Communion de prière pour la Vie : "Jésus, Marie, protégez la vie " ! (ou toute autre prière à Dieu)

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Question reçue :

Que faites-vous de la dignité ?

 

Réponse par Christophore :

Ah ! La dignité ? Mais, parlons-en, justement !

Car l´homme n´est pas qu´un animal supérieur.

Nous avons une conscience. Et nous savons qu´un jour nous mourrons.

Il est normal de respecter la nature, aidée par l´art médical pour soulager la souffrance. Mais pourquoi exiger un acte de mort de ceux dont la profession est de soigner et, justement, de soulager la souffrance, d´accompagner la personne humaine dans sa vie, jusqu'au bout ?

La relation médecin-malade, c´est une conscience qui répond à une confiance.

Même dans les temps barbares, les gens savaient qui était en face de qui. Si les condamnés étaient mis dans les mains des bourreaux, les malades, eux, et les mourants, s´adressaient préférentiellement à des soignants. Les bourreaux n´étaient pas des soignants, et les soignants n´étaient pas des bourreaux. Alors, confondons pas tout ! C´est quand même pas pareil. Pas pareil du tout, même !

Aussi, c'est par une sorte d'usure, de manipulation psychologique – qui reste néanmoins une effraction - que les tueurs veulent entrer dans les consciences, dûment "préparées". Préparation psychologique par culpabilisation des personnes vulnérables et de leur entourage. Préparation pratique par des euthanasies illégales, de plus en plus fréquentes et de plus en plus tolérées.

Et quand des meurtres flagrants, directs et non demandés par le malade, sont condamnés par l'Ordre des Médecins -qui souhaite préserver une éthique de confiance et de conscience - alors la condamnation devient presque un argument pour forcer la loi contre la pauvre "victime" assassin de ses victimes ! Certains commentaires en arrivent même à présenter ces condamnations comme inacceptables. Et d'appeler à cor et à cri une nouvelle loi qui exigerait du soignant de faire le métier du bourreau.

En voilà donc un déni de la dignité de la personne humaine ! Et, là, il faut être aveugle pour ne pas le voir ou de trop mauvaise foi pour ne pas le reconnaître. Un animal vieillissant ou malade auquel nous sommes attachés, bénéficierait de plus de démarches et de plus de soins qu'un vieillard auquel nous sommes redevables. Mais cela, c'est nous, nous, qui n'avons pas la dignité minimale pour le reconnaître ! Autrement, c'est un accompagnement dans l'amour, la présence et la reconnaissance persévérante pour leurs vies, dont chaque jour est un cadeau, c'est cela que nous leur offririons !... Ce serait la joie d'être près d'eux, la gratitude pour leur présence, c'est cela qu'ils liraient dans nos yeux... et non notre impatience d'en finir, notre avarice et notre lent, mais hélas inexorable, enfoncement dans NOTRE indignité à nous ! Qui, elle, est là et bien là !

Non, la dignité de la personne humaine ne se réduit pas au parfait fonctionnement de son cerveau, de ses sphincters, ni à la performance de ses dents et de ses muscles ! Cela, tout au plus, ce serait chez les animaux que nous regarderions ces choses. A l'achat, n'est-ce pas ? Ou encore, chez l'esclave, bien sûr... en théorie, l'esclavage est aboli. Comme la peine de mort. En pratique l'un et l'autre se réinventent dans la civilisation des "pays développés".

Alors, voyez-vous, je pense que la dignité, ceux qui en manquent, ce sont des hommes qui ont oublié où est la véritable dignité de leurs semblables.

Car enfin, n'est-il pas indécent, malsonnant et manipulateur des personnes vulnérables, de parler autant du coût de leur maintien en vie ? Qu'est-ce d'autre que manipulation mentale, culpabilisation psychologique ? Mais, quel vieillard digne et noble ne se sentira pas poussé à une "demande d´aide à mourir", en tout bien tout honneur de son côté (mais en toute avarice et toute hypocrisie de qui l'y pousse)  si on nous serine sans cesse son devoir de décharger par là sa famille, ses enfants, ses petits-enfants, bref finalement toute la société - pour laquelle il a toute sa vie travaillé et souffert, soit dit en passant - du fardeau que celle-ci lui souffle être sa simple existence à lui ?

Non, soyons un peu honnêtes, et suffisamment lucides, pour reconnaître que leur liberté de choix est ligotée par la manière même dont cette loi se présente : "toi, le vieux, toi, le handicapé, toi, l'incurable, pousse-toi, dégage, laisse-nous la place, le temps, l´argent ! au nom du sacro-saint profit sur tout, tout de suite et à tout prix !"

La grandeur d´une civilisation se juge sur la manière dont elle traite les plus faibles. En particulier sur la manière dont elle entoure la mort.

Et là, nous en avons, des leçons à recevoir des civilisations dites "primitives" ! Qui n'ont pas (encore !) remplacé la nature par la domination de l'homme. Et de l'homme qui, surtout, est en passe de perdre tous ses repères !

Dans la nature, les feuilles tombent le moment voulu, les animaux meurent en paix le moment venu.

Il n´y a que l´homme qui devrait se laisser voler sa mort ?