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Manifestation contre l'euthanasie : «Je marche pour la vie de mon fils»

par Aline Gérard, 21/01/2015

Viviane Lambert, la mère de Vincent, ce tétraplégique au cœur d'une bataille judiciaire et familiale, défile aujourd'hui pour la première fois avec les militants de la Marche pour la vie. Elle s'en explique.

Les « Pro-vie » (anti-IVG) sont de retour, avec cette année, pour la 10e édition de leur Marche pour la vie qui partira à 13 h 30 de la place Denfert-Rochereau à Paris, une participante de marque : Viviane Lambert, la mère de Vincent, ce jeune tétraplégique de 38 ans plongé dans un état de conscience minimale depuis six ans et qui se trouve au cœur d'une incroyable mêlée familiale et judiciaire.

Elle nous explique les raisons qui l'ont décidée à se joindre à ce cortège qui proteste aussi contre l'euthanasie, et sa « confiance » en la décision de la Cour européenne des droits de l'homme qui doit décider si son fils sera maintenu en vie ou pas.

Pourquoi avez-vous décidé de participer à cette marche ?
VIVIANNE LAMBERT. Je marche pour la vie de mon fils. Parce que, aussi, les associations qui l'organisent défendent ce que je crois être juste : le respect de la vie, la défense des personnes vulnérables. Depuis la décision du Conseil d'Etat, la mort est suspendue au-dessus de la tête de Vincent. On avait programmé pour lui une euthanasie. Les associations qui manifestent aujourd'hui se battent également contre ça. Ma présence, c'est ma façon de les remercier pour leur soutien mais aussi de dire que je partage leur inquiétude sur les projets du gouvernement sur la fin de vie. Dès qu'on dit non, on vous reproche vos convictions. Oui, je suis catholique, mais pas intégriste.

En quoi la loi en préparation vous inquiète-t-elle ?
Je ne suis pas experte mais je me demande si un nouveau texte est nécessaire. La loi Leonetti n'a déjà pas été respectée pour mon fils. Les équipes médicales s'en sont servies pour décider de cesser de l'alimenter alors que rien ne le justifiait. Je ne vois pas en quoi une nouvelle loi améliorerait la situation. Je ne juge pas les personnes qui vont à l'étranger pour mourir, mais j'ai vu une émission à la télévision qui m'a laissée perplexe. Si je comprends bien, c'est le malade qui appuie sur la seringue. Personne ne se mouille. Si on veut vraiment soulager les malades en fin de vie, il faut des unités de soins palliatifs dignes de ce nom. Vincent, dans celle où il est, à l'hôpital Sébastopol de Reims, n'a plus de fauteuil, on ne le change pas de position, on ne le lève plus, on ne le promène jamais, il n'a plus aucune séance de kiné. C'est déplorable !

Comment se porte-t-il ?
Je vais le voir tous les jours. Mon mari y va à partir de 13 heures, j'enchaîne à 16 heures. Il dort, se réveille, bien sûr qu'il n'a pas la même conscience que vous et moi, mais quand on l'appelle il tourne la tête. Juste après Noël, il a soulevé à deux reprises la jambe droite et lorsqu'un jour je lui ai mis de la musique, son visage s'est transformé ; le poste était à sa gauche, il l'a cherché. Vincent n'est pas du tout en fin de vie, il n'est pas sous assistance respiratoire, n'a pas de tubes partout, c'est une personne handicapée. En septembre 2012, nous avions eu mon mari et moi le projet de l'emmener en vacances avec nous. Le professeur Kariger était d'accord, il n'y avait vu aucune objection.

Le docteur Kariger estime que vous faites preuve d'une « obstination déraisonnable »...
Non. Si Vincent souffrait d'un cancer, ce serait tout autre chose. Un médecin ne peut pas décider de tout, tout seul, comme l'a fait le docteur Kariger. C'est grave. Dès le début, il a été de mauvaise foi. Il a été partial, il a dévoilé le secret médical. Ce dont a besoin Vincent, c'est d'être transféré dans un établissement adapté. Dans le service où il est, ils n'ont jamais fait de projet de vie pour lui. On ne s'occupe pas de notre fils comme il le faudrait. J'attends que la Cour européenne des droits de l'homme arrête toute cette folie. Je compte les semaines.

La CEDH ne rendra pas sa décision avant deux mois. Elle a examiné l'affaire le 7 janvier dernier. Comment cela s'est-il passé ?
J'ai vraiment confiance. On a hâte que tout cela se termine. Cette audience a été éprouvante, mais elle m'a fait aussi bonne impression. Cela a été beaucoup moins pénible que devant le Conseil d'Etat. Là, quand on a attendu le rapporteur public, on a tout de suite compris, c'était comme d'attendre l'énoncé d'une condamnation à mort. Je n'imagine même pas que la CEDH ne nous donne pas gain de cause. Ce serait trop énorme !

Source : leparisien.fr