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Vincent Lambert: «Ses parents aussi veulent que ça aille vite car Vincent n’est pas bien soigné !»

par Vincent Vantighem, 23/09/2014

INTERVIEW - Avocat des parents de Vincent Lambert, Jean Paillot répond, dans les colonnes de «20 Minutes» à ses proches qui veulent le laisser mourir…

Fin juillet, c’était ses frères et ses sœurs. Début septembre, un collectif d’élus et de personnalités de la société civile. Ce mardi, c’est le neveu de Vincent Lambert qui a lancé, dans Le Parisien, un appel afin de laisser mourir son oncle, en état végétatif depuis un accident de moto survenu il y a six ans.

Alors que la procédure opposant les parents du jeune homme à son épouse et à plusieurs de ses frères et sœurs traîne toujours devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), Jean Paillot, l’avocat des parents, explique la position de ses clients à 20 Minutes

Ce mardi, le neveu de Vincent Lambert a demandé à la France d’accélérer la procédure devant la CEDH afin de le laisser mourir. Qu’en pensez-vous ?

Mais, nous aussi, nous sommes pressés. Les parents de Vincent Lambert veulent que les choses aillent vite car ils estiment que leur fils n’est pas bien soigné.

La façon dont le docteur Kariger s’en est occupé et la façon dont les équipes soignantes s’en occupent aujourd’hui ne sont pas conformes au droit français et notamment à la circulaire du 3 mai 2002.

Que dit cette circulaire ?

Elle oblige les départements français à ouvrir des lits pour accueillir au moins huit patients comme Vincent. Se faisant, elle définit aussi dans les grandes lignes les soins qui doivent être prodigués. Par exemple, qu’il faut mettre les patients quelques heures au fauteuil. Aujourd’hui, ce n’est pas fait. Il faut définir un projet de vie pour Vincent. Or, pour l’instant, on ne parle que de projet de mort.

Les experts estiment qu’il est dans une situation incurable et qu’il ne fera plus de progrès…

Le problème dans cette affaire, c’est que tout le monde aime Vincent. Et il y a une espèce d’aveuglement à considérer que Vincent est aujourd’hui victime d’un acharnement thérapeutique. Mais ce n’est pas le cas. Vincent n’est pas en fin de vie. On oublie par exemple un peu vite qu’après son accident, il a pu assister au mariage de sa sœur dans un fauteuil roulant.

Sa place doit être dans un pôle Handicap et non pas dans un service de soins palliatifs. D’ailleurs, la maison de soins Bethel, près de Strasbourg (Bas-Rhin) est prête à l’accueillir

Où en est la procédure devant la CEDH aujourd’hui?

L’Etat français a rendu ses conclusions. Nous devons de notre côté rendre notre mémoire pour le 16 octobre. Nous n’attendrons sans doute pas cette date. Nous sommes en train de réunir un collectif d’avocats et de médecins afin d’expliquer notre pensée.

L’Etat français pourra-t-il alors répondre à nouveau à vos conclusions ?

Oui, je ne pense pas qu’il le fera sur le fond. Mais sans doute sur ce que l’on appelle la demande de satisfaction équitable, c'est-à-dire sur le montant des dommages et intérêts que les parents de Vincent Lambert vont leur réclamer dans cette affaire.

A combien cela va-t-il s’élever ?

Je ne sais pas. Nous n’avons pas encore défini les choses. L’indemnité réclamée au titre du préjudice moral sera, sans doute, symbolique. Pour ce qui est du préjudice matériel, elle comprendra essentiellement les frais d’avocats qui sont nombreux autour des parents.

Quand peut-on espérer un jugement dans cette affaire ?

Je pense que cela peut aller relativement vite. C'est-à-dire vers la fin de l’année ou le début d’année prochaine. Tout dépend si la CEDH programme une audience de plaidoirie ou une audience de jugement immédiat. Ensuite, l’affaire étant complexe, la Cour voudra sans doute se réunir en formation plénière. Auquel cas, cela prend plus de temps car il faut faire coïncider tous les agendas. Je ne comprendrais pas que cette affaire ne soit pas réglée avant le printemps prochain. 

Vincent Vantighem

Source : 20minutes.fr