Communion de prière pour la Vie : "Jésus, Marie, protégez la vie " ! (ou toute autre prière à Dieu)

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Véronique Fournier, médecin et directrice du Centre d'éthique clinique de l'hôpital Cochin, à propos du rapport Sicard (extraits).

Visiteur : Ne faut-il pas revenir à la question la plus simple et la plus démocratique : que faire pour respecter les droits du patient ? C'est à lui de décider : les lois actuelles dépossèdent le patient du droit de décider.

V.F. Et effectivement, si on pense que la décision de dire stop appartient au patient, alors il faut mettre en place un dispositif qui respecte ce droit et soit finalement plus favorable à la décision du patient qu'à celle du médecin.
Lorsque le patient demande l'aide au médecin pour que sa vie s'arrête, un certain nombre de médecins disent : si vous voulez mourir, je peux le comprendre et l'accepter, mais pourquoi me demander à moi de faire le sale boulot ?
(...) Je pense que d'une certaine façon, c'est une nouvelle violence faite au patient que de répondre par une injection létale à sa demande d'euthanasie, et qu'il y a d'autres façons d'accompagner une demande d'aide active à mourir.
(...) Alors que ce que propose M. Sicard, c'est qu'on n'hésite pas à hâter un peu la mort une fois que le malade est endormi.
(...)
Visiteur : Que dit le rapport en ce qui concerne les personnes en fin de vie incapables de s'exprimer ? La famille vient-elle remplacer la parole du malade ?
V.F Très souvent, les proches veulent une codécision. Ils ne veulent pas porter seule la responsabilité de la décision. Cela pourrait leur être facilité s'il y avait des directives anticipées très claires, mais il n'y en a pas la plupart du temps. Et c'est très difficile d'imaginer qu'elles puissent être très claires.
La seule chose qui pourrait être claire dans des directives anticipées, me semble-t-il, c'est que les gens disent précisément s'ils sont contre le fait d'être endormis au moment ultime. Parce qu'il y a un certain nombre de gens qui veulent, par conviction idéologique et pas forcément religieuse, affronter la mort et qui ne veulent en aucun cas qu'on la précipite. Ces gens-là pourraient avoir écrit avant d'être atteints d'Alzheimer : "Je ne veux pas de précipitation."

Source : LeMonde.fr

 

Commentaire de Christophore

Tristes propos au sujet d'une triste situation.

En somme, un médecin, l'un de ceux entre les mains de qui risquent d'être remis vos proches, nous suggère, en toute lucidité, que le patient a tout intérêt à rédiger par avance une « demande claire et précise » à ne pas être euthanasié « ni endormi, ni être précipité » (entendez : que sa mort ne soit pas précipitée).

Nous sommes donc loin des requêtes "exceptionnelles, persistantes et répétées" dans des "cas graves et exceptionnels" ! Nous en sommes déjà là où la Belgique arrive au bout de dix ans de pratiques euthanasiques : à glisser vers l'euthanasie pour des personnes incapables de demander la mort (surtout si, d'aventure, ils n'en ont pas envie). A ceux-là donc, il serait hautement utile qu'ils aient rédigé d'avance une demande expresse, claire et précise de ne pas être tués. Car c'est de cela qu'il est question. Qu'on l'appelle euthanasie ou  sédation terminale, on en arrive toujours à tuer, avec une agonie plus ou moins longue...

Notez au passage que, dans le cas de l'injection létale (donc la mort la plus rapide, réputée douce), la mort n'intervient qu'au bout de 10 mn, de l'aveu même du médecin interrogé, compétent en la matière. Donc, vous avez 10 mn d'agonie, forcément violente (pour la victime, sinon pour l'entourage) puisque précédant une mort violente. La  mort chimique est tout sauf une mort douce (du reste, le produit utilisé se rapproche de celui qu'on emploie pour la peine de mort par injection létale).

Lorsque la mort intervient sur un patient endormi, vous, vous ne verrez pas son agonie. Mais elle n'en sera pas moins réelle et douloureuse. En effet, il n'est pas possible d'endormir la conscience, seulement empêcher son expression visible et perceptible par l'entourage.

Bref, il ne s'agit pas tant de la souffrance du malade que du refus de l'entourage de "durer" dans la compassion et qui demande au médecin de le « soulager ». Le soulager, lui.

Seulement, ce n'est pas sa vocation, au médecin, cela. Il n'est pas devenu médecin pour cela. Mais à force de lui supprimer son Serment d'Hippocrate, la civilisation dégradée finira par avoir les médecins qu'elle aura mérités. Et alors, malheur à nous, tous ! Car une science sans éthique devient vite une arme de la pire des dictatures !

Maintenant, si vous faites des « directives anticipées » qui soient en plus « suffisamment claires et précises » (et qu'elles ne sont pas détruites par commodité – ni vu ni connu), il est précisé que « un certain nombre de personnes peuvent vouloir "faire face" à la mort, pour des motifs idéologiques, pas forcément religieux » (ouf ! si ce ne sont pas des motifs religieux, ça va, c'est respectable et vous avez même une chance de les voir respectées).

Mais allons-nous nous réveiller, enfin ? Avant d'être endormis, définitivement !