe ; les décisions collégiales prises dans le service où la parole de chacun a une valeur égale ; en fin de vie travailler avec le patient sur un choix positif de vie plutôt que d'en rester à un «refus d'obstination déraisonnable» qui n'aide pas la personne à vivre ; l'écoute des familles et de l'entourage, dans le cadre des directives anticipées et de la personne de confiance...
Eclairage philosophique

Claudie Lavaud, docteur en anthropologie philosophique et ontologie, professeur à l'Université de Bordeaux 3, a apporté un éclairage philosophique ; Bernard Lefort, président du réseau Pallissy a présenté succinctement l'activité du Réseau ainsi que le nouveau président de la Fédération Alliance, Alain Pinault, a exposé la place et le rôle des bénévoles parmi les soignants, dans le cadre des soins palliatifs.

Un débat, riche en témoignages a clos cette manifestation.

Source : ladepeche.fr

 

 

Leonetti :

Le débat sur la fin de vie va rebondir jeudi prochain avec la discussion à l'Assemblée d'une nouvelle proposition de loi du député-maire d'Antibes.


Source : Le Généraliste

 

 

Discours d'ouverture de l'Assemblée plénière d'Avril 2013

Président de la Conférence des évêques de France, le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a prononcé ce discours à l'ouverture de l'Assemblée plénière des évêques de France à Paris le mardi 16 avril 2013. (extraits)

Ce que nous voyons déjà dans le fait que l'impuissance à accepter un certain nombre de différences dans la vie sociale, aboutit à la cristallisation de revendications catégorielles de petits groupes, ou de sous-ensembles identitaires, qui pensent ne pouvoir se faire reconnaître que par la violence. Notre société a perdu sa capacité d'intégration et surtout sa capacité d'homogénéiser des différences dans un projet commun. (...)

Ainsi, se confirme peu à peu que la conception de la dignité humaine qui découle en même temps de la sagesse grecque, de la révélation judéo-chrétienne et de la philosophie des Lumières n'est plus reconnue chez nous comme un bien commun culturel ni comme une référence éthique. L'espérance chrétienne est de moins en moins reconnue comme une référence commune et, comme toujours, ce sont les plus petits qui en font les frais. C'est un profond changement d'abord pour les chrétiens eux-mêmes. Vouloir suivre le Christ nous inscrit inéluctablement dans une différence sociale et culturelle que nous devons assumer. Nous ne devons plus attendre des lois civiles qu'elles défendent notre vision de l'homme. Nous devons trouver en nous-mêmes, en notre foi au Christ, les motivations profondes de nos comportements. La suite du Christ ne s'accommode plus d'un vague conformisme social. Elle relève d'un choix délibéré qui nous marque dans notre différence. (...)

C'est dans ce contexte général que nous devons réfléchir aux conditions de la nouvelle évangélisation. Pour vivre dans notre différence sans nous laisser tromper et tenter par les protections trompeuses d'une organisation en ghetto ou en contre-culture, nous sommes appelés à approfondir notre enracinement dans le Christ et les conséquences qui en découlent pour chacune de nos existences. À quoi bon combattre pour la sauvegarde du mariage hétérosexuel stable et construit au bénéfice de l'éducation des enfants, si nos propres pratiques rendent peu crédible la viabilité de ce modèle ? À quoi bon nous battre pour défendre la dignité des embryons humains, si les chrétiens eux-mêmes tolèrent l'avortement dans leur propre vie ? À quoi bon nous battre contre l'euthanasie si nous n'accompagnons pas humainement nos frères en fin de vie ? Ce ne sont ni les théories ni les philosophes qui peuvent convaincre de la justesse de notre position. C'est l'exemple vécu que nous donnons qui sera l'attestation du bien-fondé des principes. (...)

Nous savons bien que les alertes que nous formulons devant des risques que l'on impose à la société sans aucune application du principe de précaution ne sont pas toujours comprises ni acceptées. Mais nous ne pouvons pas rester muets devant les périls. Comment se taire quand nous voyons les plus fragiles de notre société menacés ? Les enfants et les adolescents formatés au libertarisme sexuel, les embryons instrumentalisés dans des recherches au mépris des derniers résultats internationaux, des personnes en fin de vie dévalorisées dans leurs handicaps et leur souffrance et encouragées au suicide assisté, les lenteurs ou les incohérences de la prise en charge des demandeurs d'emploi, des familles dans la misère soumises aux rigueurs des expulsions sans alternative, les camps de roms démantelés en nombre croissant, etc. (...)

Source : Conférence des Evêques de France

 

 

L'euthanasie en débat dans 'Et Dieu dans tout ça ?'

Mgr Léonard et le sénateur Philippe Mahoux sont les invités de Jean-Pol Hecq pour une émission 'Et Dieu dans tout ça ?' consacrée ce dimanche 14 avril au projet d'étendre la loi de dépénalisation de l'euthanasie aux mineurs d'âge et aux personnes atteintes de maladies mentales dégénératives.

Depuis fin février, les commissions réunies de la justice et des affaires sociales du Sénat débattent d'éventuelles extensions à donner à la loi de dépénalisation de l'euthanasie. Sur la table, émergent deux grandes questions : est-il opportun d'étendre les effets de la loi de 2002 aux mineurs d'âge et aux personnes souffrant de maladies mentales dégénératives ? Dans le débat public en cours, deux grandes réponses s'opposent : pour certains, il faut ouvrir la possibilité, dans des conditions strictement encadrées, de mettre volontairement un terme à la vie afin d'éviter des souffrances inhumaines. Pour d'autres, au contraire, il faut refuser d'ouvrir encore un peu plus la « boîte de Pandore » que constitue toute légalisation visant à tuer un être humain. Mais ce débat en cache peut-être un autre : les représentants religieux entendent dire l'éthique – ou plus exactement une éthique – tandis que les élus entendent dire le droit – ou plus exactement un droit... Quelles sont les visions du monde qui s'affrontent en cette occurrence comme en bien d'autres ? S'agissant de vie et de mort, d'où doit venir la norme et qui peut la dire ?

Avec Mgr Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles et Philippe Mahoux, médecin, sénateur, président du groupe PS au sénat. Ce dimanche 14 avril 2013, de 11h à midi sur La Première (RTBF). Rediffusion à 23h15 le même jour.

Découvrez ici, en avant-première, un extrait de cette rencontre.

Source : InfoCatho.be

 

 

« Les établissements pour personnes âgées dépendantes : lieux de privation de liberté ? »

par Emmanuel Hirsch, 26/02/2013

« Les établissements pour personnes âgées dépendantes : lieux de privation de liberté ? » Le Rapport d'activité 2012 du Contrôleur général des lieux de privation de liberté qui vient d'être rendu public, a pour mérite d'oser une question provocante que l'on éludait jusqu'à présent. Il n'est en effet pas du tout inconvenant de se demander si les EHPAD ne devraient pas justifier de contrôles exercés par une autorité indépendante qui a fait preuve depuis sa création en 2007 d'un souci exigeant des valeurs de la démocratie.

Cette proposition faite au Premier ministre en mai 2012 ne met pas en cause les professionnels qui assument souvent de manière exemplaire des missions si peu valorisées qui laissent habituellement indifférente la société. Je suis témoin de leur engagement sans faille auprès de personnes souvent affectées dans leurs facultés de discernement et donc d'exprimer une volonté libre, que l'on « place » en institution lorsque le maintien au domicile s'avère impossible. Un conjoint incapable d'assister plus longtemps celle ou celui qui a perdu toute autonomie, un espace de vie incompatible avec un suivi médicalisé, une situation de crise ou d'aggravation de l'état de santé : autant de ruptures qui contraignent à des décisions vécues douloureusement faute d'anticipations et bien souvent d'autres perspective. Car l'entrée en institution se fait dans bien des cas dans l'urgence ou par défaut, lorsque les alternatives sont épuisées et qu'une « place » se libère enfin. Il s'agit rarement d'une décision volontaire, négociée, consentie, tant l'image de « l'institutionnalisation » semble révoquer ce à quoi la personne était jusqu'alors attachée : sa liberté, sa sphère privée, ses habitudes, ses préférences et plus encore un cadre de vie familier.

En dépit de prévenances et de réassurances dès la visite de l'EHPAD et l'entretien d'accueil, la vision péjorative de ce « dernier lieu d'existence » s'impose comme une marque, une forme de stigmatisation et de relégation sociale ressentie comme une déchéance. On évoque à propos de ces établissements cette notion de « bout du bout », et ce ne sont pas les quelques tentatives d'ouverture sur la cité qui permettent de maintenir une citoyenneté dont bien des indices donnent le sentiment que la personne ainsi « hébergée » est destituée. Franchir le seuil de l'établissement c'est être en demeure de renoncer à son passé, à son histoire, aux quelques relations qui se dissiperont ne serait-ce que pour des raisons d'éloignement. Entreprendre un travail de deuil forcé, souvent solitaire, dans un contexte peu favorable à l'épanouissement personnel en dépit des efforts déployés en « activités occupationnelles » ajoute à cette sensation de pertes cumulées, voire de « mort sociale ».

Comment des personnes qui sont parfois restées de longues années chez elles, soutenues par des proches au cours de l'évolution d'une maladie, vivent-elles la séparation, l'intégration dans une structure spécialisée ? Sont-elles encore reconnues dans l'expression d'une parole propre qui exprime leur refus, alors qu'il leur est asséné que cette mesure est « prise pour leur bien », parfois en les trompant quand on renonce à leur avouer qu'elle est définitive ? Les proches, usés eux aussi par des années de luttes épuisantes les « abandonnent » avec un lourd sentiment de culpabilité dans ses structures si peu propices à ce qu'ils espéraient « de mieux » pour l'être cher. Ils n'auront pas été en mesure de l'accompagner jusqu'au bout « à la maison », ce qu'ils éprouvent comme un manque de loyauté au regard d'un engagement qu'ils auraient souhaité tenir. On ne saurait éviter également les aspects financiers du coût de cet hébergement (entre 2 000 et 5 000 euros, selon les 'formules'), la nécessité d'y engloutir les quelques économies réunies ou alors d'imputer à des membres de la famille un devoir de solidarité qui éveille parfois des conflits latents. Certaines personnes âgées se laissent ainsi « glisser » (syndrome de glissement), choisissant de renoncer de manière anticiper à l'existence pour ne pas peser davantage sur leurs proches. Qu'en est-il dans ces conditions des questions de liberté et de justice, à l'épreuve d'une réel souvent violent, voire sordide ?

En décrivant ainsi certaines réalités du « placement » en EHPAD que l'on ne peut dissimuler, j'ai bien conscience d'être partiel et partial dans mon propos et de ne pas rendre l'hommage qui s'impose à tant d'initiatives profondément différentes. Celles que je connais et qui sont représentatives d'une toute autre approche de la personne âgée lourdement dépendante, reconnue pour ce qu'elle est, respectée dans la dignité et la tendresse jusqu'aux derniers instants de sa vie. Un mouvement de mobilisation parcourt plus qu'on ne le pense ces espaces ultimes de la sollicitude et du soin. Il conviendrait de soutenir ceux qui témoignent d'un sens de la solidarité et de la fraternité là où notre société considère parfois, avec tant d'outrance, qu'il est des existences grabataires indignes d'être vécues... C'est pourquoi je suis convaincu que l'initiative proposée dans le rapport annuel du contrôleur général des lieux de privation des libertés aurait une fonction de pédagogie sociale et de valorisation des avancées les plus remarquables ainsi situées au cœur des attentions de la cité.

Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des lieux de privation des libertés, n'assimile pas sans autre forme les EHPAD à des espaces d'emprisonnement qui remettraient a priori en cause les droits et les libertés des personnes. À juste titre il exprime une préoccupation que notre société semble plutôt négliger, alors qu'elle concerne des vulnérabilités humaines et des risques accentués, ne serait-ce que du fait de la lente et inexorable évolution d'une maladie d'Alzheimer ou d'autres maladies apparentées. Poser ainsi la question des libertés fondamentales dans un contexte on l'on s'habitue trop vite à s'en distancer, me paraît de nature à restaurer une confiance en des institutions souvent dans l'incapacité d'interroger leurs valeurs. Cela pour de multiples raisons à approfondir et à faire évoluer.

Les conditions mêmes de la prise de décision du départ d'un « chez soi » vers une institution ne sont pas toujours attentives à l'aspiration de la personne, voire à son « intérêt supérieur ». Est-on toujours loyal à son égard dans l'information qui lui est communiquée ou dans le respect de son opinion à travers une véritable concertation ? Selon quels critères évalue-t-on l'impératif de la déraciner de son environnement de vie, de manière habituellement irréversible, pour lui imposer un cadre où elle perdra bien vite ses repères et toute forme d'intimité ? Car être reconnu comme un être libre c'est tout autant être respecté dans ses décisions, ses refus, ses assentiments (même limités à quelques signes encore expressifs), que dans ses secrets, ses préférences, ses envies.

Sans y accorder l'attention nécessaire, dans nombre d'établissements des informations d'ordre personnel circulent sans le moindre respect de la confidentialité, ce qui constitue un abus caractéristique, un manque d'égards et de protection. Se voir soumis à l'arbitraire de décisions et de contrôles imposés selon des règles ou des habitudes rarement discutées, revêtu le matin de tenues indifférenciées comme le sont les survêtements, contraint par des rythmes et des ordonnancements peu soucieux de ce à quoi aspirerait la personne, interroge les pratiques et les mentalités. Je n'évoquerai pas les quelques situations de contentions physiques, les actes brusques ou maltraitants, les camisoles médicamenteuses.

Autant d'abus qu'expliquerait l'idéologie de la précaution institutionnalisée ou la nécessité de compenser des carences en effectifs soignants, et non, comme on l'avance pour justifier l'injustifiable, la protection et le bien être de la personne. Qu'en est-il dans de telles conditions et avec de telles logiques (souvent inspirées par un souci de rentabilité et d'efficience) du respect de la volonté de la personne ainsi ramené à un statut incompatible avec l'idée que l'on peut se faire de la dignité humaine ? J'observe que dans certaines institutions, la personne trop dépendante, voire grabataire, est renvoyée vers d'autres structures lorsque la « prise en charge » devient à ce point « lourde » qu'il faudrait lui consacrer trop de temps... Du jour au lendemain elle perd les quelques attaches qu'il lui avait été pourtant si difficile de reconstituer en institution.

Tout cela doit être dit et reconnu, ne serait-ce que pour faire davantage apparaître, par comparaison, la signification propre de ces modes d'hospitalité et d'accompagnement développés dans les EHPAD innovants qui conçoivent et assument autrement la responsabilité de leurs missions. La personne peut s'épanouir en institution pour autant qu'elle soit reconnue, estimée, écoutée, ayant le sentiment d'être membre d'une communauté vivante, créative, ouverte sur l'extérieur. Rien à voir avec les lieux d'enfermement et de désespérance, ces couloirs où sont alignées dès le matin des personnes attachées assoupies sur un fauteuil roulant, avec pour fond sonore TF1 en continu, et que l'on gave d'aliments en bouillie aux horaires compatibles avec l'organisation générale de la structure...

En fait seuls quelques proches maintiennent une certaine veille auprès de ces vieilles personnes abandonnées dans le grand âge, voire désertées par la pensée, pour porter ce regard attentionné qu'ils partagent avec les professionnels conscients d'un engagement à préserver en dépit des négligences et de choix gestionnaires. Car il convient de ne pas dissimuler les véritables enjeux. En EHPAD, comme dans d'autres institutions, la liberté a un prix, au même titre que la qualité de vie. Pour être attentif à la personne, disponible et prévenant, il s'avère indispensable de bénéficier de compétences mais également d'équipes en capacité s'assurer la multitude de fonctions souvent complexes et prenantes.

Je suis convaincu que le souci de liberté s'avère déterminant dans un contexte ou la perte d'autonomie, le cumul de dépendances et d'altérations affectent la personne dans l'idée même que certains osent porter sur sa dignité et son humanité même. Pour les professionnels eux-mêmes, réfléchir à la liberté de l'autre, au pouvoir que l'on risque d'exercer sur lui faute de respect et de discernement, peut contribuer à la réhabilitation d'un exercice professionnel qui doit être assumé de manière digne. Dès lors, les critiques lancées contre cette proposition d'intervention du Contrôleur général des lieux de privation de liberté dans les EHPAD me semblent ou injustifiées ou relever d'une méconnaissance de ce qui se joue d'essentiel dans ces lieux du soin à penser comme des lieux de vie. Je considère comme une avancée démocratique cette volonté de porter une telle attention à ces territoires trop retirés de l'espace public, trop marginalisés alors qu'on doit y défendre des valeurs d'autant plus exigeantes qu'elles concernent des personnes vulnérables, souvent incapables de revendiquer quoi que ce soit pour elles. Dans un tel contexte nos responsabilités humaines et sociales sont particulièrement engagées.

Emmanuel Hirsch
Professeur d'éthique médicale, université Paris Sud

Source : Le blog d'Emmanuel Hirsch

Pour aller plus loin : Le Rapport 2012 du Contrôleur général des lieux de privation de liberté

 

 

 

Voir aussi les conférences que donnent actuellement Le Professeur Emmanuel Hirsch sur ce thème : plusdignelavie.com

 

 

par Véronique Demers, Québec Hebdo, 04/04/2013 (extraits)

Des plaines d'Abraham au parlement de Québec

Le Rassemblement québécois contre l'euthanasie (RQCE) organise une marche provinciale le 18 mai à Québec pour exprimer sa position au sujet du projet de loi provincial nommé «aide médicale à mourir» que compte adopter prochainement le gouvernement Marois.

(...) Les représentants du RQCE invitent toute la population à participer à cette marche citoyenne dont le thème est «L'euthanasie chez nous, non merci».

Les responsables de l'événement veulent dénoncer le dérapage potentiel d'ouvrir l'euthanasie dans la pratique des soins au Québec. «En Belgique ou en Hollande, où l'euthanasie est dépénalisée, près de 30% des gens euthanasiés le sont sans leur consentement et dans la majorité des cas, le médecin ne le déclare pas. Il faut se servir de l'expérience négative ailleurs pour ne pas introduire ça au Québec», a souligné Dr Marc Bergeron, hémato-oncologue.

«En Belgique, par exemple, un médecin qui ne veut pas procéder au geste euthanasique, au nom de sa conscience, doit informer son patient qu'il ne se rendra pas jusque-là et trouver un collègue [prêt à poser l'acte]», a renchéri Louis-André Richard, professeur de philosophie.

Les experts opposés en majorité

Selon l'organisateur de la marche, Dr Claude Morin, le projet de loi est inique pour les personnes souffrantes en fin de vie. «Nous tendons la main à tous les acteurs de la société, en particulier les politiciens, afin que la sécurité et la dignité de ces personnes soit assuré par des soins palliatifs de qualité», a-t-il souligné.

De son côté, le médecin de Sainte-Foy en hémato-oncologie Marc Bergeron a précisé que les malades en fin de vie peuvent être traités adéquatement avec des soins palliatifs. «Les experts et gens bien informés qui ont déposé des mémoires lors de la Commission Mourir dans la dignité ont voté à 69% contre l'euthanasie», a-t-il rappelé.

Climat de confiance entaché

Louis-André Richard, professeur de philosophie parmi les organisateurs de la marche, anticipe que le climat de confiance risque de s'effriter. «Ce qui s'est bâti entre le thérapeute et son patient risque d'être entaché par un spectre qui pourrait décider, pour des raisons économiques par exemple, de libérer la chambre. Un soin est curatif, ce n'est pas un geste qui provoque la mort», a-t-il déploré.

«L'euthanasie élimine le souffrant, pas la souffrance» - Dr Claude Morin, organisateur de la marche

M. Richard a poursuivi en notant que les demandes de gens voulant qu'on les tue sont plutôt rares. «Le vrai problème est qu'un être humain ne veut pas mourir seul, comme un chien. Ce dernier passage de vie obligé ne se vit pas de la même manière lorsqu'on est entourés que seul dans sa chambre. Le vrai investissement devrait être là», conclut-il.

Information sur la marche du 18 mai 2013: www.euthanasienonmerci.org

Source : Québec Hebdo

 

 

Auditions sur la fin de vie à l'Assemblée nationale

par Joséphine Bataille, La Vie, 03/04/2013 (extraits)

Le député Jean Léonetti a déposé une proposition de loi sur la fin de vie qui devrait être examinée le 25 avril. Il a mené des auditions ce matin-même à l'assemblée nationale.

Des auditions sur la fin de vie viennent de débuter à l'Assemblée nationale ! Mais rien à voir avec le projet de loi sur la fin de vie qu'a promis de déposer le gouvernement au mois de juin. C'est en effet à l'initiative du député Jean Léonetti (UMP), qui a donné son nom à la loi sur la fin de vie actuellement en vigueur, qu'une proposition de loi va être examinée dès le 25 avril prochain.

(...) Or c'est la question d'une légalisation de l'euthanasie, ou tout au moins d'une assistance au suicide, que François Hollande entend trancher, et c'est sur cette question entre autres qu'il a saisi le Comité consultatif national d'éthique (CCNE).

(...) Plus que l'euthanasie, c'est la question de la sédation terminale qui a été au centre des discussions, comme l'explique Jean Léonetti sur son compte twitter : "Les trois auditions sur la fin de vie convergent sur le refus de l'euthanasie et divergent sur définition de la sédation en phase terminale".(...)

Or s'il s'agit, par la sédation, de provoquer la mort, il s'agit bel et bien d'une forme d'euthanasie. Et jusqu'à présent, les textes de loi et de bonnes pratiques médicales s'étaient efforcés de distinguer la sédation qui vise à soulager la souffrance, de celle qui vise à accélérer la mort.(...)

Jean Léonetti résume ainsi le dilemne dans un tweet : "Sédation en phase terminale ? Sédation dans un but terminal ? Dormir sans souffrir avant de mourir ou endormir pour faire mourir ?". Avant de prendre de front la question du suicide assisté, comme le souhaite François Hollande, c'est bien celle de la sédation qui devra être enfin clarifiée.

Source : La Vie

 

 

Fin de vie : Jean Leonetti prend de court le gouvernement

par Bruno Martrette, Le Nouvel Observateur, 01/04/2013

Le député Jean Leonetti vient d'obtenir la discussion prochaine à l'Assemblée de sa proposition de loi sur la fin de vie. Son but, savoir si le gouvernement est favorable ou pas à l'euthanasie.

Le débat sur la fin de vie s'accélère. Le député UMP des Alpes- Maritimes Jean Leonetti a décidé de prendre de vitesse le gouvernement en obtenant la discussion au Parlement le 25 avril de sa proposition de loi sur la fin de vie. Alors que l'Elysée a annoncé la présentation d'un projet de loi avant fin juin, le député souhaite utiliser une séance réservée aux textes du groupe UMP à l'Assemblée nationale pour interpeller le gouvernement et connaître les positions des ministres concernés.

Son texte déposé le 27 février contient deux articles. Il prévoit notamment que toute personne atteinte en phase terminale d'une affection grave et incurable est « en droit de demander à son médecin traitant l'administration d'un traitement à visée sédative, y compris si ce traitement peut avoir un effet secondaire d'abréger la vie ».

Concernant le second article, il dispose que lorsque les directives anticipées sont rédigées sous la forme d'un projet de soins validé à la fois par le patient et par le médecin, elles s'imposent à ce dernier. Les directives anticipées, qui n'ont pas d'effet contraignant en cas d'urgence vitale immédiate et dans un contexte de pathologie psychiatrique, devront être toutefois « insérées dans le dossier médical du patient et sa carte Vitale », précise le texte.

« Le fait d'en débattre permettra aux uns et aux autres de se dévoiler. Chacun dira ce qu'il pense et chacun prendra ensuite ses responsabilités », a estimé le député joint par l'agence APM. Il s'agit notamment pour l'élu UMP de savoir si le gouvernement va ou pas se prononcer en faveur de l'euthanasie, ou du suicide assisté. Une prise de position claire très attendue car Jean Leonetti affirme avoir relevé un flou dans la position de l'Elysée et du gouvernement avec des « différences » entre les membres qui ne disent « pas tous la même chose ».

Le député a néanmoins tenu à rappeler dans le même entretien que sa proposition traduisait les recommandations du rapport de Pr Didier Sicard, rendu public fin décembre 2012, estimant que ce rapport ne préconisait pas de revenir sur la loi Leonetti de 2005 mais plutôt d'y apporter des améliorations.

La commission Sicard écartait il est vrai l'euthanasie dite « active », estimant qu'elle franchirait la barrière d'un interdit », et recommandait « dans le sillage de la loi Léonetti », dans les cas de fin de vie difficiles où le malade demande clairement que sa vie cesse, que la médecine puisse lui apporter « une sédation terminale sans violence ni hypocrisie avec une fin de vie douce et adaptée à son état ». Enfin, « l'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) permettra également de faire avancer le débat », conclut Jean Leonetti . Un avis sur la fin de vie qui est attendu pour le mois d'avril.

Source : Le Nouvel Observateur

 

 

Les Français veulent mourir chez eux mais la majorité décède à l'hôpital

PARIS - Huit Français sur dix souhaiteraient finir leurs jours chez eux, mais la majorité d'entre eux meurt à l'hôpital, souligne le dernier rapport de l'Observatoire national de la fin de vie rendu public jeudi qui critique le manque de coordination dans ce domaine.

Les Français veulent à 81% mourir chez eux, mais seulement 25,5% des décès surviennent effectivement à domicile (contre 28,65% en 1990), relève ce rapport intitulé Fin de vie à domicile.

Le domicile est vécu comme le lieu dune mort plus naturelle, plus tranquille, moins technique et moins déshumanisé que l'hôpital où meurent 60% des Français.

Mais vers la fin, quand la situation devient difficile, il arrive que l'on change d'avis: 30 jours avant le décès, seuls 30% des patients sont à l'hôpital, alors que la veille du décès cest le cas de plus de 60% d'entre eux. Autrement dit, seul un tiers des personnes qui vivent à leur domicile un mois avant leur décès y meurent effectivement...

Et alors que la part des décès à l'hôpital restait stable, celle des décès en maison de retraite est passée de 8% en 1990 à 11,6% en 2010.(...)

En France (...) deux maillons faibles de la continuité des soins : la nuit et le week-end.

Le rapport souligne le défaut de coordination des soins. Selon lui, le système de santé, trop complexe, nest plus adapté à la réalité de la fin de vie. Loffre de soins est de moins en moins lisible : les dispositifs de prise en charge se sont considérablement multipliés... au point que plus personne ne sy retrouve vraiment !

Faute d'anticipation et de communication, l'hôpital - qui est un véritable vivier dexpertise avec ses consultations douleur, équipes mobiles de soins palliatifs, équipes mobiles gériatriques - reste une ressource très mal utilisée.

(...)

(©AFP / 18 mars 2013 18h26)

 

 

Bruxelles: 500 personnes à la «Marche Pour La Vie»

La Capitale, 24/03/2013

Durant la quatrième édition de la «Marche Pour La Vie», organisée dimanche après-midi à Bruxelles, la liberté de conscience du personnel médical était le thème central de la manifestation familiale.

Selon les organisateurs, qui sont opposés à l'avortement et à l'euthanasie, certains parlementaires belges veulent empêcher les docteurs de soigner leur patient en tout honneur et conscience. La marche a rassemblé «environ 500 personnes» selon un décompte de la police de Bruxelles.

«Depuis la loi sur l'euthanasie, votée il y a dix ans, plusieurs parlementaires ont tenté de limiter la liberté de conscience des médecins et du personnel infirmier», ont expliqué des manifestants participant à la «Marche Pour La Vie».

Selon l'organisation de l'événement, certains voudraient nier la possibilité de l'objection de conscience aux maisons de soins et aux médecins qui refusent l'euthanasie. Ils seraient ainsi tenus de transmettre le dossier médical à un collègue qui est prêt à mettre fin à la vie de son patient.

Par cette manifestation, le collectif entend dénoncer toute restriction de la liberté de conscience du personnel des soins de santé.

Source : lacapitale.be

 

 

Être vieux est donc une maladie honteuse !

José Meidinger, 16/03/2013

Dans les tuyaux du gouvernement, qui ne sait plus quoi inventer pour emmerder les automobilistes, voilà qu'il est question d'un autocollant que les seniors devraient arborer sur la lunette arrière de leur véhicule. C'est ce qui ressort d'un rapport commandé par le Premier ministre qui prépare une loi sur le troisième âge. Une « étoile vermeille » en quelque sorte, sous forme de « S », pour indiquer que les seniors de 75 ans ont dépassé l'âge « idéal » pour conduire. Comme si être « vieux » au volant était un handicap, une maladie honteuse ou un danger public. Une suspicion pour le moins vexatoire quand les statistiques de la Prévention routière indiquent que ces mêmes seniors sont impliqués dans moins de 10 % des accidents, alors que les juniors battent tous les records.

Les conducteurs « âgés » qui, par définition, ont de la bouteille, seraient plus prudents, rouleraient moins vite et ne feraient qu'exceptionnellement de longs déplacements. Ils sont en outre rarement accros à la « fumette » et ne prennent guère le volant en sortant éméchés de boîte de nuit, à quatre heures du matin. Leur permis de conduire est le plus souvent vierge du moindre point retiré et l'assurance de leur véhicule culmine généralement au maximum du bonus engrangé.

On ne comprend pas, dès lors, cette stigmatisation que les pouvoirs publics veulent infliger à nos aînés qui trustent souvent les diplômes et médailles de « conducteurs exemplaires » de la Prévention routière. Mais comme il faut toujours justifier les fausses « bonnes idées », les promoteurs de ce projet s'appuient sur l'exemple du Japon où un tel « affichage » est obligatoire après 75 ans, comme l'est chez nous la lettre « A » pour les conducteurs novices, quel que soit leur âge.

Tant qu'on y est, pourquoi ne pas « étiqueter », sur l'arrière de leur véhicule, les sexes respectifs des conducteurs, homme ou femme, les énarques, le corps enseignant, les fonctionnaires, les Lorrains, les chômeurs, les fumeurs au volant, les hébergeurs de chiens, les belles-mères, les beaufs, les gays, les célibataires, les sourds et un raton laveur... Chacun conduit son véhicule selon son expérience, son tempérament, quel que soit son âge. Au volant, comme dans la vie, il y a des vieillards de 40 ans comme il y a des « jeunes hommes verts » de 90 ans.

Dans le collimateur du gouvernement qui cherche à amputer leur retraite, les « vieux » en ont ras le bol de ce « racisme » discriminatoire, racisme de l'âge, d'une société où il faut être jeune, beau et riche de préférence, plutôt que vétéran, dinosaure antédiluvien et fier de l'être, évadé de Jurassic Park, mais « vert » comme Abraham, Déon, Picasso ou Charlie Chaplin... Ce n'est que lorsqu'on a atteint le sommet de la montagne, affirme le sage Khalil Gibran, que l'on peut commencer à grimper. Et ce n'est qu'avec la sagesse de l'âge que l'on sait vraiment maîtriser son véhicule !

Source : bvoltaire.fr

 

 

Jean-Baptiste Fichet, sur causeur, 17/03/2013, extraits

Le jeunisme est un naufrage

Qu'on n'aille pas croire que nous défendons les vieux par principe : il en reste encore, et peut-être plus qu'autrefois, d'affreusement retors, bouffis de vertu et de morale – au hasard, ces momies liftées qu'on voit depuis trente ans se balader des colonnes des journaux à l'antenne des radios, de la direction de tel canard à telle émission de « débat », en ânonnant leurs oukases. Allons plus loin : nos vieux sont peut-être plus vicelards, plus machiavéliques que jamais, puisqu'ils ont fomenté ce stratagème consistant à caresser leurs « jeunes » dans le sens du poil, au lieu de leur coller un aller-retour et au lit. Par eux, l'admiration gélatineuse a remplacé le martinet comme instrument de domestication.
Les concepteurs de la collection Le monde expliqué aux vieux sont, personne n'en doute, des hommes parmi les mieux attentionnés qui soient : leur innocence perfore. C'est sans complexe qu'à la trique totalitaire ils substituent la commisération acidulée, et au camp de rééducation, la démocratique « pédagogie », laquelle se fait fort de ramener les brebis égarées dans les étables de l'infantilisme convivial. Les vieux, c'est acquis, sont des sacs plastiques boueux attachés au pot d'échappement du « jeune » filant, véloce, dans les dédales du monde moderne. Aussi sucré soit-il, le message est clair : vieillards, apprenez vos leçons, ou on vous décroche. Après tout, l'euthanasie, c'est pas pour les chiens... Enfin plus seulement.

Ce qui reste d'humanité attardée – donc vivante – fait donc pour la collection Le monde expliqué aux vieux des vœux d'impeccable échec, et invite ses vieillards les plus décrépits à faire de ces livres pieux, à l'occasion, un bel autodafé, avant de lancer à leur tour, pourquoi pas, une collection un peu enlevée et qui s'appellerait : Les vieux expliqués au monde.

Source : causeur.fr

 

 

par Thierry Duberral, Le nouvel Observateur, 19 Mars 2013 (extrait)

Si la France doit modifier les conditions de fin de vie, elle devrait le faire par référendum. C'est, en tout cas, l'opinion majoritaire des Français sur cette question.

Les Français veulent faire de l'euthanasie un débat national ponctué par un référendum. Selon un sondage Harris Interactive/Tilder/institut Montaigne réalisé pour la la chaîne parlementaire LCP, 68% des personnes interrogées pensent qu'il serait important de soumettre au suffrage populaire une modification des conditions d'autorisation de l'euthanasie. Pour 28%, cette question relève du Parlement.

Les résultats de ce sondage soulignent l'importance que les Français accordent à cette question. Le choix du référendum exprime leurs doutes sur ce sujet. Mais paradoxalement, cette forme de consultation suppose de répondre à une question simple. Or, par nature, la question de l'euthanasie renvoie plutôt à des situations qu'à des réponses tranchées.

Source : nouvelobs.com

 

 

Fin de vie en cancérologie : un décalage entre les sondages et le quotidien de soignants

Par : Un groupe de soignants Médecins, infirmières et kinésithérapeutes de l'Institut Curie, 12 mars 2013

Selon un sondage, 86 % des Français seraient favorables à une loi légalisant l'euthanasie (1). En tant que soignants, nous ne pouvons ignorer ce point de vue, mais quelle signification lui donner ? Sur le terrain de notre quotidien à l'hôpital, nous sommes très rarement confrontés à ce type de demande qui persisterait dans le temps. Comment donc peut-on expliquer un tel décalage entre l'expression du grand public et celle des patients ? Ce sondage ne reflète-t-il pas avant tout la crainte légitime de mal mourir ? Certains ont-ils été témoins de fins de vie inadmissibles qui les encouragent à programmer leur propre mort ? Mais comment ne pas entendre aussi une certaine perte de confiance envers nous, les «soignants», et la crainte de ne pas être bien pris en charge, écoutés, entendus et soulagés jusqu'au bout de la vie ? Dans de rares cas, des patients en fin de vie présentent des symptômes physiques «réfractaires» à nos traitements. Selon la loi, les médecins peuvent alors proposer des traitements provoquant une sédation (2) afin de soulager le patient physiquement et psychiquement, quitte à accélérer la survenue du décès. Ces décisions sont prises en concertation avec le patient, ses proches et les équipes soignantes.

La sédation ne doit être ni banalisée ni sous-utilisée. Son but est de soulager et non de faire mourir, une différence d'intention majeure pour le patient, les proches et pour nous aussi, soignants. La loi Leonetti réaffirme aussi le droit du patient à refuser des traitements qu'il considère comme relevant de l'acharnement thérapeutique. Mais les médecins sont souvent confrontés à une situation contraire : des malades demandent la poursuite de traitements anticancéreux alors même que l'équipe médicale envisageait leur interruption. La demande de vérité, forte chez les bien-portants ou les patients dont la maladie est peu évoluée, se transforme en fin de vie en une demande d'espoir et de traitements parfois déraisonnables. La réponse à ces demandes n'est pas facile car une annonce brutale de pronostic grave ou d'arrêt de chimiothérapie peut provoquer une sidération psychique, une détresse morale et favoriser une demande de mort anticipée. Les demandes d'euthanasie sont finalement rares et souvent transitoires. Beaucoup émanent des familles et non des patients directement. D'autres correspondent à une période de détresse en rapport avec un symptôme plus difficile à tolérer et qui doit être traité. Les exemples sont nombreux de patients qui font une demande de ce type dans un moment de découragement ou de désespoir, puis reconnaissent a posteriori que si nous avions accédé à leur demande, ils n'auraient pu mener à bien certains projets personnels importants. Sur les risques d'une légalisation de l'euthanasie au nom de l'autonomie du patient, quelques soignants envisageraient une modification de la loi afin d'aider les malades à mettre fin à leurs jours de manière anticipée. Cependant, la plupart mettent en garde contre le risque prévisible de dérives. Quel message sera alors reçu par les plus fragiles, rendus «euthanasiables» : «Ai-je encore ma place dans la société ?», «Dois-je demander la mort pour soulager ma famille ?» Et quel traumatisme persistant chez les proches et les soignants suite à la réalisation d'un tel geste ? L'accroissement du pouvoir médical ne conduirait-il pas à une déshumanisation de la médecine qui ne saurait quoi faire de ce pouvoir de tuer ?

Ainsi la légalisation du pouvoir d'euthanasier fragiliserait le lien thérapeutique soignant-soigné, jusqu'à le rompre. Le patient oserait-il faire confiance aux soignants si ceux-ci sont à même de lui rappeler la possibilité d'en finir plus vite ? La loi «sur la fin de vie» existe, c'est la loi Leonetti : elle permet d'aller loin dans le respect de l'autonomie, dans l'accompagnement, le soulagement et parfois la sédation. Elle constitue un cadre fondamental et un garant de sérénité de tous. Elle nous est enviée par de nombreux pays européens. Elle est probablement insuffisamment connue des soignants, mais aussi des citoyens. Dans son rapport remis le 18 décembre au président de la République, le professeur Sicard a posé des conclusions qui correspondent le plus souvent à notre expérience de terrain : inégalité d'accès aux soins palliatifs, mauvaise connaissance de la loi actuelle, utopie à résoudre par une loi la grande complexité des situations de fin de vie. Le rapport souligne aussi le danger de dérives graves - vécues par d'autres pays - à autoriser l'euthanasie (avec cependant une ouverture sur une réflexion concernant le suicide assisté).

Dans cet esprit, nous, groupe de soignants de l'Institut Curie, défendons les valeurs d'une médecine à la fois compétente et humaniste. Pour nous, la prise en charge palliative centrée sur les attentes du patient - quelle que soit la vulnérabilité psychique ou physique que la maladie lui impose - est le meilleur garant du respect de sa dignité. Nous voulons, pour le malade en fin de vie, l'accès à des soins exigeants et de qualité. Nous pratiquons une médecine qui n'est pas toute puissante, qui connaît ses faiblesses et ses limites, et ne peut satisfaire toute demande. Nous voulons avant tout maintenir jusqu'au bout le lien de confiance.

(1) Sondage Ifop septembre 2012. (2) Sédation : perte de conscience, endormissement.

Isabelle Aerts, Séverine Alran, Francisco Arbonés-Heredia, Lucile Aubert, Pierre Bey, Jean-Christophe Biffaud, Carole Bouleuc, Franck Bourdeaut, Laurence Bozec, Alexis Burnod, Etienne Brain, Pauline Bruneton, Wulfran Cacheux, François Campana, Sylvie Carrié, Chafia Chassaing, Anne Chillès, Laure Copel, Jean Danis, Florence Deguerry, Anne de la Rochefordière, Flore Desgrées du Lou, Bénédicte d'Hendecourt, Véronique Diéras, Janine Dumont, Marie-Christine Escande, Marc Estève, Audrey Foisil, Philippe Goater, Geneviève Gridel, Sylvie Helfre, Claude Huriet, Sandrine Jourdain, Irène Kriegel, Céline Lahalle, Valérie Laurence, Florence Lerebours, Christophe Le Tourneau, Claire Llambrich, Alain Livartowski, Edith Loureiro, Anne Mask, Sandra Malak, Paul Meria, Laurent Mignot, Charlotte Ngô, Patricia Moisson, Daniel Orbach, Hélène Pacquement, Solene Padiglione, Sophie Piperno-Neumann, Vérène Praud, Céline Richard, José Rodriguez, Clothilde Roy, Martine Ruszniewski, Suzy Scholl, Brigitte Sigal, Nadine Stievenard, Pierre Teillac, Perrine Vourc'h.

Source : libération.fr

 


de Fabrice Remy, 05/03/2013

N'importe qui peut être euthanasié n'importe quand, contre son gré.

Au Royaume-Uni, les critères qui justifient une euthanasie par sédation semblent être les suivants :
1) être malade et/ou accidenté,
2) être hospitalisé dans un hôpital public participant au Liverpool Care Pathway.

Illustration : Robert Goold, 51 ans, a été euthanasié par sédation sans son accord, et sans aucune explication de la part de l'équipe médicale, après une chute dans les escaliers.

Chaque année, 57 000 britanniques sont euthanasiés par sédation dite "palliative" sans qu'on leur demande leur avis. Les hôpitaux qui pratiquent le plus d'euthanasies par sédation reçoivent, selon toute vraisemblance, des bonus financiers.

Source : lepeupledelapaix.forumactif.com

 

Belgique: euthanasie, explications de Mgr Léonard

Argumentation philosophique et débat public

Bruxelles, 8 mars 2013

Il est donc question d'étendre, sous certaines conditions, la dépénalisation de l'euthanasie aux personnes mineures et aux personnes démentes. Cette perspective nous consterne. Quand je dis « nous », il s'agit des évêques de Belgique. C'est donc bien en tant que Président de la Conférence épiscopale belge que je m'exprime ici. Et cependant il s'agira essentiellement d'une parole citoyenne. Nous n'argumenterons pas à partir des lumières de la foi chrétienne en ce domaine, mais uniquement d'un point de vue philosophique, à titre de participation au débat public.

Déjà en 2002, nous avions exprimé nos plus vives réserves quant à la dépénalisation de l'euthanasie, demandée librement par un patient en vue d'échapper ainsi à des souffrances jugées insupportables. D'abord parce que nous disposons aujourd'hui de soins palliatifs performants et qu'en cas de souffrance intense et rebelle, nous pouvons encore faire appel, en dernier recours, à la sédation dans la stricte mesure du nécessaire.

Ensuite et surtout, parce que le principal argument pour rendre acceptable cette dépénalisation était la liberté de l'individu à disposer de soi. Et l'on insistait : personne n'est obligé de demander l'euthanasie ; pourquoi donc la refuser à celui qui la réclame librement pour soi et pour soi seul ?

L'introduction de l'euthanasie, loin de limiter ses effets au seul individu qui la réclame, modifie dans toute une société le rapport fondamental à la vie et à la mort et mine la solidarité vitale de tous les citoyens avec les personnes souffrantes. Je m'en explique en abordant la question actuelle de l'extension de son application aux personnes mineures et aux personnes démentes.

De nouveau, on invoque en faveur de cette extension la liberté de l'individu. Mais n'est-ce pas un abus criant quand il s'agit de personnes mineures, quand bien même on évoquerait leur éventuel « discernement » ? Argumentation étrange quand on sait que les mineurs d'âge sont, en des domaines importants, jugés légalement incapables de certains actes, par exemple, d'acheter ou de vendre, de se marier, etc. Et voici que, tout d'un coup, ils seraient suffisamment mûrs aux yeux de la loi, pour se faire donner la mort, ce qui est la décision plus grave qui puisse être prise les concernant !

Semblablement, il est risqué de déléguer à d'autres, par un « testament de vie » à long terme, la faculté de décider à ma place quand je serai dément et de passer, par procuration, à mon euthanasie. Cette décision libre, mais à retardement, de confier à autrui la tâche de me faire mourir est-elle vraiment compatible avec un État de droit ?

Ici à nouveau, la décision prétendument purement individuelle que je prends risque de peser lourd sur autrui. Paradoxalement, le choix, soi-disant strictement personnel, que je pose va rapidement conditionner fortement la liberté d'autrui. Si cette pratique se répand et s'il suffit, pour la légitimer, que j'y consente par anticipation, elle se traduira vite par l'insinuation, d'autant plus sournoise qu'elle est inconsciente : « Ne devrais-tu pas en faire autant ? Cela arrangerait finalement tout le monde. Au lieu de peser inutilement sur autrui et sur la société, il « suffit » que tu donnes ton consentement à l'avance. C'est si simple... »

Cette survalorisation du consentement personnel renforcera encore l'individualisme et la solitude qui minent la solidarité de chacun avec tous et de tous avec chacun. Qu'on le veuille ou non, notre liberté personnelle ne vit que de multiples liens : à la nature, à notre corps, à la liberté d'autrui et, finalement, à tout homme, à toute femme, notre semblable. Plutôt que de résoudre la question du « bien mourir » en laissant chacun organiser, pour son propre compte, par le truchement de quelques personnes, sa « sortie de scène », n'est-il pas plus humain d'être tous solidaires de l'épreuve de chacun, de chacune, en posant sur eux un regard qui confirme leur dignité et en cherchant activement à soulager la souffrance qui les accable ?
Enfin, il a suffi de 11 ans pour envisager une extension de l'euthanasie initialement non prévue, voire écartée. Combien de temps faudra-t-il pour envisager d'autres élargissements ? Car, s'il « suffit » de donner son consentement, si ce geste, en se multipliant, se banalise, il ne manquera sans doute pas d'« esprits larges » qui, dans quelques années, jugeront qu'on peut, dans nombre de cas, « présumer » légitimement ce consentement chez le mineur qui l'eût donné, si son discernement avait été un peu plus mûr, ou chez la personne démente qui l'eût confirmé si on le lui avait proposé en temps opportun.

En adoptant cette position, nous, évêques de Belgique, ne faisons pas le choix de la souffrance qui, comme telle, est destructrice. L'Église catholique est d'ailleurs à l'origine de la plupart des soins de santé en nos pays. Nous ne nions pas non plus l'existence de la liberté individuelle. Mais nous proposons positivement l'option pour des soins palliatifs toujours plus performants et éloignés de tout acharnement thérapeutique. Et nous soutenons, tout aussi positivement, le primat de la liberté « solidaire » sur la liberté prétendument « solitaire », mais, finalement, si contraignante pour autrui.

Mgr A.-J. LÉONARD,
Archevêque de Malines-Bruxelles

Source : Zenit