Communion de prière pour la Vie : "Jésus, Marie, protégez la vie " ! (ou toute autre prière à Dieu)

Pour vous inscrire, cliquez ici ! Nombre de priants : 4 308


 

par Marine Lamoureux, La Croix, 19/03/3013 (extraits)

A la Croix-Saint-Simon, les patients sont accompagnés chez eux

Grâce à « l'hospitalisation à domicile » (HAD), des personnes malades en fin de vie peuvent rester chez elles jusqu'au bout, entourées de leurs proches et de professionnels. Les soignants en HAD apprécient de pouvoir passer du temps auprès des malades.

Il est 10 heures, Hélène Bescher gare sa voiture devant un petit pavillon de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Ce matin, la jeune infirmière se rend chez un homme de 63 ans atteint d'une tumeur au cerveau qui, désormais en phase palliative, a quitté l'hôpital pour vivre chez lui auprès de son épouse. Hélène s'enquiert de son état, puis se penche doucement au-dessus du malade, endormi dans le lit médicalisé installé dans le salon, entre une grande fenêtre et le piano. Ici, on est loin des rythmes imposés par l'hôpital ou de celui des infirmières libérales, payées à l'acte.

Prendre le temps de soigner et d'écouter

« En libéral, les infirmiers voient en moyenne 30 à 40 patients par jour, certains n'enlèvent même pas leur casque de moto pour effectuer le soin ! Nous, c'est six à sept malades maximum dans la journée, explique Hélène. Certains gestes techniques nous prennent beaucoup de temps, comme les pansements complexes par exemple, d'autres moins. Mais, même dans ces cas-là, on reste un bon moment au domicile pour échanger avec le patient et ses proches, les écouter. Cela fait aussi partie de notre travail. »

Ce temps passé et l'impression d'exercer vraiment le métier de soignant ont convaincu la jeune femme de travailler en HAD, l'hospitalisation à domicile. Depuis quelques mois, après une longue expérience en réanimation, Hélène Bescher a donc rejoint l'HAD Croix-Saint-Simon, l'une des plus importantes d'Île-de-France, avec près de 250 patients suivis à domicile ou en Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes).

Cette prise en charge est une alternative à l'hospitalisation traditionnelle pour des patients de tous âges atteints de pathologies graves, y compris en fin de vie. « Nous suivons beaucoup de personnes atteintes de cancer, qui peuvent ainsi, même en phase avancée, vivre dans leur environnement aux côtés de leurs proches », souligne la jeune femme.

Une prise en charge globale

L'équipe à laquelle elle appartient s'occupe d'une quarantaine de patients dans l'est de Paris et la Seine-Saint-Denis. Elle est composée de 10 infirmières, quatre aides-soignantes, un médecin coordinateur, une psychologue et une assistance sociale. La prise en charge, en étroite collaboration avec le médecin traitant et le médecin hospitalier, est globale : outre les soins proprement dits, l'HAD comporte un volet social et psychologique.

« C'est un véritable défi, il faut déployer une énorme énergie mais c'est aussi tout l'attrait du métier, fait observer Nadine Rosenfeld, cadre de santé de l'HAD Croix-Saint-Simon. C'est gratifiant, car nous sommes au plus près des besoins du malade. »

Lors de la réunion d'équipe, ce jour-là, elle s'inquiète du risque de fuite de gaz chez une patiente de 93 ans, qui oublie parfois de le fermer lorsqu'elle cuisine. « Il faut convaincre sa fille de lui installer une cuisinière électrique », lance le cadre de santé. « Le problème, objecte une infirmière, c'est qu'elle minimise et qu'elle ne veut pas qu'on intervienne là-dessus. » « Je vais voir cela avec le bailleur social », tranche Colette, l'assistante sociale. « Dans ce genre de cas, il faut intervenir, car le danger est réel, mais sans heurter la patiente dans son intimité, décrypte Nadine Rosenfeld. L'équilibre n'est pas toujours simple à trouver. »

Se préoccuper des « aidants »

De fait, à domicile, la dimension psychologique, la personnalité du patient, les relations familiales sont, plus encore qu'à l'hôpital, des données incontournables. Comment parler de soins palliatifs à quelqu'un qui se trouve dans le déni de la gravité de sa maladie ? Comment respecter la volonté du patient lorsque ses choix semblent déraisonnables du point de vue médical ? Ou bien lorsque l'aidant est sur le point de « craquer » ? Au cours de la réunion, l'équipe évoque régulièrement la situation des proches. (...)

« On est ensemble, c'est ce qui compte »

À Rosny-sous-Bois, l'épouse du malade atteint d'une tumeur au cerveau fait face pour le moment. Cette femme douce et cordiale a dû suspendre son activité professionnelle pour être auprès de son mari, mais elle se dit avant tout soulagée qu'il ait pu rentrer à la maison. « Il y a des moments difficiles mais on est ensemble, c'est ce qui compte, confie-t-elle. Nous partageons beaucoup de choses, nous écoutons de la musique, nous discutons un peu lorsqu'il n'est pas trop fatigué et je lui fais des massages. Nos deux filles viennent aussi nous rendre visite. »

Grâce à l'HAD, Monique se sent entourée et dans un cadre sécurisant. « Je suis très reconnaissante vis-à-vis du personnel. C'est l'HAD qui a tout organisé, loué le matériel médical, mis en place un planning de visite et de surveillance. Je sais aussi que, si mon mari souffre ou s'il y a une urgence, je peux appeler le service 24 heures sur 24, c'est très rassurant », insiste-t-elle, en désignant un classeur bleu sur lequel le numéro est inscrit en gros.

Avant la maladie de son mari, elle ignorait jusqu'à l'existence de l'HAD. Elle avait même commencé à organiser seule la prise en charge en libéral, dans la perspective de son retour à domicile. « Mais je me sentais assez démunie, se souvient-elle. Quel matériel fallait-il ? Comment allais-je le financer ? Comment gérer seule certaines situations délicates ? » L'intervention de la fondation Œuvre de la Croix-Saint-Simon fut « d'un grand soutien », explique-t-elle en posant son regard bleu sur le corps frêle de son mari, recouvert d'une grosse couette.

« Changer les habitudes et les mentalités »

De nombreux freins demeurent, cependant. « La marge de progression est très grande mais cela implique de changer les habitudes et les mentalités, analyse Nadine Rosenfeld, le cadre de santé de l'HAD. C'est aussi à nous de nous faire mieux connaître des services hospitaliers, pour qu'ils pensent à orienter leurs patients vers nous. » Un enjeu de taille puisque, d'après une étude de l'Ifop, en 2010, 81 % des Français souhaiteraient « passer leurs derniers instants chez eux » (Enquête Ifop réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 1 500 personnes du 26 juillet au 4 août 2010, via un questionnaire auto-administré en ligne).

Source : La Croix

 

 

A la place de l'euthanasie : la compassion.

Benoît XVI au service pédiatrique de Gemelli

Cette caresse du pape Benoît XVI à l'un des petits patients de la polyclinique Gemelli

"Tu seras bénie (benedetta) pour toujours."
Paroles murmurées par le Pape, tandis qu'avec tendresse, il effleure le visage défiguré de Benedetta, une année de vie, entièrement vécue sur son petit lit d'hôpital.
Les prélats qui l'accompagnent lors de la visite à Gemelli, se penchent sur le berceau: regards hébétés, pleins de compassion. Et l'une des personnes de la suite murmure, émue: "C'est le visage du Christ souffrant."
Le secrétaire du pape s'attarde devant le berceau.
Il continue à caresser les petites mains inertes tout en répétant: " Tu es belle, Benedetta, tu es belle" et ne parvient pas à s'en détacher.
Chambre 22, service de pédiatrie, au cinquième étage de la polyclinique Gemelli de Rome. Ici s'est écrite la page peut-être la plus belle de ces jours de Noël.
C'est la veille de l'Epiphanie du Seigneur et Benoît XVI a décidé de tenir un peu compagnie aux enfants hospitalisés à l'hôpital de Rome. L'occasion est la bénédiction du nouveau centre pour le traitement et les soins des enfants atteints de spina bifida. Le pape est arrivé peu après 17 heures et est monté directement au cinquième étage, service pédiatrie. Il apporte un petit cadeau pour chacun des patients. Il entre chambre après chambre.
Il commence par Suami, une petite fille péruvienne. Il lui donne un ours en peluche: il est plus grand qu'elle, mais Suami le sert contre elle. Elle est heureuse.
Pour Andrea, un petit philippin, et pour Paolo, il y a un petit train et un téléphone parlant.
Eduardo pleure à chaudes larmes. Le pape le regarde, un peu interdit, il ne sait que faire: se rapprocher? le caresser pour essayer de le calmer? Puis il lui met entre les mains la marionnette colorée de Topo Gigio. Eduardo cesse de pleurer et le pape l'embrasse.
Dans la chambre de Samuele c'est sa maman Chiara qui l'accueille: Samuele est attaché à une machine et est immobile sur le petit lit. "Merci beaucoup, Père", l'accueille Chiara. Elle n'est pas familière avec la hiérarchie, mais elle sait reconnaître un geste d'affection pour elle et son petit. Elle accepte la caresse du Pape comme celle d'un père.
Evelina a entrepris de s'occuper de l'énorme lapin en peluche que le pape vient de déposer dans ses mains; elle est visiblement heureuse. "Imagine, maman - dit-elle en la regardant droit dans les yeux - je pourrais dire à mes amies à l'école que j'ai embrassé le pape"
Et Benoît XVI entre dans la chambre numéro 22.
Il y a Benedetta. Elle est née il y a un an avec une très grave malformation cérébrale.
Les parents, en la voyant naître si défigurée l'ont abandonnée. Et ils se sont enfuis de l'hôpital.
Les infirmières du département ont accueilli Benedetta, elles lui ont donné ce nom. Elles prennent soin d'elle, comme si elle était la fille de chacune. Elles l'entourent d'amour. "C'est un miracle qu'elle soit toujours vivante", dit Claudia, mais ce pourrait être Santina, Maria ou ou n'importe laquelle des nombreuses autres mères de Benedetta.
Le pape s'est ému en écoutant l'histoire de Benedetta. Il l'a caressé longuement, tendrement. Il a marqué une croix sur son front, puis il a murmuré: "Tu seras toujours bénie"
La visite se poursuit. Les yeux du pape restent voilés de tristesse. Ils se rallument au moment où il est entouré par d'autres enfants, dans la salle de la polyclinique où est prévu le discours. Il échange à nouveau des cadeaux avec eux: friandises et peluches en échange de trois statues des Rois Mages et de nombreux dessins que le Pape témoigne apprécier d'une manière particulière.
Puis Francesca, 15 ans, atteinte de spina-bifida, le salue et l'embrasse pour tout le monde.
Elle lui confie tous leurs espoirs. Ils viennent d'apprendre que la myrrhe représente la souffrance. "Voici notre myrrhe - dit-elle au Pape - nous la mettons entre tes mains, Saint-Père, afin que tu la portes à Jésus. Nous prierons pour toi. Pour ta santé et pour que nos prières t'aident à soutenir le poids des grands problèmes auxquels tu es confronté chaque jour. "
Et puis le départ. Comme quand ils l'ont accueilli, le Pape est salué par le cardinal vicaire (pour le diocèse de Rome) Vallini, l'évêque délégué pour l'assistance religieuse dans les hôpitaux du diocèse, Mgr Brambilla, le recteur Ornaghi et tout le personnel.
Benoît XVI rentre au Vatican avec les membres de la suite qui l'accompagnait, parmi lesquels le sous-secrétaire d'Etat Mgr Filoni, le préfet de la Maison pontificale, Mgr Harvey, son secrétaire Mgr Gänswein, son médecin personnel le Docteur Polisca et le directeur de notre journal Gian Maria Vian.

(Mario Ponzi, L'Osservatore Romano - 7-8 Janvier 2011, traduction benoit-et-moi)

Source : benoit-et-moi.fr

 

 Trouvé dans notre courrier le 11 février 2013 :

« Ma fille et mon gendre commentent l'actualité, qu'est-ce que vous voulez ! C'est normal. Mais pourquoi parle-t-ils autant de l'euthanasie ? Du coût de notre vie à nous et la chèreté de leur vie à eux.  Du coup, j'ai rendu en cachette mes vitamines à la pharmacie. Et aussi tout ce que je prends pour mes arthroses. Puis j'ai rajouté le prix à leurs étrennes. Je supprime le beurre et l'huile de foie de morue que j'ai dû prendre pour mes os.
Pourquoi prendre tant de précautions pour ne pas tomber malade ? De toute façon, s'il y a un problème, il n'y a qu'à « sortir ». On m'a parlé de ces « directives anticipées ». comme quoi, si j'ai besoin de soins trop coûteux, ou même simplement coûteux, bref un peu coûteux, voire de soins tout court (c'est plus simple à formuler), je peux toujours demander ce fameux cocktail, vous savez, celui qui vous fait mourir. En douceur, paraît-il. Je ne sais pas si c'est vraiment si doux. Mais bon, je n'ai pas le choix.
Evidemment, si j'avais le choix, j'irais plutôt dans un endroit où on en finirait plus vite qu'avec cette fameuse « sédation terminale ». Ça a l'air terrible. Vu ce qu'ils utilisent dedans. Un psy de mes amis (aujourd'hui mort de sa belle mort), m'a dit qu'en fait ces psychotropes, ça n'empêche pas les angoisses  (au contraire, ça en donne souvent) et même que ça peut donner des délires et des choses terrifiantes à vivre. Des terreurs qui vont en augmentant jusqu'à la mort, et on meurt dans des visions d'horreur. Mais ces drogues empêchent qu'on les exprime. En fait, c'est pour ne pas faire de peine à nos petits chéris d'enfants, en finir plus vite pour qu'ils n'aient pas besoin de nous visiter. Vous comprenez, si on ne peut plus exprimer nos angoisses, ils n'y aura plus besoin qu'ils en parlent avec nous. Evidemment, nous, on reste enfermés dedans. Jusqu'à la mort. Puis ce sera leur tour. Parce que tous les hommes (et femmes) vieillissent.
Maintenant, j'ai peur. Je ne veux plus voir de médecin ni d'infirmière. Je préfèrerais encore m'enfermer à clé chez moi, vous comprenez. Mais ma fille et mon gendre ne le laisseraient pas. Ils prennent soin de moi. A leur façon.
En y réfléchissant - parce qu'évidemment les journaux en parlent de plus en plus, de ce que nous coûtons à la société - j'aimerais bien mieux qu'on m'achève avec une balle en plein cœur. Avec un silencieux, pour pas faire peur aux autres. Le coup de grâce. Il n'y aurait pas besoin que ce soit des médecins. Des gens compatissants formés tout exprès, ça suffirait. Au moins là on n'aurait ni angoisse ni souffrance, vous comprenez. Puis ça irait plus vite aussi. Une balle, on n'a pas le temps de s'en apercevoir.
Mais cauchemarder, devenir fou de soif (il paraît qu'on nous coupe l'hydratation pendant cette « sédation terminale ») c'est terrible. On ne ferait pas ça à des animaux. La SPA protesterait. L'homme n'est vraiment cruel qu'avec l'homme.
Savoir qu'on me met un truc dans la perfusion, et que je vais agoniser pendant des jours et des jours !
J'ai peur. Peur d'aller à l'hôpital, même pour une broutille, parce que, vous comprenez, maintenant je me méfie de l'infirmière qui arrive avec sa seringue, on ne sait jamais ce qu'ils peuvent mettre dedans de nos jours.
S'il vous plaît.... achevez-moi d'une balle en plein cœur !
Le coup de grâce !
De grâce !
Faites-nous grâce !»

La grand-mère fut euthanasiée par sédation terminale.
Sa fille a trouvé ce texte dans son journal. Sous forme de lettre, jamais envoyée.
Elle en est devenue folle. Un an après, elle s'est suicidée. En se jetant dans le vide.
Elle n'a laissé qu'une phrase sur un papier : « Que ça aille plus vite pour moi que pour maman. »

 

 

 

Source : Dijon santé          Abbaye de Cîteaux

 

 

par M. Herman WOUTERS, Éducateur à la Fondation M.M.Delacroix, 04/03/2013 (extraits)

J'ai été introduit au service pour les personnes atteintes d'un profond handicap mental il y a 32 ans et j'y travaille toujours en tant qu'orthopédagogue.

Cette première visite suscita chez moi un grand étonnement.(...)

En effet, à l'université j'avais appris que les handicaps mentaux profonds provoquaient souvent une vie végétative, un état comparable à des plantes... Mais au contraire, j'ai remarqué lors de la visite dans les différents départements que ces personnes n'étaient absolument pas des plantes ! Tous les malades réagissaient en fait d'une manière ou d'une autre à mon contact. Jean est une personne que je connais atteinte du handicap mental le plus profond. Il est aveugle et sourd. Il a une déformation de la tête. Il ne peut pas s'asseoir et il est donc couché sur un lit médicalisé. Mais il apprécie le contact physique. A chaque contact, un sourire radieux se dessine sur son visage. Il apprécie aussi les massages et les bains quotidiens. Il a un développement intellectuel équivalent d'un enfant de 1 à 2 mois. Il vit uniquement au moment présent : chaque geste affectif le fait sourire de bonheur. Il vit ainsi depuis 50 ans dans une unité de soins entouré d'excellentes aides soignantes qui s'occupent de lui à merveille.

Il y a quelque temps il s'est cassé la jambe et devait du coup rester plusieurs semaines dans son lit sans pouvoir s'installer dans son lit médicalisé. En même temps se déroulait une activité musicale dans la grande salle du service, à quelques centaines de mètres de son lieu d'accueil. J'avais promis d'aider à transporter les habitants en chaises roulantes. En arrivant chez Jean j'hésitais. Devait-il être transporté à travers tout le domaine dans son lit à roulettes vers la salle où se déroulait la représentation musicale ? Cet effort en valait-il la peine : il était sourd de toute façon ! En exprimant mon hésitation à l'aide soignante, elle réagit indignée : « Evidemment que Jean va venir, pourquoi ne pourrait-il pas ! » Je commençai donc à rouler le lit et Jean se mit immédiatement à sourire. Son sourire se fit encore plus large lorsqu'on roula sur l'asphalte. Jean appréciait les tremblements que le transport provoquaient à son lit. Nous – des personnes normales et « en bonne santé » - devons nous entrainer pendant des semaines dans des Mindfullness pour apprendre à réapprécier le moment présent....Pour Jean c'est « naturel ».

Jean survivrait-il à la nouvelle loi s'il naissait aujourd'hui ? Il serait probablement considéré comme un personne vivant une vie végétative et sa condition de vie serait perçue comme étant sans intérêt. Et un argument supplémentaire serait probablement le fait qu'il aura besoin de soins à vie.

Ce serait pourtant si dommage qu'il n'y ait plus de place pour lui alors que le fait même de s'occuper d'autrui est une nécessité sociale pour l'homme et une source de tant de bonheur !

Source : Euthanasie STOP

 

 

Témoignage rapporté par le Docteur Elisabeth Kübler-Ross

"Bobby est un jeune enfant américain suivi depuis des années dans un service de pédiatrie pour un cancer ORL. Toute l'équipe le connaît bien. La maladie de l'enfant s'aggrave progressivement.

Un temps arrive où Bobby n'arrive plus à parler car le cancer a envahi sa gorge. Bobby a une ardoise et une craie, et il s'exprime à travers des dessins.

Un jour, tandis que la maladie a beaucoup évolué, il fait le dessin suivant : Un bonhomme séparé d'un tank par un panneau stop.

L'équipe comprend que le tank représente sa maladie et sa mort. Elle comprend que Bobby en a peur. Que faire et que lui dire ?

L'équipe se réunit pour réfléchir.
Quelqu'un dit : « On pourrait effacer le tank. »
Le médecin : « On ne peut pas effacer le tank puisque la maladie est réellement là et qu'on ne sait pas la guérir. »
L'infirmière, qui est la plus proche de l'enfant et qui est un peu comme sa seconde maman, dit à son tour : « Effaçons le bonhomme. Car si on le supprime, il n'aura plus peur. C'est un service à lui rendre. »
Le médecin répond : « Ce n'est pas possible. Nous ne pouvons pas faire cela. »
Quelqu'un dit encore : « Il reste le panneau stop que l'on peut effacer. »
Le médecin : « On ne peut pas effacer justement ce qui le protège actuellement de sa peur. »

Finalement, le médecin entre dans la chambre de l'enfant et s'assoit un moment près de lui. Puis il prend la craie et trace un deuxième bonhomme à côté du premier pour lui signifier qu'il n'est pas seul. L'enfant sourit.

Le lendemain, Bobby fait un autre dessin : c'est un oiseau qui vole dans le ciel.
Et peu après, l'enfant meurt paisiblement de sa mort naturelle."

Source :
Elisabeth Kübler-Ross France (fr)
Elisabeth Kübler-Ross Foundation (en)
Arbeitsgemeinschaft Elisabeth Kübler-Ross (de)

 

 

Une très belle entrevue du Dr Patrick Vinay, sur la fin de la vie, dans la revue Notre-Dame du Cap de novembre 2012, dont voici un extrait :

(Le Dr Patrick Vinay, chercheur et médecin spécialiste des soins palliatifs)

"Les gens ne réalisent pas que la fin de la vie est une période très précieuse pour les humains. Voilà un moment où nos convictions, nos priorités se mettent à changer. C'est comme si notre vie était dans un grand tamis. Toutes nos priorités et nos occupations sont cordées les unes sur les autres. Il y en a tellement que cela ne peut plus bouger. Nos petites priorités empêchent le mouvement des plus grandes. Le tamis est fortement secoué lorsque la maladie grave fait son apparition. Les petites priorités comme refaire la cuisine ou réaménager le chalet, tombent. Qu'est-ce qui reste dans le tamis? Il reste des choses qui ont un nom propre. Il reste les interactions que nous avons avec nos proches. On pense tout à coup à son frère à qui on n'a pas parlé depuis quelques années. On se souvient qu'il faudrait dire quelque chose à son ex-conjoint. Nous consacrons le temps de la fin de la vie à se concentrer sur les choses essentielles. Il y a un désir profond de rencontrer les gens autrement. C'est un moment très précieux. La vie d'une personne ressemble à un arbre. Il n'y a presque plus de feuilles. Il ne reste que l'essentiel mais la personne a encore beaucoup de choses à dire. Il est temps pour elle de se dépouiller afin que les autres puissent la voir autrement. La fin de la vie a toujours été un morceau essentiel de la vie.

La fin de la vie est aussi une expérience collective. En ce sens elle ressemble au début de la vie. Vous ne verrez jamais un bébé tout seul. Il ne pourrait pas survivre sans son entourage. C'est une mini-société qui a permis ce que nous sommes devenus. Il en est de même à la fin de la vie. Nous avons besoin d'un micro environnement afin d'aider la personne malade à se comprendre. Nous avons besoin d'être entourés.

Nous devons accepter que la fin de la vie fasse partie de notre vie et que ce n'est pas une période qu'il faut couper. Les questions suivantes sont importantes : comment meurt-on? De quoi meurt-on? Quand meurt-on? Nous ne sommes pas là pour prendre des décisions pour l'autre même lorsqu'il est dans le coma. Cette personne est encore présente à l'intérieur d'elle-même. Ce temps lui appartient. Nous devons la rendre confortable dans cet état. C'est elle qui va décider du moment où elle va partir. Je vois souvent des personnes dans le coma qui ne meurent pas. Tout à coup sa fille qui réside en Australie vient la voir. Elle n'a rien dit à sa fille mais sa fille a pu lui dire quelque chose. Il y a eu un contact. Et puis, quelques heures plus tard, la mère meurt. La mère a attendu sa fille. Il y a eu une délicatesse de la part de la mère."

Source : Campagne Québec-Vie

 

 

Dans le coma, elle a été sauvée par son gros orteil !

Par Arnaud BÉLIER, 07/10/2016

Nuque brisée, cerveau endommagé : Sam Hemming, étudiante britannique de 22 ans, victime cet été d’un terrible accident de la circulation, a été plongée dans le coma. Les médecins s’apprêtaient à la « débrancher » des machines qui la maintenaient en vie, quand, soudain, la jeune femme a bougé un doigt de pied… Aujourd’hui, elle reparle et marche à nouveau.

À 22 ans, elle se déplace avec un déambulateur. Ses longs cheveux bruns n’ont pas encore complètement repoussé. Mais elle affiche un large sourire. Sam Hemming savoure chaque instant de sa nouvelle vie. La première s’est achevée le 20 juillet sur la M6, la plus longue des autoroutes britanniques, qui longe Birmingham et Manchester jusqu’à la frontière écossaise.

Ce jour-là, l’étudiante en droit, fraîchement diplômée de l’université de Bangor, aux Pays de Galles, est en voiture avec son petit ami Tom Curtis. Elle retourne chez ses parents à Hereford, quand la voiture fait un tonneau. Sa tête heurte la vitre, lui arrachant l’oreille gauche et lui brisant quatre vertèbres cervicales. Des morceaux de métal sont enfoncés dans son bras fracturé à trois endroits. Tom, lui, est indemne. Transportée par hélicoptère à l’hôpital de Conventry, Sam est opérée durant six heures. Les chirurgiens décident de la placer en coma artificiel.

19 jours dans le coma

Dix-neuf jours et trois opérations plus tard, elle n’a toujours pas repris reconnaissance. Les chirurgiens annoncent alors aux parents, dévastés, qu’il n’y a plus rien à faire : le cerveau est endommagé, l’hémisphère gauche ne s’en remettra pas.

« Nous étions dans sa chambre en train de dire adieu à notre fille quand les médecins ont éteint le respirateur artificiel, j’ai crié, raconte au Daily Mail Carol, la mère de la jeune femme. C’est alors que Sam a bougé son gros orteil ! Les médecins ont immédiatement rallumé la machine… »

Quelques jours plus tard, l’étudiante subit une trachéotomie. Les médecins éteignent de nouveau le respirateur. Pari gagné : Sam Hemming respire par elle-même ! Huit jours plus tard, elle est jugée suffisamment en état pour rentrer chez elle à Hereford auprès de sa mère Carole et de son père Jason. Mieux : bien que la partie gauche de son cerveau soit irrémédiablement endommagée, elle est capable de marcher et elle reparle ! Ce qui ne laisse pas d’étonner les neurochirurgiens, l’hémisphère droit n’ayant en théorie pas accès à la parole.

« Elle est littéralement revenue de la mort. Si elle n’avait pas bougé son orteil, elle ne serait pas là aujourd’hui », tremble Carol Hemming. Sam suit aujourd’hui une thérapie, les neurochirurgiens tentant d’aider son cerveau croupion à développer ses fonctionnalités, qui semblent inépuisables. « Quand je regarde des photos de moi dans le coma, cela me semble irréel. Avant mon accident, je voulais être notaire. Mon ambition n’a pas changé, je veux toujours bosser dans le domaine juridique », affirme la jeune femme avec un sourire éclatant.

Source : ouest-france.fr