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Lettre ouverte à l'Ordre des Médecins

 

Chers confrères,

C'est avec consternation que je prends connaissance de l'avis du Conseil National de l'Ordre des Médecins, sur l'évolution de la législation sur la fin de vie souhaitée par le gouvernement.

Comment, sur une matière aussi grave que l'ouverture à l'euthanasie, l'assemblée des présidents et secrétaires des conseils départementaux et régionaux du 9 février 2013, s'est-elle crue légitime pour adopter une position officielle de l'Ordre ?

Pourquoi a-t-elle cru bon d'appuyer sa décision sur un sondage téléphonique (Ipsos) auprès de 605 médecins, qui n'a aucune valeur juridique au sein de l'Ordre des médecins ?

Enfin, pourquoi ces délégués de l'ordre ont-ils voulu, au mépris de leur liberté déontologique, s'aligner sur la position de campagne du Président de la République, citée dans le texte adopté ?

Un sujet aussi difficile et remettant en cause toute la déontologie médicale ne saurait être tranchée ni par le Président de la République, ni par aucun Comité National d'Ethique, ni, encore moins, par je ne sais quel institut de sondage, puisque c'est à la conscience des médecins que s'adresse la demande de mise à mort du souffrant. S'il eut été plus juste de consulter toute la profession, pour approfondir la réflexion, cela n'aurait pu même contredire nos serments et aboutir à cette allégeance au politique.

Je récuse la légitimité du Conseil National de l'Ordre des Médecins d'adopter de cette manière une position d'ouverture à l'euthanasie même pour des cas exceptionnels, devenus trop vite courants, même avec des précautions extrêmes, devenues trop vite de simples formalités, même en octroyant au médecin une clause de conscience, divisant le corps médical et instaurant un individualisme éthique destructeur de la confraternité.

Je récuse le texte pour sa contradiction flagrante, réaffirmant, d'une part le principe éthique de « ne pas donner délibérément la mort » au malade tout en mentionnant un peu plus loin, que « cet interdit ne saurait être transgressé par un médecin agissant seul » ! La complicité atténue-t-elle le délit ?

Je récuse l'hypocrisie de la phraséologie employée pour masquer la crudité des faits préconisés : « Assistance à mourir », « sédation adaptée, profonde et terminale [1] », « dans le respect de la dignité et par devoir d'humanité »... La dignité d'une personne réside-t-elle dans l'absence de souffrance ? Est-il indigne de souffrir ? Peut-on ériger en devoir d'humanité le meurtre d'un malade ?

Je récuse le mouvement actuel d'entraîner les médecins et tout le corps médical à commettre des actes hors de leur déontologie et de devoir répondre à tous les désirs de bien-être ou de mieux-être de nos contemporains hors de l'objectif de les guérir de leurs pathologies ou de les prévenir ou d'en atténuer les effets.

Pour ma part, cette obsession de croire effacer par la mort, les « échecs » de la médecine, et les difficultés extrêmes de la vie, est révélé par le texte même : pourquoi précipiter le recours à l'euthanasie, alors que la loi Léonetti n'est pas encore connue (ch.1), alors que les unités de soins palliatifs sont cruellement insuffisants (ch. 1) ?

Pourquoi ne pas prioritairement, annoncer un plan national de la médecine et de la recherche sur la douleur et la souffrance. Pourquoi le CNOM ne l'a-t-il pas proposé avant de penser à bousculer notre déontologie ?

Oui ! Pourquoi ?

Confraternellement et provisoirement vôtre,

Dr Léonard Tandeau de Marsac

12 190 ESTAING

[1] La sédation en phase terminale, réversible, pour stopper la douleur (qui éventuellement peut entraîner la mort) est volontairement confondue avec la sédation terminale, irréversible, dont le but est de donner la mort...

Source : France Catholique