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« Cette loi introduit un déséquilibre » : les évêques vent debout contre le projet de loi

par Louis de La Houplière, 25/04/2024, extraits

Auditionnés par la commission spéciale sur le projet de loi relatif à la fin de vie le 24 avril, Mgr Pierre d’Ornellas et Mgr Vincent Jordy ont alerté sur les nombreuses dérives qui menacent l’application future de cette loi.

« Je viens ici avec une certaine tristesse », avouait Mgr Pierre d’Ornellas aux membres de la commission spéciale sur le projet de loi relatif à la fin de vie de l’Assemblée nationale. Le 24 avril, les représentants des cultes faisaient front commun contre un texte de loi dont les termes restent globalement flous et pouvant entraîner des « dérives ». Epaulé de Mgr Vincent Jordy, vice-président de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr d’Ornellas a rappelé l’importance fondamentale du développement des soins palliatifs, qui mettent en lumière « la qualité de la relation entre le personnel soignant et le patient ».

Une loi qui ne dit pas ce qu’elle est

Le premier reproche formulé par les deux prélats est l’absence de clarté des termes employés dans ce projet de loi. « Nous regrettons que cette loi ne soit pas encore vraiment connue », déplorait Mgr Jordy, archevêque de Tours. Les évêques présents autour de cette table ronde ont regretté « que ne soient pas clairement évoqués ce que prévoit de faire le projet de loi, à savoir l’euthanasie et le suicide assisté ». « Il convient de bien nommer les choses, a martelé l’archevêque de Rennes, de les assumer pour s’assurer d’un débat éclairé. On semble vouloir cacher l’acte d’assistance au suicide et l’acte d’euthanasie sous le vocable d’aide active à mourir, sous prétexte que c’est sain et humain. Ce qui est humain, c’est la vérité. »

Aussi, de nombreuses zones d’ombre, masquant les véritables intentions du projet de loi, ont été relevées par les deux hommes. « Comment le cadre mis en place en France tiendra-t-il mieux qu’ailleurs ? Comment éviter une pression sociale qui pourrait pousser les personnes fragiles à penser qu’elles sont de trop ? Comment éviter une dérive économique libérale, où la fin de vie deviendra une variable d’ajustement des comptes ? », interrogeait Mgr Jordy. Si le cadre juridique reste flou, comment empêcher alors les nombreuses dérives, comme la pratique de l’euthanasie clandestine ou l’ouverture aux mineurs, observées au Canada ou en Belgique ?

D’autre part, « cette loi introduit un déséquilibre, a affirmé Mgr Jordy. La dignité d’une société humaine consiste à accompagner la vie jusqu’à la mort et non à faciliter la mort. » Sans avoir suffisamment de données sur les besoins réels, ce projet fait basculer vers un modèle « qui rompt une digue essentielle, un principe structurant de notre civilisation, celui de l’interdit de tuer » qui se trouve entre autres au cœur du serment d’Hippocrate. Ironique l’espace de quelques secondes, Mgr d’Ornellas a ajouté gravement : « Faudra-t-il bannir le serment d’Hypocrite [SIC] pour tous les étudiants qui s’apprêtent à exercer la médecine ? »

La relation est première

Les évêques de France se disent « sensibles aux soucis de vouloir promouvoir un modèle français de la fin de vie », pour reprendre les termes d’Emmanuel Macron, mais basé sur l’accompagnement des personnes en fin de vie, dans les structures de soins palliatifs. Mgr d’Ornellas témoignait à plusieurs reprises de ses visites auprès de patients qui bénéficient d’un accompagnement, parfois atteints de la maladie de Charcot. « Tout le projet des soins palliatifs met en lumière la qualité de la relation entre le personnel soignant et le patient, rappelait avec douceur le responsable du groupe de travail « Bioéthique » de la CEF. La relation est première. Mettre en avant l’autonomie sans parler de la relation, c’est conduire la personne à l’isolement dans la décision qu’elle peut prendre vis-à-vis d’elle-même. » Les deux prélats se sont dits désolés que « face au progrès considérable des soins palliatifs, on propose un certain coup d’arrêt à ce progrès, en offrant la possibilité de l’acte létal, comme si la mort donnée était une solution ». Au contraire, « il faut encourager cette recherche, la favoriser et lui faire confiance ». C’est la « fraternité » qui doit être le fil conducteur de ce texte de loi.

Source : famillechretienne.fr