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Soins palliatifs: il y a «urgence d’agir»

par Élisabeth Fleury, Le Soleil, 13/12/2018

Les soins palliatifs sont-ils en fin de vie? C’est la question posée mercredi par le chef du service des soins palliatifs du CHU de Québec, le Dr Louis Roy, qui demande aux autorités régionales et ministérielles de lever les embûches qui empêchent les établissements d’embaucher des médecins disposés à prêter main-forte dans un secteur qui manque cruellement d’effectifs.

Le Dr Roy participait mercredi à une conférence de presse aux côtés notamment du député Sol Zanetti, porte-parole de la troisième opposition en matière de santé, et de la Dre Christiane Martel, présidente de la Société québécoise des médecins en soins palliatifs (SQMDSP). 

Le message: la ministre de la Santé, Danielle McCann, doit reconnaître la «crise urgente» que traversent actuellement les soins palliatifs, non seulement à Québec avec la fermeture récente des cliniques externes de soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Québec et de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, mais dans toute la province.

Sol Zanetti a rappelé que d’ici cinq ans, 50% des médecins pratiquant à temps plein en soins palliatifs auront pris leur retraite. «Aujourd’hui, les établissements de santé sont acculés au pied du mur», a déploré le député de Jean-Lesage, citant notamment les situations de Québec, de Lévis et de la Maison Victor Gadbois, près de Montréal.

M. Zanetti a fait écho à la sortie faite ce printemps par le Collège des médecins, qui s’inquiétait de voir des patients se tourner vers l’aide médicale à mourir, faute de services en soins palliatifs.

«C’est un choix que personne ne devrait être obligé de faire. C’est une atteinte à la dignité même des patients», a-t-il dit, ajoutant que la Loi sur les soins de fin de vie prévoit que toute personne doit avoir accès à des soins de qualité adaptés à ses besoins, notamment pour prévenir et apaiser ses souffrances.

Solutions de l’extérieur

Aux premières loges de la crise que vivent les soins palliatifs dans la capitale, le Dr Louis Roy estime que les solutions doivent venir de l’extérieur du CHU de Québec, et non de l’intérieur.

«Avec tous les chambardements que le système de santé a vécus dans les dernières années, de nombreux médecins ont dû revoir leurs pratiques, avec comme résultats au CHU de Québec qu’il y a eu plusieurs départs de médecins qui travaillaient à temps partiel ou à temps plein en soins palliatifs», se désole le Dr Roy, selon qui l’équivalent de quatre médecins à temps plein ont quitté le navire en 14 mois. «C’est beaucoup pour une petite équipe.»

Le médecin rappelle que les soins palliatifs, «ça ne requiert pas de grands systèmes, de grand matériel sophistiqué ou coûteux». «Malheureusement, au CHU de Québec, on a vu l’accès aux soins palliatifs se réduire […], alors qu’on sait que l’accès précoce à ces soins» améliore la qualité de vie des patients, souligne le Dr Roy.

Selon lui, malgré les réductions d’accès à l’Hôtel-Dieu de Québec et à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, le service des soins palliatifs du CHU de Québec n’a toujours pas les effectifs suffisants pour répondre aux besoins des patients hospitalisés.

«Au CHUL, un seul médecin pratique les soins palliatifs. Ça pose certains problèmes lorsque ce médecin doit s’absenter […]. Qu’allons-nous faire, puisqu’on manque de ressources médicales? Est-ce qu’on va devoir carrément fermer des lits de soins palliatifs? Qu’est-ce qui va arriver à ces patients en fin de vie, souffrants et inconfortables?»

Des solutions existent pourtant, rappelle le Dr Roy. «Il y a plusieurs médecins qui sont prêts à se joindre à notre équipe. […]. La direction du CHU est d’accord pour embaucher ces gens-là. Malheureusement, il y a des embûches au niveau régional et ministériel qui font qu’on ne peut pas aller de l’avant», dénonce-t-il, en faisant référence à la loi 20, aux plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM) et aux activités médicales particulières (AMP), qui orientent les nouveaux médecins vers un secteur précis (urgence ou CHLSD, par exemple), en plus de les obliger à prendre en charge un minimum de patients en cabinet (généralement 500).

La Dre Christiane Martel insiste: ce qui se passe à Québec se passe partout au Québec. «Dans chaque région, on retrouve des situations fragiles», déplore la présidente de la SQMDSP.

M. Zanetti, la Dre Martel et le Dr Roy demandent à la ministre McCann d’intervenir rapidement afin d’éviter d’autres découvertures en soins palliatifs.

«Il s’agit de réorganiser les choses, de permettre une meilleure mobilité et l’embauche de médecins qui demandent juste à aller donner ces soins-là. […] On  veut qu’il y ait la mise en place d’un système de pointage prévu par la loi 20 pour inciter les médecins à travailler en soins palliatifs. On veut aussi qu’il y ait des modalités pour permettre aux médecins qui pratiquent en GMF de suivre leurs patients en fin de vie», résume M. Zanetti.

FERMETURE DIFFICILE À VIVRE POUR UNE PATIENTE 

Atteinte d’un cancer incurable, la mère d’Eugénie Cloutier vit difficilement la fermeture de la clinique externe de soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Québec, où elle était suivie pour soulager ses douleurs complexes.

Présente à la conférence de presse, mercredi, Eugénie Cloutier a expliqué que les soins que recevait sa mère à la clinique lui permettaient de maintenir une qualité de vie acceptable en limitant notamment les effets secondaires de ses traitements. «C’est grâce à ces soins-là et à leur ajustement régulier que ma mère peut continuer de faire ses activités préférées et à garder un rythme de vie presque normal», a exposé Mme Cloutier.

La suspension en novembre des services externes de soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Québec est «une source d’anxiété pour ma mère et pour nous», a-t-elle dit.  

D’autant que la suspension de ces services s’est accompagnée de «confusion» dans la redistribution des dossiers et de retards dans l’ajustement et l’administration des médicaments de sa mère, a ajouté la jeune femme.

«Ma mère fait heureusement partie des patients qui ont un médecin de famille, et malgré tout, le transfert ne s’est pas effectué facilement. (...) Quand ma mère a voulu prendre rendez-vous avec son médecin de famille pour ajuster ses médicaments, celui-ci n’était même pas au courant qu’il était maintenant responsable du dossier», a déploré Eugénie Cloutier.

Selon elle, «ces tracas administratifs ne font qu’ajouter au stress et à l’incertitude qui entourent la suspension des services de soins palliatifs».

Mme Cloutier a du reste souligné que malgré toute la compétence du médecin de famille, celui-ci n’est pas spécialisé en soins palliatifs. «Il ne fait pas de doute pour nous que les soins de ma mère souffriront de ce transfert et qu’il en résultera des hospitalisations plus fréquentes», a-t-elle dit.

Source : lesoleil.com