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Jean-Claude Martinez : « Il y a un risque colossal, un risque écologique, un risque civilisationnel, que l'euthanasie devienne la variable d'ajustement. »

La France ouvre à nouveau le débat de société sur l’euthanasie. Le professeur Jean-Claude Martinez vient de publier un coup de colère cinglant contre «la piqûre pour tous» dans un ouvrage intitulé «Euthanasie stade suprême du capitalisme» (Editions Via Romana). Jean-Claude Martinez a été député européen FN pendant 22 ans et il travaille actuellement à la constitution de nouvelles listes pour les élections européennes sur le thème de «La vie pour tous». Il est professeur agrégé de droit et de sciences politiques à l’université Panthéon-Assas. Reconnu dans le monde entier comme l’un des meilleurs spécialistes en matière de fiscalité, il reste un fervent partisan de la suppression de l’impôt sur le revenu car c’est aussi, selon lui, la défense de la vie au sens de la création et de l’entrepreneuriat. Jean-Claude Martinez a été professeur à l’université Mohammed V de Rabat, conseiller du roi Hassan II sur les questions de fiscalité et il est à l’origine de la création de l’armature fiscale du Maroc moderne.
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La thématique de l'euthanasie consiste à porter l'analyse au stade suprême en soulignant que nous sommes entrés sur un torrent extrêmement dangereux, parce que les déficits budgétaires étant ce qu'ils sont et les contraintes européennes ce qu'elles sont, nos dirigeants de gauche ou de droite n'arrivant pas à maîtriser la situation, pas simplement en France, mais dans l'ensemble de l'Europe et ailleurs, il y a un risque colossal, un risque écologique, un risque civilisationnel, que l'euthanasie devienne la variable d'ajustement. Je rappelle que quelqu'un comme Jacques Attali a été pionnier en la matière en proposant des choses folles, comme un permis de vie à la naissance : comme pour un permis de conduire, on enlèverait des points au fur et à mesure… A cela s'ajoute une expérience personnelle, puisque mon père et ma mère y sont passés derrière mon dos. C'est un problème terrifiant dans le monde entier. Au Japon, le Premier ministre s'est adressé en juin 2012 à ses compatriotes en leur expliquant que l'endettement du Japon est tel que les personnes âgées devaient être raisonnables et se sacrifier, en n’occupant pas sans arrêt les hôpitaux ! C'est un contexte terrifiant qui s'ajoute à la violence quotidienne que l'on voit dans notre société. La vie est en train de devenir le paradigme fondamental à protéger, pas simplement dans l'angle où l'entendent nos amis écologistes, mais sous l'angle ontologique. 

Lorsque l'on interroge le grand public sur l'euthanasie, on présente toujours le cas le plus extrême, en expliquant que telle personne est un légume et qu'elle souffre terriblement, sans aucune qualité de vie et, évidemment 90% des personnes interrogées sont alors favorables à l'euthanasie… Votre livre dénonce aussi cette présentation médiatique…

C'est présenté comme l'IVG, l'interruption volontaire de grossesse : l'interruption volontaire de vieillesse, l'interruption volontaire de souffrance, l’interruption volontaire de détresse… Évidemment, tout le monde comprend les problèmes de liberté individuelle, comme la petite jeune fille qui a 16 ans, mais il y a 225 000 IVG par an ! Cela veut bien dire que c'est un problème sociétal et un problème politique au delà des problèmes moraux. C'est la question de l'organisation de la société qui est posée et ce n'est pas le problème de Mademoiselle Y ou de Madame X : 225 000 IVG sur trente ans, faites le compte ! Pour revenir à l'euthanasie, on nous explique que la personne souffre, mais la souffrance est aussi due à l'entourage. Quand les enfants vont voir la personne âgée en lui disant : «C'est le mois de juillet, tu nous a emmerdés toute la vie et on ne peut pas partir en vacances à cause de toi !», si vous êtes Madame Bettencourt, tout le monde attend autour de vous… La personne seule n'a plus son conjoint, les enfants et les petits-enfants sont partis, elle se retrouve seule pendant l'été ou à Noël dans un hôpital où il n’y a personne, parce que c'est les 35 heures, elle se retrouve dans un environnement tel qu’elle lâche ! La première souffrance, ce n'est pas la souffrance physique, parce que l'organisme est fabriqué de telle façon qu'au bout d'un moment, aussi dramatique que cela puisse paraître, on finit par s'habituer à l'état qui est le sien. C'est comme un prisonnier : dans les premières minutes, il veut se suicider et, au bout de plusieurs mois de prison, il s'habitue. C'est l'environnement qui vous accule. Au delà, la loi générale et impersonnelle n'est pas faite pour résoudre le cas de Monsieur X ou de Monsieur Y. La loi est faite pour donner de grandes règles. En matière de vie, la règle ne peut pas tellement s'éloigner du premier commandement qui est «Tu ne tueras point». Si l'on change la règle en disant : Tu pourras tuer si tu n'es pas bien, si tu n'as pas d'argent, si tu es malade, si tu n'as pas le moral, si tu n'es pas gentil… Si l'on commence à créer des exceptions, à la fin la règle n'existe plus. Le législateur doit maintenir la règle. La vie est un miracle, il est dû au hasard ou à la nécessité ou au divin, peu importe, mais l'on ne peut pas toucher à la vie, parce que c'est le fondement d'une société. Le dérapage d'un médecin c'est une chose, il y a 25 000 euthanasies actives dans les hôpitaux français actuellement et quantité d'enquêtes montrent que ces personnes ont été tuées sans avoir voulu être tuées, ce qui est d'ailleurs le cas de Vincent Humbert. Il n'est pas vrai de dire qu'il y a des acharnements thérapeutiques dans les hôpitaux français. Il y a des abandons thérapeutiques pour des raisons matérielles. Toute personne qui est allée à l'hôpital à la Pentecôte, le 15 août ou la veille de Noël, sait qu'elle est restée sur un chariot pendant des heures… Si vous avez 70 ans et si vous avez un accident vasculaire cérébral, vous allez voir si vous avez un scanner dans les trois heures qui suivent ! Une personne âgée qui arrive à l'hôpital ne va pas en neurologie, mais en gérontologie. La légende de l'acharnement thérapeutique est une vaste blague. L'acharnement thérapeutique, c'est pour Chevènement, aussi pour Madame Taubira car, quand elle a un petit malaise, on met trois équipes de réanimation… Mais le commun des mortels ne court aucun risque d'acharnement thérapeutique. En ce moment, il y a le cas de Vincent Lambert : il a fallu que ses parents, avec l'aide de leurs avocats, fassent un référé pour qu'on le rebranche. Ce garçon avait un goutte-à-goutte minime, il était en train de traverser le Sahara, il n'était plus hydraté et il a fallu intervenir judiciairement pour qu'on le rebranche. Il faut bien savoir que l'on résoudra le problème des gens qui sont tétraplégiques, c'est évident. Dans 10 ou 20 ans, ce sera un problème banal qui sera traité... C'est l'obscurantisme et la stupidité à l'état pur qui amènent à ce discours sur l'euthanasie. C'est un discours de dingues et d'imbéciles au sommet… 

Pourtant, ceux qui défendent l'euthanasie invoquent leur liberté individuelle pour revendiquer le droit de disposer de leur corps. Vous, qui êtes un libéral, vous devez comprendre un tel discours…

Mais c'est un gag ! Si je suis en bonne santé, sous un parasol en train de bronzer, je peux avoir une discussion philosophique : «Alors, cher ami, si je ne dois pas mourir en pleine forme, je préférerais que l'on me pique…» C'est la liberté du type en bonne santé ! Mais quand le pépin arrive, c'est complètement différent, parce que notre cerveau n'a qu'une seule et unique fonction : celle de nous maintenir en vie. Le cerveau est une tour de contrôle qui a pour objet de maintenir en vie l'organisme qu'il contrôle. Si vous n'êtes pas bien, le cerveau vous met dans le coma pour économiser du sucre, parce qu'il a besoin de sucre pour fonctionner. Le cerveau vous met en économie d'énergie pour que votre organisme continue de vivre. Quand vous avez un pépin, votre cerveau déclenche tous les SOS, pour vous maintenir en vie, c'est ce que l'on appelle l'instinct de survie. À l'instant où vous avez le pépin, vous ne voulez plus mourir. Alors, vous pouvez dire, ce qui est une ruse de votre cerveau : «Aidez-moi, tuez-moi, c’est une souffrance insupportable…» Mais c'est exactement pareil quand vous vous mettez à pleurer, c'est une stratégie du cerveau pour faire diminuer la pression. Les larmes font partie de la panoplie des outils que le cerveau utilise pour vous maintenir en vie. Dans cette panoplie, il y a aussi les plaintes : «Je veux mourir…» En réalité, ce que vous voulez entendre autour de vous, c’est : «Arrête, tu nous enterreras tous, tu souffres, ce n'est pas rigolo, mais arrête ! » Mais si l'entourage vous répond avec une mine déconfite : «Tu veux te suicider, tu as bien raison…», cela n’arrange pas les choses. Il y a quelques semaines, dans Libération, il y a eu un papier signé par de nombreux soignants pour expliquer qu'ils n'ont jamais vu dans leur service quelqu'un maintenir une demande d'abrègement de souffrances une fois qu'on lui avait parlé. Et puis, cette notion de liberté est totalement fausse, la liberté est fonction de mille paramètres et contextes. La liberté de mourir, c'est d'abord l'environnement, les souffrances physiologiques et aussi les souffrances psychiques, le discours sur l'euthanasie, les échecs que l'on vous a imposés dans la vie… 

Vous affirmez d’ailleurs que c'est ce conditionnement qui avait entraîné la mort de Vincent Humbert…

Il raconte dans son premier livre, alors qu'il est apparemment dans le coma, qu'il apprend que sa petite amie le laisse tomber. Toute personne que le conjoint laisse tomber risque de faire une tentative de suicide. Son frère vient le voir, il vomit devant le spectacle... Et il ne revient plus le voir. Toute personne qui se fâche avec son frère est secouée. Ensuite, ses parents se séparent ! Quel que soit votre âge, si vos parents se séparent, vous subissez un choc qui n'est pas rien. Ses copains pompiers ne viennent plus le voir… Si tous vos copains ne viennent plus, il y a quand même un sacré choc ! Enfin, quand le médecin s'aperçoit qu'il entend et qu'il comprend, celui-ci vient lui dire à l'oreille : «Vincent, c'est bien embêtant, mais on ne peut plus te garder…» Tout cela pour des raisons économiques, les 35 heures, le déficit de la sécurité sociale… En Espagne, il y a quantité de personnes qui sautent par la fenêtre quand l’huissier vient sonner pour les expulser de leur maison ! Après tous ces chocs, vous avez un imbécile qui vient vous dire que c'était sa liberté de mourir ! Quel abruti ! Ce discours sur la liberté est indigne. Si la liberté consiste à détruire le miracle de la vie qui vous permet d'être libre, c'est quand même très fort… La liberté, elle n'est pas stratosphérique, elle existe d'abord parce que vous êtes un homme vivant. 

Justement, nous ne sommes pas dans une société du vivant, puisque nous subissons des agressions permanentes comme les contraintes fiscales et sociales, le stress...

Ce débat est un symptôme, c'est le débat sur la solitude, un système de fonctionnement qui fait que les conjoints se séparent. Quelques personnes demandent le mariage homosexuel dans un océan de personnes qui divorcent ! C'est comme les SDF dans la rue, ils ont tous la même histoire : un conjoint qui est parti, on avait un petit commerce, il a fallu vendre le commerce, il a fallu vendre la maison pour payer la pension… C'est toujours la même histoire ! Nous avons une logique de fonctionnement qui est devenu folle dans notre société. Cette logique, c’est celle de la performance, de la rentabilité et du profit. ... Cette loi du profit, c'est les suicides à France Telecom, les SDF… Regardez ce qui s'est passé pendant l'été 2003 : 14 803 papis et mamies mourant de soif, dont une partie à Paris, au moment où sur les quais de la Seine, on avait installé des brumisateurs et des douches pour que les gens jouent à la plage ! Quelques mètres plus loin, des personnes ouvraient la bouche en mourant par asphyxie et manque d'eau. C'est une société de zinzins ! 14 803 personnes ont été mises dans des camions frigorifiques à Rungis parce que personne n'a réclamé leur corps et parce qu'on ne savait plus où les mettre ! Jean-Pierre Raffarin n'a eu comme seule réponse que de dire que l'on allait travailler le week-end de Pentecôte pour les personnes âgées, alors qu'il aurait dû dire : «Mes amis, il y a un problème. Une société qui laisse mourir en quelques jours 14 803 personnes, ce n’est pas normal…» Heureusement que le docteur Pelloux a sonné l'alerte, sinon le ministre de la Santé, qui était lui-même médecin, était encore au bord de sa piscine… La vraie question c'est que le fonctionnement de la société française, des sociétés occidentales, c'est un fonctionnement de dingue. Il va bien falloir s'arrêter là à un moment donné. Or, la loi fondamentale, c'est le paradigme de la vie, il faut une fiscalité dont l'objectif n'est pas la liberté, l'égalité ou la fraternité, mais dont l'objectif est la vie. Il faut une fiscalité qui permette à la vie de continuer, c'est-à-dire la création, la vie économique, l'agriculture… Tous les choix doivent être opérés à partir de ce critère de la vie. Entre la vie au dernier stade et un dieu du stade, il faut d’abord des crédits pour les hôpitaux, pour les maisons de retraite et, après, s'il reste des crédits, on les utilise pour le PSG ! 

Tous ceux qui sont pour la vie au sens écologique, c'est-à-dire pour la nature, les petits oiseaux, les plantes, ceux qui vont vous dénoncer quand vous abattez un arbre dans votre jardin, ceux qui contestent votre permis de construire pour protéger un espace naturel, sont généralement les mêmes qui sont favorables à l'euthanasie… N'y a-t-il pas un paradoxe ?

Les grandes catastrophes de l'humanité sont dues à des idées chrétiennes dévoyées. En réalité, ce sont des animistes, avant d'arriver à l'idée du Dieu unique, il faut quand même une sacrée évolution de l'humanité. Ces gens sont animistes et pour eux il y a toujours une âme dans la pierre, dans le petit oiseau… Ce n'est pas faux. C'est évident que toute personne qui a assisté à la fin de son chien qui souffrait voyait bien qu'il avait quelque chose dans le regard, un esprit. C'est la grande unité du vivant. Au moment du grand passage, tout le vivant réagit à peu près de la même façon. On a vu des chevaux pleurer dans les abattoirs. La condition animale est extrêmement digne, il faut y faire attention, c'est exact. La terre est un organisme vivant en soi et la terre, au sens agricole du terme, est aussi un organisme qui vit. Je comprends bien cette dimension, mais il y a une hiérarchie dans le vivant. Vous ne pouvez pas vous intéresser à l'arbre et ne pas vous intéresser à la grand-mère qui est à côté et qui est en train de mourir de soif. C'est une perversion dans la perception de la hiérarchie du vivant. Voilà ce qu’il faut expliquer aux Verts sincères. Il y a aussi des Verts Pol Pot : chez eux, c’est une reconversion venant de l’abomination du goulag, après s’être peints en rouge, ils se sont peints en vert… Chez les «sincères», il y a une «rééducation» à faire sur la perception de la hiérarchie du vivant. Chez les autres, on est en face de pervers… L’arbre est plus important que la personne âgée et, lorsqu’ils parlent d’une personne âgée, ils parlent de légume… 

Finalement, on ne doit pas traiter les légumes avec des pesticides, mais quand il s’agit de l’être humain, cela ne pose pas de problème…

Vous savez, si le robot qui est en ce moment sur la planète Mars découvrait un petit pois, je ne vous dis pas le tam-tam sur la terre au retour du petit pois… Ce serait le film de Spielberg : tout le monde aurait peur que le petit pois contamine, tout le monde porterait des masques, les laboratoires de la planète se battraient pour récupérer le petit pois, toutes les télévisions du monde s’arrêteraient pour dire que l’on a découvert un petit pois sur Mars ! Alors, si le légume qui est sur la planète Mars a une valeur ajoutée colossale, cela pose la question de savoir si la vie est une forme ou si c’est un esprit. Si c’est une forme, alors, il est certain que la jeune fille qui termine en finale de Miss France a une valeur supérieure à celle qui marche à quatre pattes… Mais la vie prend des milliers de formes. Ce qui est important dans une personne, chez un malade, ce n’est pas sa forme, mais l’esprit qui est en action. Dans cet esprit, il y a toutes les potentialités de l’univers ! En Israël, Ariel Sharon est depuis des années dans le coma et il est en train d’émerger, après des années et des années; personne n’a parlé de l’euthanasier ! Cet homme réagit déjà à l’environnement. Le jeune Vincent Lambert, qui est à Reims dans le coma, pleure quand on lui parle, parce qu’il entend. Jusqu’à présent, vous ne voyez pas un légume pleurer ! Einstein, même dans le coma, aurait peut-être été capable de résoudre des problèmes d’arithmétique qu’un polytechnicien est incapable de résoudre sans sa calculette ! ...

Source : kernews.com