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Sédation, testament biologique et fin de vie en Italie

par Institut européen de bioéthique, 28/12/2017

Après 30 années de débat parlementaire et 3000 tentatives d’amendements, l'Italie a adopté  sa loi sur la fin de vie ou "testament biologique". La loi prévoit le droit de chaque patient majeur en phase terminale de refuser tout traitement, et aussi d'être alimenté et hydraté de façon artificielle.

Ce choix devra être exprimé dans des dispositions anticipées de traitement (DAT), document révocable et révisable, où chacun précise les traitements auxquels il souhaite renoncer s'il se trouve un jour dans l'incapacité d'exprimer ses préférences.

Pour une personne mineure, un tuteur légal ou sa famille proche devront prendre la décision à sa place au moment venu.

Si le patient refuse le traitement, le médecin devra se limiter à soulager les souffrances du patient, et ne pourra pas voir engagée sa responsabilité pénale pour « non-assistance à personne en danger ».

Si le texte voté n'évoque pas explicitement l'objection de conscience, il exempte néanmoins de toute responsabilité pénale le médecin qui refusera de "débrancher une machine tenant en vie son patient". Mais si un médecin refuse de respecter les volontés d’un patient, il sera obligatoirement remplacé par un confrère non objecteur de conscience. 

La loi autorise la sédation palliative profonde et continue « provoquant une altération de la conscience, jusqu'au moment du décès », avec arrêt de l'alimentation et l'hydratation. Ceci a de quoi inquiéter certains, qui estiment que ces deux gestes du quotidien ne forment pas un « traitement » au sens de la loi, mais un soin élémentaire, au même titre que l’hygiène. 

La loi, votée à 180 voix contre 71, ne fait pas l’unanimité. Si le chef du gouvernement de centre-gauche, Paolo Gentiloni, se réjouit de ce "choix de civilisation, un pas en avant pour la dignité de la personne", d’autres dénoncent « une entrée camouflée de l'euthanasie la façon la plus barbare: la mort de faim et de soif ».

Si la loi a le mérite de combattre l’acharnement thérapeutique, protègera-t-elle suffisamment l’indépendance et la conscience professionnelle du corps médical ?

Rappelons que le texte, qui place l’autonomie du patient à l’avant-plan, avait provoqué de fortes réactions de la part de médecins. Ceux-ci ont interpelé l’Ordre des médecins, s’inquiétant de ce qu’une loi les obligerait à obéir à un écrit datant parfois d’il y a plusieurs années et déconnecté de la situation actuelle du patient, plutôt que de les laisser agir selon leurs science et conscience.

Source: ieb-eib.org, Bioedge