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par PABerryer, 06/06/2024, extraits

À la suite de la Convention citoyenne sur la fin de vie ayant émis, sans surprise aucune, des vœux pour la mise en place du suicide assisté et l’euthanasie, le gouvernement a déposé un projet de Loi relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie. ...

Dans son déroulé, tout a été organisé pour obtenir le vote favorable souhaité. Tel Potemkine cachant la misère russe à sa souveraine, le déroulé des « débats » a été plus que partisan. Nous avons pu retenir la présentation très favorable des solutions belge et suisse, un déséquilibre parmi les intervenants (les partisans ayant davantage de temps que les opposants), la faible place laissée à la présentation des soins palliatifs (aucune visite organisée, entre autres), l’impossibilité de voter Non aux propositions (seule l’abstention était possible), etc. Le comble ayant sans doute été l’apparition du vocable « aide active à mourir », déguisant le fait de tuer autrui en une douce litote.

In fine, les propositions en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté ont reçu une pseudo onction populaire voulue, que les militants pourront désormais utiliser pour la suite des opérations. Cela a pris un peu de temps, mais le 10 avril 2024, le Projet de loi relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie a été déposé. Il est actuellement débattu devant l’Assemblée nationale après avoir été retravaillé en commission. Le moins que l’on puisse dire est que nos élus souhaitent rattraper leur retard en matière.

Deux points sont à retenir :

Le projet du gouvernement évoque une « aide à mourir » qui range sous ce vocable euthanasie, suicide assisté et soins palliatifs ! Rarement le concept de novlangue d’Orwell aura été aussi bien appliqué. En créant une expression confondant des concepts aussi divers, le gouvernement vise à troubler les oppositions et rendre plus difficile le combat.

Le travail en commission a fait sauter les quelques maigres garde-fous du projet gouvernemental. Résultat : si le texte de la commission était adopté, alors la France aurait d’office un des textes les plus permissifs au monde en la matière. Des évolutions ayant pris vingt ans ailleurs auraient été adoptées.

Ainsi, il est plus que probable que, bientôt, le suicide assisté et l’euthanasie seront légalisés en France. Revenons sur ces deux notions qui ne sont pas des combats libéraux.

Le suicide assisté

Le suicide assisté consiste en la fourniture d’une aide plus ou moins appuyée pour permettre au demandeur de mourir de sa propre main. Cela peut aller de la simple fourniture d’une solution létale (médicament) à l’organisation plus poussée de l’opération. Il se distingue de l’euthanasie pour laquelle la mort est infligée par un tiers (normalement à la demande de la personne, mais les évolutions en cours rendent cette caractéristique moins évidente, comme il sera vu plus loin). La frontière peut toutefois être floue entre suicide assisté et euthanasie, en particulier si la personne n’agit pas directement.

Faire du suicide assisté une revendication libérale est surprenant.

Tout d’abord, depuis la révolution française, aucune loi ne prohibe le suicide. Quiconque souhaite mettre fin à ses jours peut le faire sans risquer les foudres de la loi, qu’il survive ou non à son entreprise. Il est tout à fait possible de trouver des solutions pour quitter volontairement ce monde de façon rapide, indolore et à faible coût. ...

Au-delà de ces considérations, il est très important de se rappeler que, dans l’immense majorité des cas, le suicide est la marque d’un désespoir profond. C’est le plus souvent un appel à l’aide, une fausse porte de sortie, pour ceux confrontés à une grande souffrance. Si le suicide assisté est organisé, alors comment nous, bien-portants, réagirons-nous face à la demande d’un tel acte ? Nous battrons-nous pour notre proche en souffrance, pour l’aider à surmonter son épreuve, l’accompagner dans sa souffrance ? Ou allons-nous lui tendre le verre de ciguë pour toute réponse, c’est-à-dire commettre, non pas un acte charitable mais inhumain ? Au fond, s’il souhaite mourir, qui serions-nous pour l’en empêcher ? Le suicide assisté n’est pas la marque du progrès, mais bien celle du renoncement à l’humanité.

Au final, le suicide assisté apparait davantage comme le caprice de bien-portants jouant à se faire peur. Ayant peur de la vieillesse, de la maladie, du handicap et de la mort, ils souhaitent se ménager une porte de sortie, maintenir l’illusion d’un contrôle. Ce caprice serait puéril s’il n’avait pas pour conséquence de demander à autrui d’agir à leur place, les aider à accomplir ce qu’ils n’ont pas le courage de commettre. Une personne souhaitant réellement en finir y parvient, elle ne prévient pas.

Cette revendication du suicide assisté n’est pas une demande, un combat libéral, mais égoïste. À ces craintifs, Desproges conseille : « Suicidez-vous jeune, vous profiterez de la mort ». Autrement dit, si vous craignez la maladie, la vieillesse ou tout autre mal, prenez vos responsabilités, mais ne demandez pas aux autres de la faire à votre place.

L’euthanasie ou le meurtre des plus faibles

Il y a tant de choses à écrire sur l’euthanasie et ses inévitables dérives qu’il est difficile de faire le tri. S’il y avait une idée à retenir, c’est celle-ci : aucun pays n’a réussi à mettre en place une pratique, une démarche d’euthanasie sans dérive (et ici, une dérive s’appelle un meurtre).

Prenons la question de l’encadrement.

L’euthanasie désigne un ensemble de procédés destinés à hâter ou provoquer la mort d’une personne considérée en fin de vie ou incurable. L’exemple souvent cité est celui de la Belgique. Pourtant, dans ce pays, il est estimé qu’environ un tiers des euthanasies n’est tout simplement pas déclarée, alors que la commission ayant la charge de contrôler les procédures n’a jamais communiqué un dossier douteux à la justice, même celui d’une patiente euthanasiée sans son consentement souffrant de Parkinson et de démence ! Une euthanasie réalisée en dehors des clous n’est ni une erreur ni une faute, mais bien le meurtre d’une personne vulnérable commis par une personne de confiance, son médecin. Meurtre qui n’est pas et ne sera pas poursuivi. Ami lecteur, au regard de la redoutable efficacité de notre bureaucratie et la qualité de notre système de santé, comment envisager un seul instant que les dérives belges ne se produiront pas en France ?

Autre point : la mise en place de l’euthanasie pour les personnes à la fin de leur vie ne sera qu’une étape. En matière de sujets sociétaux, la politique des petits pas législatifs est désormais la norme. Tout d’abord, est adoptée une mesure qui passe pour raisonnable et de bon sens avant d’aller plus loin, jusqu’à faire adopter des mesures qui ne seraient jamais passées si elles avaient été présentées en premier lieu. Ainsi, toujours en Belgique, depuis 2014, un mineur peut être euthanasié sous certaines conditions. Toutefois, si les souffrances psychiques peuvent justifier une demande d’euthanasie, il existe encore des réticences pour l’euthanasie des malades mentaux. Peut-être que le souvenir de l’Aktion T4 en a refroidi beaucoup, mais ce n’est qu’une question de temps. Ainsi, le critère de la volonté libre et éclairée n’est déjà plus une condition de l’euthanasie. Nous assistons à la naissance d’un monde dans lequel un mineur ne peut pas fumer, boire de l’alcool, conduire ou voter, mais peut décider de changer de sexe ou de sollciter l’euthanasie. Nous sommes passés de l’autre côté du miroir, et nous n’en n’avons rien su.

Concernant la médecine, de profonds bouleversements sont à attendre.

Tout d’abord, les médecins et infirmiers seront très probablement appelés, malgré leurs réticences, à pratiquer cet acte pourtant contraire à leur serment. Il s’en trouvera bien un certain nombre pour le pratiquer, mais cela suffira-t-il ? Si, comme pour l’avortement, de plus en plus de médecins font jouer la clause de conscience, ne viendra-il pas un moment où celle-ci sera supprimée ? Dès lors, que se passera-t-il ? La relation patient/médecin ne pourrait-elle pas en souffrir ?

C’est admis, on meurt mal en France. Depuis que nous avons pris l’habitude de nous débarrasser de nos anciens dans les maisons de retraite et les EHPAD, la mort est devenue étrangère, inquiétante. Le développement des soins palliatifs est une avancée majeure mais encore trop peu répandue. Vingt-six départements ne proposent pas de services ou de lits en soins palliatifs. Compte tenu de l’état des finances publiques, comment croire les annonces en faveur de cet inestimable apport à notre fin de vie ? Accompagner un mourant coûte cher, il sera tellement plus facile de mettre fin à ses jours. C’est déjà le cas dans les pays pratiquant l’euthanasie.

Ainsi, en Oregon, dans les années 2010, le suicide était remboursé, mais pas les soins si les chances de survie étaient en dessous de 5 %. Plus récemment, au Canada, il a été proposé à des vétérans souffrant de stress post traumatique d’être euthanasiés. Pour le moment, il ne s’agit que de la dérive d’un seul agent.

Au final, il est prévisible que les soins palliatifs soient progressivement négligés une fois que l’euthanasie sera entrée dans les mœurs. En conséquence, comme ces soins sont bien plus rares et onéreux que l’euthanasie, au regard de la gestion comptable et bureaucratique de la médecine que nous connaissons, il est probable que les soins palliatifs deviennent un luxe que seuls les plus riches pourront s’offrir.

En conclusion, défendre l’euthanasie, c’est défendre la possibilité de tuer sans risque les plus fragiles d’entre nous, les personnes âgées, malades ou mineures. Plusieurs pays ont mis en place cette pratique, mais aucun n’a pu empêcher les dérives, et tous connaissent des appels à aller plus loin, en particulier pour les malades mentaux. En quoi cela pourrait être un combat libéral ?

Source : contrepoints.org