Communion de prière pour la Vie : "Jésus, Marie, protégez la vie " ! (ou toute autre prière à Dieu)

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Question :

Bonjour.

J'aime bien votre site, surtout ce que vous dites sur Leonetti et sur la mort par la déshydratation et la sédation. Mais j'ai une question.

A ma connaissance, le concile Vatican II, a annoncé la liberté religieuse et a demandé aux états chrétiens de ne plus se dire des états catholiques mais laïcs, et de changer leurs constitutions dans ce sens. Enfin, je ne sais pas tous les détails. Mais je sais que la France n'est plus catholique.

Ma question : avec la liberté religieuse, le christianisme, et le catholicisme en particulier, est une religion comme une autre dans les Etats. Elle ne dit plus que c'est elle qui a la vérité.

A partir de ce moment-là, je ne vois pas au nom de quoi elle peut combattre par exemple l'ADMD qui veut le choix libre pour chacun de sa propre mort et donc que les "directives anticipées" soient contraignantes pour les médecins.

Je ne vois pas pourquoi l'église catholique pourra par exemple soutenir la loi Leonetti qui fait mourir les plus faibles, sans leur consentement, dans la sédation et l'arrêt de l'hydratation.

Après avoir choisi de laisser se déchristianiser la France et avoir voulu un Etat laïc, comment l'Eglise peut maintenant imposer son point de vue, venir pleurer et manifester quand les lois ne sont pas comme elle le voudrait ? Si la France n'est plus catholique, au nom de quoi l'Eglise veut des lois catholiques, dans un pays laïc ?

Réponse :

Bonjour,

Votre interrogation semble provenir de certaines confusions. Je perçois divers aspects à distinguer :

1) En ce qui concerne le concile Vatican II, la liberté religieuse (avec, au coeur, la liberté de conscience qui d'ailleurs abonderait dans votre sens) et ses conséquences, je vous renvoie à des sites comme celui du Saint Siège ou d'autres sites spécialisés dans ces questions.

Sur un plan pratique, il n'est pas possible de transformer d'un trait de plume un pays ayant des racines profondément catholiques, comme la France, en un pays laïc. Du moins, ne faut-il pas s'étonner de la réaction de nombreux Français manifestant dans les rues de Paris et scandant : "La République est laïque, la France est catholique".

2)  Si, maintenant, vous vous placez d'un point de vue strictement laïc, il n'en reste pas moins que l'Eglise, sans vouloir "imposer son point de vue", a tout de même le droit de s'exprimer.

A cet égard, il convient encore de distinguer : d'une part, son Magistère, son enseignement ; d'autre part, la liberté dont jouissent ses membres quant à leur action dans la cité, par exemple de "manifester". L'Eglise catholique en tant que telle enseigne ses fidèles ; les mêmes fidèles, en tant que citoyens, manifestent. Ils ont autant le droit de manifester que n'importe lequel de leurs compatriotes.

3) Maintenant, j'arrive à votre question concernant la déshydratation et la sédation. Là, précisément, l’Église abonde dans votre sens, à savoir contre la mort par la déshydratation.

Mais, pour entendre ce langage, il faut distinguer l'Eglise catholique comme telle et tels catholiques qui se disent d'Eglise sans nécessairement se comporter comme l'Eglise l'enseigne dans son Magistère.

En effet, l’Eglise, dans son Magistère, s'est prononcée CONTRE l'arrêt de l'hydratation, arrêt que continue pourtant de préconiser Leonetti.

Ainsi, s'il y a des catholiques qui soutiennent Leonetti, ils ne peuvent en tous cas pas le faire au nom de leur foi, mais pour d'autres raisons, politiques ou autres.

Ci-dessous, quelques liens sur ce sujet :

En 1980, la Déclaration "Iura et bona" de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

En 2000, l'Académie Pontificale pour la Vie. Voir en particulier l'article 6.

En 2004, le Pape Jean-Paul II à la Fédération des Médecins Catholiques. Voir en particulier l'article 4.

En 2007, de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, approuvé par le Pape Benoît XVI et traitant directement du maintien de l'hydratation et de l'alimentation.

En 2007, le Cardinal Vingt-Trois et le Grand Rabbin Messas déclarent ensemble la nécessité du maintien de l'hydratation.

En 2012, en Argentine, Monseigneur Bressanelli s'oppose à la mort par arrêt de l'hydratation d'un homme en coma végétatif. Lire aussi le communiqué de l'évêque.

En 2013, le Cardinal Barbarin souligne : "On n'a pas un droit sur la vie et la mort de quelqu'un."

En 2014, le Pape François : "Aucun ancien ne devrait être comme “exilé” de nos familles. Les personnes âgées sont un trésor pour la société." Et un trésor, on le chouchoute.