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Danse : « Dancing Grandmother », l’allégresse de la vieillesse

par Hadrien Volle, 07/08/2014

La chorégraphe Eun-Me Ahn, surnommée la Pina Bausch de Séoul, a déjà présenté un spectacle l’an dernier dans le cadre de Paris Quartier d’Été : « Symphoca Princess Bari », lecture contemporaine d’une épopée millénaire. Cette année, la danseuse est de retour avec « Dancing Grandmother », un spectacle créé en 2011 au Doosan Art Center (Séoul, Corée) et présenté au théâtre de La Colline jusqu’au samedi 9 août.

Avant-même que le spectacle commence, le fond de la scène transformé en écran géant diffusant des images de routes que l’on devine être l’arrière-pays du sud de la Corée. Tout un chemin parcouru par Eun-Me Ahn afin d’aller à la rencontre des grand-mères paysannes qui l’ont inspirée pour cette création. Des femmes qui sont vues par la danseuse comme « des livres d’histoire ». Ces femmes vénérables âgées de 60 à 90 ans, Euh-Me Ahn les fait danser sur les tubes de leur jeunesse. Les gestes, la joie qu’elles ont de se voir encore capable de se mouvoir, ont inspiré ce spectacle.

La création se déroule en deux parties. La première, très moderne en musique comme en lumière, est interprétée par les jeunes danseurs de la troupe. Ils sont rejoints en seconde partie du spectacle par lesdites grand-mères qui ont donné naissance à leurs pas....

Puis c’est le calme. Durant 15 minutes, l’écran vidéo réapparaît en fond de scène pour montrer des personnes âgées danser en silence, au bord d’une route, en attendant le bus ou en train de travailler. Ces situations laissent place au rire, par certaines situations, mais surtout à la tendresse et à l’immense joie de cette preuve qu’une vie existe jusqu’au dernier souffle.

Enfin, le second temps débute par un bal dansant d’une autre époque où les grands-mères apparaissent en chair et en os au son de tubes d’un kitsch extrême. On se rappelle vite que ces chansons qui nous poussent à rire aujourd’hui sont celles qui ont fait rêver ces dames. Sur le plateau, elles sont discrètes, un peu timide. Le public ne cessera de les encourager et applaudir à chaque entrée en scène. Certains instants sont d’une poésie et d’une sincérité rare : on pense notamment à ce slow dansé par un couple âgé sur une scène baignée de bleu.

La jeunesse ne disparaît pas pour autant du spectacle, les danseurs de la troupe font des va-et-vient pour accompagner les anciens dans une chorégraphie fluide. Ce ballet est une véritable déclaration d’amour à la vieillesse, un remerciement aux époques précédentes pour notre existence moderne. Une création qui n’est pas un hommage à une entité abstraite, puisque la place centrale est laissée à ceux qui l’ont inspiré. Jusqu’au bout, le manège ne cesse de nous surprendre et se termine par une belle symbiose avec le public : instant d’une grande magie qui vient couronner un spectacle ludique, exigeant et équilibré.

Hadrien Volle

Source : lesechos.fr