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Deux médecins s'expriment conjointement avec les évêques de Belgique

07/03/2013 - Fin de vie

Alors que les commissions du Sénat, Justice et Affaires sociales réunies, du Sénat, procédaient à une nouvelle audition d'experts à propos de l'élargissement de la loi euthanasie aux enfants, une conférence de presse avait lieu au cours de laquelle était lue par Mgr André-Joseph Léonard, Président de la conférence épiscopale, la position des évêques belges « Peut-on euthanasier le lien social ? ». Deux médecins, les docteurs Catherine Dopchie et Chantal Kortmann, s'exprimant à titre personnel ont aussi livré leur point de vue à partir de leur réflexion et de leur expérience de soignantes.

En ce qui concerne la proposition d'étendre la loi aux mineurs d'âge, les évêques jugent qu'il est étrange que ceux-ci soient considérés comme légalement incapables de certains actes, par exemple de se marier, mais que tout à coup ils seraient suffisamment mûrs pour se faire donner la mort. En outre, les évêques trouvent risqué de donner à long terme à autrui, via un "testament de vie" (déclaration anticipée d'euthanasie ), la possibilité de décider à la place d'une personne démente d'accomplir l'euthanasie. "Cette décision (...) est-elle vraiment compatible avec un État de droit ? ", se demande Mgr Léonard.

Le Dr. Catherine Dopchie, oncologue et responsable d'une unité de soins palliatifs, abonde dans ce sens: "Si la déclaration anticipée de demande d'euthanasie est à durée illimitée pour la perte de 'conscience de soi', l'euthanasie sera pratiquée sur la base du document, sans connaître le vécu de la personne à ce moment-là."

"Plutôt que de résoudre la question du 'bien mourir' en laissant chacun organiser (...) sa 'sortie de scène', n'est-il pas plus humain d'être tous solidaires de l'épreuve de chacun, de chacune, en posant sur eux un regard qui confirme leur dignité et en cherchant activement à soulager la souffrance qui les accable ?" ajoute Mgr Léonard. Dès lors, les évêques appellent le législateur "à rompre avec une logique qui, d'une certaine façon, euthanasie le lien social lui-même". Plutôt que d'étendre la dépénalisation de l'euthanasie, ils l'invitent "à considérer comment les grands malades, mineurs ou déments, pourront être mieux encore pris en charge par la Santé publique, notamment dans le cadre des soins palliatifs".

Enfin, selon les évêques, l'euthanasie exerce également une pression sur le secteur médical et paramédical. "Il ne s'agit plus seulement de l'art de soigner et de guérir; cela implique aussi l'art de laisser mourir." Pour le Dr. Dopchie, "l'euthanasie est une manière technique de prendre en compte la souffrance humaine. Elle ne prend pas en compte la personne humaine."

Source : Institut Européen de Bioéthique