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Propos recueillis par Jean-Marie Guénois pour le Figaro, publié le 31/10/2008

«Derrière ce qu'on appelle des «cas limites», il y a en fait notre difficulté à bien accompagner celui qui va mourir», souligne l'Archevêque de Lyon.

L'archevêque de Lyon réagit à la décision de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) d'organiser sa journée nationale d'action le 2 novembre, Fête des morts pour l'Église catholique.

LE FIGARO. - Percevez-vous l'initiative de l'ADMD comme une provocation ?
Philippe BARBARIN. - Profiter de cette date pour promouvoir l'euthanasie sera ressenti comme une violence. Ce jour-là, les Français aiment aller en famille dans les cimetières. Beaucoup prennent un temps de recueillement et de prière devant la tombe de ceux qui leur restent chers. Ils partagent les souvenirs qui habitent leur mémoire, une parole marquante, un grand moment... Respectons cette atmosphère de silence, et n'allons pas faire du 2 novembre une nouvelle «journée nationale» à thème et encore moins un moment de combat, à forte connotation idéologique. Les dernières paroles, les derniers moments de nos proches sont des souvenirs inoubliables. Ce serait complètement déplacé et même blessant de venir nous expliquer qu'il aurait mieux valu éviter ces heures si marquantes, en abrégeant leurs vies. L'effort qui est fait partout pour diminuer la douleur des malades - j'en ai bénéficié moi-même lors de récents séjours à l'hôpital - et apaiser les souffrances mérite notre gratitude et nos encouragements. C'est une attention admirable portée à chaque personne, jusqu'au terme de sa route.

Un problème de «dignité» se pose parfois...
À mon avis, l'ADMD joue sur ce mot. Ma conviction est que la dignité de la vie humaine transcende toutes les circonstances et les conditions de notre existence ; il est heureux que le préambule de la Déclaration universelle des droits de l'homme l'affirme clairement. Plus loin, ce texte dit aussi qu'il faut se battre pour que chacun puisse vivre dans des conditions dignes.Il est clair que la mort n'est pas une condition de la vie, mais sa fin ! Tout le monde admire Mère Teresa, qui a recueilli et pris soin de personnes abandonnées dans les rues, pour leur permettre de «mourir dans la dignité». Cette expression devient un piège ou une tromperie si elle entend déterminer quelles sont les conditions d'une vie digne et obtenir, par la loi, le droit de donner la mort à ceux dont on juge qu'ils sont sortis de ce cadre.

Le constat est sévère...
Mais nous avons appris, après sa mort, que Mme Sébire n'aurait jamais été dans cet état si elle avait accepté les soins qu'on lui proposait, et que son avocat, par ailleurs, a quitté l'ADMD, refusant qu'on y milite pour la promotion du suicide assisté. Comment peut-on se battre, d'un côté, pour respecter la dignité imprescriptible de la vie humaine et, de l'autre, estimer qu'on peut donner la mort à quelqu'un quand on juge que les circonstances de sa vie sont trop douloureuses ?

La loi Léonetti apporte-t-elle une solution acceptable ?
Cette loi est une réponse au problème, tel qu'il se pose aujourd'hui. Elle ne résout pas tout, et ne légifère pas sur tous les détails. Elle laisse place à la responsabilité du médecin et des proches du malade, mais ne donne aucun droit à faire mourir autrui. Je souhaite qu'elle continue d'être appliquée dans le sens du respect des malades et de leur vie. Qu'on n'oublie pas que médecins et personnels soignants ont pour mission de servir la vie. Ils tiennent au serment d'Hippocrate, qui est d'une grande clarté en ce domaine ! D'autre part, cette loi, votée à l'unanimité au Parlement, ouvre une «voie française», si je puis dire. Elle peut servir d'exemple pour d'autres nations. L'Espagne,a ainsi décidé de revoir tout son processus législatif en ce domaine, à cause de notre loi.

Une évolution juridique vers l'euthanasie vous paraît-elle inéluctable ?
Je dois confesser que c'est ce que je pensais en 2004, quand venait d'être votée la loi sur la bioéthique. Mais il y a des jours où l'on est heureux de s'être trompé ! En effet, pour la fin de vie, le Parlement a emprunté un autre chemin que celui que l'on pouvait craindre, et il n'a pas ouvert cette porte.

Restent les cas limites?
Je vais vous raconter une histoire, une des plus émouvantes que j'aie vécues. J'étais en visite pastorale dans une paroisse et le curé avait organisé une assemblée générale, le dimanche après-midi. Il y avait environ 400 personnes et, tout d'un coup, un médecin s'est levé. Il nous a raconté comment il avait «aidé à mourir» la femme d'un confrère de ses amis, atteinte à 42 ans d'un cancer en phase terminale. «Est-ce que vous me comprenez ?» a-t-il hurlé dans un cri de douleur. J'ai demandé aux chrétiens s'il leur arrivait de prier pour les médecins. Puis, nous avons gardé cinq minutes de silence. Évidemment, je le comprenais, et il le savait bien. Derrière sa question, le problème était plutôt de savoir si, oui ou non, je l'approuvais. Mais dans ce cri de détresse, il me semble qu'en fait, c'est lui qui ne s'approuvait pas. Bien sûr, je n'allais pas le condamner, mais il est clair aussi que je ne pouvais pas approuver son geste. L'euthanasie n'a rien d'une mort douce. Derrière ce qu'on appelle des «cas limites», il y a en fait notre difficulté à bien accompagner celui qui va mourir. C'est cela que nous devons assumer avec courage, par amour de celui qui s'en va.

La loi peut-elle tout encadrer ?
Faut-il légiférer sur tout, et dans les détails ? Et comment se fait-il que ce qu'on appelle «dépénalisation» se transforme vite en un droit pour tous, comme c'est le cas pour la loi sur l'avortement ? J'espère qu'un pays sera capable de proposer une loi qui condamnerait un acte parce qu'il est grave, sans ajouter à sa violence celle d'une trop lourde sanction contre son auteur.