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Euthanasier, c'est tuer

par Abbé F. Castel, 06/2007

Nous assistons depuis quelques années à une offensive en faveur de la légalisation de l'euthanasie. La méthode est bien connue ; elle a déjà permis de faire passer les lois en faveur de l'avortement, du mariage des homosexuels et autres lois de la culture de mort. On commence par présenter un projet de loi à l'assemblée sans espoir de le faire accepter mais simplement pour donner à l'idée une certaine légitimité et lancer le débat. On travaille ensuite à influencer l'opinion en pratiquant la désinformation (1) pour donner à penser que l'absence d'une loi réglementant cette pratique a des conséquences désastreuses pour la société ; en publiant des manifestes de soi-disant autorités morales qui se prononcent pour la légalisation de la pratique souhaitée et en montant en épingle quelques cas choisis pour leur contenu émotionnel. Une fois obtenu un consensus en faveur de cette pratique, un projet de loi est de nouveau présenté aux députés de l'assemblée nationale qui l'adoptent tout naturellement.

Durant tout ce temps, le débat est volontairement maintenu au niveau émotionnel pour semer la confusion et empêcher une analyse sereine des principes. Il nous faut donc, loin de l'émotion volontairement provoquée autour du sujet, analyser calmement et sans passion les principes régissant l'euthanasie. Commençons d'abord par bien définir les termes pour clarifier la question.

Définition des termes

De façon générale on parle d’euthanasie pour désigner l’acte de mettre fin à la vie d’une personne gravement malade.

Euthanasie active et passive

L’euthanasie active est en fait l’euthanasie proprement dite : poser un acte qui cause la mort du patient. L’autre s’appelle passive car elle n’attente pas à la vie du “patient ” ; elle consiste à ne pas accomplir un ou plusieurs actes nécessaires ou utiles à conserver sa vie. Pour faire plus simple et appeler les choses par leur nom : l’euthanasie active est le meurtre du “ malade ”, alors que dans le cas de l’euthanasie passive, il s’agit plutôt de non-assistance à personne en danger.

De nombreux auteurs récusent cette distinction. Pour eux, l’euthanasie s’accomplit aussi bien par action que par omission à partir du moment où il y a intention de mettre un terme à la vie du patient. Nous adopterons cette façon de voir qui nous paraît plus conforme à la réalité et parlerons donc d’euthanasie par omission de soins. On distingue alors entre les soins ordinaires (alimentation par exemple) dont le refus équivaut à une euthanasie et les soins extraordinaires qui eux peuvent être légitimement omis. Nous y reviendrons.

Nous utiliserons donc la définition de Patrick Verspieren qui est conforme à celles des juristes :

“ l’euthanasie consiste dans le fait de donner sciemment et volontairement la mort ; est euthanasique le geste ou l’omission qui provoque délibérément la mort du patient dans le but de mettre fin à ses souffrances. ”

Euthanasie et suicide

Quand c’est le patient lui-même qui décide de mettre fin à ses jours, il ne s’agit plus d’euthanasie mais tout simplement de suicide. On ne devrait parler d’euthanasie que dans le cas où la décision de mettre fin à la vie est prise par un autre que le patient que ce soit la famille ou le médecin soignant.

On parle aussi de suicide assisté quand, à la demande du malade, une tierce personne l’aide à mettre fin à ses jours, ou même la tue directement à sa demande. Mais cela reste toujours un suicide.

Principe de résolution

L’euthanasie est le meurtre d’un innocent et, comme tel, est condamnée par la loi naturelle et le cinquième commandement de Dieu. Seul Dieu a pouvoir sur la vie qu’il donne et retire selon son bon vouloir. Il ne cède ce droit aux hommes qu’envers le coupable qui devient un danger pour autrui. On peut alors mettre fin à sa vie pour se protéger. Ce sont les cas de légitime défense, de guerre et de condamnation à mort prononcé par un tribunal compétent. C’est là la seule exception. L’euthanasie concerne des innocents et est donc toujours intrinsèquement mauvaise. Cela est valable quel que soit celui qui décide de l’accomplir : l’état, le prochain ou même le propre détenteur de la vie (suicide).

L’état ne peut prétendre au droit de vie ou de mort sur ses administrés. “ Certes l’individu est une partie qui doit coopérer au bien du tout, mais d’un autre côté il transcende ce tout par sa dignité de personne et sa des- tinée éternelle ! Dès lors la société ne peut “ se débarrasser des inutiles ” sans sombrer proprement dans le tota- litarisme qui fait du “ tout ” un absolu.  ” Mgr Bernard Tissier de Mallerais dans le Respect de la vie, éditions Fideliter, p. 112.

Ce principe condamne aussi le suicide qu’il soit “ assisté ” ou non car, comme le dit Saint Augustin, “ celui qui se tue n’est-il pas le meurtrier d’un homme ? ”. “ La vie, dit Saint Thomas d’Aquin, est un don de Dieu concédé à l’homme, et qui demeure toujours soumis au pouvoir de Celui qui “ fait vivre et mourir ” (Deut. XXXII, 39). Aussi quiconque se prive lui-même de la vie pèche contre Dieu, absolument comme pèche (…) celui qui s’arroge le droit de juger une cause qui ne relève pas de sa juridiction. Décider de la mort ou de la vie n’appartient qu’à Dieu seul.” (IIa IIae, Q. 64, a. 5)

Réponses à quelques objections

Face à l’universalité de ce principe protégeant la vie de l’innocent, les partisans de l’euthanasie réclament une exception qui serait d’après eux justifiée par le soucis d’éviter aux malades soit des souffrances intolérables, soit une perte de dignité insupportable. Avant de répondre séparément à ces deux objections, notons d’abord que le meurtre d’un innocent est un acte intrinsèquement mauvais. Il ne peut donc y avoir d’exception car il n’est jamais permis de faire le mal même en vue d’un bien.

Des souffrances intolérables

L’euthanasie, nous dit-on, aurait pour but d’éviter aux malades de grandes souffrances, souffrances inutiles puisque sa maladie est incurable. Ces propos sont tendancieux. Ils laissent entendre que les souffrances du malade ne peuvent être soulagées et que l’euthanasie est la seule façon d’y mettre fin. Or, cela est faux. De nombreux médecins affirment le contraire. Tel le professeur Julien Israël, cancérologue et membre de l’académie des sciences morales et politiques qui écrit : “ Il n’y a aucune douleur, aucune souffrance physique, que la médecine aujourd’hui ne puisse contrôler et apaiser. Je vous assure qu’une combinaison de soins locaux, de soins généraux et d’anti-dépresseurs permet au patient de ne pas souffrir. ”

Certes, il y a encore beaucoup à faire en France pour procurer adéquatement ces soins à tous les malades. Mais alors, la solution n’est-elle pas dans une amélioration de cette situation par le développement des soins pallia- tifs ? L’euthanasie est une réponse totalement disproportionnée aux souffrances du malade qui d’ailleurs ne la souhaite généralement pas. Le docteur Théo Klein affirme que “ les malades qui demandent réellement la mort sont extrêmement rares et, une fois leurs maux soulagés ne réitèrent pas une telle demande.

Cette demande vient le plus souvent de l’entourage qui, ayant une fois admis que la fin est inéluctable, veut que cela se termine au plus vite. C’est pour se protéger eux-mêmes d’une image qui leur déplaît, qu’ils demandent qu’on supprime l’autre. ” (Cahiers Saint Raphaël, N° 59, Juin 2000, p. 39) . Il n’est certes pas facile d’assister impuissant au dépérissement d’un être cher ; l’entourer et le soutenir demandent un grand investissement à la fois émotionnel et matériel ; mais peut-on pour autant le priver de ses derniers instants de vie en mettant prématurément fin à celle-ci ? C’est choisir égoïstement la solution de facilité ; pour éviter d’avoir à faire face au problème, on le fait disparaître. L’euthanasie est-elle au service du malade ou de son entourage et de la société ? La question mérite d’être posée. On est bien loin en tous cas des belles intentions avancées par les promoteurs de l’euthanasie.

Ajoutons aussi que ces propos dénient toute valeur à la souffrance ce qu’un chrétien ne peut accepter. La passion de Notre-Seigneur Jésus Christ lui enseigne que la souffrance offerte à Dieu en soumission à sa volonté a une grande valeur à ses yeux. Elle permet au malade de réparer les errements de sa vie en expiant ses péchés. L’une des fins du sacrement des malades est d’ailleurs d’aider ceux-ci à supporter leurs souffrances dans cet état d’esprit au lieu de chercher à les fuir à tout prix.

La souffrance peut aussi être merveilleusement féconde. Dieu nous l’a enseigné par l’exemple de plusieurs saints tel Sainte Rafqa (1832 -1914). A l’âge de 53 ans, sa vie devint un véritable calvaire qui allait durer 29 ans. Elle se mit à endurer des douleurs atroces à la tête et aux yeux au point de ne plus supporter la lumière et devint complètement aveugle en 1899. A partir de 1906, ses os se disloquèrent un à un. En 1911, elle n’était plus qu’un tas d’os que ses soeurs (elle était religieuse) déplaçaient dans un drap de peur que ses os disloqués ne tombent. Elle vécut ainsi pendant trois ans sans jamais se plaindre. Sa foi l’aida à trouver un sens à sa vie de souffrance qu’elle sut rendre extrêmement féconde par les grâces obtenues de Dieu. Aujourd’hui, notre société moderne lui proposerait de mettre fin à sa vie jugée inutile et sans valeur, est ce vraiment un progrès ?

Une insupportable perte de dignité

Les partisans de l’euthanasie revendiquent ce qu’ils appellent le droit de mourir au nom du respect de la dignité de la personne qui serait compromise par un état insupportable de déchéance physique et mentale causé par la maladie. Mais la dignité de la personne humaine ne se juge pas à ses fonctions biologiques. Elle ne se perd pas par une diminution des capacités physiques. “ La vie terrestre trouve son sens dans la vie éternelle ; même souffrante ou inconsciente, la personne conserve sa dignité d’être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, la dignité d’un “ être d’éternité ”. C’est pourquoi, dit Pie XII (aux médecins chirurgiens, 13.02.1945), “ le médecin méprisera toute suggestion qui lui sera faite de détruire la vie, si frêle et si humainement inutile que cette vie puisse paraître ”. ”

Le refus de soins

L’euthanasie peut aussi se réaliser par l’omission des soins nécessaires à la conservation de la vie. Pie XII nous explique dans quelle mesure cette omission est coupable :

“ La raison naturelle et la morale chrétienne disent que l’homme (et quiconque est chargé de prendre soin de son semblable) a le droit et le devoir, en cas de maladie grave, de prendre les soins nécessaires pour conserver la vie et la santé. Ce devoir, qu’il a envers lui-même, envers Dieu, envers la communauté humaine, et le plus souvent certaines personnes déterminées, découle de la charité bien ordonnée, de la soumission au Créateur, de la justice sociale et même de la justice stricte, ainsi que de la piété envers sa famille mais il n’oblige habituellement qu’à l’emploi des moyens ordinaires (suivant les circonstances de personnes, de lieux, d’époques, de culture), c’est-à-dire des moyens qui n’imposent aucune charge extraordinaire pour soi-même ou pour un autre.

Une obligation plus sévère serait trop lourde pour la plupart des hommes, et rendrait trop difficile l’acquisition de biens supérieurs plus importants. La vie, la santé, toute activité temporelle, sont en effet subordonnées à des fins spirituelles.

Par ailleurs, il n’est pas interdit de faire plus que le strict nécessaire pour conserver la vie et la santé, à condition de ne pas manquer à des devoirs plus graves. ” (Pie XII, Allocution du 24 novembre 1957)

Les dangers d'une loi sur l'euthanasie

Porte ouverte à tous les abus

Admettre ne serait ce qu’une exception à un principe, c’est le remettre en question et ouvrir la porte aux abus. Il sera vite bafoué pour la moindre raison. Tel fut le cas avec l’avortement qui fut accepté comme une exception au principe du respect de la vie de l’innocent. Il ne fut d’abord autorisé que pour répondre à une situation exceptionnelle. Il est désormais entré dans les mœurs au point d’être reconnu comme un droit de la femme. “ Une telle dérive ne saurait épargner la pratique de l’euthanasie dans une société où la longévité s’accroît régulièrement avec ses souffrances et multiples dépendances, ce qui pèsera de plus en plus sur le budget de la Santé, d’où certaines tentations… ”

Incitation au suicide

Il est à craindre qu’une loi autorisant l’euthanasie ou même seulement le suicide assisté devienne une véritable incitation au suicide.

En effet, il faut savoir qu’un grand malade passe par des périodes de profond désespoir souvent accompagné de tentations de suicide. La pratique habituelle face à une personne à tendances suicidaires (prisonnier, malade psychiatrique) est d’éloigner de lui tout instrument qui lui permettrait d’attenter à sa vie et de le surveiller pour l’empêcher de passer à l’acte. Ici, non seulement, on ne fait rien de tout cela, mais encore on propose au malade toute l’assistance nécessaire pour réussir son suicide.

Le malade est aussi très sensible au fait qu’il devient une charge pour son entourage. Il sera donc particulièrement vulnérable aux pressions de celui-ci qui pourra être tenté de l’encourager à profiter d’une telle loi. Il coûte cher à la société ; il est un fardeau pour ses proches ; et tout cela pour quoi : prolonger de quelques jours une vie dont il ne peut plus profiter. Ne serait-il pas préférable pour tout le monde, lui compris, s’il se décidait à mettre fin à tout cela sans plus tarder ?

Conclusion

L’euthanasie est le meurtre d’un innocent. Comme tel, elle est intrinsèquement mauvaise et n’est donc jamais permise. Sa légalisation serait un pas de plus dans la revendication de la liberté absolue de la personne humaine qui doit être à même de “ choisir sa vie, choisir sa mort ” (thème du congrès tenu par l’ADMD - association pour le droit de mourir dans la dignité, Nice, 21-23.09.1984) Elle affirmerait ainsi sa liberté - même face à Dieu - en ne se laissant pas imposer une mort à subir contre son gré.

Abbé François Castel, prêtre de la fSSPX

Extrait de La Sainte Ampoule n° 153 de juin 2007

 

 

Rapport Claeys-Leonetti : Entre ambiguïté et tentation de l’euthanasie

Communiqué de Mgr Dominique Rey, évêque de Frejus-Toulon, 13/12/2014

L’embarras qui entoure la publication du rapport Claeys-Leonetti remis au président de la République reflète l’ambiguïté dont il se refuse à sortir. On comprend qu’il n’est pas question d’aborder de front euthanasie et suicide assisté. Dont acte. En revanche, la proposition phare du rapport jongle avec les mots lorsqu’elle parle de « sédation profonde et continue ». Quel est cet « accompagnement vers la mort» pour permettre de «mourir dans la dignité » dont parle M. Hollande ?

Un « nouveau droit à mourir » ?

Créer ou reconnaître un nouveau droit à mourir, c’est pour le moins favoriser le développement d’une mentalité euthanasique. Faire de la sédation en phase terminale, déjà pratiquée par les médecins en particulier dans le cadre de soins palliatifs, un droit du patient, c’est modifier de fait la relation entre le médecin et son patient. On a du mal à comprendre pourquoi ce protocole devrait faire l’objet d’un droit sauf à penser que les médecins ne remplissent pas leur mission ou, plus simplement, à induire des pratiques euthanasiques là où une sédation peut être légitime face à une détresse extrême. La sédation en phase terminale, acte pris collégialement, est déjà suffisamment délicate pour qu’on ne rajoute pas de pression aux médecins en les empêchant de privilégier toujours l’écoute et la qualité de la relation avec leurs malades. Pour soulager les souffrances il faut parfois prendre le risque d’accélérer la mort du malade, mais « faire mourir ne peut jamais être considéré comme un soin médical, même si l’intention était seulement de répondre à une demande du patient ».

Le nouveau droit n’introduit-il pas de la confusion là où l’on attend clarté et apaisement ? Ne nous leurrons pas : l’utilisation d’un vocabulaire très technique pourrait servir à détourner le principe du respect de la vie en permettant certaines dérogations.

Lorsqu’une loi prétend introduire et défendre un nouveau droit, il est inévitable de voir les demandes d’en bénéficier affluer, en l’espèce demandes d’ « endormissement » jusqu’à la mort. Le nouveau droit n’introduit-il pas de la confusion là où l’on attend clarté et apaisement ? Ne nous leurrons pas : l’utilisation d’un vocabulaire très technique pourrait servir à détourner le principe du respect de la vie en permettant certaines dérogations. Il est tout à fait adapté de parler ici de « droit fondamental » à la vie, principe inviolable qui est à la base de toute vie en société, principe qui ne doit pas conduire non plus à l’acharnement thérapeutique. Il ne souffre aucune exception : un régime de « dérogation encadrée » mène souvent aux pires excès.

Il est à craindre également que les directives anticipées, si elles devaient s’imposer au médecin, ne favorisent pas la confiance et le dialogue entre patients et soignants. Elles pourraient même inciter les plus fragiles à des demandes radicales, qui disparaissent lorsque les personnes en fin de vie sont prises en charge dans de bonnes conditions.

Prendre soin de la fragilité

Si l’on doit saluer la volonté de développer les soins palliatifs et d’améliorer la formation des médecins sur les questions de fin de vie, il est urgent de ne pas céder à des dérives qui pourront conduire à l’euthanasie. Comment ne pas rappeler à ceux qui préparent et votent les lois les paroles fortes du Pape François, lors de sa visite à Strasbourg, sur la vocation de parlementaires : « Vous êtes appelés à prendre soin de la fragilité », c’est-à-dire à lutter contre la « culture du déchet » qui a tendance à ne considérer la vie humaine qu’en fonction de son utilité. Lorsqu’elle ne l’est plus, « elle est éliminée sans trop de scrupule, comme dans le cas des malades, des malades en phase terminale, des personnes âgées abandonnées et sans soin. »

L’Eglise, qui encourage l’argumentation rationnelle sur ces questions, se souvient aussi que l’euthanasie est une grave violation de la loi de Dieu. « Affirmer la dignité de la personne, c’est reconnaître le caractère précieux de la vie humaine, qui nous est donnée gratuitement. » Pas plus que de sa vie, qu’il reçoit de Dieu, l’homme n’est le maître de sa mort. Aimer la personne mourante, c’est aussi accepter de se laisser désarmer par sa fragilité extrême : la vulnérabilité ne fait jamais perdre la dignité. Rien ne justifie de provoquer la mort d’une personne pour laquelle « on ne peut plus rien ».

Enfin, il n’est pas inutile de se souvenir que la mort n’est pas irrémédiablement fermée à toute perspective de sens et à toute espérance. Pouvoir ne pas la vivre seul est aussi un droit de la personne qu’il faudrait être capable d’honorer de même que la possibilité de la préparer à la rencontre avec Dieu.

Source : osp:frejustoulon.fr

 

 

Mgr. Fernando Chomali: « l’avortement et l’euthanasie sont des actes de violence » 

par Julia Sandero, 03/12/2014

Dans le cadre d’une marche pour la défense de la vie, qui a attiré des milliers de personnes dans la ville de Concepcion, au sud du Chili, Mgr. Fernando Chomali, archevêque de Concepción et membre de l’Académie pontificale pour la Vie, a déclaré dimanche, qu’il y avait de nombreuses attaques contre la vie:« Nous avons vu le tollé dans le monde entier contre les 43 jeunes tués au Mexique. Nous voyons comment on tue les chrétiens en Irak et en Syrie et comment ils doivent fuir; nous voyons la violence contre la vie, la pauvreté, l’oppression par le travail. Nous voyons tant d’injustices sociales…. Maintenant, cette violence contre la vie, ces lois qui favorisent l’avortement, nous ne voulons pas cela pour le Chili. L’expérience du monde nous le confirme. L’avortement est un acte de violence comme l’est aussi l’euthanasie »

 Le prélat a déclaré que «nous défendons la vie avec l’arme que nous donnent la raison, la science et la foi et qui est l’amour. Le Chili perdra beaucoup si une loi permettant l’avortement est approuvée et de même si le Chili permet la loi sur l’euthanasie ».

 Mgr. Chomali a également déclaré que «la vie est une grande valeur et ne peut être laissée à l’arbitraire d’une personne ou d’un groupe de personnes. Nous voulons démontrer qu’une véritable démocratie est celle qui prend soin de tous ses membres. Le bonheur ne dépend pas de l’état de santé, mais de l’amour que l’on donne et que l’on reçoit. »

 Il a souligné qu’«un état de droit est vrai lorsque la force de la raison l’emporte sur la logique de la force. Une état de droit est celui qui garde ou prend soin de ceux qui ne peuvent pas se défendre. »

 La marche pro-vie a été aussi suivie par des politiques. Parmi eux, le député Christian Campos, qui a déclaré que la manifestation répondait entièrement à sa position de défense de la vie. «Je suis préoccupé par la situation qui pourrait s’installer dans le pays avec une politique publique qui pourrait générer une situation dramatique chez les femmes qui voient aujourd’hui l’avortement comme une solution à leur problème ».

Sergio Bobadilla, président régional de l’UDI (Union Démocrate Indépendante, parti chilien conservateur), après l’appel de l’Église à défendre la vie, a déclaré que « nous devons manifester publiquement que nous sommes en faveur de la vie dès la conception. Je lance un appel à tous pour que nous manifestions ouvertement en défense de la vie et de la famille »

Source : la-nouvelle-gazette.fr

 

 

Mgr d’Ornellas lance un blog sur la fin de vie

par Maximilien Bernard, 31 octobre 2014 

Suite à une promesse de campagne de 2012 du président François Hollande, une révision de la loi sur la fin de vie est programmée en 2015. L’Église catholique entend être partenaire du débat qui s’ouvre sur ce thème complexe. les évêques de France ont créé pour cela un groupe de travail, présidé par Mgr Pierre d’Ornellas. Celui-ci a déjà été auditionné par les députés en charge de la préparation du nouveau texte de loi.

Pour accompagner cette réflexion, la Conférence des Évêques de France a souhaité ouvrir un blog, comme en 2009 pour la révision de la loi bioéthique (http://bioethique.catholique.fr/). Ce blog est conçu comme un espace de dialogue, ouvert aux internautes qui souhaitent éclairer leur réflexion en vue d’un discernement sur les questions délicates et complexes qui se posent dans le cadre de l’accompagnement des personnes en fin de vie.

La parole sera donnée, tous les 15 jours, à des personnes reconnues dans leurs domaines de compétence et d’expérience  : médecins, soignants, accompagnants, juristes, philosophes, théologiens, etc. Des témoignages seront également prévus. Chaque contributeur s’exprime à titre personnel par la rédaction d’un billet et répond ensuite pendant 15 jours aux internautes. C’est ainsi qu’il suscite la réflexion et le dialogue ; leurs points de vue ne sauraient engager la Conférence des Évêques de France.

Le blog propose pour l’instant plusieurs catégories qui reprennent, entre autre, les 3 misions fixées pour le futur texte de loi :

  • La médecine palliative
  • Les directives anticipées
  • L’apaisement des souffrances

Le blog y ajoute 5 autres catégories :

  • Dimension économique
  • L’assistance médicale au suicide
  • La fin de vie en néonatologie
  • La loi Leonetti
  • La mort dans la société contemporaine

Conçu comme un espace de dialogue et un outil de travail, le blog propose également une liste de liens (« Pour aller plus loin ») donnant accès à des contenus externes : législation, documents de référence, Magistère catholique, adresses utiles.

http://findevie.catholique.fr sera modéré par Jean Matos, à Rennes, spécialiste des questions bioéthiques en tant que chargé de mission pour la Province ecclésiastique de Rennes.

Ce blog peut être suivi sur Twitter : @blogfindevie

Et pendant que les évêques réfléchissent, nous, nous irons dans la rue.

Source riposte-catholique.fr

 

 

Sermon de l'évêque et Cardinal de Münster, Clemens August comte von Galen, le dimanche 3 août 1941 dans l'église de St Lambert, à Münster.

"A mon regret je dois vous informer que pendant la semaine passée la Gestapo a continué sa campagne d'annihilation contre les ordres catholiques. Mercredi 30 juillet, ils ont occupé le centre administratif de la province des soeurs de Notre-Dame à Mühlhausen dans le district de Kempen, qui a autrefois appartenu au diocèse de Münster, et ils ont déclaré que le couvent devait être dissous. La plupart des soeurs, dont beaucoup viennent de notre diocèse, ont été expulsées et elles ont reçu l’ordre de quitter le district le même jour. Jeudi, selon des sources fiables, le monastère des frères missionnaires de Hiltrup à Hamm a été également occupé et confisqué par le Gestapo et les religieux ont été expulsés. Déjà le 13 juillet, à propos de l'expulsion des Jésuites et des soeurs missionnaires de Sainte Claire de Münster, j'ai publiquement déclaré dans cette même église: Aucun des occupants de ces couvents n'est accusé de quelqu’offense ou de crime, aucun n’a été amené devant un tribunal, aucun n’a été reconnu coupable. J'entends que des rumeurs sont maintenant répandues dans Münster qu’ après tout, ces religieux, en particulier les Jésuites, ont été accusés, ou même convaincus d’actes criminelles, et même de trahison. Je déclare ceci :

Ce sont de basses calomnies de citoyens allemands, nos frères et nos soeurs, que nous ne tolérerons pas. J'ai déjà déposé une plainte pénale auprès du procureur en chef contre un individu qui est allé si loin qu’il a fait de telles allégations devant des témoins. J'exprime l'espoir que l'homme sera amené rapidement à rendre compte et que nos Tribunaux auront toujours le courage de punir les calomniateurs qui cherchent à détruire l'honneur de citoyens allemands innocents dont la propriété a été déjà enlevée. J'invite tous mes auditeurs, oui, tous mes respectables concitoyens, qui à l'avenir entendront des accusations faites contre les religieux expulsé de Münster de donner le nom et l'adresse de la personne portant ces accusations et de tous les témoins. J'espère qu'il y a toujours des hommes à Münster qui ont le courage de faire leur devoir en demandant la mise en examen judiciaire contre de telles accusations qui empoisonnent la communauté nationale, en s’engageant par leur personne, leur nom et au besoin leur témoignage. Je leur demande, si de telles accusations contre les religieux sont faites en leur présence, de les rapporter immédiatement à leur curé ou au Vicaire général et de les faire enregistrer. Je demande pour l'honneur de nos ordres religieux, pour l'honneur de notre église catholique et également pour l'honneur de nos compatriotes allemands et de notre ville de Münster de rapporter de tels cas au service de poursuite de l'État de sorte que les faits puissent être établis par un tribunal et les calomnies contre nos religieux punies.

(Après la lecture de l’Evangile pour le 9ème dimanche après la Pentecôte : "et quand il fut proche (de Jérusalem) , à la vue de la ville, il pleura sur elle...", Luc 19,41- 47):

Mes chers diocésains! C'est un événement profondément émouvant que nous lisons dans l’évangile d’aujourd'hui. Jésus pleure! Le fils de Dieu pleure! Un homme qui pleure souffre d’une peine – une peine du corps ou du coeur. Jésus n'a pas souffert dans son corps, mais il a pleuré. Combien grande a été la douleur de son âme, la souffrance du cœur du plus courageux des hommes pour qu’il pleure! Pourquoi a-t-il pleuré? Il a pleuré sur Jérusalem, sur la ville sainte de Dieu qui lui était si chère, la capitale de son Peuple. Il a pleuré sur ses habitants, ses concitoyens, parce qu'ils ont refusé de reconnaître la seule chose qui pourrait éviter le jugement qu’il connaissait par son omniscience et qui était déterminé à l'avance par le divin juge: "Si en ce jour tu avais reconnu, ... le message de paix !" Pourquoi les habitants de Jérusalem ne le reconnaissent-ils pas? Peu de temps avant, Jésus l’avait apostrophée : "O Jérusalem, Jérusalem... combien de fois, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et tu n’as pas voulu!" (Luc 13.34).

Tu n’as pas voulu ! Moi, ton roi, ton Dieu, je le voulais ! Mais tu n’as pas voulu ! Combien elle est en sécurité, comme elle est protégée la couvée des poussins sous l'aile de la poule: elle la réchauffe, elle la nourrit, elle la défend. De la même manière j'ai désiré vous protéger, pour vous garder, pour vous défendre contre tout mal. Je le voulais , mais vous ne le vouliez pas ! C'est pourquoi Jésus pleure; c'est pourquoi cet homme fort pleure; c'est pourquoi Dieu pleure… Sur la folie, l'injustice, le crime de ceux qui ne veulent pas… Et sur le mal auquel cela donne lieu - que son omniscience voit venir, que sa justice doit imposer - si l'homme pose son refus contre les ordres de Dieu, en opposition aux remontrances de la conscience, et à toutes les invitations affectueuses de l'ami divin, le meilleur des pères:

" Si tu avais donc reconnu , encore aujourd’hui, en ce jour ce qui sert à la paix ! Mais tu n’as pas voulu !" C’est quelque chose de terrible, quelque chose d’incroyablement faux et fatal, quand l'homme met sa volonté en opposition à la volonté de Dieu. Je voulais ! Mais tu n’as pas voulu ! C'est pourquoi Jésus pleure sur Jérusalem.

Chrétiens chèrement aimés! La lettre pastorale commune des évêques allemands, qui a été lue dans toutes les églises catholiques en Allemagne le 26 juin 1941, dit entre autres : " Il est vrai que, dans l'éthique catholique, il y ait certains commandements positifs qui n’obligent plus si leur observance provoquait des difficultés excessivement grandes ; mais il y a également des engagements sacrés dont en conscience personne ne peut nous libérer, que nous devons accomplir même s’il nous en coûte notre vie. Jamais, en aucune circonstance, un homme ne peut , sauf en cas de guerre ou de légitime défense, mettre à mort une personne innocente."

J'ai eu l'occasion, le 6 juillet, d’ajouter les commentaires suivants à ce passage de la lettre pastorale commune: "Depuis quelques mois nous entendons des rapports selon lesquels des personnes internées dans des établissements pour le soin des maladies mentales, qui ont été malades pendant une longue période et semblent peut-être incurables, ont été de force enlevées de ces établissements sur des ordres de Berlin. Régulièrement, les parents reçoivent, peu après un avis selon lequel le patient est mort, que son corps a été incinéré et qu'ils peuvent recevoir ses cendres.

Il y a un soupçon général, confinant à la certitude, selon lequel ces nombreux décès inattendus de malades mentaux ne se produisent pas naturellement, mais sont intentionnellement provoqués, en accord avec la doctrine selon laquelle il est légitime de détruire une soi-disant " vie sans valeur" - en d'autres termes de tuer des hommes et des femmes innocents, si on pense que leurs vies sont sans valeur future au peuple et à l'état. Une doctrine terrible qui cherche à justifier le meurtre des personnes innocentes, qui légitimise le massacre violent des personnes handicapées qui ne sont plus capables de travailler, des estropiés, des incurables des personnes âgées et des infirmes!"

Comme j’en ai été bien informé, dans les hôpitaux et les hospices de la province de Westphalie sont préparés des listes de pensionnaires qui sont classés en tant que "membres improductifs de la communauté nationale" et doivent être enlevé de ces établissements et être ensuite tués rapidement. La première partie des patients est partie de l'hôpital de malades mentaux de Marienthal, près de Münster, au cours de cette semaine. Des hommes et des femmes allemands!

L'article 211 du code pénal allemand est toujours en vigueur, et dit en ces termes:   "Qui intentionnellement tue un homme, en ayant l’intention de donner la mort, sera puni de mort pour meurtre".

Il n’y a aucun doute : afin de protéger ceux qui tuent intentionnellement ces pauvres hommes et femmes, membres de nos familles, de cette punition établie par la loi, les patients qui ont été choisis pour le massacre sont déplacés de leur environnement vers quelque endroit éloigné. Quelque maladie ou autre est alors donnée comme cause de la mort. Puisque le corps est immédiatement incinéré, les parents et la police criminelle ne peuvent pas établir si le patient en fait avait été malade ou ce qu'était réellement la cause de la mort. J'ai été assuré, cependant, qu'au ministère de l'intérieur et au Service de l'officier médical en chef du Reich, le Dr Conti, qu’aucun secret n’est fait du fait qu'en effet un grand nombre de personnes mentalement malades en Allemagne ont été déjà tuées intentionnellement et que ceci continuera.

L'article 139 du code pénal prévoit que "quiconque a la connaissance d'une intention de commettre un crime contre la vie de toute personne... et n'informe pas les autorités ou la personne dont la vie est menacée, en temps voulu... commet une faute punissable ".

Quand j'ai eu connaissance de l'intention d'enlever des patients de Marienthal, j'ai déposé le 28 juillet une plainte chez le procureur de Münster, au tribunal du Land à Münster, et à Monsieur le président de la Police par lettre recommandée ayant la teneur suivante :

"Selon l'information que j'ai reçue il est projeté au cours de cette semaine (la date a été mentionnée comme étant celle du 31 juillet) de déplacer un grand nombre de patients internés de l'hôpital provincial de Marienthal, classés comme 'membres improductifs de la communauté nationale ', à l'hôpital psychiatrique d’Eichberg, où ils doivent être intentionnellement tué comme on croit généralement que cela s’est produit dans le cas de patients enlevés d'autres établissements.

Puisqu'une telle action est non seulement contraire à la loi morale divine et naturelle mais est qualifiée à l'article 211 du code pénal allemand comme meurtre et entraîne la peine de mort, je rapporte par la présente ce fait en accord avec mon obligation de l'article 139 du code pénal et demande que des mesures soient immédiatement être prises pour protéger les patients concernés par des démarches contre les autorités projetant leur déplacement et leur meurtre, et que je puisse être informé de la mesure prise ".

D’information au sujet de ma démarche, aucune ne m’est venue en retour que ce soit du procureur ou de la police. J'avais déjà écrit le 26 juillet aux autorités de la Province de Westphalie qui sont responsables du fonctionnement de l'hôpital psychiatrique et des patients confiés à eux pour veiller sur eux et pour les soigner, protestant dans les termes les plus forts. Cela n'a eu aucun effet. Le premier transport des victimes innocentes sous sentence de mort a quitté Marienthal. Et de l'hôpital de Warstein, ce sont, comme je l’ai entendu, 800 patients qui ont été déjà enlevés.

Nous devons nous attendre, donc, à ce que les pauvres patients sans défense soient, tôt ou tard, tué. Pourquoi? Non pas parce qu'ils ont commis quelque offense que ce soit justifiant leur mort; non pas parce que, par exemple, ils ont attaqué une infirmière ou un préposé à leur surveillance, qui seraient autorisés pour cause de légitime défense à répondre avec violence à la violence. En ce cas l'utilisation de la violence menant à la mort est permise et peut être invoquée, comme dans le cas où l’on tue un ennemi armé. Non : ces malheureux patients doivent mourir, non pas pour quelque raison semblable mais parce que par le jugement d'un certain organisme officiel, sur la décision d'un certain comité, ils sont devenus "indignes de vivre," parce qu'ils sont classés en tant que "membres improductifs de la communauté nationale". Le jugement est qu'ils ne peuvent plus produire aucun bien : Ils sont comme une vielle machine qui ne fonctionne plus, comme un vieux cheval qui est devenu boiteux de manière incurable, comme une vache qui ne donne plus de lait. Qu'arrive-t-il à une vielle machine ? Elle est mise à la ferraille. Qu'arrive à un cheval boiteux, à une vache improductive?

Non ! Je ne pousserai pas la comparaison jusqu’au bout - si affreuse est sa convenance et son pouvoir d’illumination.

Mais nous ne sommes pas concernés ici par de vielles machines, nous n'avons pas affaire à des chevaux et à des vaches, dont l’unique fonction est de servir l'humanité, de produire des biens pour l'humanité. Elles peuvent être détruites, ils peuvent être abattus quand ils ne remplissent plus cette fonction. Non: ici il s’agit d’hommes et des femmes, nos prochains, nos frères et soeurs! De pauvres êtres humains, des êtres humains malades. Ils sont improductifs, si vous voulez... Mais cela signifie-t-il qu'ils ont perdu le droit de vivre? As-tu, ai-je le droit de vivre seulement aussi longtemps que nous sommes productifs, aussi longtemps que nous sommes reconnus par d'autres comme productifs?

Si l’on pose et met en pratique le principe selon lequel les hommes sont autorisés à tuer leur prochain improductif, alors malheur à nous tous, car nous deviendrons vieux et séniles ! S'il est légitime de tuer les membres improductifs de la communauté, alors malheur aux invalides qui ont sacrifié et perdu dans le processus de production leur santé ou leurs membres !

       Si l’on peut se débarrasser des hommes et des femmes improductifs par des moyens violents, alors malheur à nos courageux soldats qui reviennent au pays gravement atteints par des blessures de guerre, estropiés et invalides !

       Si on l'admet, une fois, que les hommes ont le droit de tuer leurs prochains "improductifs" – quoique cela soit actuellement appliqué seulement à des patients pauvres et sans défenses, atteints de maladies - alors la voie est ouverte au meurtre de tous les hommes et femmes improductifs: le malade incurable, les handicapés qui ne peuvent pas travailler, les invalides de l’industrie et de la guerre. La voie est ouverte, en effet, pour le meurtre de nous tous, quand nous devenons vieux et infirmes et donc improductifs. Alors on aura besoin seulement qu’un ordre secret soit donné pour que le procédé, qui a été expérimenté et éprouvé avec les malades mentaux, soit étendu à d'autres personnes "improductives", qu’il soit également appliqué à ceux qui souffrent de tuberculose incurable, qui sont âgés et infirmes, aux personnes handicapées de l'industrie, aux soldats souffrant de graves blessures de guerre !

Alors aucun homme ne sera en sûreté : n’importe quelle commission pourra le mettre sur la liste des personnes "improductives", qui dans leur jugement sont devenues "indignes de vivre". Et il n'y aura aucune police pour le protéger lui, aucun tribunal pour venger son meurtre et pour amener ses meurtriers à la justice. Qui pourra alors avoir une quelconque confiance dans un médecin? Il pourrait signaler un patient comme improductif et pourraient être alors données des instructions pour le tuer!

On ne peut s’imaginer, la dépravation morale, la méfiance universelle qui s'étendra au coeur même de la famille, si cette doctrine terrible est tolérée, admise et mise en pratique. Malheur aux hommes, malheur au peuple allemand quand le saint commandement de Dieu : "Tu ne tueras pas ! ", que le seigneur a donné au Sinaï dans le tonnerre et les éclairs, que Dieu notre créateur a écrit dans la conscience de l'homme au commencement, si ce commandement n'est pas simplement violé mais sa violation est tolérée et exercée impunément !

Je vous donnerai un exemple de ce qui se produit. Un des patients de Marienthal était un homme de 55 ans, un fermier d'une paroisse de campagne dans la région de Münster - je pourrais vous donner son nom - . Il a souffert pendant quelques années de perturbation mentale et a été donc admis à l'hôpital de Marienthal. Il n'était pas mentalement malade dans le plein sens du terme: il pouvait recevoir des visites et était toujours heureux, quand sa parenté venait le voir. Il y a seulement une quinzaine, lui rendirent visite son épouse et un de ses fils, un soldat qui se trouvait stationné au front et avait un congé à la maison. Le fils est très attaché à son père malade, aussi la séparation fut difficile… Qui sait si le soldat reviendra, s’il reverra son père, car il peut tomber au combat pour son pays.

Le fils, le soldat, ne reverra sans doute sûrement pas son père sur la terre car il a été depuis mis sur la liste des "improductifs".

Un parent, qui a voulu rendre visite au père cette semaine à Marienthal, s’en est retourné avec l'information que le patient avait été transféré ailleurs sur les instructions du Conseil des ministres pour la défense nationale. Aucune information ne pourrait être fournie sur le lieu où il avait été envoyé, mais les parents seraient mis au courant d’ici quelques jours. Quelle sera cette information? La même que dans d'autres cas semblables? Que l'homme est mort, que son corps a été incinéré, que les cendres seront remises contre paiement d’honoraires? Car le soldat, risquant sa vie au champ d’honneur pour ses compatriotes, ne reverra pas son père sur terre, parce que des compatriotes à la maison l'ont tué. Les faits que j'ai énoncés sont bien établis. Je puis donner les noms du patient, de son épouse et de son fils le soldat, et de l'endroit où ils vivent. " Tu ne tueras pas !" Dieu a écrit ce commandement dans la conscience de l'homme longtemps avant que n'importe quel code pénal ait établi de pénalité pour le meurtre, longtemps avant qu’il n’y ait n'importe quel procureur ou n'importe quelle cour pour instruire et punir un meurtre. Caïn, qui a tué son frère Abel, était un meurtrier longtemps avant qu'il n’y ait eu d’États ou de tribunaux. Et il avouait sa faute, pressé par sa conscience qui l’accusait : " Mon méfait est trop grand pour que je puisse trouver le pardon ... le premier venu qui me trouvera me tuera" (Genèse 4.13-14). "

" Tu ne tueras pas !" Ce commandement de Dieu, qui seul a le pouvoir de décider de la vie ou de la mort, a été écrit dans le coeur des hommes au commencement, longtemps avant que Dieu ait donné aux enfants de l'Israël sur la montagne du Sinaï sa loi fondamentale dans ces phrases lapidaires inscrites sur la pierre, qui sont écrites pour nous dans l’Écriture Sainte et que comme enfants nous avons apprises par coeur au catéchisme.

" Je suis le Seigneur ton Dieu ! " Ainsi commence cette loi immuable. " Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi ! " Dieu – le seul Dieu, transcendant, tout-puissant, omniscient, infiniment saint et juste, notre créateur et juge à venir - nous a donné ces commandements. En raison de son amour pour nous il a écrit ces commandements dans notre coeur et les a proclamés. Car ils correspondent au besoin de notre nature créée par le Dieu; ce sont les normes indispensables de tout vie raisonnable, pieuse, salutaire et sainte individuelle et communautaire.

Avec ces commandements, Dieu notre père, veut nous rassembler, nous ses enfants, comme la poule rassemble ses poussins. Si nous suivons ces commandements, ces invitations, cet appel de Dieu, nous serons gardés et protégés et préservés du mal, défendus contre la mort et la destruction menaçantes comme les poussins sous les ailes de la poule.

"O Jérusalem, Jérusalem... combien de fois, combien de foi j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et tu n’as pas voulu!" Est-ce que cela va de nouveau arriver à notre pays, à l'Allemagne, à notre province de Westphalie, à notre ville de Münster? Qu’en est-il de l’obéissance aux commandements divins, en Allemagne, ici chez nous ?

Le huitième commandement: "Tu ne donneras pas de faux témoignage, tu ne mentiras pas ! "

Combien de fois il est violé sans scrupule et publiquement!

Le septième commandement: " Tu ne voleras pas !"

La propriété de qui est-elle encore sûre après l'expropriation arbitraire et sans égards de celle de nos frères et de sœurs qui font partie d'ordres religieux catholiques ? La propriété de qui est-elle protégée si cette propriété saisie illégalement n'est pas restituée ?

Le sixième commandement: "Tu ne commettras pas d’adultère."

Pensez aux instructions et aux assurances de rapports sexuels libres et de maternité sans mariage, dans la lettre ouverte notoire de Rudolf Hess, qui a disparu depuis. Cette lettre a été éditée dans tous les journaux. Et combien de conduites dévergondées et déshonorantes de cette sorte avons-nous lu et observé… Nous en avons constaté l’existence dans notre ville de Münster! A quel manque de pudeur dans l’habillement nos jeunes ont-t-il été forcés de s’accoutumer. C’est la préparation pour le futur adultère! La modestie, le rempart de la chasteté, est sur le point d'être détruit.

Et maintenant le cinquième commandement: " Tu ne tueras pas !", est mis de côté et est violé sous les yeux des autorités dont la fonction devrait être de protéger la règle de la loi et la vie humaine, quand les hommes prévoient de tuer des innocents intentionnellement, simplement parce qu'ils sont "improductifs", parce qu'ils ne peuvent plus produire aucune marchandise.

Et qu’en est-il aussi de l'observance du quatrième commandement, qui nous enjoint d’honorer nos parents et ceux qui ont autorité sur nous et de leur obéir? Le statut de l'autorité des parents est déjà bien ébranlé et est de plus en plus mis à mal par tous les engagements imposés aux enfants contre la volonté de leurs parents. Qui donc peut croire que le respect sincère et l’obéissance consciencieuse aux autorités de l'État peut être maintenu quand les hommes continuent à violer les commandements de l'autorité suprême, les commandements de Dieu, quand ils combattent même et cherchent à rejeter la foi au seul véritable Dieu transcendant, Seigneur de ciel et de terre?

L'observance des trois premiers commandements a en réalité pendant de nombreuses années été en grande partie suspendue dans la vie publique en Allemagne et à Münster. Par combien de personnes le dimanche et les jours de fêtes sont-ils profanés et soustraits au service de Dieu! Combien le nom de Dieu est profané, déshonoré et blasphémé!

Et le premier commandement: " Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi ! " Au lieu du seul et véritable Dieu éternel, les hommes installent leurs propres idoles qu’ils servent et adorent: la nature, ou l'état, ou le peuple, ou la race. Et combien sont ceux dont le Dieu, selon le mot de Paul, "est leur ventre" (Philippiens 3.19) - leur propre bien-être - auquel ils sacrifient tout, leur honneur même et leur conscience - les plaisirs des sens, la convoitise de l'argent, la convoitise de la puissance! Ensuite on veut aussi essayer de s’arroger à soi-même les attributs divins, pour se faire des seigneurs au-dessus de la vie et de la mort de leurs prochains. Quand Jésus est venu près à Jérusalem et vit la ville il pleura sur elle disant : "Ah! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée!"

Regardant avec ses yeux de chair, Jésus a vu seulement les murs et les tours de la ville de Jérusalem, mais l'omniscience divine a vu plus profondément et connaît ce qui se passe dans le ville et ce qu’il en est de ses habitants : "O Jérusalem, Jérusalem... combien de fois, combien de foi j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et tu n’as pas voulu!" C'est la grande douleur qui oppresse le coeur de Jésus, qui fait monter des larmes à ses yeux. J'ai voulu ton bien mais tu ne veux pas !

       Jésus a vu combien coupable, terrible, criminel, désastreux est ce refus . Ce petit homme, cette créature frêle, oppose sa volonté créée à la volonté de Dieu! Jérusalem et ses habitants, son Peuple choisi et favorisé oppose sa volonté à celle de Dieu ! De manière folle et criminelle, ils défient la volonté de Dieu! C’est pourquoi Jésus pleure sur le péché horrible et la punition inévitable. On ne se moque pas de Dieu!

Chrétiens de Münster! Est-ce que le fils de Dieu dans son omniscience, en ce jour, a vu seulement Jérusalem et ses habitants? A-t-il pleuré seulement sur Jérusalem? Est-ce que le peuple d'Israël est le seul peuple que Dieu a entouré, qu’il a protégé avec le soin d'un père et l’amour d’une mère, qu’il a aimé ? Est-ce le seul peuple qui ne voulait pas? Le seul qui a abandonné la vérité de Dieu, qui a rejeté la loi de Dieu et ainsi s'est condamné à la ruine? Jésus, Dieu omniscient, a-t-il également vu en ce jour notre peuple allemand, notre pays de Westphalie, notre région de Münster, la Rhénanie inférieure? A-t-il également pleuré sur nous? Pleuré sur Münster ? Pendant mille ans, il a instruit, il nous a instruit nous et nos ancêtres dans sa vérité, il nous a guidés par sa loi, nourris, nous, de sa grâce, rassemblés comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes. Le fils omniscient de Dieu a-t-il vu en ce jour, qu’en notre temps, il doit également prononcer ce jugement sur nous: "Tu n’as pas voulu ! Voici que votre maison va vous être laissée !" Comme ce serait terrible !

Chers fidèles du Christ ! J'espère qu'il est toujours temps… Mais alors il est grand temps ! Reconnaissons encore aujourd’hui ce temps qui nous apporte la paix, qui seul peut nous sauver du tribunal de Dieu : Acceptons sans retour en arrière et sans réserve, nous, la vérité évidente de Dieu et reconnaissons-le par notre vie. Faisons des commandements divins une ligne directrice de notre vie et prenons au sérieux l’expression : plutôt la mort que le péché !

Dans la prière et le pénitence sincère prions pour que la rémission et la pitié de Dieu puissent descendre sur nous, sur notre ville, notre pays et notre chère peuple allemand. Mais avec ceux qui continuent à provoquer le jugement de Dieu, qui blasphèment notre foi, qui dédaignent les commandements de Dieu, qui font cause commune avec ceux qui aliènent nos jeunes au christianisme, qui volent et bannissent nos religieux, qui provoquent la mort d’hommes et de femmes innocents, nos frères et sœurs, avec tous ceux-là nous éviterons n'importe quel rapport confidentiel, nous nous maintiendrons, nous et nos familles hors de portée de leur influence, de peur que nous soyons infectés de leurs manières athées de penser et d’agir, de peur que nous devenions des complices de leurs fautes et soyons ainsi exposé au jugement que le Dieu juste doit rendre et infliger à tous ceux qui, comme la ville ingrate de Jérusalem, ne veulent pas ce que Dieu veut. O Dieu fais nous reconnaître à tous aujourd’hui avant qu’il soit trop tard ce qui nous apporte la paix ! O très sacré coeur de Jésus, affligé de larmes à cause de l’aveuglement et des iniquités des hommes, aide-nous par ta grâce que nous aspirions toujours à ce qui te plaît et renoncions à ce qui te déplaît, pour que nous demeurions dans ton amour et que nous trouvions la paix de nos âmes ! Amen."

Source : abbaye-saint-benoit.ch

 

 

DÉCLARATION DE FOI

de la Fédération Internationale des Associations Médicales Catholiques

À nous, médecins, il nous a été confié de protéger la vie humaine dès son début…

1. JE CROIS en un seul Dieu, Seigneur de l’Univers, qui a créé l’homme et la femme à son image.

2. JE RECONNAIS que le corps humain et la vie, en tant que dons de Dieu, sont sacrés et inviolables : - le corps est soumis aux lois de la nature qui est l’œuvre du Créateur, - le moment où la personne est conçue et celui où elle quitte ce monde dépendent exclusivement de la décision de Dieu. Si c’est l’homme qui prend cette décision, non seulement il viole les Dix Commandements, en commettant des actes comme l’avortement, la contraception, la fécondation artificielle et l’euthanasie, mais par la fécondation in vitro il rejette le Créateur lui-même.

3. J’ACCEPTE comme vérité que le sexe de la personne donné par Dieu est déterminé biologiquement et qu’il est le mode d’existence de la personne humaine. Il est un anoblissement, un privilège, puisque les êtres humains possèdent des organes grâce auxquels par la condition de parents ils deviennent « collaborateurs de Dieu Lui-même dans l’œuvre de la création ». La vocation de parents correspond à un plan divin et seules les personnes choisies par Dieu et liées à Lui par le saint sacrement du mariage peuvent utiliser ces organes sacrés du corps humain.

4. J’AFFIRME que la dignité et la liberté d’un médecin catholique reposent uniquement sur sa conscience éclairée par l’Esprit Saint et l’enseignement de l’Église, et qu’un médecin catholique a le droit d’agir selon sa conscience et la déontologie médicale qui tient compte du droit de s’opposer aux actes violant la conscience.

5. JE RECONNAIS la priorité du droit divin sur le droit humain, le besoin de nos jours de s’opposer aux idéologies inhumaines de la civilisation contemporaine ainsi que le besoin d’approfondir non seulement les connaissances professionnelles mais aussi la connaissance de l’anthropologie chrétienne et de la théologie du corps.

6. JE CONSIDÈRE que  les médecins catholiques ont le droit, , sans imposer à quiconque leurs opinions et leurs convictions, d’attendre et exiger le respect de leurs opinions et la liberté d’exercer en respectant leur conscience.

Source : fiamc.org

 

 

Canada: Archevêque, imam et rabbin défendent la liberté de conscience des médecins

Euthanasie : Médecins forcés de «laisser leur éthique à la porte»  

par apic 08/08/2014

Mgr Terrence Prendergast, archevêque d’Ottawa, l'imam Samy Metwally et le rabbin Reuven Bulka ont publié une prise de position commune sur le droit à la liberté de conscience pour les médecins. Dans leur adresse au Collège des médecins et chirurgiens de l'Ontario, ils écrivent qu'»aucun citoyen canadien, y compris n’importe quel médecin, ne devrait risquer de perdre son statut professionnel pour effectuer son travail en conformité avec ses convictions éthiques ou religieuses».

Selon la dernière édition de l'hebdomadaire catholique national canadien «The Catholic Register», les trois responsables religieux s'estiment «profondément troublés par les nombreuses voix négatives qui ont fortement encouragé le Collège pour forcer les médecins à 'laisser leur éthique à la porte'», en faisant référence notamment à la légalisation de l’euthanasie au Québec.

Ne pas transformer les médecins en de simples mécaniques

Ils relèvent le débat grandissant sur la question de l’euthanasie au Canada, affirmant que «nous sommes arrivés au pire moment possible dans l’histoire canadienne pour transformer les médecins en de simples mécaniques dont le devoir est de faire aveuglément les ordres de leurs clients».

Les leaders religieux estiment crucial de conserver le droit des médecins de refuser de participer à ce type de services, même s'ils sont légaux. «L’euthanasie et le suicide assisté continuent d’être considérés comme profondément immoraux par de nombreuses religions du monde, y compris le christianisme, le judaïsme et l’islam».

Les signataires relèvent que la liberté de conscience est un droit humain fondamental, reconnu par de nombreux accords internationaux et protégé par la Charte canadienne des droits et libertés. Ce droit est «essentiel pour une société véritablement démocratique et fondamental pour la protection de tous les autres droits de l’Homme, y compris la liberté de religion».

Au Québec, le projet de loi «Mourir dans la dignité» a été adopté en juin dernier

L'Association médicale canadienne (AMC), qui représente les médecins au Canada, a rendu public les résultats d'un sondage en ligne sur l'euthanasie. Il en résulte qu'une grande majorité des médecins sont opposés à la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. L'euthanasie active est légalement interdite dans le pays, mais il existe une tolérance dans certaines provinces sur l'euthanasie passive lors de la phase terminale. L'Assemblée nationale du Québec a adopté en juin dernier le projet de loi 52 qui encadre les soins de fin de vie.

Malgré la ferme opposition des évêques catholiques du Québec et celle du gouvernement conservateur canadien, l'Assemblée nationale du Québec a adopté le 5 juin 2014, par 94 voix contre 22, le projet de loi 52 baptisé «Mourir dans la dignité». Cette nouvelle loi, largement débattue par une commission parlementaire spéciale depuis 2009, permet à un malade en phase terminale de recourir à l'aide médicale pour mettre fin à sa vie.

Source : apic/cr/com/be

 

 

Cardinal Clemens August von Galen (1878-1946), Evêque de Münster

Juillet 1941. Le troisième Reich allemand est à l'apogée de sa puissance. Hitler vient de déclencher une attaque contre l'URSS et rien ne semble devoir arrêter la Wehrmacht.

C'est alors qu'un évêque allemand décide d'élever la voix contre l'euthanasie massive des malades mentaux, qui vient d'être décidée à Berlin. Soixante mille personnes ont déjà été regroupées en vue de leur discrète élimination dans des camps d'extermination.

Mgr Clemens August von Galen ne se fait pas d'illusions: s'il parle, il risque d'être arrêté comme « ennemi du peuple allemand » et exécuté. Il parlera pourtant, et dès le dimanche suivant, dans la chaire de sa cathédrale. Ce courageux Pasteur, que l'on appellera le « Lion de Münster », a été proclamé bienheureux le 9 octobre 2005.

Sermon du 3 août 1941, cathédrale de Münster

«C'est une doctrine effrayante que celle qui cherche à justifier le meurtre d'innocents, qui autorise l'extermination de ceux qui ne sont plus capables de travailler, les infirmes, de ceux qui ont sombré dans la sénilité... N'a-t-on le droit de vivre qu'aussi longtemps que nous sommes productifs ? ...

Il s'agit d'hommes et de femmes, notre prochain, nos frères et soeurs ! De pauvres êtres humains malades. Ils sont improductifs, si vous voulez... Mais cela signifie-t-il qu'ils ont perdu le droit de vivre?... Si l'on pose et met en pratique le principe selon lequel les hommes sont autorisés à tuer leur prochain improductif, alors malheur à nous tous, car nous deviendrons vieux et séniles !... Alors aucun homme ne sera en sûreté : n'importe quelle commission pourra le mettre sur la liste des personnes «improductives», qui, selon leur jugement, sont devenues «indignes de vivre». Et il n'y aura aucune police pour le protéger, lui, aucun tribunal pour venger son meurtre et pour amener ses meurtriers à la justice. Qui donc pourra encore avoir confiance dans son médecin ? Il décidera peut-être que ce malade est devenu «improductif», ce qui reviendra à le condamner à mort. On ne peut s'imaginer la dépravation morale, la méfiance universelle qui s'étendront au coeur même de la famille, si cette doctrine terrible est tolérée, admise et mise en pratique.

Malheur aux hommes, malheur au peuple allemand si le saint commandement de Dieu : Tu ne tueras pas, que le Seigneur a donné au Sinaï dans le tonnerre et les éclairs, que Dieu notre Créateur a écrit dans la conscience de l'homme au commencement, si ce commandement n'est pas seulement violé mais sa violation tolérée et exercée impunément !»

Source : herodote.net et nouvl.evangelisation.free.fr

 

 

Deux médecins s'expriment conjointement avec les évêques de Belgique

07/03/2013 - Fin de vie

Alors que les commissions du Sénat, Justice et Affaires sociales réunies, du Sénat, procédaient à une nouvelle audition d'experts à propos de l'élargissement de la loi euthanasie aux enfants, une conférence de presse avait lieu au cours de laquelle était lue par Mgr André-Joseph Léonard, Président de la conférence épiscopale, la position des évêques belges « Peut-on euthanasier le lien social ? ». Deux médecins, les docteurs Catherine Dopchie et Chantal Kortmann, s'exprimant à titre personnel ont aussi livré leur point de vue à partir de leur réflexion et de leur expérience de soignantes.

En ce qui concerne la proposition d'étendre la loi aux mineurs d'âge, les évêques jugent qu'il est étrange que ceux-ci soient considérés comme légalement incapables de certains actes, par exemple de se marier, mais que tout à coup ils seraient suffisamment mûrs pour se faire donner la mort. En outre, les évêques trouvent risqué de donner à long terme à autrui, via un "testament de vie" (déclaration anticipée d'euthanasie ), la possibilité de décider à la place d'une personne démente d'accomplir l'euthanasie. "Cette décision (...) est-elle vraiment compatible avec un État de droit ? ", se demande Mgr Léonard.

Le Dr. Catherine Dopchie, oncologue et responsable d'une unité de soins palliatifs, abonde dans ce sens: "Si la déclaration anticipée de demande d'euthanasie est à durée illimitée pour la perte de 'conscience de soi', l'euthanasie sera pratiquée sur la base du document, sans connaître le vécu de la personne à ce moment-là."

"Plutôt que de résoudre la question du 'bien mourir' en laissant chacun organiser (...) sa 'sortie de scène', n'est-il pas plus humain d'être tous solidaires de l'épreuve de chacun, de chacune, en posant sur eux un regard qui confirme leur dignité et en cherchant activement à soulager la souffrance qui les accable ?" ajoute Mgr Léonard. Dès lors, les évêques appellent le législateur "à rompre avec une logique qui, d'une certaine façon, euthanasie le lien social lui-même". Plutôt que d'étendre la dépénalisation de l'euthanasie, ils l'invitent "à considérer comment les grands malades, mineurs ou déments, pourront être mieux encore pris en charge par la Santé publique, notamment dans le cadre des soins palliatifs".

Enfin, selon les évêques, l'euthanasie exerce également une pression sur le secteur médical et paramédical. "Il ne s'agit plus seulement de l'art de soigner et de guérir; cela implique aussi l'art de laisser mourir." Pour le Dr. Dopchie, "l'euthanasie est une manière technique de prendre en compte la souffrance humaine. Elle ne prend pas en compte la personne humaine."

Source : Institut Européen de Bioéthique

 

 

L’Euthanasie ou le négationnisme de la mort


Merci Monsieur l’abbé d’avoir accepté de répondre aux nombreuses questions qu’ont soulevées les derniers rebondissements judiciaires de l’affaire Bonnemaison et du sort du malheureux Vincent Lambert. Il nous a semblé assez évident de nous adresser à vous puisque vous avez exercé votre ministère des années à La Pitié Salpêtrière comme aumônier.

MN : Vous avez dû être souvent confronté à la fin de vie ou en langage non politiquement correct à l’agonie ?

Abbé Iborra : C’est essentiellement aux urgences que la mort est présente. Dans ce service, la mort est habituelle et l’échec des techniques médicales est mieux accepté. Un chef de service m’a cependant expliqué que beaucoup de jeunes urgentistes faisaient vraiment le maximum et sauvaient du coup des cas parfois désespérés. A posteriori, on pouvait penser qu'il aurait été plus sage de les laisser partir naturellement. En revanche, dans des services plus orientés vers des soins thérapeutiques -médicaux ou chirurgicaux- , la mort est vécue comme un drame. Elle vient troubler le sentiment de la médecine toute-puissante, plus forte que la mort.

MN : Comment expliquez-vous que les institutions catholiques n’aient pas réagi au moment de l’application de la loi Leonetti ?

Abbé Iborra : Cette loi est passée en silence parce que l’on s’attendait à pire. Il est évident que certains soins sont choquants sur des mourants. En plus de n’avoir plus d'utilité thérapeutique, ils font souffrir et entretiennent la relation triangulaire du mensonge. Je m’explique : le médecin ment au patient sur son état en prodiguant des soins inutiles, la famille ment au patient pour ne pas l’inquiéter ou l’angoisser et, le patient à sa famille, pour ne pas ajouter à son angoisse, et se ment parfois à lui-même. L’aumônier et les unités de soins palliatifs ont alors un rôle à jouer en désamorçant ce cycle. Ils ont une action très positive puisqu’ils soulagent les familles et le malade en réintroduisant la normalité de la mort. Le médecin n’est pas à même de le faire car pour lui, quand il se situe seulement au niveau technique, la mort reste quand même un échec.

MN : La loi Leonetti est-elle acceptable au regard de l’Église ?

Abbé Iborra : La loi Leonetti est quand même contre l’euthanasie active. Elle comporte néanmoins une grave ambiguïté en ce qui concerne l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation. L’Église est ferme : « ces deux actions sont considérées comme un acte positif d’Euthanasie ».

MN : Est-ce que cette loi, en autorisant des injections massives et létales d’antidouleur, ne nous vole pas notre mort ?

Abbé Iborra : Oui, effectivement la médecine vole la mort des patients. Ce dernier se trouve plongé dans bien des cas en un état comateux. Nul profane ne peut dire s’il est mort ou vivant. La frontière entre la vie et la mort s'épaissit, on peine à repérer l'avant et l'après. Le médecin est gêné par la mort. C’est à la fois pour des raisons psychologiques et matérielles. Psychologiques parce qu'il doit reconnaître son impuissance. Matérielles parce que l'administration massive de médicaments évite de subir les critiques des familles ne supportant pas la souffrance des leurs et, d’une certaine manière, permet d’occulter la laideur de la mort. Il est plus facile d’endormir le patient que d’entendre ses cris. On oublie ce que le mourant peut apporter aux vivants de richesses spirituelles.

Pour ma part, tous les 6 mois environ, je croisais des patients qui m'évangélisaient. Je voudrais parler de deux cas précis, tous deux anglais, de malades agonisants qui voulaient présider à leur mort. Une dame anglicane, de 60-70 ans, atteinte de 3 cancers qui refusait la morphine. Lorsque je lui demandais si elle ne souffrait pas trop, elle me répondit que le Christ avait refusé le vinaigre donné pour adoucir les souffrance des condamnés et que, lui, était innocent. Elle a vécu sa mort en union à la passion du Christ. Elle voulait être aussi plus présente aux siens. L’autre cas est celui d’un professeur souffrant lui aussi d’un cancer. Il avait pris la même résolution. Il bénéficia d’une courte rémission après l’extrême onction qui lui permit de faire ses adieux à sa famille et à ses amis.

On peut dire que notre société en voulant instaurer l’euthanasie légale fait une tentative vaine de faire disparaître la mort et son caractère hideux. Les sociétés anciennes s’y sont employées aussi en recourant à des rites funéraires comme la momification ou l’incinération. La réponse chrétienne est tout autre. Les franciscains italiens du 18ème siècle la mettaient même en scène avec des ossements d'une manière qui nous paraît aujourd'hui bien morbide mais qui, à l'époque baroque, témoignait de l'espérance joyeuse de la résurrection sur la mort. Citons également le texte magnifique du Cardinal Newman : « le songe de Gérontius ». Ce poème, nous décrit le passage de l'âme, accompagnée de son ange gardien, pour comparaître devant son Créateur. La mort doit être prise au sérieux mais ne doit pas nous terrifier, nous désespérer.

En conclusion, on peut dire que la technique médicale va souvent trop loin en anesthésiant la conscience du mourant. Il n’a plus les moyens de dire adieu. Il ne peut pas pardonner et demander pardon. L’homme part avec des non-dits. Combien de fois, un fils n’a pu dire à son père qu’il l’aimait.

Source : mauvaisenouvelle.fr

 

 

Débat sur l’euthanasie – Pour Mgr Ginoux, « il est impossible de nous taire »

par Antoine Pasquier, 30/06/2014

Ancien aumônier d’hôpital de 1994 à 2000, l’évêque de Montauban a vivement réagi à la décision du Conseil d’État concernant Vincent Lambert et à l’acquittement du Dr Bonnemaison par la cour d’assises de Pau. Ces deux affaires ouvrent la porte, selon lui, à une légalisation prochaine de l’euthanasie.

Le Conseil d’État a ordonné le 24 juin l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert. Cette décision ne signe-t-elle pas une forme de renoncement, voire de violence, face à la vulnérabilité humaine ?

Cet arrêt constitue une forme inouïe de violence : au lieu d’accompagner humainement, on préfère voir mourir. Alors que l’on pouvait attendre de leur part un avis prudentiel, les juges amorcent une ouverture grave vers une décision de mort pour toute personne qui ne pourra pas se manifester comme communicante ou comme répondant à des appels de l’extérieur. L’interdit de tuer l’autre est franchi, et cette décision ouvrira à des cas semblables.

En tant qu’ancien aumônier d’hôpital, cette ordonnance du Conseil d’État m’a profondément peiné et révolté. Les personnes en état végétatif chronique vivent réellement, personne ne peut dire le contraire. Vincent Lambert vit, tout le monde l’a constaté, mais il ne peut pas être nourri naturellement. Comment peut-on dire que des soins excessifs sont pratiqués sur sa personne ? Répondre à la satisfaction du besoin premier de boire et de manger n’a rien d’anormal. On oublie trop souvent de rappeler que Vincent Lambert est avant tout un être humain, qui vit certes dans conditions exceptionnelles, mais qui n’est pas fin de vie et dont la pathologie ne conduit pas à la mort.

Là où est la vie humaine, le Seigneur est présent. Une relation mystérieuse perdure entre les personnes qui ne communiquent plus et Dieu, car Lui continue toujours de communiquer avec elles.

La cour d’assises de Pau a acquitté, le 25 juin, le Dr Bonnemaison poursuivi pour empoisonnement à l’encontre de sept de ses patients. Que vous inspire ce verdict ?

Le Dr Bonnemaison a totalement oublié sa mission première qui est de soigner, et non de tuer. Car si toutes les personnes en fin de vie peuvent être tuées de manière inconsidérée, la médecine deviendrait alors un danger public. Ce serait là le contraire de la confiance et de la proximité que doit donner un soignant. Les applaudissements entendus à la lecture du verdict sont ignobles et constituent une insulte envers les familles qui ont perdu un être cher. Quand une cour d’assises acquitte un médecin qui tue délibérément, la direction est donnée pour une loi légalisant l’euthanasie.

La décision des jurés ne reflète-t-elle pas l’état d’esprit de nos concitoyens sur la question de la fin de vie ?

Assurément. Notre société a peur de la mort et du vieillissement. Le jeunisme ambiant fait que tout ce qui se dégrade inquiète. Mon expérience d’aumônier d’hôpital m’a montré à quel point les réactions humaines devant la mort étaient à la fois étranges et émotionnelles. Face à une situation physique ou mentale qui se dégrade gravement, la famille désire que tout s’arrête pour garder une image sereine de la personne qui va disparaître.

Nos contemporains ne veulent plus voir la mort faire son œuvre. L’idéal du bien-mourir, c’est de mourir dans son sommeil, le plus discrètement possible et ne rien avoir à souffrir. On n’accepte plus l’idée du passage, cette naissance à une nouvelle vie avec toutes les difficultés que comporte, bien entendu, ce passage.

Cette vision de la mort est contraire à ce que les siècles de christianisme avaient donné à la civilisation occidentale, c’est-à-dire la mort entourée des siens. Cette conception du bien-mourir nous conduit à donner la mort par un phénomène prétendu de compassion, car l’image dégradée de la personne en fin de vie ou handicapée est devenue insupportable. Notre société n’est plus capable de voir en elle l’image de Dieu.

Comment en est-on arrivé là ?

Dans une société, où l’idée de progrès des sciences et des techniques est assimilée à ce qui est utile, performant et rentable, la mort est devenue incongrue. Il existe une sorte de quête éperdue d’une vie indéfinie de l’être humain, une vie sans fin. N’était-ce pas au fond le credo des positivistes du XIXe siècle ? Cette mentalité matérialiste ne donne plus de place à la vie spirituelle. Sa dimension transcendante a disparu. C’est la conséquence directe de la sécularisation croissante de notre société.

Curieusement, lorsque la mort devient inéluctable, plutôt que de l’affronter et de la dépasser, on la crée comme pour se donner l’impression de la dominer. Or, cette conception correspond à un individualisme profond de la société. Nous avons entendu, il y a trente ans : « Mon corps est à moi ». C’est toujours le même slogan qui est brandi de nos jours.

90% des Français se disent favorables à l’euthanasie. Comment résister à ce rouleau compresseur ?

Commençons par dire la vérité. Nous sommes marqués par le désir que tout acte médical fasse le mieux et au mieux. Alors, lorsqu’une personne accidentée ou foudroyée par un AVC est emmenée aux urgences, elle est réanimée, car c’est la logique médicale de faire triompher la vie sur la mort. Quels proches – lorsqu’ils sont présents ou arrivent à temps – diraient aux médecins : ne faites rien ? Personne. Or, souvent, les conséquences de cette réanimation s’avèrent tragiques. C’est à ce moment-là que tout commence. Cette réalité nouvelle de la personne nous contraint et nous oblige à l’humilité et à la prudence. Elle nous oblige à poser un regard différent sur l’être souffrant. Malgré sa faiblesse, cette vie blessée garde toujours un sens et, moi, chrétien, comme dans la parabole du Bon Samaritain, je dois m’en faire proche ; car dans chaque personne souffrante, dans chaque malade défiguré, je vois le visage du Christ torturé et abîmé par la Passion et la Croix.

Les chrétiens doivent donc prendre conscience – et c’est une nécessité – que leur devoir est d’être auprès de toutes ces personnes. Sans eux, ces malades ne pourront pas être reconnus comme portant l’image du Christ.

Le gouvernement a demandé à Jean Leonetti et Alain Claeys de travailler sur une modification de la loi du 22 avril 2005. À force de légiférer, ne risque-t-on pas de franchir le pas de trop vers la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie ?

Ne nous leurrons pas. L’objectif de cette mission parlementaire est de faire passer, à terme, la loi sur l’euthanasie. Nous le savons. Notre sens de chrétien – et d’homme avant tout – est de nous y opposer : on ne met pas fin à une vie, quelle que soit sa situation, car toute vie a un sens. L’être qui meurt est celui qui a vécu, aimé, et il a droit au respect inconditionnel jusqu’à son terme. C’est un fondement anthropologique. L’émotionnel et le sensible ne peuvent remplacer cette vérité de l’être. Personne n’a le droit de penser qu’une vie est inutile, qu’elle coûte cher ou qu’elle ne vaut plus la peine d’être vécue.

Les parlementaires saisis affirment qu’ils n’iront pas jusqu’à l’euthanasie. François Hollande lui-même semble y être très réticent.

Si nous regardons tout ce qui s’est fait depuis 1975, ce discours nous a été resservi à chaque nouvelle loi, et à chaque fois la transgression a été franchie. Je ne veux pas être complètement pessimiste. Des mobilisations comme celles de l’an dernier ralentiront le processus, mais comme le disait Bernadette Soubirous : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire ».

Même si l’issue ne fait guère de doute, il est impossible de nous taire. Et nous devons avoir bien en tête que nous sommes plongés dans un véritable combat de société où l’homme veut se faire maître de la vie et la mort. Il veut devenir son propre Dieu. Cette idéologie est fortement enracinée dans une opposition frontale à la foi chrétienne. C’est une évidence.

Source : famillechretienne.fr

 

La vie est un don

Dans un communiqué publié le 26 juin 2014, Mgr Bernard Podvin, porte-parole des évêques de France, réagit à l'Affaire Vincent Lambert, plaidant pour « une fidélité palliative » : « ni acharnement, ni suicide assisté ».

Le Conseil d’État français a en effet autorisé l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert, un patient de 38 ans en état pauci-relationnel, le 24 juin dernier.

Saisie par les parents de Vincent Lambert, la Cour européenne des droits de l'homme a demandé à la France le 25 juin de « suspendre provisoirement l’exécution de l’arrêt du Conseil d’État » en attendant que la Cour se prononce sur la recevabilité et le bien-fondé de l’affaire.

 

Mille signes de Mgr Podvin

 par Monseigneur Barnard Podvin, 26/06/2014

Qu’est-donc cette idéologie qui cherche à amalgamer l’hydratation d’un frère souffrant à de l’acharnement ? Un trait de civilisation élémentaire n’est-il pas depuis toujours de prodiguer le verre d’eau à autrui, humecter ses lèvres, serait-il notre pire ennemi? En quoi serait-il inconvenant de le faire à un proche en état « pauci-relationnel »?

Ce que l’on nomme  « l’affaire Lambert » fait, hélas, dire de nombreuses aberrations. L’essentiel est d’être près de celui que l’on aime jusqu’au bout. Présence humble et aimante. Les mains vides en offrande d’une affection partagée. Le plus fragile serait-il devenu indigne d’être accompagné ?

Le fait que les proches de Vincent se déchirent, le fait qu’une instance supérieure ne se suffise pas à en discerner et juger, tout cela doit rendre humble devant la complexité et la douleur. Ces limites humaines et institutionnelles attestent que la vie est toujours plus grande que ce que nous en disons. Elle est un don ! Ne vouloir ni acharnement, ni suicide assisté, consiste à choisir la voie étroite d’une fidélité palliative. Redisons-le avec la force de l’amour.

Mgr Bernard Podvin

Porte-parole des évêques de France

Source : Eglise catholique en France

 

 

Communiqué de Mgr Marc Aillet du 26 juin 2014

L’injection létale pourrait bien devenir légale. C’est ce que laisse entendre le message délivré par l’acquittement du docteur Nicolas Bonnemaison.

Comment laisser passer un tel aveu de non-assistance à personne en danger ? Comment ne pas entendre la soif de mourir vivants et aimés ? Oui, il s’agit bien de cela : c’est notre société qui est en état pauci-relationnel et non les personnes comme Vincent Lambert qui attendent au contraire un sursaut d’amour.

Je m’adresse aux médecins, aux soignants, à tous ceux qui font partie de cette chaîne solidaire qui nous unit les uns aux autres, surtout au terme de notre existence. Soyez des témoins de la vie, évaluez avec prudence les limites de l’acharnement thérapeutique et procédez à la mise en place de justes soins palliatifs. La question de la mort ne se résout pas par la mort, mais par la vie !

Qu’as-tu fait de ton frère ? Telle est la question que nous pourrions entendre à notre tour au jour dernier…

Osons la solidarité ! Osons l’espérance ! Osons la compassion, la vraie, celle qui dit je t’aime en disant oui à la vie.

+ Marc Aillet,

évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, le 26 juin 2014.

Source : Diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron

 

 

L'appel du Cardinal Barbarin pour les chrétiens d'Irak

par le Cardinal Philippe Barbarin, 26/06/2014

Les mots semblent impuissants devant la tragédie des chrétiens d’Orient. En Irak, les informations parfois contradictoires qui nous parviennent témoignent du chaos et de l’angoisse de nos frères. Mardi soir, j’ai reçu l’appel du Patriarche des Chaldéens, Louis-Raphaël Ier Sako, que j’avais eu la joie d’accueillir à Lyon en mars. Il est actuellement en synode avec une vingtaine d’évêques de la région. Il me dit que la situation est effrayante, mais que des menaces beaucoup plus graves sont encore à venir. L’éradication des minorités religieuses n’est hélas pas un dommage collatéral de la folle stratégie des assassins : c’est leur but affiché.

En France, il faut bien le dire, la situation des chrétiens d’Irak n’est pas un grand générateur d’émotions. Comment expliquer que, jusque dans nos paroisses, nous ne portions pas davantage le souci de nos frères d’Orient ? Plusieurs raisons l’expliquent sans doute. La presse est le reflet des consciences de notre pays : les chrétiens de là-bas sont considérés comme un problème étranger. Il y a sans doute aussi une espèce de fatalisme : la région est en proie à des secousses meurtrières depuis si longtemps que tous, nous nous habituons à l’inacceptable.

Le fait qu’ici, en Occident, les religions soient officiellement respectées mais aussi fréquemment suspectées, n’arrange rien. La situation des chrétiens persécutés dans le monde ne provoque souvent chez nos politiques qu’une compassion polie, tardive et peu suivie d’effets. Asia Bibi entame sa 4e année de détention préventive dans une prison pakistanaise de haute sécurité sans que cela n’empêche grand-monde de dormir ; ces dernières semaines, Meriam Yahia Ibrahim Ishag a accouché dans les prisons soudanaises, enchaînée pour allaiter son petit dans le couloir de la mort ; la pression américaine a permis une libération... de quelques heures, puisqu’elle a de nouveau été arrêtée. Là encore, il a manqué de grandes voix françaises pour s’y opposer simplement, fortement, fermement.

Le réflexe communautaire d’un groupe humain l’invite à défendre ses membres. Que les chrétiens aient reçu la vocation d’aimer tout homme sans distinction de race, de culture ou de religion est un enseignement directement issu de l’Evangile. Mais, de grâce ! que cela ne nous fasse pas fermer les yeux sur les malheurs de nos frères les plus proches.

En 1794, l’un des plus grands massacres de prêtres de notre histoire s’est déroulé à Rochefort. 829 prêtres réfractaires y ont été déportés par le Comité de Salut public ; sur les 829, seuls 274 survécurent : ils firent le serment de ne jamais parler de l’horreur qu’ils avaient vécue, pour permettre à la France de se relever. Aujourd’hui, la ville de Qaraqosh, dans la plaine de Ninive, est devenue sous l’afflux des réfugiés la plus grande ville chrétienne d’Irak. Entendez-vous le cri qui monte ? C’est celui d’un camp de réfugiés. Qaraqosh n’est pas Rochefort, car le massacre est en cours. Voilà pourquoi nous ne pouvons pas rester silencieux.

Le Patriarche me disait hier qu’une partition du pays serait préférable à une guerre civile qui tue d’abord les innocents. Si seulement la communauté internationale pouvait aider à trouver une solution… Mais n’attendons pas tout des États et de leur diplomatie. Agissons ici et maintenant, comme le pape nous y a appelés.

Lorsque Jean-Paul II m’a accueilli dans le collège des cardinaux, il a insisté sur le sens de la pourpre cardinalice : c’est le rappel du sang des martyrs. C’est pourquoi j’appelle aujourd’hui les chrétiens d’ici à faire monter vers le ciel une prière fervente pour nos frères d’Orient. Je les invite à cultiver la conscience de cette fraternité qui nous lie par-delà les kilomètres et les siècles. Je veux leur redire les paroles du Patriarche : « Ce qui nous manque le plus, c’est votre proximité, votre solidarité. Nous voulons avoir la certitude que nous ne sommes pas oubliés ! »

Je propose d’encourager les associations œuvrant actuellement dans la plaine de Ninive. Je supplie les chrétiens d’ici et tous les hommes et femmes de bonne volonté qui travaillent dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’alimentation, de l’aide d’urgence de venir en aide aux survivants. J’ai le désir de lancer un jumelage entre notre diocèse et l’un de ceux qui en a le plus besoin. Je suggère qu’un pourcentage des quêtes de nos paroisses qui le souhaitent soit versé durant l’année qui vient pour le soulagement de la détresse de nos frères d’Irak. J’invite tous les chrétiens à rester éveillés et attentifs, à être les veilleurs de leurs frères.

Que les héritiers de saint Pothin deviennent les frères de ceux de saint Thomas, apôtre de l’Orient. Comme l’a dit le pape François, nous sommes face à un œcuménisme de sang : ce ne sont pas des catholiques, des protestants, des orthodoxes que l’on martyrise : ce sont des chrétiens. Il est d’ailleurs à craindre que les persécutions ne s’arrêteront pas aux chrétiens. Il faut dès aujourd’hui que la ville de Qaraqosh devienne un sanctuaire pour tous les belligérants, et un havre de paix pour les populations civiles qui, par milliers et de toutes les confessions, y affluent. Car ce sont des hommes que l’on tue, dans le silence, entre deux ola d’un stade de foot brésilien.

Le Patriarche me l’a dit : « Nous gardons espoir, mais comme vous le savez, l’espoir est fragile. » Et si leur espoir était aussi entre nos mains ? Le pape François le rappelle : « Les chrétiens persécutés pour leur foi sont si nombreux ! Jésus est avec eux. Nous aussi. » Nous aussi !

Philippe card. Barbarin

Archevêque de Lyon

Source : lyon.catholique.fr

 

 

Affaire Vincent Lambert : la grande discrétion des évêques de France

par Jean-Marie Guénois, 24/06/2014

 

La conférence des évêques a choisi, lundi, de publier une note interne sur son site Internet rédigée par un prêtre du diocèse de Paris, spécialiste de bioéthique.

Aucun évêque de l'Église de France n'a voulu commenter, mardi après-midi, la décision du Conseil d'État à propos de l'affaire Vincent Lambert.

À l'exception du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon qui, sollicité par Le Figaro, a observé :

«Devant toute grande souffrance humaine, c'est le silence qui s'impose.

Mais devant l'avis du Conseil d'État, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger: notre pays gardera-t-il le respect de toute vie humaine comme une norme fondamentale de notre vivre ensemble?»

En tant que telle, la conférence des évêques semble donc avoir choisi la discrétion même si, en avril dernier, Mgr Georges Pontier, président des évêques, avait rappelé d'une phrase dans son long discours d'ouverture de l'assemblée de printemps à Lourdes, le principe fondamental défendu par l'Église: «L'humanisation de la société ne viendra pas de pratiques eugéniques en début de vie, ni d'assistance au suicide en fin de vie (…) Éliminer l'autre ne sera jamais une solution humaine.»

«Il est « abusif » de considérer « l'alimentation » et « l'hydratation » de Vincent Lambert comme un « traitement » alors que c'est un « besoin de base de tout être humain ».

Père Brice de Malherbe

Si la conférence des évêques dispose d'un service complet «Famille et société» dédié à ce genre de problématique, elle a choisi, lundi, de publier une note interne sur son site Internet, rédigée par un prêtre du diocèse de Paris, spécialiste de bioéthique. Le père Brice de Malherbe, chercheur au Collège des Bernardins, y reprend avec précision les différents volets de cette affaire dont «les questions d'éthique médicale» et dénonçant une première «confusion» entre «les unités de soins palliatifs» et les «unités d'accueil à long terme de patients en état végétatif chronique» où aurait dû être pris en charge Vincent Lambert. Structures qui manquent cruellement de capacité d'accueil. Car, conteste ce prêtre qui a consacré une thèse de doctorat à cette question et qui a passé beaucoup de temps dans les services médicaux concernés, il est «abusif» de considérer «l'alimentation» et «l'hydratation» de Vincent Lambert comme un «traitement» alors que c'est un «besoin de base de tout être humain». Il faut donc «distinguer entre traitement et soin». Reprenant ensuite un avis de l'Académie nationale de médecine, il rappelle que «le droit d'accès à l'alimentation ne saurait être conditionné par la capacité relationnelle» du malade.

Joint, sitôt la décision connue du Conseil d'État, le père de Malherbe a espéré qu'elle «ne créerait pas de précédent» puisque cette instance a assuré qu'elle légiférait «exclusivement» sur un cas unique. Mais il a affirmé «ne pas comprendre la décision finale» car «aucun des motifs invoqués» ne lui paraît recevable pour justifier l'arrêt de l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert. Ce sont des actes de «soin» et non de traitement médical.

Pour sa part, Tugdual Derville, le président d'Alliance Vita, auteur d'un ouvrage de référence sur le sujet (La Bataille de l'euthanasie, éditions Salvator) et organisateur d'une manifestation de protestation, a vu dans cette décision le feu vert à «un acte d'euthanasie qui ne dit pas son nom» réclamant «la création de structures appropriées» pour ce genre de cas.

Source : lefigaro.fr

 

 

Communiqué de presse de Mgr Aillet sur l'euthanasie

par Mgr Marc Aillet, Evêque de Bayonne, 15/08/2011, (extrait)

... Il n'est pas concevable qu'un médecin, dont la vocation est de soigner les personnes qui lui sont confiées, puisse s'arroger le droit de supprimer un patient (malade incurable en fin de vie, personne âgée ou handicapée, etc.) au nom d'une compassion mal comprise (« j'ai trop souvent vu la pitié s'égarer » écrivait Antoine de Saint-Exupéry...).

Certes, la confusion qu'entretiennent certains médias est telle que beaucoup de nos concitoyens se disent ou se croient favorables à l'euthanasie, alors qu'ils sont simplement (et tout à fait légitimement) opposés à l'acharnement thérapeutique.

Moralement inacceptable, l'euthanasie, qui consiste à mettre fin à la vie d'un malade, est parfaitement illégale en France. L'acharnement thérapeutique (c'est-à-dire « l'obstination déraisonnable » par laquelle un malade est artificiellement maintenu en vie au prix d'actes inutiles et disproportionnés) est également interdit par la « loi Léonetti » du 22 avril 2005, qui impose au corps médical la prise en charge des malades en fin de vie et l'obligation de soulager leurs souffrances, mais la mise en oeuvre de cette loi se heurte, en particulier, à l'insuffisance des centres de soins palliatifs, dont le développement devrait être une des priorités des pouvoirs publics en France.

D'une façon générale, la banalisation de l'euthanasie, et a fortiori, sa légalisation, est une « évolution » (ou plutôt, une terrible régression) à laquelle nous nous opposons au nom même du droit de chacun de vivre et de mourir dignement.

+ Marc Aillet,

évêque de Bayonne, Lescar et Oloron,

le 15 août 2011

Source : eglise.catholique.fr

 

 

Protection de la vie : « plus on parle de dignité moins on la respecte »

par Radio Vatican, 06/06/20142014-06-06

(RV) Entretien - Les évêques suisses s'inquiètent pour la protection de la vie. Ils l’ont fait savoir lors de leur 304ème assemblée ordinaire du 2 au 4 juin à l’Abbaye bénédictine d’Einsiedeln.
Pendant leur assemblée sont tombées les décisions du Conseil national sur les conditions pour l’autorisation du diagnostic préimplantatoire dans le pays. Juste avant, le Conseil des États s’était penché sur les modifications concernant la Constitution fédérale et la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée.

Les évêques se sont dits convaincus que, dans ce cas, la médecine et la politique ne vont pas dans le sens du progrès. Et pour François-Xavier Putallaz, professeur à l'université de Fribourg, membre de la Commission « Bioéthique » de la Conférence des évêques suisses, on assiste à un phénomène paradoxal en Suisse, comme dans d’autres pays en Europe :

Pourquoi les évêques sont-ils inquiets ?

D’un côté, on proclame la dignité humaine qui est présentée et proclamée à tout bout de champs et de l'autre on assiste sur le terrain et dans les législations à un phénomène d’érosion. Autrement dit, plus on parle de dignité, finalement moins on la respecte dans les faits. Et cette dignité humaine en Suisse, porte sur deux éléments ou deux pratiques inquiétantes. D’une part, la fin de vie avec le phénomène de l’aide au suicide et d’autre part, les discussions actuelles et l’ouverture au diagnostic préimplantatoire.

On n’est plus en train de parler de procréation médicalement assistée mais vraiment d’un tri, d’une sélection et donc d’une affirmation que certains s’arrogent le droit de prétendre que certaines vies valent la peine d’être vécues et que d’autres ne valent pas la peine d’être vécues. Lutter contre une maladie en supprimant le porteur de la maladie peut être considéré comme un progrès, d’où l’inquiétude des évêques suisses.

Quelles sont les particularités de la Suisse ?

Le problème qui se pose pour la fin de vie, c’est qu’on assiste à une pente glissante, c’est-à-dire que les indications qui sont utilisées par les associations d’aide au suicide, qui sont nombreuses en Suisse, s’élargissent de plus en plus.Au début, c’était pour des malades en fin de vie qui avaient par exemple un cancer en phase terminale. Ensuite, c’était pour des malades chroniques dont les souffrances sont lourdes. Maintenant, ce sont pour des gens qui ont des polypathologies et puis pour des personnes âgées, fatiguées de vivre, etc.

Donc on voit que l’élargissement des indications conduit sur ce qu’on appelle une pente glissante. Et l’idéologie, c’est qu’on ne respecte pas la dignité humaine alors que toutes les associations s’appellent « Dignitas », « Aide pour le droit de mourir dans la dignité ». On respecte beaucoup moins la dignité objective de la vie humaine que l’individu, la liberté individuelle qui s’autoproclame souveraine. Et cela, c’est l’une des raisons pour lesquelles les évêques ont une inquiétude.

Par rapport à la protection de la vie, quelle est l’attitude des autorités ?

L’attitude des autorités est extrêmement prudente, c’est-à-dire qu’ils pensent qu’il ne faut pas légiférer en la matière ou ajouter des lois. Pourquoi ? Parce que plus on légifère, plus on cautionne. L’arsenal juridique suisse est déjà largement équipé si on voulait éviter les abus. Mais encore faut-il la volonté d’appliquer ces lois. Hors la situation, il ne faut pas s’en cacher, empire dans un contexte démographique de vieillissement de la population et d’autre part, dans l’augmentation des coûts pour la vie ou les derniers mois, les dernières années de la vie des gens. Donc, il ne faut pas négliger tout l’aspect économique qu’il y a derrière le discours qui la bouche en cœur vient dire « il faut respecter l’individualité. La vie ne vaut pas la peine d’être vécue pour certaines personnes ».

Avez-vous l’impression que les évêques suisses sont entendus sur ces questions ?

Absolument pas ! Parce que dans nos sociétés, dès qu'une autorité religieuse se prononce et en particulier les évêques, la population a l’impression que c’est une position confessionnelle.Bien sûr, c’est une position catholique mais elle est de surcroît humaniste et c’est cet aspect de rejaillissement de la foi, de la grâce dans la vie de tous les jours qui est difficilement reçu dans nos sociétés.
On assiste à une montée de ce qu’on appelle un eugénisme libéral, non plus l’eugénisme racial, où finalement ce sont les préférences individuelles qui deviennent le critère. Et souvent, ces préférences individuelles sont guidées par les lois du marché. Alors, c’est difficile mais ce sera toujours ainsi. La voix de l'Évangile doit être dite à temps et à contretemps parce que l’Église, c’est l’Évangile qui continue.

Vous parlez de l’émergence d’un eugénisme libéral. Qu’en est-il au niveau européen ?

Le mouvement est le même. Simplement, par exemple pour l’aide au suicide, la Suisse a un cran d’avance (je ne dis pas de progrès mais d’avance) et le problème est le suivant : il est possible que des pays environnants se greffent sur la pratique de la Suisse. En revanche pour le diagnostic préimplantatoire, c’est l’inverse. Plusieurs pays comme l’Espagne, la Belgique autorisent depuis plusieurs années ce diagnostic et alors la Suisse s’adapte à la situation des autres pays.
Et finalement, ce mouvement conduit progressivement à une baisse de vigilance parce qu’on adapte finalement l’éthique aux pratiques des autres pays. Autrement dit, on va de plus en plus vers un plus petit dénominateur commun. Et dans ce sens-là, ce n’est pas le rôle de l’éthique de s’adapter à la pratique, c’est le rôle de l’éthique d’indiquer des voix qui sont normatives, qui sont belles pour essayer d’orienter la pratique médicale dans un sens plus humain.

Qu’est-ce qui se joue aujourd’hui concernant la protection de la vie ?

D’abord la protection des personnes et des individus humains vivants, que ça soit avant la naissance ou alors en fin de vie. Mais plus gravement, il y a un problème politique, on voit un glissement extrêmement inquiétant pour nos démocraties : c’est un glissement de la défense des droits de l’homme, c’est-à-dire de la dignité objective des personnes vers quelque chose qui est son ennemi ou en tout cas son opposition qui est une sorte d’exaltation des droits de l’individu qui s’ouvre. Et c’est cet aspect là, sous couvert de relativisme, sous couvert de tolérance qui au nom même de la démocratie risque d’éroder, c’est-à-dire de saper progressivement les fondements-mêmes du système démocratique.Et c’est peut-être cela le véritable enjeu politique de l’Europe et pas que de la Suisse.

Ces questions de fin de vie, de début de vie et il y en a bien d’autres sont politiques dans les deux sens du terme. Premier sens, elles sont débattues dans l’arène politique, les parlements, le peuple, etc. Mais elles sont en même temps au fondement-même de la pratique politique et c’est dans ce sens-là qu’elles doivent être prises avec beaucoup de sérieux et c’est dans ce sens-là qu’on peut saluer la prise de position des évêques suisses.

Source : news.va

 

 

LES PAPES ET LES ASSOCIATIONS DE MÉDECINS CATHOLIQUES

·

Bref résumé issu de la lecture des textes pontificaux, des bulletins associatifs,

et de 20 années au Comité Exécutif de la FIAMC.

Dr François Blin,

Président de la FEAMC, ancien Secrétaire Général de la FIAMC

C’est sous l’impulsion du Pape Léon XIII (1878-1903) – auteur de l’encyclique Rerum Novarum – que naquirent en 1884, en France (Dr Le Bèle) et en Catalogne (Dr Anguera), les deux premières Associations Médicales Catholiques. Elles furent rapidement suivies par beaucoup d’autres.

Le St-Père Pie X (1903-1914) accueillit en audience le 9 avril 1904 plus de 300 médecins de Belgique, Espagne, France, Hollande, Italie, Lorraine, Luxembourg, Suisse, et Canada, à l’occasion du premier pélerinage international des médecins catholiques à Rome du 5 au 15 avril 1904.

Le Pape Benoît XV (1914-1922) fit tout son possible pour mettre fin aux hostilités de la guerre de 1914. La fin de son pontificat fut contemporaine de la création – à Genève – de la Société Des Nations (SDN) et du Bureau International du Travail (BIT), ce qui y motiva le déplacement ou la création d’Organisations Internationales Catholiques.

Le Pape Pie XI (1922-1939), alpiniste chevronné qui a ouvert des voies dans les Alpes, a écrit au moins quatre encycliques restées célèbres: Casti connubii (1930, sur le mariage chrétien), Quadragesimo Anno (1931, encyclique sociale faisant suite à Rerum Novarum), Mit brennender Sorge (1937, encyclique condamnant le nazisme, et rédigée avec la collaboration du Cardinal Eugenio Pacelli, son 2e Secrétaire d’Etat, et de l’Archevêque de Munich Michel von Faulhaber), et enfin Divini Redemptoris (1937, condamnant le communisme). Son premier secrétaire d’état, le Cardinal Pietro Gasparri (qui négocia des accords du Latran en 1929) soutint la création à Paris en 1924, par le Dr Octave Pasteau, du Secrétariat International des Médecins Catholiques, et lui envoya un message (de même que Mgr Pacelli) à l’occasion du cinquantenaire de la Société St-Luc à Paris en 1934, qui fut l’occasion d’une des premières rencontres européennes. Le Pape adressa des messages aux Congrès de Bruxelles en 1935, et de Vienne en 1936, mais le 3e congrès, prévu à Rome à Pâques 1937 à son initiative, fut annulé du fait de sa maladie (il mourut en février 1939).

Le Pape Pie XII (1939-1958) n’eut qu’un seul Secrétaire d’Etat, le Cardinal Luigi Maglione, qui décéda en août 1944. Sa première encyclique Summi Pontificatus, en octobre 1939, fut vécue par les autorités nazies comme une “une attaque directe contre le troisième Reich”. De 1944 à sa mort il prononça plus de 80 discours, allocutions, ou messages aux professions de santé. Il accueillit en audience les médecins catholiques au Congrès International de Rome en septembre 1949, adressa un message par l’intermédiaire de Mgr Montini (substitut, futur Paul VI) aux Congrès de Lisbonne en 1947, et de Dublin en 1954, et de Mgr Roncalli (Nonce apostolique, et futur Jean XXIII) présent au Congrès de Paris en 1951. Il diffusa un long radiomessage en Français au Congrès International de La Haye le 11 septembre 1956, et une allocution radiotélévisée au Congrès de Bruxelles fin juillet 1958 (deux mois avant sa mort). Il fut un précurseur pour les questions de fin de vie, à travers ses discours du 24 février 1957 sur les problèmes moraux de l’analgésie (1), et du 24 novembre 1957 sur les problèmes moraux de la réanimation (2). Ses positions ont été reprises, non seulement dans les textes ecclésiaux ultérieurs, mais aussi dans la littérature médicale mondiale, dans les “directives” de Sociétés de Réanimation, et ont encore récemment influencé des textes législatifs sur la fin de vie.

Le St-Père Jean XXIII (1958-1963) a laissé l’image d’un Pape profondément humain, au-delà de ses encycliques, notamment Mater et Magistra (commémorant Rerum Novarum), et Pacem in Terris (face à la guerre froide), et de sa convocation du Concile. Il adressa un message de sympathie aux Congrès de Munich fin juillet 1960, et de Londres en juillet 1962.

Le Pape Paul VI (1963-1978) assura la suite et le rayonnement du Concile. Il était très proche des organisations de laïcs, et c’est lui qui créa en 1967 le “Conseil Pontifical des Laïcs” (qui devint en 1976 “Conseil Pontifical pour les Laïcs”). Il se fit représenter par Mgr Silvio Luoni au Congrès de la FIAMC à Manille en novembre 1966, envoya par l’intermédiaire du Cardinal Villot, Secrétaire d’Etat, un message de soutien au Congrès de Washington en 1970, ainsi qu’au Congrès de Barcelone en 1974, et se fit représenter par Mgr Giuseppe Caprio au Congrès international de Bombay en 1978. L’encyclique Humanae Vitae, parue le 25 juillet 1968, déclencha de nombreuses réactions, et fut sa dernière encyclique, 10 ans avant la fin de son Pontificat.

Le pontificat du Pape Jean-Paul 1er (1978) ne dura que 33 jours, mais sa simplicité et son sourire le firent immédiatement aimer.

Il est difficile de parler brièvement du St-Père Jean-Paul II (1978-2005), du fait de l’immensité du travail accompli. Il se souciait de ceux qui souffrent, et la “Vie” était son message: la création des Journées Mondiales de la Jeunesse (1984), du Conseil Pontifical pour la Pastorale de Santé (1985), de la Journée Mondiale des Malades (1992), de l’Académie Pontificale pour la Vie (1994), l’encyclique “Evangelium Vitae” (1995), ainsi que sa lutte contre la maladie, ont jalonné son itinéraire, sans oublier Assise (1986), et le retentissement libérateur de ses prises de position sociales. Il accorda des audiences aux Congrès des Médecins Catholiques à Rome en octobre 1982, juillet 2000 (où il donna – après Pie XII – une Prière du Médecin Catholique), et mars 2004 (Congress on Life-sustaining treatments and vegetative state). La FIAMC a consacré un CD (en Anglais et Italien) à ses textes en matière de Santé. Son sens du contact humain était exceptionnel. J’ai eu la chance de lui être présenté lors du Congrès de juillet 2000, alors que ses forces commençaient à décliner. Lors de sa mort, deux pays non chrétiens, l’Egypte, et l’Inde, ont décrété un deuil national de 3 jours, d’autres un deuil national plus bref.

Le Pape Benoît XVI (2005-2013) est encore parmi nous. Il a accordé des audiences aux participants des Congrès organisés à Rome par la FIAMC et l’Académie Pontificale pour la Vie, sur les Cellules souches en septembre 2006, et sur le Don d’organes en novembre 2008. Ce fut pour moi un grand privilège de lui être présenté lors de l’audience qu’il accorda aux participants du Congrès de la FEAMC à Rome le 17 novembre 2012, et j’en garde un souvenir ému. Enfin, c’est lors de la célébration de la Journée Mondiale des Malades, le 11 février 2013 à Altötting – sanctuaire marial bavarois proche de Marktl son village natal – que nous avons appris, non sans émotion, son courageux renoncement à ses fonctions.

Sa Sainteté le Pape François a déjà accordé plusieurs entretiens à José-Maria Simon. J’ai eu le privilège – avec les membres du Comité exécutif – de dîner près de sa table le 1er novembre 2013 à Domus Santae Marthae, et de le rencontrer, de façon tout à fait informelle le lendemain matin au cours de la Réunion du Groupe de Travail sur le Trafic d’êtres humains qui se tenait à l’Académie Pontificale des Sciences. Son sens pastoral lui a déjà valu d’être universellement reconnu comme l’Homme de l’année 2013.

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(1) Discours de Pie XII sur les problèmes moraux de l’analgésie, du 24 février 1957: «Si… l’administration de narcotiques entraîne par elle-même deux effets distincts, d’une part le soulagement des douleurs, et d’autre part l’abrègement de la vie, elle est licite… s’il y a entre ces deux effets une proportion raisonnable…»… «La suppression de la douleur et de la conscience par le moyen des narcotiques (lorsqu’elle est réclamée par une indication médicale) est-elle permise… (même à l’approche de la mort et si l’on prévoit que l’emploi des narcotiques abrégera la vie)? … S’il n’existe pas d’autres moyens et si, dans les circonstances données, cela n’empêche pas l’accomplissement d’autres devoirs religieux et moraux: Oui.»

(2) Discours de Pie XII sur les problèmes moraux de la réanimation, du 24 novembre 1957: «Le devoir… de prendre les soins nécessaires pour conserver la vie et la santé… n’oblige habituellement qu’à l’emploi des moyens ordinaires… c’est-à-dire des moyens qui n’imposent aucune charge extraordinaire pour soi-même ou pour un autre …» Le médecin peut interrompre une tentative qui apparaît comme une charge qu’on ne peut imposer au patient ou à sa famille car «il n’y a dans ce cas aucune disposition directe de la vie du patient, ni euthanasie ce qui ne serait jamais licite… L’interruption des tentatives de réanimation n’est jamais qu’indirectement cause de la cessation de la vie, et il faut appliquer dans ce cas là le principe du double effet…». Dans ce discours, de même que dans des discours précédents, il rappelle que «le médecin ne peut agir que si le patient l’y autorise…».

Source : FIAMC

 

 

Déclaration du président de l'Assemblée des évêques
à la suite de l'adoption de la loi 52 sur les soins de fin de vie

L'adoption de la loi autorisant l'euthanasie en fin de vie sous le nom d'« aide médicale à mourir » nous cause une profonde déception et une vive inquiétude.

La répartition du vote à l'Assemblée nationale — 94 députés « pour », 22 « contre » — reflète l’absence de consensus en notre société à ce sujet. Ils sont nombreux les citoyens et citoyennes qui ne peuvent accepter le fait qu'on considère comme un droit de pouvoir demander de recevoir une injection causant la mort.

Nous comprenons, bien sûr, l’angoisse et la peine de tous ceux et celles qui ont entendu un proche réclamer la mort pendant une difficile agonie. La véritable réponse de la société et de la médecine à cette situation, ce sont les soins palliatifs: ils sont la meilleure façon de soulager la souffrance d'une personne approchant la fin de sa vie et de l’aider à vivre cette étape ultime avec humanité et dignité.

Nous disons notre solidarité et notre soutien à tous ceux et celles qui oeuvrent dans ce domaine des soins palliatifs. Nous espérons que ces soins seront offerts le plus tôt possible dans toutes les régions du Québec. Nous pouvons entendre le pape François nous redire : « Ne vous laissez pas voler l’espérance. »

Au personnel médical qui sera confronté à des demandes d'euthanasie, nous souhaitons force et courage pour invoquer, le moment venu, le droit à l'objection de conscience. Notre soutien et notre prière vous accompagnent.

Nous voulons redire enfin notre conviction profonde, qui est celle de l'Église, que la vie humaine doit être protégée et respectée jusqu'à sa fin naturelle. L'euthanasie, même légalisée, est tout à fait contraire à la dignité de la vie et de la personne.

+ Pierre-André Fournier

Archevêque de Rimouski

Président de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec

6 juin 2014

Source : Assemblée des Evêques catholique du Québec

 

 

Réflexions sur l'euthanasie

Le drame du jeune Vincent, à Berck, a conduit Mgr Thierry Jordan à s'exprimer le 26 septembre 2003 sur les ondes de RCF, et le 28 septembre 2003 dans une homélie à la cathédrale. Mgr Thierry Jordan a communiqué à la rédaction de SNOP, les notes personnelles à partir desquelles il a bâti ses interventions.

Un jeune homme, victime il y a trois ans d'un accident qui l'a rendu tétraplégique, quasiment aveugle et incapable de s'exprimer. Une longue plainte. Un drame familial programmé jusque dans les détails. Nous prions pour Vincent, pour sa mère, pour les grands malades face à leur vie abimée et face à la mort.

Je m'étais exprimé sur l'euthanasie il y a un peu plus de deux dans la presse écrite où des groupes divers s'efforçaient de promouvoir en France une évolution du droit. Il est utile de le faire aujourd'hui encore devant vous qui attendez une parole claire de votre évêque, une parole humaine et chrétienne à la fois. Mais peut-on séparer les deux, ou les opposer, dans la mesure où nous avons à trouver dans notre foi ce qui éclaire notre chemin ?

Nous ne parlerons pas directement, si vous le voulez bien des personnes en cause. Vous pouvez imaginer par quelles angoisses, pas quels doutes, par quelle nuit, par quels déchirements elles sont passées. C'est en prenant du recul que je désire poser trois types de questions qui ne peuvent pas nous laisser indifférents.

1 - Dans l'ordre de la proximité et de l'engagement. Comment être proche d'un grand malade ? Comment l'écouter ? Comment oser dialoguer avec lui sur la vie et sur la mort, sur ce qui l'habite au plus profond ? La solitude, la détresse, sont atténuées par l'amitié d'une visite, mais pas totalement si le visiteur, lorsque les circonstances s'y prêtent, ne favorise pas les conditions pour que l'échange puisse aller au fond des choses. Comment, aussi, entourer une famille dans le désarroi ? Peut-être cette mère, son mari et son autre fils ont-ils été trop seuls depuis trois ans. Soutien aux membres des équipes d'aumônerie d'hôpital, du Service évangélique des malades, des Conférences Saint-Vincent de Paul, de JALMALV et autres associations.

2 - Qui a le pouvoir sur la vie et sur la mort ? J'ai déjà l'occasion de déclarer que la naissance comme la mort étaient choses trop graves pour être laissées entre les seules mains des hommes. À cet égard, la plus grande preuve d'amour est bien de donner la vie, mais peut-on dire, comme nous l'avons vu dans la presse, que dans certains cas extrêmes c'est aussi de procurer la mort ? Pensons à cette maman qui avait donné la vie à son fils, qui lui a tout donné ensuite, qui l'a accompagné chaque jour dans son calcaire, mais qui ne pourra pas oublier la décision finale.

3 - En matière médicale, l'Église est très claire sur l'acharnement thérapeutique. Celui-ci ne se justifie pas quand il engage des moyens sans rapport avec l'espérance d'un mieux. Mais le dénoncer ne justifie pas l'euthanasie pour autant. Il semble que ce soit en matière médicale que nous puissions le plus progresser, en affinant précisément la notion d'acharnement thérapeutique. Dans le cas des maladies évolutives, mettre l'accent sur les soins palliatifs, qui ne sont pas encore suffisamment développés chez nous, alors qu'ils donnent des résultats cliniques et humains remarquables là où ils sont pratiqués. Attention aussi à soutenir les médecins et les soignants, et à ne pas les laisser seuls face à leurs responsabilités.

Le débat sur l'euthanasie est donc relancé. C'était inévitable, mais c'est d'une extrême complexité. Qu'est-ce que le droit de mourir dans la dignité ? L'homme blessé, meurtri dans sa chair, souffrant autant moralement que physiquement, n'a-t-il plus de dignité quand il a perdu l'espérance ? Ou bien n'est-t-il digne que si les autres le reconnaissent comme tel ? Quel message Jésus, sur la croix, a-t-il perdu l'espérance ? Ou bien n'est-il digne que si les autres le reconnaissent comme tel ? Quel message Jésus, sur la croix, a-t-il voulu transmettre ?

Nous nous trouvons devant une pression médiatique formidable. Dans un sujet aussi grave,, peut-on s'appuyer simplement sur l'opinion (orienter l'opinion), se laisser guider par des sondages inspirés par des questions habiles, pour en tirer ensuite argument ? Peut-on chercher la vérité en privilégiant le registre émotionnel ? La société n'essaye-t-elle pas d'évacuer tout ce qui, dans la vie, est trop dur, tout ce qu'on sait de moins en moins assumer ? N'essaye-t-elle pas de présenter comme un bien ce qui objectivement, est un drame ?

Les législations de pays présentés comme évolués (Suisse, Pays-Bas ou Belgique par exemple) sont-elles vraiment plus avancées ? On dit qu'elles ont été établies pour «encadrer» l'euthanasie et éviter les débordements. Je ne crois pas du tout à la pertinence de ce raisonnement. On l'a vu à propos de l'avortement. Je ne vois pas du tout comment une législation de ce type, chez nous, n'aurait pas pour effet dans quelques années de banaliser l'euthanasie et de lui enlever toute connotation morale. Même sans loi, l'effet d’entrainement a déjà commencé.

Mgr Thierry Jordan
Archevêque de Reims
29 septembre 2003

Source : Conférence des Evêques de France

 

 

Déclaration urgente du président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec

Jeudi, 29 mai 2014

Le secrétaire général de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, Bertrand Ouellet, a fait parvenir cette déclaration urgente, datée du 27 mai, de Mgr Pierre-André Fournier, président de l’AECQ. M. Ouellet précise que « l’urgence est due au fait qu’il est possible que le vote final sur le projet de loi survienne dès cette semaine ».

Le Québec doit se doter d’une politique sur les soins palliatifs et non pas s’engager sur la voie de l’euthanasie.

Les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale se sont entendus pour réintroduire le projet de loi qui permettrait aux médecins de pratiquer l’euthanasie sous l’appellation « aide médicale à mourir ». L’adoption de ce projet de loi aurait des conséquences graves et néfastes pour l’avenir du Québec.

Faire mourir n’est pas un soin. Les expressions « mourir dans la dignité » et « aide médicale à mourir » employées pour qualifier une injection mortelle sèment la confusion et induisent en erreur. Il s’agit purement et simplement d’euthanasie, et non d’un soin de fin de vie.

Nous avons déjà le droit de refuser l’acharnement thérapeutique. Nous avons déjà le droit de ne pas voir notre vie prolongée artificiellement en étant branchés à toutes sortes d’appareils. Mais ce dont il est question dans le projet de loi, c’est de tout autre chose: c’est de permettre aux médecins de causer directement la mort. Cela contredirait le but même de la médecine: donner la mort à un patient, ce n’est pas le soigner.

Nous comprenons, bien sûr, l’angoisse et la peine de tous ceux et celles qui ont entendu un proche réclamer la mort pendant une difficile agonie. Personne ne peut rester insensible à cette détresse. Mais la vraie réponse de la médecine et de la société à cette situation, ce sont les soins palliatifs: ils sont la meilleure façon de soulager la souffrance de la personne approchant de la fin de sa vie et de l’aider à vivre cette étape ultime avec humanité et dignité.

Cette question interpelle et engage la conscience de chacun et chacune. Les soins palliatifs ont fait leurs preuves. Nous avons au Québec l’expérience nécessaire pour les implanter dans toutes nos régions. C’est ce qu’il faut demander de toute urgence à nos élus: que le Québec se dote d’une politique sur les soins palliatifs et sur leur accessibilité universelle mais qu’il ne s’engage pas sur la voie de l’euthanasie.

+ Pierre-André Fournier, Archevêque de Rimouski

Président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec

Source : Diocèse de Chicoutimi

 

 

L’urgence bioéthique

Lettre aux catholiques de Vendée

par Monseigneur Alain Castet, Evêque de Luçon, 13/04/2014 (extrait)

Le domaine précis de la fin de vie

Dans nos sociétés du bien-être où seul ce qui est utile a de la valeur, les
personnes âgées en nombre croissant ou les personnes handicapées sont
parfois perçues comme un fardeau. Au sein de ces personnes fragilisées mais
aussi parfois isolées de leur famille et ignorées de la société, peut naître un
sentiment d’inutilité qui semble légitimer ce que l’on appelle aujourd’hui
l’euthanasie.

Par euthanasie au sens strict, on doit entendre une action ou une
omission qui, de soi et dans l’intention, donne la mort afin de supprimer ainsi
toute douleur9. L’euthanasie est par conséquent une grave violation de la loi
de Dieu en tant que meurtre délibéré.

C’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint
son sommet10 nous rappelle le Concile Vatican II. Devancer la mort c’est par
conséquent se couper d’une lumière essentielle à la personne et à son
entourage.

Dans les derniers moments de l’existence humaine, l’homme atteint son
point de fragilité le plus extrême. Il n’y a souvent plus rien à faire, sinon être
là, témoins de la vie qui nous dépasse tous, prendre conscience du caractère
partiel de toutes nos actions où finalement beaucoup de choses nous
échappent. Ceci nous plonge dans la vérité même de la vie. Alors la question
principale de l’existence n’est plus celle du bien-être mais celle de l’être, qui
est la question fondamentale de toute personne humaine.

Depuis les origines, les yeux fixés sur la Passion du Christ, l’Église
exerce auprès des mourants le ministère de la compassion par le sacrement
des malades, la confession et le viatique. Elle réconforte celui qui est éprouvé
et l’accompagne à l’heure du passage. Comment ne pas manifester notre
reconnaissance aux très nombreux prêtres, consacrés et laïcs qui ont exercé et
exercent ce ministère essentiel.

Le temps infiniment fragile et précieux de la préparation à la rencontre
du Sauveur ne doit jamais être volé, sinon nous prenons le risque d’un
incroyable appauvrissement de l’existence humaine et qui nous conduirait, par
conséquent, vers un certain obscurcissement de la société elle-même.

Cependant le danger et la tentation demeurent de vouloir abréger ce
temps qui conduit à la mort parce que considéré comme inutile et indigne, et
ceci, peut-être pas en donnant la mort directement, mais en ne réalisant pas
tous les soins vitaux. C’est alors qu’il importe de considérer la moralité de
l’acte et de nous rappeler qu’un acte bon doit être nécessairement droit.

Parmi les soins vitaux, citons notamment la nutrition et l’hydratation,
lesquelles sont trop facilement exclues du projet de soin dès lors que la vie
d’une personne gravement handicapée ne répond pas aux critères d’une
existence « enviable ».

L’usage des sédatifs ou « sédation » est tout à fait légitime lorsque la
personne est accablée par des souffrances physiques et morales reconnues par
l’équipe médicale. Les papes Pie XII et Jean-Paul II l’admettent, y compris si
cette pratique risque d’abréger la vie du malade. Les soignants, formés au
traitement de la douleur, peuvent intervenir sans que la personne ne perde
nécessairement sa conscience, lui permettant ainsi de vivre ses obligations
morales et familiales et de se préparer à la rencontre définitive avec Dieu11.

Toutefois, nous ne sommes pas conduits chaque jour à prendre des
décisions complexes. Mais notre qualité de disciples du Christ fait de nous
des sentinelles de la vie, émerveillées par la beauté du don de Dieu.

Les accompagnements que nous vivons nous engagent. N’oublions
jamais que l’attention portée par de nombreux chrétiens aux personnes et à
leur dignité ne trouve son plein accomplissement que dans l’annonce de la
bienheureuse Espérance. Le Seigneur agit avec nous et par nous en nous
donnant de prononcer ses propres paroles. Ainsi, les sacrements de la
guérison - pénitence et sacrement des malades - manifestent l’œuvre de Dieu
à ceux qui souffrent et qui sont accablés. Au bout de la route, le pardon de
Dieu et le viatique soutiennent le croyant à l’heure du grand passage et
donnent la grâce d’une paix profonde.

Par delà l’épreuve et le mystère bouleversant de la mort l’homme ouvre
les yeux, émerveillé, sur « l’éternelle vie ». Il goûte le bonheur tant espéré, tout
en comprenant clairement ce qui a pu l’en éloigner au long de son pèlerinage
terrestre. Dans la rencontre du Créateur, s’accomplit la vocation de l’homme,
comme l’enseigne le Catéchisme de l’Église Catholique : « le désir de Dieu est
inscrit dans le cœur de l’homme, car l’homme est créé par Dieu et pour Dieu ; Dieu ne cesse d’attirer l’homme vers Lui, et ce n’est qu’en Dieu que l’homme trouvera la vérité et le bonheur qu’il ne cesse de chercher12 ». Comment ne pas entendre en écho le
témoignage de Saint Augustin : « tu nous as fait pour toi et notre cœur est sans repos
jusqu’à ce qu’il ne repose en toi 13».

J’exprime ma reconnaissance à tous ceux qui accompagnent les
malades, les personnes fragilisées et celles qui sont en fin de vie. Je pense à
tous les personnels soignants, mais aussi à tous ceux et celles qui participent à
la mission des aumôneries et au service évangélique des malades. Par leur
présence, leur attention et la compassion qu’ils savent exprimer, l’Église est
présente auprès de ceux qui sont éprouvés. Par eux, le Christ devient proche
(Mt 25, 31-40). A travers le ministère de l’Église, il se donne lui-même dans
les sacrements comme le Serviteur souffrant. Il est à leurs côtés pour les
illuminer dans le mystère de sa Pâque.

J’encourage toute initiative qui, au sein de nos communautés, permettra
de rendre présents ces frères éprouvés ou souffrants. La proposition du
sacrement des malades, comme cela se fait déjà dans de nombreuses
paroisses, manifeste par la présence de ceux qui le reçoivent la plénitude du
Corps du Christ qui accueille en son sein nos fragilités et nos souffrances.
Mais cette célébration apparaît en même temps comme un signe d’espérance
qui veut proclamer la victoire de la vie.

Un grand nombre de nos frères apportent le Corps du Christ aux
personnes malades. Pourquoi ne pas rendre plus visible, au cœur de
l’assemblée domininicale, l’envoi de ces ministres au nom de la communauté
toute entière ?

En ce temps pascal, que le Christ ressuscité nous renouvelle, qu’il
fortifie l’espérance des malades, qu’il affermisse dans la foi ceux qui souffrent
et qui sont tentés par le désespoir. Que sa Parole habite le cœur des soignants
et de tous ceux qui accompagnent les personnes fragilisées afin qu’ils sachent
discerner ce qui est juste et bon pour que la dignité et la vie de l’homme
soient honorées et respectées.

À Luçon, le dimanche des Rameaux et de la Passion

13 avril 2014

Alain Castet,
Évêque de Luçon

9 Jean-Paul II, Lettre encyclique sur la valeur et l’inviolabilité de la vie humaine, Evangelium vitae, 25 mars 1995, n°65.
10 Concile Vatican II, Constitution dogmatique Gaudium et Spes, n°18.
11 Cf., Conseil Pontifical pour la pastorale des Services de la Santé, Charte des personnels de la santé, Pierre Téqui,
éditeur, 1995.
12 Catéchisme de l’Église Catholique, Mame/Plon, 1992, n° 27, p.21.
13 Saint Augustin, Les Confessions, Livre 1 , Ch. 1, Paris : Flammarion, 2008, p. 5.

Source : Diocèse de Luçon

 

 

Appel urgent à tous les catholiques: il faut prier et intervenir
pour dire oui aux soins palliatifs accessibles à tous au Québec,
mais non à l’euthanasie

Le nouveau gouvernement du Québec a fait connaître son intention de remettre à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale un projet de loi sur les « soins de fin de vie » qui permettrait aux médecins de pratiquer l’euthanasie. Un tel projet de loi aurait des conséquences graves et néfastes pour l’avenir du Québec.

Faire mourir n’est pas un soin. Les expressions « mourir dans la dignité » et « aide médicale à mourir » employées pour qualifier une injection mortelle sèment la confusion et induisent en erreur. Il s’agit purement et simplement d’euthanasie.

Nous comprenons, bien sûr, l'angoisse et la peine de tous ceux et celles qui ont entendu un proche réclamer la mort pendant une difficile agonie. Personne ne peut rester insensible à cette détresse. Mais la vraie réponse de la médecine et de la société à cette situation, ce sont les soins palliatifs: ils sont la meilleure façon de soulager la souffrance de la personne approchant de la fin de sa vie et de l'aider à vivre cette étape ultime avec humanité et dignité.

Les soins palliatifs ont fait leurs preuves. Nous avons au Québec toutes les compétences et toute l'expérience nécessaires pour les implanter dans toutes nos régions. C'est ce que nous espérons de l’Assemblée nationale: que le Québec se dote d’une politique sur les soins palliatifs et sur leur accessibilité universelle.

Prions donc pour nos députés, afin que chacun et chacune sache ouvrir son coeur et sa
conscience à l'action de l’Esprit-Saint. Et n’hésitons pas à communiquer avec eux —
personnellement ou par lettre collective ou même par pétition — pour demander que tous les Québécois et Québécoises puissent bénéficier en fin de vie d’une véritable aide aux mourants sous la forme de soins palliatifs, et non de l’euthanasie, qui est le contraire des soins palliatifs.

Au cours des prochaines semaines, que notre prière à ces intentions soit fréquente et intense et qu’elle soit nourrie de la Parole de Dieu et des sacrements. Prions individuellement, dans le coeur à coeur avec le Seigneur, et aussi en nous réunissant avec d’autres pour la liturgie, l’adoration, la louange et la récitation du rosaire. Et comme nous y invite la grande tradition de l'Église, associons à notre prière des actes de pénitence, de jeûne, de don de soi et de partage.

+ Pierre-André Fournier
archevêque de Rimouski
président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec

le 13 mai 2014, fête de Notre-Dame de Fatima

Source : eveques.qc.ca

 

 

Interview de Monseigneur Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes

Par

Les chrétiens sont parfois moqués comme anachroniques, ils provoquent souvent l'indifférence. Sont-ils condamnés à vivre à contre- courant et à perdre les combats temporels ?

Les chrétiens n'ont pas la mission de gagner des combats. Ils veulent seulement témoigner de l'amour de Dieu pour tout homme, un amour sans condition qui les appelle à la vie. C'est cet amour, et lui seul, qui sauve le monde. Il ne s'impose pas par la force du droit ou par des jeux politiques. Il est accueilli dans le cœur des croyants comme un feu qui embrase tout leur être et qui illumine leur conscience, leurs décisions, leurs projets. L'Evangile se répand de cette manière ; sans bruit, sans violence, sans stratégie. C'est, comme vous le dites, un peu à contre-courant…

A Lourdes vous côtoyez sans cesse des malades, des handicapés. Considérez-vous que la société les aide et les protège suffisamment ?

La force incroyable de l'Evangile est de nous aider à penser l'homme non seulement dans son génie et sa grandeur mais également dans sa faiblesse et sa précarité. Ce qui m'a toujours frappé, à Lourdes, c'est que les personnes malades ou handicapées ont toujours la première place. Nous vivons avec elle, nous prions avec elles et nous recevons beaucoup d'elles en vivant à leurs côtés. A vrai dire, elles nous évangélisent par leur paix, par leur joie, par leur profondeur, par leur simplicité. La dépendance et la fragilité ne sont pas des défaites pour la personne humaine. Parce que sa dignité ne lui est pas donnée par son autosuffisance, par son pouvoir ou par sa bonne santé. Elle vient de plus haut ; elle vient de Dieu. Elle vient de ce qu'elle est aimée inconditionnellement. Et de ce qu'elle est capable d'aimer inconditionnellement. Notre société fait beaucoup pour les personnes fragiles. Mais elle gagnerait à cultiver ce regard d'absolue bienveillance. Pour ne pas être tentée d'écarter les plus faibles en succombant à une logique de coût, de rentabilité et de confort. Toute personne mérite de vivre. C'est notre appel, notre vocation. Nous sommes faits pour la vie !

Source : lefigaro.fr

 

 

du Père Luc Onambele, du diocèse d'Obala au Cameroun

Préface du Cardinal Robert Sarah, président du Conseil pontifical Cor Unum

Paru aux éditions de L'Harmattan, 14/04/2014

La loi naturelle est le fondement de toute rationalité publique. Tout discours relatif à la défense de la vie humaine en général et singulièrement à l'euthanasie devrait s'appuyer sur la loi naturelle, loi de Dieu à laquelle l'homme participe rationnellement pour éviter de tomber dans les pièges de l'arbitraire, des intérêts particuliers, de la manipulation des esprits et de la dictature de la majorité.

Dans un projet de société d'où la transcendance et la loi naturelle sont bannies, il reste le pouvoir de l'homme sur l'homme et la dernière instance normative de la société dans ce cas se limite à l'autonomie de la personne comprise comme exigence d'une liberté absolue n'ayant aucun lien avec la vérité objective. Dans un tel contexte, la souffrance, réalité de l'existence humaine, est censurée, rejetée et combattue surtout lorsqu'elle est insurmontable et que la perspective de la disparition du bien-être pointe à l'horizon. L'homme pense que la vie a perdu son sens et la tentation grandit en lui de la supprimer : c'est l'euthanasie.

Le regard tourné vers Jésus-Christ, «Évangile de vie et accomplissement de la loi naturelle», l'homme découvre la grandeur et la beauté du don de la vie qu'il a reçu du Créateur. Ainsi, peut-il alors la valoriser, la défendre et l'aimer dans n'importe quelles circonstances où cette vie se trouve accablée par la souffrance.

 

 

Monseigneur Léonard s'exprime sur une extension de la loi sur l'euthanasie

par Begla, 02/04/2014

"Après la loi sur l'euthanasie pour les mineurs, de nouvelles étapes dans l'extension de la loi sur l'euthanasie verront le jour. J'espère que nous nous mobiliserons encore mieux pour faire entendre notre voix", a indiqué l'archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr André-Joseph Léonard, mercredi à l'occasion de la présentation à Gand de l'ouvrage 'La boîte de Pandore, réflexion sur l'euthanasie sous une perspective chrétienne' rédigé par René Stockman de la congrégation des Frères de la Charité. Le Frère René Stockman, supérieur général des Frères de la Charité, expose dans son livre des arguments contre l'extension de la loi sur l'euthanasie. Le recteur de l'université de Leuven (KUL), Rik Torfs, et Monseigneur Léonard ont participé au débat organisé lors de l'introduction de l'ouvrage. "Le noeud de la question est l'auto-détermination", indique Mgr Léonard. "Mais en réalité, ce n'est jamais juste une question d'auto-détermination. Une demande d'euthanasie représente une importante pression sur le libre choix de beaucoup d'autres personnes. Elle touche en premier lieu la profession médicale. Le serment d'Hippocrate doit être modifié en cas de banalisation de l'euthanasie."

L'archevêque met également en garde contre une nouvelle extension de la loi sur l'euthanasie. "Que se passera-t-il si elle est acceptée dans le cas de personnes âgées fatiguées de la vie ou désirant ne pas être un fardeau pour leur entourage? Les médias présentent les demandeurs d'euthanasie comme des personnes généreuses, en citant à titre d'exemple un écrivain et un prix Nobel (probablement Hugo Claus en Christian de Duve, ndlr). Les personnes qui ne rendront pas leur dernier souffle à temps et discrètement seront-ils considérés comme des égoïstes?"

Le livre 'La Boîte de Pandore, réflexion sur l'euthanasie sous une perspective chrétienne' ('De doos van Pandora, reflectie over euthanasie vanuit christelijk perspectief') est paru chez les éditions Halewijn.

Source : lalibre.be

 

 

par Nicolas Vigneault, canoe.ca, 23/02/2014

Contre l'euthanasie

Sur une note plus politique, Mgr Lacroix a parlé sur les ondes de la volonté du gouvernement québécois de légaliser l'euthanasie avec le projet de loi Loi concernant les soins de fin de vie. «Nous avons tout fait pour dénoncer cette décision qui mènerait à l'avènement d'une civilisation de mort, a-t-il dit, ajoutant que même si le règlement devenait légal, il ne deviendrait d'aucune façon «moral».

Mgr Lacroix a aussi décrit l'«effet François» qui a pris naissance au Québec depuis l'élection du nouveau pape. «On parle d'un véritable phénomène!, a-t-il dit en riant. Nombreux sont ceux qui spontanément viennent me dire combien ils aiment le pape et sa façon d'être, sa simplicité.»

Source : canoe.ca

 

Euthanasie: Communiqué des évêques de Belgique, 13 Février 2014

Réaction des évêques de Belgique sur l’approbation de la loi sur l’élargissement de l’euthanasie

Les évêques de Belgique sont très déçus de l'approbation par la Chambre des représentants de la loi relative à l'élargissement de l’euthanasie pour les mineurs. Ils déplorent l'adoption d'une loi que de nombreux experts considèrent comme inutile et qui comporte de nombreux défauts.

Les évêques partagent l’avis de tous ceux qui, dans le débat sur l'euthanasie, se sont prononcés sans ambiguité contre cette loi  en fonction de leur expérience ou de leur expertise.

Ils soutiennent totalement les droits de l'enfant, dont le droit à l'amour et au respect est le plus fondamental. Mais le droit de l'enfant à demander sa propre mort est un pas de trop. Il s’agit de la transgression de l’interdit de tuer, qui constitue la base de notre société humaine.

Les évêques craignent que cette nouvelle loi ouvre grande la porte à une prochaine extension aux personnes handicapées, aux personnes démentes, aux malades mentaux, voire à celles qui sont fatiguées de vivre. Ils insistent pour que tout soit mis en œuvre pour combattre au maximum la douleur et la souffrance et pour que tous ceux qui – professionnels et volontaires - accompagnent des personnes malades et souffrantes, soient soutenus d’une façon optimale.

SIPI – Bruxelles, jeudi 13 février 2014

Source : catho.be

 

 

Projet de loi 52 : Un appel à la conscience

2014-02-10

Une question de vie ou de mort : Un appel à la conscience  

Très bientôt, à Québec, nos députés vont voter sur le projet de loi 52 : Loi concernant les soins de fin de vie. S'il est adopté, l'euthanasie deviendra légale sous l'appellation d' « aide médicale à mourir ».

Or, devancer la mort ce n'est pas aider à mourir mais faire mourir. C'est donner à nos médecins le pouvoir de tuer des patients vulnérables dans certaines circonstances.

Nous aimons les personnes vulnérables, et un jour nous serons tous vulnérables. Il est important que nous sachions tous que notre famille et la société ne devanceront pas notre mort, mais seront là pour nous soutenir jusqu'à la fin.

Nous sommes appelés à faire le choix inconditionnel du respect de la vie jusqu'à la mort naturelle. L'être humain est constitué pour respecter et servir la vie en toute situation de fragilité. Il ne peut se mettre à causer la mort de personnes innocentes - si encadrée soit la décision - sans blesser en lui-même la conscience de sa propre dignité.

Donner la mort à une personne humaine innocente, c'est aussi se donner la mort à soi-même...

† Christian Lépine
Archevêque de Montréal 

Mardi, 11 février, aura lieu la Journée mondiale des malades. À cette occasion, Mgr Lépine a invité les fidèles de l'archidiocèse de Montréal à participer à une messe spéciale qui aura lieu à la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à 19 h 30 :

"Faisons de la Journée mondiale des malades, le 11 février, une journée de prière et de jeûne, participons à la Messe et confions-nous à la médiation maternelle de Marie."

 

Source : Diocèse de Montréal

 

Fragilité et valeur de la vie

par Mgr Christian Lépine, Archevêque de Montréal, 2014-02-05

Les questions d'accompagnement des personnes gravement malades et en fin de vie occupent nos pensées et nos cœurs depuis quelques décennies. Les soins palliatifs se sont développés pour répondre à la souffrance et à la douleur, tout en évitant l'acharnement thérapeutique. Au Québec, nos députés s'apprêtent à voter très bientôt sur le Projet de loi 52, « Loi concernant les soins de fin de vie », qui rendrait possible l'euthanasie sous l'appellation d' « aide médicale à mourir ». Or, devancer la mort ce n'est pas aider à mourir mais faire mourir. C'est pourquoi j'estime important de vous faire part d'une réflexion sur le choix inconditionnel du respect de la vie, quel que soit l'état de faiblesse d'une personne, invitant à tenir ensemble fragilité et valeur de la vie, compassion et espérance.

« Pourquoi Dieu donne-t-il la lumière à un malheureux, la vie à ceux qui sont pleins d'amertume, qui aspirent à la mort sans qu'elle vienne, qui la recherchent plus avidement qu'un trésor ? » (Job 3, 20-21). La prière de Job exprime ici que son angoisse est telle qu'il ne veut plus vivre. Il s'en remet pourtant à Dieu qui « tient en son pouvoir l'âme de tout vivant et le souffle de toute chair d'homme » (Job, 12, 10) en disant dans la confiance et l'espérance : «  Je sais que tu peux tout et que nul projet pour toi n'est impossible. » (Job 42, 2).

Dans la vie, comme Job, nous faisons constamment l'expérience de la fragilité de la vie, en même temps que de la valeur de la vie. Lorsqu'il s'agit de la maladie et de l'approche de la mort, la souffrance peut être telle que l'on perd de vue que non seulement la vie est un bien, mais qu'elle est toujours un bien. Quelle que soit la faiblesse, quelle que soit la fragilité, quelle que soit la douleur, la vie est toujours un bien. Le défi est de tenir ensemble la fragilité de la vie qui nous appelle à la compassion et la valeur de la vie qui nous appelle à l'espérance.

Nous sommes appelés à témoigner de la bonté de la vie, quelles que soient les situations de détresse que l'on puisse rencontrer lorsque des personnes sont gravement malades ou à l'article de la mort. Nous sommes appelés à témoigner de notre bonté envers les personnes malades et mourantes en les accompagnant volontiers, de grand cœur, quel que soit l'inconnu concernant l'évolution de la maladie et les délais, quel que soit l'état de conscience de la personne malade.

Nous sommes appelés à faire le choix inconditionnel de la vie. La dignité de l'être humain n'est pas basée sur les conditions de vie, elle est basée sur le seul fait d'être un être humain et elle touche par le fait même tout être humain. La dignité de tout être humain appelle et réclame le droit à la vie pour tous, quelle que soit la tragédie qui puisse frapper une personne. La dignité de tout être humain oblige au respect de la vie de tous et de chacun, car supprimer la vie, si fragile et si faible soit-elle, c'est supprimer les droits. Même sans référence à Dieu, il est important de rester inébranlable dans le respect de la valeur de la vie afin que la vie en société demeure libre et confiante. Il est important que nous sachions tous que notre famille et la société ne devanceront pas notre mort mais seront là pour nous soutenir jusqu'à la fin.

Contempler Dieu nous ouvre le cœur à défendre la vie et nous donne la force de vivre en aimant jusqu'au bout, car Dieu est Vie : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C'est par lui que tout est venu à l'existence, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes » (Jn 1, 1-4). La vie, avant d'être notre vie, notre vie humaine, c'est la vie de Dieu, la vie éternelle. Dieu nous a posés dans l'existence en nous créant à Son image et en nous appelant à participer à Sa vie.

En Jésus, le Fils de Dieu fait homme, la vie éternelle est entrée dans le temps, la vie éternelle vient à la rencontre de chacun et chacune d'entre nous. Dans la prière et les sacrements on reçoit cette vie éternelle maintenant, et elle s'accomplira en plénitude dans le Royaume éternel. Parce que Jésus-Christ vient à nous en cette vie, la vie éternelle c'est « du déjà et du pas encore »; elle est déjà commencée et pas encore accomplie. En Jésus, la vie s'est manifestée : « Oui, la vie s'est manifestée, nous l'avons vue, et nous rendons témoignage : nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s'est manifestée à nous. » (1Jn 1, 2). La vie humaine est faite pour rencontrer le don de Dieu.

Jésus, qui est la vie divine et qui est source de notre participation à la vie divine, participe à notre humanité, s'expose à la fragilité, à la souffrance et à la mort. Il a embrassé notre fragilité, il n'a pas fui notre fragilité. Il a embrassé notre humanité blessée, il a embrassé la croix. Il a fait face à l'angoisse de la souffrance jusqu'à dire « mon âme est triste à en mourir » (Mt 26, 38), jusqu'à suer sang et eau lors de sa prière à l'agonie (cf. Lc 22, 44). Jésus n'a pas laissé la souffrance, l'angoisse et la mort détruire la beauté et la valeur de la vie. Il a continué de vivre, de prier et d'aimer jusqu'au bout. Il est mort en priant et en aimant.

Jésus s'est fait proche de tous ceux et celles qui n'en peuvent plus, qui ont l'impression que la vie n'a plus de sens et qui ne veulent plus vivre. Il n'y a aucun sentiment de désespoir dont Jésus ne se soit fait proche. Par sa mort, dans son amour sur la Croix, il a porté tous nos péchés, toutes nos souffrances, toutes nos angoisses, toutes nos morts. Il s'est fait proche de toute personne, de toute douleur, de toute vie au moment de la mort. Lorsqu'on est frappé par la douleur et la perspective de la mort on peut aller à Jésus-Christ, quelle qu'ait été notre vie, car Il s'est fait proche de tout être humain, sans exception.

Pour témoigner de la bonté, de la beauté et de la valeur de la vie, quelle que soit notre expérience de la fragilité, nous sommes appelés à être des témoins de la vie éternelle en Jésus Christ, des témoins de Celui qui est vivant, des témoins de Celui qui est mort et ressuscité. Ce qu'il y a de plus beau sur la terre, c'est le défiguré crucifié qui rayonne l'Amour divin. Ce qu'il y a de plus beau sur la terre c'est l'amour qui se donne à travers la fragilité, c'est l'amour qui va jusqu'au bout. Par la grâce du Ressuscité, l'amour a le pouvoir de transfigurer la souffrance et de la vaincre en ouvrant sur l'espérance.

Oui, il y a le drame qui fait partie de la vie. Mais il y a aussi l'amour qui fait partie de la vie. Oui, il y a l'épreuve qui nous terrasse, mais il y a aussi l'amour et la force de la relation, la force de la présence de Dieu, la force des relations familiales, la force des relations d'amitié et la force des relations avec les personnes qui nous procurent des soins. Accompagner quelqu'un dans la maladie grave, accompagner quelqu'un au soir de son existence, c'est donner un espace à l'amour, c'est donner un espace aux relations et aux réconciliations, c'est donner un espace à Jésus-Christ, à sa grâce et à sa Paix. Rien ne peut « nous séparer de l'amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8, 39).

Lorsque, devant la grande fragilité de la vie, on diminue la valeur de la vie, on va à l'encontre de la soif de vivre qui est ancrée très profondément dans l'être humain. Quand on est tenté de ne plus accompagner la vie jusqu'à ce que survienne naturellement la mort, mais de la supprimer car la vie apparaît insupportable, cela est certainement compréhensible, mais prendre cette direction c'est s'engager sur un chemin de déshumanisation. La conscience personnelle des personnes impliquées, de près ou de loin, dans la famille, le monde médical et la société, ne peut qu'être abimée si elle se laisse entraîner dans une telle démarche. L'être humain est constitué pour respecter et servir la vie en toute situation de fragilité. Il ne peut se mettre à causer la mort de personnes innocentes - si encadrée soit la décision - sans blesser en lui-même la conscience de sa propre dignité. Donner la mort à une personne humaine innocente c'est aussi se donner la mort à soi-même...

Alors que nous sommes à quelques jours du 11 février, fête de Notre-Dame-de-Lourdes et Journée mondiale des malades, je vous invite à faire de cette journée un temps de prière et de jeûne. De plus, le soir à 19 h 30, il y aura une messe à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde en faveur des malades et des personnes qui les accompagnent, avec possibilité de recevoir l'onction des malades.

La valeur d'une personne qui est malade ne diminue pas parce qu'elle est dans la fragilité ou l'extrême faiblesse. Il est d'une importance capitale de voir le bien qu'est la vie de toute personne malade. Cette invitation se fait dans un contexte social où l'évidence de la valeur de la vie en toutes circonstances de détresse s'affaiblit et que les députés à Québec s'apprêtent à voter sur le projet de loi 52 qui veut ouvrir la porte à l'euthanasie en en parlant comme d' une aide à mourir .   

Nous avons besoin de Jésus-Christ qui est le Chemin, la Vérité et la Vie, Lui qui est Vie éternelle et qui vient nous apporter sa grâce, tant lorsque nous accompagnons les malades que lorsque nous sommes malades.   

Faisons de la Journée mondiale des malades, le 11 février, une journée de prière et de jeûne, participons à la Messe et confions-nous à la médiation maternelle de Marie.

+Christian Lépine

Archevêque de Montréal

Source : Archidiocèse de Montréal

 

 

Veillée contre l’euthanasie des mineurs: 1.300 personnes réunies à Bruxelles 

 

 

Euthanasie : le Card. Simonis des Pays-Bas parle à cœur ouvert

La "mort douce" : une terrible pression pour les personnes âgées

par ZENIT.org/AVVENIRE, 06/12/2000

"J’ai encore l’espoir que le Sénat n’approuve pas cette loi de l’euthanasie", a déclaré le Cardinal Adrian Simonis. Interrogé par le quotidien italien "Avvenire" depuis son domicile à Maliebaan, le Cardinal Simonis, qui est en quelque sorte la conscience souvent ignorée des Pays-Bas, explique les conséquences de la loi sur l’euthanasie.

"Le Conseil de l’Europe a fait savoir à la Hollande que la loi sur l’euthanasie est en contradiction avec les droits de l’homme. La loi n’est passée qu’au parlement ; j’espère que les conséquences de cette loi feront réfléchir", a-t-il déclaré.

Le 28 novembre dernier le parlement hollandais approuvait par 104 voix contre 40 la loi concernant l’euthanasie, même pour les enfants à partir de 12 ans avec l’accord du père ou de la mère. C’est la première fois qu’un pays va aussi loin dans la légalisation de la "mort douce".

Q : Les sondages montrent que 80 % des néerlandais sont en faveur de l’euthanasie.

Cardinal Simonis : Il faut bien analyser ces sondages. La mentalité qui règne en ce moment est celle de l’autonomie, du droit absolu à disposer de soi-même. Si les gens sont en faveur de l’euthanasie c’est à cause d’un malentendu concernant la liberté. Ils disent qu’ils ne demandent pas l’euthanasie pour eux-mêmes mais qu’on ne peut pas la refuser à ceux qui la désirent. C’est la question soulevée par "Veritatis Splendor", la question de la maladie moderne de l’homme qui n’accepte plus la vérité objective mais la subjectivité des sentiments. Dans le raisonnement commun, la vérité disparaît, et il ne reste que ce que l’on ressent. On ne s’intéresse pas à ce qui est vrai mais uniquement à ‘ce que je ressens comme vrai’.
Le pape a parfaitement raison, et ce qu’il dit dans "Veritatis Splendor" est vrai.

Q : On dit aussi que beaucoup de malades en phase terminale demandent l’euthanasie.

Cardinal Simonis : Je me souviens de la dernière semaine de ma mère, avec nous, ses onze enfants, autour de son lit. Elle n’arrêtait pas de dire : ‘je suis un tel poids pour vous ! Comment est-ce que vous allez faire pour aller en vacances ?’ Les personnes âgées ont l’impression d’être un poids. Elles demandent l’euthanasie pour ne pas être un poids pour les autres, dans cette société qui ne vit que pour le bénéfice, où personne n’a le temps. Ainsi, cette loi, qui prétend donner une nouvelle ‘liberté’, impose en fait tout le contraire. Elle oublie ceux qui ont le plus besoin de solidarité humaine. Maintenant il y a une loi qui ‘permet’. Et dans un environnement qui n’a aucun respect pour la dignité de ceux qui souffrent, pour la vieillesse, pour l’agonie, dans un pays où la moitié de la population déclare ne croire en rien, cette loi devient une pression pour les personnes âgées : on peut, c’est ‘licite’, et donc, cesse d’être un poids ! Mais la demande d’euthanasie est presque toujours uniquement une demande d’aide. Il n’y a qu’une société cruelle, qui ne pense qu’à l’argent et aux affaires, à ne pas pouvoir comprendre cela.

Q : Il y a déjà eu des cas de demandes d’euthanasie de la part de malades souffrant d’une pathologie mentale qui l’entraîne précisément vers le suicide. L’État assiste-t-il ces personnes dans le suicide ?

Cardinal Simonis : L’État a le devoir de défendre ses citoyens, tous ses citoyens, même en allant contre eux-mêmes. C’est un raisonnement en accord avec le droit et la raison. Combien de fois avons-nous utilisé ces arguments philosophiques, rationnels, contre les attentats à la vie, nous les évêques des Pays-Bas ? Les protestants, les évangéliques nous reprochent même d’utiliser des arguments trop ‘rationnels’, trop philosophiques et purement humains, trop laïcs.

Q : Quels arguments utilisent les pasteurs protestants ?

Cardinal Simonis : Uniquement des arguments pris dans les Écritures. Mais ce n’est pas notre ligne à nous : ‘gratia supponit natura’, la grâce ne remplace pas la nature. Nous nous sommes aventurés dans le domaine technique, nous avons signalé les nouvelles thérapies contre la douleur. Nous avons dénoncé les pressions des lois actuelles sur les médecins qui finissent souvent par se trouver en difficulté pour avoir refusé l’euthanasie, comme si cela était un droit…

Q : Y a-t-il des résultats ?

Cardinal Simonis : L’abondance de nos documents et de nos déclarations finit même par être contre-productive. La presse contre-attaque : voilà les éternels évêques qui interdisent tout… Les media ont une grande responsabilité. Ils ont changé la mentalité des gens, tout doucement, année après année.

Q : Et les magistrats ? Et les hommes politiques ?

Cardinal Simonis : La porte a été ouverte par l’avortement. La légalisation de l’avortement a été difficile. La loi est passée à une voix près. Déjà à l’époque nous avions lancé un avertissement : ‘vous finirez par autoriser l’euthanasie. Vous êtes sur la pente…’. Ils ne nous ont pas écoutés. Et maintenant l’euthanasie est légale.

Q : Est-il exact que Mgr Roermond a interdit de donner l’extrême onction aux personnes ayant donné leur consentement préventif à leur propre euthanasie ?

Cardinal Simonis : C’est vrai et c’est juste. On ne peut quand même pas demander à l’Église de bénir par un sacrement un acte de suicide !

Source : zenit.org

 

 

Luigi Novarese, apôtre des malades

La consolation du Christ, par les malades

Mgr Luigi Novarese (1914-1984), fondateur des Ouvriers silencieux de la Croix et du Centre des volontaires de la souffrance. ...

Il voyait dans le malade un personne "active" aussi pour répandre la "consolation" du Christ et intercéder dans la prière pour les autres, pour le monde.

Luigi Novarese est né à Casale Monferrato (Alessandria), le 29 juillet 1914. Le pape Jean-Paul II l'a défini comme « l'apôtre des malades », nom qui a accompagné sa béatification.

En effet, tout en travaillant à la Secrétairerie d'État du Saint-Siège – de 1942 à 1970 – puis à la Conférence des évêques d'Italie – de 1970 à 1977 – il s'engage tout entier dans la lutte contre l'exclusion des personnes handicapées pour les sortir des ghettos dans lesquels elles sont confinées et les intégrer dans la société.

Il leur enseigne un métier avec pour objectif, dans la limite des possibilités de chacun, de les rendre autonomes y compris sur le plan économique. Il dialogue sans complexes avec la médecine, montrant l'efficacité thérapeutique de la motivation spirituelle dans les soins donnés au malade. Il fonde des maisons de santé, des centres d'aide, des cours professionnels pour personnes handicapées et infirmes, leur enseignant à penser et à vivre la maladie autrement.

En 1943, il fonde la Ligue sacerdotale mariale, pour venir en aide aux prêtres infirmes, blessés ou vivant dans des conditions économiques difficiles à cause de la guerre. Quatre ans plus tard, il lance le Centre des volontaires de la souffrance, association dans laquelle il enseigne aux malades à avoir un regard nouveau sur eux-mêmes et sur la maladie. En 1960, le père Luigi crée la fondation des Ouvriers silencieux de la Croix, « une association d'âmes consacrées, hommes et femmes, prêtres et laïcs, engagés pour apporter aux malades un éclairage sur le sens chrétien de la douleur et les soutenir à travers des œuvres d'aide et de réhabilitation professionnelle ». En 1952, il commence la construction de la Maison du Cœur immaculé de Marie, à Re (Verbania) qui, à partir de 1960, accueille chaque année des milliers de malades pour des sessions d'exercices spirituels. Toujours en 1952, afin de rendre plus efficace l'accompagnement des malades, Mgr Novarese créé une quatrième association, les Frères et Sœurs des malades, personnes en bonne santé qui s'engagent dans l'apostolat des malades en partageant le même programme spirituel qu'eux et en les soutenant dans leurs besoins.

Le 7 octobre 1957, Mgr Novarese réussit à étonner la hiérarchie ecclésiastique en organisant le plus grand rassemblement de malades jamais réalisé jusque là, à l'intérieur du Saint-Siège, amenant 7000 malades dans la Cour du Belvédère pour une audience avec le pape Pie XII. Une multitude de sept mille fidèles sur des brancards ou dans des fauteuils roulants, venant de toute l'Italie et du canton du Tessin, qui touchera profondément le pape Pacelli.

Sa vie terrestre prend fin le 20 juillet 1984 à Rocca Priora, près de Rome, où il se trouve pour un temps de convalescence. Son corps repose à Rome dans l'église Sainte-Marie-du-Suffrage, au numéro 49 de la via Giulia, la rue du consulat de France.

Source :(Zenit 11 mai 2013) © Innovative Media Inc.

 

 

DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX PARTICIPANTS AU CONGRÈS INTERNATIONAL
PROMU PAR LA F
ÉDÉRATION INTERNATIONALE DES
ASSOCIATIONS DES MÉDECINS CATHOLIQUES

(17-20 MARS 2004, AUGUSTINIANUM)

Samedi 20 mars 2004

Mesdames et Messieurs!

1. Je vous salue cordialement, vous tous qui participez au Congrès international "Life-Sustaining Treatments and Vegetative State:  Scientific Advances and Ethical Dilemmas". Je désire adresser un salut particulier à Mgr Elio Sgreccia, Vice-Président de l'Académie pontificale pour la Vie, et à M. Gian Luigi Gigli, Président de la Fédération internationale des Associations des médecins catholiques, et généreux défenseur de la valeur fondamentale de la vie, qui s'est fait aimablement l'interprète des sentiments communs.

Cet important Congrès, organisé avec l'Académie pontificale pour la Vie et la Fédération internationale des Associations des médecins catholiques, affronte un thème d'une grande importance:  l'état clinique appelé "état végétatif". Les aspects scientifiques, éthiques, sociaux et pastoraux complexes de cet état nécessitent une profonde réflexion et un dialogue utile entre les disciplines, comme le démontre le programme riche et complexe de vos travaux.

2. L'Eglise, avec une profonde estime et une sincère espérance, encourage les efforts des scientifiques qui consacrent chaque jour, parfois au prix de grands sacrifices, leur travail d'étude et de recherche en vue de l'amélioration des possibilités de diagnostic, de thérapie, de pronostic et de réhabilitation à l'égard de ces patients entièrement confiés à ceux qui les soignent et qui les assistent. En effet, la personne dans un état végétatif ne montre aucun signe évident de conscience de son état, ni de l'environnement, et semble incapable d'interagir avec les autres ou de réagir à des stimulations adéquates.

Les chercheurs sentent qu'il est nécessaire avant tout de parvenir à un diagnostic correct, qui exige normalement une observation longue et attentive dans des centres spécialisés, compte tenu notamment du nombre important d'erreurs de diagnostic dont les annales font état. De plus, un grand nombre de ces personnes, grâce à des soins appropriés et des programmes de réhabilitation ciblés, sont en mesure de sortir de l'état végétatif. Beaucoup d'autres, au contraire, restent malheureusement prisonniers de leur état pendant des périodes très longues et sans avoir besoin de supports technologiques.

En particulier, pour indiquer la condition de ceux dont "l'état végétatif" se prolonge pendant plus d'un an, le terme d'état végétatif permanent a été créé. En réalité, cette définition ne correspond pas à un diagnostic différent, mais simplement à un jugement conventionnel de prévision, relatif au fait que la reprise du patient est, statistiquement parlant, toujours plus difficile au fur et à mesure que la condition d'état végétatif se prolonge dans le temps.

Toutefois, il ne faut pas oublier ou sous-estimer que des cas de récupération, du moins partiels, même après de nombreuses années, ont été recensés, au point que l'on a affirmé que la science médicale, jusqu'à aujourd'hui, n'est pas encore en mesure de prévoir avec certitude qui, parmi les patients dans cet état, pourra se remettre ou ne le pourra pas.

3. Face à un patient dans un tel état clinique, certaines personnes en arrivent à mettre en doute la subsistance même de sa "qualité humaine", presque comme si l'adjectif "végétatif" (dont l'utilisation est désormais consolidée), qui décrit de façon symbolique un état clinique, pouvait ou devait se référer au contraire au malade en tant que tel, dégradant de fait sa valeur et sa dignité personnelle. A cet égard, il faut souligner que ce terme, même limité au domaine clinique, n'est certainement pas des plus heureux lorsqu'il se réfère à des sujets humains.

En opposition à ces courants de pensée, je ressens le devoir de réaffirmer avec vigueur que la valeur intrinsèque et la dignité personnelle de tout être humain ne changent pas, quelles que soient les conditions concrètes de sa vie. Un homme, même s'il est gravement malade, ou empêché dans l'exercice de ses fonctions les plus hautes, est et sera toujours un homme, et ne deviendra jamais un "végétal" ou un "animal".

Nos frères et soeurs qui se trouvent dans  l'état clinique d'"état végétatif" conservent eux aussi intacte leur dignité humaine. Le regard bienveillant de Dieu le Père continue de se poser sur eux, les reconnaissant comme ses fils ayant particulièrement besoin d'assistance.

4. Les médecins et les agents de la santé, la société et l'Eglise ont envers ces personnes des devoirs moraux auxquels ils ne peuvent se soustraire sans manquer aux exigences tant de la déontologie professionnelle que de la solidarité humaine et chrétienne.

Le malade dans un état végétatif, dans l'attente d'un rétablissement ou de sa fin naturelle, a donc droit à une assistance médicale de base (alimentation, hydratation, hygiène, réchauffement, etc.) et à la prévention des complications liées à l'alitement. Il a également le droit à une intervention réhabilitative précise et au contrôle des signes cliniques d'une éventuelle reprise.

En particulier, je voudrais souligner que l'administration d'eau et de nourriture, même à travers des voies artificielles, représente toujours un moyen naturel de maintien de la vie, et non pas un acte médical. Son utilisation devra donc être considérée, en règle générale, comme ordinaire et proportionnée, et, en tant que telle, moralement obligatoire, dans la mesure où elle atteint sa finalité propre, et jusqu'à ce qu'elle le démontre, ce qui, en l'espèce, consiste à procurer une nourriture au patient et à alléger ses souffrances.

L'obligation de ne pas faire manquer "les soins normaux dus au malade dans des cas semblables" (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Iura et bona, p. IV) comprend en effet également le recours à l'alimentation et à l'hydratation (cf. Conseil pontifical "Cor Unum", Dans le cadre, 2.4.; Conseil pontifical pour la Pastorale des Services de la Santé, Charte des Agents de la Santé n. 120). L'évaluation des probabilités, fondée sur les maigres espérances de reprise lorsque l'état végétatif se prolonge au-delà d'un an, ne peut justifier éthiquement l'abandon ou l'interruption des soins de base au patient, y compris l'alimentation et l'hydratation. La mort due à la faim ou à la soif est, en effet, l'unique résultat possible à la suite de leur suspension. Dans ce sens, elle finit par prendre la forme, si elle est effectuée de façon consciente et délibérée, d'une véritable euthanasie par omission.

A ce propos, je rappelle ce que j'ai écrit dans l'Encyclique Evangelium vitae , en expliquant que "par euthanasie au sens strict, on doit entendre une action ou une omission qui, de soi et dans l'intention, donne la mort afin de supprimer ainsi toute douleur"; une telle action représente toujours "une grave violation de la Loi de Dieu, en tant que meurtre délibéré moralement inacceptable d'une personne humaine" (n. 65).

D'ailleurs, on reconnaît le principe moral selon lequel même le simple soupçon d'être en présence d'une personne vivante entraîne, dès lors, l'obligation de son plein respect et de l'abs-tention de toute action visant à anticiper sa mort.

5. Face à cette référence générale ne peuvent prévaloir les considérations en ce qui concerne la "qualité de la vie", souvent dictées en réalité par des pressions à caractère psychologique, social et économique.

Avant tout, aucune évaluation en terme de coûts ne peut prévaloir sur la valeur du bien fondamental que l'on tente de protéger, la vie humaine. En outre, admettre que l'on puisse décider de la vie de l'homme sur la base d'une reconnaissance extérieure de sa qualité, équivaut à reconnaître que l'on peut attribuer de l'extérieur à tout sujet des degrés croissants et décroissants de qualité de vie et donc de dignité humaine, en introduisant un principe discriminatoire et eugénique dans les relations sociales.

En outre, il n'est pas possible d'exclure a priori que la privation de l'alimentation et de l'hydratation, selon ce que révèlent de sérieuses études, soit la cause de profondes souffrances pour le sujet malade, même si nous ne pouvons en voir les réactions qu'au niveau du système nerveux autonome ou au niveau  des  signes  d'expression.  Les technologies modernes de neurophysiologie clinique et de diagnostic cérébral par image, en effet, semblent indiquer la persistance chez ces patients de formes élémentaires de communications et d'analyse des stimulations.

6. Il ne suffit pas, toutefois, de réaffirmer le principe général selon lequel la valeur de la vie d'un homme ne peut être soumise à un jugement de qualité exprimé par d'autres hommes; il est nécessaire de promouvoir des actions positives pour combattre les pressions en vue de la suppression de l'hydratation et de l'alimentation, comme moyen de mettre fin à la vie de ces patients.

Il faut avant tout soutenir les familles, dont l'un des membres est frappé par ce terrible état clinique. Elles ne peuvent être abandonnées à leur lourd fardeau humain, psychologique et économique. Bien que l'assistance à ces patients ne soit pas en général onéreuse, la société doit allouer des ressources suffisantes au soin de ce type de situation, à travers la mise en place d'initiatives concrètes opportunes, comme, par exemple, la création d'un réseau capillaire d'unité de réveil, avec des programmes spécifiques d'assistance et de réhabilitation; le soutien économique et l'assistance à domicile pour les familles, lorsque le patient est transporté à son domicile au terme des programmes de réhabilitation intensive; la création de structures d'accueil dans les cas où il n'y a pas de famille en mesure de faire face au problème ou pour offrir des périodes de "pause" pour venir en aide aux familles qui courent le risque d'un épuisement psychologique et moral.

L'assistance appropriée à ces patients et à leur famille devrait, en outre, prévoir la présence et le témoignage du médecin et de l'équipe d'assistance, auxquels il est demandé de faire comprendre aux proches qu'ils sont leurs alliés et qu'ils luttent à leurs côtés; la participation du volontariat représente également un soutien fondamental pour faire sortir la famille de l'isolement et l'aider à se sentir une composante précieuse et non pas abandonnée du tissu social.

En outre, dans ces situations, le conseil spirituel et l'aide pastorale revêtent une importance particulière pour aider à retrouver la signification la plus profonde d'une situation apparemment désespérée.

7. Mesdames et messieurs, en conclusion, je vous exhorte, en tant qu'hommes et femmes de science, responsables de la dignité de la profession médicale, à préserver jalousement le principe selon lequel le véritable devoir de la médecine consiste à "guérir si possible, prendre toujours soin" (to cure if possible, always to care).

En signe et en soutien de votre authentique mission humanitaire de réconfort et d'assistance envers nos frères qui souffrent, je vous rappelle les paroles de Jésus:  "En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait" (Mt 25, 40).

A cet égard, j'invoque sur vous l'assistance de Celui qu'une formule patristique suggestive qualifie de Christus medicus et, en confiant votre travail à la protection de Marie, Consolatrice des affligés et réconfort des mourants, je donne à tous avec affection une Bénédiction apostolique particulière.

Source : vatican.va

 

 

Appel à une journée de jeûne et à une veillée de prière avant le vote sur l’euthanasie

Nous, votre archevêque et vos trois évêques auxiliaires, nous lançons un appel à tous les doyennés, ainsi qu’aux basiliques et sanctuaires de l’archidiocèse, à vivre le jeudi 6 février une journée de jeûne et, le soir à 20h, une veillée de prière, afin d’éveiller les consciences et de provoquer un ultime débat public au moment où notre pays risque de se donner une législation étendant la possibilité de l’euthanasie à des personnes mineures. Si le jour proposé ne pouvait vous convenir, vous avez, bien sûr, toute latitude pour organiser ce double événement à une autre date proche, car il y a urgence.

Nous serions évidemment heureux si d’autres chrétiens, des croyants d’autres religions ainsi que des agnostiques ou des athées nous rejoignaient dans cette démarche, qui est d’abord d’ordre philosophique, selon des modalités adaptées à leurs propres convictions.

Nous invitons nos concitoyens à réfléchir aux points suivants :

1.    Beaucoup de personnes professionnellement proches des mineurs d’âge attestent que la demande d’euthanasie émanant de ces derniers est rarissime. C’est en tout cas le constat fait dans les Pays-Bas voisins, qui se sont pourtant dotés d’une législation ouverte à cette extension de l’euthanasie. Extension étonnante quand on sait que, en d’autres domaines de la vie, bien moins décisifs que la résolution de se faire euthanasier, les mineurs d’âge sont jugés incapables de décisions importantes pour leur vie économique ou affective ! De plus, en Belgique, où les demandes anticipées d’euthanasie d’adultes se multiplient dangereusement, le risque est grand qu’en élargissant l’offre aux mineurs, la loi projetée ne suscite artificiellement la demande. Et cela, alors que nous disposons de soins palliatifs performants, ainsi que de sédatifs adaptés et progressifs dans les cas de douleur rebelle, pour rencontrer, comme il faut le faire, l’immense détresse physique et psychique des personnes qui souffrent et s’approchent de la mort, même si ces moyens palliatifs ont pour conséquence d’abréger quelque peu la vie, ce qui est moralement acceptable. Mais une mort douce, paisible, dans la dignité, n’est pas synonyme de l’euthanasie (...)

2.    L’expérience a déjà montré que, dès qu’on transgresse l’interdit fondamental de toute société humaine, à savoir l’interdit de tuer un être humain innocent, il est impossible de refermer la porte que l’on a entr’ouverte. Au contraire, elle a tendance à s’ouvrir toujours plus largement. La loi déjà en vigueur concernant l’euthanasie excluait la prise en compte des mineurs d’âge. La loi aujourd’hui projetée l’inclut. Un mouvement s’est mis en route, qui risque de ne jamais s’arrêter. On finira, dans certains cas, par présumer le consentement qui n’a pas été donné ou n’a pas pu l’être. Par contre, nous nous refusons, comme certains osent le faire, à émettre l’hypothèse qu’on en viendra peut-être un jour à supposer ce consentement dans le chef de mineurs handicapés mentalement, dès lors qu’ils sont par définition incapables d’un jugement mûrement délibéré. Nous sommes fermement convaincus que jamais notre pays ne se laissera entraîner à une telle dérive. En revanche, à plus court terme, le risque n’est pas nul qu’on se demande un jour si une nouvelle loi ou une jurisprudence invoquant le principe de non-discrimination ne devraient pas faire cesser une discrimination, celle qui consiste à ne pas prendre en compte le critère de la souffrance psychique quand il s’agit de mineurs d’âge.

3.    D’autres projets de loi sont déjà prêts pour, à l’autre bout de la vie humaine, ouvrir l’euthanasie aux personnes démentes, n’ayant plus une conscience claire de leur identité personnelle, pourvu qu’elles en aient fait anticipativement la demande écrite. Redoutable perspective, qui va exercer une pression insidieuse sur les personnes âgées craignant de peser plus tard sur leur entourage ! Beaucoup de personnes âgées vont se convaincre qu’elles feraient preuve d’un grand égoïsme en ne faisant pas cette demande anticipée… C’est ainsi que s’effritera progressivement l’admirable solidarité qui unit les personnes démentes, leurs familles et tout le monde médical et paramédical qui entoure ces personnes de soins pleins d’humanité, de compétence et de tendresse. Comme solution aux inévitables fragilités de l’existence humaine, surtout quand elle arrive à son déclin, on n’offrira plus aux personnes démentes que la décision solitaire de prévoir à temps leur sortie de ce monde lorsque d’autres en jugeront le temps venu. Il n’est que trop prévisible qu’un élargissement ultérieur de la loi permettra de présumer raisonnablement le consentement de la personne démente, dès lors qu’il ne manque qu’une petite signature en bas d’un document… De plus, comme c’est déjà le cas, beaucoup de personnes âgées et potentiellement démentes, seront tentées de demander l’euthanasie pour ne pas être à charge de leur entourage, voire, à la limite, pour cause de vieillesse et de perte du goût de la vie. Ce sera alors une sorte d’« euthanasie » d’un autre genre, celle de la solidarité même qui doit unir les plus vaillants aux plus fragiles. Enfin, il n’est pas non plus exclu que des considérations d’économie en arrivent un jour à recommander indirectement l’euthanasie pour des raisons de finances publiques ou de solvabilité des institutions de soin.

4.    En dernier lieu, l’on entend souvent dire que la décision de se faire euthanasier est une simple question de liberté personnelle, de libre disposition de soi, et que la loi n’impose à personne d’y recourir. C’est oublier que cette prétendue décision purement individuelle exerce, surtout quand elle se multiplie, une redoutable pression sur la liberté de tous les soignants, ainsi que sur celle des institutions de soin qui sont opposées à l’euthanasie et, finalement, sur les personnes les plus fragiles de la société. 

Nous osons donc dire à nos concitoyens, en payant de notre personne : « Il n’est pas trop tard, mais il est temps ! ». Secouons notre propre conscience et aussi, avec respect, celle de nos frères et sœurs en humanité. L’histoire ne sert jamais deux fois les mêmes plats ni les mêmes circonstances. C’est donc aujourd’hui qu’il faut agir. Nous comptons sur vous.

Concrètement, nous voulons, outre l’appel au jeûne, organiser une  veillée de prière dans quelques lieux emblématiques et géographiquement centraux de l’archidiocèse (la Basilique nationale de Koekelberg à Bruxelles, la Collégiale Saint-Pierre de Leuven et la Basilique de Basse-Wavre), mais en demandant avec insistance aux doyens et aux recteurs de sanctuaires moins centraux, d’organiser, eux aussi, une veillée de prière dans leur église décanale ou leur sanctuaire, selon leurs possibilités. A Bruxelles et à Leuven, la veillée aura lieu le 6 février à 20h. Celle de Bruxelles sera présidée par l’archevêque. Celle de Leuven sera présidée par Mgr Kockerols, Mgr Lemmens étant retenu à Rome. A Basse-Wavre, elle sera reportée au 8 février à 20h et sera présidée par Mgr Hudsyn.

Pour vous faciliter la tâche, nous joignons au présent appel un schéma pour la mise en œuvre de la veillée.

Nous vous remercions de votre collaboration et vous disons avec insistance notre attente, en ce moment très grave où nous devons absolument en appeler, par un engagement résolu, au débat public et citoyen.

La Belgique n’est pas souvent au centre de l’attention des médias de la planète. Mais, en cette circonstance, de manière frappante, de nombreux médias, dans plusieurs continents, ont les yeux braqués sur notre petit pays, en se demandant jusqu’où ira le laxisme de notre législation en une matière aussi déterminante pour la conception que toute une société risque, à long terme, de se faire de la vie, de la mort et de la liberté humaine.

+ André-Joseph Léonard, Archevêque de Malines-Bruxelles
+ Jean-Luc Hudsyn, évêque auxiliaire pour le Brabant Wallon
+ Jean Kockerols, évêque auxiliaire pour Bruxelles
+ Leon Lemmens, évêque auxiliaire pour le Brabant Flamand e
t Malines

Source : catho.be

 

 

par Patrick Rodrigue, Abitibi Express, 30/01/2014

L’euthanasie n’est pas un soin, selon Mgr Moreau

«Injecter la mort, ce n’est pas un soin. C’est contraire au commandement qui prescrit que tu ne tueras point et c’est pour ça que l’Église s’y oppose.»

Mgr Dorylas Moreau s’est fermement opposé au projet de loi 52 légalisant l’aide médicale à mourir. Selon lui, le principe de donner la mort ne pourra jamais être considéré comme un geste médical.

L’évêque de Rouyn-Noranda, Mgr Dorylas Moreau, a été on ne peut plus clair sur sa position face au projet de loi 52 sur l’aide médicale à mourir. Emboîtant le pas à l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, il s’est dit fermement opposé aux dispositions de ce projet de loi.

«L’euthanasie n’est pas et ne sera jamais un traitement, a-t-il dénoncé. L’acte de donner la mort contredit le but premier de la médecine. Le projet de loi 52 va à l’encontre des valeurs humaines les plus fondamentales et c’est pourquoi nous ne pouvons nous prononcer en sa faveur.»

Une vraie aide aux mourants

Mgr Moreau a cependant tenu à rappeler la distinction entre l’aide médicale à mourir et le droit de refuser l’acharnement thérapeutique.

«Ce droit de ne pas voir notre vie et notre souffrance prolongées artificiellement par des machines nous est déjà acquis. Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle loi pour l’assurer. Par contre, ce dont nous avons besoin, c’est d’une véritable aide aux mourants. C’est d’offrir plus de moyens pour que ces personnes puissent vivre avec humanité et dignité les derniers moments de leur vie», a-t-il fait valoir.

Source : abitibiouestrouynnoranda.ca

 

 

Communiqué des évêques de Belgique, 22 janvier 2014

Les évêques de Belgique, réunis en Conférence épiscopale à Grimbergen, ont approfondi la problématique de la fin de vie, en présence d'experts en matière médicale, juridique, éthique et pastorale.

Ils se sentent fortement interpelés par la proposition de loi discutée actuellement à la Chambre sur l'élargissement de l'euthanasie aux mineurs, c'est-à-dire aux enfants et aux jeunes. Ils se demandent pourquoi légiférer en une matière aussi délicate, quand on sait qu'aux Pays-Bas une pareille loi existe depuis 2006, mais n'a pratiquement jamais dû être appliquée. Cette question les a poussés à creuser les enjeux sous-jacents à cette initiative et à les partager largement .

Le premier enjeu est l'interdiction de tuer, qui est à la base de notre société. En ouvrant la porte à l'euthanasie des mineurs, on court le danger de vouloir l'étendre aux handicapés, aux personnes démentes, aux malades mentaux, et même à ceux qui sont fatigués de vivre. On risque ainsi de changer le sens de la vie humaine et d'accorder la valeur d'humanité seulement à ceux qui sont capables de reconnaître la dignité de leur propre vie. On introduit donc le doute sur la valeur de certaines vies humaines.

Le second enjeu est le changement de la pratique médicale, lié aux grands progrès de la médecine. Mais quand la médecine arrive au bout de ses possibilités, on passe du tout au rien, et on est tenté de s'orienter tout de suite vers l'euthanasie. On oublie le rôle de la sédation, qui apaise la douleur, et l'importance des soins palliatifs, qui préparent sereinement à la mort. Le médecin et le personnel médical sont ébranlés dans leur pratique et se demandent quel est leur rôle, entre le « trop » de médecine et le « plus rien » de l'euthanasie.

Le troisième enjeu nous renvoie à notre propre mort : comment la préparer et ne pas l'ignorer ? Avec qui en parler, quelles dispositions prendre, comment être entouré ? Comment éviter de faire de la mort un moment tabou ? Comment mourir dans la dignité, en respectant la valeur de la vie humaine ?

Le quatrième enjeu est celui de la souffrance. 70% des Belges se disent favorables à une mort douce. C'est normal. Il faut à tout prix combattre toute forme de douleur et diminuer au maximum la souffrance. Mais quand celle-ci est malgré tout présente, chez le malade, comme chez les proches, ou parmi le personnel médical, comment peut-on l'assumer ? Comment être préparés à affronter la souffrance comme une épreuve qu'on peut partager et vivre ensemble ? Comment nous soutenir mutuellement pour traverser les moments de souffrance ?

Le cinquième enjeu est celui de la spiritualité. Dans la question de l'euthanasie se joue tout le sens de la vie. Comment l'expérience chrétienne nous aide-t-elle à affronter la mort et la souffrance ? Quand nous fêtons la Pâque de Jésus, le vendredi saint nous fait vivre le drame de la souffrance ; le samedi saint, le mystère de la mort et de l'abandon ; le dimanche, la force de la résurrection. Comment le mystère pascal inspire-t-il notre vie et éclaire-t-il toute vie humaine ? Comment les institutions chrétiennes peuvent-elles proposer une attitude éthique par rapport à ces défis ?

En outre, les évêques ont également travaillé la question des évolutions du paysage paroissial dans le pays, avec des experts en pastorale.

Les évêques de Belgique

Source : catho.be

 

 

Fin de vie : pour un engagement de solidarité et de fraternité

On trouvera, ci-après, la déclaration du Conseil Permanent de la Conférence des évêques de France du 16 janvier 2014, concernant le débat sur la fin de vie. Devant un sujet si grave et douloureux, l'essentiel est de rendre « plus manifeste le respect dû à toute personne » vivant ses derniers jours. Non à l'acharnement thérapeutique. Non à l'acte de tuer. Oui à un développement réel et qualitatif des soins palliatifs. Ce sont les solidarités familiales et sociales qui sont à renforcer.

Un projet de loi sur la fin de vie pourrait être déposé devant le Parlement d'ici la fin de l'année. Des rapports et des avis rendus publics ces derniers mois ont demandé des améliorations de la loi Leonetti. Cependant, améliorer la législation, ce n'est pas la changer fondamentalement. Le sujet est trop grave pour ne pas agir avec prudence.

Contrairement à d'autres [1] , l'avis rédigé par un « panel de citoyens » [2] propose de légaliser le « suicide médicalement assisté », sous condition d'une demande expresse d'une personne en fin de vie ou atteinte d'une maladie jugée irréversible. Aider un malade à mettre lui-même fin à ses jours ou provoquer délibérément la mort d'un patient à sa demande, ce qui est proprement appelé euthanasie, sont inacceptables. L'avis admet même la pratique de l'euthanasie sans consentement de la personne devenue incapable de s'exprimer !

Notre société cherche à « esquiver la mort » [3] et redoute la proximité avec celui qui va mourir. Elle pourrait être ainsi conduite à des décisions inhumaines. Il importe donc de clarifier le vocabulaire et les buts poursuivis. Personne ne peut provoquer délibérément la mort, fût-ce à la demande d'une personne gravement malade, sans transgresser un interdit fondamental. « Tu ne tueras pas » [4] demeure une exigence morale majeure de toute société, et, pour les croyants, un commandement de Dieu. C'est le fondement de toute vie sociale respectueuse d'autrui, spécialement des plus vulnérables [5]. Nombre de nos contemporains, en raison d'une maladie, d'un handicap ou de leur âge, se sentent devenus une charge pour leurs proches et un poids pour la société. Ils souffrent de leur solitude, de l'indifférence d'autrui, du regard porté sur eux dans une société axée sur les valeurs d'autonomie et d'efficacité. Ceux qui en viennent à douter de la valeur et du sens de leur vie ont besoin « d'accompagnement, de solidarité et de soutien dans l'épreuve » [6] . N'aurons-nous rien d'autre à leur proposer que de mettre fin à leur existence ?

Le suicide est souvent présenté de nos jours comme « une ultime liberté ». Mais en même temps, on s'alarme, à juste titre, des taux élevés de suicides particulièrement chez les jeunes et les personnes âgées. Comment réagir contre la banalisation du suicide et en faire en même temps la promotion ? Comment pourrions-nous juger nécessaire d'aider certaines personnes à affronter un épisode de détresse pour éviter l'irréparable, et, par ailleurs, encourager et assister d'autres personnes dans leur volonté de mourir ? Qui deviendrait le juge des vies qui ne valent plus d'être vécues ? Il serait discriminatoire d'estimer aussi différemment la valeur de la vie des uns et des autres.

Tout suicide affecte la solidarité et la volonté de vivre du corps social. Il est donc nécessaire et urgent de poursuivre un véritable engagement de solidarité et de fraternité. Beaucoup se sont investis pour soulager les douleurs et les souffrances de la fin de vie mais « la tâche à accomplir est encore immense » [7]. Les campagnes médiatiques de promotion d'une nouvelle loi contribuent malheureusement à détourner l'attention des indispensables réformes à entreprendre, parmi lesquelles l'accès à « des soins palliatifs et à un accompagnement » à « toute personne malade dont l'état le requiert » [8] . Notre conviction profonde est qu'un changement législatif ne peut avoir pour objectif que de rendre plus manifeste le respect dû à toute personne en fin de vie. Cela passe par le refus de l'acharnement thérapeutique, le refus de l'acte de tuer ; ainsi que par le développement des soins palliatifs et le renforcement des solidarités familiales et sociales.

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France :

Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, Président
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, Vice-président
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, Vice-président
André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Claude BOULANGER, Évêque de Bayeux et Lisieux
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez et Vabres
Mgr Jean-Paul JAMES, Évêque de Nantes
Mgr Hubert HERBRETEAU, Évêque d'Agen
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d'Autun, Chalon et Mâcon


[1] Notamment, Comité consultatif national d'éthique, Avis n° 121, Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir, 30 juin 2013.
[2] Conférence de citoyens sur la fin de vie, Avis citoyen, 14 décembre 2013. 18 personnes réunies par l'IFOP.
[3] Cf. Commission de réflexion sur la fin de vie en France, Penser solidairement la fin de vie, Rapport à François Hollande, Président de la République française, décembre 2012, Partie I, § I.1 : L'esquive de la mort.
[4] Livre de l'Exode - Chapitre 20, 13.
[5] Cf. Louis-Marie Billé, Président de la Conférence des évêques de France, « Un compromis impossible », Communiqué de presse, 4 mars 2000.
[6] Jean-Paul II, Evangelium Vitae, 25 mars 1995, § 67.
[7] Cf. Comité consultatif national d'éthique, Avis n° 121, Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir, 30 juin 2013, 3° Partie, III.2.
[8] Code de la santé publique, art. L1110-9.

Source : site de la Conférence des évêques de France

 

 

"Ni la République ni le corps médical n'est propriétaire de la vie humaine.", affirme le cardinal Philippe Barbarin.

(...)

Sur un autre sujet qui risque de devenir un sujet phare en France au cours de l'année 2014 : la fin de vie. Est-ce que vous pensez qu'on peut se permettre d'aller plus loin, face à la détresse des familles, la souffrance des malades, qui veulent pouvoir avoir, là aussi, le libre-arbitre, qu'on les laisse mourir en paix, de manière peut-être plus paisible que ce serait à cause de soins palliatifs trop durs ?

"Ecoutez, moi j'ai frôlé la mort : infarctus, triple pontage, etc. Je me suis demandé si c'était pas dans le quart d'heure qui suivait. On a pris admirablement soin de moi. On veille énormément sur notre dignité, on fait très attention à ce que nous souffrions le moins possible. J'ai une reconnaissance énorme pour le monde médical. Je trouve qu'on doit donner un très grand respect à chaque vie humaine et d'une manière toute particulière à ceux qui souffrent. Mais au fond, ni la République, ni l'Etat, ni le corps médical n'est propriétaire de la vie humaine. On n'a pas un droit sur la vie et la mort de quelqu'un. "

(...)

 Source : europe1.fr

 

 

Message de Noël de Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier :

 

 

«  .. Nous regardons Marie. Avec Joseph, elle n’avait pas trouvé de place dans la salle commune, au moment de mettre au monde son enfant. Alors c’est dans une mangeoire qu’elle l’a couché. Quelle fragilité ! Quelle simplicité ! Mais, en même temps, tout le monde s’y met pour accueillir l’enfant, le protéger et prendre soi de lui … »
 
Dans son message de Noël, Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, rappelle le sens religieux de la fête de Noël : la naissance de l’enfant Jésus et « cette note de joie, ce désir de faire plaisir malgré les soucis du moment ».
 
En ce Noël, Mgr Moutel pense particulièrement  aux personnes qui sont « au soir de leur vie, et qui souffrent, fatiguées et dépendantes » et  aux personnes qui sont « en fin de vie, ainsi que leurs proches » qui « doivent être accueillis et entendus ».
 
Ces situations douloureuses, souligne-t-il, appellent « des réponses réfléchies au-delà de l’émotion (…). Un accompagnement humain et des soins palliatifs sont bien plus attendus que l’organisation d’un "suicide assisté ».
 
Aussi l'évêque a-t-il choisi de « protester par avance, devant la crèche, contre tout ce qui semble ouvrir la porte à l’euthanasie. Parce que nous comprenons là que la vie humaine est inviolable et que toute personne, même dans l’extrême fragilité, a une dignité infinie ».
 
Pourquoi devant la crèche ?
 
Sa réponse : «  Devant la crèche … parce que nous comprenons là que la vie humaine est inviolable et que toute personne, même dans l’extrême fragilité, a une dignité infinie. Devant la crèche … parce que nous comprenons là que l’amour est possible, maintenant et à l’heure de notre mort. »

 
Et Mgr Mautel de conclure avec grande espérance : « Cette confiance fait notre joie de Noël : oui, un Sauveur vous est né ! Saint et Joyeux Noël ! »

I.C 

Source : aleteia.org

 

 

 

Le Sénat belge a adopté jeudi la proposition de loi étendant aux mineurs la dépénalisation de l’euthanasie. Et ce, sans limite d’âge.

Ci-dessous, un texte d' Hilde Kieboom, responsable pour la Communauté de Sant’Egidio au Benelux.

 

"Étendre l’euthanasie aux mineurs risque de faire passer pour "un acte de compassion" ce qui est en réalité est un acte de déresponsabilisation, qui abandonne le jeune malade à son sort. Au moment où le Sénat s’apprête à légaliser l’euthanasie pour les mineurs, nous estimons qu’il y va de notre devoir citoyen d’y opposer de sérieuses objections. Nous invitons les formations politiques, les sénateurs et les députés à prendre plus de temps pour approfondir davantage la réflexion.

Notre pays se sent à l’avant-garde en devenant le seul pays au monde à supprimer toute limite d’âge pour l’euthanasie. Doit-on vraiment s’en vanter? Les faits démontrent qu’un tel élargissement n’a pratiquement pas de raison d’être: de nombreux pédiatres et infirmiers/ières témoignent que les enfants gravement malades expriment rarement un souhait résolu de mourir. Leur volonté de vivre, même dans les conditions difficiles de l’approche de la mort, est plus forte que l’éventuel souhait d’anticiper la fin. Aux Pays-Bas, où l’euthanasie peut être pratiquée sur les enfants à partir de 12 ans, la réalité démontre qu’il n’y a aucun besoin en la matière. Depuis 2006, aucun cas n’a été enregistré, même pas en dessous de 30 ans. Pourquoi alors cette hâte suspecte? Pourquoi vouloir coûte que coûte voter cette loi?

Il ne s’agit pas tant, à notre avis, de répondre à un quelconque besoin urgent dans nos hôpitaux, mais plutôt d’un projet idéologique tendant à faire sauter l’un après l’autre les verrous juridiques placés par la loi du 18 mai 2002. Dans une déclaration récente, le Conseil Central laïque rêve déjà de nouvelles modifications législatives: l’euthanasie devrait également être possible pour les mineurs qui ont des souffrances psychiques – incontestablement un groupe plus important, vu le taux élevé de suicides chez les jeunes – mais aussi pour les personnes qui ne sont plus en état d’exprimer elles-mêmes leur volonté. Avec l’augmentation du nombre de personnes âgées qui souffrent de l’une ou l’autre forme de démence, il s’agit d’un large groupe qui pourrait potentiellement entrer en ligne de compte pour l’euthanasie. Face à cette évolution politique, nous voyons se confirmer notre crainte d’il y a dix ans. Une fois disparu le tabou légal de tuer un concitoyen à sa propre demande, la porte s’ouvre sans cesse plus largement. D’où notre question: qui donc arrêtera le train de l’euthanasie?

Traditionnellement, la souffrance psychique et physique du prochain, enfants et autres, incarne un appel éthique à leur entourage et à la société de prendre soin d’eux. Par l’expérience d’un travail dans la durée auprès des malades et des aînés, la Communauté de Sant’Egidio peut témoigner que notre société regorge de forces vives qui sont prêtes à prendre leur responsabilité pour assister et soigner les malades. Autour du lit d’un malade naissent souvent des formes inattendues de solidarité et de chaleur humaine. Les avancées de la science médicale, avec des antidouleurs toujours plus efficaces, permettent que la souffrance physique soit de mieux en mieux maîtrisée. Les soins palliatifs ne veulent pas seulement pallier les douleurs physiques, mais aussi les souffrances psychiques provoquées par le sens de l’abandon.

Si une nouvelle porte s’ouvre pour l’euthanasie, il est à craindre que la société se déresponsabilise toujours plus vis-à-vis de ceux qui souffrent. Car la société ne dit dès lors plus au malade: "Nous allons te soutenir du mieux que nous pouvons avec tous les moyens dont nous disposons et le plus longtemps possible." Mais elle lui demande plutôt: "Réfléchis-bien! Veux-tu vraiment vivre ainsi?" De la sorte, le désir de vivre et de s’opposer à un éventuel souhait de mourir est subtilement sapé chez le malade et son entourage. Ne s’agit-il pas là d’une réelle perversion, pour une société qui d’autre part investit tant dans la prévention du suicide?

Le risque est d’appeler ‘un acte de compassion’, ce qui dans la réalité est un acte de déresponsabilisation masquée. Au lieu d’ouvrir toujours plus la porte ‘pour l’aide à mourir’, il faudrait investir plus d’énergies dans ‘l’aide à vivre’. D’ailleurs, dans beaucoup d’autres domaines de la société, on ne voit pas toute cette volonté de piété et de compassion.

Le soin des malades coûte beaucoup à la société: en moyens financiers, en temps et en énergie. A l’heure actuelle, beaucoup de gens, confrontés dans leur entourage à une personne touchée par une maladie incurable ou des souffrances psychiques, expriment de façon plus ou moins ouverte le souhait que le malade ne prolonge plus trop longtemps son séjour parmi les vivants et qu’il s’en aille à temps. Cette pression, implicite ou parfois même explicite, sur des personnes malades et affaiblies doit davantage être prise en compte. Ainsi, l’autorisation parentale, nécessaire pour les mineurs, nous est présentée comme un verrou juridique et un droit de veto. Dans la pratique, c’est plutôt le contraire qui risque d’arriver: des parents qui commencent à espérer que leur enfant malade ne vivra plus trop longtemps, des enfants qui se sentent une charge pour leurs parents, et qui, dès lors, se sentent incités à faire mettre fin à leur vie.

Dans une sorte d’égarement collectif, notre société glorifie toujours plus la mort médicalement assistée comme un progrès de la civilisation et le summum de l’humanité. Permettez-nous de défendre un point de vue fondamentalement opposé. Les possibilités légales toujours croissantes de recourir à l’euthanasie signifient plutôt ouvrir la porte à une nouvelle sorte de barbarie: le choix, acclamé par la société, de l’auto-élimination des malades et des personnes faibles."

Source : lalibre.be

 

 

Déclaration commune des responsables religieux en Belgique suite au vote en Commission du Sénat Justice et Affaires Sociales élargissant l’euthanasie aux mineurs

Le 6 novembre 2013, à titre tout à fait exceptionnel, tous les responsables religieux de Belgique déclaraient d'une seule voix, leur opposition à l'élargissement de l'euthanasie aux mineurs. (Reprise du texte ci-dessous *)

Ce 27 novembre 2013
, nous ne pouvons qu'exprimer notre déception et notre tristesse.

Nous partageons l'angoisse de parents si un enfant arrive à une fin de vie prématurée et, particulièrement quand il souffre. Nous croyons cependant que les soins palliatifs et la sédation sont une manière digne d'accompagner un enfant qui meurt de maladie. Des médecins praticiens, oncologues ou intensivistes, nous l'ont clairement affirmé. Ecoutons-les.
Nous plaidons pour un arrêt de l'acharnement thérapeutique et pour le remplacement des soins curatifs par des soins palliatifs.
Nous croyons que nous n'avons pas le droit de laisser un enfant souffrir : c'est pourquoi la souffrance peut et doit être soulagée. La médecine en a les moyens.
Ne banalisons pas l'acte de donner la mort alors que nous sommes faits pour la vie.
Aimer jusqu'au bout demande un immense courage,
Mettre fin à la vie est un acte qui non seulement tue,
mais détruit un peu plus les liens qui existent dans notre société,
dans nos familles, en proie à un individualisme grandissant.
Entourons et aimons les malades et leurs familles, ainsi que les soignants,
et si la maladie l'emporte, qu'elle soit accompagnée de notre affection intense et par l'irréductible respect de la vie.

Rabbin Albert Guigui, Grand Rabbin de Bruxelles
Chanoine Robert Innes, président du Comité Central de l'Église Anglicane en Belgique
Monseigneur André-Joseph Léonard, président de la Conférence Épiscopale de Belgique
Monsieur Geert Lorein, président du Synode Fédéral des Églises Protestantes et Évangéliques de Belgique
Métropolite Panteleimon Kontogiannis, Exarque du Patriarcat Œcuménique de Constantinople (Église Orthodoxe)
Monsieur Semsettin Ugurlu, président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique

SIPI - Bruxelles, mercredi 27 novembre 2013

* Communiqué des chefs religieux en Belgique au sujet de l'euthanasie

(6/11/2013)
Nous marquons notre opposition à l'extension de la loi sur l'euthanasie aux mineurs et aux personnes démentes. Nous exprimons notre vive inquiétude face au risque de banalisation croissante d'une réalité aussi grave.

Nous aussi, nous sommes contre la souffrance, tant physique que morale, en particulier celle des enfants, car toute souffrance révolte. Mais proposer que des mineurs puissent décider de leur propre euthanasie est une manière de fausser leur faculté de jugement et dès lors leur liberté.
Proposer que des personnes démentes puissent être euthanasiées est un déni de leur dignité et les livre au jugement, voire à l'arbitraire, des personnes qui prennent cette décision.

Quant au corps médical et au personnel soignant, on fait pression sur eux à pratiquer un acte soi-disant médical.

Au lieu de soutenir la personne souffrante en rassemblant autour d'elle toutes les personnes et les forces qui l'entourent, on risque précisément de diviser ces forces et dès lors d'isoler cette personne souffrante, de la culpabiliser et de la condamner à la mort.

Le consentement prévu par la loi tend à devenir de plus en plus une réalité sans consistance. La liberté de conscience des personnes concernées risque de ne pas être sauvegardée.
L'euthanasie des personnes fragiles, enfants ou personnes démentes, est une contradiction radicale de leur condition d'êtres humains.

Nous ne pouvons dès lors entrer dans une logique qui conduit à détruire les fondements de la société.

Pasteur Steven Fuite, président de l'Église Protestante Unie de Belgique
Rabbin Albert Guigui, Grand Rabbin de Bruxelles
Chanoine Robert Innes, président du Comité Central de l'Église Anglicane en Belgique
Monseigneur André-Joseph Léonard, président de la Conférence Épiscopale de Belgique
Monsieur Geert Lorein, président du Synode Fédéral des Églises Protestantes et Évangéliques de Belgique
Métropolite Panteleimon Kontogiannis, Exarque du Patriarcat Œcuménique de Constantinople (Église Orthodoxe)
Monsieur Semsettin Ugurlu, président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique

Bruxelles, mercredi 6 novembre 2013

Source : catho.be

 

 

La vocation des personnes âgées, c'est l'espérance active

par Anne Kurian, Zenit, 22/11/2013

Mgr Zimowski redit « non » à l’euthanasie, « une honte pour notre époque », mais s’oppose également à l’acharnement thérapeutique et encourage les chrétiens à accompagner les personnes âgées vers « une espérance active, c’est-à-dire l’accomplissement de [leur] vocation ».

Mgr Zygmunt Zimowski, président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, a prononcé le discours d’ouverture de la XXVIIIème Conférence internationale de son dicastère, qui a lieu du 21 au 23 novembre sur le thème « L’Église au service de la personne âgée : le soin des personnes affectées par des pathologies neurodégénératives ».

L’événement accueille plus de 400 participants, dont de nombreux spécialistes provenant de tous les continents.

L’euthanasie, une honte de notre temps

L’archevêque a invité à « prier et crier au monde ‘non à l’euthanasie’ parce que c’est une honte pour notre époque ».

« Dans la seconde moitié du siècle dernier, en particulier dans les pays les plus riches, les transformations de la société, le vieillissement de la population, la diminution du rôle de soutien social assuré par la famille et la marginalisation fréquente des personnes âgées, ont eu pour effet d’aggraver la situation des personnes âgées malades, en augmentant la tentation de recourir à l’euthanasie », a dénoncé l'archevêque polonais.

Mgr Zimowski a rappelé que la vieillesse, qui était autrefois considérée comme « le temps de la sagesse », est vue aujourd’hui comme une « phase de déclin » et que, dans une société qui met à la première place la « productivité », les personnes âgées elles-mêmes peuvent être poussées à se demander « si leur existence est encore utile ».

Contre la tentation du « suicide assisté », il met en garde les professionnels de la santé qui « prennent sur eux le droit d’éliminer physiquement les personnes âgées estimées ‘inutiles’» en réaffirmant « le principe inaliénable du caractère sacré et inviolable de la vie ».

Mais avec son « non » à l’euthanasie, l’Eglise exprime aussi son refus de « l’acharnement thérapeutique » : « L’Église n’a jamais été en faveur d’une thérapie excessive qui va contre la dignité de la personne humaine et qui enlève à la personne le degré de liberté nécessaire pour se préparer à la mort ».

L’accompagnement spirituel

La demande d’euthanasie exprime souvent « un état d’affliction profonde » et l'Eglise propose une réponse d’accompagnement spirituel, pour découvrir, selon les mots du bienheureux Jean-Paul II, dans la souffrance « une participation à la passion du Christ, et donc à la rédemption ».

« La souffrance pousse à s’interroger sur le sens de ses propres tribulations et c’est un temps qui peut pousser au désespoir… ou à se rapprocher du Seigneur », a ajouté Mgr Zimowski.  

« Finalement, pour la personne âgée malade, se rapprocher du Seigneur peut amener à s’ouvrir aux autres et à Dieu. C’est ce qui rend fécond l’accompagnement et qui amène le patient à une espérance active, c’est-à-dire à l’accomplissement de sa vocation de personne âgée malade ».

« Il s’agit d’accompagner humainement et spirituellement ces personnes tout au long de leur maladie, en les aidant à réaliser la valeur de leur vie et leur mission, pour l’Église et pour le monde. L’objectif de cet accompagnement est d’amener ces personnes à l’espérance, malgré leur souffrance, et même, au cœur de leur souffrance, à une espérance illuminée par le Christ, ‘pleine d’immortalité’ », a expliqué l’archevêque.

L’Église demande également le développement de soins palliatifs : « Quand la famille ne peut pas ou ne veut pas assurer l’accueil de la personne âgée, le soin pastoral des personnes âgées malades devient un accompagnement à l’intérieur des structures de santé ».

Avec Hélène Ginabat pour la traduction

Source : zenit.org

 

 

Monseigneur Léonard évoque l'euthanasie

 

Maria Chiara Biagioni, pour Sir Europe (Servizio Informazione Religiosa), s'est entretenue avec le Président des évêques belges, Mgr André-Joseph Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles.

Qu'est-ce qui pousse les gens vers l'euthanasie ?

On revendique la liberté individuelle selon laquelle chacun est maître de la vie et la mort, et donc responsable du quand et du comment mourir. Un argument qui est sûrement en prise avec le contexte culturel actuel. Décider de mourir quand et comment l'on veut est pourtant un choix dans lequel sont impliquées d'autres personnes. Il exige que les médecins, les infirmier(e)s, le personnel médical, les pharmaciens s'adaptent à ma volonté et répondent à ma demande de mort. Il est donc illusoire de penser que le choix de l'euthanasie implique seulement la personne concernée ou se réfère à une liberté individuelle, parce que c'est un choix qui implique beaucoup de gens.

D'après votre expérience, quelles répercussions une loi sur l'euthanasie a-t-elle sur la société ?

Elle nuit à la solidarité entre les citoyens. Au fond, la législation sur l'euthanasie encourage inconsciemment dans l'opinion publique l'idée que chacun doit résoudre seul ses propres problèmes. Ce que je crains le plus est précisément cette influence masquée et insidieuse, ce climat que cela génère en particulier auprès des personnes âgées, auprès de celles qui ne suffisent pas à elles-mêmes, et qui peuvent, dans des conditions difficiles, décider de signer un papier et penser qu'avec leur mort tous les problèmes seront résolus. Ne plus être à charge de quelqu'un. Le processus mental est clair: « je sens que je vieillis, que je commence à perdre mes facultés mentales et physiologiques, je ferais mieux de disparaître. » En ce sens, on a été très frappé par le cas du prix Nobel de médecine qui, à l'âge de 95 ans, pour ne plus être un fardeau pour son entourage, a décidé de demander l'euthanasie qui lui a été accordée. Au lieu d'une solidarité où l'on prend soin des plus faibles, on génère une sorte de libération implicite du faible au moment où il devient un fardeau pour la société. »

La Belgique prévoit après l'euthanasie pour des souffrances insupportables, qu'on l'étende à présent aux mineurs. Qu'est ce qui se passe à votre avis ?

La presse internationale a accordé à juste titre beaucoup d'attention à la nouvelle concernant la personne qui a obtenu l'euthanasie parce que l'opération de changement de sexe ne s'est pas bien passée causant une souffrance psychologique qui lui a permis d'obtenir l'euthanasie. Je pense vraiment qu'il faut s'arrêter. Il y a aussi le projet de loi qui veut étendre le droit à l'euthanasie aux mineurs indépendamment du consentement de leurs parents. Je tiens à rappeler à cet égard que la loi belge n'autorise pas les mineurs à signer des contrats économiques, ni à se marier, ni à signer des actes qui engagent leur avenir mais, en revanche, si la loi devait passer, ils pourraient décider de mourir, même sans le consentement de leurs parents. Et enfin, il y a la volonté d'étendre l'euthanasie pour les personnes atteintes de démence et qui ne répondent plus d'elles-mêmes comme les patients souffrant de la maladie d'Alzheimer. Ce sont des propositions qui minent les liens sociaux, mais aussi la solidarité entre les personnes. C'est une porte qui menace de s'élargir de plus en plus ".

Et un commentaire de JLC le 11/10/2013 :

Tout en faisant pression pour abolir la peine de mort dans le monde, la Belgique "euthanasie" à qui mieux mieux! Cherchez l'erreur! La peine de mort deviendrait-elle acceptable si on la renommait en "peine d'euthanasie", vu que l'exécution est devenue (pratiquement) indolore ? Vous verrez bientôt qu'un comité de "sages" décidera d'envoyer "ad patres" tous ceux qui sont considérés comme "incurables, en phase terminale" pour "abréger leurs souffrances" et, pourquoi pas également, les opposants au régime, considérés comme "malades" comme en URSS...

Source : belgicatho.hautetfort.com

 

 

 

Mgr d'Ornellas à propos de la recherche sur l'embryon : réflexions valables aussi pour l'euthanasie et autre sédation terminale

• Je ne sais pas si (le gouvernement) a eu peur du débat, le minimum qu'on puisse dire, c'est qu'il a fait preuve d'aveuglement, c'est-à-dire : ne pas voir que le débat est nécessaire et que ce débat est un débat de société, c'est vraiment un aveuglement étonnant, puisque le législateur de 2011 a précisé dans la loi que tout changement concernant la bioéthique devait être précédé d'un débat sous forme d'états généraux. Que le gouvernement ne veuille pas ce débat de société par la société, ne l'organise pas, c'est au moins un aveuglement, au pire une peur. Entre les deux, je ne sais pas. (...)

• Je suis très triste de voir que le gouvernement et ce pseudo débat à l'Assemblée fassent fi des consciences humaines. C'est comme s'il y avait quelque part une espèce de mépris pour ceux qui ont une conscience humaine dans la société (...)
(...) C'est-à-dire que le politique se démet de sa responsabilité et livre tout à des techniciens. Ce sont des techniciens qui vont donner l'autorisation pour s'occuper de la personne humaine potentielle, comme dit le Comité consultatif national d'ethique, de l'être humain, de celui qui doit être respecté comme une personne humaine, qui a la dignité d'une personne humaine. Il me semble que c'est comme si nous assistions à la naissance de l'Homo technicus qui prend la place de l'Homo sapiens.

Source : Radio Vatican

 

 

La vie, don de Dieu

Du Catéchisme pour adultes des évêques de France :

575 Prouesses médicales et scientifiques, chaînes de solidarité, acharnement thérapeutique... occupent bien souvent le champ des médias. Mais notre époque est ambiguë. L'impossible est fait pour sauver un enfant mais l'on accepte des milliers de morts sur les routes. La drogue et le suicide ne comptent plus leurs victimes. Des milliers de morts en Afrique, au Moyen-Orient ou en Extrême-Orient, captent notre attention le temps d'une émission de télévision. On dépense des énergies considérables pour quelques "bébé-éprouvette" mais, au même moment, l'avortement - selon les statistiques officielles - tue, en France, environ cent soixante mille enfants chaque année dans le sein de leur mère. On cache la mort aux proches et aux mourants eux-mêmes mais on l'étale sur nos écrans de télévision. L'opinion publique a des réactions contradictoires quant à la valeur de la vie humaine!

576 La vie est, pour l'homme, d'une valeur inestimable.

Quoi de plus nôtre que notre vie? Et pourtant elle nous est donnée. On ne peut que la recevoir, y consentir. Puisque l'homme est créé à l'image de Dieu, la vie est un don sans prix. A ce titre, elle revêt un caractère sacré.

C'est pourquoi la vie de tout homme doit être respectée absolument. Y compris par lui-même! L'homme n'est pas le propriétaire de sa vie. Il en est comme le dépositaire, "l'usufruitier" (Pie XII). Tout ce qui met en jeu la vie, celle du prochain ou la sienne propre, est objectivement grave.

577 Pour des chrétiens, paradoxalement, la vie est plus précieuse encore. La vie éternelle ennoblit la vie terrestre. Elle devient l'apprentissage de la vie éternelle. Notre qualité d'enfants de Dieu transfigure et relativise en même temps la vie terrestre. (...)

La perspective de la résurrection renforce la vocation à la sainteté de tout l'homme, corps et âme. Et l'Église entoure d'honneur le corps lui-même dans la célébration des obsèques, car il a été " temple de l'Esprit Saint " et il est appelé à la résurrection.

Source : Catéchisme des évêques de France

 

 

Du Catéchisme pour adultes des évêques de France :

Respecter et promouvoir la vie spirituelle

585 Le désir de vivre trouve un achèvement dans la vie spirituelle. Dans l'Esprit Saint tout prend sens: les activités, la prière, la vie conjugale et familiale, le travail, le sport, les loisirs, les épreuves, le témoignage de sa recherche et de sa foi, la vie amicale, les responsabilités sociales et politiques. De tout cela le chrétien fait, dans l'Esprit Saint, une offrande spirituelle, offerte à Dieu par Jésus Christ. (cf. LG 34 et 1P 2,5).

En outre, chacun est responsable, pour sa part, de ses frères. Pousser d'autres personnes à ruiner leur vie spirituelle ou morale est un manque d'amour, une faute grave que Jésus dénonce (cf. Mt 18,6 et suiv.). Un chrétien a non seulement le souci de ne pas scandaliser, mais aussi celui d'évangéliser ses frères dans le total respect de leur liberté. Si l'homme s'accomplit dans la rencontre avec Dieu, le meilleur service à lui rendre, c'est de l'aider à le découvrir.

En tout cela on n'oubliera pas l'importance de l'environnement et les influences du groupe, de l'école, des médias, etc. qui peuvent servir ou desservir la croissance spirituelle des personnes humaines.

Source : Catéchisme des évêques de France

 

 

Du Catéchisme pour adultes des évêques de France :

La santé

582 Au plus profond de l'homme, le désir de guérir lorsqu'il est malade signifie que la vie vaut la peine d'être vécue. Nous savons qu'elle prend sa pleine valeur dans la rencontre avec le Christ et le salut qu'il apporte. Par le sacrement des malades, l'Église témoigne à la fois de son affection pour ceux qui souffrent et de sa foi en un Dieu qui aime l'homme en santé physique et spirituelle. La santé est dans la Bible une image du salut.

Pour les chrétiens, la santé n'est pas simplement un problème matériel et le corps n'est jamais simplement une mécanique qu'il suffirait de réparer tant que cela est possible. Le corps est une partie constitutive de l'homme. La conception chrétienne du corps repose sur la doctrine de la création de l'homme comme un tout.

583 Ce respect de la dignité de l'homme, image de Dieu, corps et esprit, conscient de lui-même et capable de communiquer, éclaire les prises de position de l'Église dans le domaine médical.

L'homme est appelé à se respecter jusqu'en sa dimension corporelle. Il ne peut disposer de son corps par l'automutilation ou la stérilisation. Celles-ci sont toujours moralement graves, et péchés graves quand elles sont accomplies volontairement.

Les techniques de procréation artificielle, comme les FIVETE - les "bébés-éprouvette" -, ne doivent pas nous abuser. Leur emploi ne peut être moralement justifié. Les interventions récentes de l'Église en la matière rappellent à tous les risques immenses que l'on court à considérer l'homme comme un produit de sa technique et non comme le fruit de "l'acte conjugal, c'est-à-dire du geste spécifique de l'union des époux" (Donum vitae, 11,4). La bioéthique est un champ nouveau de l'éthique. On ne saurait oublier, en effet, que "la transmission de la vie humaine a une originalité propre, qui dérive de l'originalité même de la personne humaine" (Donum vitae, introduction, 4). A méconnaître cette originalité, on s'expose à ne pas respecter, à leur source même, l'amour et la vie.

584 Notre société, axée sur l'épanouissement et la réussite, marginalise souvent les personnes très âgées et les personnes handicapées. Le respect inconditionnel demandé à leur égard par l'Église au nom de Dieu Créateur et Père de tous est non seulement un signe évangélique, mais aussi une sauvegarde capitale pour l'homme. Tous ceux qui, chrétiens ou non, consacrent leur vie, souvent héroïquement, au service de leurs frères marqués par toutes formes de handicaps, sauvent l'avenir de nos sociétés menacées de déshumanisation. Il faut non seulement les aider, mais leur donner leur place et les responsabilités qu'ils peuvent exercer.

En tous ces problèmes, les chrétiens n'oublieront pas le respect dû à tout l'homme chez tous les hommes. Ce respect pose en particulier la question du dialogue avec les malades à propos de l'évolution de leur état de santé. Les chrétiens verront en chaque malade une image privilégiée du Christ souffrant et se rappelleront que l'attitude du Seigneur devant les malades et les faibles est un des signes du Royaume (cf. Mt 11,5).

Source : Catéchisme des évêques de France

 

 

Du Catéchisme pour adultes des évêques de France :

Les refus de vivre

Instinctivement, l'homme tient à sa vie. La culture prend le relais de l'instinct vital pour donner aux hommes le goût de vivre. L'amour de la vie est, en même temps, un dynamisme naturel et une tâche à accomplir.

Il peut se faire cependant qu'à certains moments l'angoisse, les souffrances et les épreuves soient telles qu'on se détache de la vie. Un dégoût de vivre peut se répandre comme une gangrène sans que l'on sache toujours très bien déterminer dans ce cas ce qui vient de la liberté et ce qui vient de la maladie.

Alors se proposent des conduites de fuite. La drogue, l'alcool, mais aussi, quelquefois, l'abrutissement dans le travail sont autant de moyens pour ne pas faire face à la réalité, refuser la responsabilité ou gérer une peur irraisonnée. La lutte pour la vie devient alors un devoir: pour soi-même, car personne n'est propriétaire de sa vie, pour son entourage et pour l'équilibre de ses proches.

581 Ce qui est vrai pour ces conduites de fuite l'est encore plus pour le suicide. Le suicide est objectivement une faute grave. On reconnaît toutefois aujourd'hui qu'il traduit le plus souvent un déséquilibre psychologique profond, tant est fort l'instinct de vie en l'homme.

Parce que l'homme est seulement "l'usufruitier" de sa vie, il ne lui revient pas non plus de décider de mettre fin à ses jours ou à ceux d'une autre personne par l'euthanasie qui est aussi une faute grave. La tentation de l'euthanasie est souvent due à une souffrance trop vive, mais il est possible aujourd'hui de soulager la douleur et c'est un devoir de le faire. Cela est différent de l'acharnement thérapeutique qui met en oeuvre des traitements extraordinaires pour un maintien de la vie à tout prix de manière inconsidérée.

La tentation du suicide, comme celle de l'euthanasie, invitent à l'accompagnement humain et spirituel de ceux qui vivent dans la détresse morale ou physique. Le développement des soins palliatifs pour les personnes en fin de vie dans les hôpitaux ou à domicile est une des conquêtes, encore à poursuivre, de cette décennie.

Source : Catéchisme des évêques de France, article 580