Communion de prière pour la Vie : "Jésus, Marie, protégez la vie " ! (ou toute autre prière à Dieu)

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Résistance à l'euthanasie : une infirmière témoigne

Infirmière dans un service de médecine cancérologique, cette première expérience se déroule lors de mon stage de deuxième année en chirurgie ambulatoire (j'avais alors 19 ans). Un soir avant de partir je regarde le programme opératoire du lendemain et là je vois deux IVG au programme. Montée d'adrénaline...puis je me dis que j'ai toute la nuit pour me préparer à dire ce que j'en pense le lendemain. Nuit quasi blanche à l'idée de devoir manifester mes convictions, le monde adulte s'ouvre véritablement à moi et c'est dur.... Le lendemain, la patiente arrive pour son IVG et l'infirmière qui m'encadrait me demande après l'avoir installée d'aller lui donner le médicament (Cytotec qui favorise la dilatation du col en vue de l'IVG) et là je lui réponds que je ne lui donnerai pas, que cet acte est contraire à ma conscience et apporter ce médicament était une manière d'y participer et cela ne me convenait pas. Vive le monde hospitalier très libéral en matière d'idées : elle m'a bien comprise et y est allée à ma place. Pour les autres IVG qui ont eu lieu sur ma période de stage, elle savait à quoi s'en tenir avec moi. Mon seul regret est que cette prise de position, si marquante pour ma vie, n'ait pas été l'occasion d'en discuter avec elle !

3ème année d'études : stage en soins palliatifs, souvenir cuisant d'une discussion d'équipe sur une décision d'arrêt d'alimentation par sonde entérale chez un patient en fin de vie mais pas en ultime fin de vie. Là on se rend compte du pouvoir de vie et de mort du monde médical : je n'avais alors aucune expérience et j'étais perdue dans ce monde des soins palliatif qui manie le principe du double effet et de la non malfaisance avec doigté, toutes choses que je connais bien mieux maintenant.

Et récemment, alors que cela faisait un an que je travaillais dans mon service de cancérologie, j'ai eu la prescription par un des médecins du service d'augmenter la dose de traitement hypnotique chez une de mes patientes en fin de vie, comateuse, non algique, et non agitée, donc à mon sens plutôt confortable. Etant donné l'état de la patiente, je refuse d'augmenter la dose car je n'en vois pas l'utilité : je ne ferais que la précipiter vers la mort sans chercher à la soulager par cet acte puisqu'elle l'est déjà.

Le médecin entend mon explication un peu ennuyé et m'avoue au final les pressions qu'exerce le fils de cette dame, lui-même médecin, qui voulait que sa mère meurt vite, parce que cette agonie était trop longue et trop difficile à supporter pour lui. Nous faisons appel alors au médecin de soins palliatifs de la structure pour discuter avec le fils et lui expliquer que nous n'avons pas à précipiter les choses. Très mécontent mais n'a pas le choix que d'accepter!

Dans ce même service, il y a un an, j'ai été amenée à soutenir une collègue qui refusait de réaliser une sédation chez une patiente en fin de vie qui était spontanément comateuse et confortable même sans traitement hypnotique, avec seulement de la morphine.

Il n'y avait pas lieu de l'endormir davantage au risque de précipiter sa mort.

Source : objection de conscience