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Donner la mort n’est pas un soin

par le Dr Anne de la Tour, Présidente de la SFAP*, 26/05/2018, extrait

Des philosophies profondément différentes

En effet, les soins palliatifs sont incompatibles avec l’euthanasie et le suicide assisté. Ces deux approches obéissent à deux philosophies radicalement différentes.

Les soins palliatifs préviennent et soulagent les souffrances. L’euthanasie vise à hâter la mort intentionnellement.

Les soins palliatifs sont des traitements, l’euthanasie correspond à un geste létal. 

La légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté repose sur une éthique d’autonomie. Les soins palliatifs reposent sur une éthique de vulnérabilité et de solidarité collective.

Comment la transgression, même exceptionnelle, de l'interdit de tuer, pourrait-elle être sans effet sur tous ceux dont la mort approche et ceux qui les accompagnent ?

La SFAP considère ainsi que le principe de précaution devrait nous interdire de remettre en cause cet interdit de tuer, fondateur de toutes les civilisations depuis des millénaires et qui fonde le serment d'Hippocrate comme le code de déontologie médicale.

Les soins palliatifs ne sont pas nés d'abord de n'avoir pas su quoi faire devant celui qui meurt. Ils ne sont pas un cahier de recettes de Bonne Mort, ils sont d'abord une philosophie du soin et de la vie.

Ils sont nés d'un questionnement sur le sens d'une médecine, qui morcelle et qui divise l'homme. Ils ont lutté contre un système qui voudrait parfois réduire le patient au symptôme, la douleur au protocole et la souffrance à la loi.

Il est essentiel de laisser une place à la complexité, à la diversité des personnes et des situations. Faire se croiser des regards, des cultures et des clés de lecture. Parce que soigner n'est pas seulement l'affaire de la médecine, des médecins encore moins, mais celle de tous les soignants, de toute la société.

Nous vivons en société, nous faisons société. Nous ne sommes pas indépendants ; nous sommes inter-dépendants les uns des autres de notre naissance jusqu'à notre mort. ...

Un contrat de confiance

Les soignants de soins palliatifs veulent continuer à prendre soin de leurs patients, à les écouter et à les soulager, à rester à leur côté jusqu'à la fin de leur vie. Ils refusent, tant du côté de l’acharnement thérapeutique que du côté de l’euthanasie, les tentations de la toute-puissance. Ils essaient de ne jamais oublier que chacune de leurs décisions vient dire à tous l'attention que notre société porte aux plus vulnérables.

Le contrat de confiance qui unit les soignés et les soignants interdit à ces derniers de faire du mal volontairement à autrui et encore moins de faire mourir. 
Ils ne veulent pas donner la mort car donner la mort, même par compassion, n'est pas un soin.

*Société française d’accompagnement et de soins palliatifs

Source : jim.fr