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Bruno-Nestor Azérot : « Je me battrai contre toute loi légalisant l’euthanasie »

par Antoine Pasquier, 16/03/2015 

À la veille du vote de la proposition de loi sur la fin de vie, défendue par Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS), le député-maire divers-gauche de la Martinique annonce qu’il votera contre ce texte en toute conscience.

Quelle sera votre position lors du vote de la proposition de loi sur la fin de vie, le 17 mars ?

Toute vie humaine doit être respectée. Si on ne choisit pas d’être malade, on peut désirer être soigné. Un malade doit être soigné jusqu’à la dernière limite. Le fait d’euthanasier me dérange énormément. C’est pour cette raison que je voterai contre cette proposition de loi.

Qu’est ce qui vous dérange dans ce texte ?

Le problème essentiel, c’est le risque de dérives liées à la sédation. On connaît le résultat quand on ne nourrit pas un être humain : il meurt. Pour moi qui a eu à côtoyer de nombreux malades, j’ai souvent pensé, à un moment donné, qu’ils allaient mourir car ils étaient arrivés à la limite. Or, ils sont toujours vivants. Tant qu’il y a vie, il y a de l’espoir. Je crois absolument nécessaire, et c’est le rôle du politique comme celui de la médecine, d’accompagner les personnes et espérer avec elles qu’elles puissent guérir.

Je crois absolument nécessaire, et c’est le rôle du politique comme celui de la médecine, d’accompagner les personnes et espérer avec elles qu’elles puissent guérir.

Manuel Valls comme Marisol Touraine ont laissé entendre que ce texte ne serait qu’une étape… Faut-il s’en inquiéter ?

Lorsque les ministres s’expriment, on peut considérer que nous sommes déjà dans une étape vers un autre objectif. Cependant, nul ne peut prédire qui sera au gouvernement demain. Si aujourd’hui, il y a une volonté forte de la gauche sur l’euthanasie, rien ne nous dit que demain, la droite ne poursuivra pas ce même objectif ! Pour ma part, je crois que cette question n’est pas un débat de droite ou de gauche. Demain, si je suis toujours élu sur les bancs de la gauche ou sur quel que banc que ce soit, je me battrai contre tout projet de loi légalisant l’euthanasie. Je suis de confession catholique, je crois en des paroles fortes et c’est ma foi qui m’oblige à prendre cette position-là.

Je suis de confession catholique, je crois en des paroles fortes et c’est ma foi qui m’oblige à prendre cette position-là.

Plusieurs amendements ont été déposés par des députés de gauche pour légaliser une aide active à mourir. L’euthanasie n’est-elle pas contradictoire avec les valeurs de la gauche ?

Cette question divise la gauche. C’est pourquoi je fais appel au plus grand nombre de députés, quel que soit leur banc, à faire appel à leur conscience car demain, eux-mêmes peuvent être confrontés à la fin de vie d’un proche. J’ai choisi de siéger au groupe Gauche démocrate et républicaine, car les 15 parlementaires y ont une liberté de parole et de vote. C’est pour cette raison que je peux parler avec autant de liberté.

Ne vous sentez-vous pas seul à porter ce message dans votre camp ? D’autres députés partagent-ils votre sentiment ?

Les choses sont bien plus nuancées que cela. Rappelez-vous le mariage pour tous. J’ai fait un focus sur ce projet de loi à l’époque. Mes propos d’alors ont été salués par un grand nombre de députés de gauche qui ne pouvaient pas tenir ce type de discours du fait de leur appartenance à un groupe parlementaire. Ils subissaient des pressions. Aujourd’hui, nous sommes dans le même cas de figure. Tôt ou tard dans nos circonscriptions, nos populations nous rappellent à l’ordre et nous redisent les valeurs sur lesquelles nous devons asseoir nos politiques. Nous sommes élus par ces populations. Nous devons œuvrer avec elles et pour elles. Lorsque je m’exprime à l’Assemblée, je le fais en toute cohérence avec ma population. C’est d’ailleurs elle qui me demande de parler comme je le fais ici.

Plusieurs rapports ont souligné la grande disparité des soins palliatifs sur le territoire national. La Martinique est-elle encore plus dépourvue que les autres départements français ?

La Martinique est beaucoup plus dépourvue de soins palliatifs à cause de l’éloignement de la métropole, et donc du centre d’approvisionnement. La volonté martiniquaise est de faire en sorte que, de toutes les manières, les soins palliatifs arrivent jusqu’à nous avec la dimension nécessaire pour soigner jusqu’au bout. 85 % de la population martiniquaise est croyante. L’accompagnement des personnes malades est une évidence pour elle.

Antoine Pasquier

Source : famillechretienne.fr