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Rendre témoignage à la vérité

par Monseigneur François Jacolin, évêque du diocèse de Luçon, 20/03/2024

De plus en plus notre monde, et particulièrement la France, s’enfonce dans « une culture de mort » selon l’expression de saint Jean-Paul II, « une culture du jetable » selon l’ex­pression de notre pape François.

Après l’inscription dans la Constitution de « la liberté ga­rantie à la femme d’avoir recours à une interruption volon­taire de grossesse », voici que va être proposée une loi sur « l’aide à mourir » qui ouvre la porte au suicide assisté et à l’euthanasie pour appeler les choses par leur nom.

Les groupes de pression et le pouvoir politique jouent sur les mots en les dénaturant pour endormir la conscience des gens. On aboutit à une « novlangue », où les « élé­ments de langage » ont l’habilité et le manque total d’âme de l’Intelligence Artificielle. Ainsi, on arrive à faire passer pour un bien la destruction d’une vie à naître et à qualifier de « fraternité » une loi qui conduit à donner la mort aux plus fragiles d’entre nous en fin de vie.

Au secours Socrate ! devant le retour des sophistes qui pervertissent le raisonnement pour donner au mensonge l’apparence de la vérité !

Au secours Antigone ! devant le retour de Créon et de tous les manipulateurs politiques qui cherchent par tous les moyens à imposer l’injustifiable !

L’euthanasie, un progrès pour l’humanité ? C’est plutôt le retour à la barbarie où, sous couvert de libertés indi­viduelles et de compassion pour ceux qui souffrent, on pousse insidieusement vers la mort ceux qu’on considère comme une charge pour la société. Mais, comme le rap­pelle Mgr Eric de Moulins-Beaufort :

« Ce qui aide à mourir de manière pleinement humaine, ce n’est pas un produit létal, c’est l’affection, la considération, l’attention »

Dans ce débat qui a été organisé selon les méthodes des influenceurs à la mode, on a systématiquement écarté la parole de ceux qui sont au quotidien au service des per­sonnes en fin de vie, les soignants dans les hôpitaux, dans les EHPAD et à domicile auxquels on enlève de plus en plus de moyens, malgré les promesses récurrentes et jamais tenues, pour accomplir leur tâche.

Ecoutons l’un d’entre eux, le docteur Jean-Marie Gomas :

« Ainsi il y aurait une « réconciliation » entre les soins palliatifs et l’acte mortifère de l’aide à mourir : quel contresens délibéré !

Ainsi l’évolution de la société — qui met liberté et autonomie au-dessus de tout — accepterait le mépris de la fraternité qui fait sens de civilisation, allant jusqu’à appeler « loi de fraternité » une loi qui permet de supprimer autrui !

Ainsi nous avons élu des « responsables » politiques qui estiment qu’il vaut mieux autoriser à tuer plutôt que s’efforcer de soigner en renforçant de manière significative les politiques de soins palliatifs. Des « responsables » politiques qui pensent que n’importe quelle personne (médecin, infirmière, proche) peut être la main qui porte la mort, sous le prétexte que le malade l’a demandée…

Cette loi va nous faire basculer subrepticement, et de manière feutrée, dans un autre monde : celui de la valeur discutable de l’Autre, celui du mépris des personnes âgées et donc inutiles, celui des dérives incontrôlables que tous les autres pays qui ont légalisé l’euthanasie nous montrent ».

Derrière les discours faussement compassionnels auxquels se laissent encore prendre les incorrigibles naïfs, on traite les personnes humaines malades, âgées ou handicapées comme des valeurs boursières dévaluées dont on a hâte de se débarrasser.

Alors, nous chrétiens, comment pouvons-nous agir ? Que devons-nous faire ? Nous venons d’entendre le récit de la Passion de Jé­sus Christ selon saint Jean lors de l’office du Vendredi Saint. Devant Pilate, le gouverneur romain, Jésus dé­clare :

« C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix »

Nous ne sommes pas possesseurs de la vérité, mais, en véritables disciples du Christ, nous nous efforçons d’appartenir à la vérité et d’en témoigner « quoiqu’il en coûte » : c’est là notre royauté, notre dignité tout simplement d’hommes et de femmes créés à l’image de Dieu.

Nous avons donc à réveiller les consciences et à les aider à chercher sans relâche le Vrai et le Bon, non seulement pour elles-mêmes, mais aussi pour l’en­semble de l’humanité, dans une fraternité véritable.

Nous avons à intercéder pour ceux qui se précipitent et précipitent d’autres dans une mort plus grave que la simple mort physique : la mort sociale et spiri­tuelle, et nous avons à nous offrir en sacrifice avec le Christ pour le salut de notre pauvre monde.

Surtout, suivant l’exemple du Christ, le vrai Bon Sa­maritain, nous avons à nous rendre proches de tous ceux qui souffrent et à prendre soin d’eux jusqu’au bout de leur vie : puissent-ils sentir à travers nos re­gards, nos paroles et nos gestes, qu’ils ont une valeur infinie à nos yeux et aux yeux de Dieu notre Père qui les accueillera au dernier jour dans ses grands bras miséricordieux pour une vie en plénitude avec lui : pour la vie éternelle !

François JACOLIN

Evêque de Luçon

Source : egliseenvendee.fr