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La sédation, une aide pour accompagner fin de vie ou un instrument pour y mettre un terme ?

par Beatrix Paillot, 20/02/2015, extraits (soulignements par nos soins)
 
Le Dr Béatrix Paillot est médecin gériatre. Elle exerce depuis 2003 comme praticien hospitalier dans une consultation mémoire de proximité dans un centre hospitalier. Elle a travaillé pendant 7 ans au Centre de Mémoire de Ressource et de Recherche d'Ile de France à la Pitié-Salpêtrière. Formée en soins palliatifs et en neuropsychologie, elle accompagne des personnes âgées ou atteintes de maladie d'Alzheimer (ou troubles apparentés) depuis plus de vingt ans.

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La sédation est de plus en plus utilisée en fin de vie : la tendance actuelle est de la réaliser sans l’accord de la personne malade par des équipes soignantes qui ne savent pas bien comment accompagner les personnes en fin de vie.  C’est souvent une fuite des soignants qui ont peur des questions que pourraient poser la personne malade.

Une déviance plus grave encore est le recours à une sédation à des doses volontairement excessives pour provoquer la mort de la personne malade. C’est une euthanasie par administration d’un produit à dose létale. ...

Une sédation profonde et continue réalisée à 25 mg/jour d’Hypnovel ne provoque pas la mort en soi. Par contre, on provoque la mort de manière certaine si, de manière concomitante, on ne donne pas à la personne les soins ou traitement proportionnés et que son état requiert. Il peut s’agir d’un traitement pour soutenir le cœur que l’on arrête et qui provoque un infarctus. Il peut s’agir d’un défaut d’apport d’eau ou de nutriments que son état d’être vivant requiert. Concrètement, si on ne lui apporte pas d’eau, la personne humaine meurt en 3 à 5 jours.

Comme lorsqu’une personne dort, elle ne peut pas boire naturellement, il n’y a pas d’autre moyen pour l’hydrater  que de lui apporter de l’eau de manière artificielle (perfusion ou sonde gastrique). La sédation peut être vue sous un certain angle comme une camisole chimique : elle empêche la personne de subvenir à ses propres besoins. Donc, il faut y répondre à sa place par des moyens artificiels.

Par exemple, ne pas mettre en place une hydratation artificielle à quelqu’un que l’on endort de manière prolongée, c’est provoquer une euthanasie voulue et certaine, dès lors que l’espérance de vie de la personne malade est de plus de 3 à 5 jours. 

Or personne ne peut savoir quelle est l’espérance de vie d’un malade qui approche du terme de sa vie. On sait trop combien certaines fins de vie peuvent durer. Et ce n’est pas nécessairement un temps dépourvu de sens bien au contraire ! Certes c’est une période plus difficile de l’existence, mais c’est en même temps une période où peuvent se dire bien des paroles importantes pour ceux qui restent.

Des euthanasies par omission de traitements proportionnés

On peut voir dans la proposition de loi Léonetti - Claeys un moyen infaillible de faire en sorte que toutes les personnes parvenant dans la dernière étape de leur existence, notamment les personnes âgées dépendantes, terminent leur vie à brève échéance. Fini le problème des maisons de retraite en nombre insuffisant… Les retombées économiques sont certes alléchantes, mais osons le dire, ce n’est ni éthique, ni légal puisque cela relève de l’homicide volontaire réalisé avec préméditation.

Et les promoteurs de la loi sont habiles : l’acte euthanasique par omission de traitements proportionnés à l’état du malade ne sera pas posé directement par eux. C’est le médecin qui sera obligé de le poser, notamment par le biais des directives anticipées contraignantes rédigées par la personne auparavant.

Si la sédation continue peut avoir sa légitimité dans certaines situations, imposer aux médecins d’arrêter de manière concomitante tout traitement proportionné à l’état du malade, toute hydratation et toute alimentation n’est pas autre chose que de l’euthanasie qui ne dit pas son nom.

L’arrêt de tout traitement proportionné relevant de l’euthanasie, si c’est cette directive est maintenue dans le cadre de la loi Léonetti - Claeys, les médecins doivent pouvoir légitimement bénéficier du recours à une clause de conscience.

Source : genethique.org